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samedi 5 novembre 2016

La chienlit de journalistes gauchistes paralyse la chaîne sauvée par Canal+

La société des journalistes en grève menace l'avenir de l'outil de travail

Ils appellent maintenant l'Etat-PS à la rescousse



La chaîne d'info i-télé s'engagera lundi dans sa quatrième semaine de grève, un entêtement inédit dans l'histoire de l'audiovisuel privé, mettant son avenir en péril, alors qu'aucune sortie de crise ne semble se profiler.

Entamé le 17 octobre, le mouvement de grève a été systématiquement reconduit depuis par une large majorité de la rédaction de la chaîne, qui réclame pêle-mêle une charte éthique, un projet stratégique et éditorial clair et le départ de l'animateur controversé Jean-Marc Morandini, mis en examen"pour corruption de mineur aggravée", mais ni condamné, ni même passé en jugement.

Le 3 novembre 2016 à 20h05 dans l'émission "Les Informés" sur i-télé,
Guillaume Auda, grand reporter et porte-parole de la rédaction d'i-télé évoquait le conflit contre la direction, la mise en demeure du CSA sur l'émission de Morandini "Morandini Live" qui manque à ses devoirs de rigueur et d'honnêteté, et maintenait les revendications de la rédaction d'i-télé : indépendance et retrait définitif de Jean-Marc Morandini.
Jean-Marc Morandini est mis en examen pour corruption aggravée de mineurs et harcèlement sexuel sur des jeunes gens près à tout pour percer dans le milieu. L'un d'entre eux aurait notamment accepté de se masturber pour les besoins de la websérie "Les Faucons". Malgré cela, J2M a été maintenu sur i-télé par Vincent Bolloré en dépit les protestations de la rédaction qui s'est mise en grève pendant une semaine, bien que les faits ne soient pas constitués et que l'accusé ne soit pas condamné. Quand ils ne sont pas concernés, les syndicalistes ne connaissent pas la présomption d'innocence.
VOIR et ENTENDRE Guillaume Auda qui, par ailleurs, assure que "la mobilisation est intacte; le combat dépasse i-télé":
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Or, le 24 février 2016, un journaliste de Canal+ fut pris en flagrant délit d’intox. 
Guillaume Auda, grand reporter vertueux pour les chaînes Canal+ et i-télé, tweeta deux photos pour le moins compromettantes pour Donald Trump, qui dévoilaient certains de ses étranges supporteurs. La page n'existe plus (le lien ci-dessus l'atteste), mais voici ce qui en reste:

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Un meeting de Donald Trump a pris des airs d'Allemagne nazie | Slate.fr

Auda ne nous a laissé aucune chance de juger par nous mêmes, car c'est lui qui fait l'information. On y voit - ou, du moins, on est censé y voir - une jeune femme, supportrice de Trump, faisant le salut nazi, et des membres du Ku Klux Klan venant apporter leur soutien au milliardaire new-yorkais lors du récent Caucus du Nevada.

Le "grand reporter" contestataire de Canal+ avait-il relayé ce document publié par Libération ?
Le 14 mars 2016 à 15:22 (mis à jour le 15 mars 2016 à 10:31), Tristan Berteloot avait dénoncé ceci, car c'est un journaliste d'investigation qui vérifie, lui aussi ses sources: c'est un pro et on est pas sur un mauvais blog.
"Birgitt Peterson, une militante pro-Trump, est devenue célèbre ce week-end, pour avoir fait un salut bras tendu devant des manifestants lors d'un meeting du républicain particulièrement agité. Elle se défend, mais sa version est contestée."

Et Tristan Berteloot d'épiloguer (extrait):
"Ce n’est pas la première fois que Donald Trump ou ses supporters sont comparés au régime nazi : fin juillet, le candidat à la primaire républicaine s’était illustré par un tweet censé célébrer la grandeur des Etats-Unis, avec des soldats nazis ; début mars, dans un épisode de Saturday Night Live, un faux spot de campagne pro-Trump avait singé les supporters du républicain en les présentant en adorateurs du IIIe Reich ou du Ku Klux Klan ; dans la même semaine, la photo d’un des meetings de Trump, à Orlando, avait donné à son auditoire une allure de foule nazie... [On est progressivement tombé dans le subjectif]
Cette fois, si l’image a été si virale, c’est qu’elle s’inscrit dans un climat particulièrement tendu autour du cas Trump, accusé par certains médias de stimuler l’agressivité de ses militants lors de ses réunions publiques, de plus en plus sujettes à incidents, eux mêmes de plus en plus violents, comme vendredi à Chicago."


