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mercredi 5 novembre 2014

FNSEA et JA manifestent contre les diktats écologistes et administratifs

Les agriculteurs dénoncent le trop plein de "surenchère administrative et environnementale" 

Les agriculteurs de la FNSEA 
et les Jeunes Agriculteurs  manifestent ensemble leur colère

Epidémie de "phobie administrative"
dans l'Aisne, l'Oise et la Somme, ce mercredi 5 novembre, mais aussi à Paris comme sur l'ensemble du territoire. Des centaines de tracteurs et d'agriculteurs se sont concentrés de bonne heure. Pour cette journée de grande mobilisation plusieurs rassemblements étaient prévus à Amiens, Beauvais et Laon.
  
La cocotte (minute) est montée en pression
Aux difficultés économiques viennent en effet s'ajouter les contraintes administratives liées à une politique agricole européenne commune. La semaine dernière les agriculteurs de l'Oise ont déversé du fumier au bord de la route en libre service,  pour dénoncer la directive nitrates. la mobilisation du mercredi 5 novembre est maintenant nationale, dans tous les départements avec pour mot d'ordre "laissez-nous travailler!" 

Le 25 septembre dernier, 300 dirigeants de la FNSEA et JA, réunis en Conseil fédéral, ont adopté huit revendications à l’adresse du gouvernement. 

Les huit revendications de la FNSEA et des JA
1 - L’Union Européenne doit assurer la réparation économique des conséquences de l’embargo russe, et sur d’autres fonds que ceux de la PAC.
2 - La France doit privilégier les produits français dans les approvisionnements : deux plats sur trois d'origine française dans les restaurants. 
3 - Non au péage de transit.
4 - Abandonner l’application du Compte pénibilité à l’agriculture.
5 - Versement anticipé des aides PAC au 16 octobre pour tous.
6 - Non au blocage des dossiers installation à partir du 1er janvier 2015.
7 - 2015 : Une année blanche sur les contrôles verdissement/PAC.
8 - Non au zonage directive nitrates tel qu’il est annoncé.
Dans la Somme, un rassemblement a débuté vers 10h30 en centre ville, au niveau du cirque: entre 150 et 200 tracteurs ainsi que 400 agriculteurs se sont rasemblés à Amiens. La manifestation se terminera devant la préfecture aux alentours de 14 heures.
Cinq organismes sont visés : la DRAAF, la DREAL, La DIRECCTE, l'ASP, l'ONEMA.

Dans l'Oise, le rassemblement s'est constitué sur la RN 31, face à la rue de la Préfecture en direction de Beauvais entre 9h30 et 10h30. Plusieurs dizaines de tracteurs sont partis en convoi vers la préfecture, la fin de la manifestation étant prévue aux alentours de 14h / 14h30. 

Dans l'Aisne, les agriculteurs se sont donnés rendez-vous à Laon. Le rassemblement était fixé à  10 heures. Six points de rassemblement étaient prévus : l'aérodrome de Laon, le verger d'Ebouleau à Besny-et-Loizy, la ferme d'Avin de Laon, le rond-point de l'Europe, la piscine Le Dôme et le pôle du Griffon. 300 tracteurs se sont rassemblés à la piscine Le Dôme avant d'entreprendre un tour complet de la ville préfecture. Le convoi devrait arriver en ville haute vers 12h30. La manifestation prendra fin aux alentours de 15 heures. Hier 4 novembre, les agriculteurs de l'Aisne ont allumés des bûchers un peu partout dans les campagnes, des feux visibles des axes de grande circulation et des grandes agglomérations.

Des milliers d’agriculteurs avaient répondu à l’appel, à la mi-journée

A Paris, 50 tonnes de pommes de terre ont été déversées tôt ce matin, place de la République et les agriculteurs distribuaient gratuitement des fruits et légumes. Dans plusieurs départements, des opérations escargots sont menées par des tracteurs. Les agriculteurs de l'Ouest ont organisé ce type d’action dans l'Eure et les Côtes d'Armor. Ils ont également incendié des pneus au Mans ou bloqué la circulation à Alençon. Dans la Sarthe, 200 agriculteurs ont déversé de la paille et du fumier et enflammé des pneus devant la direction départementale de l'Agriculture au Mans.

