POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Tilly-Sabco. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Tilly-Sabco. Afficher tous les articles

jeudi 11 décembre 2014

Ecole: le halal pour tous, projet gouvernemental ?

La presse combattrait la culture française qu'elle ne s'y prendrait pas autrement

French bashing: tout ce qui vient de l'étranger est mieux...

Dans une cantine de Sarthe, c'est du porc ou rien ! Une décision absurde et stigmatisante, selon L'Obs. A Sargé-lès-Le Mans, Sarthe, on aime les rillettes et le maire de la commune, 64 ans, se demande bien pourquoi sa petite commune s'empoisonnerait la vie et les finances. Il a donc décidé de ne plus proposer une viande de substitution lorsqu’un plat de porc était au menu de la cantine de l’école. Pourquoi ? "Pour respecter le principe de laïcité". De quoi piquer au vif du problème...  

Stéphane Fouéré, président de la fédération de gauche de parents d'élèves (FCPE de la Sarthe et administrateur national), en fait tout un plat.
Gag !
"Vendredi dernier en ouvrant "Ouest France", je suis tombé des nues, raconte cet avocat au barreau de Saint Nazaire, spécialisé en droit social: le maire divers droite [information capitale] de Sargé-lès-Le Mans a décidé de ne plus proposer un choix de viande aux élèves lorsque du porc était inscrit au menu de la cantine. Il n'y a que les pays riches pour offrir des repas scolaires à la carte et les pays du Sahel ou du Maghreb nous envient, mais cet avocat n'y voit aucune indécence. Nul doute pourtant qu'il s'indigne par ailleurs de la faim dans le monde.

La Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) n’en était pas informée, s'étonne ce défenseur de la co-gestion dans l'Education nationale. "C’est comme si Monsieur le maire avait tenté de faire passer ça sous silence, l’air de rien", commente-t-il, sans y croire: à 3 km du Mans, on n'est pas exactement dans le Nord du Mali, aux mains des djihadistes. "Cette décision est totalement inopportune et insupportable. Ce n’est ni plus ni moins qu’une provocation," s'exalte-t-il.

Au nom de la laïcité ?

Marcel Mortreau "argumente", un droit de la défense que cet avocat ne peut contester au maire, ni à aucun citoyen. "Mais connaît-il vraiment le principe de laïcité ?" interroge, condescendant, ce représentant de parents. Il fait la leçon à l'élu: "La laïcité, c’est le fait de respecter ceux qui croient et ceux qui ne croient pas en dieu, c’est apprendre à vivre ensemble." Le débat commence déjà à se gripper: le "vivre ensemble", quand on vient d'ailleurs, c'est apprendre et respecter les usages du pays d'accueil et non pas lui imposer les siens. 

Me Fouéré poursuit avec des reproches. "Au lieu de vouloir à tous prix créer de la différence entre ses administrés, le maire de Sargé-lès-Le Mans ferait mieux de trouver ce que les enfants et leurs parents fréquentant les écoles de la commune ont en commun, ce qui les rapprochent. L'angle de vue de la FCPE est clairement biaisé. L'idéologie embrume l'esprit de son représentant qui ne réalise pas un instant que l'accusation de "créer de la différence" s'applique d'abord, et avant les autres, aux partisans du halal obligatoire "à tout prix" dans les écoles laïques et non pas aux enfants qui ont appris à manger de tous les plats. Les rillettes de porc au repas des cantines n'est certes pas un objectif sain (même au Mans), mais la faculté  de raisonner sain semble ici prise dans les graisses chez S. Fouéré
  
A preuve encore, son anathème sur les mangeurs de porc comme Marcel Mortreau. "Son choix contribue à stigmatiser une partie de la population : les parents et élèves de confession musulmane. Car il faut bien le dire: ce sont toujours les mêmes qui sont pointés du doigt." Pourtant, comment cet avocat explique-t-il que les Juifs qui, comme les musulmans, sacrifient à l'abattage rituel, n'ont jamais tenté d'imposer leurs usages religieux à la majorité des enfants des écoles ?


Gare à la stigmatisation, gronde la FCPE


Décidément braqué comme une parabole satellitaire sur La Mecque, l'avocat perd le Nord et de vue la définition qu'il a lui-même brandie. "La laïcité a une nouvelle fois bon dos", estime-t-il cette fois, considérant qu'elle s'applique aux seuls Chrétiens. Je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec ces mamans qui étaient interdites de sorties scolaires sous prétexte qu’elles portaient un voile. A leur différence, les bonnes soeurs ont abandonné leurs cornettes pour vivre avec leur temps et servir leurs semblables sans entraves. Comme leurs homologues masculins qui ont abandonné la djellaba  soutane, elles ressemblent à des voitures de police banalisées, mais ont donné l'exemple - à tous et toutes (sauf aux avocat-e-s) - de ce que devrait être une parfaite intégration.
"Au nom de quoi devrait-on interdire à une partie de la population de participer à une sortie, à un repas, à la vie d’une école ?" interroge-t-il. Réponse: au nom de la laïcité !

L'empathie du cher maître pourrait prêter à sourire. 
Il a en effet le sentiment que "ce genre de pratiques peut avoir des répercussions sur des élèves qui, pointés du doigt, se sentent exclus. Priver un enfant d’un repas important, souvent le seul de la journée, l’isoler, n’est absolument pas acceptable." Priver un enfant de nourriture! On atteint le délire. Chacun sait que la cantine trouve son origine dans le local d’abord mis à disposition pour y réchauffer et y manger le contenu de la gamelle. Pour peu qu'on soit ouvert sur le monde, on sait qu'aujourd'hui encore, toutes religions confondues et donc sans discrimination aucune, les enfants d'Angleterre peuvent choisir apporter leur "lunch box" (photo) pour midi.

