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dimanche 1 décembre 2013

Contre l'écotaxe et pour l'emploi, nouvelle mobilisation réussie des Bonnets rouges Bretons

Les Bonnets rouges confirment à Carhaix leur colère de Quimper

Les Bonnets rouges ont mobilisé entre 17.000 et 40.000 personnes samedi à Carhaix
(Finistère)

Le "made in France" de Montebourg
commence par le "travailler au pays"
"On est plus de 40.000", a annoncé le porte-parole des Bonnets rouges, Christian Troadec, leader du collectif "Vivre, décider et travailler en Bretagne", Au grand dam des organisations syndicales, ce mouvement rassemble patrons, artisans, commerçants et ouvriers, à l'origine du mouvement des Bonnets rouges. Tous demandaient à nouveau la suppression des portiques écotaxe poids-lourds qui menacent les emplois en Bretagne.
Le maire de la gauche radicale a évoqué une "très très grande réussite" un mois après la manifestation de Quimper du 2 novembre qui avait rassemblé 30.000 personnes.
La préfecture du Finistère a fait état de son côté de 17.000 personnes au ..."rassemblement festif" sur le site où est organisé l'été le festival des Vieilles Charrues. Le défilé organisé dans l'après-midi dans les rues de Carhaix a quant a lui rassemblé 14.000 personnes, selon la préfecture, qui n'avait dénombré qu'environ 15.000 personnes à Quimper déjà le 2 novembre. 

Les échecs du pouvoir central

Une manipulation de l'opinion
La presse officielle évite de rappeler que les syndicats n'avaient mobilisé que 600 à 700 participants le 2 novembre à Carhaix. Le même jour à Quimperla manifestation des Bonnets rouges  avait fédéré 30.000 travailleurs en colère, "plus de 15.000 personnes", selon France Info qui a choisi son camp, celui de la préfecture. "Le combat des bonnets rouges n’est pas celui des salariés", avaient prétendu la CGT, la FSU et Solidaires (extrême gauche), ainsi qu'aussi bien la CFTC que des anarcho-syndicalistes, CNT en tête. 
Le meneur du Front de gauche (
PCF et Parti de gauche), Mélenchon n'avait pas manqué l'occasion d'insulter tous azimuts.
" Encouragé par la timidité et la pleutrerie du gouvernement qui leur cède tout, le patronat et les cléricaux des départements bretons vont faire manifester les nigauds pour défendre leur droit de transporter à bas coût des cochons d'un bout à l'autre de l'Europe dans des conditions honteuses. Des laquais à la solde de leurs maîtres."

Cette radio militante est aussi allée chercher l'expert ad hoc. Selon Romain Pasquier, chercheur au CNRS, spécialiste de la Bretagne et enseignant à Sciences-Po Rennes, cette manifestation devait être décisive pour le mouvement. "C'est un vrai test. Depuis le 2 novembre, il s'est passé beaucoup de choses", souligne le chercheur, qui rappelle que certaines organisations, comme Force Ouvrière, ont quitté les "Bonnets rouges".
En plus d'être menacé de récupération politique, "le mouvement doit affronter une nouvelle étape, montrer qu'il est capable de mobiliser beaucoup plus que les mobilisations syndicales", poursuit-il, bien que cela ait été déjà le cas le 2 novembre ! De plus, la manifestation a lieu à Carhaix, fief de Christian Troadec, l'un des leaders des "Bonnets rouges", ce qui ajoute au symbole et fait de ce rendez-vous "un rendez-vous clé du mouvement", selon lui, qui omet juste de préciser que Troadec est un élu DVG proche d'Europe Ecologie-les Verts (EELV), fondateur du Mouvement Bretagne et progrès (Breizh War Raok en breton, MBP, de gauche, autonomiste et indépendant du PS), l'un des promoteurs de l'Appel de Carhaix (Collectif breton pour la démocratie et les Droits de l'homme) et l'un des collecteurs de fonds des écoles Diwan (réseau d'écoles associatives,gratuites et laïques qui dispense un langue bretonne).
Outre la chaîne de radio publique, le quotidien socialiste Le Monde avait tenté de semer le doute. " Les 'bonnets rouges' en sont persuadés (Le Monde ne l'est pas?), "il va y avoir beaucoup de monde", le 30 novembre, à répondre à l'appel du collectif 'Vivre, décider et travailler en Bretagne" à manifester à Carhaix (Finistère). Pourtant, quatre semaines après leur première manifestation d'ampleur, le 2 novembre à Quimper, le mouvement amorce une transition qui, pour certains, risque de l'affaiblir." 
Le Monde se fait le porte-voix d'un député PS du Finistère, d’origine vietnamienne par son père, proche de Marylise Lebranchu (dont il était le suppléant) et Martine Aubry. Gwenegan Bui, qui assurait péremptoirement  que "la mobilisation est en pleine transition" et qu'elle "commence à faiblir". Ni cette "amorce", ni cette "transition" ne s'est concrétisée par un affaiblissement, malgré le décryptage de ce député relayé par un journal nationl dit sérieux...

