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lundi 25 mars 2019

Militante d'Attac blessée à Nice : Macron prend de haut une septuagénaire qui pourrait être sa femme

Le blanc-bec fait la leçon de morale de trop à une retraitée blessée dans une charge de police 

La polémique enfle autour des propos tenus par Macron à une "victime collatérale" de la répression policière lors de l'Acte XIX en région

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Les conditions dans lesquelles une militante altermondialiste de 73 ans a été blessée samedi lors d'une charge des forces de l'ordre ne sont pas élucidées.
Ce qui n'empêche pas Macron d'attiser le scandale, estimant notamment que sa  fragilité présumée due à l'âge aurait dû inspirer à cette femme de rester à la maison - à faire du tricot, avec la bénédiction de la Madelon Schiappa - plutôt que de manifester dans un périmètre interdit. Car c'est nouveau cette semaine, certains espaces en France sont devenus des zones 

Deux jours après les faits, le président de la République a souhaité à la septuagénaire un "prompt rétablissement", avant de lui infliger une double peine, souhaitant par ailleurs à la victime sur son lit d'hôpital "peut-être une forme de sagesse": "Quand on est fragile, qu'on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci", a estimé dans un entretien avec Nice-Matin le quadra qui ne sort seul que la nuit et, le jour, au centre de plusieurs rangs de gardes du corps.

Le maire de Nice propose un "régime de mise à l'épreuve pour tous" durant la durée du mouvement des Gilets jaunes.
Estrosi fait écho à Macron, mais fait de la surenchère. 
"Ça suffit de taper sur la police! Il y avait une interdiction de manifester. Je souhaite un prompt rétablissement à cette dame qui (...) aurait pu parfaitement manifester à 14h00 là où c'était autorisé", a déclaré Christian Estrosi. 
Lorsqu'un salarié est en arrêt de travail, il est prévu des autorisations de sortie, mais il/elle doit être présent(e) à son domicile de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h (sauf soins ou examens médicaux). Or, les manifestants sont de grands malades, n'est-ce pas monsieur Macron ?
Ainsi les citoyens français sont-ils tous placés sous le régime de la libération conditionnelle. La septuagénaire aurait-elle dû aller pointer au commissariat ?  
Estrosi avait interpellé le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner pour faire interdire toute manifestation dans sa ville au cours du week-end, après un appel national des Gilets jaunes à se rendre à Nice et en prévision de la venue du président chinois Xi Jinping. 
Aucun journaliste de chaîne commerciale aux mains d'un des huit oligarques médiatiques n'a fait état de la moindre plainte de commerçant qui aurait souffert, du fait de cette restriction à son activité commerciale, d'un manque à gagner colossal...
Samedi, Geneviève Legay, une porte-parole de l'association Attac dans les Alpes-Maritimes, a été grièvement blessée à la tête dans la dispersion d'une manifestation de "gilets jaunes" place Garibaldi, en plein centre de Nice, dans un périmètre interdit par arrêté préfectoral à toute manifestation. 
Ainsi les citoyens français sont-ils tous placés sous le régime de la libération conditionnelle. La septuagénaire aurait-elle dû aller pointer au commissariat ? 
Une enquête a été ouverte pour déterminer précisément le déroulé des faits qui ont valu à Mme Legay d'être hospitalisée pour de multiples fractures au crâne depuis samedi. 
Sa famille doit déposer plainte à Nice en début d'après-midi, pour "violence en réunion avec arme par personne dépositaire de l'autorité publique contre personne vulnérable"
Cette plainte visera également le préfet, a annoncé l'avocat de la famille Arié Alimi. 
"Qu'il y ait une interdiction de manifester, que la manifestation soit faite sans déclaration, cela importe peu: du point de vue du droit, la question est de savoir si la charge des forces de l'ordre était proportionnée, ou pas; et si l'infraction [de la part des policiers] est constituée", a de son côté souligné l'avocat de la famille Legay, Me Alimi.

L'association Attac a également annoncé son intention de déposer une plainte.
Me Alimi a aussi fustigé les propos du président de la République

L'homme de loi les juge "grossiers et indélicats": "Ca me rappelle un peu les propos de Robert Pandraud à l'égard de la famille de Malik Oussekine", a-t-il ajouté, dans une référence au ministre délégué à l'Intérieur après les manifestations étudiantes de 1986 au cours desquels le jeune homme avait été tué par des policiers.

"On ne critique par quelqu'un qui est sur un lit d'hôpital et nos aînés ont le droit d'exprimer leurs convictions politiques", a ajouté Me Alimi. D'autant que Macron exige des retraités des sacrifices qu'il ne peut leur imposer qu'en profitant de leur état de faiblesse.

