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dimanche 24 février 2019

Belgique : 27 anciens SS perçoivent toujours une "prime" de loyauté au régime nazi

La France fait-elle mieux ?

En Belgique, la loyauté est une valeur éternelle

En Belgique, la fidélité au Troisième Reich, ça paye encore. 
Ce mardi, le journal "De Morgen" a révélé que près de 75 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale 27 anciens SS belges touchent encore une pension complémentaire de Berlin pour "fidélité, loyauté et obéissance" au régime nazi.
Cette "prime" avait été promise en 1941 par Adolf Hitler soi-même, pour récompenser ses anciens collaborateurs.

38.000 personnes auraient touché cette pension.
Aussitôt relayée par le journal "La Libre Belgique", l'information a suscité l'indignation de plusieurs partis dont le PS et Défi, qui ont appelé le gouvernement à "s'attaquer d'urgence à ce problème par la voie diplomatique". D'autant plus que cette prime versée par les Länder allemands n'est pas taxée par l'Etat belge.

Le quotidien a également contacté le chercheur Alvin de Coninck, membre de "Remembrance", une association de survivants et de rescapés de la Shoah, qui explique que les bénéficiaires seraient les Belges ayant rejoint les rangs des Waffen-SS, mais qui balance aussi des Alsaciens ayant obtenu la nationalité allemande au moment de l'invasion nazie.

"On estime qu'un total de 38.000 personnes ont perçu cette pension complémentaire", affirme "la Libre Belgique". Le montant de la pension est susceptible de varier d'un minimum de 425 euros jusqu'à 1.275 euros par mois:
"Les années passées dans une prison belge à la suite d'une condamnation pour collaboration sont considérées comme du temps de travail. [...] Alors que les Belges qui ont dû travailler en Allemagne pendant la guerre sont considérés comme travailleurs forcés ont reçu une indemnité de 50 euros par mois après la guerre", explique Alvin de Coninck.

La France fait mieux...

En France, 54 personnes perçoivent encore une pension pour avoir collaboré avec le régime nazi.
Plus de 2.000 personnes, dont les trois quarts en Europe, ont touché en février des pensions versées à d'anciens collaborateurs du régime nazi ou à des personnes enrôlées de force.

Au total, 2 033 personnes dans le monde ont touché en février des pensions versées à d'anciens collaborateurs du régime nazi ou à des personnes enrôlées de force, a précisé le ministère allemand du Travail, vendredi 22 février.

En Europe, ils sont 1.532 à percevoir la pension, dont 573 personnes dans la seule Pologne, le pays le plus représenté. Suivent la Slovénie (184), l'Autriche (101), la République tchèque (94). 
Quelque 54 personnes la perçoivent en France, 34 en Grande-Bretagne, 71 en Croatie ou 48 en Hongrie et 18 en Belgique.

Les Etats-Unis comptent sur leur sol 250 bénéficiaires, devant le Canada (121), le Brésil (18) et l'Argentine (8). 
En tout, 409 personnes disposent de cette prestation sur le continent américain. L'Asie compte une trentaine de bénéficiaires, dont 12 en Thaïlande. Enfin, 44 personnes la touchent en Australie. En Afrique, le nombre de bénéficiaires s'élève à 13, dont 9 en Afrique du Sud et 4 en Namibie. 

Jusqu'à environ 1.300 euros mensuels
Le SMIC net est de 1.173,60 € au 1er janvier 2018

Jusqu'à environ 1.300 euros mensuels de pension sont versés en vertu d'une loi allemande de 1951, qui permet aux victimes de guerre allemandes de toucher une indemnité. Elles bénéficient aussi à d'anciens nazis ou collaborateurs étrangers du régime d'Adolf Hitler, mais également à des personnes enrôlées de force. Les ex-membres de la SS en sont exclus, tout comme toute personne condamnée pour crimes de guerre. 

Depuis 2008, la loi permet aux Länder allemands qui versent ces retraites de les suspendre. Mais cette possibilité a été peu utilisée, selon des données de 2017 du gouvernement fédéral allemand. Les députés belges ont voté cette semaine un texte demandant au gouvernement de mettre fin à ce système de pensions versées par l'Allemagne. Et en France ?

Le cas Georges Marchais, 21 ans secrétaire général du PCF
(Parti communiste français)

Image associée
Georges Marchais a posé en victime du service du travail obligatoire (STO). En décembre 1942, le mécanicien ajusteur Georges Marchais est muté de l'usine aéronautique Voisin d'Issy-les-Moulineaux sous direction allemande pour travailler pour la société Messerschmitt à Augsbourg, Allemagne.

Il a déclare être rentré en France dans les premiers mois de 1943. Mais la date de son retour définitif en France est sujette à controverse : il n’est pas établi s'il est retourné en Allemagne ou s'il s'est caché avec sa femme et sa fille jusqu'à la Libération. Au début des années 1970 et surtout à la veille de l'élection présidentielle de 1981, dans le cadre de révélations de L'Express, ses adversaires politiques et d'anciens communistes l'accusent d'être parti travailler en Allemagne volontairement.
Selon l'historien Philippe Robrieux, ancien secrétaire général (1959-1961) de l'Union des étudiants communistes (UEC), cette attitude non résistante (comme celle de Maurice Thorez) fera plus tard de Marchais un militant soumis aux ordres des dirigeants soviétiques qui possèdent son dossier biographique suivant leur méthode habituelle de "tenue en main" des mouvements politiques, y compris le mouvement communiste international. 
Après guerre, ce chantage conduira  à la marginalisation des grands résistants au sein du PCF (Tillon, etc.) et favorisera l'ascension des camarades "tenus en main" par les soviétiques, dont Georges Marchais. 