Stéphane Le Foll
 non plus n'a pas gagné la confiance. 
Le Ministre de l'Agriculture n'est pas parvenu à démobiliser les Bretons samedi en annonçant vendredi que  le gouvernement a reculé en repoussant l'entrée en vigueur de l'écotaxe à 2015.
Reste à finaliser le "Pacte d'avenir pour la Bretagne" d'ici le 13 décembre prochainCe pacte destiné à apporter des solutions de sortie de  crise de la région et à relancer le secteur agroalimentaire, notamment

Le sujet de l'écotaxe en Bretagne fédère les craintes en France

"C'est une véritable réussite. On peut être fiers d'être Bretons!", a lancé à la foule Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère et autre porte-parole du collectif, sur la scène qui était barrée du slogan "RE'ZO RE" (
"trop c'est trop" en breton). "C'est qu'un début", a lancé Th. Merret devant la marée de bonnets rouges et de drapeaux bretons.

Christian Troadec a lancé  le défi au président Hollande de venir lancer "la régionalisation de la France" en Bretagne  et "à entendre ce que nous avons à lui dire".
Symbole de la révolte antifiscale bretonne de 1675, le bonnet rouge a fait sa réapparition le 26 octobre lors d'un rassemblement devant le portique écotaxe de Pont-de-Buis (Finistère), dispositif dont le mouvement réclame la suppression "pure et simple".

Les portiques électroniques avaient également mobilisé contre eux  les chauffeurs-routiers, qui étaient plusieurs milliers samedi dans toute la France à manifester  par de nombreux barrages filtrants contre l'écotaxe.

"Vivre et travailler au pays"
Le rassemblement des Bonnets rouges s'est terminé vers 20h00, après une mise en vente aux enchères de morceaux de portique écotaxe en provenance du premier abattu en Bretagne, le 2 août à Guiclan (Finistère), "un symbole qu'il fallait abattre". Cette vente était organisée pat l'association Main dans la main avec Mickaël au profit du jeune Mickaël Cueff amputé de la main à la suite d'un accident au démontage du portique écotaxe de Pont-de-Buis le 26 octobre dernier.

La surfiscalisation socialo-écolo sème un vent de révolte 


En fin de journée, 
Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement a assuré que le gouvernement a "pris acte" du rassemblement de Carhaix. Elle en a cependant profité pour faire état de la mort d'un manifestant, "un homme de cinquante ans qui a fait un malaise cardiaque".

La Bretagne a été frappée ces derniers mois par plusieurs plans sociaux et restructurations dans l'agroalimentaire (Doux, Gad, Tilly-Sabco, Marine-Harvest), mais également les télécoms et l'automobile. L'annonce de la mise en place de l'écotaxe en janvier 2014 a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase et poussé les Bretons dans la rue.
"Nos hommes politiques n'ont pas compris qu'ici plus qu'ailleurs on veut décider, vivre et travailler au pays", a expliqué Thierry Merret.

"Nous avons des propositions à faire, nous sommes ouverts au dialogue, mais il y a un préalable qui est la gratuité des routes avec la suppression de l'écotaxe. Aujourd'hui on est étranglés par les contrôles et les contraintes", a-t-il souligné.

"Le Pacte d'avenir, ce n'est que du recyclage de mesures déjà annoncées"
Il a donc appelé les autres régions françaises à se mobiliser.

Malgré les promesses de concertation par Hollande et l'appui de media militants qui assurent que ce nouveau pacte a donné lieu à plus de 30 réunions de travail en novembre (une par jour?) avec les acteurs économiques, politiques et sociaux de la région, les Bonnets rouges se plaignent de ne pas avoir été consultés dans l'élaboration de ce "Pacte d'avenir pour la Bretagne" qui doit tenter de trouver des solutions pour sortir la région de la crise.
Bien qu'il ne satisfasse que le gouvernement, ce pacte sera néanmoins rendu public mercredi 4 décembre, a annoncé samedi Najat Vallaud-Belkacem, précisant qu'il "sera ensuite signé par le Premier ministre qui se rendra à Rennes dans les prochaines semaines".

samedi 23 novembre 2013

FO se désolidarise de la CFDT et de la CGT

FO refuse de constituer un front syndical 

"Tous ensemble, tous ensemble !" mais sans FO !


Et avec elle, le syndicalisme

La CGT et la CFDT qui condamnent la contestation "populiste" et anti-impôt qui s'est développée sans elles en Bretagne, notamment à Quimper, le 2 novembre, ont décidé de tenter une opération pour resserrer les liens syndicaux distendus à Carhaix et les rendre plus audibles.

La CGT et la CFDT, divisées sur les sujets de fond, les réformes du marché de l'emploi et des retraites, se sont rapprochées, sur le sentiment d'une menace de création d'un mouvement indépendant des grandes centrales: alors que les Français manifestent leur exaspération, elles s'en distinguent, se disant "alertées" par la situation de "la société en proie au désarroi" qui "peut se laisser entraîner par l'expression des pires populismes"...


A Quimper, les Bonnets rouges bretons avaient réuni plusieurs milliers de salariés et patrons pour la défense de l'emploi, cause commune. Protestataires franc-tireurs, selon les partis et syndicats conservateurs, ils ont concentré la colère bretonne ces dernières semaines en exprimant leur ras-le-bol fiscal (écotaxe, notamment) et leur saturation de réglementation, partout en Bretagne. 