La réaction du locataire de l'Elysée a également suscité des critiques indignées dans le monde politique

La France insoumise (LFI) et le Parti communiste (PCF) critiquent notamment son "mépris". 
"Monsieur Macron, notre Geneviève de Nice n'a pas besoin de vos leçons de sagesse. Vous auriez beaucoup à apprendre d'elle. Elle milite pour le bien des autres. Et vous, vous la frappez au nom de quoi ?", a lancé sur Twitter Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de LFI.

"Le président de la République est à deux doigts d'expliquer qu'elle l'a bien cherché. Comment ose-t-il ?", s'est insurgé la tête de liste PCF pour les européennes Ian Brossat dans un tweet.

Le secrétaire national Fabien Roussel regrettait qu'
"avec Macron, nos retraités sont tout juste bons à se taire et à accepter en silence de gagner moins, de travailler plus et plus longtemps".

Un rassemblement de soutien doit se tenir à Nice lundi en fin d'après-midi.

mercredi 14 novembre 2018

Macron maintient les hausses des taxes et fait aider les plus défavorisés par les classes moyennes

Les "plus défavorisés" vont encore être assistés par des indemnités kilométriques et des chèques carburant

Les cumulards de la solidarité sont-ils défavorisés ?

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Les indemnités kilométriques, prime à la reconversion et autres chèques carburants seront financés par ceux qui travaillent, condamnés à la double peine : en tant qu'automobilistes, il  paieront  plus cher chacun de leurs pleins, mais en tant que contribuables, ils devront payer les aides aux "plus défavorisés". Le Premier ministre s'est exprimé mercredi matin "pour tenter d'apaiser la grogne", mais il la renforce.

L'exécutif fait marche arrière, avant l'entretien télévisé d'Emmanuel Macron, ce mercredi soir, à trois jours de la journée de blocage prévue dans tout le pays pour protester contre la hausse des prix du carburants : le premier ministre Edouard Philippe a annoncé, mercredi 14 novembre matin, sur RTL, des mesures pour tenter d'apaiser la colère des "gilets jaunes".


Versé aux ménages modestes pour les aider à payer leurs factures d'énergie (gaz, électricité, etc.), le chèque énergie sera élargi pour assister 5,6 millions de foyers. "On va passer de 3,6 millions à 5,6 millions" de foyers, se félicite le chef du gouvernement Edouard Philippe. 

Les "plus pauvres" et autres "plus démunis" le sont-ils réellement ? 

Le mythe des "plus défavorisés" a la vie dure. 
Image associéeNe sont pas concernés les SDF auxquels on pense, mais les cumulards professionnels, ceux qui accumulent les aides sociales et subventions diverses et variées, de l'ARS (rentrée scolaire), au RSA revalorisé une quatrième fois, de 2 %, au 1er septembre 2016, en passant par l'Aide à la complémentaire santé (ACS, depuis le 1er juillet 2015, plus accessible et plus avantageuse, bénéficiant à quelque 1,2 million de Français non couverts par une complémentaire de santé) ou la prime d'activité, (entrée en vigueur au 1er janvier 2016) pour améliorer le pouvoir d’achat de millions de ménages (2013 le "plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l'inclusion sociale"). Combien cochent toutes les cases ? Et combien n'ont pas intérêt à travailler ? Dans le cas du "chèque énergie" de Macron, le critère des "4 enfants" s'appliquera aux familles étrangères, ou non, que leur foi n'incite pas à maîtriser leur procréation. 

Cette mesure, ajoutée aux autres aides annoncées pour répondre à la grogne des ménages, représentent environ 500 millions d'euros - à la charge de 50% de Français imposables - , en incluant la hausse déjà prévue du chèque énergie, dont le coût avoisine 200 millions d'euros.

Doublement de l'objectif des primes à la conversion
Elle passe de 500.000 sur le quinquennat à 1 million d'euros, promet aussi le Premier ministre. "Pour les 20% des Français les plus modestes", cette prime montera "à 4 000 euros, pour des véhicules d'occasion, moins consommateurs".  Un véhicule d'occasion est-il plus récent et véritablement moins consommateurs ? On en doute..
.
Les indemnités kilométriques ne concerneront que "les petits cylindrés".
Elles vont également être élargies "pour les gros rouleurs, ceux qui font 60 ou 70 km par jour" pour se rendre au travail, a indiqué le Premier ministre. Les propriétaires de Fiat 500 qui travaillent à 70 kms de leur domicile...

