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jeudi 13 octobre 2016

Primaire au centre : sans surprise, Bayrou, Lagarde et Devedjian basculent chez Juppé

La presse fait dans le non-événement sur des "ralliements" d'UDI en faveur de Juppé


Alain Juppé a, non pas enregistré de nouveaux soutiens, mais confirmé quelques anciens,
dans sa course à l'investiture présidentielle de la droite

600 élus centristes de l'UDI et Patrick Devedjian, en délicatesse avec Sarkozy depuis près de dix ans.
Depuis qu'il a été président de la République d'ouverture, d'anciens collaborateurs de Sarkozy, Jean-Pierre Jouyet ou Martin Hirsch, par exemple, n'ont-ils pas en effet rejoint Hollande, lorsqu'il est arrivé à l'Elysée ?  
A moins d'un mois et demi du scrutin, le maire de Bordeaux bénéficie de vents d'Est favorables soutenus par la presse socialiste qui voit en lui le battu idéal face à Valls ou Royal et même Hollande: des sondages qui lui prêtent une avance au second tour atteignant une vingtaine de points, à la louche,  et "des ralliements en série". Voyons de plus près en quoi ces allégations sont de l'intox politicienne de la presse militante.

Dans une tribune justement publiée par Le Monde, journal qui appointe Gérard Davet et Fabrice Lhomme, journalistes complices et accusateurs de Sarkozy dans l'affaires Bettencourt dans laquelle la justice a prononcé un non-lieu en faveur de leur cible et auxquels Hollande a consacré 600 heures de son précieux temps présidentiel pour qu'ils recueillent ses "confessions", "Après avoir pris le temps de la réflexion, de la discussion, mais surtout de la confrontation des programmes, nous (...) avons décidé d’apporter notre soutien à Alain Juppé", écrivent 600 élus de l'UDI, emmenés par leur président Jean-Christophe Lagarde, dans une tribune publiée par Le Monde.

Jean-Christophe Lagarde ! Le député-maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) est un soutien de François Bayrou depuis 1991 et notamment pendant la campagne présidentielle de 2007: il fut son porte-parole. La presse peut-elle donc titrer sur ce type de ralliement au maire de Bordeaux sachant que le maire de Pau, François Bayrou, concurrent de Sarkozy en 2007, a conclu une alliance avec Juppé 
Le 25 avril 2007, Bayrou (18,5% au premier tour de la présidentielle 2007) déclara qu'il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy le 6 mai 2007, laissant planer le doute sur son vote en faveur de la candidate de la gauche, la socialiste Ségolène Royal (46,94 % des suffrages exprimés, contre 53% à Nicolas Sarkozy, soit 6 points d'écart).
Lagarde s'est prononcé en faveur de la légalisation du cannabis, a voté contre la loi restreignant l'affichage de signes religieux dans les écoles publiques et pour le projet de loi sur le mariage homosexuel
En 2013, l'association de soutien à son action municipale dut rembourser à la municipalité de Drancy... 51.712 € pour des frais qu’elle avait indûment engagés.

"Comme nous, il [Juppé, 72 ans en 2017] incarne la force de l’optimisme nécessaire à toute évolution, la force du mouvement, de la réconciliation et du courage", assurent les 600 signataires, dont 18 des 577 députés et 27 des 348 sénateurs.

En mars dernier, l'UDI a refusé de présenter un candidat à la primaire de la droite et du centre, faute d'accord avec Les Républicains sur le programme et la répartition des circonscriptions aux législatives de 2017. "Ce nouveau ralliement en faveur du favori des sondages grossit encore les rangs de ses partisans", mais celui qui est parti en campagne bien avant ses concurrents ne réalise aucune conquête.
'Force européenne démocrate' de Lagarde vient de se rallier à Juppé, mais l'autre composante dominante de l'UDI, le Nouveau Centre, a choisi Bruno Le Maire. Quant à l' 'Alliance centriste'  de Jean Arthuis a déclaré vouloir participer directement à l'élection présidentielle.

Bayrou, derrière Juppé: ce n'est pas un scoop !