L'historien Bruno Fuligni souligne que George Marchais ne participa pas à la résistance armée après son retour d'Allemagne, mais distribua des tracts dénonçant l'occupation.
Georges Marchais a-t-il encaissé sa vie durant une pension pour bons et loyaux services au régime nazi ?

mardi 20 février 2018

Wauquiez continue de stigmatiser les frondeurs de LR et les collabos de Macron

Wauquiez tacle ses opposants Républicains dans un nouvel enregistrement

Le président de Les Républicains fustige les personnalités de sa propre famille politique qui entravent la restructuration du parti.

Tenus devant des étudiants de l'EM Business School de Lyon, de nouveaux extraits des propos du président des Républicains désignent clairement les adversaires de la formation de la droite républicaine. Ces nouvelles révélations faites par TMC (groupe BFM de Patrick Drahi) dans l'émission de divertissement Quotidien visent à contraindre les collaborateurs de Macron à choisir entre  LREM et LR.

Laurent Wauquiez souhaite-t-il faire le ménage ?
Dans sa famille politique, les inimitiés sont nombreuses parmi les caciques du parti, ceux qui étaient au premier plan lors de la déconfiture de Les Républicains à la présidentielle et aux législatives de 2017, dans la version de LR antérieure à son élection à la tête du parti, haut-la-main en décembre dernier, avec l'écrasant score de 74,64 %. 
Un nouvel enregistrement publié par l'émission Quotidien, lundi 19 février, confirme l'intention du chef de file des Républicains (LR) de  : il tance vertement la présidente LR de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, qui s'est positionnée en opposante au président Laurent Wauquiez (Pécresse a indiqué avoir refusé de prendre la présidence du Conseil national du parti, sur une proposition de Laurent Wauquiez. "Parce que présider ce conseil national, c'était finalement donner un blanc-seing à Laurent Wauquiez et adhérer à une ligne politique qui n'est pas la mienne"), tout en restant dans le parti et en affichant sa différence, et le maire de Bordeaux et ancien candidat à l'Elysée refoulé, Alain Juppé, qui a organisé les départs d'élus LR tout en restant lui-même à l'intérieur, après avoir fustigé Gérald Darmanin, ancien ministre de Sarkozy et déserteur, puisqu'il est ministre de Macron.

Dans ce nouvel extrait, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes est toujours face aux mêmes étudiants de l'Ecole de management de Lyon. Il s'étonne que l'une d'entre eux ait passé les concours d'accès aux écoles de commerce, après avoir effectué une classe préparatoire littéraire. "C'est vrai, c'est Valérie [Pécresse] qui avait mis ça en place, souligne-t-il. Sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, Valérie Pécresse a occupé le poste de ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, entre 2007 et 2011. "Ah le nombre de conneries (sic) qu'elle peut faire !", poursuit-il. 

Alain Juppé n'est pas épargné sur la gestion de la ville de Bordeaux, dont l'ancien premier ministre est le premier magistrat depuis 1995, hormis entre 2004 et 2006. "Alain Juppé, qui est une personnalité éminemment respectable, il a totalement cramé la caisse. A Bordeaux, il a fait des miracles : Bordeaux est géniale, est très bien gérée, mais il a fait exploser les impôts, et il a fait exploser la dépense publique, et il a fait exploser l'endettement", révèle le président des Républicains.

L'ennemi de LR est clairement LREM et ses affidés

"Vous avez vu les guignols d'En Marche ? Ils sont tous avec le petit doigt sur la couture, ils doivent tous voter la même chose." La République en Marche ? "Une dictature totale en France". Valérie Pécresse ? Elle raconte "des conneries". Alain Juppé ? "Il a cramé la caisse à Bordeaux". 

Tous les adhérents Les Républicains qui combattent la direction démocratiquement élue sont pointés. Pécresse a créé son propre mouvement (Libres!) et, non seulement Juppé refuse de payer sa cotisation, mais il envoie ses partisans au front, telle Fabienne Keller, critiquer ses vainqueurs. Les commentateurs commencent à comprendre que les propos ne sont pas la maladresse qu'ils ont jusqu'ici dénoncé avec volupté, mais plutôt ou une stratégie du président des Républicains qui est conscient, comme il le dit, que "tout ce que vous dites peut être utilisé repris et déformé contre vous, tout va sortir". Wauquiez a donc voulu que ça sorte et ainsi crever l'abcès qui ronge LR.

A l'EM Business School de Lyon on se défend. Bernard Belletante, le directeur de l'école et député ...En marche souligne que ces cours "optionnels devaient être non prosélytes, apolitiques, inspirants pour les élèves. C'est dommage d'en faire une tribune politisée, cela donne mauvaise image. Mais on ne lancera pas de poursuites ou d'enquêtes. Que les gens réfléchissent à leurs actes". La diffusion des propos de Wauquiez par "Quotidien" est "illégale", juge Platret, porte-parole LR, sur RTL.
Mais en faisant fuiter les paroles de Wauquiez, la taupe l'a servi.
De nouveaux extraits, la semaine prochaine, consacrés à Sébastien Lecornu et à Edouard Philippe ?

vendredi 1 mai 2015

Charlie hebdo: le dessinateur Luz se dégonfle

Cet hebdo est-il encore Charlie ?

Luz se retire de Mahomet


17 morts après, Luz lance: "Je ne dessinerai plus le personnage de Mahomet, il ne m'intéresse plus" ! "Je m'en suis lassé, tout comme de celui de Sarkozy. Je ne vais pas passer ma vie à les dessiner," assure le dessinateur Luz, au magazine Les Inrockuptibles, paru mercredi 29 avril.


