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mardi 30 mai 2017

MoDem: Bayrou, Goulard, Arthuis ou Cavada ont couvert l'affaire de l'assistant parlementaire de Sarnez

Visée par une enquête, Sarnez porte plainte

L'actuelle ministre des Affaires européennes de Macron au gouvernement Philippe est suspectée par le Parquet de Paris

A la différence de Richard Ferrand qui bénéficie de protections au plus haut niveau, le bras droit de François Bayrou est soupçonnée d'"abus de confiance" lorsqu'elle était eurodéputée. Après l'opération immobilière de Richard Ferrand, c'est la ministre Marielle de Sarnez qui se trouve au coeur d'une enquête préliminaire. Actuellement ministre des Affaires ...européennes, elle  se défend farouchement de toute irrégularité.

Marielle de Sarnez, ministre des Affaires européennes du gouvernement Philippe voulu par le président Macron (En marche!), est soupçonnée par la justice française d'emploi fictif concernant son ex-attachée au Parlement européen rémunérée par l'UE pour un travail supposé pour son parti, le MoDem. 
Selon Le Parisien, celle qui se flatte de soutenir la loi de moralisation de vie publique est visée depuis le 22 mars par une enquête préliminaire du parquet de Paris pour "abus de confiance". Et pourtant nommée ministre du gouvernement...
De son côté, la ministre dément tout délit. Sur Twitter, elle a d'ailleurs annoncé avoir «saisi le procureur de la République d'une plainte en dénonciation calomnieuse contre Mme Sophie Montel [l'eurodéputée FN qui a signalé son cas]".



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D'après le quotidien, la ministre est la cible emblématique d'une enquête, comme 18 autres eurodéputés français, au même titre que des eurodéputés du Front nationale inquiétés pendant la campagne présidentielle de leur candidate, Marine Le Pen.

L'enquête intervient à la demande de l'eurodéputée Front national Sophie Montel

Cette élue frontiste a demandé à la justice de se saisir du cas de 19 eurodéputés de droite, de gauche et écologistes
, parmi lesquels Marielle de Sarnez, et d'une trentaine d'assistants. 
Une enquête similaire vise déjà certains des 24 eurodéputés FN, dont Marine Le Pen, accusés par le Parlement européen d'avoir versé frauduleusement des salaires d'un montant de près de cinq millions d'euros à des assistants parlementaires entre 2012 et 2017.

Dans un communiqué, M. de Saint Just confirme le SMS 
(qu'il date de 2013) saisi par le Parlement , disant l'intention de FN de faire des économies, mais en conteste l'interprétation et dénonce "une très grave diffamation".

C'est le contrat de Philippine Laniesse qui pose problème. 

Un contrat de travail validé par ...le Parlement, selon Sarnez



Marielle de Sarnez, députée MoDem d'Ile-de-France jusqu'à sa nomination au gouvernement, a affirmé lundi soir sur Twitter que le contrat de travail de son assistante parlementaire a été, "
comme celui de tous (ses) assistants, validé et approuvé par le Parlement européen, encadré par des règles européennes bien plus strictes que les règles en vigueur en France".


Cette assistante européenne basée en circonscription étant par ailleurs élue locale, conseiller régionale du MoDem, "sa situation a été déclarée et vérifiée par le Parlement européen", a ajouté Mme de Sarnez, qui assure que le travail en question "a été accompagné de rapports d'activité réguliers et consultables", rapporte Le Parisien. 

Philippine Laniesse, élue du 19e arrondissement de Paris, est née à Landerneau où son don d'ubiquité va faire du bruit... Située à 1.000 kms de Strasbourg et 10 heures de route, cette commune du Finistère est dans le département de Jean-Jacques Urvoas et ...Richard Ferrand.
 
Agée de 28 ans, elle est d'ailleurs la promesse du renouvellement de la vie publique, selon Macron et son allié Bayrou, patron du MoDem

Marine Le Pen ne fait que contre-attaquer dans l'affaire des assistants parlementaires

Au lendemain de la présidentielle, le Front national a engagé deux procédures distinctes auprès de l'Olaf (Office européen de lutte contre la fraude) et du Parquet national financier (PNF). Cette démarche concerne une quarantaine d'assistants parlementaires associés à une trentaine d'eurodéputés français représentant divers courants politiques.

L'objectif du FN est de faire respecter le "principe d'égalité de traitement". 
Le parti de Marine Le Pen souhaite que des "enquêtes préliminaires", des "perquisitions" et des "convocations d'élus" soient réclamées, au même titre que les procédures engagées à son encontre. De manière discriminatoire, la présidence du parlement européen avait en effet alerté l'Olaf et la justice française après avoir jugé que la fonction d'assistant parlementaire européen est incompatible avec d'autres fonctions hors du parlement. "En toute logique, le même traitement devrait s'appliquer à l'ensemble des députés," espère-t-on au FN.

Convoquée par la justice, Marine Le Pen - en campagne présidentielle - avait refusé de se rendre séance tenante à la convocation du juge et proposé de le rencontrer plus tard, après les élections, au nom de son immunité parlementaire de députée européenne. Elle avait fait valoir qu'elle n'avait pas à se soumettre au calendrier judiciaire en pleine période électorale.

