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mercredi 14 mai 2014

Lambert Wilson dénonce le racisme et la xénophobie séculaires des Français

"Les paroles de La Marseillaise sont racistes et xénophobes", affirme le saltimbanque

La sélection du futur maître de cérémonie lors du festival de Cannes n'est pas le fruit du hasard
Rouget de L'Isle interprète La Marseillaise,
chant patriotique et républicain
de la Révolution française (1792)
Les Wilson, père (acteur et metteur en scène progressistemort à ...Rambouillet, TNP et Festival d'Avignon, à la suite de Jean Vilar) et fils, sont connus pour leur engagement politique. 
La sélection du film polémique consacré à Grace de Monaco en ouverture du Festival de Cannes souligne le parti-pris de scandale de la très socialiste chaîne (cryptée et payante) Canal+ qui a la main mise sur la manifestation cinématographique.

Canal+ est envoyé le maître de cérémonie au front 
"Je me conforme trop aux désirs des autres", lâcha-t-il un jour, d'une voix douce, s'étonnant d'être érigé en porte-drapeau de l'homoparentalité. Très influençable, le fils de... a réagi à la polémique provoquée par la Garde des Sceaux de F. Hollande, Christiane Taubira: la Guyanaise indépendantiste a en effet insulté La Marseillaise", hymne national de la France, qualifiant son interprétation de "karaoké d'estrade", le jour malencontreux de la commémoration officielle de l'abolition de l'esclavage. 

La ministre de la Justice a délibérément refusé de le chanter  le samedi 11 mai et, selon L. Wilson, mardi 13 mai au micro de RTL, l'hymne national -vous en étonnerez-vous?- serait archaïque et violent.

VOIR et ENTENDRE le socialiste "xénophobe" François Hollande chanter  
les épouvantables paroles sanguinaires, d'un autre temps, racistes et xénophobes de la Marseillaise, à Nevers:

"Les personnalités officielles doivent la chanter", estime Giscard

Lambert Wilson est pour un changement des paroles
"Je suis extrêmement énervé que personne ne dise qu'il est temps de changer les paroles de La Marseillaise qui sont d'un autre temps." Six des quinze couplets sont écrits par Rouget de L'Isle en 1792 pour l'Armée du Rhin à Strasbourg, lors de la guerre de la France avec l'Autriche. 
Alors que lui échoue le rôle de lancer ce jour le 67e festival de Cannes, Wilson a débité sur RTL une tirade préparée (et écrite par Canal+ ?) sur le sujet: rien n'est "inutile" pour dynamiser un festival qui ambitionne de dépasser son rival de Berlin dans l'engagement internationaliste. 

L'acteur de 55 ans né à Neuilly-sur-Seine a rebondi sur la "polémique Taubira".
De Gaulle chantant
la  violence et la xénophobie
 
"Quand j'entends 'Qu'un sang impur abreuve nos sillons', je suis sidéré qu'on continue à chanter ça", s'est-il indigné, après bien d'autres au fil des ans. 

Lambert Wilson serait donc de ceux qui gardent le silence au moment où l'hymne retentit. Pour l'acteur du "Gendarme et les Extra-terrestres" ou de "Sur la piste du Marsupilami", les paroles de l'hymne national ne seraient plus adaptées et suscitent violence et xénophobie.

L'article 2 de la Constitution déclare que l'hymne national est La Marseillaise, de même que la langue de la République est le français, l'emblème national est le drapeau tricolore.
Mais "les paroles sont épouvantables, sanguinaires, d'un autre temps, racistes et xénophobes. La musique est fantastique. Il y a pas mal de paroles qui passent et certaines qui sont inécoutables", a-t-il estimé le très sensible acteur .

Que Christiane Taubira se fasse porter pâle si La Marseillaise la défrise 

La ministre de Valls a, quant à elle, tenté de se justifier sa bouderie en affirmant paradoxalement qu'elle ne souhaite pas chanter lorsque l'hymne national retentit lors d'un événement solennel. 

Si son ego surdimensionné fait obstacle à l'exercice "normal" de la fonction qui lui a été confiée -au nom du peuple-, si elle n'est pas en capacité d'assurer son rôle de représentante de la nation et d'accomplir sa mission  républicaine fixée par la Constitution, elle doit se démettre.   

"Les personnalités officielles doivent la chanter", estime Giscard

Selon l'ancien président de la République, les critiques adressées à Taubira (et B. Hamon) sont justifiées. Valéry Giscard d'Estaing  estime qu'une personnalité officielle n'a pas à avoir "d'opinions personnelles" et se doit d'interpréter "La Marseillaise" lors de cérémonies officielles."Ça n'est pas une polémique absurde". " C'est l'hymne national, il doit être chanté, estime l'ancien président de la République. Ce n'est pas une obligation protocolaire mais nationale". Valéry Giscard d'Estaing note par ailleurs que les Français, notamment les sportifs, ne chantent pas toujours l'hymne national. "C'est une question de culture, estime-t-il. Notre culture est républicaine mais elle doit être républicaine française. Donc quand il y a l'hymne national, tout le monde chante".

Monsieur Wilson junior ne serait-il pas en train de prendre la grosse tête, comme majordome du festival de Cannes?



jeudi 31 mai 2012

Les premiers faux pas du président Hollande

Laurent Gerra passe l'actualité en revue


Et c'est pas triste 


Les propositions de F. Hollande, Arnaud Montebourg et Dominique Strauss-Kahn pour la succession de Laurence Ferrari sur TF1
la chasse aux sorcières de Hollande dans la police d'après Charles Pasqua,
les législatives 2012 vues par Dominique Besnehard, depuis la rue de Solférino
ou le point de vue de Giscard d'Estaing sur les premières heures de Hollande au pouvoir ...

ENTENDRE les analyses de l'expert du paysage politique (RTL, le 31/5/2012): cliquer sur 'entendre"




ECOUTER, VOIR00:00:2600:10:21
Laurent Gerra | 31/05/2012 - 09h01

vendredi 19 août 2011

Le Président Giscard d'Estaing ne cède pas au catastrophisme de la gauche


La zone euro «n'est pas en danger», affirme l'ancien ministre des Finances de de Gaulle


Contredisant les propos partisans de Jacques Delors, le père de Martine Aubry, l'ancien président de la République estime que l'euro «n'est pas menacé» et que la rencontre Merkel-Sarkozy mardi, quoique «insuffisante», a été une «bonne chose».

La réaction est claire et nette
«Le cours de l'euro -1,43 pour un dollar -c'est un cours stable qui n'a pas bougé, l'euro n'est pas menacé », a asséné vendredi Valéry Giscard d'Estaing sur RTL, interrogé sur les propos de Jacques Delors qui avait estimé jeudi que l'euro et l'Union européenne étaient au bord du gouffre.

Selon VGE, il existerait toutefois «deux menaces».
D'une part, «le ralentissement de l'activité aux Etats-Unis et la crainte qu'ont les Américains d'une récession» et de l'autre, la «politique d'endettement particulièrement excessif» de l'Europe.