A Toulouse
toujours aussi radicale, des manifestants ont envoyé des oeufs sur la direction régionale de l’environnement et du fumier sur la cité administrative.

Les préfectures et sous-préfectures sont également ciblées par des agriculteurs en colère
, à l’image de celle de Haguenau, située dans le Bas-Rhin, où les portes ont été bloquées par des monceaux de déchets.
La FNSEA a créé une carte interactive pour prévenir des actions dans toute la France.

Climat tendu

Cette mobilisation survient dans le contexte du blocage par les altermondialistes d'EELV du projet de retenue de Sivens dans le Tarn - destinée à l'alimentation en eau de Montauban et des terres des agriculteurs locaux obligés de se développer pour survivre - et les récents incendies perpétrés par des agriculteurs contre le centre des impôts et les locaux de la Mutualité agricole (MSA) en périphérie de la ville de Morlaix, sur la commune de Saint-Martin-des-Champs (PS) dans le Finistère, en septembre.

Xavier Beulin, président de la FNSEA, a souhaité affirmer qu’il "n’y a pas de place pour les dérapages" et a appelé "à manifester dans le calme et le respect des personnes". Dans une volonté de communication auprès du grand public, une distribution gratuite de fruits et de légumes s'est tenue, place de la République à Paris. D’autres actions sont prévues dans une cinquantaine de départements.

Parmi les huit revendications recensées par la FNSEA et les JA, certaines ont déjà fait l'objet de reculades, mais continuent d'inspirer de la méfiance, car si le gouvernement a promis le versement anticipé de 3,4 milliards d’euros d’aides de la politique agricole commune (PAC) et a supprimé l’écotaxe, nul ne sait comment ces marches-arrière vont être compensées.

La réglementation sur les nitrates contestée 

En fait, les blocages sont écologistes. La FNSEA rejette la révision du classement des zones vulnérables aux nitrates.
Début septembre, la France a été une nouvelle fois sanctionnée par Bruxelles pour ne pas être parvenue à respecter la directive de 1991 sur les nitrates et les pollutions d’origine agricole. Sur 35.392 captages, 8,5 % ne respectent pas les seuils autorisés de nitrates et de pesticides par litre. Fin juillet, la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, a décidé de classer 3.800 communes supplémentaires en zone vulnérable, portant le total à 23.000 communes. A quel horizon ?
Cette proposition a suscité une levée de boucliers immédiate de la FNSEA qui souhaite que le sujet ne soit plus traité nationalement, mais localement, et soit géré par le seul milieu agricole.
Le ministère de l’écologie a réagi dans un communiqué publié mardi 4 novembre, en expliquant qu’elle a mis au point avec les préfets et les agences de l’eau "une méthode d’adaptation à la réalité du terrain des zones vulnérables ", une manière d’annoncer des concessions, sa méthode de gouvernement, comme à Sivens. Dans certains départements, la FNSEA et JA prévoient de mettre en place, mercredi, des "drive fumier", pour donner le fumier que les agriculteurs disent ne plus pouvoir épandre.

L’autre sujet brûlant est celui de la ressource en eau 

L'enjeu de la retenue d'eau de Sivens est au cœur des tensions, si modeste soit-elle, car la FNSEA défend le projet avec détermination, soulignant qu'un réservoir n'est pas un barrage. Le niveau de colère pourrait donc monter en région mercredi, où le syndicat agricole organise une manifestation à Toulouse.

Le Foll, ministre de l'Agriculture insensible au patriotisme alimentaire 
La mise en œuvre d’un "patriotisme alimentaire" figure parmi les revendications. Les agriculteurs réclament que deux plats sur trois soient confectionnés à partir de produits français dans les cantines publiques. 
C’est pourquoi, mercredi matin, une vingtaine de Jeunes agriculteurs ont contrôlé les camions alimentant les cantines du ministère de l’Economie et des finances à Paris. "Tomates du Maroc, pommes d’Italie, produits sans étiquette, le ministère de l’économie devrait être exemplaire dans le made in France et ce n’est pas le cas. On est un peu exaspéré", a regretté auprès de l’Agence France-Presse Samuel Vandaele, secrétaire général adjoint des Jeunes agriculteurs. Et ils n'ont pas effectué leurs contrôles à Matignon où la facture des dépenses de bouche dépassent les limites de la décence en période d'austérité pour tous... Lien PaSiDupes

La 
mobilisation de la FNSEA bénéficie du soutien des chambres d’agriculture en réaction à la ponction faite par le gouvernement sur leur budget. Elles ont décidé de fermer leurs portes mercredi. La loi de finance prévoit en effet de préempter 60 millions d’euros sur un montant total de 700 millions d’euros.