Par leur silence, les élus du MoDem se sont rendus complices

"Il faut lever le doute sur cette dénonciation du FN calomnieuse", juge Castaner
Alors que le président Macron a fait notamment campagne sur le thème de la moralisation de la vie politique, cette affaire est très commentée.
Sur LCI, le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a cherché à minimiser cette enquête visant Marielle de Sarnez. Mais il souhaite que la justice aille au bout. "Il faut évidemment lever le doute sur cette dénonciation du FN, dont je suis convaincu qu'elle est calomnieuse", a-t-il préjugé. Bien que le FN qui en est à l'origine, soit lui-même visé pour les mêmes motifs par une enquête, "c'est quand même le Front national qui fait une lettre, s'est-il insurgé, avant d'évoquer, aussi  classiquement que facilement,  une époque lointaine, où "on avait des lettres anonymes; là au moins, elle est signée", notant aussi qu'à la suite de cette lettre "immédiatement, la justice européenne étudie cette demande", ce qui est "légitime", juge le porte-parole du gouvernement qui n'a pas hésité à rappeler, jugeant la démarche des juges démocratique, que la présidente du FN ne s'était pas rendue à leur convocation lancée en pleine campagne présidentielle. "Si Marielle de Sarnez était convoquée, elle s'y rendrait; c'est la vraie différence avec le FN", s'est-il risqué à avancer a priori, sans consulter l'intéressé. 

Florian Philippot ne cachait d'ailleurs pas sa satisfaction sur Europe 1. "Nous disons que ces cas ne sont pas illégaux, comme les nôtres ne le sont pas", a défendu le n°2 du FN, soulignant que "les foudres de la justice du parlement européen ne s'étaient abattues que sur le Front national". "Cela, a ajouté Philippot, ne préjuge pas du tout d'une culpabilité. Il n'y a rien d'illégal à faire travailler des militants comme assistants parlementaires. C'est même beaucoup plus sain".

Les collègues eurodéputés de l'élue MoDem ne pouvaient ignorer.
Sylvie Goulard (passée depuis à En marche!) était au MoDem au moment des faits reprochés. Elle est aujourd'hui ministre des Armées (et non de la Défense);Nathalie Griesbeck (qui supplée Jean-François Kahn qui lui cède sa place)
Jean-Luc Bennahmias;

Jean Arthuis est eurodéputé depuis 2004;
Jean-Marie Cavada siège aussi à Strasbourg depuis  2004;
Robert Rochefort : au cours de l'été 2016, Robert Rochefort est signalé par un agent de sécurité du magasin Castorama de Vélizy-Villacoublay pour, selon le journal Libération, s'être masturbé "à proximité d'enfants". Il est interpellé le 31 août pour exhibition sexuelle, condamné après avoir reconnu les faits reprochés, mais la peine n'est toutefois pas rendue publique...

Si la moralisation est en marche au MoDem, elle encore du chemin  à parcourir...

lundi 11 avril 2016

Mouvements citoyens, remèdes à la déchéance du pouvoir socialiste, d'ici la présidentielle 2017 ?

"Un projet politique doit partir du peuple," explique J.-M. Cavada, en faveur de la société civile

Six mouvements citoyens se sont fédérés ce lundi, pour aider à la désignation d'un candidat hors parti à la présidentielle.




Six mouvements citoyens se fédèrent pour organiser une "primaire des Français" et choisir un candidat hors parti pour la présidentielle de 2017. Ce mouvement s'appuie sur un site, laprimairedesfrancais.fr.


Les initiateurs sont Bleu Blanc Zèbre d'Alexandre Jardin -fils de Jean Jardin, dit le Nain Jaune, directeur de cabinet de Pierre Laval sous le régime de Vichy- qui ambitionne de tirer ses compatriotes vers le haut ("Notre pays a toujours été un État; il doit devenir une société adulte") et mouvement visant "à fédérer et unir la société civile dans l’action concrète au bénéfice de la population",

l'association La Transition de Claude Posternak, un communiquant (formateur au CELSA situé à Neuilly-sur-Seine, fondateur du site L'Important et président de la Matrice, agence de communication qui conseille des marques comme Citroën, EDF, ou Bjorg, et très officiel 'spin doctor' de l'ancienne patronne de Solférino, l'amère Aubry, lors de sa campagne primaire) qui reproche à François Hollande, ex-candidat "normal", de "se complaire dans un exercice monarchique du pouvoir" et qui s'écriait dès janvier 2016: "On n’est ni de droite, ni de gauche. On n’a rien à foutre",

Cap 21 de Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement (1995-1997) qui apporta son soutien à François Bayrou, candidat centriste,

Nous citoyens de Nicolas Doucerain, (fondé par Denis Payre), créateur de son propre mouvement, "entreprendre pour la France", pour proposer un programme de renouveau 
pour la France, "libéral pour l’entreprise, social pour l'homme", 

Le Pacte civique animé par Jean-Baptiste de Foucauld, haut fonctionnaire septuagénaire, ancien Commissaire au plan, fondateur et président d'associations, spécialiste notamment des questions d'emploi, de lutte contre le chômage et de solidarité,

et Génération citoyens de Jean-Marie Cavada, ci-dessous, ex-tête de liste UDF aux Européennes 2004 et membre de l'équipe de campagne rapprochée du candidat à l'élection présidentielle 2007, François Bayrou (proche d'Alain Juppé pour 2017), qui s'est entretenu avec l'hebdomadaire Le Point. Après 13 années d'engagement officiel en politique, le journaliste du service public jusque 1981 cherche à se dégager des partis. 

