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jeudi 16 mars 2017

Hamon amende son programme à un mois de la présidentielle, espérant reprendre la main

Le candidat du PS, à la dérive dans les sondages, revisite les grandes lignes de son programme

Jugés radicaux et utopiques, les choix du candidat socialiste refoulent l'électeur

A la traîne dans les sondages et lâché par Manuel Valls, le candidat officiel du PS espère reconquérir du terrain sur le candidat de l'Elysée. Benoît Hamon a présenté jeudi un programme revu et corrigé, enrichi des apports de ses adversaires de la primaire et davantage centré sur le travail et l'emploi.
Hamon et son équipe présenteront ce programme amendé à la Maison de l'Architecture à 11h00, deux semaines après un aménagement similaire d'Emmanuel Macron, désormais loin, dans les enquêtes d'opinion, devant le candidat désigné par une majorité de sympathisants socialistes. En février 2017 Benoît Hamon aurait enregistré une forte hausse de 10 points, à 33 %, alors qu'Emmanuel Macron serait resté, malgré un léger recul, le candidat  à gauche suscitant le plus d’adhésion, à 37 %.
Cette nouvelle version reprend les piliers du projet qui ont préféré Benoît Hamon (36 %) à Valls (31%) lors de la primaire socialiste: réforme constitutionnelle de l'article 49-3 décrié par les opposants à la loi Travail de Macron à l'Elysée et Valls au gouvernement, ambition écologique, sous la pression des Verts radicaux ralliés, et "revenu universel d'existence", minoré en "revenu d'existence".

Le candidat du PS à la présidentielle poursuit son effort de crédibilisation de ses propositions. 

Le populiste tente ainsi de prouver que le "futur désirable" qu'il appelle de ses voeux est aussi "possible" et finançable, tout  en respectant la contrainte européenne des 3% de déficit maximum, au moins à la fin du quinquennat.

Dans le souci de retenir les socialistes attirés par Macron,  Hamon a ouvert les tiroirs des programmes d'Arnaud Montebourg, de Vincent Peillon, de Manuel Valls et de Sylvia Pinel, la présidente du PRG, avec qui le PS est parvenu à un accord cette semaine.

Originellement conçu comme une réponse à une soi-disant raréfaction du travail, le revenu universel d'existence est désormais présenté comme une mesure de soutien du pouvoir d'achat des 19 millions de Français qui le toucheront, sous conditions plus encadrées, voire renforcées : étudiants, indépendants, salariés percevant moins de 1,9 SMIC et les bénéficiaires actuels du RSA, soit moins de deux millions de foyers à la fin du deuxième trimestre, selon la CAF, en octobre: un nombre en baisse pour la première fois depuis la création du dispositif en 2009. Le revenu (universel) d'existence devient une mesure moins dispendieuse, puisqu'à fin juin, 1,87 million de foyers touchaient cette aide, soit -47.000. Encore que "cette évolution puisse s'expliquer par le fait que la situation d'un bénéficiaire sortant de la prime d'activité n'ouvre droit au RSA que s'il en fait la demande, ce qui peut donc avoir un impact sur le recours au RSA", module la CNAF.
Evaluée à 35 milliards d'euros pour sa seule première étape, la mesure sera financée grâce à une réorientation de 10 milliards d'euros des crédits alloués au CICE (Crédit impôt compétitivité et emploi) et au Pacte de responsabilité, et par plus de déficit public (et non plus par une réforme de la fiscalité du patrimoine, comme Hamon en faisait la menace dans la primaire).

Hamon, candidat de l'emploi : un de plus, après Montebourg ou Valls...

Benoît Hamon tente aussi d'apaiser les inquiétudes liées à sa fameuse "taxe sur les robots", accapareurs d'emplois. Loin d'empêcher l'innovation, celle-ci viendra abonder un "fonds de transition travail", dédié à financer la formation et le retour à l'emploi des chômeurs. "Cette contribution ne concernera que les entreprises dont la robotisation s'accompagne d'une réduction des effectifs", précise Hamon dans un courrier adressé à Sylvia Pinel et à ...l'AFP, agence de presse et de diffusion des proches du Parti socialiste.

Autre mesure empruntée à Arnaud Montebourg, pourtant arrivé troisième à la primaire avec 17% (comme en 2011), la priorité accordée au Made in France et aux petites et moyennes entreprises, auxquelles 50% des marchés publics seront réservés. "Une mesure qui fait véritablement de la commande publique un levier à partir duquel nous pourrons stimuler le tissu économique local", promet le candidat dans Le Parisien de jeudi.