"Parents et élèves ont besoin d’une écoute, d’un accueil, et non de se sentir "à part", affirme ce partisan. A l'en croire, la France serait l'Irak ou la Syrie et traiterait les musulmans, parents et enfants, comme des Chrétiens persécutés dans l'Etat islamique (ou Daesh). "Les parents ont besoin de confiance, d’être écoutés et de participer à la vie de l’école, alors que le fossé se creusent [sic] entre les relations familles/école," assure ce prosélyte du multiculturalisme.

En Sarthe, il n’y a pas que du cochon

"Le maire déclare que seul deux repas par mois sont à base de porc. Je trouve ce chiffre très étonnant : pense-t-il aux variantes lardons, rillettes et jambon ?" objecte le "baveux". Des rillettes à la cantoche? Europe Ecologie-les Verts va aller chercher des poux dans la tête de Najat Vallaud-Belkacem qui néglige les règles les plus élémentaires d'hygiène alimentaire de nos petites têtes blondes ou non. "Les établissements scolaires ne suivent aucune réglementation précise concernant le système des cantines. Cette décision est donc un choix purement politique, mais elle impacte l’ensemble de la société."

"Monsieur Mortreau explique que sa décision est également liée à une augmentation "de la charge de travail" auprès du fournisseur. Cet argument ne me semble pas non plus très pertinent dans la mesure où nous nous trouvons dans un département rural dans lequel le type de viande est suffisamment varié (les viandes sont certainement variées, mais "le type" de viande(s) au singulier?) pour ne pas poser de problème. Il n’y a pas que du cochon !" assure cet avocat de Saint-Nazaire, breveté à Montpellier. Plus sensible à la culture religieuse d'outre-Méditerranée que de France et de Bretagne, il prône une interdiction particulièrement mal-venue dans une région créatrice d'emplois dans la production et la transformation du porc. Il y avait du poulet "made in France", y en a-t-il encore? L'agro-alimentaire est sinistré sans que ça " pose de problème" à cet avocat social. La filière porcine peut bien être en grand péril et le sort des employés des abattoirs Gad menacé, comme celui du volailler Tilly-Sabco qui a dû se vendre à l'étranger, l'hôte de L'Obs n'en a cure.

Instaurer un nouveau système

Le parent FCPE ne craint pas d'aggraver son cas. "Parler de 'plat de substitution' a déjà une connotation stigmatisante," estime-t-il encore. Une idée fixe qui ne connaît pas le sens alterné. Le sectarisme dresse des barrages à gauche, tantôt le principe de laïcité, tantôt le dogmatisme, mais qu'il bloque notre société devient insupportable au quotidien, voire antirépublicain dans notre société chrétienne tolérante, sans appétence pour la conversion. Le prosélytisme pro-musulman de l'intelligentsia gauchiste est, pour le coup, "stigmatisante" pour la majorité des Français qui sont attachés à la culture de leurs parents et qui aspirent à vivre en paix, sans être montrés du doigt par les collabos d'une culture communautaire étrangère.
"Il ne devrait y avoir qu’un plat principal dans lequel les ingrédients ne varieraient pas, mais où l’élève aurait la possibilité de choisir sa viande," suggère le parent FCPE, dans le respect improbable du travail des personnels municipaux de restauration. "Qu’est-ce que ça peut faire de remplacer du porc par de la dinde ?" Le blanc de dinde est vendu 7,69 €/kg et la côte de porc 5,95 €/ kg, mais qu'est-ce que ça peut faire ? Et puis, de quel droit priverait-on de porc les petits blonds ? Les ayatollahs ne sont pas tous musulmans. Ils sont également écologistes et les municipalités dont on dit qu'elles ont des difficultés financières se sont vu imposer le bio. Et pourquoi pas des produits exclusivement issus  du commerce éthique et équitable?

Les querelles partisanes alimentées par le multiculturalisme ne doivent pas rejaillir sur notre société. En revanche, le problème des allergies si délicat soit-il, doit être pris en compte, car vital, quant à lui. Mathias, 9 ans, est mort après un déjeuner à la cantine de son école, le 27 novembre 2014 à Jujurieux (Ain). Le décès serait dû "à une forme majeure d'allergie", selon les résultats de l'autopsie.

Le représentant de la FCPE fait de l'escalade sans le savoir
Celui qui, il y a un instant, se satisfaisait d' "un plat principal dans lequel les ingrédients ne varieraient pas, mais où l’élève aurait la possibilité de choisir sa viande", relève maintenant son niveau rêvé d'exigence. "Dans l’idéal, nous souhaiterions qu’un nouveau système soit mis en place : il y aurait un plat de viande (porc et non porc) [ce qui fait deux] et un plat végétarien." Et nous y voilà ! Le doux rêveur n'est pas gestionnaire des crédits municipaux. "Il suffit de faire preuve d’un peu d’imagination pour trouver des solutions," conclut l'individu. 

Une évident pression politique de la gauche sur le maire sans étiquette réélu 
"Pour le moment, nous n’avons pas encore eu de retour de la part des parents d’élèves de cette école, mais j’invite le maire à se rétracter pour que la situation ne s’enflamme pas davantage." On notera que si les familles ne bronchent pas et que le feu n'a encore pris que dans le cabinet de Me Fouéré. 

"Monsieur le maire, à l’école, il ne faut pas créer de la défiance, mais plutôt instaurer de la confiance," plaide le moralisateur binaire. Sans commentaire !


