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samedi 12 novembre 2016

Qui sont les anti-Trump réfractaires au système démocratique ?

Les mouvement radicaux ont nui à H. Clinton 

Des manifestations à l'encontre du président démocratiquement élu ont vu le jour
L'élection de Donald Trump, mardi 8 novembre, a révélé le visage de ceux qui l'ont combattu. Selon Emmanuelle Lagarde, journaliste de France 3, qui se ferait probablement plus sotte qu'elle n'est, si elle n'était manipulatrice, "c'est vrai que ces manifestations sont nées de manière spontanée, via les réseaux sociaux." La journaliste est de ceux qui veulent donner à croire que les réseaux sociaux seraient apolitiques et n'agiraient pas en meutes. Elle connaît pourtant l'activisme des 'trolls' ou des 'haters', mais défend pourtant qu'ils ne sont pas organisés et ne sont pas toujours prêts à un lâcher dans la rue au premier appel à manifester. 

L'innocente de France 3 admet toutefois qu' "elles commencent à s'organiser un peu plus"... Par exemple à New York, un grand rassemblement est prévu [sic] samedi prochain, après quatre jours.  Autre exemple significatif, à Washington, il y a déjà un appel à manifester le jour où Donald Trump sera investi président, le 20 janvier prochain." Belle réactivité qui ne doit rien à une soi-disant spontanéité.

Les minorités entendent s'imposer à la majorité


D'après l'incompétente, "aucun parti politique ne soutient ces mouvements".
Mais elle nuance aussitôt: "même si on y trouve beaucoup des militants les plus à gauche aux États-Unis." C'était si difficile à avouer ?

"Ce à quoi on peut s'attendre maintenant, c'est une résistance des minorités,
qui avaient été particulièrement visées par Donald Trump pendant la campagne. Je pense aux homosexuels, aux féministes qui défendent le droit à l'avortement ou aux musulmans." C'est-à-dire ceux qui, précisément étaient déjà organisés... Bonjour, la spontanéité ! "Cela indique déjà qu'ils vont lutter contre les politiques de Donald Trump," conclut la perspicace... La question est alors de savoir si leur féminisme, leur homosexualité et leur islam sont une cause réelle à défendre ou un prétexte à un combat communautaire ou un prétexte sociétal. En somme, ne sont-ils pas récupérés à des fins politiques comme, à l'échelle française, Morandini par les gauchistes de i-télé ?

Les amateurs de sociétal font alors peu cas des latinos
L'ambiguïté du positionnement des "sociétaux" apparaît dans le slogan "la France aux Français" que la gauche accole dans l'imaginaire collectif à l'extrême droite, mais qui est une expression de Léon Blum, président du Front populaire (1936).

Quant aux féministes qui dénoncent les inégalités salariales de genre, elles assimilent la liberté de la femme au droit au travail, mais aussi bien à l'exploitation de classes !




La communauté homosexuelle, exemple de minorité au verbe haut, participe à la dynamique de création de l'être "hybride" et androgyne qui sert de chaînon mutant au développement du consommateur unique (ex. mode et produits de beauté, ainsi que théorie du genre et mariage entre personne du même sexe...). Egalement non pris en compte par les apprentis sorciers de (l'extrême) la gauche, la transgressivité qui, derrière la liberté individuelle et le refus des lois morales et des traditions, prépare la destruction de toutes les valeurs communes d'un Etat de droit.

Les incohérences de la gauche s'illustrent encore dans les droits de l'homme. Outre qu'elle s'octroie la défense de certains groupes, au motif qu'ils sont nombreux et militants,plutôt que défavorisés et opprimés, elle s'attribue l'exclusivité de la défense de l'individu.

  

Mais si elle accrédite auprès du public l'idée qu'elle le défend, elle sert en fait de caution humanitaire aux actions d'ingérence des pays occidentaux (par le biais d'ONG illégales, puisque supranationales) dans le reste du monde, au profit de multinationales et de lobbies, mais aussi de partis et de responsables politiques plus ou moins respectables, où éclatent les mêmes scandales de corruption, du Brésil (Lula et Dilma Rousseff) au Vénézuela, en passant par la RDC des Kabila (centre gauche social-démocrate) ou le dernier scandale de Hillary Clinton (juste un petit cadeau de 100 millions de dollars des monarchies du Moyen-Orient via la fondation familiale controversée de Hillary et Bill).