Le Point : Les mouvements citoyens se fédèrent. Quel est votre objectif ?
Jean-Marie Cavada : Le premier parti de France, ce sont les abstentionnistes. Le deuxième, les extrémistes (l'extrême droite, dont le fondateur, la présidente et ses amis proches ne quittent pas le cabinet des juges [la justice politique ne lui pose pas de problème], ou alors pour un détour par Panama, et dont le secrétaire général vient d'être sanctionné pour tricherie au Parlement européen). Le troisième parti, ce sont tous les autres. 
Il y a eu deux ruptures en France : 1945 pour traiter [sic] l'épuration et moderniser le pays et 1958 pour se sortir des scandales politiques [instabilité chronique de la IVe République] et du bourbier algérien. La troisième rupture est en marche [comme dirait Emmanuel Macron] l'état jacobin est devenu impuissant, impopulaire et désormais indécis [l'effet Hollande !]. Le mépris vis-à-vis des partis et des leaders politiques s'est transformé en colère. 
Six mouvements citoyens ont décidé de se mettre au service des Français, à condition que ceux-ci montrent leur volonté de transformer cette colère en espoir d'avenir.

Pourquoi pensez-vous que les Français sont prêts à soutenir une initiative citoyenne ?
Près de 80 % des Français ne veulent pas qu'on leur rejoue le match de 2012, suivi, comme on l'a vu, d'un si lamentable spectacle de lois hors sol, d'engagements méprisés, de vantardise couardisée. Mais ils ne veulent pas non plus pérenniser la colère exprimée dans le vote Front national (74 % sont contre). Et, selon le dernier sondage Cevipof, il n'y a plus que 9 % de Français qui acceptent de faire confiance aux leaders politiques, à l'exception des maires de leurs communes qu'ils respectent à 70 %. 

Dans ces ruines, la leçon est double:
un projet politique doit partir du peuple, assure l'ex-journaliste et les mouvements citoyens doivent savoir être à son service, professionnaliser ses aspirations et les transformer en une rupture d'espoir pour l'avenir. Impossible ? Naturellement, non : nous croyons en l'élan populaire et dès maintenant attendons les citoyens sur www.laprimairedesfrancais.fr, notre place de la République positive à nous, selon l'ex-président de Radio France.

Si vous deviez résumer les cinq blocages majeurs de la France depuis quarante ans...

1) La France est sur-administrée
, donc pas administrée, par un État ventripotent, donc pathétique, qui n'inspire plus le respect.

2)
La France jacobine a été très utile pour reconstruire la richesse d'après-guerre, mais elle aurait dû être puissamment régionalisée après les mouvements de 1968 [facile à dire, après bientôt cinquante ans]. Et, comme elle est dirigée par une caste, certes bien formée, mais insupportablement monopolistique [le service public où il a fait sa carrière en est un parfait exemple], notre peuple ne peut pas respirer et il vaut mieux actuellement aller chercher son avenir inventif à Londres, en Asie ou aux Amériques : quelle faillite!  

3) Le modèle social ressemble à la France
: centralisateur, donc obsolète. 7 à 8 % des salariés seulement sont syndiqués, mais leurs états-majors parfois apparatchiks [très souvent, si on veut sincèrement faire tomber les tabous]  mettent le pays à genoux dès qu'on demande la transformation de tel ou tel statut. Au Danemark, 73 % du capital travail est syndiqué, mais ça marche. L'État doit se retirer des négociations sociales [mais les syndicats réclament constamment l'intervention de l'Etat] et se contenter de vérifier qu'on n'exploite pas les travailleurs. D'ailleurs, il est le dernier à appliquer dans ce domaine les lois qu'il nous édicte. Et à quel prix !

4) La France est le seul pays des 28 membres de l'UE dont le pouvoir exécutif véritable (le président) n'est pas responsable devant le Parlement
: quel spectacle archaïque et périlleux ! [C'est l'effet Hollande: supprimez la cause et vous assainissez la situation du même coup.]

5) On dit l'éducation "nationale", elle n'est même pas dans les banlieues alors qu'autrefois les hussards noirs l'ont fait pénétrer chez les montagnards les plus reculés. En parallèle, la justice est paupérisée [à vrai dire, Taubira l'a mise en faillite], sa lenteur défie la mémoire démocratique [les enquêtes de la justice politique ne manquent ni de moyens, ni d'effectifs...], les gouvernants l'ont souvent méprisée, donc il faut achever de la rendre indépendante et de la financer.

Que pensez-vous de En marche, le mouvement lancé par Emmanuel Macron ?
Ni mes amis, ni moi ne sommes des partisans : la réalité est notre doctrine, pontifie Cavada. Dès lors, comment ne pas voir la paralysie gouvernementale dans cette démarche du ministre des Finances, prince intelligent et libre mais assiégé dans le fortin socialiste qui a relevé sous son nez le pont-levis ? Il lui reste maintenant à faire couler l'huile bouillante sur tous les éléphants qui l'entourent et par tous les mâchicoulis qu'il trouvera. [Que de violence !]

A quoi aura servi le quinquennat de François Hollande ?
Un quinquennat qui commence par un mensonge ("Mon ennemi, c'est la finance") et qui en ajoute aussitôt un deuxième ("Moi, président…") ne peut que se solder par une majorité en miettes, et donc un gouvernement en capilotade. Regardez cette lamentable idée de déchéance de nationalité, écoutez ce triste débat sur la loi travail qui indiquai[en]t pourtant une bonne direction, mais qui se terminera en baudruche de 14 juillet : la République est à plat, le gouvernement est un cloud, le pays recule, pendant que nos concurrents avancent. Mitterrand a condamné le socialisme français parce qu'il n'a pas eu la volonté de faire le congrès de Bad-Godesberg. Hollande n'aura pas osé conduire la gauche vers une doctrine sociale-démocrate, bien qu'il soit un enfant de Jacques Delors. 
N'attendons plus des appareils politiques qu'ils remontent avec hauteur sur les besoins de la France: désuets ils étaient, claniques ils sont devenus, insignifiants ils risquent d'être. Le constater n'est plus suffisant. 
C'est pourquoi l'avenir doit être projeté par la conscience des citoyens. Nous ne vivons pas un épisode : c'est un battement profond de l'histoire qui nous attend.