L'auto-critique publique de Luz est-elle complète, sincère et durable ? Le numéro dit des "survivants" de janvier – un nom "à la con !", confesse Luz dans l'entretien – , avec la caricature de Mahomet en couverture qui tenait une pancarte "Je suis Charlie" et le surtitre "Tout est pardonné", 

Il a l'air malin, Luz,
aujourd'hui, le poing levé !
avait suscité des manifestations parfois violentes dans plusieurs pays musulmans. Les provocations libertaires ne passent pas ! Pour le mouvement chiite libanais Hezbollah, qui avait condamné l'attentat contre Charlie Hebdo, cette nouvelle caricature de Mahomet " contribue directement à aider le terrorisme, l'extrémisme et les fondamentalistes."

Sorti une semaine après la tuerie perpétrée par des djihadistes français, les frères Kouachi,  le 7 janvier, qui avait fait douze morts au siège du journal, il avait été diffusé à huit millions d'exemplaires, un record peu glorieux dans la presse hexagonale.

Questionnements sur l'avenir d'un journal plein aux as mais décîmé
Interrogé sur la tribune parue dans Le Monde et appelant à une "refondation de Charlie Hebdo", Luz dément l'idée que deux camps, la direction et la rédaction, soient en train de s'affronter :
"Cette tribune montre qu'il y a une vraie possibilité de collectif. Elle met les questions sur la place publique et demande qu'on y voie plus clair. Il faut discuter de la ligne éditoriale et trouver une structure commune. (…) Comment créer une nouvelle ligne dans le respect de l'ancienne et de ce que l'on est devenu ? 'Charlie' est-il encore un journal politique ? Peut-il devenir un “news mag” ? Une nouvelle formule est censée sortir en septembre mais on n'en sait pas plus. Va-t-il y en avoir une ?"
"Les terroristes n'ont pas gagné," estime le dessinateur acculé
Interrogé sur une déclaration de Philippe Val, l'ancien patron de Charlie Hebdo, qui avait estimé, peu après l'attentat, que les terroristes avaient gagné, il rétorque : "J'ai sauté au plafond en entendant ça." Et d'ajouter :
"C'est tellement dingue. Il n'est plus lui-même, ce garçon, et il ne parle qu'en son nom ! Il n'est plus 'Charlie', il n'est pas 'Charlie'. Il fait juste partie de l'histoire de 'Charlie'. Il est dans le déni de ce qu'il a été pour ce journal." Il est aussi dans le Sens de l'Histoire...
"Les terroristes n'ont pas gagné. Ils auront gagné si la France entière continue d'avoir peur", conclut-il en estimant qu'il s'agit du " ressort du FN", bouc émissaire de l'extrême gauche révolutionnaire laminée dans les urnes, sans qu'elle se sente interpellée.

Devoir de mémoire: quand Charlie Hebdo publia "un guide du collabo"
(10 avril 1995)

"Ami lecteur de Charlie Hebdo, nous tenons à ta vie. C'est pourquoi nous te le conseillons franchement: retourne ta veste." C'est en substance le message de Charlie Hebdo pour annoncer qu'en complément de son numéro d'avril [1995], vendu exceptionnellement 20F (au lieu de... 10F), le lecteur se voit proposer un 'guide du collabo' [sans rapport avec le 'Pacte germano-soviétique' de 1939 entre Staline et Hitler], un doublement du prix de vente qu'il justifie par le supplément d'un 'catalogue de recettes indispensables au conformisme à venir'. 
A l'occasion de ce numéro spécial, l'équipe de Charlie Hebdo a fait le point, lors d'une conférence de presse, sur la situation économique du journal. Charlie Hebdo, reparu en juillet 1993, édité par la SARL Kalachnikov, [parce qu'il y a un dieu?] dans sa formule actuelle, compte 37 collaborateurs et voit ses ventes 1994 progresser de 4% avec 55.000 exemplaires vendus, dont 3.500 abonnés, 2.000 à l'export, 111 en Corse et 25 à Monaco. 

L'hebdomadaire [n'a alors pas tout vu et] s'inquiète pourtant de la multitude des procès dont il fait l'objet, notamment en raison de l' "article Jolibois" qui prévoit jusqu'à 500.000F d'amende et deux ans de prison pour les responsables de publication qui se rendraient coupables du délit d' "atteinte à la dignité humaine". [Ainsi seraient-ils parfaitement conscients, depuis plus de 20 ans !] 
Selon le directeur de la publication, Gébé, et le rédacteur en chef, Philippe Val, le texte législatif, par son imprécision, relève de la "censure judiciaire", et l'équipe de Charlie Hebdo, qui doit actuellement faire face à pas moins de dix procès, se demande "où se niche cette dignité humaine qu'il s'agit de protéger" (...), et "au-delà de quelle limite se fait-on terroriste du bon goût ?". Les origines de Charlie Hebdo remontent à 1960 avec la naissance de Hara-Kiri.
Gageons qu'ils demandent à Libération le droit à l'oubli...

La liberté d'expression divise la gauche !

dimanche 29 juin 2014

Gouvernement Valls: Erich Rebsamen, père nazi de François, ministre de Hollande ?

L'information qui fuite depuis 70 ans est-elle fondée ? 

La photo 
en uniforme nazi du papa "wanted" en 1945 agace les "antifa"
Extrait du journal La Bourgogne républicaine,
daté du 9 août 1945.
Qui a fait fuiter cette info ?  

On ne s'attend certes pas à ce que ce puisse être Libération ou Mediapart ! D'aucuns suppute donc que, de prime abord, cette boule puante virale serait relayée par le FN, mais d'autres, tout aussi bien informés, assurent qu'elle suinterait du réseau de Manuel Valls ! 

De quoi faire assurément d'une caillasse deux mauvais coups.
Valls et Rebsamen se détestent au moins depuis que "Manu" l'a spolié du ministère de l'Intérieur et que, pendant deux ans, il en a profité pour torpiller le réseau de commissaires de police mis en place par Rebsamen pendant de nombreuses années !

