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lundi 4 novembre 2019

Mali : Daesh revendique les morts de deux soldats malien et d'un français

Un soldat français de l'opération Barkhane a encore donné sa vie pour la sécurisation du Mali contre le terrorisme islamiste

Le pays a également été secoué par deux autres attaques depuis vendredi, où 51 soldats maliens ont péri, avant la perte du soldat français mort samedi au Mali sur un engin explosif
 Le brigadier Ronan Pointeau est mort samedi après que son véhicule blindé a été frappé par un engin explosif.
Soldat engagé au Mali depuis le mois d’octobre
au 1er régiment des Spahis,
Ronan Pointeau venait de fêter ses 24 ans.
 
Plus de sept ans après l’invasion du pays par des terroristes islamistes, le Mali reste toujours sous la menace des djihadistes. 
Ce dimanche, deux soldats maliens ont été tués par un engin explosif. Samedi, le brigadier français Ronan Pointeau, membre de la force Barkhane déployée au Mali, avait été également tué dans l’explosion d’un engin explosif artisanal au passage de son véhicule.

L’attaque a été revendiquée par Daesh.
"Cette attaque insidieuse montre l’importance et l’âpreté de la lutte contre les groupes armés terroristes pour la sécurisation du Liptako [une région à cheval entre le Mali et le Burkina Faso]," a expliqué l’état-major des Armées dans un communiqué.  
Quelle est aujourd’hui la situation au Mali ?
Un soldat français de Barkhane apprend à un soldat des forces armées maliennes l'utilisation de son arme, le 27 avril 2019.
"La situation n’est pas hors de contrôle, mais les capacités de gestion de l’État malien s’amenuisent," analyse Philippe Migaux, maître de conférences à Sciences Po Paris. Docteur en Ethnologie, il est expert sécuritaire, depuis 2010 pour l’Union Européenne (Sahel et Yémen) et, depuis 2013 pour l’Organisation des Nations-Unis (phénomènes djihadistes).
Le spécialiste énumère les nombreuses forces djihadistes en présence : "Le GSIM (groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), héritier d’Al-Qaïda, a développé un djihadisme touareg autour de Kidal, dans le nord du pays, mais aussi un djihadisme peul, dans le centre et le sud. Depuis 2017, l’Etat islamique du Grand sahara (EIGS) collabore avec eux, ce qui contribue à aggraver la situation".

Vendredi, 49 soldats maliens ont été tués près de Ménaka (nord-est du Mali) au cours d’une "attaque terroriste" attribuée aux djihadistes islamistes. C’est l’une des plus graves subies par l’armée malienne. 
Elle vient s’ajouter à d’autres attaques menées ces derniers mois dans le sud du pays. Sur son site, le ministère des Affaires étrangères déconseille formellement de voyager au Mali. L'information serait utile aux soldats professionnels, s'ils étaient venus faire du tourisme, mais elle est particulièrement indécente dans la situation ?

La force Barkhane dispose-t-elle aujourd’hui d’assez de moyens ?
Créée en août 2014, l’opération Barkhane est venue prendre le relais de l’opération Serval, qui avait stoppé l’avancée des forces djihadistes en direction de Bamako. Barkhane ne vise plus qu'à aider les pays du "G5 Sahel" (Niger, Mali, Burkina Faso, Mauritanie, Tchad) à lutter contre les islamistes armés
Les 4.500 militaires français peuvent aussi mener leurs propres opérations. Depuis le début de Barkhane, quinze militaires français sont morts dans l’exécution de leur mission.

"La force Barkhane joue son rôle de force régionale en attendant que le G5 Sahel puisse prendre la main, rappelle Philippe Migaux. Mais il n’est pas question de réinstaller une force française pour faire le travail des autorités africaines. C’est un travail de longue haleine". Le problème, c’est que le G5 Sahel peine à tenir son rôle. Début octobre, plusieurs témoignages recueillis par le journal Le Monde montraient à quel point les soldats burkinabés, membres du G5, étaient mal équipés pour faire face aux terroristes.

Y a-t-il un risque de déstabilisation de la région ?
Les pays frontaliers du Mali sont aussi touchés par la vague djihadiste : le Burkina a subi plusieurs attaques au cours des derniers mois. La dernière en date, mi-octobre, a visé une mosquée et a fait au moins seize morts. Au Niger, douze soldats ont été tués dans la nuit du 29 au 30 octobre, vraisemblablement par des membres du groupe terroriste Boko Haram.

"La réponse militaire ne peut être suffisante (…) Il faut que les pays européens aident les Etats sahéliens touchés par le-dit djihadisme à se réformer en profondeur. Pour le moment, les Occidentaux ont surtout contribué à restaurer un système inégalitaire qui permet aux djihadistes de recruter sans difficultés," affirmait Roland Marchal, chercheur au CERI de Sciences Po, dans un entretien à La Croix en mai dernier. 
"Pour l’instant, il n’y a pas de prise de territoires de la part des djihadistes, poursuit Philippe Migaux. Cela reste une présence clandestine, mais qui a réussi à fédérer tous les mécontents". 



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