Dans un contexte de retour à la lutte des classes, outre les réformistes de la CFDT, de la CFTC ou de l'UNSA, la gauche radicale avait appelé à leur propre rassemblement à Carhaix des partis (PS, PCF et Parti de gauche) et des syndicats d'extrême gauche "contestataires" ou "de lutte" (CGT, Union syndicale 'Solidaires'), voire révolutionnaires (CNT et Comités syndicalistes révolutionnaires constitués de militants de la CGT, de SUD et de la CNT). 
La CGT, Solidaires et FSU avaient réuni 600 à 700 militants à Carhaix, le même jour et à la même heure que celui de Quimper. Le secrétaire national des altermondialistes d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Pascal Durand, qui soutient la fiscalité écologiste, s'est rendu à Carhaix, mais Philippe Poutou, le trotskiste du NPA et ancien candidat à l’élection présidentielle, annonça en revanche sa venue à Quimper.

Pour elles, le "ras-le-bol fiscal" serait populiste !
Quatre organisations ont donné leur accord au front syndical: les réformistes (UNSA et CFTC), les alliés de la CGT, FSU et Solidaires). Leurs leaders, Laurent Berger (CFDT) et Thierry Lepaon (CGT), ont appelé tous leurs homologues à se réunir lundi soir au siège de la CFDT pour "échanger" sur les moyens d'y "remédier", pointant "l'inquiétude" des Français sur "l'emploi et le pouvoir d'achat".

L'appel à l'unité des deux grands syndicats coïncide avec la mise à plat de la réforme de la fiscalité lancée par Ayrault.
La dernière mobilisation unitaire - CGT, CFDT, FSU, Solidaires, UNSA - a eu lieu le 14 novembre 2012, dans le cadre d'une journée d'action européenne.

Le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, a refusé vendredi l'appel de la CFDT et de la CGT à constituer un front syndical uni. 

"Je n'aime pas répondre aux convocations" et surtout,
"sur le fond, je ne crois pas aux choses artificielles", a déclaré Jean-Claude Mailly sur RTL. Les dirigeants de la CFDT et de la CGT, Laurent Berger et Thierry Lepaon, avaient invité l'ensemble des syndicats à se réunir le 25 novembre pour évoquer "la gravité de la situation" dans le pays, dans un courrier révélé jeudi. Jean-Claude Mailly a rappelé "qu'entre organisations, aujourd'hui, il y a des désaccords. Comment peut-on se mettre d'accord à plusieurs organisations, par exemple, sur les questions d'emploi ?"
En 2013, la CFDT a signé l'accord "sécurisation de l'emploi", alors que la CGT et FO l'ont vivement critiqué.

"On n'est pas d'accord sur les questions des retraites", a-t-il également souligné. "Comment peut-on faire semblant de dire on va trouver un texte ?" "Je suis pas sûr qu'on soit d'accord entre nous sur les questions de pouvoir d'achat. Alors, si c'est pour faire une photo, allez, on est tous là ensemble, etc., eh ben, je suis désolé, j'ai pas le temps d'aller chez le coiffeur pour être sur la photo d'ici lundi."

Samedi 23 à Lorient (PS), la mobilisation était faible
 

Il s'agissait pourtant d'
exiger des mesures sociales dans "le Pacte d'avenir pour la Bretagne" voulu par l'Etat, et de marquer son territoire face aux mouvements des "bonnets rouges"

A l'appel de sept organisations syndicales, plusieurs manifestations de quelques centaines de salariés
 chacune se sont déroulées "pour l'
avenir de la Bretagne" et pour "un pacte social" à Rennes (PS, Ille-et-Vilaine), Saint-Brieuc (commune de gauche jusqu'à 2001, Côtes-d'Armor) et Lorient (PS, Morbihan). Un autre cortège a arpenté les rues de Morlaix (Finistère) dans l'après-midi. Le maire UMP de Morlaix, Agnès Le Brun, est député européen, vice-président de l'AMF et travaille sur la réforme de la PAC depuis 2013.

J.-Claude 
Mailly avait annoncé que "Force ouvrière serait présente à Rennes, sur ses positions". "Il y aura un membre du bureau confédéral qui défilera avec les militants FO à Rennes." "On est libres", a dit le secrétaire général de FO.

1.100 personnes auraient fait le déplacement,
selon les renseignements généraux.

mardi 19 novembre 2013

Ecotaxe: les bonnets rouges victimes de contre-manifestants: l'un d'eux est condamné

La presse partisane entretient la confusion militante

Manipulation médiatique de l'opinion

L'AFP donne le ton de l'intox et les journaux suivent
L'unanimité du mensonge crée l'illusion de la vérité. 20minutes titre avec l'AFP: "Manifestation des Bonnets rouges à Quimper: Un jeune condamné à deux mois avec sursis", se rendant ainsi coupable de désinformation. Car, à la ligne suivante, on apprend que "le jeune homme de 18 ans a reconnu avoir porté un coup de poing à un manifestant portant un bonnet rouge...", mais 