Hamon apparaît de plus en plus comme le clone de Montebourg

Car le Made in France n'est pas le seul emprunt de Hamon à l'ancien ministre de l'Economie. Le député des Yvelines promet aussi de taxer les superprofits des banques, et de renforcer le pouvoir des salariés dans les entreprises: ceux-ci représenteront la moitié des membres votants des conseils d'administration des grandes entreprises et des entreprises de taille intermédiaire.

La présentation de ce programme suffira-t-elle à calmer les inquiétudes des socialistes ? 
En fin de semaine dernière, BVA et Salesforce, en partenariat avec la Presse Régionale et Orange, publièrent leur 12ème sondage d’intentions de vote à l’élection présidentielle. Un sondage qui confirme la dynamique d’Emmanuel Macron, désormais à égalité avec la candidate du Front National au premier tour. L'ancien conseiller élyséen de Hollande est crédité de 26 % des intentions de vote, soit 2 points de plus en une semaine et 5 sur 15 jours. François Fillon, à qui le comité politique Les Républicains et l'UDI ont renouvelé leurs soutiens, résiste et connaît un premier rebond de 1 point, avec 20%, ce qui, compte tenu de la marge d'erreur, l'autorise à tous les espoirs. Quant à Benoit Hamon, il perd deux points et stagne à 13,5%.

Mardi, malgré les premiers reculs de Hamon, sur le revenu universel d'existence ou les déficits publics, l'ex-Premier ministre Manuel Valls a annoncé qu'il ne parrainera pas Hamon, dénonçant une "dérive" et une "forme de sectarisme" du candidat socialiste de la "Belle Alliance Populaire".
L'une de ses proches, la secrétaire d'Etat Juliette Meadel, s'est à nouveau fait l'écho de ces réticences, affirmant mercredi soir, se poser "de plus en plus (de questions) sur la stratégie et le programme" de B. Hamon.

Bernard Cazeneuve, Michel Sapin, Jean-Yves Le Drian ou Marisol Touraine invitant Benoît Hamon à défendre les résultats du quinquennat et à modifier les grandes lignes de son programme, pour unique soutien du gouvernement en exercice, Hamon n'a en effet reçu que le soutien sans équivoque de la ministre sectaire de l'Education Najat Vallaud-Belkacem.

Dès le mercredi 1er mars, elle avait apporté son soutien au candidat Hamon, contesté par l'aile droite de son parti. Pourtant isolée, la binationale a réitéré son soutien au candidat radical du PS, lors d'un meeting à Nice du 15 mars, se démarquant des propos tenus la veille par le Premier ministre Manuel Valls devant des parlementaires : "Oui, tu es cher Benoît le candidat de l'emploi et de la valeur travail (...) celui du travail choisi, celui du travail de qualité, celui des salariés bien rémunérés et formés", a-t-elle lancé, au candidat Hamon, un apparatchik du PS.
Pour mémoire, Hamon est un protégé d'Henri Emmanuelli, député des Landes (ci-contre, en pleine activité au Palais Bourbon). Or, en prévision des législatives 2017, le président sortant a fait réserver le siège d'Emmanuelli à l'Assemblée à son secrétaire général adjoint de la présidence de la République, un ex-directeur de cabinet du ministre ...Arnaud Montebourg, comparse de Hamon, et ce collaborateur n'est autre que Boris Vallaud, époux de la ministre Vallaud-Belkacem, soutien de Hamon: la boucle est bouclée !

 
  

samedi 27 août 2016

Le coup en douce de Najat Vallaud-Belkacem à la primaire socialiste

Quel est l'ambition secrete de Najat Vallaud-Belkacem contre la droite du PS ?

Et si c'était elle le coup de Jarnac de la gauche à la présidentielle ? 

Najat Vallaud-Belkacem se préparerait à entrer en campagne. Son récent désaccord affiché avec Manuel Valls sur les arrêtés anti-burkini en fait l'une des surprises de la rentrée du gouvernement. 

Alors que le Premier ministre a soutenu les arrêtés municipaux pris par plusieurs maires des communes littorales pour interdire ces tenues de bain islamiques visant à dissimuler le corps des seules femmes, de la tête aux pieds, Najat Vallaud-Belkacem a contesté ces arrêtés et a surtout carrément désavoué Valls publiquement, à la différence d'Axelle Lemaire (Numérique) et de Bernard Cazeneuve (Intérieur) qui ont pris une certaine distance avec la fermeté affichée par le chef du gouvernement.