Il justifie la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, mardi
Il estime que c'est «une bonne chose»
parce que «l'Europe de la zone euro repose sur l'entente de deux grands pays, l'Allemagne et la France». «La direction qu'ils ont montré est la bonne», à savoir de «rétablir les équilibres dans les différents pays et en particulier chez nous» et «de dire que [les pays] de l'Europe de l'euro organisent ensemble leur politique économique».
«Mais ce n'est pas suffisant d'abord parce qu'il y a la durée. Il n'y a pas de mesures annoncées tout de suite», a-t-il souligné.

Les euro-obligations sont prématurés

Tir à l'arc politicien: suivez les flèches socialistes
:

Martine Aubry a regretté l'absence de proposition sur les eurobonds.
Laurent Fabius, qui soutient Martine Aubry dans sa campagne, a estimé que le chef de l'Etat s'était "couché" devant Mme Merkel: c'est une "faute majeure", a-t-il dit.

François Hollande
, a jugé que Nicolas Sarkozy avait fait, mardi, un "grand pas en arrière" en renonçant à l'instauration d'euro-obligations, lors de sa rencontre avec Angela Merkel.

Nicolas Sarkozy "s'est assis sur le porte-bagage de l'Allemagne", a renchéri Arnaud Montebourg.

"Rien sur la spéculation, rien sur les eurobonds, aucune solution concrète", a ainsi déploré Jean-Louis Bianco, soutien de Ségol'haine Royal, tous candidats à la primaire.

A la question de savoir s'il approuvait leur refus d'instaurer des euro-obligations, Valéry Giscard d'Estaing a estimé qu'on ne pouvait «pas le faire maintenant. Les gens qui disent ça disent des absurdités». Mais «il faut annoncer qu'on va le préparer, c'est ce que je me suis permis de recommander au président de la République», a-t-il souligné.

L'ancien Président de la République comprend que le Chef de l'Etat cherche à «rétablir» la confiance: «tant mieux. Il faut le faire par des annonces raisonnables, réalistes et qui s'inscrivent dans une certaine durée».


dimanche 27 février 2011

Nos responsables sont-ils seulement des obsédés politiques ?

DSK aurait "un truc qui fait crac boum hue" !

La « chose », exception sexuelle française ?

Alors-là, attention ! Tous les Français n'ont plus l'esprit gaulois...
Interdiction donc, pour évoquer les ardeurs du coq, de se référer au latin 'gallus' qui désigne à la fois le coq et le Gaulois, car cela pourrait aggraver notre cas: le latin ne prouve rien et les défenseurs de la diversité sont toujours à l'affût pour nous fustiger et nous stigmatiser à la suite des Rom... Voudront-ils bientôt nous les couper ?

Allons donc vite nous réfugier outre-atlantique

Le diplomate américain Henry Kissinger

Il nous ramène à la chose politique sans rompre avec l'autre et assure que "le pouvoir est l'aphrodisiaque absolu". Sans doute Raymond Barre en ferait-il douter, mais les politiques ressentent souvent le " syndrome du rocker " quand ils prononcent un discours. François Mitterand avait notamment l'impression de " faire l'amour à la foule " et Valery Giscard d'Estaing déclarait qu'il " était amoureux de 17 millions de Françaises " : pendant les discours, il cherchait toujours le regard des femmes. De Giscard, son premier ministre ne disait pas: « c'est le seul président dont on sait à peu près sûrement où il ne couche pas » .
Or, s'il est convenu d'affirmer qu'une femme de pouvoir effraie généralement les hommes, Edith Cresson se vécut en fait plutôt comme une usurpatrice à la fonction de premier ministre. Pareillement, il est le plus souvent admis que le " sex-appeal " d'un candidat est déterminant dans le vote des électrices, mais Lecanuet n'est-il pas retombé dans l'électorat avant d'atteindre le septième ciel politique ? Et l'infidélité des sondages de Désirdavenir Royal n'a-t-elle pas, par son échec, confirmé la saillie du président de l'UMP qui venait clore l'université d'été du Medef en 2006: " Une élection, ce n'est pas un concours de beauté " ?

Quelques indiscrétions françaises

Nous ne piperons mot ici de l'« affaire Lewinsky » qui valut au président Bill Clinton sa « Monicagate, ni des «affaires sexuelles» d'Al Gore, un autre démocrate US, car il faudrait citer des exemples sur le flanc Républicain, par souci d'équité et démontrer ainsi, d'une part que le sexe ne porte ni à droite ni à gauche, et d'autre part que ses 35 heures d'activité hebdomadaire ne plaident pas non plus en faveur de la prise en compte de sa pénibilité dans la pension de retraite de nos acteurs politiques.
Donc, pour nous rapprocher maintenant de l'Europe, évoquons toutefois les frasques à l'italienne du président du Conseil Silvio Berlusconi et l'affaire du « Rubygate ».

En France (métropolitaine !)

Le président Félix Faure, dont on a dit qu'il était plus célèbre par sa mort que par sa vie, mourut à l'Élysée en février 1899, à l'âge de 58 ans, dans les bras de sa maîtresse, Marguerite Steinheil dite « Meg », empoisonné par des dreyfusards (thèse reprise par Édouard Drumont (1844-1917) dans son journal La Libre Parole, un cachet empoisonné ayant été placé en effet parmi ceux que prenait le président).

On songe ainsi à Valéry Giscard d'Estaing qui convoitait la femme de Bokasa et que l'empereur a, dit-on, récupérée contre un diamant...
De plus, en 1974, un accident de la circulation impliquant le président Giscard, qui conduisait lui-même une voiture au côté d'une conquête, au petit matin dans une rue de Paris, avait fait les titres de la presse satirique.

A son tour, François Mitterrand, qui mena une double vie, peina-t-il à multiplier les liaisons entre 1981 et 1995, une fois arrivé à la présidence ?

Jacques Chirac était quant à lui surnommé « dix minutes, douche comprise », et ce hussard jouissait d'un solide appétit. Au milieu des années 70, Jacques Chirac vécut une aventure avec une capiteuse jeune reporter du journal Le Figaro. Elle se serait ensuite rabattue sur François Mitterrand... La directrice d'une galerie japonaise voisine de l'Elysée aurait suivi le même parcours. Ca crée forcément des liens entre rivaux !
Nul besoin de gagner leurs suffrages; ces dames adorent exercer leurs pouvoirs sur le pouvoir.

Le cas Royal est plus douloureux, voire tordu
On aurait attendu une affirmation convenue du type édifiant, « il faut être heureux en mariage pour faire carrière », mais elle déclara qu' "elle ne croit pas qu'il faut être malheureux en mariage pour faire carrière"... François Hollande, est allé tester la formule sous d'autres ciels de lits. Pour sauver ses attributs, à défaut de préserver ses droits à la course 2007 à l'Elysée, la queue entre les jambes, son compagnon a en effet laissé Sa Cynique Majesté Royal enfiler le pantalon et partir en campagne.
Mais puisqu'elle avait choisi de semer les graines de la discorde du féminisme, déclarant vouloir "mettre à bas le vieux modèle monarchique français", elle ne pouvait s'attendre à ne recevoir que des roses.
La présidente de Poitou Charente ne put donc éviter une contre-attaque de son propre concubin et la réponse à la menace fut taxée de machiste. Tandis qu'invité du "Grand Journal" de Canal + le mercredi 17 janvier 2007, le freluquet Arnaud Montebourg qualifiait François Hollande de "seul défaut" de la candidate socialiste, le camarade Laurent Fabius s'inquiéta en 2006 de savoir « Qui va garder les enfants ? », de François ou de sEGOlène.