Le chef du gouvernement a par ailleurs a fixé l'"objectif ambitieux" de supprimer toutes les chaudières individuelles au fioul d'ici dix ans en France. C'est-à-dire d'ici ...2028 : compte-t-il être encore là pour "assumer" cet engagement ?
"Nous allons développer la prime à la conversion des chaudières pour faire en sorte que les Français puissent se libérer de cette contrainte extraordinaire d'utiliser le fioul pour se chauffer", a-t-il déclaré, promettant de prendre en charge "un tiers du coût global de transformation". 
Dans le même temps, le gouvernement laisse se développer l'habitat écologique en bois qui a l'avantage de dépeupler nos forêts hexagonales sans contribuer à la déforestation de l'Indonésie ou du Congo...

Mais il a également menacé les "gilets jaunes"

Il prend la parole mercredi, après son ministre de l'Intérieur, alors que la colère des automobilistes doit s'exprimer samedi. 
Tandis que Laurent Wauquiez répétait ce matin que sa formation Les Républicains (LR) approuve le mouvement de révolte contre la fiscalité abusive de l'"écologie punitive", mais ne soutient pas les blocages, Philippe promet des sanctions.

Il a également exercé des pressions sur les organisateurs. 
"Je le dis aux Français : vous avez le droit de manifester, bien sûr, mais il faut prendre ses responsabilités et respecter la loi", a averti Edouard Philippe.
Et, soupçonnant les "gilets jaunes" d'une volonté de violence, il déclare qu'il a, quant à lui, "le souci de la sécurité des Français" et que le droit de manifester est encadré par la loi et "passe par des déclarations" préalables.
Le premier ministre de Macron illustre son propos en anticipant des blocages qui gêneraient les services d'urgencenotamment les ambulances, et qui seraient levés par la force et sanctionnés, ce qu'il ne fait pas dans les "territoires oubliés de la République", lorsqu'elles sont entravées ou caillassées par des bandes de délinquants de quartiers ou des groupes d'ultra-gauche. 
Quant aux "gilets jaunes", ce sont des "lépreux nationalistes"...

mercredi 30 décembre 2015

Guillaume Larrivé (LR) ne votera pas "en l'état" la réforme constitutionnelle

Le député Les Républicains démonte le projet

Une "manipulation politique" et "brouillon juridique"

Réaffirmant son souhait de voir la déchéance de nationalité étendue aux auteurs de délits terroristes, quelque soit leur motivation, islamo-fasciste ou révolutionnaire, Guillaume Larrivé, député LR de l'Yonne, ne votera pas "en l'état" la réforme constitutionnelle proposée par l'exécutif.
Membre de la commission des lois, il a dit sur Europe 1 : "Je ne voterai pas en l'état la révision de la constitution proposée par François Hollande, parce que c'est une manipulation politique et un brouillon juridiqueune sorte de tract improvisé et mal écrit".

Ce maître des requêtes au Conseil d'État ne menace pas tous les Français, indistinctement.

"Je veux que tous les terroristes étrangers puissent être expulsés définitivement en dehors du territoire national," a précisé ce maître des requêtes au Conseil d'État . 

C'est la double peine que veut Hollande pour les binationaux...
Le député dénonce une sanction bidon : "Sur la question de la nationalité, le texte que propose François Hollande ne s'appliquerait qu'aux criminels, c'est-à-dire à des individus déjà condamnés par une cour d'Assises". "Moi je veux par exemple,  qu'un djihadiste qui a porté les armes dans la zone irako-syrienne et qui passe devant un tribunal correctionnel comme auteur d'un délit terroriste (...) soit aussi déchu de la nationalité française".

Ex-secrétaire national chargé de la réforme des institutions, au temps de l'UMP, et désormais à l'immigration, il a déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, qu'il défendra également sous forme d'amendements au projet gouvernemental. Il souhaite également inscrire la notion d'assimilation dans la constitution.

dimanche 8 février 2015

La fiscalité française ou la double peine sur une minorité

L'inventivité fiscale est une exception culturelle française méconnue. 

Et cette créativité ne cesse de s'épanouir dans l'austérité



En matière de nouveaux impôts, de nouvelles taxes, la France socialiste a la palme ! 
Mais sa population mérite l'ordre du mérite. 
Si vous êtes propriétaires, les nombreux occupants d'un logement dont ils sont propriétaires ne sont pas mieux traités que les automobilistes. Les uns et les autres sont matraqués à tous les coins de rues. Loin de moi l'idée d'envier les sans-abris et les mal-logés, mais ces derniers entrent parfois dans la catégorie des propriétaires de leur logement et, comme de plus aisés, ils doivent acquitter deux fois l’impôt qui donne le droit d’habiter chez soi: la taxe foncière et la taxe d’habitation. 