Mais au nombre des minorités agissantes, que dire des latinos?
Immigrants récents en recherche d'emploi, ils avaient trouvé l'Eldorado aux Etats-Unis. Ils leur en ont été un temps reconnaissants, mais les voilà qui tentent d'imposer leur nombre à la majorité blanche qui les a accueillis avec plus ou moins de satisfaction, en fonction de la situation économique du moment. Les identitaires latinos ont pris conscience de leur force, mais avec eux les éléments subversifs américains. Ceux qu'il est "politiquement correct" de désigner du qualificatif insultant de "petits Blancs", équivalents de nos "beaufs" et autres "Dupont-la-joie" qui ont fait les belles soirées bobos de Canal+, époques Rousselet et Lescure, puis Méheut: une stigmatisation reprise par le service public, bien que les classes moyennes salies nourrissent grassement leurs effectifs pléthoriques et subissent leur propagande sans pouvoir de contrôle.

S'ils ont acquis le droit de vivre aux Etats-Unis en toute légalité, les Latinos ont aussi le devoir de respect des populations qui s'y trouvaient avant eux, comme les Blancs ont appris à respecter les peuples indiens. L'extrême gauche américaine,  assez peu communiste mais beaucoup altermondialiste, exploite, dans les écoles et les universités, la liberté de dresser les minorités actives ou nombreuses contre la majorité démocratique, pointée comme ultra-libérale, chrétienne et patriarcale, caricaturée en esclavagiste et raciste (l'épouvantail du Klu Klux Klan est ressorti des placards lors de la campagne de la dynastie Clinton), homophobe, islamophobe et autres phobies, dont la ... xénophobie !

Dès lors, étonnez-vous, camarades gauchos, que les insultés se rebiffent, rejettent votre univers internationaliste méprisant, mais que vous dites vertueux, et votent contre la dictature du PC et de la pensée unique, pour le respect de la France profonde, laborieuse et fière. 

Qui sont les récupérateurs des peurs et des frustrations ?


La Nouvelle gauche (New Left)
Le terme qualifiait un ensemble de mouvements de gauche et d'extrême gauche dans différents pays durant les années 1960 et 1970. Les remises en cause de la Nouvelle gauche furent à la fois sociales, économiques, mais aussi philosophiques et même psychologiques (cf. antipsychiatrie : les traitements psychiatriques seraient plus nuisibles que thérapeutiques). Elle fit son lit en grande partie sur la critique des mouvements de gauche "traditionnels" dont l'analyse se focalisait surtout sur le travail et la lutte des classes (mouvement ouvrier et militantisme des syndicats et des partis de gauche).

Les mouvements de la Nouvelle gauche, bien que s'inspirant largement des analyses marxistes, mais aussi libertaires, adoptèrent une nouvelle définition, plus large, du militantisme politique et de la critique sociale. Ainsi, nombre de cercles politiques ont articulé une critique virulente des valeurs sociales dominantes, en particulier de toute autorité et du travail (cf. les situationnistes, groupe déjà assimilable à l'ultra-gauche. Ainsi, en France, le mouvement autonome désigne-t-il des groupes et individus se réclamant de l’autonomie prolétarienne à l'égard des syndicats. Le14 Juin 2016, lors de la manifestation massive de Paris contre la loi Travail portée par M. El Khomri,, les autonomes (avec les anarchistes, les communistes et des manifestants non organisés) formèrent un black bloc à la tête du cortège).