La vérité des faits, maintenant

France Info rapporte que le samedi 2 novembre des "échauffourées se sont poursuivies en début de soirée malgré l'ordre de dispersion des organisateurs". Peu après 15 heures, un petit groupe de manifestants s'est opposé aux forces de l'ordre en leur jetant de multiples projectiles. Les policiers ont répondu en faisant usage d'un canon à eau et de grenades lacrymogènes. Les forces de l'ordre ont dû charger vers 18 heures 30 pour dégager les manifestants qui se trouvaient encore sur la place de la Résistance. Deux "petits groupes" de manifestants continuaient à s'opposer aux forces de l'ordre peu avant 20 heures. Trois manifestants ont été interpellés et cinq personnes (quatre manifestants et un CRS) ont été blessées, selon la préfecture."
L'un des trois prévenus convoqués lundi devant le tribunal correctionnel de Quimper pour des violences survenues le 2 novembre lors du rassemblement des "Bonnets rouges" dans la ville - et non pas par eux, en l'occurrence - a été condamné à deux mois de prison avec sursis. Son identité n'est pas révélée.

Le sort des fauteurs de trouble "en marge du rassemblement"
, comme on dit d'habitude
Le Parquet a aussi requis une peine de huit mois avec sursis et 180 heures de travaux d'intérêt général (TIG) à l'encontre du
deuxième prévenu, Benjamin - pour ceux qui risquerait de penser que ce "factieux" ne serait pas de "type européen" - , 27 ans, dont le jugement sera rendu le 9 décembre.
Benjamin, n'est finalement pas un "factieux" puisque son avocate le présente comme anarchiste!  Elle fait ainsi le choix d'attirer la bienveillance du juge: ça marche bien, pour peu qu'il soit adhérent du Syndicat de la Magistrature (SM)... La "jeune" terreur qui permet à la presse de discréditer le mouvement de contestation a reconnu avoir donné "des coups de pieds et de poing à des gendarmes"! Sa défense a cependant demandé la requalification des faits, évoquant uniquement des faits de rébellion. Sans violences ?

L'audience du troisième,
André, 46 ans, - merci encore pour cette identification inusuelle -  a été renvoyée au 11 décembre pour une question procédurale. Ce dernier a en effet reconnu avoir jeté deux bouteilles de verre sur les policiers.

Benjamin et André comparaissaient pourtant pour "violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique". Il est donc permis d'avouer qu'on peine à suivre. Le "jeune homme" n'est ni un "individu", ni un "factieux". Agé de 18 ans, Guillaume a été condamné à deux mois de prison avec sursis pour "violences en réunion". Il a reconnu avoir porté un coup de poing à un manifestant portant un bonnet rouge, "en marge du rassemblement", nous y voilà, lors d'une rixe devant un bar.

"Ces violences sont le fait d'une minorité" quand elles viennent de contre-manifestants
"Aucun des trois prévenus n'a revendiqué faire partie du mouvement des 'Bonnets rouges' " précise la presse sympathisante: en clair, ce sont tous des provocateurs, dont l'un avoue être anarchiste, donc d'extrême gauche, puisque les media ne précisent pas. 
Deux autres "personnes" (sic! "extrémistes?) sont convoquées également le 28 novembre pour des faits de violence "lors de" (et non en marge de ) la manifestation.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait annoncé le 6 novembre à l'Assemblée nationale que les auteurs "identifiés" de violences et de dégradations commises à l'occasion du mouvement de colère faisaient l'objet de "convocations devant le tribunal correctionnel de Quimper".
"Quel que soit le bien public, un portique, un radar, une école, un équipement sportif (...), ce n'est pas acceptable, c'est contraire aux lois de la République", avait insisté le Premier ministre, à propos du rassemblement de Quimper. "Ces violences sont le fait d'une minorité, je le sais, elles sont inacceptables, elles sont le fait de groupes extrémistes", avait-il ajouté, sans nuances, accréditant l'idée que les violences ne pouvaient venir que des Bonnets rouges. 
Les "Bonnets rouges" appellent à un nouveau rassemblement le 30 novembre à Carhaix (Finistère).
Quant aux transporteurs routiers, ils seront à Paris, jeudi.

Le rassemblement contre l'écotaxe et pour l'emploi en Bretagne avait réuni le 2 novembre entre 15.000 et 30.000 personnes, selon les sources, et donné lieu à de violentes échauffourées, ajoute le canard dans la foulée: une tentative d'amalgame, peut-être! 
Et d'ajouter : "Cinq personnes avaient été blessées, quatre manifestants et un CRS": pour assurer une meilleure manipulation de l'opinion inattentive?

samedi 2 novembre 2013

Manifestation de Quimper: quand Lebranchu fait monter la pression

L'équivoque Lebranchu "espère qu'il n'y aura pas de violences"...

Lebranchu canalise mal
son trop-plein de haine
Elle comptait que la suspension de l'écotaxe suffirait à stopper la révolte bretonne. 

De dépit, la ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique , une proche de la Ch'tite Martine Brochen-Aubry, est passée en mode "gare à la casse" et joue la carte de la peur. 