Et c’est la même chose pour les autres impôts, même quand on leur donne un nom différent.
Les prélèvements sociaux par exemple. Ils s’élèvent à 15,5% sur les placements et à 8% sur les revenus du travail. Ils viennent s’ajouter au l’impôt sur le revenu et aux revenus catégoriels.


Un impôt sur l'impôt
Pour tromper son monde, Bercy déduit partiellement une petite fraction des prélèvements sociaux,  mais cela n’empêche pas sans qu’on s’en rende bien compte qu’avec ce système on paie un impôt sur l’impôt Prenons l’exemple des loyers. Si on perçoit 100 de revenus fonciers, on va payer des prélèvements sociaux de 15,5%. Il reste net 100 moins 15, donc 84,5. La justice fiscale voudrait qu'on soit imposé sur ce revenu sur la base de 84,5%. Mais, comme on ne peut déduire que 5,1% sur les 15,5 % versés, on est imposé sur 94, 9%...
En somme, l'Etat nous prélève l'impôt même sur nos contributions sociales. 
Et cela vaut pour les traitements et salaires, comme le confirme Frédéric Douet, professeur de droit fiscal à l’Université de Bourgogne. Et la note risque d’être encore plus lourde demain si, comme préconise le Conseil des prélèvements obligatoires, le gouvernement socialiste supprime aussi la déduction actuelle. Ca fait du bien d'avoir des frondeurs dans le parti aux affaires !

Sans compter que les salaires des actifs sont ponctionnés sous forme de cotisation à une pension de retraite, laquelle est à son tour soumise chaque mois à l'impôt, quand est venue la retraite...

Elle est pas belle, la fiscalité française ? Ceux qui votent ces lois y sont-ils soumis?...
Les vieux coûtent cher,
mais l'Etat tient à eux

lundi 28 juillet 2014

Nouvelle hausse des impôts indirects: 5,2% à La Poste

La Poste autorisée à augmenter ses tarifs en 2015

Hollande et Valls diront qu'ils n'y sont pour rien


Le gendarme de la régulation a endossé la responsabilité du gouvernement, vendredi. D'autant que cette hausse des tarifs de La Poste sera bien supérieure à l'inflation. Elle entrera en vigueur le 1er janvier 2015.

A quel prix seront les timbres et les colis? 
Si la nouvelle grille reste encore secrète, La Poste prépare les esprits en annonçant le feu vert de l'Autorité de régulation des télécommunications (Arcep) pour revaloriser ses tarifs compte tenu de ses difficultés financières

Plombée par  la chute des volumes de courrier et son incapacité à se réformer, La Poste avait demandé de pouvoir appliquer une hausse annuelle équivalente à l'inflation, majorée de 3,5% - contre seulement 1% jusqu'ici. 

Le 25 juillet, l'Arcep a annoncé sa validation de la demande de La Poste afin d'"assurer la pérennité du service universel" et de "donner à La Poste les moyens d'engager la transformation de son modèle de développement". 

Cet encadrement des tarifs postaux porte sur une période de quatre ans, de 2015 à 2018, se basant sur une augmentation annuelle moyenne des tarifs de 3,5 points au-dessus de l'inflation (pour laquelle l'Arcep a retenu un taux moyen de +1,7% sur la période) "soit une évolution nominale de 5,2%" au total, détaille l'autorité. 

Mais La Poste avait également, en raison de ses difficultés financières, demandé à pouvoir "consommer une partie significative de sa marge de manoeuvre tarifaire en début de période d'encadrement", c'est-à-dire pratiquer dès janvier 2015 une augmentation supérieure à celle prévue pour une seule année. 

L'Arcep a décidé d'instaurer un "plafond annuel", qui permet à l'entreprise d'utiliser dès le 1er janvier 2015 jusqu'à 50% de l'enveloppe globale prévue sur l'ensemble des quatre ans. 

Si La Poste indique "prendre acte" de la décision de l'Arcep, les augmentations précises et les tarifs demeurent inconnues: "Les nouvelles grilles tarifaires vont désormais être élaborées pour une mise en application le 1er janvier 2015; elles feront l'objet d'une communication au plus tard deux mois avant leur entrée en vigueur". 

L'Arcep convient que son feu vert à l'évolution des prix "constitue une hausse tarifaire sensible" mais estime également qu'elle "paraît compatible avec le principe d'abordabilité des offres du service universel" avant d'enchaîner que "s'agissant des ménages, la hausse ne devrait toutefois pas peser significativement sur leur budget: la consommation moyenne en services postaux par an et par ménage est de l'ordre de 46 euros". 