"La prolifération des arrêtés sur le burkini, je pense qu'elle n'est pas la bienvenue", a-t-elle déclaré la ministre en charge de l'Education et donc de la formation de la jeunesse, au micro d'Europe 1. Tout en rappelant son opposition au burkini, elle a jugé que cela ajoute de "l'huile sur le feu".
Et de polémiquer : "Jusqu'où va-t-on pour vérifier qu'une tenue est conforme aux bonnes moeurs".

Manuel Valls a aussitôt recadré sa ministre sur RMC.
"Ces arrêtés ne sont pas une dérive. C'est une mauvaise interprétation des choses. Ces arrêtés ont été pris au nom même de l'ordre public", a rappelé Manuel Valls.

Conflit ouvert entre Manuel Vallset ses ministres
féministes Touraine et Vallaud-Belkacem
Mais qu'est-ce qui ferait que son jeu personnel serait plus signifiant que la prise de position tranchée de Marisol Touraine ? La ministre de la Santé qualifie de "retour en arrière" le port du burkini par des femmes en France et le juge "perturbant". Mais c'est pour mieux se distinguer du premier ministre:
"Mais faire comme si, en se baignant voilée ou en restant habillée sur une plage, on menaçait en soi l’ordre public et les valeurs de la République, c’est oublier que ces valeurs doivent précisément permettre à chacun de ne pas renier son identité." Ainsi, pour cette socialiste, l'identité  individuelle prévaudrait-elle sur  l'identité nationale et ses valeurs républicaines collectives, supérieures et valables pour tous et toutes : serait-elle plus libérale que le PS ?
"C’est oublier que la laïcité n’est pas le refus de la religion," estime-t-elle, consacrant le burkini comme signe religieux ostentatoire. "C’est une garantie de liberté individuelle et collective," assure-t-elle encore,
engageant les musulmanes à un usage non seulement individuel mais collectif du burkini. Toutes ensemble en burkini !"Elle ne peut pas et ne doit pas devenir le fer de lance d’une stigmatisation dangereuse pour la cohésion de notre pays," mais peut en revanche devenir, après la burka, le fer de lance de l'islamisation du pays
Or, rappelons que, pour Manuel Valls, le burkini n'est "pas compatible avec les valeurs de la France et de la République" et que le premier ministre "soutient" les maires l'ayant interdit sur leurs plages.

La ministre de Hollande, une féministe, n'épargne pourtant ni Sarkozy, 
ni Valls :
"Ce climat de haine, ces divisions attisées, le fanatisme en fait son carburant [Valls n'aurait pas aimé du tout]. Il est plus facile de convaincre des individus de se retourner contre un pays dont on leur fait croire qu’il les rejette", explique-t-elle, confirmant le danger d'attaque venue de l'intérieur. "Et quand j’entends un ancien Président de la République mélanger immigration, religion et terrorisme, pour appeler à l’assimilation, j’enrage,"polémique-t-elle, comme si elle était entrée en campagne "Ce débat sur l’identité relancé ad nauseam est pernicieux et dangereux, précisément parce qu’il permet toutes les dérives." Hollande a dû appeler les unes et l'autre au calme.

Mais, dans un entretien mercredi à La Provence, Manuel Valls refuse de légiférer en la matière.
"Je comprends les maires qui, dans ce moment de tension, ont le réflexe de chercher des solutions, d'éviter des troubles à l'ordre public", indique le Premier ministre. Et d'insister : "Je soutiens donc ceux qui ont pris des arrêtés, s'ils sont motivés par la volonté d'encourager le vivre ensemble, sans arrière-pensée politique".
D'où la demande de Benoît Hamon à Hollande de "mettre un terme à la dérive" de Valls.

La rentrée scolaire va de nouveau braquer les projecteurs sur la ministre de l'Education. 

Une exposition médiatique qui pourrait n'être que l'aube d'une contestation du chef du gouvernement.
A 38 ans, elle se préparerait à un avenir plus personnel, selon la révélation du journal Le Parisien qui indique qu'elle pourrait ne pas hésiter à se lancer dans la course à la primaire. "Najat, c'est la petite souris que personne ne voit venir: ils sont dans le mépris des femmes. Elle est jeune, elle est beure et elle a de bons sondages", aurait déclaré au quotidien un ami du président de la République. 
Selon le journal, des proches de Najat Vallaud-Belkacem auraient fait savoir dès avant l'été qu'elle songe à se présenter à la primaire du PS, dans le cas où François Hollande ne serait pas candidat.