Alors, faut-il avoir une grosse libido pour entrer en politique ou les hommes politiques tirent-ils toute leur puissance du pouvoir ?

Dans le prochain article, PaSiDupes « décryptera » la vie tumultueuse de Dominique Strauss-Kahn.
En sauront-nous plus ?

jeudi 2 septembre 2010

Le président Giscard d'Estaing appuie la politique de Sarkozy envers les Rom

Un camouflet pour la gauche entière, politique et médiatique

Valéry Giscard d'Estaing a apporté son soutien aux mesures décidées par Nicolas Sarkozy à l'encontre des Rom en situation irrégulière en France.

Sentence de l'ancien président de la République:
"Les mesures prises, à l'initiative du président de la République, concernant certains membres de la communauté rom en situation irrégulière dans notre pays (...) méritent d'être approuvées".

Ce membre du Conseil constitutionnel valide la régularité du renvoi des clandestins en Roumanie ou en Bulgarie. Elles "sont conformes aux règles en vigueur dans l'Union européenne et prennent en compte les intérêts des citoyens français", souligne-t-il dans une chronique parue jeudi dans Le Point.

Valéry Giscard d'Estaing insiste face à l'indécent matraquage de l'opinion par la presse engagée, dont on se demande si elle est plus stupide que mercantile ou moins humaniste que partisane,.

Les Rom en situation irrégulière, "citoyens d'un Etat démocratique membre de l'Union européenne", "n'ont aucun motif de se prévaloir du droit d'asile" qui concerne l'accueil de personnes "en danger dans leur pays, du fait des violences qui s'y déroulent ou des persécutions politiques mises en place par un régime totalitaire".

L'ancien chef de l'Etat met également en garde les media irresponsables

Il invite la presse à nous épargner les amalgames et donc "une confusion trompeuse entre le cas des Rom en situation irrégulière et celui des gens du voyage installés dans notre pays". Or, cette même presse qui prétend "décrypter" et commenter l'actualité, ne fait que nous manipuler, tout en servant l'opposition et en entretenant le marché de la presse.

Giscard rappelle leurs fondamentaux aux acteurs politiques

Sans mentionner les élus à l'humanisme populiste, ni les évêques et leurs curés aux prières impies, ni les laïcs récupérateurs des âmes perdues, l'ancien président de la République souligne que "les Rom en situation irrégulière sont des citoyens roumains qui ne respectent pas la réglementation européenne sur la durée des séjours".
Cette dernière, rappelle-il, est limitée à trois mois, pour laquelle la détention d'un passeport ou d'une carte d'identité européenne suffit. Au-delà, les intéressés doivent prouver qu'ils disposent d'un emploi ou de ressources régulières". Relire PaSiDupes

Giscard fustige les mauvaises intentions de l'opposition

Pour le cas où l'opinion manquerait de lucidité, l'ancien chef de l'Etat poursuit. "A moins de rechercher (..) à dresser l'opinion publique contre l'intégration européenne, la solution du problème ne peut pas résider dans un usage systématique et abusif du droit à la libre circulation".
Car, parmi les détracteurs de l'action gouvernementale, combien ne sont-ils pas également anti-européens ?

>"Les donneurs de leçon seraient mieux inspirés si, au lieu de reprocher aux pouvoirs publics français de mettre fin à des situations irrégulières, ils soutenaient les efforts du Parlement européen et du président roumain pour obtenir que la Roumanie se dote d'une justice et d'une police intègres, et pour qu'elle adopte une législation efficace de protection des droits des enfants", conclut-il.
Or, qui retrouve-t-on contre tout, le gouvernement français et l'Union européenne ?
En 2005, les partisans du "non" au référendum sur le projet de référendum n'étaient autres que le PCF (Marie-George Buffet), la LCR (Olivier Besancenot, NPA), le MPF, mais aussi des cadres et des minoritaires du PS, dont Laurent Fabius, Arnaud Montebourg, Jean-Luc Mélenchon, Marc Dolez ou Henri Emmanuelli et Benoît Hamon.
Plus dans PaSiDupes

Devoir de mémoire

Les zig zag de Sa Cynique Majesté Royal, suivis par Rue89

"Le nouveau traité sur l'Union Européenne méritait-il un référendum ?

Non, répond Ségolène Royal dans sa lettre du 3 novembre aux militants de Désirs d'avenir :

» Ce texte étant vraiment minimum, c'est une sorte de règlement intérieur qui permet de fonctionner notamment en prévoyant des décisions à la majorité (…), cela ne mérite pas un référendum. »

Oui, répond Ségolène Royal dans sa lettre du 7 novembre, quatre jours et quelques avoinées plus tard :

» On sait aujourd'hui que le référendum que j'aurais organisé si j'avais été élue n'aura pas lieu car Nicolas Sarkozy n'a pas la même conception de la démocratie que moi. Cette absence de référendum ne doit pas nous empêcher de prendre position pour avancer. »

Et elle prend soin d'ajouter :

» J'entends dire certains que j'ai changé d'avis sur le référendum. Ce n'est pas exact.
»"

Le problème de caténaire de Riton Emmanuelli (PS)

En mars 2005, le député des Landes, partisan du "non" au référendum, avait rappelé que les socialistes pouvaient se tromper.
A titre d'exemple, il avait jugé bon de citer la "majorité" des socialistes qui avaient voté "en 1940 les pleins pouvoirs" au maréchal Pétain. (lien Nouvel Observateur )

vendredi 18 juin 2010

Décès, ce 18 juin, du général Bigeard, figure du gaullisme et de l'Algérie

L'art et la manière du JDD: « Bigeard passe l'arme à gauche »

Le général Marcel Bigeard, grande figure du gaullisme et des guerres d'Algérie et d'Indochine, est décédé le jour du 70ème anniversaire de l'Appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle, ce vendredi matin, à l'âge de 94 ans, à son domicile de Toul (Meurthe-et-Moselle), sa ville natale, a annoncé son épouse Gaby. Il avait été hospitalisé à deux reprises aux mois de mars et de mai pour une phlébite.

Son parcours

Marcel Bigeard a la particularité d'avoir été appelé sous les drapeaux comme 2e classe en 1936 et d'avoir terminé sa carrière militaire en 1976 avec le grade de général de corps d'armée (quatre étoiles). Il est de plus considéré comme une des personnalités militaires les plus décorées de France. Ancien résistant, son nom reste associé aux guerres de décolonisation.