Commentant cette annonce, la CGT, premier syndicat du groupe, a jugé que La Poste et l'Etat actionnaire majoritaire, "s'apprêtent à faire les poches des Français".

La Poste est-elle une pétaudière  ?

Une rocambolesque affaire d'archer crée un malaise.
Un archet égaré dans les circuits postaux il y a deux ans, d’une valeur de 3500€, a été mis aux enchères cette année sur internet… par la Poste elle-même. Une boule puante pourrit l'atmosphère et SUD, le syndicat trotskiste du  NPA, n'y est cette fois pour rien, a priori.
Les media posent les questions qui fâchent : "Des employés de La Poste indélicats auraient-ils dérobé l’objet?" se demande Le Figaro, "La défiance de certains à l’égard de La Poste ne risque pas de diminuer avec ce genre d’histoire", commente Le Nouvel Obs, "Gonflée La Poste!" s’insurge 20 Minutes… La Poste n'est plus ce qu'elle était. 

La Poste met en cause la clientèle
Elle assure en effet qu’ "à aucun moment, au cours des échanges avec le service clients, la valeur de l’archet n’a été mentionnée". La Poste alourdit encore la barque, plombant un peu plus son image. La vieille dame indigne ajoute même "qu’elle n’est pas spécialiste de l’estimation des objets trouvés"... Celle qui fut une institution se déconsidère pour de multiples raisons, dont la légèreté de son comportement et de l'évaluation de la gravité des faits (suspicion de vol: comment l’objet "perdu" s’est-il retrouvé dans une cyber-vente aux enchères de La Poste…). La Poste n’a visiblement pas pris la mesure de sa responsabilité: nempathie envers la victime, ni aucune esquisse d’excuse.

S'il faut sauver La Poste, encore faut-il qu'elle le mérite 
Et les syndicats qui la co-gèrent - la CGT (29%), SUD (22%) et FO (18%) - refusent leur part de responsabilité. Bien au contraire, ils font monter ce sentiment que les responsables, ce sont les autres: la direction de cette société anonyme, mais aussi les usagers, puisque cette SA bénéficie de capitaux publics: la contribution fiscale de certains, lesquels subissent la double peine de l'impôt direct et de l'impôt indirect.

dimanche 29 septembre 2013

Aide aux départements en difficulté : "une prime aux mauvais élèves", selon J. Arthuis

Hollande assiste les collectivités territoriales mal gérées

Le sénateur Jean Arthuis dénonce les critères d’attribution qui favorisent ceux qui s’endettent le plus.
Quatre ans pour renflouer le département


Ce fonds d’urgence était-il une bonne idée? 
JEAN ARTHUIS. Au regard des dépenses, notamment sociales, qui alourdissent les comptes des départements, c’est une bonne chose que l’Etat donne un coup de pouce. Encore fallait-il que l’attribution des fonds soit rationnelle et impartiale.

Que voulez-vous dire? 
Je trouve curieux que ce soit le département de Corrèze, département du président de la République, qui remporte la part la plus forte de ce que l’Etat a appelé des "subventions exceptionnelles".

Cette répartition s’est faite sur des critères objectifs… 
Des critères qui font la part belle aux départements dépensiers. Quand on se penche sur la répartition, on se rend compte que plus un département est rigoureux, moins il perçoit d’argent. Et vice versa. Ainsi, la Corrèze a une capacité d’autofinancement en baisse, c’est-à-dire qu’elle a voté un budget en déficit, ce qui est d’ailleurs illégal, et qu’elle ne sera pas en capacité de rembourser sa dette avant quinze ans. Et pourtant, c’est elle qui est la plus choyée. Si ses dépenses sociales étaient au-dessus de la moyenne, cela pourrait à la limite justifier une telle générosité de l’Etat… Or, ce n’est pas le cas, puisque ce type de dépenses représente moins de 46% des dépenses réelles de fonctionnement, alors que, dans mon département, la Mayenne — qui, elle, n’a rien reçu de ce fonds —, elles s’élèvent à 47,7%.

Il y aurait deux poids, deux mesures selon la couleur politique des départements? 
Ce que je sais, c’est qu’en Mayenne nous nous battons depuis des années pour maîtriser nos dépenses et limiter les hausses d’impôt. Résultat, nous ne sommes quasiment pas endettés. Or, le taux d’endettement est l’un des critères privilégiés pour avoir droit aux subventions de ce fonds d’urgence. Ce n’est ni plus ni moins qu’une prime aux mauvais élèves. La répartition de cet argent me paraît arbitraire et, en plus, fondée sur une logique toute socialiste.

mardi 13 décembre 2011

Hollande: la retraite à 60 ans, seulement pour les débuts de carrière à 18 ans

Jeunes découragés de faire des études et syndicats trahis



Le candidat François Hollande
aux militants et aux syndicats



Etudier moins pour prendre plus tôt sa retraite


Le candidat socialiste en recul sur le projet socialiste
Hollande autoriserait seulement les salariés ayant commencé à travailler à 18 ans et ayant cotisé 41 ou 42 ans à partir en retraite à 60 ans.

