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jeudi 24 novembre 2016

Plus d'un internaute français sur trois s'est protégé de la publicité des sites d'information

Le recours à des bloqueurs de publicité a très fortement augmenté en dix mois 

La publicité est jugée trop répétitive, encombrante et mal contextualisée

confirme le baromètre réalisé par Ipsos Connect pour l'IAB.

Le nombre de Français qui ont installé un bloqueur de publicité continue de progresser. Si c'est une mauvaise nouvelle pour les publicitaires et les éditeurs de sites Internet, dont la presse numérique, c'est un espoir d'affranchissement pour  les internautes esclaves de la pub qui ne savent pas toujours qu'ils peuvent s'en libérer.

Selon l'étude réalisée par Ipsos pour l'International Advertising Bureau (IAB) France (*), c'est désormais plus d'un tiers des internautes qui est équipé d'un tel dispositif. Cela représente une progression de 20 % par rapport à la précédente étude réalisée seulement dix mois plus tôt, en janvier 2016. Durant la même période, 9 % des internautes - qui ont subi l'énorme pression (voire les menaces) des sites commerciaux (mercantiles et médiatiques) - ont retiré le bloqueur qu'ils avaient installé, soit 4 points de plus qu'au début de l'année.
L'inquiétude sur la captation et l'utilisation des données personnelles reste en effet très forte.

Les jeunes ne supportent plus la pub
Les utilisateurs d'ordinateurs portables sont proportionnellement les plus nombreux à utiliser des ad-blocks, révèle cette étude. 
Ainsi, les jeunes ont-ils davantage recours aux bloqueurs de publicité que leurs aînés qui sont moins informés des moyens de se protéger.

Tous âges confondus, les causes d'insatisfaction vis-à-vis de la publicité restent inchangées par rapport à la précédente enquête. 

Elle est jugée trop répétitive par 50 % des équipés d'ad-blocks
encombrante (40 %)
mal contextualisée (37 %) 
et pas assez originale (28 %)
Et intrusive ?

Une donnée devrait particulièrement inquiéter l'industrie publicitaire : la hiérarchie des critiques est identique que l'on soit ou non équipé d'un bloqueur de publicités. C'est dire que la progression du recours à ces applis devrait se s'amplifier.

Pour ne pas désespérer complètement les "Mad Men" tricolore, la désactivation occasionnelle des adblocks a progressé de 3 points sur la même période, pour atteindre 59 %. Toutefois, c'est la contrainte qui pousse les internautes à le faire dans 84 % des cas. 

Seulement 28 % le font par solidarité pour soutenir des sites qui ont "une politique publicitaire raisonnable". 70% des sites ne sont pas respectueux de l'internaute.

Ne touche pas à ma vie privée


L'exploitation des données personnelles reste plus que jamais le sujet d'inquiétude numéro 1 des internautes.
Il semble que les sites et la CNIL n'ont rien fait pour la protection des citoyens. 88 % des personnes interrogées disent être d'accord avec l'affirmation selon laquelle "la récupération des données personnelles les dérange car leur navigation relève de leur intimité." 
L'intérêt collectif ne mobilise pas non plus les associations comme il devrait.
La sécurité et la protection de la vie privée en ligne comportent
des problèmes comme la protection des données, la protection de l’identité (le droit de communiquer sans être menacé de surveillance ou d’interception), outre la protection contre les virus informatiques. Etant donné que de plus en plus de media et d’organisations de droits humains font usage des technologies en ligne dans le monde, les besoins en capacités, savoirs et outils permettant d’assurer à la fois l’efficacité et la sécurité de leur utilisation augmentent en conséquence.
Ce besoin de sécurisation - contradictoire de la volonté d'intrusion - se fait particulièrement sentir dans les situations de répression politique où l'intention n'est pas de collecter pour protéger, mais pour exploiter et divulguer l’information. 
Si l'Etat est bien intentionné, il doit promouvoir une  Charte des droits de l’internet, en sorte que les personnes qui communiquent par l’internet aient le droit d’utiliser des outils qui codent les messages pour que les communications soient protégées de tous, privées et anonymes.

Les utilisateurs de l'Internet sont toujours aussi nombreux à craindre que leur navigation soit enregistrée par des entreprises privées. 


L'intervention de l'Etat ne serait pas faite pour les rassurer
Les naïfs sont encore nombreux à faire confiance en la vigilance de l'Etat et se déclarent rassurés : 78 % estiment que "l'essentiel est que cela soit bien encadré sur le plan légal". Une bonne loi et tout irait mieux. Pas sûr, car les professionnels de la profession ne sont pas vraiment sur la même longueur d'ondes, puisqu'ils ont toujours privilégié l'auto-régulation et l'élaboration de chartes de bonnes pratiques...

Et puis l'enquête IPSOS prend-elle en compte l'"état d'urgence"
Il permet déjà de suspecter n'importe quel quidam de sympathie avec le terrorisme islamiste. A Chartres, un homme de 31 ans qui consultait assidûment des sites et des vidéos djihadistes a écopé de deux ans de prison ferme (et une amende, payée par l'homme d'affaires algérien, Rachid Nekkaz, qui s'oppose à la pénalisation du port du voile intégral et qui paie les contraventions des musulmanes voilées) en août 2016. 
Mais le quotidien Libération qui cite Ansar Al-Haqq et le classe parmi les principaux sites islamistes en français, continue sa publicité imposée.

Au prétexte de lutte contre l'embrigadement des Français en Syrie et d'attentats djihadistes en France,
Hollande, ses députés et l'état d'urgence qu'ils ont instauré, dans lequel le droit commun est suspendu, autorisent Bernard Cazeneuve à traquer les internautes au faciès en accordant le libre accès à la vie privée de tous les Français, notamment en instituant au printemps dernier un délit de consultation de sites terroristes.

(*) Etude barométrique réalisée par Ipsos Connect auprès en octobre 2016 auprès de 29.760 personnes pour constituer un échantillon de 11.701 personnes.

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