Les amers tentent de se refaire une "identité heureuse": 
une composante de l'UDI, ex-UDF puis UMP, le Parti radical valoisien, aujourd'hui au centre, fut à la tête du Bloc des gauches aux législatives de 1902 et réalisa au gouvernement Émile Combes la séparation des Églises et de l'État de 1905, présidé par le maire de Nancy, Laurent Hénart, ancien secrétaire d'État de Jean-Louis Borloo dans le gouvernement Raffarin, fils du secrétaire d'État à l'Agriculture pendant les 7 mois du gouvernement Pierre Mendès France. Il fut secrétaire général de l'UDI, conjointement avec Jean-Christophe Lagarde;

Hervé Mariton, un ancien ministre dans le gouvernement de Dominique de Villepin, connu pour son opposition au mariage entre personnes du même sexe, alors que Juppé est favorable à l'adoption par les couples homosexuels, s'opposa à François Bayrou pour la présidence de l'UDF en 1998;

et Frédéric Lefebvre, ancien suppléant d'André Santini, un giscardien. En juin 2016, Sarkozy barra  la réinvestiture de Lefebvre à la candidature Les Républicains pour la 1re circonscription des Français établis hors de France aux élections législatives de 2017. En avril 2011, lors de la journée du livre politique, il s'était ridiculisé en confondant le Zadig de Voltaire avec la marque de vêtements Zadig et Voltaire;
ont réglé leurs comptes. 

François Bayrou, président du MoDem et candidat aux présidentielles de 2002, 2007 et 2012, défend de longue date Alain Juppé et menace même de se présenter une nouvelle fois si Nicolas Sarkozy devait remporter la primaire. 

Dans un texte publié sur le site de L'Opinion, Patrick Devedjian justifie quant à lui son soutien en présentant Alain Juppé comme "l’homme de la situation et qu’il porte la ligne politique que je crois utile à notre pays". En 2007, déçu de ne pas obtenir le ministère de la Justice dans le premier gouvernement Fillon, l'aigri avait déclaré: "Je suis pour un gouvernement d'ouverture, y compris aux sarkozistes, c'est tout dire".
Le successeur de Nicolas Sarkozy à la tête du département des Hauts-de-Seine dit rejeter la ligne politique porteuse d'"un nouveau nationalisme qui repose sur l’appel à l’identité, l’obsession sécuritaire et l’étatisme invasif", sans toutefois citer l'ex-président. Comme la journaliste de LCI (épouse de Thierry Ardisson) Audrey Crespo-Mara, qui, face à Nicolas Dupont-Aignan ce matin, l'a assimilé à Le Pen, père, au cours de la Matinale animée par François-Xavier Ménage, journaliste venu de ... BFMTV, proche du PS.

Dans le camp de Nicolas Sarkozy, on se félicite de ces clarifications.
"Les réseaux de notables, c'est extrêmement sympathique et nous sommes très heureux d'en avoir mais Nicolas Sarkozy ne s'adresse pas aux milieux, il s'adresse aux citoyens, il s'adresse au peuple", a déclaré mercredi Brice Hortefeux, un fidèle de l'ancien chef de l'Etat.

Les sarkozystes rappellent aussi que les sondages n'ont aucune valeur dans la mesure où on ne connaît pas précisément le panel d'électeurs de la primaire qui se déplacera les 20 et 27 novembre. D'autant que Juppé appelle les militants de gauche à soutenir sa candidature contre ses concurrents à la primaire... 
Et selon Libération, "jusqu’à 10% des anciens électeurs de François Hollande s’apprêteraient à participer au scrutin de fin novembre. Et voter massivement pour Alain Juppé pour faire barrage à Nicolas Sarkozy.
En juin 2007, Patrick Devedjian qualifia Anne-Marie Comparini de "salope"s'attirant la condamnation de nombreux politiques et du président SarkozyCette ex-députée du Rhône - qui fut assistante parlementaire de Raymond Barre - était une élue du MoDem et proche de... Bayrou, rallié à Juppé, avec Devedjian, qui a rompu avec Sarkozy à propos du Conseil général des Hauts-de-Seine, il y aura dix ans en 2017...

Comment Juppé s'accommode-t-il de ces ralliements ?

1 commentaire :

  1. Lors des élections régionales, C'est l'UDI qui a eu la primeur sur les listes de "la droite et du Centre".
    S'Il y avait eu un consensus pour un candidat LR, nous aurions sans aucun doute gagné!
    Là, tous et toutes avons été à la pêche (PS ou UDI = bonnet blanc et blanc bonnet. La preuve Bayrou a appelé à voter pour l'incompétent président actuellement au pouvoir!)

    Que s'est il passé : le PS est passé bien sur! Et le fameux premier de liste, l'UDI a finalement refusé le poste qui lui était octroyé!


    Et on nous joue un remake avec un vieux filou, condamné à inéligibilité et qualifié de "meilleur d'entre nous", soutenu par un UDI/MoDem toujours aussi fourbe?J

    Comment voulez vous qu'on s'en sorte?

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