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lundi 31 octobre 2016

Assassinats ciblés: ses opérations 'Homo' disqualifient Hollande, selon la classe politique

Fillon: Hollande "disqualifié" par ses révélations sur les opérations "Homo" 

François Hollande est "disqualifié" par le livre de ses confidences
  
François Fillon se dit étonné que ces révélations ne constituent pas "un énorme scandale"
L'ex-Premier ministre pointe notamment les opérations sécrètes dites "Homo", dimanche. "Je pense que François Hollande est disqualifié en particulier par le livre qui vient de sortir de ses entretiens avec les journalistes", "en particulier sur un point fondamental qui est la manière dont il parle des opérations secrètes à des journalistes du Monde - qui ont par ailleurs une réputation sulfureuse - et dont il se vante au fond d'avoir conduit des opérations d'assassinats ciblées de terroristes", a-t-il déploré. 

Le président de la République a reconnu avoir autorisé "quatre" opérations "Homo"

Le président sortant a réagi au scandale pour la première fois depuis la sortie du livre destiné à glorifier son bilan !
Dans ses confidences aux vicieux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Hollande avait confirmé à demi-mot ces opérations. "Chaque fois qu'il y a eu des attaques contre nos soldats, chaque fois qu'il y a eu des otages qui ont été pris, enlevés et retenus, à chaque fois il y a eu des réponses appropriées", a admis le chef de l'Etat. "C'est ce que j'ai toujours annoncé publiquement", avait-il fait valoir. 

Autre candidat à la primaire interrogé sur le problème cette semaine, Alain Juppé avait estimé que François Hollande n'aurait pas dû faire ces révélations, déplorant "une espèce d’obsession de la transparence". "Gouverner, c'est parfois gouverner dans le secret", avait-t-il soutenu. 

Le député LR et ancien ministre Pierre Lellouche avait lui aussi critiqué mercredi des "révélations intolérables, et même dangereuses", et il avait posé la question d'une éventuelle destitution, à l'occasion d'un débat parlementaire sur les opérations extérieures.

Les responsables socialistes et leurs journalistes de gauche, tous dissimulateurs

"Quand on pense qu'il y a un scandale aux Etats-Unis parce que Madame Clinton utilisait son téléphone personnel pour envoyer des mails, et que chez nous cela ne fait même pas débat !", s'est-il indigné. "Cela veut dire quand même qu'il y a un problème de fonctionnement de notre système politico-médiatique", a-t-il déploré. "Il y a un problème moral. Ce devrait être un énorme scandale, qui disqualifie le président de la République", a-t-il dénoncé. 

Sur France Inter/France Info/Le Monde, un autre candidat à la primaire, Bruno Le Maire s'est lui aussi  estimé que François Hollande "menace la sécurité des Français". "Parce que quand on commence à mettre sur la table publique des informations aussi confidentielles que celles-là, on menace la sécurité des Français", a-t-il souligné, jugeant cela "inquiétant". 

Hollande nie, mais n'est plus audible, jusqu'au sein du gouvernement 

Déjà minée par les sondages et bloquée au plus bas dans l'opinion, la santé politique de François Hollande ne semblait pas pouvoir s'aggraver davantage. Mais c'était sans compter avec la fascination que le "bras cassé" a de sa propre puissance, comme l'atteste la parution de son livre-confessions 'Un président ne devrait pas dire ça…' .

Le président 4% y révèle donc avoir ordonné ces exécutions ciblées. Une pratique et un aveu qui provoquent une onde de choc jusqu'au gouvernement.
Dépeint à droite comme à gauche comme un "suicide politique", l'ouvrage de Fabrice Lhomme et Gérard Davet regorge d'informations compromettantes, si ce n'est classées secrètes. Dont la révélation d'au moins quatre homicides ciblés de terroristes, ordonnés par l'Élysée et exécutés par les services de la DGSE. Une pratique illégale, selon les accords internationaux ratifiés par la France.