Lundi matin, le candidat socialiste a annoncé sur RTL qu'il autoriserait uniquement les salariés ayant commencé à travailler à 18 ans et ayant cotisé 41 ou 42 ans à partir en retraite à 60 ans.
Hollande refuse maintenant de rétablir le droit au départ à 60 ans pour les autres, même avec décote. " Ceux qui n'ont pas leur durée de cotisation ne le pourront pas", a-t-il alors avoué.


Les syndicats et Martine Aubry dénoncent un coup fourré

Ils se rejoignent pour estimer que les précisions apportées par François Hollande sur les retraites sont fallacieuses. Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup", avait prévenu Martine Aubry pendant la primaire socialiste.

Le secrétaire général de FO n'en pense pas moins
" C'est une avancée par rapport à la réforme en vigueur qui a été votée l'année dernière ", tente de positiver Jean-Claude Mailly.

Mais le 'M. Retraites' de la CGT dénonce une tromperie sur la marchandise socialiste
Éric Aubin fustige clairement." Il a confirmé qu'il ne reviendrait pas sur le recul de l'âge de départ à la retraite à 62 ans"

L'UNSA accepte de se laisser endormir
" Si le gouvernement avait proposé ce que suggère François Hollande, l'unité syndicale n'aurait pas été la même", minimise pour sa part Jean Grosset, le numéro deux de l'UNSA, qui trouve toutefois "ambiguë" la position du candidat socialiste.

La CFTC souligne l'irresponsabilité du projet socialiste
" François Hollande s'est aperçu que le PS était allé trop loin en promettant de rétablir le droit au départ à la retraite à 60 ans, abonde Pascale Coton, la secrétaire générale de la CFTC. Il a compris que c'était intenable financièrement et il cherche le moyen de s'en sortir. C'est une reculade, peut-être intelligente, mais il va falloir s'y faire."

Seule la CFDT s'aligne sur la proposition restrictive du candidat PS
" François Hollande revient à la réforme de 2003 que la CFDT avait soutenue", commente François Chérèque.


Double peine pour les salariés

Les syndicats, dindons de la farce de la primaire PS
François Hollande en rabat, soulignant la démagogie de la Ch'tite Aubry.
Ses propositions ne correspondent plus, ni au projet socialiste, ni aux revendications des syndicats. Avant la primaire, le PS était sur la même ligne que les syndicats: il les avait soutenus, appelant même les Français à descendre massivement dans les rues, lors de la mobilisation à l'automne 2010 contre la réforme Woerth.

" C'est une reculade par rapport à la demande unanime des syndicats de ne pas augmenter la durée de cotisation et de maintenir l'âge de départ à 60 ans, et une reculade aussi par rapport aux espérances des salariés ", confirme Jean-Claude Mailly.
"La messe est dite ", se résigne Pascale Coton (CFTC).


La peau de chagrin de la pénibilité
Il n'est plus question de rétablir le droit au départ à 60 ans pour les autres, même avec décote. La grande majorité des salariés a été menée en bateau: " Ceux qui n'ont pas leur durée de cotisation ne le pourront pas ", a avoué Hollande, lundi matin.

Mais quelles déconvenues Hollande leur réserve-t-il encore dans les discussions à venir ?
Le candidat socialiste a certes dit vouloir ouvrir une négociation avec les partenaires sociaux pour les personnes ayant eu des métiers pénibles, mais les conditions risquent fort de se durcir elles aussi.


Hollande a-t-il trahi ?
Sa trahison pourrait-elle se retourner contre le candidat socialiste ?
" L'annonce de François Hollande marque une forme de mépris pour les salariés", accuse déjà Éric Aubin.
" En jouant sur les deux tableaux -l'âge de départ et la durée de cotisation-, Hollande valide sans le dire les réformes [UMP] de 2003 et 2010, et inflige une double peine insupportable aux futurs retraités. Mais nous ne sommes pas surpris ni déçus, car nous savions que nous serions obligés de remobiliser sur les retraites avant la présidentielle. "


François Hollande sera-t-il invité le 31 janvier lors d'un meeting national de la CGT à Paris ?

dimanche 26 décembre 2010

Loppsi 2, une actualisation législative

Loppsi 2, une mise à jour de la législation sur la sécurité intérieure

Les députés ont voté la loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI), en deuxième lecture et par 305 voix contre 187, au terme d'une "discussion riche et constructive", le mardi 21 décembre.