Marylise Lebranchu répondait aux questions de Jean-Pierre Elkabach, sur Europe 1:

Vous êtes ministre et élue bretonne. Que dites-vous aux manifestants qui vont défiler demain à Quimper malgré la suspension de l'écotaxe? 
Je pensais que cette manifestation n'aurait plus lieu, parce qu'elle suivait celle de Pont de Buis, où on disait écotaxe, écotaxe. Il n'y a plus de sujet pour l'instant [Christian Troadec, maire de Carhaix, un des initiateurs de la manifestation du 2 novembre, déclarait pourtant: l'écotaxe "reste le problème de l’emploi en Bretagne"]. Il faudrait se mettre autour de la table pour savoir ce qu'on va faire maintenant , en terme de plan d'avenir pour la Bretagne , que le Premier Ministre a annoncé pour le 15 décembre, de soutien à l'industrie agroalimentaire qui a des sinistres, et pour laquelle il faudrait penser reconversion industrielle. Je vois que des syndicats appellent à une autre manifestation ailleurs. J'espère surtout qu'il n'y aura pas de violences.

Il y a des craintes de débordements du côté du ministère de l'Intérieur. Vous aussi, vous craignez ce genre d'événements?

On me dit la même chose. Globalement, on a des retours nous disant qu'un certain nombre de groupes sont déjà sur place, et ont l'intention de faire de cette manifestation quelque chose d'un peu plus violent qu’on ne pourrait malheureusement l'espérer. On nous a parlé de groupe mariage pour tous [Manif pour Tous?], extrêmes, etc. J'espère que ceux qui ont appelé à la manifestation, et ils ne sont plus très nombreux maintenant [30.000] puisqu'il y a une sorte de contremanifestation à Carhaix [600 manifestants auprès de Jean-Luc Mélenchon, selon la préfecture], j'espère qu'ils sauront éviter et prévenir si jamais ce genre de groupe présent à Quimper [ceux de Carhaix, syndicats (CGT , Solidaires et FSU) et partis politiques de gauche radicale (Front de gauche, NPA, EELV, dont Pascal Durand ou le député européen Yannick Jadot, ex-Greenpeace) ne sont pas stigmatisés] faisait autre chose que manifester. 

Vous aussi, vous appelez au calme?

J'ai toujours appelé au calme ! Je n'ai jamais cru que la violence pouvait régler quoique ce soit dans une démocratie [pour ce gouvernement, toute manifestation est désormais une violence]. Je pense que quand on casse beaucoup [un a priori douteux], et qu'il y a de grosses factures d'argent public derrière, car il faut réparer, on perd aussi des possibilités de subventions. [Lebranchu exploite le postulat selon lequel tout manifestant est violent] De plus, la violence n'est pas un acte politique. [Si les opposants sont violents a priori, et si on applique le théorème de Lebranchu, leur manifestation n'est donc ni politique ni hostile au pouvoir. CQFD?]

Hier, Tilly Sabco a annoncé qu'il va arrêter d'exporter du poulet vers l'étranger. Il y a 1.000 emplois en jeu à court terme, selon la direction. Elle appelle le gouvernement à la rescousse. Que pouvez-vous faire pour Tilly Sabco? 
Sur ce dossier, il s'agit de ma plus grande incompréhension. Il s'agit d'exporter du poulet, essentiellement vers le Moyen et le Proche Orient. Il y avait ce qu'on appelle les restitutions, c'est-à-dire une subvention à l'exportation pour se battre qui était versée par l'Europe. On savait tous depuis longtemps que cette subvention allait s'arrêter, parce que c'est de l'argent européen, donc public, donné à des entrepreneurs. Depuis des semaines, il y avait des discussions avec le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, et Guillaume Garrot. Une enveloppe est à disposition [montant?] aide publique interdite par l'U-E...; il faut savoir comment aider cette entreprise en respectant les règles de la concurrence. Bref, j'avoue que sur ce point particulier, je ne comprends pas ce qui s'est passé hier dans cette entreprise.[Lebranchu parle sans savoir et se mélange les pattes de poule pondeuse en batterie]


Vous pensez qu'il y a une part de responsabilité de la direction?
 

Je suis une femme politique, il y a en face de moi un chef d'entreprise que je respecte, je pense [restriction d'une fielleuse] qu'il respecte aussi les politiques. Je ne comprends pas, il y a une incompréhension compte tenu de tout ce qui a d'ores et déjà été proposé, et naturellement, il faut bien réfléchir pour éviter d'être appelé à rembourser des aides publiques au titre de la concurrence.


Hier, on a vu les images du démontage du portique de Pont de Buis, le dernier portique encore debout dans le Finistère. N'est-ce pas un signal désastreux, une sorte de capitulation?

Il y a deux choses dans cette affaire. D'une part, la taxe sur les poids-lourds: il y a bien longtemps que tout le monde pense qu'il faut la faire [novembre 2019, le Parlement de droite vote l'instauration d'une taxe carbone à compter de 2010], pour des raisons d'écologie, mais aussi pour des raisons fortes, on a envie de transporter autrement, le transport ferroviaire... Il y aura toujours des camions en Bretagne en revanche, car c'est une péninsule. [Ce n'est pas non plus la Corse!] Il y a plusieurs volets. Il y a le volet Ecomouv, ce contrat qui a été passé entre l'ancien gouvernement et l'entreprise, et dont on ne voulait pas vraiment parler, car c'est toujours délicat de dire "C'est la faute des autres".


Mais pourquoi le découvre-t-on maintenant?
 

