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mercredi 16 novembre 2016

Mediapart (re)dit que Takieddine a dit avoir remis de l'argent libyen à Sarkozy

Le site trotskiste ressort une vieille diffamation à la veille du 1er tour de la primaire à droite

Agit-prop anti-Sarkoziste
Plenel, accusateur public
L'homme d'affaires Ziad Takieddine relance son accusation sur le site Mediapart d'Edwy Plenel (ci-contre, connu pour son complotisme et ses campagnes contre des personnalités de premier plan). Il prétend avoir remis trois mallettes d'argent libyen à Claude Guéant et à Nicolas Sarkozy avant la campagnes présidentielle de 2007, ce que l'ancien chef de l'Etat et son ancien directeur de campagne démentent formellement.
Dénonçant une "manipulation" politique à l'heure du premier tour de la primaire de la droite, les avocats des deux cibles de la gauche révolutionnaire ont annoncé des poursuites contre l'intermédiaire franco-libanais.
Le nom de l'accusateur a souvent été mêlé à des affaires politico-financières. Ainsi, à l'été 2011, alimenta-t-il le journal trotskiste en ligne Mediapart qui le mis en vedette dans plusieurs dossiers impliquant des responsables ministériels français. Mais le site est connu pour son activisme révolutionnaire, tapant à droite comme à gauche, lançant l'affaire Woerth-Bettencourt en 2010, dans laquelle Nicolas Sarkozy bénéficia d'un non-lieu et Éric Woerth de la relaxe, ou celle de la fraude fiscale du ministre du Budget de Hollande, Jérôme Cahuzac (2012-2013), lequel fut mis en examen pour blanchiment d'argent provenant de ses fraudes fiscales. Le 5 septembre 2016, lors de l'ouverture de son procès, Cahuzac révéla que le premier de ses comptes en Suisse avait été ouvert en 1992 en vue du "financement [occulte] d'activités politiques" au profit de l'ex-premier ministre PS Michel Rocard, que celui-ci aurait ignoré jusqu'à sa mort, justement survenue deux mois plus tôt (juillet 2016)...
Plaintes en diffamation

Les avocats des deux diffamés ont annoncé des poursuites contre le marchand d'armes franco-libanais. Sans nommer l'extrême gauche révolutionnaire, ils dénoncent une "manipulation".
En 1994, alors que François Mitterrand était président de la République et Édouard Balladur, Premier ministre, Takieddine fut mandaté par la France pour négocier deux importantes ventes d'armes: l'opération Sawari II avec l'Arabie saoudite portant sur la livraison de frégates et le contrat Agosta portant sur la vente de sous-marins au Pakistan, pour 5,4 milliards de francs. Dès lors, le marchand d'armes en Libye, en Arabie Saoudite et au Pakistan est soupçonné d'avoir tenté de financer une partie de la droite française.En avril 2012, Ziad Takieddine dut faire face à une nouvelle mise en examen : il est accusé de "blanchiment et recel d'abus de biens sociaux aggravés", dans l'enquête sur une possible corruption en marge de la présidentielle de 1995 remportée par Jacques Chirac.En septembre 2012, Takieddine porta plainte contre l'ex-Premier ministre Édouard Balladur devant la Cour de justice de la République pour complicité et recel d'abus de biens sociaux dans le cadre de cette affaire.
Le site d'opinion Mediapart a réalisé un entretien filmé des accusations de Ziad Takieddine, diffusé mardi. Takieddine, déjà mis en examen dans d'autres dossiers, assure que, dans le dossier Agosta, le montant total de ces remises d'argent s'élevait à 5 millions d'euros.
Aujourd'hui, le Druze franco-libanais s'en prend violemment à l'ancien chef de l'Etat, au moment cette fois où il est candidat à la primaire présidentielle de la droite pour 2017, dont le premier tour aura lieu dimanche prochain. 

Mediapart agite le drapeau rouge Takiéddine à des fins politiques

"Pourquoi et comment se fait-il qu'un type comme celui-là puisse prétendre encore une fois à la présidence de la République ?" interroge le marchand d'armes.
 
"Le peuple français doit réagir, ça va exploser", lance Takieddine dans cet entretien enregistré le 12 novembre chez lui à Paris par le journaliste indépendant Nicolas Vescovacci (KM Productions, propriété de l'italien Zodiak Media et lié à Canal+ avec "Le Grand Journal" et plusieurs soirées événementielles) et une équipe de l’agence de presse télévisuelle Premières Lignes. Or, à l’initiative d’Elise Lucet en 2011, cette agence dite "indépendante", mais dirigée par les journalistes militants Luc Hermann et Paul Moreira, est responsable du magazine Cash Investigation sur France 2, à la satisfaction de la gauche radicale.

Ziad Takieddine 
déclare avoir remis de l'argent à deux reprises en 2006 à Claude Guéant
, lorsque ce dernier était directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur qu'était Nicolas Sarkozy, dans son bureau de la place Beauvau, puis une troisième fois, en janvier 2007, au candidat à la présidence en personne, dans l'appartement privé du ministre.

"Nicolas Sarkozy oppose un démenti formel à ces nouvelles allégations", déclare son avocat, Me Thierry Herzog
, dans un communiqué. "Des poursuites judiciaires seront donc engagées en réponse à cette manipulation grossière", ajoute-t-il. A son communiqué, le défenseur a joint deux extraits d'un procès-verbal d'audition de Ziad Takieddine après une précédente plainte en diffamation à l'encontre de Nicolas Sarkozy, dans laquelle l'accusateur précisait n'avoir rencontré l'ancien chef d'Etat qu'à deux reprises, en 2002 et 2003.