Parachuté dans l'Ariège en juillet 1944, il avait participé à tous les combats pour la Libération
dans la région.
Combattant de la Seconde guerre mondiale, des conflits d'Indochine et d'Algérie, son nom reste lié à la bataille de Dien Bien Phu.
Parachuté avec son bataillon de parachutistes coloniaux sur le camp retranché encerclé par le Vietminh, Bigeard avait participé aux combats jusqu'à la chute le 7 mai 1954 et avait été fait prisonnier.

Marcel Bigeard était notamment décoré de la grand'croix de la Légion d'honneur, de la Croix de guerre et de la Distinguished Service Order (GB). Il a publié une quinzaine d'ouvrages dont "Pour une parcelle de gloire".


Le président Valéry Giscard d'Estaing lui proposa le poste de secrétaire d'État à la Défense rattaché au ministre Yvon Bourges. Il occupa ce poste de février 1975 à août 1976, date à laquelle il remit sa démission.
Il fut député de Meurthe-et-Moselle de 1978 à 1981.

La presse de l'instant
L'Express et le Nouvel Observateur: « Décès du général Marcel Bigeard »
Chacun appréciera, comme il se doit, la différence entre ce titre neutre, mais respectueux, et celui du Journal du Jeudi, ci-dessus, ou encore celui, factuel et froid, de
Libération: « Le général Bigeard est mort ».

Plus sur le général Marcel Bigeard: lien

mardi 13 avril 2010

Bayrou perd Bernard Lehideux son directeur de cabinet

Un droitier fidèle abandonne son patron passé à gauche

Conseiller régional d'Ile-de-France (MoDem), ancien député européen et membre du Bureau exécutif national du MoDem le 29 juillet 2009, Bernard Lehideux (1944) a décidé d'abandonner la direction du cabinet de François Bayrou. Lire PaSiDupes
Ce choix est dicté par «des raisons personnelles» et pas du tout politiques, explique l'ancien président du groupe MoDem au Conseil régional d'Ile-de-France. Lire PaSiDupes

Parcours interrompu de droite à gauche

Bernard Lehideux fut l'un des fondateurs, dans les années 1960, des Jeunes républicains indépendants (JRI), mouvement de soutien à Valéry Giscard d'Estaing. Il fut responsable de plusieurs mouvements se réclamant de l'ancien président de la République: secrétaire national du Parti républicain, secrétaire général de la Fédération nationale des clubs Perspectives & Réalités, membre du Pôle républicain indépendant et libéral.

Chef de Cabinet de Michel Poniatowski, secrétaire général des Républicains indépendants (1969-1973), puis chargé de mission auprès de Michel d'Ornano, Secrétaire général des Républicains indépendants (1973-1976), il fut recasé pour deux ans au Conseil économique et social de 1979 à 1984, mais Mitterrand ne l'avait pas renouvelé.
Après l'élection présidentielle de 2007, il resta fidèle à François Bayrou et participa à ses côtés à la fondation du Mouvement démocrate et devint son directeur de cabinet.
En 2009, il s'était représenté aux élections européennes en Ile-de-France, en 2ème position sur la liste de Marielle de Sarnez, mais il n'a pas été réélu.

Ancien étudiant en droit à l'Institut catholique de Paris, Bernard Lehideux est le frère de Martine Lehideux, membre du Front National.

mercredi 30 décembre 2009

François Mitterrand, vu par Patrick Delpy

De quoi inspirer les Cambadélis, Huchon et autres Frêches et Royal
Le président François Mitterrand et Deng Xiaoping,
président de la République populaire de Chine (1978-1992)

En janvier 2006, Patrick Delpy (né en 1965) est vice-président (Asia Pacific) Alcatel-Lucent, Shanghai – Chine., nous livrait cet entretien sur son blog (Le Monde) :

Petit entretien avec moi-même sur François Mitterrand

Lu dans le Monde un entretien avec Marie Darrieussecq. Je reprends les questions de Raphaelle Bacqué et Ariane Chemin à Marie que j’adapte très légèrement et je me les pose:

Vous aviez 15 ans le 10 Mai 1981. Quels souvenirs en avez-vous gardé?
J’étais assis dans un fauteuil vert un peu en biais face à la télé en noir et blanc. Je me souviens de Jean-Pierre Elkabach à 20h00. C’était la première fois que l’informatique donnait les résultats d’une élection présidentielle en quelques secondes. Ma mère était là aussi. On retenait notre souffle. Lorsque les premier carrés gris sont apparus en haut de l’écran il était encore impossible de savoir si ce crane chauve était celui de VGE ou de Mitterrand. Puis on a vu: ma mère était accablée mais au même moment, dans la rue, sortis du silence on a commencé à entendre des hurlements de joies puis se furent les klaxons des voitures. C’était comme si tout avait basculé d’un coup.

Vous avez gardé les 2 images de ce jour – la liesse de la gauche, et la peur de la droite?
Pas exactement dans ces termes. J’ai plutôt compris la soudaine confrontation de 2 France qui se détestaient. Je me souviens des petits minets des jeunesses giscardiennes à la télé gesticulant et tapant du mocassin sur l’estrade avec leurs pulls lambswool en V sur les épaules. Je revois aussi la foule à la télé se dirigeant vers la Bastille. Mais ce que je garde vraiment en mémoire, c’est d’une part Mitterrand avec sa rose entrant dans un Panthéon désert, les commentaires ultra complaisants des journalistes et une certaine solennité puis le départ à pieds de VGE de l’Elysées sous les hurlements d’une foule enragée.
Ni peur, ni liesse, mais une France de salon qui à droite ruminait une défaite et promettait des lendemains de misère et une France de rues, haineuse, qui à gauche promettait de tout renverser.

Vous appartenez très exactement à la “génération Mitterrand”. Vous votez pour lui en 1988?
J’avais voté pour la liste de Lionel Jospin à Paris pour les législatives de 1986. Il me semblait que la stabilité des institutions imposaient, quoi qu’il en coûte, une nécessaire assemblée du même bord que le président. En 1988, je ne vote pas pour les présidentielles. J’avais déjà quitté la France. J’étudiais et je travaillais aux États-Unis. A ce moment là, en France, il n’y avait pas encore un seul ordinateur dans les écoles ni dans les universités. Aux US, les salles d’ordinateurs de tous les campus, étaient ouvertes 24/24. C’est exactement à ce moment là que j’ai pris conscience que la France avait décroché sur le plan économique et qu’on en reprenait pour 7 ans.

Et vous portiez la petite main des potes en pin’s…
Euh pas vraiment… Rien contre cependant mais tout simplement pas pour moi.

Naïf ou manipulé?
Justement ni naïf ni manipulé. C’est bien pour ça que je ne portais aucun signe extérieur d’appartenance à quoi que ce soit ni à qui que ce soit: ni un parti, ni une association, ni un club de foot.