vendredi 20 novembre 2009

Le Conseil Européen a un président permanent: Herman Van Rompuy

Catherine Ashton devient Haut représentant pour la diplomatie
Les premiers dirigeants de l'Europe

Les Vingt-Sept états membres de l'Union Européenne ont nommé le Premier ministre belge Herman Van Rompuy 1er président permanent du Conseil Européen et la Commissaire britannique au Commerce Catherine Ashton au poste de Haut représentant aux Affaires Etrangères.
Ils formeront un triumvirat à la tête de l'UE avec le Portugais José Manuel Barroso, qui a été reconduit en septembre pour cinq ans à la tête de la Commission Européenne.

Le Français Christian de Boissieu, reste le Secrétaire Général du Conseil Européen pour deux ans encore, ont ajouté jeudi soir le Premier ministre britannique Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy. C'est un universitaire et économiste né en 1947

Qui sont-ils ?


  • Herman Van Rompuy

    Herman Van Rompuy est un chrétien-démocrate, néerlandophone de 62 ans, considéré comme efficace et discret par ses compatriotes. Il sera la voix de l'UE pour les sommets internationaux plutôt que pour les discussions communautaires.

    "Il joue un rôle important depuis près de 30 ans en Belgique, à la tête du parti démocrate-chrétien et flamand (CD&V), puis comme ministre du Budget et enfin comme Premier ministre. Mais c'est normal que les Européens ne le connaissent pas encore, c'est d'abord un homme de l'ombre", explique Pierre Havaux, journaliste à l'hebdomadaire Le Vif/L'Express.

    Ce choix de Van Rompuy n'est pas très étonnant
    Il aurait été très difficile de nommer un leader avec une personnalité politique plus forte, comme Tony Blair on Jean-Claude Junker. Ces personnalités, dont les noms ont circulé, ont d'ailleurs suscité de vives oppositions parmi les Etats-membres. Il se pose en facilitateur discret, en coordonnateur. Or, puisque nous ne sommes pas dans une union fédéraliste, on s'en tient à la lettre du traité de Lisbonne. Il ne devrait pas surprendre les Vingt-sept à l'inverse d'un Tony Blair ou d'un Nicolas Sarkozy qui avait mis ses partenaires devant le fait accompli en allant en Géorgie et en Russie, mais il est vrai que le conflit avait éclaté pendant la présidence française...

    A Bruxelles, Herman Van Rompuy est le "Sphinx"
    "Il ne se répand pas dans les media, il y est allergique! Ne vous attendez surtout pas à des déclarations flamboyantes... Mais ne vous y trompez pas, c'est un faux mou doté d'un humour cynique. Il a le sens du compromis, c'est dans ses gênes, il est Belge", ajoute le journaliste politique. Ce goût pour l'équilibre lui viendrait-il de sa passion pour les haïkus japonais?
    Rien ne dit qu'en deux ans et demi, voire en cinq ans s'il est reconduit dans ses fonctions, il n'acquière pas davantage d'épaisseur et de charisme.

    Ajoutez à cette savante alchimie une dose de lucidité
    "Il sait parfaitement qu'on l'a choisi pour déminer le terrain et arrondir les angles, surtout pas pour faire de l'ombre à des figures comme Nicolas Sarkozy. Ca ne le dérange pas". Et vous obtiendrez le candidat idéal pour le poste européen dont les contours restent encore à définir.

    La Belgique devra renoncer à ce Premier ministre tactique, discret, malin et philosophe qui a su concilier les intérêts des Flamands et des Wallons, à défaut de les réconcilier durablement.
    S'il reste à Bruxelles, il devra quitter les fonctions de Premier ministre qu'il occupait depuis un an, après la démission d'Yves Leterme, fin 2008. Dans ces habits, il avait su "sortir son pays d'une situation délicate et douloureuse, concilier Flamands et Wallons", souligne Clémentine Forissier, rédactrice en chef d'Euractiv, site d'informations sur l'Europe. "Sans lui, cela va être compliqué... »

    Malgré les gaffes qui lui collent à la peau (La Marseillaise chanté à la place de La Brabançonne, des moments d'inattention répétés, etc.), il est plutôt bien perçu par ses compatriotes. C'est vraiment une lourde perte pour la Belgique".
  • Catherine Ashton

    Catherine Ashton devra présider les conseils des ministres des Affaires étrangères. Elle sera également vice-président de la Commission et devra à ce titre être confirmé par le Parlement. Selon le traité de Lisbonne, le Haut représentant aux Affaires Etrangères "représente l'Union Européenne pour les matières relevant de la politique étrangère et de sécurité commune, il conduit au nom de l'Union le dialogue politique avec les tiers et exprime la position de l'Union dans les organisations internationales et au sein des conférences intergouvernementales".
    En tant que vice-présidente de la Commission, Lady Ashton aura la lourde tâche de coordonner les commissaires associés de près ou de loin aux relations extérieures (commerce, développement, voisinage). Elle présidera les réunions des ministres des Affaires Etrangères et elle sera chargée de créer le service diplomatique européen, appelé à devenir l'un des plus importants du monde.