"Il n'y a pas de religion dans les assiettes", dénonce quant à lui le Parti de gauche de la Sarthe dans un communiqué qu'il faut expliciter par leur soutien pro-palestinien. "Les élèves qui déjeunent dans les restaurants scolaires peuvent avoir des contre-indications alimentaires à propos des arachides, du gluten ou tout simplement être végétarien... La stigmatisation sur la viande de porc est tout simplement scandaleuse et raciste."

Pour Christophe Langevin, responsable de la société Restauval ouest, prestataire de services de la mairie pour la cantine scolaire depuis septembre 2014, sa société "n'a rien à voir avec tout cela." "Nous n'avons fait que répondre à un appel d'offres. Nous exécutons la prestation qu'on nous a demandé d'effectuer", affirme-t-il, précisant qu'elle ne comportait pas de plat de substitution. "Cela arrive depuis des années et dans plus de villes qu'on ne croit. Les cantines signalent juste que tel plat contient du porc, mais il n'y a pas de plat de substitution".
Une pratique légale, puisque dans un rapport de mars 2013, le défenseur des droits soulignait l'absence de réglementation sur le sujet. Un nouveau diktat va tomber.

vendredi 17 octobre 2014

Abattoirs GAD: le repreneur Intermarché fait 312 suppressions d’emplois de plus


"Sans surprise", banalise Le Monde...

Le tribunal de Commerce de
Rennes
a approuvé !
Jeudi 16 octobre, la reprise de l’abattoir de porcs GAD parune filiale d’Intermarché, a sonné le glas dans 312 foyers, à Josselin  dans le Morbihan. Les juges qui avaient prononcé la mise en liquidation judiciaire de l’entreprise bretonne le 11 septembre, n’ont eu que cette offre à examiner lors de l’audience.
SVA-Jean Rozé, la filiale d'Intermarché, a amélioré son offre quelques jours avant le verdict. Et s’est engagé à reprendre 530 des 755 salariés travaillant sur le site de Josselin dans le Morbihan. Soit 23 de plus que dans sa proposition initiale.

La filiale d’Intermarché va ouvrir une bourse d’emplois dans ses sites industriels de l’Ouest de la FranceLa coopérative Cecab, actionnaire majoritaire de GAD, envisage aussi d’ouvrir des postes de reclassement dans ses usines.

Le projet de reprise se solde donc par 225 suppressions d’emplois dans le Morbihan. Un chiffre auquel il faut ajouter les suppressions de postes à Lampaul-Guimiliau dans le Finistère et sur le site de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Ce qui se traduit par un total de 312 emplois rayés de la carte de cette Bretagne qui a fait confiance au PS.

Les députés PS ou EELV : 22 sur 27 (Côte d'Armor: tous (5), sauf Marc Le Fur; Finistère: tous (8); Ile-et-Villaine (8): tous, sauf Isabelle Le Callennec, Gilles Lurton et Thierry Benoit; Morbihan: tous (6), sauf Philippe Le Ray).
Les Bretons du gouvernement : outre S. Le Foll, ministre intérimaire de l'Agriculture, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en avait quatre: Jean-Yves Le Drian à la Défense, Marylise Lebranchu à la Réforme de l'État, la Décentralisation et la Fonction publique, Stéphane Le Foll (ligérien, mais fils d'un instituteur breton des Monts d'Arrée) à l'Agriculture et Benoît Hamon "adjoint" à l'Économie. Les gouvernements Valls 1 et 2 en ont maintenu 3 (Le Drian, Lebranchu et Hamon (de passage à l'Education, natif du Finistère), outre Le Foll, ex-député de la Sarthe.  

Il n’y a eu, en effet, aucun repreneur pour les deux ateliers qui subsistaient à Lampaul-Guimiliau, Finistère, où le tribunal de Commerce avait officialisé la fermeture définitive de l'usine Gad, il y a un an, le 11 octobre 2013 et où 83 salariés travaillaient encore. L’offre de la SARIA, sollicitée pour reprendre 11 personnes, n’a pas été retenue. SVA-Jean Rozé lui avait refusé la garantie d’approvisionnement de matière première...

Un plan social lourd

Bercy et Le Foll détournent le regard de la fermeture définitive du site GAD à Lampaul-Guimiliau. Le couperet ést tombé alors que Nono Montebourg, le redresseur productif, vit sa vie sous d'autres cieux....

La Cecab, qui détenait 65 % du capital de GAD, avait privilégié la poursuite d’activité de son abattoir historique de Josselin. La décision s’était traduite par 900 suppressions d’emplois, essentiellement à Lampaul-Guimiliau.

Aujourd’hui, avec un total de 1.212 suppressions de postes
le bilan social de GAD est lourd. 

La mise en redressement de cette entreprise bretonne, en février 2013, avait provoqué une vive réaction. Elle venait s’ajouter au dépôt de bilan du volailler Doux et aux difficultés de son concurrent Tilly-Sabco, placé depuis en liquidation.

GAD est victime de la crise de la filière porcine, bien avant  l’embargo russe sur le porc européen (janvier 2014),  comme le suggère Le Monde qui n'est jamais à une approximation partisane près. Si ce dossier illustre les limites du modèle agricole breton, il a aussi pâti d’une gestion hasardeuse de ses actionnaires, accuse le quotidien socialiste.