Ça ressemble à s'y méprendre à un remake des affaires qui avaient touché Marine Le Pen en 2011, lorsqu'un candidat FN aux cantonales avait [soi-disant] été photographié faisant le salut nazi, puis lorsqu'on avait exhumé une photo de la présidente du parti elle-même entourée de deux militants de la mouvance néonazie lyonnaise.

Le Monde s'est associé à l'intox
"Depuis quelques semaines, les meetings de Donald Trump attirent de nombreux opposants excédés par les déclarations incendiaires du magnat de l’immobilier, lesquels sont d’ordinaire éjectés manu militari par le service d’ordre, mais le sont de plus en plus par les militants eux-mêmes, raconte Le Monde. «Au bon vieux temps, ça n’arrivait pas, parce que ces types [les opposants, ndlr] étaient traités vraiment durement», avait lancé à la foule Donald Trump, à Fayetteville, alors qu’un protestant était sorti de la salle où il tenait meeting. «J’aimerais lui balancer mon poing dans la figure», avait-il aussi asséné à Las Vegas, au sujet d’un homme qui l’avait interrompu dans son discours. Quelques semaines plus tôt, dans l’Iowa, il avait déjà invité ses supporteurs à «cogner» ceux qui perturbaient ses réunions : «je paierai les frais d’avocats», aurait [notez le conditionnel !] même dit le milliardaire américain, encore selon Le Monde."
Il s'est avéré que l'info était un 'hoax' et certains en ont effacé les traces... Mais il en reste !

VOIR et ENTENDRE Antoine Genton admettre que l'affaire Morandini est un prétexte:
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Laissons maintenant la parole à Patrick Eveno, historien des media et ancien membre du comité d'éthique d'i-télé, c'est-à-dire juge et partie, le propriétaire du groupe Canal+ et donc de sa chaîne d'info en continu, Vincent Bolloré, "ne sait pas quoi faire d'i-télé"  - ce qu'on peut dire de Delphine Ernotte, Pédégère de France Télévisions,  et de sa nouvelle chaîne d'info en continu, franceinfo - depuis sa prise de pouvoir, car "dans sa stratégie, l'information n'a pas de place, ça ne l'intéresse pas".
I-télé ne souffre pourtant pas de la comparaison avec franceinfo, la chaîne d'info en continu du service public. Sur le fond, cette chaîne diffuse des débats en simultané avec son aînée France Info, chaîne radio en continu. Quel est l'intérêt de voir le gros fonctionnaire de l'audiovisuel public, Olivier de Lagarde, permanent dont la voix haut-perchée et le ton doucereux crispent ? Ne suffit-il pas du son, lors du 7/9 désordonné et confus de la prêtresse déjantée du créneau, Fabienne Sintès, sans avoir en plus la vue de la triade Jean-Michel Aphatie, le fausset, Guy Birenbaum, superficiel et inutile, et Gilles Bornstein, économiste partisan, pendant  l'entretien politique de vingt minutes entrelardées de pubs, diffusé à partir de 08h30 ? Redondant et coûteux pour le redevable.Dans la forme, le studio est une sorte de hangar froid déshumanisé, où grouille en tous sens une fourmilière de Delta et d'Epsilon, tandis que des alpha gris (c'est un traumatisé par la vue de David Dauba, barbe rare, jeans et ventre rond, qui écrit) se dressent face à la caméra, col ouvert et jean. Les magnétos ne démarrent pas (ou quand on ne les attend plus) et  suit le commentaire : "Ce sont les aléas du direct"! L'ORTF n'est pas morte...
Ni
l'esprit stalinien. Assis ou debout, les journalistes sont figés façon Mathieu Mondolini, nuque raide et regard caché derrière ses lunettes,  dépendants de fiches que Big Brother AFP leur rédige et qu'ils peinent à lire. Mais ils ne prennent pas de gants pour autant. Forts du soutien de leur oreillette branchée sur le SNJ, ils attaquent frontalement ou harcèlent leurs interlocuteurs pour les conduire à la faute et au buzz. Navrant. Avait-on besoin de cet artisanat bolchévique ?
La direction porte le projet CNews
Il est imposé moins d'actualité de direct à la direction de Canal+, pour satisfaire Alain Weill, actionnaire majoritaire de RMC et BFM TV qui se disait menacé de mort lorsque LCI a été autorisée à diffuser sur la TNT gratuite, avant qu'il ne lance 2 nouvelles chaînes: BFM Sport et BFM Paris ( s'ajoutant aux cinq autres chaînes thématiques lancées par SFR dont il est aussi actionnaire, avec Altice de son complice Patrick Drahi: SFR Sport 1 consacrée au football, SFR Sport 2 aux autres sports, la 3 aux sports extrêmes, la 4 diffusant des programmes en très haute définition, et la 5 consacrée aux sports de combat).
Canal+ refuse de se laisser imposer une séparation avec Jean-Marc Morandini. La direction met le marché en mains aux journalistes avec des propositions de départ avec indemnités pour les contestataires qui souhaitent quitter la chaîne.
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Lundi, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, recevra trois syndicats de la chaîne 
Les journalistes rebelles ont appelé la  ministre du Travail à intervenir dans une entreprise privée pour "faire le point" sur le conflit avec eux. Traduire "faire pression". Selon l'entourage de la ministre, la même invitation sera lancée prochainement à la direction.