La Nouvelle gauche est aussi associée au mouvement hippie, en Amérique du Nord et aux États-Unis, mais aussi en Europe et en France, à l'agitation étudiante des campus universitaires (Mai 1968) et se lie à une redéfinition de la contestation, et donc de l'oppression, non plus seulement "de classe", mais désormais  de genre, de "race", contre l'oppression sexuelle et les disparités sociales hommes-femmes. Elle fut d'abord caractérisée par un mouvement principalement intellectuel, qui tenta de "corriger" ce que beaucoup dénonçaient comme des erreurs d'analyse et de stratégie des partis de la 'Vieille Gauche' issus de la période d'après-guerre, pour changer la société. Ces divers mouvements se sont peu à peu essoufflés vers la fin des années 1970, lorsque leurs principaux militants se sont embourgeoisés et engagés dans de nouveaux partis, changeant d'identité politique" se sont tournant vers des modes de vie alternatifs.

Aux USA, l'Université de Californie (qui a voté Clinton) à Berkeley est connue 
pour sa radicalité, notamment en pointe en faveur d'un féminisme de la subversion. Cette université devint mondialement connue presque un siècle après sa fondation, à l'occasion des manifestations étudiantes contre l'engagement des États-Unis au Viêt Nam. Joan Baez avait alors pris la parole pour réclamer "la liberté de parole et l'abolition de la censure". Cependant, Ronald Reagan, futur président des États-Unis, se fit élire en 1966 au poste de gouverneur de Californie en promettant, entre autres, de faire "un grand nettoyage" à l'université de Berkeley. Ce qui rappelle le Kärcher en France et la campagne de Trump en 2016...

Aujourd'hui, la marque de cette Nouvelle Gauche se ressent fortement au 
travers des mouvements alter-mondialistes, anticapitalistes et antifascistes, ainsi que dans les organisations et groupes autonomes qui revendiquent parfois son influence. Parmi les penseurs associés à l'humanisme-marxiste, on compte Jean-Paul Sartre (journal Libération) et André Gorz (de son vrai nom Gérard Horst), philosophe et journaliste français cofondateur (sous le pseudonyme de Michel Bosquet) du Nouvel Observateur avec Jean Daniel en 1964, ou l'Italien Antonio Gramsci (1891-1937), le sociologue marxiste allemand Herbert Marcuse (1898-1979), membre de l'École de Francfort. La fondatrice de ce mouvement, au milieu des années 50, est la secrétaire de Léon Trotsky, Raya Dunayevskaya (1910-1987), américaine d'origine ukrainienne qui analysa l’économie de l’URSS comme un capitalisme d’État. Au sein du Socialist Workers Party, elle constitua la tendance Johnson-Forest et influencera en France les positions de 'Socialisme ou Barbarie' constitué dans le cadre du Parti communiste internationaliste (PCI), inspiré de Rosa Luxemburg, fondatrice du Parti communiste d'Allemagne.

En Europe, les universitaires de la gauche radicale étaient en nombre parmi les responsables de Syriza en Grèce et de Podemos en Espagne, voire Nuit debout en France. Alors que les Européens se conforment à la mission dévolue par Gramsci aux "intellectuels organiques" de lutte des classes sociales pour l’hégémonie, la candidate Clinton a attiré à elle des artistes tels Madonna ou Jennifer Lopez, Bruce Springsteen, Bon Jovi ou Lady Gaga, Pharrell Williams ou Elton John, ...
Lors de son meeting à Greensboro, pour assurer que sa santé n'est pas chancelante, malgré une commotion cérébrale, une violente quinte de toux de deux minutes à son meeting du 5 septembre à Cleveland, Ohio (lien video), et une évacuation en urgence, la candidate démocrate a toutefois choisi "I Feel Good" de James Brown, artiste mort d’une pneumonie.