Une façon pour celle que chef de l'Etat surnommerait Pimprenelle 
(lien) de contrer Manuel Valls et Arnaud Montebourg. 
Elle serait alors lancée, à l'image du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, "dans un combat de générations", commente ce proche flouté de François Hollande.

Selon elle, le premier ministre Valls "libère la parole raciste."

mercredi 14 mai 2014

Lambert Wilson dénonce le racisme et la xénophobie séculaires des Français

"Les paroles de La Marseillaise sont racistes et xénophobes", affirme le saltimbanque

La sélection du futur maître de cérémonie lors du festival de Cannes n'est pas le fruit du hasard
Rouget de L'Isle interprète La Marseillaise,
chant patriotique et républicain
de la Révolution française (1792)
Les Wilson, père (acteur et metteur en scène progressistemort à ...Rambouillet, TNP et Festival d'Avignon, à la suite de Jean Vilar) et fils, sont connus pour leur engagement politique. 
La sélection du film polémique consacré à Grace de Monaco en ouverture du Festival de Cannes souligne le parti-pris de scandale de la très socialiste chaîne (cryptée et payante) Canal+ qui a la main mise sur la manifestation cinématographique.

Canal+ est envoyé le maître de cérémonie au front 
"Je me conforme trop aux désirs des autres", lâcha-t-il un jour, d'une voix douce, s'étonnant d'être érigé en porte-drapeau de l'homoparentalité. Très influençable, le fils de... a réagi à la polémique provoquée par la Garde des Sceaux de F. Hollande, Christiane Taubira: la Guyanaise indépendantiste a en effet insulté La Marseillaise", hymne national de la France, qualifiant son interprétation de "karaoké d'estrade", le jour malencontreux de la commémoration officielle de l'abolition de l'esclavage. 

La ministre de la Justice a délibérément refusé de le chanter  le samedi 11 mai et, selon L. Wilson, mardi 13 mai au micro de RTL, l'hymne national -vous en étonnerez-vous?- serait archaïque et violent.

VOIR et ENTENDRE le socialiste "xénophobe" François Hollande chanter  
les épouvantables paroles sanguinaires, d'un autre temps, racistes et xénophobes de la Marseillaise, à Nevers:

"Les personnalités officielles doivent la chanter", estime Giscard

Lambert Wilson est pour un changement des paroles
"Je suis extrêmement énervé que personne ne dise qu'il est temps de changer les paroles de La Marseillaise qui sont d'un autre temps." Six des quinze couplets sont écrits par Rouget de L'Isle en 1792 pour l'Armée du Rhin à Strasbourg, lors de la guerre de la France avec l'Autriche. 
Alors que lui échoue le rôle de lancer ce jour le 67e festival de Cannes, Wilson a débité sur RTL une tirade préparée (et écrite par Canal+ ?) sur le sujet: rien n'est "inutile" pour dynamiser un festival qui ambitionne de dépasser son rival de Berlin dans l'engagement internationaliste. 

L'acteur de 55 ans né à Neuilly-sur-Seine a rebondi sur la "polémique Taubira".
De Gaulle chantant
la  violence et la xénophobie
 
"Quand j'entends 'Qu'un sang impur abreuve nos sillons', je suis sidéré qu'on continue à chanter ça", s'est-il indigné, après bien d'autres au fil des ans. 

Lambert Wilson serait donc de ceux qui gardent le silence au moment où l'hymne retentit. Pour l'acteur du "Gendarme et les Extra-terrestres" ou de "Sur la piste du Marsupilami", les paroles de l'hymne national ne seraient plus adaptées et suscitent violence et xénophobie.

L'article 2 de la Constitution déclare que l'hymne national est La Marseillaise, de même que la langue de la République est le français, l'emblème national est le drapeau tricolore.
Mais "les paroles sont épouvantables, sanguinaires, d'un autre temps, racistes et xénophobes. La musique est fantastique. Il y a pas mal de paroles qui passent et certaines qui sont inécoutables", a-t-il estimé le très sensible acteur .

Que Christiane Taubira se fasse porter pâle si La Marseillaise la défrise 

La ministre de Valls a, quant à elle, tenté de se justifier sa bouderie en affirmant paradoxalement qu'elle ne souhaite pas chanter lorsque l'hymne national retentit lors d'un événement solennel. 

Si son ego surdimensionné fait obstacle à l'exercice "normal" de la fonction qui lui a été confiée -au nom du peuple-, si elle n'est pas en capacité d'assurer son rôle de représentante de la nation et d'accomplir sa mission  républicaine fixée par la Constitution, elle doit se démettre.   