    A 53 ans, elle n'a pourtant jamais été ni élue ni ministre.
    Mais c'est négliger qu'en mai 2007, la baronne Ashton, anoblie en 1999, est nommée sous-secrétaire d'État au ministère de la Justice, un poste qu'elle ne gardera certes pas longtemps, car en devenant premier ministre, Gordon Brown la nomme présidente de la Chambre des Lords, chambre haute du Parlement, en charge des Relations du gouvernement avec cette assemblée.

    Sa nomination au poste de haut représentant pour les Affaires Etrangères de l'U.E. était loin de paraître évidente, et David Miliband, ministre britannique des Affaires Etrangères, paraissait mieux placé. Mais elle a pour elle d'être une femme à l'heure de la parité et de centre gauche, deux critères qui avaient leur importance dans la nouvelle organisation de l'Europe. "Jugez-moi sur ce que je ferai", a lancé, jeudi soir, la nouvelle patronne de la diplomatie européenne. Lorsque, en octobre 2008, Gordon Brown, le premier ministre britannique, a rappelé à ses côtés Peter Mandelson, le choix de Mme Ashton pour lui succéder au poste de commissaire européen au commerce avait déjà suscité l'étonnement, car elle ne s'y connaissait pas dans ce domaine.

    La baronne Catherine Ashton fut envoyée à Bruxelles pour devenir commissaire européen au Commerce, succédant à Peter Mandelson, rappelé au gouvernement l'année dernière par Gordon Brown. En un an, Mme Ashton a toutefois fait sa place à Bruxelles où elle est apprue sur l'avant-scène en paraphant, fin septembre, un accord de libre-échange avec la Corée du Sud. "Toujours affable et souriante, elle soigne le contact humain et sait écouter", dit l'un de ses proches. "Elle ne cherche pas à passer en force, contrairement à son prédécesseur, Peter Mandelson", glisse un de ses collègues.
    Ces dix dernières années, à sa manière discrète, la baronne Ashton n'a jamais été très loin du pouvoir politique. "Cathy était dans les réseaux de Blair très tôt. Elle l'a aidé quand il a créé le New Labour", explique Denis MacShane, ancien ministre aux affaires européennes de Tony Blair. En 1999, Tony Blair, alors premier ministre, la nomme à la Chambre des Lords. Cela lui permet par la suite de devenir sous-secrétaire d'Etat puisqu'au Royaume-Uni, on ne peut être membre de l'exécutif sans avoir un siège à Westminster. Si elle avait voulu être ministre de Tony Blair, la baronne Catherine Ashton of Upholland aurait dû passer l'épreuve des urnes. Elle n'a jamais tenté l'aventure.

    Economiste et engagée
    Pendant ces années-là, elle s'est surtout consacrée à des questions d'éducation, de promotion de la diversité, de santé et de libertés publiques, sujets auxquels elle s'est intéressée dès le début de sa carrière. Après des études d'économie et deux ans au sein d'une association de lutte contre le nucléaire, la jeune femme a dirigé pendant six ans une oeuvre caritative du prince Charles, qui mobilise les entreprises pour promouvoir des actions sociales.

    Proche de T. Blair, Lady Ashton l'est moins de Gordon Brown
    Pourtant, c'est ce dernier qui lui a ouvert la voie européenne en la nommant présidente de la Chambre des Lords, en 2007. Elle avait pour mission de s'assurer que ses pairs adoptent le traité de Lisbonne. "Elle a été le meilleur président de la Chambre des Lords que le Labour ait jamais eu. Et quand on réussit à ce poste, il n'y a aucune raison de rencontrer des difficultés avec des ministres des affaires étrangères", juge M. MacShane.

    Sa nomination est un cadeau de consolation pour Londres
    Le premier ministre britannique Gordon Brown était très attaché à la candidature de Tony Blair. Conscient que cette nomination ne passerait pas, Nicolas Sarkozy lui a retiré son soutien et le gouvernement travailliste britannique soutint alors la candidature de Catherine Ashton. Il fallait contenter les Britanniques et les travaillistes... Il reste qu'elle n'est pas rompue à la diplomatie. Elle se trouvera pourtant à la tête d'un nouveau service diplomatique de quelque milliers de personnes.


    Réactions étrangères

  • Gordon Brown s'est particulièrement félicité du choix de Catherine Ashton, membre de son parti travailliste, qui devient ainsi "la première femme à un poste aussi important" de l'UE. Son élection "prouve que la Grande Bretagne est au coeur de l'Europe", s'est-il réjoui.

    Réactions françaises

  • Hommes d'état
    - Au cours d'un point presse, le président français a jugé le choix du chrétien-démocrate belge "excellent" louant un "homme profondément européen" qui "vient d'un pays fondateur de l'Union Européenne". "C'est un homme habitué aux compromis au bon sens du terme, qui est la base du fonctionnement européen", a souligné Nicolas Sarkozy.

    - Les Vingt-Sept "n'ont pas fait le choix d'un (George) Washington" pour l'Europe, mais d'un homme "aux qualités de conciliateur", souligne l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing.
    A propos maintenant du poste de Haut représentant pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité de l'UE, l'ex-président s'étonne qu'il soit revenu à la Britannique
    Catherine Ashton "en raison des orientations mêmes de la diplomatique britannique, pro-américaine, et engagée fortement dans la guerre en Irak et en Afghanistan".
    Si le président et le Haut représentant "ont des champs d'action différents", au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement pour l'un, des ministres des Affaires étrangères pour l'autre, "
    l'objectif à atteindre est que l'Europe s'exprime d'une seule voix avec une position unique aux Nations unies, sur les grands conflits mondiaux ou sur l'évolution de la planète", note VGE.
  • L'opposition
    Socialistes, Verts et centristes critiquent l'élection d'Herman Von Rompuy à la présidence du Conseil européen. Ils estiment que le Belge manque de poids politique.