Non, on ne le découvre pas. Mais fallait-il monter, comme ça, devant des micros de radio, pour dire "Ils ont signé un contrat" [on le dit sans le dire, en faisant parler d'autres: c'est la méhode "sale mec" pratiquée par Hollande]. Est-ce que c'est la peine de mettre toujours en cause ceux qui ont travaillé avant. On a essayé de ne pas trop le faire. [sic! Plus faux-cul, tu meurs. En même temps, c'est délicat, après 18 mois de pouvoir sans partage].

C'est ce qu'a dit le ministre Le Foll... On finit par le dire, parce qu'il y a 800 millions d'euros de dédits si on ne fait pas cette écotaxe. Il y a des portiques, notamment en Bretagne, dont je pense qu'ils ne servent pas à grand-chose, parce qu'il y a des échangeurs tous les 2 kilomètres et demi, ce n'est pas une autoroute, c'est une 4 voies. Je pense qu'il y avait d'autres moyens à mettre en place si cette écotaxe voyait le jour. C'est vrai qu'on a été emprisonnés dans un contrat partenariat public-privé, qui coûte trop cher à la France. [Au final, ce n'est pas si difficile de dire "C'est la faute des autres"...]


N'aurait-on pas pu éviter toutes ces tensions en anticipant le malaise? Le gouvernement n'a-t-il pas fait semblant de ne pas voir?
 
On ne peut pas dire ça, car il y avait déjà un "rabais" de 50% pour la Bretagne [consenti par le pouvoir précédent], on avait exclu les camions laitiers, qui vont ramasser le lait, on s'était posé la question des transports infrarégionaux [outre les transports fluvial et maritime]. Donc, il y avait quand même beaucoup de dossiers en cours de proposition. Et le vendredi avant la manifestation qui a été brutale et violente, l'ensemble des acteurs économiques et l'UMP ont décidé de ne pas siéger à cette concertation qu'ouvrait le préfet de région au nom du Premier Ministre. Je trouve que ça, ce n'est pas bien [pour Lebranchu, l'un UDI présent compte pour du beurre breton]. Dans la mesure où on continue à concerter, choisir des chaises vides et aller dans la rue, ça n'a jamais réglé les problèmes. Le Premier Ministre a pris une décision courageuse, qui est de dire "J'ajourne, je suspends, car je n'arrive pas à négocier. Je suis un responsable politique qui prend effectivement ce risque de suspendre et d'avoir ces 800 millions d'euros à payer, même si je ne l'espère pas."

Il y a un risque pour ces 800 millions?
 
Il y a un risque pour les deux premiers mois, car il y a un risque de mise en place. Mais ce n'est pas l'essentiel. L'essentiel, c'est : comment se fait-il que des gens responsables désertent des tables de négociations pour aller dans la rue. Il y avait un député UMP en tête de manifestation. Il n'avait pas voté l'écotaxe, mais il avait voté le budget, le PPP,... Bref ! Il y a quelque chose qui ne va pas dans cette attitude. Et j'espère que, maintenant qu'il y a eu ce grand geste de la part du Premier Ministre, il y aura de l'autre côté de la responsabilité.

Le gouvernement essaie de gagner du temps...
 
On essaie de négocier une sortie heureuse pour tout le monde, et économiquement fiable.

Le gouvernement recule sur la taxation de l'épargne, il gère comme il peut le dossier Leonarda, ... Quand on est ministre de la Fonction publique, et qu'on doit porter une réforme importante sur le statut des fonctionnaires, est ce qu'on se sent suffisamment forte et soutenue?
 
Oui, sinon, je n'aurais pas déposé le projet de loi sur la réécriture du statut, pour rendre leur dignité aux fonctionnaires, qui ont souvent été maltraités, et qui étaient sortis un peu blessés d'un certain nombre de discours qui avaient été tenus, pour travailler avec eux sur l'efficience de l'action publique [ce n'est déjà plus "délicat de dire "C'est la faute des autres"], et puis pour avoir ce texte sur la déontologie, sur les conflits d'intérêts, et sur le droit d'alerte. Parce que nos lanceurs d'alerte sont importants. On a vu un certain nombre d'affaires dans lesquelles nos fonctionnaires lanceurs d'alerte pourraient arrêter plus vite les choses, je pense notamment à la fraude fiscale [les quartiers font monter dans les tours !] et à d'autres sujets. Je me sens soutenue parce que j'ai une feuille de route qui est claire de la part du Premier Ministre et du Président de la République [à la différence de ses collègues désavoués?]. Je n'ai pas de souci : c'est une action publique au XXIe siècle, qui soit juste, efficace, forte. 