Les principaux points de ce texte:

- La création d'un délit d'usurpation d'identité sur Internet: "Le fait de faire usage, de manière réitérée, sur un réseau de communications électroniques, de l'identité d'un tiers ou de données qui lui sont personnelles, en vue de troubler la tranquillité de cette personne ou d'autrui, est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende [...] Est puni de la même peine le fait de faire usage, sur un réseau de communications électroniques, de l'identité d'un tiers ou de données qui lui sont personnelles, en vue de porter atteinte à son honneur ou à sa considération."

- Le blocage de sites Web publiant du contenu pédopornographique.
Le gouvernement, et non l'autorité judiciaire, comme l'avaient proposé certains députés, pourra imposer cette mesure aux fournisseurs d'accès à Internet. Ses détracteurs ont le sentiment que la loi rendra les pédophiles plus difficiles à pister par la police sur la Toile. En outre, les opposants suspectent la mesure de ne pas s'arrêter aux seuls pédocriminels.

- L'application de la vidéo protection (qui remplace la "vidéo surveillance") à des personnes morales de droit privé. La Loppsi assouplit aussi les conditions de visionnage des images. Les préfets pourront par exemple autoriser l'installation de caméras en cas de "manifestations ou rassemblements de grande ampleur présentant des risques pour l'ordre public".
Il ne faudra désormais plus que deux ans, contre trois jusqu'à présent, pour que les conducteurs qui auront épuisé la totalité de leurs points récupèrent leur permis.

- Un reforcement des peines pour les infractions les plus graves au code de la route
- atténué par un assouplissement des règles de récupération du permis à points, dont le délai passe de trois à deux ans dans la majorité des cas. Le véhicule pourra par exemple être confisqué si l'auteur en est propriétaire.
Autre mesure: l'interdiction, pendant cinq ans au plus, de conduire un véhicule non équipé d'un système d'anti-démarrage par éthylotest en cas de blessures involontaires ou d'homicide commis au volant.

- Une redéfinition des tâches des agents de police municipale, qui seront autorisés, dans certaines circonstances, à procéder à des fouilles, des contrôles d'identité et des dépistages d'alcoolémie. Le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) devient l'autorité de régulation et de contrôle de ce secteur.

- Le retour de la double peine. L'amendement vise à introduire dans le code pénal la possibilité pour un jury d'assises de prononcer une peine complémentaire d'interdiction du territoire à l'encontre d'un "criminel de nationalité étrangère". La double peine avait été abrogée en 2003 par Nicolas Sarkozy.

- L'évacuation des campements illicites, sur simple décision du préfet, en cas de risques graves pour la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publique. Les squatters seront passibles d'un an de prison et de 15 000 euros d'amende.

- Les mineurs de plus en plus adultes. Les préfets pourront décréter un couvre-feu entre 23 heures et 6 heures du matin pour les moins de 13 ans, dans le cas où "leur présence sur la voie publique durant la nuit [...] les exposerait à un risque manifeste pour leur santé, leur sécurité, leur éducation ou leur moralité". Un mineur récidiviste gardé à vue pourra être envoyé devant le tribunal pour enfants sans passer par le bureau du juge des enfants. Christian Estrosi a déjà expérimenté ce dispositif en place à Nice.

- Les peines minimales, dites "peines planchers", seront comprises entre 6 mois et 2 ans pour des violences aggravées passibles de 3 à 10 ans de prison. Les aménagements de peine pour ces délits ne concerneront que les peines d'une durée inférieure ou égale à un an - au lieu de deux ans auparavant. La période de sûreté pour les meurtriers de policier, de gendarme, de magistrat et membre de l'administration pénitentiaire passe de 22 à 30 ans. Le texte prévoit également des systèmes de surveillance, comme le bracelet électronique, pour les récidivistes. Nicolas Sarkozy avait réclamé une partie de ces mesures lors de son fameux "discours de Grenoble".

- Le président du Conseil général pourra prendre toute mesure d'aide et d'action sociales de nature à remédier à la situation quand les parents d'un mineur refuseront de signer un contrat de responsabilité parentale (créé en 2006).

La vidéosurveillance va être étendue à la voie publique à des personnes morales de droit privé.