La Cecab, aussi connue par le passé pour ses conserves de légumes d’Aucy (coopérative CEBAB), ex-première marque de conserves en France (le Français Bonduelle est no 1 en Europe des légumes en conserve et no 2 des légumes surgelés), a pourtant tenté de se diversifier dans le porc. En 2008, elle est entrée au capital de la société familiale GAD et en a pris le contrôle en 2010, en essayant de sauver son site de Josselin dans le périmètre. Mais l’effort de restructuration et de sauvetage s’est fait grâce à un montage financier par endettement (LBO) et cette dette a plombé l’activité, entraînant GAD (1.700 salariés) vers le dépôt de bilan en février 2013.

mardi 23 septembre 2014

Le volailler Tilly-Sabco a du plomb dans l'aile

Dans le Finistère, le volailler Tilly-Sabco a été mis en cessation de paiement

Le ministre Montebourg est parti laissant les salariés sur le carreau
Entouré de Bricq, Le Foll, Garot et Lebranchu, élus Bretons,
Ayrault, ex-député-maire de Nantes, avait fait
 la promesse solennelle d'une aide de 15 millions d'euros
en soutien aux entreprises agroalimentaires de la région 
(Matignon, le 16 octobre 2013)
Alors que le redresseur improductif est allé sous d'autres cieux roucouler avec Aurélie Filippetti, autre ministre déterminée, les quelques 340 salariés de l'abattoir breton Tilly-Sabco sont effondrés. A l'issue d'un Comité central d'entreprise qui se déroulait ce lundi matin au siège de l'entreprise à Guerlesquin (Finistère), le PDG du volailler en difficulté, Daniel Sauvaget, a annoncé qu'il est "contraint d'effectuer une déclaration de cessation de paiement auprès du tribunal de commerce de Brest".
"Compte tenu que nous n'avons pas pu conduire à son terme le plan de continuation en cours, (j'ai indiqué) que nous passerions directement en procédure de liquidation et que je sollicitais du tribunal de Commerce de Brest une poursuite d'activité pour permettre l'émergence de projets de reprise les plus aboutis qui permettent de sauver le maximum d'emplois sur le site", a-t-il ajouté. 
Daniel Sauvaget a toutefois précisé dans un communiqué qu'il sollicite une poursuite d'activité "grâce au soutien de son principal client saoudien, le groupe Abbar". En plus des 340 employés, le volailler génère un millier d'emplois induits.
La colère des salariés

"On nous a annoncé le dépôt de bilan. Où aller chercher du boulot maintenant puisqu'il n'y en a plus ici ?", lâche, en larmes, Didier Coant, 55 ans, au sortir de la réunion. Depuis 20 ans chez Tilly, dernièrement au "quai d'accrochage", cet ouvrier dont la mère a fait toute sa carrière chez Tilly est effondré. "Si nous on ferme, tous les commerces environnants vont en pâtir. J'aurais aimé finir ma carrière dignement. C'est pas facile à 55 ans".
"J'aurais aimé finir en beauté et pas comme ça, dit aussi Jean-Yves, un éleveur travaillant exclusivement pour Tilly et qui craint lui aussi le dépôt de bilan. 
"Notre travail, c'est toute notre vie. On n'a pas de perspectives, mais vous savez, quand on pousse les gens à bout, vous voyez ce que ça donne", menace Corinne Nicole, la déléguée CGT du groupe, évoquant sans le dire la violente manifestation des producteurs de légumes dans la ville voisine de Morlaix vendredi soir. (lien PaSiDupes)

Si ça ferme, "qu'est ce qui nous restera ? On n'a que ça. Que voulez-vous qu'on fasse? Forcément qu'on va se battre, on va aller jusqu'au bout, on n'a plus rien à perdre. A force on va tous sortir les crocs", assure Jean-Paul Mazé, éleveur finistérien pour Tilly.
Tilly-Sabco en difficulté depuis 2013

Les difficultés de Tilly-Sabco, dont 80% de la production était destinée au Moyen-Orient, principalement à la péninsule arabique, remontent à la suppression en 2013 des aides européennes à l'exportation pour les poulets congelés (les restitutions), qui soutenaient la filière à hauteur de 55 millions d'euros par an. Les deux groupes français Doux - lui-même touché ces deux dernières années par de graves difficultés - et Tilly-Sabco, étaient les derniers en Europe à toucher ces subventions, qui leur permettaient de supporter le différentiel de compétitivité avec le Brésil, leur principal concurrent.

Malgré les 15 millions d'euros d'aide étatique dégagés par la France fin 2013 en faveur de la filière, les difficultés de Tilly ont pris un tour critique cet été quand Nutréa (filiale de la coopérative bretonne Triskalia), principal fournisseur de poussins pour les éleveurs qui envoient leurs poulets à l'abattoir Tilly-Sabco, a cessé de les livrer, faute d'assurances de paiement, compte tenu des difficultés de la filière. Finalement, Tilly-Sabco a pu maintenir une activité réduite en septembre grâce à l'apport de 450 000 poulets par semaine à l'abattoir, soit deux jours de travail hebdomadaires, selon le syndicat CGT.



C'est donc un nouveau coup dur pour l'agroalimentaire breton. Après la liquidation judiciaire de l'abattoir du groupe Doux dans le Morbihan, le volailler Tilly-Sabco, deuxième exportateur de poulets français, avait annoncé en octobre 2013 qu'il devait suspendre sa production de poulets destinés à l'exportation, soit 90 % de son activité, à compter du 4 janvier 2014.

Le 18 juillet 2013,
Bruxelles avait décidé de supprimer les aides à l'exportation (les "restitutions") pour les petits poulets congelés, dont la France restait quasiment la seule bénéficiaire, en premier lieu les groupes Doux et Tilly-Sabco. Ces aides permettaient notamment aux poulets européens de concurrencer les volailles brésiliennes sur la scène internationale. Tilly-Sabco avait alors engagé une procédure en référé pour s'opposer à cette décision. Le groupe a été débouté en septembre.
Tilly-Sabco a réalisé en 2012 un chiffre d'affaires de 136 millions d'euros -principalement au Moyen-Orient- et emploie 340 personnes.
Le gouvernement travaille à "maintenir l'activité", assurait Garot
Le gouvernement s'efforce de trouver des solutions pour maintenir l'activité de Tilly-Sabco, avait clamé fin octobre 2013 le ministre délégué à l'Agroalimentaire, Guillaume Garot (PS), en l'absence du ministre de l'Agriculture toujours occupé ailleurs: depuis que ce n'est plus au fonctionnement du cabinet fantôme de Hollande, c'est à sa propagande sur tous les media hexagonaux. "Nous sommes prêts à intervenir sur la base des propositions et demandes précises qu'elle voudra bien nous transmettre", avait-il promis, précisant avoir reçu à plusieurs reprises en  à tête son PDG Daniel Sauvaget.
"Les 15 millions d'euros du plan Bretagne sont notamment destinés à soutenir la filière avicole et les abattoirs", avait-il rappelé. Que reste-t-il de ces 15 millions que les contribuables ont versé au pot ?...