"Les personnalités officielles doivent la chanter", estime Giscard

Selon l'ancien président de la République, les critiques adressées à Taubira (et B. Hamon) sont justifiées. Valéry Giscard d'Estaing  estime qu'une personnalité officielle n'a pas à avoir "d'opinions personnelles" et se doit d'interpréter "La Marseillaise" lors de cérémonies officielles."Ça n'est pas une polémique absurde". " C'est l'hymne national, il doit être chanté, estime l'ancien président de la République. Ce n'est pas une obligation protocolaire mais nationale". Valéry Giscard d'Estaing note par ailleurs que les Français, notamment les sportifs, ne chantent pas toujours l'hymne national. "C'est une question de culture, estime-t-il. Notre culture est républicaine mais elle doit être républicaine française. Donc quand il y a l'hymne national, tout le monde chante".

Monsieur Wilson junior ne serait-il pas en train de prendre la grosse tête, comme majordome du festival de Cannes?



vendredi 14 mars 2014

Mur des cons: mise en examen du Syndicat de la Magistrature (SM) pour injure publique

Françoise Martres appelée à rendre des comptes à douze plaignants épinglés au Mur des cons 

Des magistrats - dits "indépendants" -  mis en cause 
Le 13 mars, on apprend une mise en examen datant du 11 février
Le milieu judiciaire n'a pas cette fois fuité concernant la procédure mise en oeuvre à l'encontre de la présidente du Syndicat de la Magistrature par la doyenne des juges d'instruction, Sylvia Zimmermann,  dans l'affaire du "mur des cons." Françoise Martes est notamment poursuivie pour injure publique. 

La magistrate pourrait également être poursuivie pour destruction de preuves...
 

Des injures publiques par des syndicalistes de la magistrature

Douze plaintes ont été déposées à la suite de la publication d'une liste noire des boucs émissaires du SM, syndicat professionnel très marqué à gauche. Révélé le 23 avril 2013 par le journaliste de France 3 Clément Weill Raynal,  ce patchwork explicitement appelé "Mur des cons" épinglait des dizaines de photos de personnalités détestées du SM visait des mondes politiques, médiatique et judiciaire. 
Certaines, comme Yves Thréard, ont jugé inutile de porter plainte. Elles sont confortée dans leur absence d'illusions sur l'issue du procès par la révélation de cette mise en examen à la fois tardive et opportune pour tenter de faire croire que la justice serait équitable à l'heure d'un déferlement de soupçons judiciaires sur des personnalités de l'opposition, à dix jours du 1er tour des municipales.

Aux côtés de plusieurs députés de l'UMP figurent également  Robert Ménard, journaliste et candidat divers droite soutenu par le Front National à Béziers. ainsi  que le général Philippe SchmittL'épinglé est pourtant le père d'Anne-Lorraine, assassinée de 34 coups de couteau dans le RER D, le 25 novembre 2007, par un récidiviste, Thierry Devé-Oglou, condamné depuis lors à la réclusion à perpétuité. Le père de la victime est insulté par le Syndicat de la Magistrature pour avoir critiqué "les libérations irresponsables de violeurs récidivistes et le laxisme de certains juges d’application des peines." Engagé au sein de l'Institut pour la Justice, organisme plaidant pour une plus grande sévérité, il est l'une des personnalités à abattre, aux yeux des magistrats radicaux du SM. On frémit à la mise au jour des preuves de l'humanisme et de tolérance de certains de nos juges intègres.

Le Mur des cons révèle une politisation de la magistrature



L'image du "mur des cons" révèle que certains magistrats se comportent comme des "commissaires politiques" et tordent le bras au droit pour atteindre des personnalités de la vie publique, explique le chroniqueur judiciaire et rédacteur en chef adjoint de France 3, Clément Weill-Raynal. Par exemple, dans l'affaire Bettencourt, on peut se demander pourquoi le juge Gentil a fait appel à un ami proche pour conduire une expertise psychologique déterminante. Bien que la Cour de cassation ait validé son enquête, le soupçon d'une instrumentalisation de la justice pèse...


