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mardi 22 novembre 2016

Une campagne de prévention du sida dérange l'homme de la rue

Une campagne de prévention du VIH-sida fait de la provocation sur la voie publique

Plusieurs villes ont commencé les retraits des affiches publiques à destination de la population homosexuelle 

Une violation des consciences et une agression de la jeunesse, selon les détracteurs du choix gouvernemental, mais un acte de "censure", selon l'indélicate ministre Marisol Touraine. La ministre de la santé dit vouloir porter plainte contre les maires qui retirent les affiches d’une campagne de prévention contre le Sida à destination du groupe le plus touché par l’épidémie.

Ce sont les conditions de la campagne de prévention sur le VIH/sida  qui posent problème.
Cette question est aujourd’hui au centre d’une vive controverse, d'autant que la campagne est ciblée sur le seuls hommes et la ministre discrimine les homosexuels de sexe masculin: en ne montrant que des homosexuels hommesles affiches de Marisol Touraine sont donc sexistes et discriminatoire.

Deux villes, Angers (Maine-et-Loire) et Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), mais aussi Chaville, ont annoncé le retrait des affiches 
Ces maires ont été élus pour le respect de certaines valeurs
de cette campagne également critiquée par les Associations familiales catholiques (AFC), mais on attend aussi des réactions de rejet d'associations musulmanes.
A ce jour, une dizaine de villes sur les 130 où la campagne est diffusée a écrit à l’entreprise pour demander de retirer les affiches. Contractuellement, le groupe JC Decaux est obligé de le faire à partir du moment où il reçoit une demande écrite d'une municipalitémais BFMTV prend fait et cause pour le gouvernement: "JCDecaux retire l'affichage gouvernemental", titre la chaîne privée. Le maire d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) - qui compte trois associations culturelles musulmanes (comprendre mosquées ou lieux de culte pour 80.000 habitants) - considère en effet que ces affiches "portent atteinte à la dignité au risque de heurter la sensibilité de l'enfance et de la jeunesse".Le maire d'Angers, Christophe Béchu, est un soutien d'Alain Juppé.
En riposte, mardi 22 novembre sur Twitter, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé son intention de "saisir la justice" après la "censure" de ces maires. Ces affiches montrent des photos de visages, de torses ou de bras de deux hommes s’enlaçant, avec plusieurs messages. "Pour la vie, Pour un week-end, Pour une fois", "S’aimer, s’éclater, s’oublier" ou encore : "Avec un amant, Avec un ami, Avec un inconnu"…

Mais la censure vient aussi de la presse qui agresse les détracteurs de la campagne
Le journaliste Pierre Bienvault (à la fois sur France Inter et à La Croix) n'a pas d'états d'âme. Dans La Croix (quotidien chrétien et progressiste), ce militant cite trois messages (ci-dessus) mais en oublie un, par inadvertance et probablement au hasard: "Coup de foudre, Coup d'essai, Coup  d'un soir"... Désinformation anodine ?

La campagne a été conçue par Santé publique France.
"Sur dix personnes qui découvrent leur séropositivité chaque année, 4 à 5 sont des HSH [des homosexuels hommes]. Soit 40 à 50 %, alors que la population des HSH sexuellement actifs est estimée à 1,5 % de la population générale", précise cet organisme créé en mai 2016 et placé sous la tutelle du ministère.

"Ce sont le contenu des messages qui peuvent choquer des enfants"

Ces affiches "s’imposent sur le chemin de l’école, sans se soucier de l’appréciation par les parents de la sensibilité des enfants," font valoir les AFC. 

Un argument repris par la mairie d’Aulnay-sous-Bois dirigée par Bruno Beschizza (LR). "Ce n’est pas le fait de voir deux hommes en train de s’enlacer qui nous pose problème. [Et pourtant...] C'est le contenu des messages qui peut choquer des enfants. Nous aurions retiré ces affiches si elles avaient mis en scène un homme et une femme", assure l’entourage du maire.
La municipalité ne semble pas s’inquiéter de la volonté du gouvernement de saisir la justice. "Nous avons agi sur la base d’un article code de collectivités locales qui donne à un maire un pouvoir de police pour s’opposer à tout ce qui peut troubler l’ordre public sur sa commune", précise un proche du maire. 