Sans être spécialement radicaux, de nombreux économistes contestataires du "consensus de Bruxelles" (austérité et compétitivité) ont exprimé leur soutien à Syriza et Podemos, tels Thomas Piketty et surtout, dix-huit économistes américains et européens entraînés par Joseph Stiglitz se sont exprimés, dans le Financial Times, en faveur des revendications de Syriza. Or, depuis les débuts de la crise, aucun gouvernement de centre-gauche n’a su provoquer un tel engouement. Mais, à l'inverse, Matteo Renzi, le président du Conseil italien, présenté un temps comme un résistant à l’austérité, il s’est choisi comme ministre de l’Economie un ancien expert de la très orthodoxe OCDE, Pier Carlo Padoan, dont les propos et annonces s’inscrivent parfaitement dans le paradigme néolibéral. 
On peut encore souligner la fracture entre l’exécutif socialiste et les économistes Philippe Aghion et Jean Tirole, défavorables à tout espace de respiration académique laissé à leurs collègues hétérodoxes, et son mépris pour les notes "secrètes" de Montebourg à François Hollande, corédigées par les paisibles néokeynésiens de l’OFCE, dénonçant la politique d'austérité du quinquennat socialiste. Dressant le bilan de ce débat esquivé, l'impétrant de la primaire à gauche se montre très sévère : "Nous sommes en train de porter la marche du Front national vers le pouvoir. Je ne veux pas être co-responsable de cette politique suicidaire."
La gauche radicale américaine n'a pas offert leur revanche aux intellectuels. En France comme aux Etats-Unis, ce rôle privilégié des universitaires critiques correspond à la sociologie de la nouvelle gauche radicale, dont une des composantes de la base sociale est constituée par des actifs instruits et politisés, mais incertains de leur avenir. Les partis de gauche ont abandonné leur vocation éducative, sauf à penser qu'à l'éducation - ou à la propagande -, ils préfèrent l'insulte et la haine. Qu'en sera-t-il en France ?

Les appareils politiques ont fait les mauvais choix et les Grassroots de la gauche radicale américaine ont rejetés les candidats dominants

Manifestation pour la hausse du salaire minimum à Los Angeles, en novembre 2015.



Ils n'ont voté ni Donald Trump, évidemment, mais ni Hillary Clinton, non plus. Ils ont pourtant tenu à faire entendre leur voix : les mouvements héritiers de la mobilisation d'Occupy Wall Street ont monté en puissance, rêvant d'une coalition à la gauche du Parti démocrate.
On les retrouve sur les thèmes du "racisme systémique", du "délit de faciès" ou du "mensonge raciste". Le 26 septembre, lors du débat présidentiel avec Donald Trump, Hillary Clinton a employé le vocabulaire des activistes pour les droits des Afro-Américains et, plus largement, des mouvements progressistes américains. Une première dont ces derniers se félicitent, symbole de l’intérêt grandissant des hommes politiques pour ces groupes qui reprennent du poil de la bête dans le pays, après huit années de présidence d'un métis présenté comme premier président noir américain. Et pourtant le racisme n'est pas éradiqué. Comme un lierre qui s’enracinerait dans le sol avant de recouvrir les murs d’un bâtiment, ces mouvements populaires à la gauche du Parti démocrate - comme on dit la "gauche de la gauche" en France pour voiler le Parti communiste, notamment - espéraient regagner du terrain politique et laisser leur empreinte sur les élections présidentielle et au Congrès le 8 novembre. 

Héritiers de la mobilisation citoyenne d’Occupy Wall Street, débutée en septembre 2011, contre les inégalités sociales et économiques, 
plusieurs mouvements aux idées progressistes se revendiquant "grassroots" (base populaire) ont investi le paysage militant américain. Dispersés sur des luttes sociales très différentes au premier abord - la justice raciale, la lutte pour un revenu horaire minimum de 15 dollars (13,3 euros), la défense du climat ou des droits des travailleurs immigrés -, ces mouvements ont tenté de s’unir pour peser sur la campagne présidentielle. "Qui a produit les candidats que nous avons ? Pas les membres de notre communauté… lâche Rose Brewer, chercheuse et enseignante à l’université du Minnesota, féministe et activiste de longue date de la cause noire, proche du mouvement Black Lives Matter ("les vies noires comptent"). 

Clinton et Trump sont les candidats des élites de droite et du centre.
  