Le gouvernement s'est jusqu'à présent tenu en retrait. 
La semaine dernière, Manuel Valls a fait valoir que ce conflit concerne un "groupe privé", tout en appelant la direction à la "responsabilité".

Au risque d'accusation d'interventionnisme étatique, le pouvoir a changé de pied. Vendredi, jour du 17e anniversaire de la chaîne d'info, la reprise du dialogue entre grévistes et dirigeants n'a débouché sur "aucune avancée concrète", selon des salariés qui y participaient.

L'affaire Morandini s'ajoute au conflit ouvert avant l'été, lorsque la rédaction avait fait grève quatre jours pour protester contre une réduction drastique des effectifs

Deux projets incompatibles s'affrontent

"Soit c'est l'actionnaire qui gagne en faisant partir le plus de journalistes possible, soit ce sont les journalistes qui l'emportent, ce qui suppose que Bolloré accepte de dire 'Je me suis trompé', ce qui ne semble pas coller avec le personnage", analyse Patrick Eveno qui n'envisage pas un instant que, désignée par le terme de société de journalistes ou société de rédacteurs, l'association de journalistes puisse se tromper et avoir des a priori, voire des arrières pensées politiques. 
En janvier 2013, P. Eveno a été nommé par la ministre de la Culture socialiste, Aurélie Filippetti, à la Commission de réflexion sur la réforme des aides à la presse. Il est le frère de Bertrand Eveno, qui fut PDG de l'AFP.
"Ce conflit est inédit dans l'histoire de l'audiovisuel", affirme Eveno, qui a démissionné du comité d'éthique en septembre 2015 après le licenciement de la directrice générale d'alors, Cécilia Ragueneau, directrice générale d'i-télé, la chaîne d'information du groupe Canal+ (de janvier 2012 à septembre 2015) et de la directrice de la rédaction Céline Pigalle, nommée directrice de la rédaction de la chaîne d'information i-télé en... mai 2012, puis directrice de l'information du groupe Canal +. C'est dire le parti-pris du déontologue.
Avec vingt jours de grève, c'est en fait le deuxième plus long conflit "social" (?) dans l'audiovisuel depuis mai 1968, après celui de Radio France, en mars-avril 2015.

Si rédaction et direction n'arrivent pas à réconcilier leurs visions éditoriales, il reste une troisième issue : la vente d'i-télé, selon M. Eveno. A Patrick Drahi ou Alain Weill, acheteurs compulsifs d'organes de presse. Mais "plus le conflit dure, moins la chaîne vaut cher", note-t-il. Justement, Drahi est très endetté...

Antoine Genton
Dans une tribune publiée vendredi sur le site de l'Obs, un autre analyste des media, moins impliqué, professeur à la Sorbonne Nouvelle Paris III, où il enseigne l’analyse de la télévision et la sémiologie audiovisuelle, François Jost, estime pour sa part "que la seule sortie de crise possible est le départ de Morandini". L'universitaire a toutefois réalisé plusieurs films, dont l’un, La Mort du révolutionnaire, hallucinée (1979), a reçu trois prix (Jeune Cinéma, Hyères et Belfort).