    - Pour
    Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS à l'Europe et aux questions internationales, la sentence est politique : "La main de Sarkozy et Merkel dans la désignation de Van Rompuy [...] a atteint son but: banaliser la présidence de l'Europe", écrit-il sur son blog. Pour lui, "il n'est pas certain que l'Europe en sorte grandie ou gagne en efficacité, voire en visibilité". Premier jugement subjectif et partisan. D'autres ?

    - L'ancien Premier ministre socialiste
    Michel Rocard en rajoute sur France Inter et juge que les 27, par cette désignation, veulent "préserver leurs territoires et empêcher que l'Europe devienne une entité capable de faire vraiment de la politique à leur place". "M. Van Rompuy est probablement un homme charmant" mais "le président de l'Europe doit être quelqu'un qu'on a vu au travail depuis 15 ans ou 20 ans avant et qu'on connaît" dit-il encore.

    - Au MoDem, même mécontentement
    Selon son président François Bayrou, invité sur Canal+, Herman Van Rompuy "a été choisi pour ne faire d'ombre à personne", un homme qu'il estime "effacé et inconnu sur la scène politique européenne". Le leader centriste préférait Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Luxembourg qui "correspond au profil", selon lui, à la différence des 27.
    "J'espère de toutes mes forces qu'[Herman Van Rompuy] va faire mentir ce pronostic-là, j'espère de toutes mes forces qu'il va se révéler et qu'il va être le contraire de l'exécutant effacé qu'on voudrait qu'il soit" rajoute-t-il toutefois.
    Il plaide également pour l'élection du Président du Conseil européen au suffrage universel: "cette manière de désigner le président de l'Europe dans les antichambres, en secret, par des tractations, ça ne va pas".


    - Pour Cohn-Bendit, "l'Europe a atteint le fond"
    Pour le Verts Daniel Cohn-Bendit, avant que le président ait posé un premier acte, "l'Europe a atteint le fond" avec la présidence de Van Rompuy. "Ce qui est bien, c'est que nous n'avons plus devant nous que des bonnes surprises. Les choses ne peuvent que s'améliorer", ironise l'amer eurodéputé.
    "Après avoir nommé un faible président de la Commission européenne (Manuel Barroso), ils ont désormais nommé un président du Conseil falot et une Haute représentante insignifiante (Catherine Asthon)", explique-t-il. Et c'est sans explication: à la tête du client... Pour lui, "les chefs d'Etat et de gouvernement ont poursuivi leur politique d'affaiblissement des institutions européennes". Toujours aussi "lamentable", Dany-le-Rouge conspue vingt-sept états d'un coup.

    - Harlem Désir, eurodéputé socialiste:
    Il faut se croire supérieur pour oser lâcher sur France Info: "C'est une nomination au rabais. C'est une mauvaise décision", regrettant que le choix se porte plus sur "un technicien qu'un politique", parlant du Premier ministre belge avec le respect qui est dû à tout un peuple.
    "Quand on voit ce qui se joue aujourd'hui à l'échelle internationale, on aurait besoin que les chefs d'Etat et de gouvernement acceptent l'idée qu'il puisse y avoir une voix forte, une incarnation de la position européenne, que l'on cesse d'avoir 27 positions (...)". Et au PS, la Ch'tite Aubry est tellement forte que, de son propre aveu, elle "ne lit rien" et "ne comprend rien" !
    Il faudrait "une personnalité qui incarne une vision, qui puisse porter une position européenne, quitte à bouculer les chefs d'Etat et de gouvernement", a imaginé l'eurodéputé avant d'estimer que ce choix n'est pas celui de "l'Europe dont on a besoin pour entrer dans ce XXIe siècle." Etait-il candidat ?
    Il regrettait aussi ce matin que la britannique soit trop peu connue.
    L'est-il lui-même assez pour se permettre ce jugement ?

  • La majorité
    Les avis sont plus nuancés à droite.

    Le président Sarkozy a estimé que la presse, qui présente Herman Van Rompuy comme "fade" et "sans relief" le "juge sans connaître": "C'est l'une des plus fortes personnalités autour de la table", a-t-il affirmé.

    - L'eurodéputé UMP Joseph Daul, également président du groupe PPE au Parlement européen, affirme qu'avec la désignation de Van Rompuy, le PPE "est ainsi conforté dans sa position de première famille politique en Europe".

    - Jean-Marie Cavada, eurodéputé Nouveau Centre:
    "Van Rompuy est un homme qui a la réputation d'être très rigoureux, même très exigeant, voire un peu autère, ça ne fera pas de mal à quelques dérives européennes s'il met de l'ordre dans la maison", a-t-il estimé sur France Info.
    "Sa réputation est plutôt bonne, même si ce n'est pas un homme médiatiquement très connu, mais ça n'est pas très grave. Après, nous verrons dans ses premiers actes s'il est capable d'établir un profil de personnalité qui met la fonction de président de l'Union au niveau où nous l'attendons tous".

    Réactions étrangères

    - Pour le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, M. Van Rompuy fera un excellent président. « Nous avons cherché des personnes capables d’instaurer une continuité, capables de nous unir, d’être la voix de l’Europe, son visage et sa présence dans le monde. Je pense que nous y sommes parvenus »

    - Le président français Nicolas Sarkozy a quant à lui déclaré: "J'ai toujours pensé qu'il fallait un président fort. D'autres solutions avaient été envisagées, notamment celle de Tony Blair, mais je suis persuadé qu’Herman Van Rompuy pourra négocier, portera fièrement le drapeau de l'Europe". « Ce n'est pas du tout un choix par défaut», a-t-il ajouté.