La Bretagne avait placé François Hollande nettement en tête du premier tour de la présidentielle de 2012, avec 31,7% des voix, loin devant Nicolas Sarkozy (25,6%) et Marine Le Pen (13,2%).

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault comptait quatre Bretons : Jean-Yves Le Drian à la Défense, Marylise Lebranchu à la Réforme de l'État, de la Décentralisation et de la Fonction publique, Stéphane Le Foll né au Mans mais fils d'un instituteur breton des Monts d'Arrée, à l'Agriculture, et Benoît Hamon à l'Économie.
En avril 2014, le gouvernement Valls comportait encore quatre Bretons, pour changer: Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. Le Brestois d'origine Benoît Hamon était passé au ministère de l'Education, Marylise Lebranchu conservait son ministère de la Décentralisation et de la Fonction publique et S. Le Foll était tellement bon qu'il était maintenu à l'Agriculture...
Les députés PS du Finistère sont Jean-Jacques Urvoas (Quimper) et Marilyse Lebranchu députée pour la circonscription de ...Morlaix et de ...Guerlesquin (1997-2012), une intime de la Ch'tite Aubry et donc se réclamant de la "gauche sociale"...

vendredi 22 août 2014

Filière volaillère - Cazeneuve se porterait acquéreur pour la "maison Poulaga"...

L'émission Capital du 6 avril 2014 sur M6 a porté un coup mortel à la filière 

Intitulée "Poulet: révélations sur la viande la moins chère",
elle est jugée "excellente pour ne pas dire délicieuse" par Télérama (groupe Le Monde) qui explique que "le magazine de M6 n’a pas seulement désossé la filière du poulet, il a aussi volé dans les plumes de Xavier Beulin, patron de la FNSEA, le puissant syndicat qui cogère la politique agricole de la France depuis des décennies." 

Thomas Sotto se demande : "A trois euros le kilo, que mange-t-on vraiment?" Pas de la poule de luxe, répond le préambule de l’enquête, tourné dans le paradis verdoyant des volailles de Bresse. Mais, comme on s'en doutait, du poulet qui n'en a plus que le nom, élevé par dizaines de milliers dans d’immenses hangars, engraissé en un temps record, pataugeant dans sa fiente, bourré de bactéries E. Coli, gavé d’antibiotiques de la naissance à l’abattage. Rien de très nouveau, seulement des témoignages écœurants et des images vomitives – qui m'ont donné envie de déguster un bon bifteck de cheval roumain.

Une découverte, tout de même : la moissonneuse-batteuse à poulets. Quelle ingénieuse invention ! Aussi indispensable à l’aviculteur que l’aspirateur à la ménagère. Imaginez que vous souhaitiez expédier 40.000 poulets à l’abattoir. Si vous les priez un par un de bien vouloir prendre place à bord de leur transport collectif, vous risquez d’y passer la journée. Avec la moissonneuse-batteuse à poulets, c’est plié (au sens propre) en moins de temps qu’il n’en faut pour se réchauffer un cordon bleu surgelé. "Admirez", selon Télérama:  

Cette scène champêtre se déroule en Bretagne, où les difficultés de la filière du "poulet low cost" ont participé à l’émergence du mouvement des "bonnets rouge" l’automne dernier. Et justement, qui (re)voilà ? 

Daniel Sauvaget, le PDG de Tilly-Sabco qui enfonçait les portails de sous-préfecture, arborant cette fois une charlotte rouge pour faire visiter (en exclusivité) son usine de production de saucisses de poulet à base de "VSM, viande séparée mécanique- ment". Selon le commentaire, "une pâte aux allures de guimauve". Je vous laisse apprécier, ci-dessus.

Ayant dévoilé le traitement inhumain imposé à la gent volaillère dans nos contrées, l’enquête s’envole pour le Brésil, le pays accusé à l’automne dernier de détruire notre fière filière avicole hexagonale. Le Brésil, c’est l’eldorado des moissonneuses-batteuses à poulets, les élevages s’y multiplient, produisant des volailles "35 % moins chères qu'en France" grâce à la modicité du prix des aliments et surtout du travail. Les reporters ont même trouvé les " travailleurs détachés" locaux, équivalents des Polonais employés dans les abattoirs allemands. Ce sont "des manutentionnaires haïtiens, fraîchement immigrés, payés 100 euros de moins que la main-d’œuvre brésilienne" – déjà cinq fois moins chère qu’en France.