C'est l'arrivée de Jean-Marc Morandini, le 17 octobre à l'antenne, souhaitée personnellement par Vincent Bolloré, qui aurait mis le feu aux poudres, prétend Eveno, relais des prétextes avancés par les journalistes rebelles 
Pour son émission "Morandini Live", l'animateur a fait intervenir "Samantha, correspondante aux Etats-Unis" qui s'est avérée être "une photographe interrogée depuis Londres", comme le relève le CSA. A partir de quoi, le gendarme de l'audiovisuel a bondi pour fustiger jeudi des "manquements aux exigences d'honnêteté et de rigueur" et menacé la chaîne privée de sanctions. 

Saisi par des téléspectateurs et des salariés de la chaîne, le Conseil supérieur de l'audiovisuel a le groupe dans le collimateur, s'avouant également "très attentif" à la nette séparation "entre information et divertissement" sur i-télé. 

"En mettant l'accent sur le manquement aux 'exigences d'honnêteté', le CSA insinue bien que c'est la chaîne elle-même qui se retrouve en porte-à-faux avec sa convention." Et, sans le dire, il soupçonne un glissement que s'apprêterait à cautionner la direction i-télé, de l'information vers le divertissement, commente François Jost. 
France 2 a effectué ce glissement du divertissement à la politique spectacle avec de "On n'est pas couché" (ONPC), à partir du 16 septembre 2006, veille de la présidentielle fatale à Ségolène Royal, candidate de la gauche, sans que le CSA sans émeuve.

Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) semblait être revenu à ses obligations et avoir pris la noble résolution de s'abattre sur toutes les erreurs des grandes chaînes de télévision. On se souvient que Rachid Arhab (journaliste détaché au CSA depuis 2007) est particulièrement pointilleux sur les éventuels manquements à la charte éthique de son ancien employeur France Télévisions : un moyen pour lui d'éviter d'être accusé (à nouveau) d'éventuelle cooptation et de conflit d'intérêt...

Président du CSA depuis janvier 2013, Olivier Schrameck peut-il se targuer de son indépendance?
Olivier Schrameck est le petit-neveu d'un ministre de l'Intérieur du Cartel des gauches qui vota les pleins pouvoirs à Pétain. 
Lui-même fut chargé de mission auprès du ministre de l’intérieur et de la décentralisation Gaston Defferre (PS), puis directeur de cabinet du secrétaire d’État chargé des enseignements supérieurs Roger-Gérard Schwartzenberg (aujourd'hui PRG). 
On le retrouve directeur du cabinet du ministre de l’Éducation nationale, Lionel Jospin, puis son directeur de cabinet à Matignon. 
Quand il est nommé à la présidence du CSA, Laurent Mauduit (Mediapart) souligne qu'il a bénéficié du soutien de David Kessler, conseiller de François Hollande pour les media et l’audiovisuel "qui a travaillé sous son autorité à Matignon", lorsqu'il était directeur de cabinet de Lionel Jospin.

Schrameck est mis en cause lors de la nomination de Delphine Ernotte à la présidence de France Télévisions. Les comités de rédaction de France 2 et France 3 dénoncent le 21 avril 2015 la procédure "opaque et anti-démocratique" mise en place par le CSA pour choisir le nouveau président de la télévision publique
Philippe Bilger critique également une nomination "dans un climat de connivence et de clientélisme aux antipodes de la transparence que l’audiovisuel aurait exigée". Laurent Mauduit décrit une désignation "entachée d’irrégularités".

L'habit ne fait pas le moine
Olivier Schrameck n'est pas le meilleur déontologue dont puissent rêver les rebelles d'i-télé mené par Antoine Genton (cf. Emission L’invité d’Antoine Genton. Anina Ciuciu "on ne donne pas l'opportunité aux familles (roms) de s'intégrer"", i-télé,‎ 27 septembre 2013).
Le présentateur Antoine Genton (i-télé), ci-contre, à la cérémonie GQ Hommes de l'année. Il porte un smoking en velours noir (1er prix: 765 euros), et une chemise de smoking col cassé en popeline de coton blanc, le tout De Fursac. Le RSA d'une personne seule et isolée s'élève à 687,22 euros.
La tâche de Myriam El Khomri n'en sera pas facilitée.

1 commentaire :

  1. Remarquable présentation de la désinformation, et donc de la manipulation de l'opinion, par une presse sans foi ni loi.

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