Une rumeur vieille de 70 ans

"On est donc peu après la libération, en pleine épuration, et les résistants utilisent les journaux pour lancer des avis de recherche sur les collabos clairement identifiés. Le père de François Rebsamen en fait partie." 

"Eric [Gottfried] Rebsamen, né à Stuttgart en janvier 1917, est de nationalité suisse. Inculpé d’atteinte à la sécurité extérieure de l’État, [il] est actuellement en fuite. Arrivé à Dijon en novembre 1939, il a été interprète et chef d’atelier au garage Renault jusqu’en novembre 1943, date à laquelle il part pour Paris. Il aurait rejoint la Suisse. Le voici photographié en tenue d’officier allemand. Tous renseignements utiles sur son activité au cours de l’occupation peuvent être adressés à M. Geoffroy de la Mothe, juge d’instruction. Cour de Justice, cabinet n°5, Dijon"

Une première fuite

Le premier à avoir vendu la mèche est un certain Yves Bertrand
, le fameux directeur des Renseignements généraux de 1992 à 2004, qui notait dans des carnets qui ont été révélés par la presse : "Père Rebsamen serait un ex-agent de la Gestapo d’origine russe. Un Rebsamen russe s’installe à Dijon en 39 – photo de lui en uniforme d’officier Gestapo. Ça se passe à Dijon. S’est marié avec la fille d’un maire adjoint de Dijon qui est intervenu pour qu’il ne soit pas jugé trop sévèrement. Rebsamen né à Dijon en 1951. Sa mère = la fille d’un ex-adjoint de Dijon. Père =Erich Rebsamen."

Mais cela passe inaperçu, et
aucun journaliste ni politique ne demande d’explications à M. Rebsamen, qui est toujours maire de Dijon et maître des archives de cette ville.

Une deuxième fuite


Les archives ont fini par parler. Il faut dire que le maire de Dijon s’est fait pas mal d’ennemis avec le temps. Un fouineur particulièrement coriace a mis au jour une pièce qui ne laisse plus aucun doute sur le mensonge du nouveau ministre socialiste du Travail pour protéger son père dont l’honneur avait pourtant été bafoué par ses activités de collaboration pendant l’occupation, assurait ce bon fils.

On ne compte plus les mensonges de cette majorité, mais celui-là vient de quelqu’un qui a été nommé ministre du Travail de la France, très proche de François Hollande (qui a lui aussi un père d'extrême droite). [Mais le père du président Hollande, Georges, qui vit toujours au soleil de la Riviera française, n'est-il pas un ancien OAS et proche de Me Jean-Louis Tixier-Vignancour?] 

Ce n’est tout de même pas rien de cacher aux Français pendant 70 ans que papa Rebsamen aurait trahi le pays.
L’attitude de François Rebsamen est d’autant plus incompréhensible que l’on n’est pas responsable de ses parents, pas plus que ne le sont l'acteur tourmenté Richard Bohringer ou le chanteur Gérard Lenorman. Mais personne n’est non plus obligé de mentir aux électeurs pour servir ses intérêts et sa carrière politique.

Catherine Tasca,
 
née à Lyon en 1941, a bien été ministre dans les gouvernements Rocard et Jospin (Francophonie, puis Culture), alors qu’elle est la fille d’un collaborateur notoire (Angelo Tasca, ancien dirigeant communiste italien passé au service du gouvernement de Vichy).
Cette nouvelle pierre dans le jardin socialiste s’ajoute aux relations amicales entre Valls et un néo-nazi (Terry Cooper), et entre François Mitterrand, Pétain et Bousquet. Un passé que le PS tente de nous faire passer pour vertueux…



samedi 22 décembre 2012

Algérie: "C'est peu dire que François Hollande a été succinct", selon le Nouvel Obs

Les "porteurs de valises" en ont été pour leurs frais

"Le président avait laissé entendre que les choses seraient dites. Il ne l’a pas fait", regrette l'épouse de Maurice Audin après le discours du chef de l'Etat devant le Parlement algérien.




La vie, les combats et parfois la mort des appelés du contingent dans tous les aspects de la véritable guerre que la France a menée en Algérie, en postes, dans les douars et dans les djebels pour protéger les populations des actions du FLN et pour les assister 
dans les mesures de pacification.


Né en 
1932 à Béja (Tunisie) et décédé en juin 1957, 
Maurice Audin, celui dont le Nouvel Observateur est allé chercher la veuve, est  était un assistant de mathématiques français à l’université d’Alger, membre du Parti communiste algérien (PCA) et militant de la cause anticolonialiste. 
Bien que, par son action au côté des rebelles du FLN, Audin ait mis en péril la vie de centaines d'appelés du contingent (1954-1962), le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë, né en Tunisie, a inauguré une place Maurice Audin dans le 5ème arrondissement, en mai 2004.

L'Algérie d'aujourd'hui fait l'impasse sur les "Pieds-rouges", des journalistes, des artistes, des prêtres, des militants catholiques ou communistes, qui sont devenus complices du Front de libération nationale (FLN), contre le pouvoir en métropole et au détriment des appelés du contingent. 
Qui parle à Alger du " réseau Jeanson " ? Cette équipe, menée par Francis Jeanson, un journaliste  proche de Jean-Paul Sartre, se chargera pendant pratiquement toute le conflit de collecter et de transporter des fonds et des faux-papiers pour les agents du FLN de métropole, une cinquième colonne indispensable à la résistance algérienne.



Egorgement à la scie:
de ceux que les 121  intellos du Manifeste
ne voulaient entendre parler



En France, la presse socialiste se donne en revanche pour mission d'entretenir leur mémoire...