Votre première déception a rencontré, en somme, l’évènement qui, “politiquement” vous a “ fait”.
Oui c’est vrai. J’ai été sidéré de voir qu’autour de moi, les vieux (c’est à dire les + de 50ans en 89) s’imaginaient, comme à Berlin ou Prague, que les soviétiques allaient intervenir avec les chars. Et donc, Mitterrand comme beaucoup d’autres français de sa génération sont restés prostrés face à la rapidité des évènements: je pense en fait qu’ils craignaient et les soviétiques en souvenir de la guerre froide et les allemands réunifiés en raison de la seconde guerre mondiale. Alors que pour tous les jeunes de ma génération “Mitterrand”, on parlait allemand, langue apprise en 2nde langue, on recevait des camarades allemands en échanges linguistiques dans nos classes et on avait appris à aimer énormément l’Allemagne (et les allemandes…) alors on a tous su, lorsque le mur s’est écroulé sous les marteaux des jeunes comme nous, que tout ça, devenait irréversible, que l’Allemagne redevenait une et que les soviétiques ne bougeraient pas.

Quelles ont été les autres déceptions?
L’absence complète de politique, la nomination d’Edith Cresson au poste de 1er ministre. Elle était maire de Chatellerault, c’est dire si je la connaissais, ayant vécu de 70 à 83 dans cette ville: une nullité notoire démontrée par la suite. Je crois qu’elle fut la cause de tous les effondrements qui ont suivi. Puis finalement une France en roue libre.
Mais comme pour Marie, c’est vrai que la photo à été la preuve des ambiguïtés de l’homme.

Vous faites allusion à la photo avec le secrétaire général de la police de Vichy. René Bousquet?
Oui. En fait ce n’est pas tant la photo qui me gêne. J’imagine que dans cette France marécageuse de la défaite de 1940 et des années noires, plus personne ne savait vraiment ou était le bien et le mal. Il fallait sauver sa peau. Mais là avec Mitterrand et sa francisque, il avait carrément franchi la ligne jaune. J’ai compris à ce moment là que tout son socialisme n’était que de circonstances, que tout était politique et que finalement c’était le sommet du pouvoir qu’il voulait, quel que soit le prix, quel que soit le chemin, quels que soient les moyens. Il a été un très grand homme politique parce qu’il n’a toujours eu que le pouvoir en tête. Le reste relevait de la stratégie de conquête.

Et vous avez pris vos distances…
Du recul plutôt sur l’homme mais aussi les politiques en général et le président de la république en particulier.

Vous vous êtes éloigné de François Mitterrand, mais pas des socialistes. (…)
J’ai de très bons amis socialistes. Et des membres de ma famille aussi. La conviction de certaines idées “socialistes” me fascinent. Fumantes mais fascinantes. Tous les progrès en France sont socialistes. Mais à quel prix!
Vous pouvez y aller, tous les intellectuels, les cinéastes, les acteurs et auteurs, les artistes en général, tout ce qui crée, tout ce qui a de la couleur et du reflet, tout ce qui a du buzz et qui fait rire, qui fait trembler les coeurs et arrache des larmes, tout ce qui est folie dans ce pays vient presque toujours du coté gauche. C’est comme ça. Et on en a besoin. Bon évidemment, il ne faut pas trop regarder la note, salée! Parce que le problème de fond, c’est qu’on voudrait que ça tombe du ciel. C’est parce que je ne crois plus au père Noël que je me suis éloigné des socialistes.
Car au même moment, quand les cigales chantaient en France, Margaret Thatcher reconstruisait l’Angleterre, Helmut Kohl faisait une grande Allemagne, Gorbatchev défaisait l’URSS presque en douceur, Reagan redonnait confiance à toute l’Amérique et Juan Carlos à toute l’Espagne. Alors Mitterrand à coté d’eux, c’est qui, dites-moi? Il a fait quoi de grand?

L’abonné du gaz que vous êtes s’est épanoui dans la fiction, comme beaucoup de votre génération…
Il faut une part de rêve mais hélas, la fiction je la laisse à Marie.. Elle est trop forte pour moi! Bisous Marie…

Pas d’envie de philosophie?
Si tous les jours. Dans mon business, on me dit souvent que je suis un intellectuel, voire même parfois que je suis un philosophe. Dans la jungle où j’évolue, je crois que la façon dont on me le dit me laisse penser que c’est perçu plutôt comme un défaut, mais ça me donne le recul nécessaire pour réfléchir et essayer de prendre de meilleures décisions. A tout prendre et avec le business en perspective je préfère être un “philosophe” qu’un “tueur”.

La “génération Mitterrand” serait une génération plus modeste que celle qui l’a précédée?
Cette “génération Mitterrand” dont j’ai la chance immense de faire partie est la première génération de toute l’histoire de France, depuis 2000 ans, à n’avoir jamais connu la guerre! Ce n’est pas rien… Celle juste avant la mienne mordait sur la fin de la seconde guerre mondiale, la guerre d’indochine et la guerre d’Algerie. Pour les autres: se référer à l’histoire de France. Alors au-delà de tous les discours philosophiques, au delà de toutes les littératures, au-delà de tous les progrès sociaux et la facture abyssale de toutes nos folies, la “Génération Mitterrand” est la première génération de Paix. Alors peut-on dire que ma génération est plus modeste parce que moins guerrière et moins ambitieuse dans ces combats? Est-ce modeste d’avoir gagné la paix? Alors oui Marie, tu as raison, sauvons l’histoire mais surtout Marie je t’en supplie, sauvons la Paix.

Vous vous souvenez de la mort de François Mitterrand?
Tout le monde attendait sa mort et en même temps on commençait à croire qu’il était immortel. Depuis longtemps déjà, il avait tout quitté mais son masque de cire semblait le protéger de tout.
Je ne me souviens pas du tout du jour ni du moment où la nouvelle fut annoncée. Ce jour là, j’étais totalement isolé sur une île paumée de l’Océan indien, sans télé, sans téléphone et sans journaux. Je pense que la nouvelle m’est parvenue plusieurs jours après sa mort. Quand je suis revenu en France, il était déjà enterré. En revanche je me souviens très bien de la messe à Notre-Dame avec tous les chefs d’état qui avaient fait le déplacement. C”est lors d’un moment comme celui-là que l’on comprend que la France reste encore un très grand pays très présent dans le cœur des hommes et l’âme des états et qu’elle sait encore toucher le ciel.

Au fond, avez vous de la sympathie pour François Mitterrand?
Non. Beaucoup de morts troubles entourent sa vie, beaucoup de coups tordus et machiavéliques l’ont fait accéder au pouvoir puis l’y ont maintenus.
L’homme ne m’est absolument pas sympathique. Mais demande-t-on à un chef d’état d’être sympa? Je ne crois pas qu’un chef d’État soit dans le business de la Sympathie. On n’est pas à Dysneyland! Et nous les abonnés du gaz, on n’est pas naïfs!

Est-ce un bon personnage de roman?
Fabuleux! Bien sur que oui et mille fois oui. Un homme qui est à la fois: un grand bourgeois, un grand catholique, un homme de combat, un ancien prisonnier de guerre évadé en plein hiver, un homme de tous les pouvoirs: d’extrême droite, de gauche, d’alliance avec les communistes, du centre pour finir par s’ancrer dans le socialisme, le chef de l’État Français resté le plus longtemps au pouvoir depuis Napoléon III, un amant prodigieux (soi-disant…), un bigame avec Mazarine en legs pour les générations futures, un homme de tous les secrets, de toutes les écoutes, de tous les pouvoirs, un écrivain et un homme qui portait si bien le chapeau noir… est un immense personnage de roman.

