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lundi 24 octobre 2016

La gauche socialiste assure que les policiers en colère sont manipulés par... le FN

La gauche désemparée insulte les policiers en les accusant de se laisser récupérer par l'extrême droite

Chaque soir depuis lundi, les policiers manifestent, "en dépit de leur devoir de réserve", 
estime le journal de  Patrick Drahi, patron de BFMTV

Ils entendent exprimer leur saturation de mépris et de violences à leur encontre.

Le poing levé, au FN ?
Leur rassemblement lundi soir, indépendamment des habituels circuits syndicaux, fut une surprise. Le bouche-à-oreille opérant, 400 à 500 policiers ont défilé sur les Champs-Elysées. "Plusieurs dizaines de véhicules ont 'pris d'assaut' (sic) les Champs-Elysées", raconte le quotidien socialiste. Et d'ajouter: "Les syndicats ont été 'volontairement laissés de côté'." Le quotidien partisan mentionne l'"attaque au cocktail Molotov de leurs collègues dans l'Essonne", évacuant la volonté d'une quinzaine de "jeunes" de tuer des représentants de l'ordre républicain. Les assassins entendaient préserver leur zone de non-droit où ils exercent le "car-jacking" (attaque à la portière) et le commerce de la drogue.

"Un affront à leur devoir de réserve, " lance Libération.
Qu’entend-on par devoir de réserve ?
"Tout agent public doit faire preuve de réserve et de mesure dans l’expression écrite et orale de ses opinions personnelles", indique le site servicepublic.fr, précisant que "cette obligation ne concerne pas le contenu des opinions (la liberté d’opinion est reconnue aux agents publics), mais leur mode d’expression". Un devoir de réserve qui s’applique "pendant et hors du temps de service".

La réserve "impose au fonctionnaire d’éviter en toutes circonstances les comportements portant atteinte à la considération du service public par les usagers", explique ainsi le ministère de la Fonction publique sur son site.
Les policiers, comme les autres fonctionnaires, peuvent donc être critiques de leur administration, à l'exception du cadre public (interview, tweet...) Une plus grande liberté d’expression est cependant octroyée aux policiers... syndiqués, qui s’expriment d’ailleurs beaucoup dans les media ces derniers jours, pour dire leur compréhension de l'exaspération de la base, mais aussi pour déplorer leur prise d'autonomie et leur dénonciation de la collusion des syndicats avec le pouvoir.
Pour autant, les policiers n’ont-ils pas le droit de manifester ?
Manifester pendant le service est interdit, comme l’explique le code de déontologie de la police : "Le policier est tenu à l’obligation de neutralité. Il s’abstient, dans l’exercice de ses fonctions, de toute expression ou manifestation de ses convictions religieuses, politiques ou philosophiques".
Mais les policiers peuvent manifester en dehors de leurs heures de service dans un cadre précis : "Lorsqu’il n’est pas en service, il s’exprime librement dans les limites imposées par le devoir de réserve et par la loyauté à l’égard des institutions de la République." Et lorsqu’il manifeste, le policier ne doit pas porter son uniforme, ni utiliser une voiture de service. Ce qui a été généralement le cas dans les nombreuses manifestations de ces derniers jours, où les policiers étaient habillés en civil et portaient parfois le brassard 'Police' dans le seul souci de visibilité.
Les actuelles manifestations de policiers ne sont pas politiques
Ils se sont rassemblés pour des revendications simples : "On veut juste travailler en sécurité, on veut des moyens, on veut des effectifs, on veut arrêter d’avoir des missions qui nous dispersent […] et qui nous empêchent de nous concentrer sur notre vrai boulot de police, qui est d’être sur le terrain et de combattre la délinquance", résume un manifestant.
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Spontané, le mouvement a très vite pris de l’ampleur
Et, comme à Toulouse, Marseille ou Nice, les rassemblements essaiment à travers la France.
Au sentiment de ras-le-bol, s'ajoute la colère, à la suite de la menace d’une sanction lancée par le directeur national de la police aux frondeurs. Les "mutins ", selon les termes de Libération, "prennent la mouche", commente la feuille de Laurent Mouchard-Joffrin et, à Evry, commune dont Valls fut le député-maire,la sortie de réunion de Jean-Marc Falcone – le directeur de la police nationale – est "chahutée".