Un homme politique a croisé sans peine le chemin de ces citoyens américains de gauche: Bernie Sanders, sénateur du Vermont et candidat à la primaire démocrate, rival radical d'Hillary Clinton. Le mouvement surnommé "Feel the Bern" qui prône une révolution politique et sociale en opposition aux élites, a fait descendre dans la rue des milliers d’Américains jusque-là peu politisés, dont beaucoup de jeunes. Mais le ralliement de 'Bernie' à sa rivale Hillary, dès juillet, a été perçu comme une trahison. Beaucoup de ses sympathisants refusent de voter pour la démocrate Clinton, figure, selon eux, du libéralisme économique et de l’establishment politique, qui a échoué à diminuer les inégalités sociales. Mais que dire alors des huit années Obama...
Selon une étude de Genforward, réalisée en août auprès des 18-30 ans, parmi les sympathisants de Sanders, seule la moitié environ se déclaraient prts à soutenir Clinton (55% des Afro-Américains, 47% des Latinos et 39% des Blancs). "Nous envisageons de construire un pouvoir politique indépendant", assure Rose Brewer. 

La création d’un nouveau parti est très complexe aux Etats-Unis.
Ces militants désirent une alternative au bipartisme historique, au prétexte de faire face à la menace de l’extrême droite qui grandit sous l’impulsion de la campagne républicaine, accusent-ils, épargnant le président en exercice, le Démocrate Obama, parce que "Noir", homophile et musulman de naissance.
"Nous avons une obligation morale de battre Trump
mais nous devons aussi condamner la politique qu’a menée Clinton et qu’elle mènera sans aucun doute si elle est élue, revendique Cindy Wiesner, coordinatrice nationale de la Grassroots Global Justice Alliance, un regroupement de 60 organisations citoyennes progressistes venant de 20 Etats. Il y a définitivement un élan de résistance que nous voyons monter depuis Occupy Wall Street. Ces mouvements, qui ne sont traditionnellement pas reconnus par la gauche, trouvent aujourd’hui un sol fertile pour une mobilisation populaire intergénérationnelle."  
Membre du Southwest Organizing Project (SWOP) à Albuquerque (Nouveau-Mexique), une association qui vise à redonner du pouvoir aux populations à faibles revenus et discriminées, Emma Sandoval, 29 ans, se réjouit de leur influence croissante sur la campagne électorale : "Nous avons poussé les démocrates à se déplacer sur leur gauche."
Barack Obama a ainsi reculé et bloqué, en novembre 2015, le projet de pipeline Keystone XL qui devait doubler l’oléoduc Keystone transportant du pétrole de l’Alberta (au Canada) jusqu’au golfe du Mexique. 
Pendant sa campagne, Hillary Clinton a condamné le traité de libre-échange transpacifique, alors qu’elle en a elle-même initié les négociations quand elle était secrétaire d’Etat sous la première administration Obama. Deux projets emblématiques de la lutte convergente entre les environnementalistes et les militants anti-libre échange. 

Le combat pour un salaire minimum 
Sous la pression de la campagne de Bernie Sanders et de la mobilisation citoyenne qu’elle a suscitée, la candidate démocrate a aussi été contrainte de gauchiser son programme. Elle a proposé, entre autres, une exonération des frais de scolarité dans les universités publiques pour les familles aux revenus inférieurs à 125.000 dollars par an (111 000 euros) d’ici 2021, et l’augmentation du salaire minimum à 12 dollars (10,5 euros) de l’heure au niveau fédéral. Le salaire minimum brut est de 9,61 € par heure, en France. 