Vous éprouvez une forme de nostalgie?
Aucune. Revenir en arrière? Vous imaginez l’horreur? Se reprendre des années de cohabitation? Edith Cresson? Les nationalisations? Le contrôle des changes?
Si il y a quand même un truc que je regrette et que Mitterrand faisait très bien: il construisait la France ( on ne regarde pas la note!): les autoroutes, les lignes TGV, le grand Louvre, les colonnes Buren, la TGB, Bercy, l’Opéra Bastille (je n’aime pas mais bon affaire de goût…), la grande Arche. Ça fait beaucoup et j’en oublie! Mais finalement beaucoup moins que Napoléon III en juste 6 ans de moins…

Pas un homme pour le XXIème siècle?
Pour moi, Mitterrand, c’est plutôt un personnage digne d’Alexandre Dumas, voire de Chateaubriand…
Et vous vous proposez qui pour le XXIème siècle?

Et en juillet 1940, qui Cambadélis et Huchon auraient-ils proposé, après la débâcle de juin, à la place du
vice-président du Conseil dans le gouvernement de Paul Reynaud, démissionnaire, le maréchal Pétain ?

Ajoutons quelques éléments sur le mythe résistancialiste

Ce mythe a été développé surtout par les gaullistes et les communistes, selon lesquels les Français auraient unanimement et naturellement résisté depuis le début de la Seconde Guerre mondiale.

La fameuse lettre de Guy Môquet illustre bien ce mythe : Guy Môquet, fils d’un député communiste emprisonné après la déclaration de guerre à l’Allemagne, est arrêté en octobre 1940, alors qu’il distribue des tracts clamant « Nous avions raison ! » ou encore « Libérez Môquet ! ». En effet, à l'automne 1940, le pacte germano-soviétique n’est pas rompu et les communistes français réclament aux autorités allemandes l’autorisation de faire reparaître L’Humanité qui avait été interdit par le gouvernement français en 1939. Guy Môquet est fusillé par les Allemands le 22 octobre 1941, en représailles après l’assassinat d’un commandant allemand. Mais cela ne fait pas de lui un résistant… Lire PaSiDupes
Pourtant, après la guerre,
le parti communiste français, qui veut faire oublier le pacte germano-soviétique, transforme Guy Môquet en héros de la résistance française. Lire PaSiDupes

vendredi 20 novembre 2009

Le Conseil Européen a un président permanent: Herman Van Rompuy

Catherine Ashton devient Haut représentant pour la diplomatie
Les premiers dirigeants de l'Europe

Les Vingt-Sept états membres de l'Union Européenne ont nommé le Premier ministre belge Herman Van Rompuy 1er président permanent du Conseil Européen et la Commissaire britannique au Commerce Catherine Ashton au poste de Haut représentant aux Affaires Etrangères.
Ils formeront un triumvirat à la tête de l'UE avec le Portugais José Manuel Barroso, qui a été reconduit en septembre pour cinq ans à la tête de la Commission Européenne.

Le Français Christian de Boissieu, reste le Secrétaire Général du Conseil Européen pour deux ans encore, ont ajouté jeudi soir le Premier ministre britannique Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy. C'est un universitaire et économiste né en 1947

Qui sont-ils ?


  • Herman Van Rompuy

    Herman Van Rompuy est un chrétien-démocrate, néerlandophone de 62 ans, considéré comme efficace et discret par ses compatriotes. Il sera la voix de l'UE pour les sommets internationaux plutôt que pour les discussions communautaires.

    "Il joue un rôle important depuis près de 30 ans en Belgique, à la tête du parti démocrate-chrétien et flamand (CD&V), puis comme ministre du Budget et enfin comme Premier ministre. Mais c'est normal que les Européens ne le connaissent pas encore, c'est d'abord un homme de l'ombre", explique Pierre Havaux, journaliste à l'hebdomadaire Le Vif/L'Express.

    Ce choix de Van Rompuy n'est pas très étonnant
    Il aurait été très difficile de nommer un leader avec une personnalité politique plus forte, comme Tony Blair on Jean-Claude Junker. Ces personnalités, dont les noms ont circulé, ont d'ailleurs suscité de vives oppositions parmi les Etats-membres. Il se pose en facilitateur discret, en coordonnateur. Or, puisque nous ne sommes pas dans une union fédéraliste, on s'en tient à la lettre du traité de Lisbonne. Il ne devrait pas surprendre les Vingt-sept à l'inverse d'un Tony Blair ou d'un Nicolas Sarkozy qui avait mis ses partenaires devant le fait accompli en allant en Géorgie et en Russie, mais il est vrai que le conflit avait éclaté pendant la présidence française...

    A Bruxelles, Herman Van Rompuy est le "Sphinx"
    "Il ne se répand pas dans les media, il y est allergique! Ne vous attendez surtout pas à des déclarations flamboyantes... Mais ne vous y trompez pas, c'est un faux mou doté d'un humour cynique. Il a le sens du compromis, c'est dans ses gênes, il est Belge", ajoute le journaliste politique. Ce goût pour l'équilibre lui viendrait-il de sa passion pour les haïkus japonais?
    Rien ne dit qu'en deux ans et demi, voire en cinq ans s'il est reconduit dans ses fonctions, il n'acquière pas davantage d'épaisseur et de charisme.

    Ajoutez à cette savante alchimie une dose de lucidité
    "Il sait parfaitement qu'on l'a choisi pour déminer le terrain et arrondir les angles, surtout pas pour faire de l'ombre à des figures comme Nicolas Sarkozy. Ca ne le dérange pas". Et vous obtiendrez le candidat idéal pour le poste européen dont les contours restent encore à définir.

    La Belgique devra renoncer à ce Premier ministre tactique, discret, malin et philosophe qui a su concilier les intérêts des Flamands et des Wallons, à défaut de les réconcilier durablement.
    S'il reste à Bruxelles, il devra quitter les fonctions de Premier ministre qu'il occupait depuis un an, après la démission d'Yves Leterme, fin 2008. Dans ces habits, il avait su "sortir son pays d'une situation délicate et douloureuse, concilier Flamands et Wallons", souligne Clémentine Forissier, rédactrice en chef d'Euractiv, site d'informations sur l'Europe. "Sans lui, cela va être compliqué... »

    Malgré les gaffes qui lui collent à la peau (La Marseillaise chanté à la place de La Brabançonne, des moments d'inattention répétés, etc.), il est plutôt bien perçu par ses compatriotes. C'est vraiment une lourde perte pour la Belgique".
  • Catherine Ashton

    Catherine Ashton devra présider les conseils des ministres des Affaires étrangères. Elle sera également vice-président de la Commission et devra à ce titre être confirmé par le Parlement. Selon le traité de Lisbonne, le Haut représentant aux Affaires Etrangères "représente l'Union Européenne pour les matières relevant de la politique étrangère et de sécurité commune, il conduit au nom de l'Union le dialogue politique avec les tiers et exprime la position de l'Union dans les organisations internationales et au sein des conférences intergouvernementales".
    En tant que vice-présidente de la Commission, Lady Ashton aura la lourde tâche de coordonner les commissaires associés de près ou de loin aux relations extérieures (commerce, développement, voisinage). Elle présidera les réunions des ministres des Affaires Etrangères et elle sera chargée de créer le service diplomatique européen, appelé à devenir l'un des plus importants du monde.

