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vendredi 1 octobre 2010

Grèves en Europe: moeurs syndicales en rapport de leur force

Tour de France des grèves en Europe (2005-2008)

De la France, championne d'Europe de la mobilisation avec 1,99 million de jours non travaillés - qui ne financent pas les retraites - pour cause de mobilisation en 2005, à l'Autriche, où la grève n'existe pas, tour d'Europe des traditions sociales.
Une étude comparée proposée par Le Figaro du 23 septembre 2010.

2005

2006

2007


2008

Plus de 1,4 million de jours de travail perdus en 2008 pour cause de grèves en France.

Les chiffres bruts (nombre de grévistes multipliés par nombre de jours de grèves) sont conséquents. Mais il faut relativiser leur importance. «Les journées de travail perdues pour cause de grève représentent peu de choses, rapportées aux autres absences, notamment pour raison de santé», rappelle [minimise] Andrew Watt, économiste à l'Institut syndical européen (ETUI). Un exemple: en Belgique, les jours de grèves représentent moins de 1% du total des jours «perdus» pour cause d'arrêts maladies ou autres.

Surtout, la grève semble avoir perdu du terrain ces dernières années.
Entre 1997 et 2006, le nombre moyen de jours perdus à la suite de grève s'est élevé à 39 pour 1.000 employés, contre 30,6 journées entre 2005 et 2009, note l'Observatoire européen des relations au travail (EIRO). Tour d'horizon des traditions sociales en Europe.
La France et les pays du sud: la tradition de l'affrontement.
Entre 2005 et 2008, la France a compté en moyenne 132 jours de travail par an et par 1.000 employés, selon les chiffres de l'EIRO. Presque un record: seul le Danemark la dépasse en raison d'une mobilisation inhabituelle des infirmières et des aides maternelles en 2008.

[Des syndicats français suicidaires]

«Le grand nombre de conflits sociaux s'explique par la faiblesse des syndicats»
, explique l'économiste Nicolas Bouzou, d'Asterès. [Plus les syndicats s'affaiblissent, plus ils poussent à la grève. Et plus ils multiplient les grèves, plus ils se déconsidèrent].

Question de tradition, aussi.
«La force d'un syndicat, en France, consiste à gagner des votes lors des élections professionnelles et à mobiliser des salariés bien au-delà de ses seuls adhérents», ajoute Kurt Vandaele, de l'Institut syndical européen (ETUI). «En outre, en France et dans les pays du sud de l'Europe, les syndicats ont été durablement influencés par la pensée anarchiste.»

Autriche, le pays où la grève n'existe pas
Le taux d'organisation des travailleurs et entreprises atteint presque 100% en Autriche. Et les grèves sont quasiment inexistantes. «Les négociations sont centralisées, les syndicats ont le poids suffisant pour régler les problèmes par la négociation», décrit Andrew Watt. L'Autriche est une exception.
Mais d'autres comme l'Allemagne et les pays nordiques, se rapprochent de cette tradition de syndicalisme fort allié à la co-gestion. Le faible nombre de jours de grèves s'explique aussi dans ces Etats par la pratique des «grèves d'avertissement». Les employés se réunissent 30 minutes devant l'entreprise avant de se rendre à la table des négociations.

Dans des pays comme le Danemark, la Suède ou encore la Belgique
, le fort taux de syndicalisation s'explique en partie parce que ce sont les syndicats qui distribuent les aides d'Etat aux chômeurs. Ces dernières années, le gouvernement suédois a par exemple tenté de rendre les agences de l'Etat plus attractives que les syndicats dans ce domaine. Et le nombre d'adhérents a baissé, selon l'ETUI.

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