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samedi 19 décembre 2015

LCI devenue gratuite, BFMTV hausse le ton

La recomposition du paysage politique ébranle les monopoles de l'information

Les Régionales ont rebattu les cartes et les privilèges passés

Alain Weill est-il opposé au pluralisme ?
BFMTV appelle les juges au secours: la bataille de l'info en continu ne se jouera pas que sur les audiences. Les nantis du PAF vont contester devant le Conseil d'Etat le passage en gratuit de LCI, au centre d'un grand projet numérique présenté vendredi par un groupe TF1 lésé, mais patient, fair-play et au bout du compte vainqueur du copinage politique. Ruth Elkrief ne fait plus la bise à Hollande que du bouts des lèvres et ses ongles acérés plantés dans son épaule sanglante. Sera-t-elle licenciée à 55 ans, comme Claire Chazal à 60 ?

En échange, LCI a promis au CSA une refonte en septembre de ses programmes pour proposer davantage de magazines et des sujets plus légers (consommation, santé, nouvelles technologies...).

Elle va aussi accueillir les rédactions du site de TF1 (MyTF1news) et du site Metronews pour améliorer sa visibilité sur internet.
Leurs équipes seront regroupées en un même lieu sous la marque LCI et dirigées par deux patrons, Nicolas Charbonneau, jusqu'ici directeur-adjoint de la rédaction de TF1, et Jean-François Mulliez, le "Monsieur numérique" du groupe, a annoncé vendredi la directrice de l'information, de TF1 Catherine Nayl.

"Un moment d'émotion exceptionnel", dit son patron Nonce Paolini 

La nouvelle entité comptera environ 300 journalistes (contre plus de 800 salariés à BFMTV) et la direction de TF1 n'écarte pas de nouvelles créations d'emplois. "On veut que ce soit une vraie rédaction totalement bi-media", a expliqué Nicolas Charbonneau.

Pour prendre ce nouveau départ, LCI recevra 20 millions d'euros d'investissements supplémentaires en 2016 et ambitionne de redevenir bénéficiaire en 2019. Mais ces nouveaux projets n'ont pas convaincu la Bourse de Paris où le titre TF1 a perdu près de 4% vendredi.

Très offensive, BFMTV va contester devant le Conseil d'Etat le passage en gratuit de LCI

La décision du CSA a déclenché une levée de boucliers de l'actuel numéro un des chaînes d'info en continu, BFMTV, très querelleuse, ainsi que de la candidate malheureuse à la gratuité, en plus discrète, Paris Première, la chaîne "culturelle" de M6, si tant était que le cinéma représente toute la culture.

La Chaîne Info (LCI) du groupe TF1 sera en effet visible en janvier 2016 sur le canal 26 de la TNT gratuite, le CSA l'ayant finalement autorisée jeudi à devenir gratuite, après une longue procédure et deux refus en 2011 et 2014.

Très remonté contre cette "décision incompréhensible", le patron de BFMTV (groupe NextRadioTV), Alain Weill, a décidé de "lancer une procédure" de recours devant le Conseil d'Etat.
"Le CSA doit veiller à la bonne santé, à l'équilibre financier des chaînes qui existent. Or, à deux, déjà [avec i-télé du groupe Canal+], ça passe difficilement (...); donc à trois [BFMTV, LCI et i-télé], on ne s'en sortira pas bien", larmoie Weill pourtant installé dans la gratuité depuis 10 années qui devraient lui donner une belle avance et un savoir-faire. "C'est le téléspectateur qui sera aussi le perdant, parce que ces chaînes seront appauvries", a-t-il polémiqué, sans crainte de démagogie.

Il pourrait même y en avoir quatre dans le courant 2016. En effet, France Télévisions a également un projet de chaîne d'information publique avec Radio France et France 24. Une de plus pour le service public: tant que ce n'est pas l'Etat qui paie, n'est-ce pas !... Pourtant, il y a quelques semaines encore, l'avenir des chaînes publiques ne semblait-il pas sérieusement compromis par un manque de recettes publicitaires ?  

Le groupe M6 va également saisir le Conseil d'Etat 

Les nantis de gauche sont hermétiques à la nécessité du pluralisme
M6 s'est enrichie, en mars 2014,
de quatre chaînes thématiques
"Je me réjouis pour mon collègue Nonce Paolini, même si les ennuis vont commencer pour lui maintenant, car le CSA fout le bazar dans la télévision d'information: nous sommes le seul pays à autoriser autant de chaînes d'info gratuites, ce n'est pas ce que j'appelle une régulation", s'est insurgé son président Nicolas de Tavernost.

Le patron de TF1 a déploré ces attaques, "parce que ça ne permet pas d'avoir un débat sain, équilibré et intelligent autour de l'information". "Quand je vois les déclarations faites par les uns et les autres, je m'inquiète beaucoup pour l'éthique et la déontologie éditoriale des rédactions qui sont sous l'autorité de ces personnes", a-t-il ajouté. Une allusion notamment à Alain Weill pour qui il dit avoir eu une "pensée émue".

"L'objectif n'est pas de concurrencer Paul ou Jacques mais de bien faire notre métier", a-t-il répété.

Le patron de TF1, qui avait averti à maintes reprises que le passage en gratuit conditionnait la survie de LCI, a pu définitivement écarter vendredi le plan de 148 suppressions de postes qu'il prévoyait en cas de refus du CSA.
La menace serait désormais du côté de BFMTV où Alain Weill a prévenu que son entreprise va "devoir s'adapter au nouveau paysage, aux nouveaux équilibres" et "sans doute réduire les coûts". Il va devoir se mettre à une gestion saine de bon père de famille. Alain Marschall, Jean-Baptiste Boursier, Jean-Jacques Bourdin et Ruth Elkrief devraient pouvoir sans dommages consentir à des gels de salaires.
Dernièrement Weill avait chiffré  à "une centaine" les licenciements à BFMTV si LCI passait en gratuit, mais il se trouve que LCI embauche.
 
Reste que Catherine Nayl devra faire une véritable offre pour que le pluralisme fasse son arrivée dans l'information télévisée: les lecteurs pourraient apprécier. 

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