"Les personnes homosexuelles [en réalité, seuls les gays sont pointés] ne vivent pas toutes dans des ghettos communautaires"
Engagé dans la défense de cette campagne, le gouvernement s’était en fait interrogé en octobre sur son envahissement de l’espace public. "Il était favorable à ce que la campagne soit visible dans les réseaux de la communauté gay mais il y a eu un débat pour savoir si elle devait aussi être diffusée dans des espaces grand public", explique Marc Dixneuf, directeur délégué de l’association de lutte contre le sida Aides. "Les associations ont plaidé pour que ces messages soient diffusés de manière plus large, car les "personnes [êtres humains] homosexuelles", très touchées par l’épidémie de VIH, ne vivent pas toutes dans des ghettos communautaires", poursuit ce responsable qui se dit indigné par cette "censure homophobe et contre la santé publique [et individuelle?]", un sentiment égocentrique, sans aucune considération respectueuse de l'Autre, adulte ou enfant. 
Les associations se souviennent d’un précédent, venu d’un responsable politique socialiste. En 1998, Lionel Jospin avait fait interdire une campagne de prévention pour les gays qui devait être publiée dans la presse. 

Dans un twitt, Marisol Touraine travestit ses affiches
Cette campagne est relayée par des membres du gouvernement, comme Harlem Désir (tweet devenu inaccessible):
Soutenez la campagne de prévention contre le https://twitter.com/hashtag/VIH?src=hash">#VIH face à ceux qui veulent la censure et refusent de voir 2 hommes ensemble. https://twitter.com/hashtag/loveislove?src=hash">#loveislovehttps://t.co/wliYmueLd9">pic.twitter.com/wliYmueLd9— Harlem Désir (@harlemdesir) https://twitter.com/harlemdesir/status/799671947961372672">18 novembre 2016
"2 hommes ensemble" dans leur intimité ou exhibés sur la place publique ne fait pas de différence pour le caricaturiste socialiste...

Jean-Frédéric Poisson demande à Manuel Valls le retrait de l'affichage, au motif qu'il fait la promotion de l'adultèreCe candidat PCD à la primaire de droite a lancé une pétition afin que cesse la campagne d’affichage gouvernementale. Il a adressé une lettre au Premier ministre dans laquelle il écrit :
"Depuis quelques jours, sous couvert de 'santé publique' et de promotion des différents modes de protection en matière sexuelle, les Français voient apparaître ici et là des affiches comportant des photos et des textes faisant la promotion du "sexe entre hommes". (…) C’est donc dans un même souci de protection des mineurs face à ces images à caractère sexuel déployées partout, et de respect de l'ordre public et de la législation en vigueur que je vous demande, Madame le Ministre (sic), le retrait immédiat de cette campagne d’affichage."
Ces affiches sont "en totale violation de la loi civile, explique-t-il. Certaines affiches de cette campagne diffusent un message contribuant à une normalisation de l'adultère et cela alors que la fidélité demeure dans le Code civil une obligation légale". 

"Épidémie de connards moyenâgeux", selon Ian Brossat
En charge du logement en tant qu'adjoint PCF à la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, ce personnage perd ses faibles petits nerfs en éructant contre une "épidémie de connards moyenâgeux", mardi 22 novembre. L'insulte de cette petite "personne homosexuelle" vise nommément les maires LR d'Angers, Christophe Béchu, qui a fait retirer ces affiches, et d'Aulnay-sous-Bois, Bruno Beschizza, qui a pris un arrêté municipal contre cette campagne :
La ministre M. Touraine aurait-elle honte ?
Son tweet cache une partie litigieuse de chacune de ses affiches.
En charge de la jeunesse, la ministre de l'Education Nationale a-t-elle un avis ?

 

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