Dans d'autres dossiers, la feuille de route était claire, mais au dernier moment, François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont reculé. Est-ce que vous ne vous dites pas : "S'il y a des manifestations de fonctionnaires, je ne serai pas soutenue et je n'y arriverai pas" ?
Je retourne la question : qu'aurait-on dit si un Premier Ministre, en accord avec le Président de la République, les parlementaires socialistes et les ministres bretons, s'était entêtés en disant "Je ne veux pas entendre parler d'ajournement ni de discussions". On aurait dit quoi? Qu'il n'était pas responsable... Je pense que ça a été un geste de responsabilité, pas un geste de recul. Et malheureusement, quand on a hérité de cette taxe... Je le rappelle quand même, parce que la critique est aisée, que la mesure a été signée le 4 mai 2012, et publiée le 6 mai 2012, pour un contrat préparé en octobre 2011. Je pense que ceux qui ont fait ça doivent faire preuve de solidarité, ils sont responsables... [Lebranchu est tranquille. Si l'exécutif abandonne son projet de statut en rase campagne bretonne, ce sera aussi un geste de responsabilité du gouvernement  et non pas un geste de recul...]

Vous attaquez la droite ce matin...
Non, je n’attaque pas que la droite… (Elle se reprend.) Oui, vous avez raison. Pas la peine de faire de la langue de bois. Mais faire preuve de responsabilité... Parce qu'appeler à des manifestations quand le Premier ministre a déjà ouvert la porte des négociations, je ne suis pas sûre que ce soit une responsabilité assumée.

Mais qui visez-vous précisément?
Je vous parlais des parlementaires UMP bretons, qui ont claqué la porte du Préfet de Région, ce n'est pas très républicain ! Je salue à côté de cela le député Benoit qui est venu  [une note est parvenue à  Lebranchu pour rectifier l'injustice] et qui était le seul député ayant soutenu l'ancienne majorité à la table ronde que le Premier Ministre a tenu à faire avec tous les parlementaires bretons. [Bilan?] [Lebranchu fait l'impasse sur la cacophonie au gouvernement qui met l'UMP dans l'embarras: le ministre de l'Agriculture et chef du "Cabinet noir" de harcèlement de Sarkozy, Stéphane Le Foll, avait pourtant estimé sur i>TÉLÉ que l’on ne pouvait "pas revenir un arrière"].

Est-ce que comme Marine Le Pen, vous avez été troublée par les images des otages à leur descente d'avion? 
J'ai été très émue comme beaucoup de gens.[politique de l'émotion] Je suis troublée par les propos de Marine Le Pen. Je trouve qu'il y a là quelque chose de terrible, parce que j'aurais attendu d'une responsable politique qu'elle parle du père de celui qui a été tuéet qui ne reviendra jamais [Philippe Verdon, novembre 2011], du fait qu'être enfermé 3 ans, c'est quelque chose de terrifiant, de terrible, de très lourd.  Je pense que quand il y a des otages emprisonnés, c'est une partie de la France qui est emprisonnée.[Que ne parle-t-elle du père de Diane Lazarevic, Serge, qui est toujours détenu dans le désert malien?]. Et je pense qu'au nom de cette République, on n'a pas le droit à ce commentaire. [Hollande a-t-il joué un quelconque rôle positif dans cette libération ?]


Mais sur les images, les otages n'ont pas l'air complètement à l'aise face aux caméras [pas même souriants et heureux de leur libération, pour deux d'entre eux]. Est ce qu'on n'aurait pas mieux fait de leur épargner cette scène-là? Auriez-vous accepté de ne pas être présent avec vos équipes sur le lieu de l'arrivée?

Je pense que ce n'est pas de notre responsabilité... Vous avez raison. C'était compliqué, c'est toujours compliqué, entre ce qu'on doit aux citoyens, dire "Je suis revenu et je remercie la République et tous les gens qui ont soutenu", et l'extrême difficulté de s'exprimer. C'était un moment extrêmement dur, et j'ai trouvé qu'il y avait quelque chose de profondément humain, émouvant sur ces personnes qui n'étaient libres que depuis quelques heures. C'est vrai qu'on rêve d'un retour dans le silence, et dans le silence familial.

Vous êtes proche de Martine Aubry. Est-ce que vous vous dites qu'elle manque au gouvernement en ce moment, en ces temps troublés?
 
Quand on est responsable politique, on ne passe pas son temps à se demander ce qu'on pourrait faire autrement que ce qu'on fait en ce moment. Je pense qu'il faut être complètement engagé dans ce qu'on est en train de faire. C'est très difficile, et franchement, si je m'amusais à ça, je ne serais peut-être pas digne du poste qu'on m'a confié.

Elle ne parle pas de ça en ce moment?
 
Quand nous nous téléphonons, ce n'est pas à ce sujet. Elle est solidaire, je le sais, des difficultés que nous traversons. Elle en a aussi dans sa ville, beaucoup. [Si elle était battue aux municipales de 2014, que deviendrait celle qui n'est pas même députée: ministre, sans aucun mandat électif ?... C'est le non-cumul poussé jusqu'à l'absurde].


vendredi 1 novembre 2013

Ecotaxe: veillée d'armes à Quimper, mobilisation samedi

Manuel Valls annule sa visite au Proche-Orient pour cause de  maanifestation

Les Bretons n'ont pas confiance

La demi-mesure  du gouvernement de suspendre l'écotaxe ne les satisfait pas et le ministre de l'Intérieur veut s’assurer que la manif des Bretons ne dégénérera pas.

Agriculteurs, marins, transporteurs, artisans, commerçants et salariés des entreprises en difficulté sont attendus pour une manifestation, samedi à Quimper, point d'orgue d'une mobilisation contre l'écotaxe, mais aussi pour l'emploi. Pour démobiliser une partie de la population, le gouvernement a commencé à brandir le risque de débordement.