Cette proposition ne sort pas de nulle part. Il y a quatre ans, des employés des chaînes de fast-food à New York ont entamé une grève pour dénoncer leurs conditions de travail, l’absence d’air conditionné et réclamer un salaire horaire minimum suffisant pour vivre. "C’est à partir de là qu’est né le débat national pour un salaire minimum brut de 15 dollars de l’heure", décrit Toiyah Shester, 28 ans, membre d’Alternative socialiste, un groupe sympathisant du Comité pour une internationale ouvrière, fédération de partis politiques trotskistes en lutte pour l'élimination de la domination du "big business" et du capitalisme global et proche de la Militant Tendency, organisation trotskiste pratiquant l'entrisme dans le Parti travailliste britannique. Le salaire minimum fédéral était alors de 7,25 dollars (6,5 euros), soit presque deux fois inférieur à son niveau dans certaines villes. En 2013, l’organisation a notamment réussi à faire élire une de ses membres, Kshama Sawant, militante socialiste à Seattle, candidate de Socialist Alternative (section américaine du comité pour une Internationale ouvrière) à la mairie. "Cela a été une énorme avancée. Grâce à la mobilisation des communautés locales, nous avons réussi à faire passer un salaire de 15 dollars de l’heure en 2014. Une première dans le pays", se réjouit une militante anonyme.
"Les femmes, les personnes de couleur, et les familles aux bas salaires ont le pouvoir de changer n’importe quelle élection. Mais le problème est que la grande majorité de ces gens ne votent pas, parce qu’ils sont depuis longtemps marginalisés", affirme Emma Sandoval, en charge de l'éducation et du Southwest Organizing Project. 

La candidate démocrate a tenté d'acheter l'électorat hispanique 
Ainsi Hillary Clinton avait-elle promis la création d’un fonds de 25 milliards de dollars (22 milliards d’euros) "pour soutenir les universités historiquement noires et les institutions de services hispaniques". La démocrate promettait encore également une série de mesures pour une meilleure intégration des familles immigrées, cherchant ainsi à mettre de son côté le vote de la communauté hispanique. 

"Trump a déjà gagné, qu’il soit élu ou non" 
S'ils se félicitent de l’impact de leurs actions sur le camp démocrate, ces mouvements révolutionnaires s’inquiètent pourtant du succès de la campagne de Donald Trump. "Il se nourrit de la peur des gens et attise la colère des Blancs", estime Cindy Wiesner, coordonatrice nationale de Grassroots Global Justice Alliance (GGJ) et co-présidente de la Climate Justice Alliance (CJA). "Donald Trump a normalisé les attaques directes et la discrimination et il a changé ce qui est politiquement permis de dire, " accuse-t-elle. 

Ces tensions suscitent parfois des explosions de violence. 
A Albuquerque, fief du Southwest Organizing Project, Emma Sandoval (ci-contre) évoque des affrontements entre ses militants et les supporteurs de Trump il y a quelques mois, lors d’un de ses meetings. "Nous voulions éviter la violence, assure-t-elle, mais nous n’avons pas pu. En attaquant régulièrement des minorités déjà fragilisées, Trump crée de la colère", se révèle la jeune trotskiste qui attribue la colère à ses activistes et implicitement les violences. 
Une colère qui risque de s’ancrer dans la société américaine, selon certains activistes, comme Kali Akuno, qui justifient les violences par la colère, craignent les séquelles que va laisser le milliardaire républicain.
K. Akuno, qui se bat  pour la justice climatique, est aussi un ancien gangster (lien Reporterre) qui apparaît hurlant sa colère dans un reportage de BFMTV, comme un homme de la rue qui aurait été pris ce jour au hasard dans la rue.

L'extrême gauche refuse le verdict des urnes
"Trump a déjà gagné, qu’il remporte ou non l’élection, affirmait un militant du Malcom X Grassroots Movement, qui anime une coopérative autogérée à Jackson, dans le Mississippi. Il a transformé ce pays en le ramenant dans une dynamique d’avant-Seconde Guerre mondiale," raconte-t-il. Selon cet activiste, c'est qui Donald Trump a mobilisé un mouvement radical qui ne serait pas né avec la campagne présidentielle. "Il est le résultat d’un long processus d’accumulation, particulièrement dans le Sud. Dans certains lieux, comme dans le Mississippi, il représente une norme établie depuis longtemps." A Miami, largement latino et pas seulement privilégiée, les électeurs ont envoyé Trump à la Maison Blanche, contrairement aux intellos-bobos de Californie et de la Silicone Valley et des artistes d'Hollywood. 