L'avocat de Claude Guéant a lui aussi démenti les propos de l'homme d'affaires
et annoncé le dépôt d'une plainte en diffamation. "Claude Guéant a toujours été très clair. Il n'a jamais de près ou de loin perçu, ou entendu parler du moindre centime d'argent libyen en soutien de la campagne de Nicolas Sarkozy", a dit Me Philippe Bouchez El Ghozi. Il l'a maintes fois répété devant la justice".

Christiane Taubira a couvert une information judiciaire contre X ouverte le 19 avril 2013 par le parquet de Paris sur un éventuel financement libyen de la campagne de l'UMP en 2007. 
Elle porte sur les chefs de "corruption active et passive", "trafic d'influence, faux et usage de faux", "abus de biens sociaux", "blanchiment, complicité et recel de ces délits". Depuis trois ans et six mois, la gauche et l'extrême gauche instrumentalise le soupçon, avec l'espoir d'un impact politique sur l'électorat.

Ziad Takieddine avait déjà accusé Nicolas Sarkozy devant la justice ou la presse d'avoir bénéficié de largesses de Tripoli mais le marchand d'armes n'a jamais donné du poids à ses accusations en précisant avoir lui-même livré de l'argent. Le Druze est l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours dans la montagne libyenne. Avec Mediapart, l'un de ses avocats, Jean-Claude Guidicelli, juge évidemment ses déclarations crédibles. Il a le sentiment que "ça ne s'invente pas." Et de juger, en attendant les preuves, qu'"il se met lui-même dans de sales draps [en avouant avoir transporté l'argent] et on peut considérer qu'il a pesé le pour et le contre", a-t-il raconté à la presse assoiffée de racontars. 
En mars 1995, Me Jean-Claude Guidicelli, avocat au barreau de Toulon, qui avait été suspendu pour un an pour avoir fait transmettre les photocopies du dossier d'instruction d'un client détenu, Lucien Ferri, accusé d'avoir tué Yann Piat, députée FN (puis UDI) du Var, le 25 février 1994, a bénéficié d'une grâce présidentielle sur décision du président François Mitterrand.
Sans aucun élément nouveau, la volonté de nuire est avérée
Mediapart relance Takiéddine avec une demande d'entretien où l'ex-homme de l'ombre livre un luxe de détails. L'intermédiaire dit avoir "découvert des choses qui ne méritent plus d'être cachées" et avoir remis un mémoire à la Justice, raison pour laquelle il se sent "libre de parole". Si tel était le cas, ne serait-il pas tenu au devoir de réserve le temps que l'affaire suive son cours ?  

Incité à dire si Nicolas Sarkozy savait ce que contenait la mallette d'argent que l'entremetteur avait déposée dans son bureau, il répond "bien sûr" et ajoute qu'ils avaient parlé de l'affaire des infirmières bulgares (1999-2007) détenues en Libye et libérées au tout début du mandat de l'ancien président. 
Une action humanitaire bulgare était venue en aide à plus de 400 enfants soignés à l'hôpital de Benghazi à la suite de transfusions sanguines infectées par le VIH. Lors d’un des procès, les infirmières bulgares et le médecin palestinien dénoncèrent leurs conditions de détention et la pratique de la torture par leurs gardiens. D'abord condamnées à mort, leurs peines furent commuées en prison à vie mais les cinq infirmières et le médecin furent finalement extradés vers la Bulgarie après de longues tractations menées par l'Union européenne et rapatriés dans un avion français ou se trouvaient la femme du Président français, Cécilia, et Claude Guéant, secrétaire général de l'Élysée.
Les faits allégués par Ziad Takieddine ont déjà été évoqués en 2012
Mediapart rappelle que l'ancien chef des services de renseignement et beau-frère de feu le dirigeant libyen Kadhafi, Abdallah Senoussi, a également porté des accusations lors de son audition par le procureur général libyen à la demande de la Cour pénale internationale.
L'ancien proche du dictateur libyen y aurait affirmé avoir "personnellement supervisé le transfert" d'une somme de 5 millions d'euros qui auraient été dégagés "pour la campagne du président français Nicolas Sarkozy en 2006-2007", écrit le site du trotskiste Edwy Plenel.
Pendant les années 1980, Abdallah Senoussi était responsable de la sécurité intérieure de la Libye du dictateur, à une période où nombre d'opposants au régime étaient exécutés. En février 2011, au début de la révolte contre le régime de Kadhafi, il mena une répression violente contre le soulèvement de Benghazi, une tuerie qui fait l'objet d'une enquête de la Cour pénale internationale, qui aboutit le 27 juin 2011 à un mandat d'arrêt international pour crime contre l'humanité à l'encontre de l'interlocuteur de Mediapart. Le 17 mars 2012, le témoin de moralité, selon E. Plenel, est arrêté à l’aéroport de Nouakchott (Mauritanie) en provenance de Casablanca avec un faux passeport malien. Le 5 septembre 2012, il est remis par la Mauritanie aux autorités libyennes.
Le Libyen alla jusqu'à préciser que ce transfert avait été réalisé "via un intermédiaire français, en la personne du directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur", donc Claude Guéant, et "un second intermédiaire, le nommé Takieddine, un Français d'origine libanaise installé en France". 

L'oncle de Amal Alamuddin - la femme de George Clooney - et défenseur de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks ou de la milliardaire et ancienne Premier ministre ukrainien Ioulia Tymochenko, Ziad Takieddine a été mis à plusieurs reprises en examen en France, notamment dans le volet financier de l'affaire Karachi pour laquelle le parquet général de Lyon a requis le 5 novembre son renvoi en correctionnelle avec cinq autres personnes.

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