C’est à leur retour en France que les enquêteurs épinglent Xavier Beulin, le président de la FNSEA et pas tout à fait accessoirement PDG de Sofiprotéol, multi nationale des oléo-protéagineux, elle-même propriétaire de l’usine Farmor, qui fabrique des préparations à base de poulet. Des éleveurs bretons en colère y ont découvert des caisses de poulets en provenance de Thaïlande et du Brésil. Avec en poche les étiquettes des lots incriminés, les journalistes s'en vont trouver Xavier Beulin au Salon de l’agriculture, où il est en train de pérorer sur le stand des Chambres d’agriculture : "Il y a une demande des consommateurs de ré-identifier dans son alimentation de l’origine, du patrimoine, de l’identité, de la culture." Et de la moissonneuse-batteuse à poulets ?
Devant la caméra de M6, le patron de la FNSEA insiste : "Je défends d’abord une agriculture française, des produits français et des filières agro-alimentaires françaises." Cocorico. Mais quand les journalistes lui montrent l’étiquette " Brasil", Xavier Beulin se fait moins grandiloquent : "On n’est pas dans l’illégalité quand on fait venir des viandes du Brésil et d’ailleurs." Et de leur tourner le dos pour s'en aller précipitamment.

"Des importations légales, reprend le commentaire, mais qui illustrent les tiraillements de toute une filière toujours tirée vers des prix plus bas." Et les tiraillements de toute la télé face à la crise du poulet breton. En s’attaquant au méchant poulet brésilien (et à ses importateurs français), les enquêteurs prennent la défense des mêmes aviculteurs dont ils ont dénoncé la folie productiviste dans la première partie de leur travail… Par ailleurs, ils n’hésitent pas à montrer "des images presque insoutenables" de la maltraitance des poulets mais brillent par leur habileté à ne citer aucune marque. Les produits du commerce, maintes fois exhibés, sont toujours soigneusement floutés. Seul Perico Légasse, invité en plateau, lâchera le nom de KFC.


Reconnaissons tout de même à M6 le courage de s'attaquer à une filière

qui compte de nombreux annonceurs de la télé. Par exemple, en coinçant Xavier Beulin, Capital prend le risque d’une prise de bec avec Lesieur, autre filiale de Sofiprotéol. D’ailleurs, est-ce un hasard ? La très longue coupure publicitaire diffusée au milieu de l'enquête regorge de banques et de bagnoles mais ne présente aucun spot pour des marques de l’agro-alimentaire ou de la distribution… Il faut dire que M6 réserve à cette catégorie d'annonceurs un véritable écrin pour sublimer leur saveur : Top Chef. Ce concours culinaire où pas un candidat n’est capable de piloter une moissonneuse-batteuse à poulets.

En revanche, en décembre 2013, le tribunal de commerce de Quimper avait tranché en faveur du volailler Doux, premier producteur européen de volailles (Père Dodu, Doux, Lebon, ainsi que Malvoisine et Cœur de Bretagne). 
Le jeudi 7 juin 2012, Arnaud Montebourg, le ministre supposé redresser les entreprises en difficultés, avait accusé Charles Doux, le PDG et fondateur du groupe volailler, d'avoir voulu privilégier son "sort personnel" au détriment de celui de son entreprise. Malgré lui, le groupe est sorti du redressement judiciaire et poursuit son activité. 
Mais c'est le brésilien JBS, numéro un mondial de la viande, a repris en location, pour dix ans, les anciennes installations du groupe français. Suite à ce documentaire assassin, les ventes connaissent un recul aussi soudain que dramatique et la crête de JBS pourrait retomber avant dix ans. C'est alors qu'il ne resterait plus que Nanard Cazeneuve pour racheter l'entreprise pour la maison Poulaga... 
Le "made in France" de Montebourg, c'est du passé, mais a-t-il jamais existé autrement que dans les media ?...

samedi 4 janvier 2014

Ecotaxe: les Bonnets rouges reprennent la lutte dimanche 5

La gauche gouvernementale exacerbe les luttes sociales et le régionalisme bretons

"Tout mettre en oeuvre pour que ne soit pas adopté ni signé" le pacte d'avenir présenté par le gouvernement
 
ont demandé lundi les Bonnets rouges aux membres du Ceser de Bretagne. Ils refusent en effet un "pacte griffonné dans l'urgence par des cabinets parisiens", soi-disant pour soutenir l'économie bretonne.

L'Etat socialiste centralisateur fédère contre lui les revendications des Bonnets rouges en colère contre le matraquage fiscal et les manifestations régionalistes contre les plans sociaux en Bretagne.

La mobilisation contre l'écotaxe repart. 
Le collectif "Vivre, décider et travailler en Bretagne", à l'origine du mouvement des Bonnets rouges, va mobiliser ses troupes ce dimanche 5 janvier sur les ponts bretons pour dire non à l'écotaxe, une opération symbolique après les deux manifestations géantes de novembre. 

Dimanche, de 13h00 à 17h00, les Bonnets rouges serront sur les ponts à quatre-voies des quatre départements bretons et de la Loire-Atlantique. Il s'agira d'une première action organisée à l'initiative des nouveaux comités locaux de Bonnets rouges, qui vont assurer l'organisation de la manifestation dans leurs périmètres géographiques. 

Les rassemblements de dimanche resteront symboliques.
Les organisateurs n'ont pas prévu de perturber la circulation. L'opération a été baptisée "Chacun son pont" et vise à exiger le maintien de la gratuité des routes en Bretagne, mise en péril selon le collectif par l'écotaxe, une taxe poids lourds que le gouvernement, sous la pression, a reportée sine die, mais n'a pas supprimée.

De nouveaux comités locaux
Drapeau breton flottant au-dessus de la foule des Bonnets rouges:
manifestation de Quimper, Finistère, le 2 novembre 2013
Selon une source proche des autorités,les manifestants devraient en effet occuper les ponts des principaux axes routiers bretons, à raison de 5 à 10 personnes par site. Ils devraient aussi porter leurs bonnets rouges et déployer, comme à chacune de leurs manifestations, des Gwenn ha du (drapeau breton noir et blanc), ainsi que des banderoles anti-écotaxe. 