    - Le britannique Gordon Brown a salué le sens du consensus d'Herman Van Rompuy et son intégrité "au-dessus de tout soupçon" M. Blair aurait fait un excellent président mais (..) le Parti populaire européen avait exigé le poste".

    - La chancelière allemande, Angela Merkel, qui tenait fermement avec Paris à la nomination du Belge s'est félicitée. Les interlocuteurs des Vingt-Sept, qu'il s'agisse des Etats-Unis, de la Russie ou de la Chine "sauront appeler celui dont ils savent qu'il parle au nom de l'Europe", a-t-elle déclaré. Au sujet de Catherine Ashton, la chancelière allemande s'est contentée d'indiquer qu'elle était "une personne très capable et qui a tout ce qu'il faut pour se charger de ce travail".

    - Le premier ministre bulgare, Boyko Borisov, qui sera le premier à accueillir le Président Herman Van Rompuy en visite officielle a déclaré à l’agence de presse bulgare : « La nomination d’Herman Van Rompuy et de Catherine Ashton est une bonne chose pour la Bulgarie et pour l’UE ».

    - Les Etats-Unis
    se sont félicité de la nomination des deux nouveaux responsables. Leur désignation coïncide avec la mise en œuvre du traité de Lisbonne. Ces éléments sont la promesse d'un "partenariat renforcé entre l'Europe et les Etats-Unis", a indiqué la maison blanche.

    - Pour Joseph Daul, président du groupe PPE
    , le groupe "est ainsi conforté dans sa position de première famille politique en Europe".
    "Mon Groupe attend maintenant de Catherine Ashton et Herman Van Rompuy qu'ils se montrent forts eux aussi, chacun à son niveau, au service de l'intérêt général européen"

    - Le président du groupe socialiste au Parlement européen,
    Martin Schulz s’est montré optimiste quant à la nomination de Catherine Ashton : « En tant que commissaire au commerce, elle a acquis de l'expérience dans des négociations internationales très complexes ».

    Le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, a estimé «qu’il aurait été impossible d'avoir un meilleur choix ». Cette désignation est un véritable «hommage à la Belgique". La nomination de Catherine Ashton est tout aussi forte sur le plan symbolique, a-t-il ajouté, jugeant qu'il est "tellement important que la Grande-Bretagne reste au coeur du projet européen".
  • jeudi 17 septembre 2009

    Commission européenne: Barroso, ré-élu dans un fauteuil

    Les abstentionistes socialistes et les opposants Verts sont battus

    Les 27 pays de l'U.E. se sont rassemblés sur BarrosoJosé Manuel Barroso a été reconduit à l'unanimité par les 27 Etats à l'issue d'un vote qui grandit l'image d'unité de l'Europe dans le monde.
    Barroso a été réélu pour un second mandat de cinq ans par le Parlement Européen avec une confortable majorité absolue le plaçant en position de force pour constituer sa future équipe. La gauche européenne et sa presse militante lui opposent son bilan que, contre toute évidence, ils disent contesté.
    Exemple de propagande malsaine à laquelle s'adonne avec volupté la presse vertueuse, des journalistes affirment que, dans son propre camp conservateur, certains élus -mais anonymes- confieraient -mais en privé- qu'ils approuveraient sans enthousiasme M. Barroso. Dans ces circonstances, les pleutres -tels ceux de l'agence A*P- font en outre un usage intensif du conditionnel …

    L'ancien Premier ministre portugais, 53 ans, sort néanmoins victorieux d'une longue campagne électorale débutée en juin. Il a finalement recueilli 382 voix sur son nom, face à 219 votes contre et 117 abstentions, au cours d'un scrutin à bulletins secrets. Ainsi, J.-M. Barroso a réussi à obtenir l'aval de plus de 50% des 736 eurodéputés, alors qu'une simple majorité de "oui" suffisait. Bien que ce score soit sans appel, la gauche politique et médiatique s'obstine à contester cette ré-élection.

    Les contestataires n'avaient pu s'entendre sur un candidat commun...

    Proposé par la droite modérée, J.-M. Barroso était le seul candidat en lice. C'est dire que, malgré une campagne de dénigrement, le président reconduit a aussi été soutenu majoritairement par les Libéraux.
    Et pourquoi les 184 élus socialistes, ses détracteurs aigris, avaient-ils donc décidé de s'abstenir ? Unis dans l'opposition systématique, la gauche n'avait pas pu se rassembler sur un nom commun.

    Ils font plus fort encore
    Contre l'avis de Catherine Trautmann, la chef de file française, qui prétend que "M. Barroso nous a montrés qu'il manquait de courage dans des moments critiques", la plupart des socialistes portugais et espagnols ont voté "oui", en cohérence avec leurs gouvernements socialistes.
    Président consensuel, le Portugais a atteint la majorité absolue avec le soutien des conservateurs eurosceptiques (britanniques, tchèques et polonais), qui ont constitué un groupe dissident, car ils sont opposés au traité de Lisbonne. Un texte qu'au contraire J.-M. Barroso défend.

    "Je suis fier de ce résultat", a commenté M. Barroso, visiblement satisfait. Considérant la campagne négative de l'opposition, ses services avaient bon espoir qu'elle serait contre-productive et permettrait qu'il rassemble sur son nom les voix de plus de la moitié de l'hémicycle. Le journal 20Minutes titre d'ailleurs: «Barroso réélu sans surprise à la tête de la Commission » (lien )
    Le président français Nicolas Sarkozy s'est réjoui de pouvoir "approfondir encore" sa coopération avec le Portugais.