    A 53 ans, elle n'a pourtant jamais été ni élue ni ministre.
    Mais c'est négliger qu'en mai 2007, la baronne Ashton, anoblie en 1999, est nommée sous-secrétaire d'État au ministère de la Justice, un poste qu'elle ne gardera certes pas longtemps, car en devenant premier ministre, Gordon Brown la nomme présidente de la Chambre des Lords, chambre haute du Parlement, en charge des Relations du gouvernement avec cette assemblée.

    Sa nomination au poste de haut représentant pour les Affaires Etrangères de l'U.E. était loin de paraître évidente, et David Miliband, ministre britannique des Affaires Etrangères, paraissait mieux placé. Mais elle a pour elle d'être une femme à l'heure de la parité et de centre gauche, deux critères qui avaient leur importance dans la nouvelle organisation de l'Europe. "Jugez-moi sur ce que je ferai", a lancé, jeudi soir, la nouvelle patronne de la diplomatie européenne. Lorsque, en octobre 2008, Gordon Brown, le premier ministre britannique, a rappelé à ses côtés Peter Mandelson, le choix de Mme Ashton pour lui succéder au poste de commissaire européen au commerce avait déjà suscité l'étonnement, car elle ne s'y connaissait pas dans ce domaine.

    La baronne Catherine Ashton fut envoyée à Bruxelles pour devenir commissaire européen au Commerce, succédant à Peter Mandelson, rappelé au gouvernement l'année dernière par Gordon Brown. En un an, Mme Ashton a toutefois fait sa place à Bruxelles où elle est apprue sur l'avant-scène en paraphant, fin septembre, un accord de libre-échange avec la Corée du Sud. "Toujours affable et souriante, elle soigne le contact humain et sait écouter", dit l'un de ses proches. "Elle ne cherche pas à passer en force, contrairement à son prédécesseur, Peter Mandelson", glisse un de ses collègues.
    Ces dix dernières années, à sa manière discrète, la baronne Ashton n'a jamais été très loin du pouvoir politique. "Cathy était dans les réseaux de Blair très tôt. Elle l'a aidé quand il a créé le New Labour", explique Denis MacShane, ancien ministre aux affaires européennes de Tony Blair. En 1999, Tony Blair, alors premier ministre, la nomme à la Chambre des Lords. Cela lui permet par la suite de devenir sous-secrétaire d'Etat puisqu'au Royaume-Uni, on ne peut être membre de l'exécutif sans avoir un siège à Westminster. Si elle avait voulu être ministre de Tony Blair, la baronne Catherine Ashton of Upholland aurait dû passer l'épreuve des urnes. Elle n'a jamais tenté l'aventure.

    Economiste et engagée
    Pendant ces années-là, elle s'est surtout consacrée à des questions d'éducation, de promotion de la diversité, de santé et de libertés publiques, sujets auxquels elle s'est intéressée dès le début de sa carrière. Après des études d'économie et deux ans au sein d'une association de lutte contre le nucléaire, la jeune femme a dirigé pendant six ans une oeuvre caritative du prince Charles, qui mobilise les entreprises pour promouvoir des actions sociales.

    Proche de T. Blair, Lady Ashton l'est moins de Gordon Brown
    Pourtant, c'est ce dernier qui lui a ouvert la voie européenne en la nommant présidente de la Chambre des Lords, en 2007. Elle avait pour mission de s'assurer que ses pairs adoptent le traité de Lisbonne. "Elle a été le meilleur président de la Chambre des Lords que le Labour ait jamais eu. Et quand on réussit à ce poste, il n'y a aucune raison de rencontrer des difficultés avec des ministres des affaires étrangères", juge M. MacShane.

    Sa nomination est un cadeau de consolation pour Londres
    Le premier ministre britannique Gordon Brown était très attaché à la candidature de Tony Blair. Conscient que cette nomination ne passerait pas, Nicolas Sarkozy lui a retiré son soutien et le gouvernement travailliste britannique soutint alors la candidature de Catherine Ashton. Il fallait contenter les Britanniques et les travaillistes... Il reste qu'elle n'est pas rompue à la diplomatie. Elle se trouvera pourtant à la tête d'un nouveau service diplomatique de quelque milliers de personnes.


    Réactions étrangères

  • Gordon Brown s'est particulièrement félicité du choix de Catherine Ashton, membre de son parti travailliste, qui devient ainsi "la première femme à un poste aussi important" de l'UE. Son élection "prouve que la Grande Bretagne est au coeur de l'Europe", s'est-il réjoui.

    Réactions françaises

  • Hommes d'état
    - Au cours d'un point presse, le président français a jugé le choix du chrétien-démocrate belge "excellent" louant un "homme profondément européen" qui "vient d'un pays fondateur de l'Union Européenne". "C'est un homme habitué aux compromis au bon sens du terme, qui est la base du fonctionnement européen", a souligné Nicolas Sarkozy.

    - Les Vingt-Sept "n'ont pas fait le choix d'un (George) Washington" pour l'Europe, mais d'un homme "aux qualités de conciliateur", souligne l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing.
    A propos maintenant du poste de Haut représentant pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité de l'UE, l'ex-président s'étonne qu'il soit revenu à la Britannique
    Catherine Ashton "en raison des orientations mêmes de la diplomatique britannique, pro-américaine, et engagée fortement dans la guerre en Irak et en Afghanistan".
    Si le président et le Haut représentant "ont des champs d'action différents", au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement pour l'un, des ministres des Affaires étrangères pour l'autre, "
    l'objectif à atteindre est que l'Europe s'exprime d'une seule voix avec une position unique aux Nations unies, sur les grands conflits mondiaux ou sur l'évolution de la planète", note VGE.
  • L'opposition
    Socialistes, Verts et centristes critiquent l'élection d'Herman Von Rompuy à la présidence du Conseil européen. Ils estiment que le Belge manque de poids politique.

    - Pour
    Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS à l'Europe et aux questions internationales, la sentence est politique : "La main de Sarkozy et Merkel dans la désignation de Van Rompuy [...] a atteint son but: banaliser la présidence de l'Europe", écrit-il sur son blog. Pour lui, "il n'est pas certain que l'Europe en sorte grandie ou gagne en efficacité, voire en visibilité". Premier jugement subjectif et partisan. D'autres ?

    - L'ancien Premier ministre socialiste
    Michel Rocard en rajoute sur France Inter et juge que les 27, par cette désignation, veulent "préserver leurs territoires et empêcher que l'Europe devienne une entité capable de faire vraiment de la politique à leur place". "M. Van Rompuy est probablement un homme charmant" mais "le président de l'Europe doit être quelqu'un qu'on a vu au travail depuis 15 ans ou 20 ans avant et qu'on connaît" dit-il encore.