Après deux grands rassemblements en Bretagne de novembre, de plusieurs dizaines de milliers de personnes à Quimper (13.000 à 30.000 selon les sources), puis à Carhaix (17.000 à 40.000 personnes), dans le Finistère, où gronde le plus fort la colère contre l'écotaxe, la nouvelle action vise à pérenniser la mobilisation du mouvement. 
A Quimper, 15.000 à 30.000 artisans, ouvriers, agriculteurs bretons avaient poussé un premier cri de colère, craignant pour leur avenir, comme le montrent les témoignages relayés par Francetv info. Car au-delà de l'industrie agroalimentaire en grande difficulté, avec la fermeture de Gad, Doux et Tilly-Sabco à venir, c'est tout un territoire qui risque d'être mis à genoux. D'après Marc Hébert, secrétaire général de FO dans le Finistère "toute l'économie locale va souffrir des fermetures d'usines", ce qui expliquerait la présence à la fois de patrons, comme Daniel Sauvaget, de Tilly-Sabco, mais aussi d'ouvriers, de militants de gauche comme de droite, voire d'extrême-droite et d'extrême-gauche à la manifestation de Quimper.
Nouvel incendie de portique écotaxe, sur RN 176
vers Pontorson 
dans la Manche, le samedi 28 décembre 2013 
Cette fois-ci, l'initiative vient de la "base"
L'un des porte-parole du mouvement, Christian Troadec, avait annoncé la création de ces comités fin novembre à l'issue de la dernière manifestation à Carhaix, ville dont il est le maire gauchiste

Il attendait dans un premier temps une centaine de comités avec l'objectif d'en avoir à terme 200.
"Il y a aujourd'hui une quarantaine de comités locaux dans les cinq départements de la Bretagne historique", incluant la Loire-Atlantique, a précisé Christian Troadec. 
Les responsables de ces comités se retrouveront le 11 janvier à Pontivy (Morbihan), après une réunion le 7 janvier de la vingtaine de membres du collectif "Vivre, décider et travailler en Bretagne". 

Le mouvement des Bonnets rouges a rejeté le "Pacte d'avenir de la Bretagne" signé le 13 décembre à Rennes par le Premier Sinistre, le sombre Ayrault de Nantes. 
Mais apporté tout fait de Paris, sans concertation, le document, destiné à donner un nouvel élan à la région, est un "écran de fumée", affirment les intéressés.

dimanche 1 décembre 2013

Contre l'écotaxe et pour l'emploi, nouvelle mobilisation réussie des Bonnets rouges Bretons

Les Bonnets rouges confirment à Carhaix leur colère de Quimper

Les Bonnets rouges ont mobilisé entre 17.000 et 40.000 personnes samedi à Carhaix
(Finistère)

Le "made in France" de Montebourg
commence par le "travailler au pays"
"On est plus de 40.000", a annoncé le porte-parole des Bonnets rouges, Christian Troadec, leader du collectif "Vivre, décider et travailler en Bretagne", Au grand dam des organisations syndicales, ce mouvement rassemble patrons, artisans, commerçants et ouvriers, à l'origine du mouvement des Bonnets rouges. Tous demandaient à nouveau la suppression des portiques écotaxe poids-lourds qui menacent les emplois en Bretagne.
Le maire de la gauche radicale a évoqué une "très très grande réussite" un mois après la manifestation de Quimper du 2 novembre qui avait rassemblé 30.000 personnes.
La préfecture du Finistère a fait état de son côté de 17.000 personnes au ..."rassemblement festif" sur le site où est organisé l'été le festival des Vieilles Charrues. Le défilé organisé dans l'après-midi dans les rues de Carhaix a quant a lui rassemblé 14.000 personnes, selon la préfecture, qui n'avait dénombré qu'environ 15.000 personnes à Quimper déjà le 2 novembre. 

Les échecs du pouvoir central

Une manipulation de l'opinion
La presse officielle évite de rappeler que les syndicats n'avaient mobilisé que 600 à 700 participants le 2 novembre à Carhaix. Le même jour à Quimperla manifestation des Bonnets rouges  avait fédéré 30.000 travailleurs en colère, "plus de 15.000 personnes", selon France Info qui a choisi son camp, celui de la préfecture. "Le combat des bonnets rouges n’est pas celui des salariés", avaient prétendu la CGT, la FSU et Solidaires (extrême gauche), ainsi qu'aussi bien la CFTC que des anarcho-syndicalistes, CNT en tête. 
Le meneur du Front de gauche (
PCF et Parti de gauche), Mélenchon n'avait pas manqué l'occasion d'insulter tous azimuts.
" Encouragé par la timidité et la pleutrerie du gouvernement qui leur cède tout, le patronat et les cléricaux des départements bretons vont faire manifester les nigauds pour défendre leur droit de transporter à bas coût des cochons d'un bout à l'autre de l'Europe dans des conditions honteuses. Des laquais à la solde de leurs maîtres."