Ce groupe sera démantelé en février 1960 et son procès s’ouvrira le 5 septembre de la même année. Six Algériens et dix-huit Français, défendus par l'avocat Roland Dumas, futur ministre de François Mitterrand, sont alors condamnés (entre dix ans et huit mois de prison, et neuf acquittés). Francis Jeanson quant à lui, sera condamné à dix ans de prison, puis amnistié en 1966.

Des intellectuels de gauche apporteront par le " Manifeste des 121 " un soutien à ces " porteurs de valises ", cette "cinqième colonne" de Français qui ont lutté et qui sont parfois morts, comme Henri Curiel, pour la France   la cause algérienne ?

Lire un entretien  à charge mené par un hebdomadaire partisan qui soutint l'action du "réseau Jeanson"


"Qu’avez-vous pensé du discours de François Hollande devant le Parlement algérien, hier matin ? 

J’ai été très déçue. Je m’attendais à une prise de position plus critique de la part d’un président de gauche, qui était enfant au moment de la guerre d’Algérie et qui n’a pas été impliqué dans la répression, à la différence de certains de ses prédécesseurs, comme François Mitterrand. J’espérais une condamnation aussi forte que celle de Jacques Chirac sur la rafle du Vel d’Hiv en 1995. 

François Hollande avait laissé entendre que les choses seraient dites. Il ne l’a pas fait. Qu’attendiez-vous ?

Certes, il a parlé des "souffrances de la colonisation". Mais c’est peu dire qu’il a été succinct sur la période de la guerre. Citer une seule fois le mot torture, qui a pourtant été pratiquée à une échelle monstrueuse [de part et d'autre: lien], et ce, au sein d’une énumération, à côté du mot injustice, me paraît vraiment insuffisant. Il n’a même pas évoqué les exécutions sommaires qui ont, elles aussi, été pratiquées massivement pendant la guerre. [les Harkis en savent quelque chose qui ont été massacrés] Il a fait le minimum. Je trouve cela désolant.

Le président s’est engagé à vous fournir les archives relatives à Maurice Audin. Pensez-vous, au-delà, du geste symbolique, que cela pourra apporter des éclaircissements ? [question ouverte]

Il faut surtout que ce soient les historiens qui aient accès aux archives de toutes les personnalités, civiles et militaires, en charge du maintien de l’ordre en Algérie. [La dame aurait-elle des craintes pour la "pensée unique" ?] Beaucoup estiment cependant que le récit de la mort de Maurice Audin ne s’y trouvera sans doute pas. Les ministres de la Défense de ces cinquante dernières années ont eu le temps de supprimer toutes les traces. Mais les militaires encore vivants qui ont été impliqués dans la bataille d’Alger savent, eux, ce qui s’est passé. Est-ce que le président de la République, qui est aussi le chef des armées, peut demander à Paul Aussaresses et Gérard Garcet, de révéler enfin la vérité ? C’est la question que je me pose."

Les "collabos des égorgeurs du FLN" ont la parole et le Nouvel Obs continue de fournir des occasions de polémiquer, à défaut d'une recherche d'apaisement.


Devoir de mémoire  sur le site sélectif du Ministère de la Défense

Quelques signataires du
 " Manifeste des 121 "

Simone de Beauvoir, Marc Beigbeder, Jean-Louis Bory, André Breton, Michel Butor, Jacques Doniol-Valcroze, Marguerite Duras, Edouard Glissant, Claude Lanzmann, Michel Leiris, François Maspero, Théodore Monod, Georges Mounin, Maurice Nadeau, Laurent Terzieff, André Pieyre de Mandiargues, Madeleine Rebérioux, Alain Resnais, Jean-François Revel, Alain Robbe-Grillet, Christiane Rochefort, Claude Roy, Françoise Sagan, Nathalie Sarraute, Jean-Paul Sartre, Claude Sautet, Catherine Sauvage, Laurent Schwartz, Robert Scipion, Simone Signoret, François Truffaut, Vercors, Pierre Vidal-Naquet, etc

Qu'est devenu le "rêve algérien" des "Pieds rouges" ?
Le "printemps arabe" a eu pour eux un goût de déjà vu...
Au début, la plupart des Algériens les accueillirent à bras ouverts. Mais, suite à trois ans de période de grâce, beaucoup sont rentrés en France suite au coup d’Etat du 19 juin 1965 du colonel Houari Boumediene. La répression du mouvement kabyle et le code de la nationalité qui liait la religion à la citoyenneté, ont dissuadé beaucoup de " pieds-rouges " de rester.


La page consacrée au Prix Erwan Bergot a disparu depuis peu... 
Mise à l'Index laïque des socialo-communistes ?
Lien qui rend hommage aux ouvrages littéraires désormais censurés par la gauche: lien

mercredi 15 septembre 2010

Retraites: l'obstruction du PS "salit" le régime parlementaire

Le président de l'Assemblée suspend le débat jusqu'au vote
Emmanuelli et Dray savourent l'instant;
Hollande n'est pas dans le coup...

Libération
titre: «Retraites: séance suspendue à l'Assemblée, le PS demande la démission d'Accoyer »

Quelle mouche a donc piqué Accoyer, vous demandez-vous.
Le journal de gauche maquillerait-il le fond du problème ? Vous connaissez donc bien la presse engagée. Les causes n'intéressent pas les socialistes et les polémistes vont directement aux conséquences: seuls comptent pour elle les états d'âme d'un PS agité qui demande la démission du président de l'Assemblée nationale, l'accusant - sans preuves ! - de «forfaiture» et d'agir «sur ordre de l'Elysée».
A force de perturber les débats parlementaires, la gauche ne sait plus ce qui se fait en bonne démocratie.


Une opposition à la rue « abime » la démocratie
La majorité et le gouvernement dénoncent en effet la stratégie d'«obstruction» dont la gauche ne semble pas avoir conscience.
Jean-François Copé, patron des députés UMP, a exprimé sa «solidarité» avec la décision de Bernard Accoyer. « Nous avons parfaitement compris la combine du groupe PS pour faire durer les débats, a-t-il déclaré. Ça masque le fait qu'ils n'ont aucune ligne politique claire sur les retraites.»