    - Au MoDem, même mécontentement
    Selon son président François Bayrou, invité sur Canal+, Herman Van Rompuy "a été choisi pour ne faire d'ombre à personne", un homme qu'il estime "effacé et inconnu sur la scène politique européenne". Le leader centriste préférait Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Luxembourg qui "correspond au profil", selon lui, à la différence des 27.
    "J'espère de toutes mes forces qu'[Herman Van Rompuy] va faire mentir ce pronostic-là, j'espère de toutes mes forces qu'il va se révéler et qu'il va être le contraire de l'exécutant effacé qu'on voudrait qu'il soit" rajoute-t-il toutefois.
    Il plaide également pour l'élection du Président du Conseil européen au suffrage universel: "cette manière de désigner le président de l'Europe dans les antichambres, en secret, par des tractations, ça ne va pas".


    - Pour Cohn-Bendit, "l'Europe a atteint le fond"
    Pour le Verts Daniel Cohn-Bendit, avant que le président ait posé un premier acte, "l'Europe a atteint le fond" avec la présidence de Van Rompuy. "Ce qui est bien, c'est que nous n'avons plus devant nous que des bonnes surprises. Les choses ne peuvent que s'améliorer", ironise l'amer eurodéputé.
    "Après avoir nommé un faible président de la Commission européenne (Manuel Barroso), ils ont désormais nommé un président du Conseil falot et une Haute représentante insignifiante (Catherine Asthon)", explique-t-il. Et c'est sans explication: à la tête du client... Pour lui, "les chefs d'Etat et de gouvernement ont poursuivi leur politique d'affaiblissement des institutions européennes". Toujours aussi "lamentable", Dany-le-Rouge conspue vingt-sept états d'un coup.

    - Harlem Désir, eurodéputé socialiste:
    Il faut se croire supérieur pour oser lâcher sur France Info: "C'est une nomination au rabais. C'est une mauvaise décision", regrettant que le choix se porte plus sur "un technicien qu'un politique", parlant du Premier ministre belge avec le respect qui est dû à tout un peuple.
    "Quand on voit ce qui se joue aujourd'hui à l'échelle internationale, on aurait besoin que les chefs d'Etat et de gouvernement acceptent l'idée qu'il puisse y avoir une voix forte, une incarnation de la position européenne, que l'on cesse d'avoir 27 positions (...)". Et au PS, la Ch'tite Aubry est tellement forte que, de son propre aveu, elle "ne lit rien" et "ne comprend rien" !
    Il faudrait "une personnalité qui incarne une vision, qui puisse porter une position européenne, quitte à bouculer les chefs d'Etat et de gouvernement", a imaginé l'eurodéputé avant d'estimer que ce choix n'est pas celui de "l'Europe dont on a besoin pour entrer dans ce XXIe siècle." Etait-il candidat ?
    Il regrettait aussi ce matin que la britannique soit trop peu connue.
    L'est-il lui-même assez pour se permettre ce jugement ?

  • La majorité
    Les avis sont plus nuancés à droite.

    Le président Sarkozy a estimé que la presse, qui présente Herman Van Rompuy comme "fade" et "sans relief" le "juge sans connaître": "C'est l'une des plus fortes personnalités autour de la table", a-t-il affirmé.

    - L'eurodéputé UMP Joseph Daul, également président du groupe PPE au Parlement européen, affirme qu'avec la désignation de Van Rompuy, le PPE "est ainsi conforté dans sa position de première famille politique en Europe".

    - Jean-Marie Cavada, eurodéputé Nouveau Centre:
    "Van Rompuy est un homme qui a la réputation d'être très rigoureux, même très exigeant, voire un peu autère, ça ne fera pas de mal à quelques dérives européennes s'il met de l'ordre dans la maison", a-t-il estimé sur France Info.
    "Sa réputation est plutôt bonne, même si ce n'est pas un homme médiatiquement très connu, mais ça n'est pas très grave. Après, nous verrons dans ses premiers actes s'il est capable d'établir un profil de personnalité qui met la fonction de président de l'Union au niveau où nous l'attendons tous".

    Réactions étrangères

    - Pour le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, M. Van Rompuy fera un excellent président. « Nous avons cherché des personnes capables d’instaurer une continuité, capables de nous unir, d’être la voix de l’Europe, son visage et sa présence dans le monde. Je pense que nous y sommes parvenus »

    - Le président français Nicolas Sarkozy a quant à lui déclaré: "J'ai toujours pensé qu'il fallait un président fort. D'autres solutions avaient été envisagées, notamment celle de Tony Blair, mais je suis persuadé qu’Herman Van Rompuy pourra négocier, portera fièrement le drapeau de l'Europe". « Ce n'est pas du tout un choix par défaut», a-t-il ajouté.

    - Le britannique Gordon Brown a salué le sens du consensus d'Herman Van Rompuy et son intégrité "au-dessus de tout soupçon" M. Blair aurait fait un excellent président mais (..) le Parti populaire européen avait exigé le poste".

    - La chancelière allemande, Angela Merkel, qui tenait fermement avec Paris à la nomination du Belge s'est félicitée. Les interlocuteurs des Vingt-Sept, qu'il s'agisse des Etats-Unis, de la Russie ou de la Chine "sauront appeler celui dont ils savent qu'il parle au nom de l'Europe", a-t-elle déclaré. Au sujet de Catherine Ashton, la chancelière allemande s'est contentée d'indiquer qu'elle était "une personne très capable et qui a tout ce qu'il faut pour se charger de ce travail".

    - Le premier ministre bulgare, Boyko Borisov, qui sera le premier à accueillir le Président Herman Van Rompuy en visite officielle a déclaré à l’agence de presse bulgare : « La nomination d’Herman Van Rompuy et de Catherine Ashton est une bonne chose pour la Bulgarie et pour l’UE ».

    - Les Etats-Unis
    se sont félicité de la nomination des deux nouveaux responsables. Leur désignation coïncide avec la mise en œuvre du traité de Lisbonne. Ces éléments sont la promesse d'un "partenariat renforcé entre l'Europe et les Etats-Unis", a indiqué la maison blanche.

    - Pour Joseph Daul, président du groupe PPE
    , le groupe "est ainsi conforté dans sa position de première famille politique en Europe".
    "Mon Groupe attend maintenant de Catherine Ashton et Herman Van Rompuy qu'ils se montrent forts eux aussi, chacun à son niveau, au service de l'intérêt général européen"

    - Le président du groupe socialiste au Parlement européen,
    Martin Schulz s’est montré optimiste quant à la nomination de Catherine Ashton : « En tant que commissaire au commerce, elle a acquis de l'expérience dans des négociations internationales très complexes ».

    Le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, a estimé «qu’il aurait été impossible d'avoir un meilleur choix ». Cette désignation est un véritable «hommage à la Belgique". La nomination de Catherine Ashton est tout aussi forte sur le plan symbolique, a-t-il ajouté, jugeant qu'il est "tellement important que la Grande-Bretagne reste au coeur du projet européen".