Cette radio militante est aussi allée chercher l'expert ad hoc. Selon Romain Pasquier, chercheur au CNRS, spécialiste de la Bretagne et enseignant à Sciences-Po Rennes, cette manifestation devait être décisive pour le mouvement. "C'est un vrai test. Depuis le 2 novembre, il s'est passé beaucoup de choses", souligne le chercheur, qui rappelle que certaines organisations, comme Force Ouvrière, ont quitté les "Bonnets rouges".
En plus d'être menacé de récupération politique, "le mouvement doit affronter une nouvelle étape, montrer qu'il est capable de mobiliser beaucoup plus que les mobilisations syndicales", poursuit-il, bien que cela ait été déjà le cas le 2 novembre ! De plus, la manifestation a lieu à Carhaix, fief de Christian Troadec, l'un des leaders des "Bonnets rouges", ce qui ajoute au symbole et fait de ce rendez-vous "un rendez-vous clé du mouvement", selon lui, qui omet juste de préciser que Troadec est un élu DVG proche d'Europe Ecologie-les Verts (EELV), fondateur du Mouvement Bretagne et progrès (Breizh War Raok en breton, MBP, de gauche, autonomiste et indépendant du PS), l'un des promoteurs de l'Appel de Carhaix (Collectif breton pour la démocratie et les Droits de l'homme) et l'un des collecteurs de fonds des écoles Diwan (réseau d'écoles associatives,gratuites et laïques qui dispense un langue bretonne).
Outre la chaîne de radio publique, le quotidien socialiste Le Monde avait tenté de semer le doute. " Les 'bonnets rouges' en sont persuadés (Le Monde ne l'est pas?), "il va y avoir beaucoup de monde", le 30 novembre, à répondre à l'appel du collectif 'Vivre, décider et travailler en Bretagne" à manifester à Carhaix (Finistère). Pourtant, quatre semaines après leur première manifestation d'ampleur, le 2 novembre à Quimper, le mouvement amorce une transition qui, pour certains, risque de l'affaiblir." 
Le Monde se fait le porte-voix d'un député PS du Finistère, d’origine vietnamienne par son père, proche de Marylise Lebranchu (dont il était le suppléant) et Martine Aubry. Gwenegan Bui, qui assurait péremptoirement  que "la mobilisation est en pleine transition" et qu'elle "commence à faiblir". Ni cette "amorce", ni cette "transition" ne s'est concrétisée par un affaiblissement, malgré le décryptage de ce député relayé par un journal nationl dit sérieux...

Stéphane Le Foll
 non plus n'a pas gagné la confiance. 
Le Ministre de l'Agriculture n'est pas parvenu à démobiliser les Bretons samedi en annonçant vendredi que  le gouvernement a reculé en repoussant l'entrée en vigueur de l'écotaxe à 2015.
Reste à finaliser le "Pacte d'avenir pour la Bretagne" d'ici le 13 décembre prochainCe pacte destiné à apporter des solutions de sortie de  crise de la région et à relancer le secteur agroalimentaire, notamment

Le sujet de l'écotaxe en Bretagne fédère les craintes en France

"C'est une véritable réussite. On peut être fiers d'être Bretons!", a lancé à la foule Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère et autre porte-parole du collectif, sur la scène qui était barrée du slogan "RE'ZO RE" (
"trop c'est trop" en breton). "C'est qu'un début", a lancé Th. Merret devant la marée de bonnets rouges et de drapeaux bretons.

Christian Troadec a lancé  le défi au président Hollande de venir lancer "la régionalisation de la France" en Bretagne  et "à entendre ce que nous avons à lui dire".
Symbole de la révolte antifiscale bretonne de 1675, le bonnet rouge a fait sa réapparition le 26 octobre lors d'un rassemblement devant le portique écotaxe de Pont-de-Buis (Finistère), dispositif dont le mouvement réclame la suppression "pure et simple".

Les portiques électroniques avaient également mobilisé contre eux  les chauffeurs-routiers, qui étaient plusieurs milliers samedi dans toute la France à manifester  par de nombreux barrages filtrants contre l'écotaxe.

"Vivre et travailler au pays"
Le rassemblement des Bonnets rouges s'est terminé vers 20h00, après une mise en vente aux enchères de morceaux de portique écotaxe en provenance du premier abattu en Bretagne, le 2 août à Guiclan (Finistère), "un symbole qu'il fallait abattre". Cette vente était organisée pat l'association Main dans la main avec Mickaël au profit du jeune Mickaël Cueff amputé de la main à la suite d'un accident au démontage du portique écotaxe de Pont-de-Buis le 26 octobre dernier.

La surfiscalisation socialo-écolo sème un vent de révolte 


En fin de journée, 
Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement a assuré que le gouvernement a "pris acte" du rassemblement de Carhaix. Elle en a cependant profité pour faire état de la mort d'un manifestant, "un homme de cinquante ans qui a fait un malaise cardiaque".

La Bretagne a été frappée ces derniers mois par plusieurs plans sociaux et restructurations dans l'agroalimentaire (Doux, Gad, Tilly-Sabco, Marine-Harvest), mais également les télécoms et l'automobile. L'annonce de la mise en place de l'écotaxe en janvier 2014 a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase et poussé les Bretons dans la rue.
"Nos hommes politiques n'ont pas compris qu'ici plus qu'ailleurs on veut décider, vivre et travailler au pays", a expliqué Thierry Merret.

"Nous avons des propositions à faire, nous sommes ouverts au dialogue, mais il y a un préalable qui est la gratuité des routes avec la suppression de l'écotaxe. Aujourd'hui on est étranglés par les contrôles et les contraintes", a-t-il souligné.

"Le Pacte d'avenir, ce n'est que du recyclage de mesures déjà annoncées"
Il a donc appelé les autres régions françaises à se mobiliser.

Malgré les promesses de concertation par Hollande et l'appui de media militants qui assurent que ce nouveau pacte a donné lieu à plus de 30 réunions de travail en novembre (une par jour?) avec les acteurs économiques, politiques et sociaux de la région, les Bonnets rouges se plaignent de ne pas avoir été consultés dans l'élaboration de ce "Pacte d'avenir pour la Bretagne" qui doit tenter de trouver des solutions pour sortir la région de la crise.
Bien qu'il ne satisfasse que le gouvernement, ce pacte sera néanmoins rendu public mercredi 4 décembre, a annoncé samedi Najat Vallaud-Belkacem, précisant qu'il "sera ensuite signé par le Premier ministre qui se rendra à Rennes dans les prochaines semaines".