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mardi 23 septembre 2014

Le volailler Tilly-Sabco a du plomb dans l'aile

Dans le Finistère, le volailler Tilly-Sabco a été mis en cessation de paiement

Le ministre Montebourg est parti laissant les salariés sur le carreau
Entouré de Bricq, Le Foll, Garot et Lebranchu, élus Bretons,
Ayrault, ex-député-maire de Nantes, avait fait
 la promesse solennelle d'une aide de 15 millions d'euros
en soutien aux entreprises agroalimentaires de la région 
(Matignon, le 16 octobre 2013)
Alors que le redresseur improductif est allé sous d'autres cieux roucouler avec Aurélie Filippetti, autre ministre déterminée, les quelques 340 salariés de l'abattoir breton Tilly-Sabco sont effondrés. A l'issue d'un Comité central d'entreprise qui se déroulait ce lundi matin au siège de l'entreprise à Guerlesquin (Finistère), le PDG du volailler en difficulté, Daniel Sauvaget, a annoncé qu'il est "contraint d'effectuer une déclaration de cessation de paiement auprès du tribunal de commerce de Brest".
"Compte tenu que nous n'avons pas pu conduire à son terme le plan de continuation en cours, (j'ai indiqué) que nous passerions directement en procédure de liquidation et que je sollicitais du tribunal de Commerce de Brest une poursuite d'activité pour permettre l'émergence de projets de reprise les plus aboutis qui permettent de sauver le maximum d'emplois sur le site", a-t-il ajouté. 
Daniel Sauvaget a toutefois précisé dans un communiqué qu'il sollicite une poursuite d'activité "grâce au soutien de son principal client saoudien, le groupe Abbar". En plus des 340 employés, le volailler génère un millier d'emplois induits.
La colère des salariés

"On nous a annoncé le dépôt de bilan. Où aller chercher du boulot maintenant puisqu'il n'y en a plus ici ?", lâche, en larmes, Didier Coant, 55 ans, au sortir de la réunion. Depuis 20 ans chez Tilly, dernièrement au "quai d'accrochage", cet ouvrier dont la mère a fait toute sa carrière chez Tilly est effondré. "Si nous on ferme, tous les commerces environnants vont en pâtir. J'aurais aimé finir ma carrière dignement. C'est pas facile à 55 ans".
"J'aurais aimé finir en beauté et pas comme ça, dit aussi Jean-Yves, un éleveur travaillant exclusivement pour Tilly et qui craint lui aussi le dépôt de bilan. 
"Notre travail, c'est toute notre vie. On n'a pas de perspectives, mais vous savez, quand on pousse les gens à bout, vous voyez ce que ça donne", menace Corinne Nicole, la déléguée CGT du groupe, évoquant sans le dire la violente manifestation des producteurs de légumes dans la ville voisine de Morlaix vendredi soir. (lien PaSiDupes)

Si ça ferme, "qu'est ce qui nous restera ? On n'a que ça. Que voulez-vous qu'on fasse? Forcément qu'on va se battre, on va aller jusqu'au bout, on n'a plus rien à perdre. A force on va tous sortir les crocs", assure Jean-Paul Mazé, éleveur finistérien pour Tilly.
Tilly-Sabco en difficulté depuis 2013

Les difficultés de Tilly-Sabco, dont 80% de la production était destinée au Moyen-Orient, principalement à la péninsule arabique, remontent à la suppression en 2013 des aides européennes à l'exportation pour les poulets congelés (les restitutions), qui soutenaient la filière à hauteur de 55 millions d'euros par an. Les deux groupes français Doux - lui-même touché ces deux dernières années par de graves difficultés - et Tilly-Sabco, étaient les derniers en Europe à toucher ces subventions, qui leur permettaient de supporter le différentiel de compétitivité avec le Brésil, leur principal concurrent.

Malgré les 15 millions d'euros d'aide étatique dégagés par la France fin 2013 en faveur de la filière, les difficultés de Tilly ont pris un tour critique cet été quand Nutréa (filiale de la coopérative bretonne Triskalia), principal fournisseur de poussins pour les éleveurs qui envoient leurs poulets à l'abattoir Tilly-Sabco, a cessé de les livrer, faute d'assurances de paiement, compte tenu des difficultés de la filière. Finalement, Tilly-Sabco a pu maintenir une activité réduite en septembre grâce à l'apport de 450 000 poulets par semaine à l'abattoir, soit deux jours de travail hebdomadaires, selon le syndicat CGT.



C'est donc un nouveau coup dur pour l'agroalimentaire breton. Après la liquidation judiciaire de l'abattoir du groupe Doux dans le Morbihan, le volailler Tilly-Sabco, deuxième exportateur de poulets français, avait annoncé en octobre 2013 qu'il devait suspendre sa production de poulets destinés à l'exportation, soit 90 % de son activité, à compter du 4 janvier 2014.

Le 18 juillet 2013,
Bruxelles avait décidé de supprimer les aides à l'exportation (les "restitutions") pour les petits poulets congelés, dont la France restait quasiment la seule bénéficiaire, en premier lieu les groupes Doux et Tilly-Sabco. Ces aides permettaient notamment aux poulets européens de concurrencer les volailles brésiliennes sur la scène internationale. Tilly-Sabco avait alors engagé une procédure en référé pour s'opposer à cette décision. Le groupe a été débouté en septembre.
Tilly-Sabco a réalisé en 2012 un chiffre d'affaires de 136 millions d'euros -principalement au Moyen-Orient- et emploie 340 personnes.
Le gouvernement travaille à "maintenir l'activité", assurait Garot
Le gouvernement s'efforce de trouver des solutions pour maintenir l'activité de Tilly-Sabco, avait clamé fin octobre 2013 le ministre délégué à l'Agroalimentaire, Guillaume Garot (PS), en l'absence du ministre de l'Agriculture toujours occupé ailleurs: depuis que ce n'est plus au fonctionnement du cabinet fantôme de Hollande, c'est à sa propagande sur tous les media hexagonaux. "Nous sommes prêts à intervenir sur la base des propositions et demandes précises qu'elle voudra bien nous transmettre", avait-il promis, précisant avoir reçu à plusieurs reprises en  à tête son PDG Daniel Sauvaget.
"Les 15 millions d'euros du plan Bretagne sont notamment destinés à soutenir la filière avicole et les abattoirs", avait-il rappelé. Que reste-t-il de ces 15 millions que les contribuables ont versé au pot ?...


La Bretagne avait placé François Hollande nettement en tête du premier tour de la présidentielle de 2012, avec 31,7% des voix, loin devant Nicolas Sarkozy (25,6%) et Marine Le Pen (13,2%).

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault comptait quatre Bretons : Jean-Yves Le Drian à la Défense, Marylise Lebranchu à la Réforme de l'État, de la Décentralisation et de la Fonction publique, Stéphane Le Foll né au Mans mais fils d'un instituteur breton des Monts d'Arrée, à l'Agriculture, et Benoît Hamon à l'Économie.
En avril 2014, le gouvernement Valls comportait encore quatre Bretons, pour changer: Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. Le Brestois d'origine Benoît Hamon était passé au ministère de l'Education, Marylise Lebranchu conservait son ministère de la Décentralisation et de la Fonction publique et S. Le Foll était tellement bon qu'il était maintenu à l'Agriculture...
Les députés PS du Finistère sont Jean-Jacques Urvoas (Quimper) et Marilyse Lebranchu députée pour la circonscription de ...Morlaix et de ...Guerlesquin (1997-2012), une intime de la Ch'tite Aubry et donc se réclamant de la "gauche sociale"...

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