Interrogé sur les "opérations Homo" [homicides, dans le vocabulaire militaire] le 9 octobre 2015, François Hollande se flatte devant les deux journalistes de confiance, puisqu'ils sont salariés par Le Monde, le journal officieux du PS: "J'en ai décidé quatre au moins, mais d'autres présidents en ont décidé davantage," insinue le vicelard. 

Un mois plus tard, sensibilisé au fait d'avoir livré des informations sensibles, Hollande tente de relativiser ses assassinats ciblés. "C'est totalement fantasmé", rétro-pédale-t-il. "On ne donne pas de permis de tuer", nie le fanfaron pris à son propre piège. "On a une liste de noms de tous les gens qu'on a éliminés, ça, je l'ai dit, mais on ne fixe pas une liste de noms en disant: "voilà, il faut les éliminer". Si on les trouve, on les trouve", raconte encore le chef de l'État et des armées.

"C'est proprement insupportable"
Interrogé sur France 2 ce mercredi matin, l'ancien ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé peine à contenir son indignation (ci-dessus). "Je demande d'abord que le président de la République assume sa fonction - je crois qu'il est trop tard - de manière digne", assène le favori des sondeurs à la primaire de la droite. "Quand on est chef de l'État, on ne tient pas des propos de ce type. Et il faut bien se mettre dans la tête que la transparence absolue, ça devient un danger pour la démocratie et pour la sécurité de nos démocraties", poursuit le maire de Bordeaux. 
"C'est une manière d'exposer sur la place publique ce qu'il y a de plus lourd dans la fonction présidentielle. Ça ne peut se faire qu'en conscience profonde et sûrement être étalé devant les media, à pour sa part brocardé, sur RTL, François Bayrou, soutien des candidats socialistes en 2007 et 2012.

Soutien de François Fillon, Gérard Longuet dénonce un livre "consternant de la part d'un président en activité", qui contrevient à son devoir de "discrétion totale". "Quand on porte la responsabilité de la République, il faut avoir la décence de taire ses états d'âmes", ajoute le sénateur de la Meuse. "Se confier à des journalistes par une sorte de narcissisme émerveillé de soi-même, c'est proprement insupportable parce que cela se fait au détriment de l'autorité de la République".

Son ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, consterné
A gauche, Jean-Luc Mélenchon a été l'un des premiers responsables à pointer l'incroyable aveu du chef de l'État. Invité sur BFM-TV mardi, le candidat de "la France insoumise" a menacé le président: "Je mets en garde François Hollande. Il ferait bien d'y réfléchir. La France a signé (pour) le tribunal pénal international et le Mali aussi. Il y a un problème, il y en aura un bien vite. La vérité, c'est que c'est un assassinat décidé en haut lieu. En principe, ce genre de comportements relève du tribunal pénal international".

Mais le désaveu suprême provient d'un proche fidèle du président, Jean-Marc Ayrault, qui fut son ancien premier ministre. Interrogé mardi par la presse diplomatique sur ces révélations, le ministre des Affaires étrangères s'est fendu d'une réponse sans appel: "Un président ne devrait pas dire ça... la réponse est dans le titre, c'est la seule chose intéressante du livre". 
L'ancien premier ministre de 2012 à 2014 en a profité pour se défendre, en faisant mentir les commentaires de François Hollande à son sujet dans l'ouvrage. Le chef de l'État y décrit un locataire du Quai d'Orsay qui "fait le métier sans enthousiasme excessif", et "tellement loyal qu'il est inaudible". Une loyauté dont le chef de l'État vient d'éprouver les limites.

>Le budget de la DGSE, opératrice des exécutions, est constitué d'une part du budget de la Défense, dont Jean-Yves Le Drian est en charge, et de crédits provenant des fonds spéciaux des services du Premier ministre, successivement Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls...
Bien que la DGSE soit placée sous son autorité, Le Drian est en vacances: c'est Hallowe'en ! Et injoignable...

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