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mardi 30 septembre 2014

Lutte des classes : Valls défend les petits pharmaciens contre les gros...

Le gouvernement fracture le secteur des professions réglementées 

Les pharmaciens défilent contre le projet de vente des médicaments en grandes surfaces 


Arnaud Montebourg a ce qu'il voulait: se payer les professions réglementées. Manuel Valls s'est laissé mener et, du coup, subit aujourd'hui la colère des paisibles professions visées par une gauche agressive, sous couvert de réformisme. Quand il ne rend pas la droite responsable de ses difficultés, il assure ses opposants qu'il ne partage pas l'avis des fauteurs de trouble. Au début de l'été, lors des discussions internes avec le ministre de l'Économie et alors que le projet de loi n'était pas rédigé, le Premier ministre disait comprendre les petits pharmaciens des zones rurales et des banlieues, ce qui n'avait pas empêché Arnaud Montebourg de taper sur les professions réglementées, manipulant les Français en leur promettant de rendre six milliards d'euros  de pouvoir d'achat aux consommateurs. 
Ce chiffre a été concocté par Arnaud Montebourg mais dans l'hypothèse où toutes les réformes proposées par le rapport de l'IGF sur les professions réglementées étaient traduites dans la loi et au bout de plusieurs.

"Attention aux petites pharmacies de province ou des banlieues: leurs propriétaires sont souvent endettés par-dessus la tête, avait prévenu Manuel Valls, prenant ainsi la défense de Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales. Si vous leur expliquez, en plus, que leurs produits vont être vendus en grande surface, ils sont morts." Ainsi, le premier ministre commente-t-il les mesures que son gouvernement s'apprête à prendreà la suite d'une malveillance d'un ministre déserteur et "à l'insu de son plein gré". C'est l'homme fort et cohérent que l'Elysée nous promettait...

"Une pharmacie fait venir d'autres petits commerces", plaide Valls 

Le double-jeu, un art où Manuel Valls excelle.
Selon les hagiographes de la presse, le premier ministre met en avant son expérience d'ancien maire d'Évry. Ils le relaient pour faire savoir qu'il se serait battu pour l'implantation d'une pharmacie place Jules-Vallès, dans la cité des Pyramides, dans sa ville. "Quand vous faites venir une pharmacie, d'autres petits commerces suivent. Donc les pharmacies sont importantes pour le tissu urbain."

Il n'est plus question de déficit des comptes de la Sécu !
Selon une tribune d'Isabelle Adenot, la présidente du Conseil national de l'ordre des pharmaciens, "quatre millions de Français se rendent en moyenne chaque jour dans une des 22 000 pharmacies" du pays. "Les pharmaciens ne comprennent pas une réforme qui viserait à vendre les médicaments en supermarché, lieu de consumérisme, alors que tous les efforts parallèles vont dans le sens inverse, écrit-elle. Quel serait également le sens d'une réforme qui ouvrirait le capital des pharmacies à des groupes d'investisseurs internationaux en réduisant la nécessaire indépendance professionnelle des pharmaciens ?" 
Un point de vue purement corporatiste qui ne laisse aucune place à l'intérêt du patient. Celui de la société ne l'est pas davantage, puisque plusieurs témoignages rapportent la mauvaise humeur de ces pharmaciens qui acceptent de recycler les médicaments périmés en maugréant ou des clients qui essuient des commentaires désobligeants du pharmacien auquel ils en ont rapporté la semaine précédente.

Le "trou" de la Sécu sera comblé par les familles 
Manu-la-gaffe se dit sur la même longueur d'onde que les pharmaciens. Il s'apprête à reculer, se réfugiant derrière le rapport de l'IGF qui a traumatisé, voire "brutalisé", le monde des professions réglementées. Pourquoi les laisser-vivre en effet si elles remplissent correctement leur rôle: les casseurs de la gauche ne peuvent pas se tenir d'apporter le chaos où règne encore un peu d'ordre.
La réforme ne le prendra en compte qu'en partie dans le texte de loi sur lequel travaille Emmanuel Macron, le nouveau ministre de l'Économie. Macron est en effet le fils d'un professeur en médecine et d'un médecin-conseil de la Sécurité sociale...

Un projet peut-il passer quand le Premier ministre n'y est pas favorable? 
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Les professions les plus appelées au changement sont plutôt celles qui relèvent du monopole judiciaire, mais les notaires opposant une résistance "déterminée", comme dirait Ayrault, nous allons voir qui a les moyens de ses déclarations. 

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