L'exécutif pointe des fauteurs de troubles potentiels  

Le ministère de l’Intérieur a décidé de discriminer les manifestants. En effet, aux professionnels et à leurs syndicats, dont la FDSEA, il oppose par avance les Français qui les soutiendront en exprimant leur mécontentement, au premier rang desquels il stigmatise déjà les antis mariage pour tous, des nationalistes bretons, mais aussi des militants des deux extrêmes: un cocktail explosif représentatif de la grogne qui monte dans le pays.

La semaine dernière, la manifestation à  Pont-de-Buis, aux pieds du portique électronique, symbole honni de l'impôt écologique, l'écotaxe , 
L’arrivée en centre-ville de nombreuses machines agricoles et de manifestants venus des départements voisins qui risquent "de se lâcher, car ils ne sont pas chez eux" ne peut qu’amplifier les conséquences de tout débordement, estime la presse. "On veut éviter les débordements, il faut que les choses se déroulent dans le calme et la dignité", a déclaré Christian Troadec, maire  d'extrême gauche de Carhaix, à l'origine du collectif "Vivre, décider, travailler en Bretagne" qui a lancé l'appel à la manifestation. Une déclaration de bonne intention qui ne rassure pas complètement les autorités.

Valls est sur les dents et justifie un dispositif exceptionnel  

De son côté, Bernard Poignant, 68 ans, maire PS de Quimper, a d'ores et déjà mis en place des mesures d’envergure pour parer canaliser la colère. "Une très grande inquiétude" anime la mairie, qui dramatise, participant ainsi à la montée de la pression. 

La municipalité dirigée par le conseiller de Hollande prend à dessein des mesures disproportionnés.
Les abris-bus ont été démontés au marteau-piqueur et il en va de même pour les panneaux d’information, les bancs publics, les bacs à fleurs et les horodateurs, l'ensemble sur un large périmètre. Les commerçants ont été incité à garder leur rideau baissé "en solidarité, mais aussi par précaution" souligne-t-on. 
Difficile aujourd'hui pour le maire socialiste d'être ami de Hollande et Breton à la fois. Opposé au mariage pour tous, Poignant a le soutien de Monseigneur Jean-Marie Le Vert, évêque de Quimper, qui a appelé au calme.
 
Valls annule sa visite au Proche Orient. 

Ce week-end, Manuel Valls devait initialement se rendre au Proche Orient, en Israël et dans les territoires palestiniens, mais il a préféré renoncer à ce déplacement prévu de longue date "pour rester vigilant sur la manifestation de Quimper", confie son entourage, avant de préciser que c’est à son initiative et non à la demande de Matignon ou de l’Elysée que le voyage a été annulé.

Le pouvoir appréhende cette manifestation. 
Plusieurs organisations syndicales se sont même démarquées de l'appel à manifester à Qimper (Finistère). La très socialiste CFDT Bretagne  n'appelle pas à défiler, tout comme le comité régional des pêches maritimes de Bretagne. Les altermondialistes de la Confédération paysanne estiment quant à eux que "l'écotaxe est une bonne chose". Quant à l'extrême gauche, elle divise. La CGT, Solidaires et la FSU ont par exemple appelé, dans un communiqué commun, à une autre manifestation à Carhaix (Finistère), le même jour et à la même heure, à 50 km. 

Jean-Marc Ayrault appelle au calme. Le Premier ministre a mis en garde vendredi contre la "spirale de la violence" . "C'est très important de rappeler que la France est un pays démocratique et que le droit de manifester existe", a assuré Jean-Marc Ayrault, pour commencer, lors d'une conférence de presse commune avec son homologue russe, Dmitri Medvedev. "En même temps, on ne peut pas construire si on s'engage dans une espèce de spirale de la violence", a condamné le chef du gouvernement depuis l'étranger. "Je souhaite que cette manifestation soit pacifique, c'est le souhait de l'immense majorité des Français et des Bretons qui veulent redonner confiance à ce territoire", a-t-il insisté. "On ne résoudra pas le problème des Bretons autrement que par le dialogue", constate-il tardivement. 
Le premier Sinistre avoue un défaut de concertation.
Le geste de mardi -la suspension de l'écotaxe- n'a pas permis d'apaiser et de construire l'espace de dialogue que prétend distinguer l'ex-député-maire de Nantes, ajoutant que "l'essentiel soit que tout le monde se mette autour de la table", enfin, pourrait-on dire, pour commencer des discussions

10.000 manifestants sont attendus  

Mais sans doute moins, vu les divergences syndicales et la volonté du gouvernement de déconsidérer le mouvement. 
 
Des foyers de contestation cristallisent l'unité. 
Depuis plusieurs mois, la liste des plans sociaux ne cesse de s'allonger en Bretagne : chez le volailler Doux, les abattoirs de porcs Gad SAS, PSA, Marine Harvest, ou encore Alcatel. 
La Bretagne "a perdu 8.000 emplois en un an dans les domaines industriels et agroalimentaires. Des chiffres "tragiques", assure le maire de Carhaix". Et 10.000 personnes sont attendues dans les rues de Quimper.
La sanction risque d'être sévère.