Les causes de la suspension que Libération dissimule à ses lecteurs

La gauche assume très mal en effet d'être depuis longtemps minoritaire et fait de l'anti-parlementarisme primaire, vociférant, refusant débats en commissions et entravant la bonne marche des institutions républicaine.
Mais puisque, comme l'observe Julien Dray, elle ne travaille pas, mais conspire et manifeste en permanence, en particulier depuis le début de l'examen du texte de réforme des retraites, le 7 septembre,
l'opposition n'a donc pas assimilé le contenu des nouvelles dispositions régissant le travail parlementaire et se fait prendre à son propre piège des blocages à répétition.
Le temps révolu des blocages anti-démocratiques de l'opposition

=> Tant et si mal qu'en fin de nuit, les députés de gauche avaient scandé «démocratie, démocratie», après avoir épuisé leur temps de parole, ce qui les empêchait de défendre leurs derniers amendements (tous les mêmes), en vertu de la procédure du «temps programmé».

Ils comptaient ruser.
« Si 200 députés socialistes font chacun une explication de vote de cinq minutes, cela veut dire que l'on ne peut pas voter à 15h mercredi », explique le patron des députés PS Jean-Marc Ayrault. Quelque 165 députés socialistes se sont inscrits, ce qui devait rallonger le pseudo-examen du texte de plus de douze heures.
Si leur gestion irresponsable des 19h imparties au PS n'a pas permis de défendre leur projet, du moins les socialistes ont-ils réussi à en masquer la vacuité.

=> Le PS fait de la provocation

Vers 06h20 ce matin, le PS a envoyé une femme à l'affrontement. La frêle députée PS Catherine Coutelle a attaqué bille en tête le ministre sur la retraite des femmes. Au lieu de défendre un amendement, elle agressa le ministre: «vous nous avez habitués à mentir. Chez vous, cela semble une seconde nature».
Eric Woerth a alors vivement réagi à cette insulte directe. Des députés - PS - l’ont alors accusé d’avoir traité leur collègue de «collabo», tandis que d’autres n’ont rien entendu de tel.

Mais les députés -même socialistes- sont soumis à un règlement
Pourquoi le président de l'Assemblée nationale a-t-il mis fin aux explications de vote personnelles de cinq minutes chacune sur le texte que les députés de gauche avaient commencées à 7h45 ? La minorité entendait poursuivre son obstruction du débat toute la journée et ainsi retarder l'heure du vote.
Mais il aurait fallu que, s'il était plus attentif, le PS sache que le nouveau règlement de l'Assemblée régule le temps de parole des députés.
« Trente ans d'obstruction, c'est difficile d'y mettre un terme », a évoqué Bernard Accoyer. « Mon honneur aura été de modifier profondément ce règlement (...) pour qu'il n'y ait plus dans cette Assemblée d'obstruction», a déclaré le président de l'institution.
« Je ne laisserai pas, au travers de petites manoeuvres, l'obstruction qui est paralysante et dévalorisante pour notre Parlement, se réinstaller », a expliqué Bernard Accoyer, solennel.

Il a convoqué une prochaine séance ce mercredi à 15h, heure initialement prévue pour le vote.

Adoption des mesures sur la pénibilité au travail

Au delà de la mousse grasse du PS et sur le fond, l’Assemblée a adopté dans la nuit de mardi à mercredi les mesures sur la pénibilité au travail annoncées par le chef de l’Etat. Sous certaines conditions, les salariés justifiant d’un taux d’incapacité permanente compris entre 10 et 20% pourront continuer de partir en retraite à 60 ans -et non 62.

mercredi 30 décembre 2009

François Mitterrand, vu par Patrick Delpy

De quoi inspirer les Cambadélis, Huchon et autres Frêches et Royal
Le président François Mitterrand et Deng Xiaoping,
président de la République populaire de Chine (1978-1992)

En janvier 2006, Patrick Delpy (né en 1965) est vice-président (Asia Pacific) Alcatel-Lucent, Shanghai – Chine., nous livrait cet entretien sur son blog (Le Monde) :

Petit entretien avec moi-même sur François Mitterrand

Lu dans le Monde un entretien avec Marie Darrieussecq. Je reprends les questions de Raphaelle Bacqué et Ariane Chemin à Marie que j’adapte très légèrement et je me les pose:

Vous aviez 15 ans le 10 Mai 1981. Quels souvenirs en avez-vous gardé?
J’étais assis dans un fauteuil vert un peu en biais face à la télé en noir et blanc. Je me souviens de Jean-Pierre Elkabach à 20h00. C’était la première fois que l’informatique donnait les résultats d’une élection présidentielle en quelques secondes. Ma mère était là aussi. On retenait notre souffle. Lorsque les premier carrés gris sont apparus en haut de l’écran il était encore impossible de savoir si ce crane chauve était celui de VGE ou de Mitterrand. Puis on a vu: ma mère était accablée mais au même moment, dans la rue, sortis du silence on a commencé à entendre des hurlements de joies puis se furent les klaxons des voitures. C’était comme si tout avait basculé d’un coup.

Vous avez gardé les 2 images de ce jour – la liesse de la gauche, et la peur de la droite?
Pas exactement dans ces termes. J’ai plutôt compris la soudaine confrontation de 2 France qui se détestaient. Je me souviens des petits minets des jeunesses giscardiennes à la télé gesticulant et tapant du mocassin sur l’estrade avec leurs pulls lambswool en V sur les épaules. Je revois aussi la foule à la télé se dirigeant vers la Bastille. Mais ce que je garde vraiment en mémoire, c’est d’une part Mitterrand avec sa rose entrant dans un Panthéon désert, les commentaires ultra complaisants des journalistes et une certaine solennité puis le départ à pieds de VGE de l’Elysées sous les hurlements d’une foule enragée.
Ni peur, ni liesse, mais une France de salon qui à droite ruminait une défaite et promettait des lendemains de misère et une France de rues, haineuse, qui à gauche promettait de tout renverser.