La question polémique actuelle de la légitimité et de la légalité des écoutes sur Nicolas Sarkozy, et donc sur son avocat, ses amis et sa famille, porte sur la dérive du système judiciaire et la thèse d'un règlement de comptes entre les juges et l'ancien président de la République qui était en bonne place sur le fameux mur. Or, la durée des écoutes interpelle. Puisqu'au bout d'un an elle n'ont révélé aucun élément de suspicion tangible, on peut légitimement se demander s'il n'y a pas eu un abus du principe d'écoute. La justice ne devrait pas devenir un feuilleton à suspens qui dure des années. D'autant qu'il existe des précédents de procédures qui se sont éternisées pour finalement accoucher d'une souris. Dans ces cas-là, le procès en lui-même compte moins que la campagne de diffamation qui l'accompagne et le soupçon qui lui est accolé pendant des années. Après avoir été taxé de racisme pendant des mois, Brice Hortefeux a finalement été relaxé en appel, mais tout le monde n'a retenu que les accusations, souligne le chroniqueur qui révèle avoir subi un lynchage médiatique par une certaine presse de gauche. Il cite  Libération, Télérama et Le Monde.

Certaines des photos des cibles des "juges rouges" sont sous-titrées
Ainsi lit-on que tel est "l'homme de Vichy" ou tel autre est "le fossoyeur". 

Pour sa défense, le Syndicat de la magistrature plaide le fait que ces images n'avaient pas vocation à être diffusées auprès du grand public des justiciables potentiels et qu'elles ont été
prises dans un local syndical et donc d'ordre privé. Sauf que le SM est hébergé par le ministère de la Justice.
Lundi 10 mars, le film litigieux de Clément Weill-Raynal a été mis sous scellés (comme des comptes de parti politique...) par la brigade en charge des atteintes aux personnes et aux biens. 
En août dernier, la garde des Sceaux, Christiane Taubira, avait décidé qu'il était impossible de "déterminer des responsabilités personnelles", et donc de demander des sanctions.

mercredi 12 mars 2014

Ecoutes sur Sarkozy: ras le bol des commentaires; des faits !

Le Parquet financier tente de s'expliquer

Les socialistes se sont plongés dans la tourmente 
Et  le Parquet national financier a maladroitement tenté mercredi de clarifier la chronologie judiciaire des faits. 
Deux téléphones utilisés par Nicolas Sarkozy ont ainsi été placés sur écoute les 3 et 19 septembre 2013 sur ordonnance des juges enquêtant sur les accusations de financement libyen de la campagne présidentielle 2007 de l'ancien président, a confirmé le Parquet, mercredi 12 mars, et cela, bien qu'il ne fasse pas l'objet d'une mise en examen. 

En revanche, les lignes téléphoniques de Me Thierry Herzog, l'avocat de l'ancien président, "n'ont jamais été interceptées et enregistrées", a expliqué ce Parquet, prenant les Français pour des blaireaux. "Seule une ligne téléphonique, souscrite sous un nom d'emprunt, a été placée quelques heures sur écoute, immédiatement interrompue dès lors qu'elle a été identifiée comme étant la sienne," minimise-t-il, jusqu'à preuve du contraire...

Chacun comprend que si le client est mis sur écoute, son avocat l'est du même coup ! 
Le Parquet semble en outre  cautionner la pratique consistant à espionner tous les interlocuteurs arbitrairement mis sur écoute, responsables politiques de l'opposition, proches et citoyens

Six mois d'écoutes politiques d'un citoyen ordinaire non inculpé

Après l'annonce de ces écoutes,
des avocats - marqués à gauche comme à droite- dont certains ont plaidés contre Sarkozy - ont manifesté leur indignation  d'une atteinte "intolérable" au secret professionnel entre un avocat et son client, un citoyen qui ne fait l'objet d'aucune poursuite. 

Des sources proches du dossier ont auparavant précisé que
l'avocat a été entendu par les enquêteurs de manière incidente, lors de ses conversations avec l'ancien président, qui est la véritable cible des écoutes judiciaires.

N. Sarkozy et Me Herzog étaient bien inspirés d'utiliser des portables acquis sous des identités d'emprunt pour communiquer entre eux: ils semblent bien connaître les hommes du président socialiste. "L'interception des lignes téléphoniques de M. Nicolas Sarkozy a été ordonnée par les magistrats instructeurs le 3 septembre 2013 pour l'une, le 19 septembre 2013 pour l'autre, soit depuis six mois", a affirmé le Parquet.

Les écoutes téléphoniques sont une dérive des dictatures
Les téléphones de Claude Guéant et de Brice Hortefeux ont également été placés sur écoute à la demande des juges.
Des sources proches du dossier ont précisé que c'est encore le cas de l'actuel directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, Michel Gaudin, ancien patron de la police nationale.