La CFDT  émet des réserves contre certains agriculteurs 

Sans surprise, la CFDT, proche du PS, a souhaité prendre ses distances avec le mouvement et, ironie du sort de des syndicalistes, "dénonce l’instrumentalisation des salariés" ! "Leurs combats ne sont pas les nôtres", décide le syndicat réformiste, qui se dit en opposition totale avec les revendications, comme l’instauration de la TVA sociale ou la demande d’exception pour l’agriculture de la mise en place du compte pénibilité, mais reste en stand-by sur l'ensemble des problèmes.
"Différents mouvements en Bretagne ou ailleurs apportent malheureusement la preuve que les manifestations d’agriculteurs peuvent rimer avec violences et dégradations", polémiquent les godillots céefdétistes.

La 
 mauvaise-foi de la CFDT est saisissante.

Elle fait en effet l'amalgame avec la Confédération paysanne de Joseph Bové qui fait cause commune avec EELV pour cautionner l'ultra-gauche aussi bien à Sivens que sur la Ferme des 1.000 vaches ou sur le site de l'aéroport de ND-des-Landes où les hostilités reprennent.

La Confédération paysanne, syndicat agricole extrémiste,
 justifie les violences
"La colère des agriculteurs est véritable, profonde, justifiée", quand il s'agit de soutenir les blocages et les actions violentes déstabilisatrices.
"Nous sommes dans un système à bout de souffle qui n’a d’égard que pour la compétition et la rentabilité. (…) il va falloir se battre. Mais pas en brûlant ce qu’il reste de nos outils de solidarité, pas en manifestant pour le droit de polluer en paix."

Pourtant, le 28 mai 2014, une cinquantaine de militants extrémistes de la Confédération paysanne, dont Laurent Pinatel, son patron (ci-contre), ont mené une action éclair sur le site de la "ferme des 1000 vaches" près d'Abbeville. Leur objectif transmis par Joseph Bové, "faucheur volontaire" et "démonteur" du MacDo de Millau saccagé, était de démonter la salle de traite fraîchement construite. Laurent Pinatel, patron de la Confédération paysanne, expliquait alors : "L'agriculture, ce sont des paysans qui ont vocation à produire de l'alimentation non pas dans des usines mais dans des fermes".
Après l'arrivée des gendarmes et quelques frictions avec les salariés de l'exploitation, les manifestants étaient repartis en emportant des pièces trouvées sur place. Quatre d'entre eux avaient cependant été placés en garde-à-vue pour des dégradations commises sur place. Le reste du groupe de militants de la Confédération paysanne a continué sa journée au ministère de l'Agriculture, à Paris, pour y déposer les pièces "prélevées" à la "ferme des 1000 vaches" (photo ci-contre). 

Laurent Pinatel est ensuite revenu à Amiens où Le Foll l'a fait interpeller à sa descente du train, à la gare, 
et placer en garde-à-vue. 
Les opposants à ce projet multiplient les actions coups de poings depuis plusieurs mois, tout en se disant pacifistes. Mi-janvier, ils avaient déjà occupé le site et bloqué le chantier de construction de cette exploitation. Une partie des militants est encore présente sur le site, comme est occupé Notre-Dame-des-Landes ou le réservoir de Sivens, zones de non-droit.

1 commentaire :

  1. saisissante publicité pour une autre forme de syndicalisme agricole extrémiste, représentée par son président, agriculteur céréalier grand profiteur de subventions publiques, magouilleur agroalimentaire habillé en prada et bien manucuré.
    L'agriculture intensive va droit dans le mur, elle le sait, et déverse sa haine avant de bientôt disparaître, incapable de changer pour évoluer...
    Et dire que les subventions intègrent un tiers d'aides vertes,on croît rêver en entendant les discours de la fnsea!!!

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