Vous appartenez très exactement à la “génération Mitterrand”. Vous votez pour lui en 1988?
J’avais voté pour la liste de Lionel Jospin à Paris pour les législatives de 1986. Il me semblait que la stabilité des institutions imposaient, quoi qu’il en coûte, une nécessaire assemblée du même bord que le président. En 1988, je ne vote pas pour les présidentielles. J’avais déjà quitté la France. J’étudiais et je travaillais aux États-Unis. A ce moment là, en France, il n’y avait pas encore un seul ordinateur dans les écoles ni dans les universités. Aux US, les salles d’ordinateurs de tous les campus, étaient ouvertes 24/24. C’est exactement à ce moment là que j’ai pris conscience que la France avait décroché sur le plan économique et qu’on en reprenait pour 7 ans.

Et vous portiez la petite main des potes en pin’s…
Euh pas vraiment… Rien contre cependant mais tout simplement pas pour moi.

Naïf ou manipulé?
Justement ni naïf ni manipulé. C’est bien pour ça que je ne portais aucun signe extérieur d’appartenance à quoi que ce soit ni à qui que ce soit: ni un parti, ni une association, ni un club de foot.

Votre première déception a rencontré, en somme, l’évènement qui, “politiquement” vous a “ fait”.
Oui c’est vrai. J’ai été sidéré de voir qu’autour de moi, les vieux (c’est à dire les + de 50ans en 89) s’imaginaient, comme à Berlin ou Prague, que les soviétiques allaient intervenir avec les chars. Et donc, Mitterrand comme beaucoup d’autres français de sa génération sont restés prostrés face à la rapidité des évènements: je pense en fait qu’ils craignaient et les soviétiques en souvenir de la guerre froide et les allemands réunifiés en raison de la seconde guerre mondiale. Alors que pour tous les jeunes de ma génération “Mitterrand”, on parlait allemand, langue apprise en 2nde langue, on recevait des camarades allemands en échanges linguistiques dans nos classes et on avait appris à aimer énormément l’Allemagne (et les allemandes…) alors on a tous su, lorsque le mur s’est écroulé sous les marteaux des jeunes comme nous, que tout ça, devenait irréversible, que l’Allemagne redevenait une et que les soviétiques ne bougeraient pas.

Quelles ont été les autres déceptions?
L’absence complète de politique, la nomination d’Edith Cresson au poste de 1er ministre. Elle était maire de Chatellerault, c’est dire si je la connaissais, ayant vécu de 70 à 83 dans cette ville: une nullité notoire démontrée par la suite. Je crois qu’elle fut la cause de tous les effondrements qui ont suivi. Puis finalement une France en roue libre.
Mais comme pour Marie, c’est vrai que la photo à été la preuve des ambiguïtés de l’homme.

Vous faites allusion à la photo avec le secrétaire général de la police de Vichy. René Bousquet?
Oui. En fait ce n’est pas tant la photo qui me gêne. J’imagine que dans cette France marécageuse de la défaite de 1940 et des années noires, plus personne ne savait vraiment ou était le bien et le mal. Il fallait sauver sa peau. Mais là avec Mitterrand et sa francisque, il avait carrément franchi la ligne jaune. J’ai compris à ce moment là que tout son socialisme n’était que de circonstances, que tout était politique et que finalement c’était le sommet du pouvoir qu’il voulait, quel que soit le prix, quel que soit le chemin, quels que soient les moyens. Il a été un très grand homme politique parce qu’il n’a toujours eu que le pouvoir en tête. Le reste relevait de la stratégie de conquête.

Et vous avez pris vos distances…
Du recul plutôt sur l’homme mais aussi les politiques en général et le président de la république en particulier.

Vous vous êtes éloigné de François Mitterrand, mais pas des socialistes. (…)
J’ai de très bons amis socialistes. Et des membres de ma famille aussi. La conviction de certaines idées “socialistes” me fascinent. Fumantes mais fascinantes. Tous les progrès en France sont socialistes. Mais à quel prix!
Vous pouvez y aller, tous les intellectuels, les cinéastes, les acteurs et auteurs, les artistes en général, tout ce qui crée, tout ce qui a de la couleur et du reflet, tout ce qui a du buzz et qui fait rire, qui fait trembler les coeurs et arrache des larmes, tout ce qui est folie dans ce pays vient presque toujours du coté gauche. C’est comme ça. Et on en a besoin. Bon évidemment, il ne faut pas trop regarder la note, salée! Parce que le problème de fond, c’est qu’on voudrait que ça tombe du ciel. C’est parce que je ne crois plus au père Noël que je me suis éloigné des socialistes.
Car au même moment, quand les cigales chantaient en France, Margaret Thatcher reconstruisait l’Angleterre, Helmut Kohl faisait une grande Allemagne, Gorbatchev défaisait l’URSS presque en douceur, Reagan redonnait confiance à toute l’Amérique et Juan Carlos à toute l’Espagne. Alors Mitterrand à coté d’eux, c’est qui, dites-moi? Il a fait quoi de grand?

L’abonné du gaz que vous êtes s’est épanoui dans la fiction, comme beaucoup de votre génération…
Il faut une part de rêve mais hélas, la fiction je la laisse à Marie.. Elle est trop forte pour moi! Bisous Marie…

Pas d’envie de philosophie?
Si tous les jours. Dans mon business, on me dit souvent que je suis un intellectuel, voire même parfois que je suis un philosophe. Dans la jungle où j’évolue, je crois que la façon dont on me le dit me laisse penser que c’est perçu plutôt comme un défaut, mais ça me donne le recul nécessaire pour réfléchir et essayer de prendre de meilleures décisions. A tout prendre et avec le business en perspective je préfère être un “philosophe” qu’un “tueur”.