Un soutien politique, avec... "réserve"

Au deuxième jour de manifestation, les policiers font l'unanimité des responsables politiques présents dans les matinales: ils déclarent leur soutien aux forces de l’ordre. Mais si les élus -comme les membres du gouvernement envoyés en contre-feu- disent "comprendre" les raisons de la colère, "ils se gardent bien d’encourager le mouvement", écrit Libération, comme si un tel encouragement était concevable de la part d'élus !
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De son côté, le patron de la police nationale brandit d'abord la menace de l’IGPN, la "police des polices", c'est-à-dire de sanctions. Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve assure alors que l'IGPN, c'est "pas pour entrer dans un cycle de sanctions, c'est pour rappeler des principes".
Désavoué, le peu psychologue Falcone recule rapidement et cherche alors l'apaisement. Il plaide alors pour la pédagogie : "Je pense qu’il y aura un rôle pédagogique de l’inspection générale de la police nationale pour dire à ces fonctionnaires […] qu’il y a des choses qui ne peuvent pas être faites dans le cadre des règles déontologiques de la police nationale." Et, en dépit de l'indépendance proclamée de ce service, il admet qu’aucune sanction ne sera sans doute prise à l’encontre des protestataires.
L'organisation non gouvernementale Amnesty International (ONG, supranationale, donc illégitime) conteste l'indépendance de l'IGPN, estimant que, bien que cette direction ait pour mission de "traquer et dénoncer" les dérives de la Police nationale, l'IGPN ne met que rarement en cause les comportements illégaux des policiers. Cette administration serait en effet victime de fortes pressions de l'autorité supérieure (ministère de l'Intérieur, Cazeneuve, en l'espèce), qui ferait tout pour que les "bavures" policières soient couvertes.
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Le pouvoir socialiste accepte de dialoguer avec des "mutins"

Le mouvement prend de l'ampleur
Car les belles paroles politiques ne calment pas l'exaspération des policiers, un jour flattés, le lendemain menacés de sanctions.
Au soir d’une quatrième nuit de mobilisation, et alors qu’une douzaine de villes sont désormais engagées dans le mouvement – majoritairement en région parisienne et dans le sud de la France – , François Hollande sort de sa réserve. Dans l'urgence depuis Bruxelles, le chef de l’Etat promet d’amorcer le dialogue : "Je recevrai les organisations de policiers pour que nous puissions aller jusqu’au bout de ce que ces organisations ou ces policiers demandent."
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Jeudi soir, la rencontre est annoncée pour le début de la semaine suivante. Mais, puisque le mouvement tient à s’émanciper sans les habituels syndicats – dans une profession où 50% des policiers adhèrent à l’un d’eux –, reste désormais à savoir qui sera reçu à l’Elysée…, note Sylvain Moreau. Sur ce point, le président cultive le flou.
Le premier secrétaire du Parti socialiste méprise la saturation des policiers en discréditant leur mouvement

Spécialiste de l'agit-prop et du complot, le trotskiste Kostas Cambadélis a dénoncéla "patte" du Front national dans les manifestations de policiers (mercredi 19 octobre).
"Le Front national aujourd'hui se camoufle dans la situation politique", a accusé Jean-Christophe Cambadélis, lors d'un point presse au siège du PS à Paris. Faisant référence à la manifestation de policiers, il poursuit: "Le FN n'intervient quasiment sur rien même si nous avons vu sa patte dans les manifestations hors la loi qui se sont déroulées avec les forces de l'ordre hier". 

Epinglant également le député Républicain des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, qui a "pris parti" pour les policiers, le premier secrétaire du PS en campagne a ensuite dirigé ses attaques vers Marine Le Pen, qui "manie tout à la fois la banalisation et l'excitation. "Il s'est dit "pour le moins surpris" de voir "des policiers chargés de faire respecter l'ordre, être eux-mêmes facteurs de désordre." Et de violences ? 

François Hollande a en revanche réaffirmé son "soutien" (sincère ?) aux policiers, lors du Conseil des ministres, et appelé au dialogue.  Ce mercredi après-midi, les ministres de l'Intérieur et de la Justice, recevront... les syndicats.

Le FN accusé de soutien stratégique aux policiers
Florian Philippot, vice-président du Front national, a répondu sur Twitter, en faisant savoir que son soutien aux policiers était "sans faille, face à un pouvoir qui a manifestement de la haine pour la police".

Pas d'accord pour qu'on dise que ces manifestations sont manipulées ou dirigées par un parti d’extrême droite", déclare Jean-Luc Mélenchon, revenant sur les accusations de liens entre le Front national et ces manifestations.
Le candidat du Parti de gauche assure entendre "la colère des policiers".
Il annonce par ailleurs, l'organisation le 10 novembre prochain, d'une "journée de réflexion sur la sécurité".

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