    Le programme du Président de la Commission Européenne
    M. Barroso a publié début septembre de grandes orientations et fait connaître aux partis frondeurs les compromis vers lesquels il est prêt à avancer. Un exercice de dialogue qui a entraîné "des concessions", de l'avis même des socialistes, renforçant ainsi la réputation d'écoute du président consensuel.
    C'est "une très bonne chose pour l'Europe", a d'ailleurs renchéri, plus enthousiaste encore, le Premier ministre britannique Gordon Brown. "J'ai dit depuis longtemps qu'il était la bonne personne pour cette fonction", a ajouté le travailliste britannique. Une pierre de plus dans le jardin des socialistes français.

    Confirmé, voire renforcé
    Le président Barroso va désormais pouvoir réfléchir à la composition de sa future équipe de commissaires, ainsi qu'aux autres postes clés de l'UE, fruit d'inévitables et nécessaires tractations avec les gouvernements.
    Il lui faudra "attendre le vote par référendum des Irlandais" sur le traité de Lisbonne le 2 octobre avant toute désignation. Mais "cela n'empêche pas des contacts informels avec des chefs d'Etat et de gouvernements", a néanmoins annoncé M. Barroso. Le résultat devrait permettre d'éviter un second vote si le "traité de Lisbonne" entre en vigueur. Avec ce texte, censé faire fonctionner l'UE de manière plus efficace, une majorité absolue est en effet nécessaire.

    Le nouveau Parlement européen élu en juin a exigé, avant de procéder à un vote, que le président à élire présente un programme écrit.
    Candidat à sa propre succession, Barroso a donc publié début septembre de grandes orientations et fait des promesses pour convaincre les Etats de l'UE , avant qu'ils ne l'adoubent unanimement.

    L'opposition stérile

  • Esbrouffe et peine perdue, exemple d'agitation stérile
    Avant le vote, Sylvie Goulard, MoDem et présidente du Mouvement européen-France, et Daniel Cohn-Bendit cosignèrent sans illusion, le 16 septembre 2009, une tribune dans Le Monde pour appeler les parlementaires à repousser cette candidature.
  • Les ineffables de LePost
    Ces journalistes partisans dénoncent la satisfaction du Français Michel Barnier , candidat à un poste de commissaire européen. De quel droit ces démocrates de haut vol doutent-ils respectueusement en lieu et place de Jean-Marie Cavada (UMP) que le discours de Barroso hier mardi ait pu lui apporter -comme à la majorité des votants- toutes les clarifications nécéssaires sur sa détermination à réguler, et sur ce qu'il entend par "économie sociale de marché". Ils regrettent même le vote à mains levées, comme dans les amphis !...
  • Guy Verhofstadt (1953) devait faire obstacle à Barroso
    Le mardi 29 juin, l'ancien Premier ministre belge et tout nouveau député européen, Guy Verhofstadt, avait été élu Président du groupe Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe (ALDE) au sein du Parlement européen -par acclamation... Jugé trop fédéraliste, il avait été refoulé par Tony Blair en 2004.
    Dès le débat du 1er juillet, le groupe ALDE avait montré les nom-
    breuses divisions
    qui règnaient déjà parmi les membres, au terme de 3h30 de débat, aucune ligne claire n’était dégagée...
    Les uns, notamment la gauche française(!), plaidaient pour un report à octobre du vote pour l’élection de Barroso, après le referendum irlandais et/ou après l’entrée en vigueur de Traité de Lisbonne. Les autres ne voyaient pas l’intérêt de repousser un tel vote, Barroso étant de toute façon le seul candidat, et, qui plus est, soutenu par le Conseil. A la mi-juillet, la propagande donnait l’alliance APSD-Verts-ALDE suffisante pour empêcher la réélection de Barroso...
    Peut-être son haleine a-t-elle eu raison de ses espoirs (cf. Bush qui détourne la tête...).

    Les ambitions du chef de groupe socialiste

    Martin Schulz se serait bien vu à la présidence.
    Mais si « la stratégie du président du groupe socialiste est très clairement connue et identifiée par tous », « je ne crois pas que cela soit la ligne de tout le groupe socialiste et je ne pense pas qu’il emmène la conviction de tout le groupe sur cette ligne-là”, dénonce Pervenche Berès. “Donc, le groupe est divisé ?”, interrogea euronews. “Je pense qu’il sera divisé, oui.”

    Les socialistes se sont résignés: les Etats unanimes étaient unis sur la candidature Barroso.
    Le groupe socialiste et démocrate a lui-même infléchi sa position en décidant, mardi 15 au soir, par 95 voix contre 43 et neuf abstentions, de faire de l'abstention sa ligne politique officielle, sur proposition de son président, l'Allemand Martin Schulz.

    Daniel Cohn-Bendit avait également pris acte de l'impossibilité de renverser la vapeur.
    Il a encore disjoncté, s'écriant: "C'est José Manuel Obama, Yes he can ! Il peut tout maintenant. Tout ce que vous n'avez pas vu pendant cinq ans, vous allez voir ce que vous allez voir (...) Je crois halluciner. C'est: tout a changé, donc je reste !", a-t-il éructé.
    La campagne “Tout sauf Barroso” a rencontré l'écho que l'on voit dans la vie politique européenne.
    « Je maintiens que M. Barroso n'est pas la personnalité dont l'Europe a besoin », a affirmé sur France 2 le député européen.
    Mais il le dit avec des fleurs:
    Parce que les fleurs, c’est périssable…