La “génération Mitterrand” serait une génération plus modeste que celle qui l’a précédée?
Cette “génération Mitterrand” dont j’ai la chance immense de faire partie est la première génération de toute l’histoire de France, depuis 2000 ans, à n’avoir jamais connu la guerre! Ce n’est pas rien… Celle juste avant la mienne mordait sur la fin de la seconde guerre mondiale, la guerre d’indochine et la guerre d’Algerie. Pour les autres: se référer à l’histoire de France. Alors au-delà de tous les discours philosophiques, au delà de toutes les littératures, au-delà de tous les progrès sociaux et la facture abyssale de toutes nos folies, la “Génération Mitterrand” est la première génération de Paix. Alors peut-on dire que ma génération est plus modeste parce que moins guerrière et moins ambitieuse dans ces combats? Est-ce modeste d’avoir gagné la paix? Alors oui Marie, tu as raison, sauvons l’histoire mais surtout Marie je t’en supplie, sauvons la Paix.

Vous vous souvenez de la mort de François Mitterrand?
Tout le monde attendait sa mort et en même temps on commençait à croire qu’il était immortel. Depuis longtemps déjà, il avait tout quitté mais son masque de cire semblait le protéger de tout.
Je ne me souviens pas du tout du jour ni du moment où la nouvelle fut annoncée. Ce jour là, j’étais totalement isolé sur une île paumée de l’Océan indien, sans télé, sans téléphone et sans journaux. Je pense que la nouvelle m’est parvenue plusieurs jours après sa mort. Quand je suis revenu en France, il était déjà enterré. En revanche je me souviens très bien de la messe à Notre-Dame avec tous les chefs d’état qui avaient fait le déplacement. C”est lors d’un moment comme celui-là que l’on comprend que la France reste encore un très grand pays très présent dans le cœur des hommes et l’âme des états et qu’elle sait encore toucher le ciel.

Au fond, avez vous de la sympathie pour François Mitterrand?
Non. Beaucoup de morts troubles entourent sa vie, beaucoup de coups tordus et machiavéliques l’ont fait accéder au pouvoir puis l’y ont maintenus.
L’homme ne m’est absolument pas sympathique. Mais demande-t-on à un chef d’état d’être sympa? Je ne crois pas qu’un chef d’État soit dans le business de la Sympathie. On n’est pas à Dysneyland! Et nous les abonnés du gaz, on n’est pas naïfs!

Est-ce un bon personnage de roman?
Fabuleux! Bien sur que oui et mille fois oui. Un homme qui est à la fois: un grand bourgeois, un grand catholique, un homme de combat, un ancien prisonnier de guerre évadé en plein hiver, un homme de tous les pouvoirs: d’extrême droite, de gauche, d’alliance avec les communistes, du centre pour finir par s’ancrer dans le socialisme, le chef de l’État Français resté le plus longtemps au pouvoir depuis Napoléon III, un amant prodigieux (soi-disant…), un bigame avec Mazarine en legs pour les générations futures, un homme de tous les secrets, de toutes les écoutes, de tous les pouvoirs, un écrivain et un homme qui portait si bien le chapeau noir… est un immense personnage de roman.

Vous éprouvez une forme de nostalgie?
Aucune. Revenir en arrière? Vous imaginez l’horreur? Se reprendre des années de cohabitation? Edith Cresson? Les nationalisations? Le contrôle des changes?
Si il y a quand même un truc que je regrette et que Mitterrand faisait très bien: il construisait la France ( on ne regarde pas la note!): les autoroutes, les lignes TGV, le grand Louvre, les colonnes Buren, la TGB, Bercy, l’Opéra Bastille (je n’aime pas mais bon affaire de goût…), la grande Arche. Ça fait beaucoup et j’en oublie! Mais finalement beaucoup moins que Napoléon III en juste 6 ans de moins…

Pas un homme pour le XXIème siècle?
Pour moi, Mitterrand, c’est plutôt un personnage digne d’Alexandre Dumas, voire de Chateaubriand…
Et vous vous proposez qui pour le XXIème siècle?

Et en juillet 1940, qui Cambadélis et Huchon auraient-ils proposé, après la débâcle de juin, à la place du
vice-président du Conseil dans le gouvernement de Paul Reynaud, démissionnaire, le maréchal Pétain ?

Ajoutons quelques éléments sur le mythe résistancialiste

Ce mythe a été développé surtout par les gaullistes et les communistes, selon lesquels les Français auraient unanimement et naturellement résisté depuis le début de la Seconde Guerre mondiale.

La fameuse lettre de Guy Môquet illustre bien ce mythe : Guy Môquet, fils d’un député communiste emprisonné après la déclaration de guerre à l’Allemagne, est arrêté en octobre 1940, alors qu’il distribue des tracts clamant « Nous avions raison ! » ou encore « Libérez Môquet ! ». En effet, à l'automne 1940, le pacte germano-soviétique n’est pas rompu et les communistes français réclament aux autorités allemandes l’autorisation de faire reparaître L’Humanité qui avait été interdit par le gouvernement français en 1939. Guy Môquet est fusillé par les Allemands le 22 octobre 1941, en représailles après l’assassinat d’un commandant allemand. Mais cela ne fait pas de lui un résistant… Lire PaSiDupes
Pourtant, après la guerre,
le parti communiste français, qui veut faire oublier le pacte germano-soviétique, transforme Guy Môquet en héros de la résistance française. Lire PaSiDupes