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Kali Akuno, encore lui, dit craindre que les groupes de soutien à Trump ne se renforcent et qu’une nouvelle force politique émerge au niveau national. "Ils ont la structure et les moyens financiers pour le devenir", assure le militant internationaliste qui ne répugne pas à profiter des millions de George Soros, un autre milliardaire américain, au faciès politiquement correct, celui-là: d'origine hongroise, ce financier est pourtant accusé d'établir des positions dominantes à travers le monde à des fins de profit personnel, sous couvert de philanthropie. 
Pour Akuno, il est donc urgent de construire une coalition organisée à la gauche du Parti démocrate, en réunissant de multiples mouvements citoyens. Ajamu Baraka, colistier de la candidate des Verts à la présidentielle Jill Stein et militant des droits de l’homme de longue date, avoue même s’être engagé dans la campagne pour "construire un pouvoir politique alternatif à partir d’un mouvement social radical". Cécile Duflot n'a rien inventé... "Participer à l’élection présidentielle, explique-t-il à... Libération, nous permet d’intégrer [investir] un espace politique local et national, et de prendre la parole dans les media mainstream [principaux media, ou dominants, dirait un Français de la rue]."

Les activistes médiatisés de la gauche radicale américaine

Voici une sélection de militants de la "gauche de la gauche" américaine, pour ne pas dire d'extrême gauche, voire révolutionnaires, le politiquement correct oblige !

Fin septembre, les protestations 
Occupy Wall Street s'étendent 
à Boston et à d'autres villes
L'écrivain et réalisateur Michael Moore a participé à la contestation, malgré le discrédit que traîne son nom, à la suite de preuves de manipulation de l'opinion. Salman Rushdie, Margaret Atwood, Noam Chomsky, Radiohead ou Tim Robbins ont également apporté leur soutien au mouvement

Le sulfureux milliardaire George Soros a fait savoir qu'il éprouve de la sympathie pour le mouvement.
Le mouvement est également soutenu par plusieurs figures du mouvement hip-hop américain, particulièrement par des artistes tels Lupe Fiasco et Talib Kweli. David Crosby et Graham Nash, sans Stills. Le guitariste de Harlem Tom Morello s'était également engagé. 
Feu Stéphane Hessel et Julian Assange, soutiennent également Occupy Wall Street, ainsi que Lou Reed, ex-membre du Velvet Underground.

Le prix Nobel (comme par hasard) d'économie Joseph E. Stiglitz a participé au mouvement le 2 octobre et y a notamment affirmé: "Vous avez le droit de vous indigner. [...] Nous sommes en train de supporter le coût des erreurs (des marchés financiers). Nous vivons dans un système où les pertes sont supportées par l'ensemble de la société alors que les gains sont privatisés [si on ne mentionne pas la création d'entreprises et d'emplois]. Ce n'est pas le capitalisme; ce n'est pas une économie de marché. C'est une économie dénaturée."

L'activiste égyptien Ahmed Maher, fortement impliqué dans la Révolution égyptienne de 2011 comme cofondateur du Mouvement de la Jeunesse du 6 avril, un des mouvements d’opposition à Hosni Moubarak. Maher a ensuite soutenu le louvoyant Mohamed el-Baradei qui, depuis, est non seulement stigmatisé par les media égyptiens (et nombre d’intellectuels et d’écrivains), mais a aussi été inculpé par un tribunal pour avoir "trahi la confiance du public".
Il est aussi intervenu publiquement le 17 octobre 2011 dans le square McPherson à New York pour soutenir et conseiller le mouvement Occupy Wall Street. Il a notamment dit : « Nous sommes restés pacifiques, parce que nous voulions que des gens nous rejoignent […] Si on utilisait la non-violence, sans tuer le moindre soldat, alors les gens nous aideraient."
Résultat de recherche d'images pour "Ahmed Maher"Conseiller du mouvement Occupy Wall Street, l'Egyptien a notamment déclaré: "Nous sommes restés pacifiques, parce que nous voulions que des gens nous rejoignent', puis "si on utilisait la non-violence, sans tuer le moindre soldat, alors les gens nous aideraient."

1 commentaire :

  1. C'est du lourd... J'ai beaucoup appris à cette lecture.

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