- L'aggravation des peines pour les vols commis à l'encontre des personnes vulnérables.
Les peines sont portées à sept ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende. Si le vol est commis avec des violences à l'encontre d'une personne vulnérable, les peines sont portées à 10 ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende.
Début février, une polémique avait éclaté lorsque Brice Hortefeux avait annoncé vouloir durcir les sanctions en cas d'agression contre des personnes âgées. La découverte d'un couple de retraités poignardés avait conforté le ministre et confirmé la nécessité d'un ajustement législatif.

- La loi instaure un délit de "vente à la sauvette".

Une boîte à malice?



Traduction (libre):
"L'ordinateur dit qu'il faut qu'on mette notre législation à jour pour être compatibles avec notre société"...

La Lopsi I visait la période 2002-2007 , alors que le projet de loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, dit Loppsi II, est une mise à jour de la précédente sur 2009-2013.
La version II est stigmatisée par ceux qui prospèrent sur le désordre et la criminalité, car les moyens qu'elle fournit sont mieux adaptés à la criminalité du XXIe siècle et rendront plus efficace la lutte contre tous les types de risques: terrorisme, insécurité routière mais aussi cybercriminalité. "la LOPPSI répond aux défis posés par les formes les plus nouvelles et les plus violentes de la délinquance" a souligné Brice Hortefeux.

Cette version bêta sera opérationnelle à l'issue de la prochaine étape du processus législatif : un débat en séance publique programmé au Sénat à partir du 18 janvier 2011.

lundi 4 mai 2009

Hadopi: PaSiDupes doit maintenant voler au secours des artistes de gauche

Sa Cynique Majesté Royal se traînera-t-elle à nouveau à genoux?
Trilobite (Ere primaire)

Juliette Gréco, Maxime Le Forestier, Pierre Arditi et Michel Piccoli ont en effet dénoncé l'attitude des socialistes dans le débat sur le projet de loi Création et Internet ! D'un coup l'agence de presse britannique a plongé ce matin le PS du permien dans le silurien inférieur.

Dans une lettre ouverte publiée lundi par "Le Monde", ce quarteron d'artistes séditieux a accusé les socialistes d'être les "avocats du capitalisme débridé"! PaSiDupes écrivait avec justesse que, dans son aveuglement anti-sarkozyste, la presse militante était prise à contre pied par ceux mêmes qu'elle prétendait soutenir et qu'elle croyait derrière elle. Or, voilà qu'elle s'insurge: ça sert à quoi qu'elle se décarcasse?

Quelle faute a donc encore commis la bande Aubry?

"Vous avez perdu notre soutien", lancent les chanteurs et comédiens dans leur lettre adressée à la première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry, après le refus du PS de voter la loi Création et Internet.

"La gauche, notre famille , c'était le refus d'un ordre purement marchand. C'était la protection du faible contre le fort. En particulier pour la culture. En ne les abandonnant pas à la seule loi du marché, la gauche avait sauvé les artistes dans notre pays", expliquent-ils.

"En vous opposant, à l'occasion de la loi Création et Internet, à ce que des règles s'imposent aux opérateurs télécom -comme vous les aviez imposées naguère aux opérateurs de télévision et de radio- pour qu'ils cessent de piller la création, vous venez de tourner le dos de manière fracassante à cette histoire commune", accusent les chanteurs Juliette Gréco, Maxime Le Forestier, ainsi que les comédiens Pierre Arditi et Michel Piccoli.

Les socialistes, ajoutent-ils, étaient "la résistance à la déréglementation, à la loi de la jungle et du plus fort qui assassine la diversité culturelle". Ils sont devenus, déplorent les signataires, "les avocats du capitalisme débridé contre les droits des artistes à l'heure du numérique". Diable: au poignet de Titine Aubry verrons-nous bientôt une Rolex ?

"Souvenez-vous-en: le droit d'auteur est un droit de l'homme. [Faux !] Ce n'est pas parce que les PDG des nouvelles multinationales portent des jeans et des tee-shirts que leur âpreté et leur cupidité sont moindres", tonnent 'grave' les artistes. "Quand vous redeviendrez de gauche, vous saurez où nous trouver", concluent-ils, pleins d'illusions.


Voici le texte intégral de cette lettre ouverte (Lien LeMonde -téléchargement gratuit, pour une fois) :

Madame la Première Secrétaire,
Depuis toujours nous avons soutenu la gauche. Chaque fois que vous avez fait appel à nous, nous avons répondu présent. Pas par devoir. Moins encore par intérêt. Par désir et par conviction.
La gauche - notre famille - c'était le refus d'un ordre purement marchand. C'était la protection du faible contre le fort. En particulier pour la culture. En ne les abandonnant pas à la seule loi du marché, la gauche avait sauvé les artistes dans notre pays. C'était vrai, en particulier, des dispositions prises sous François Mitterrand. Ceux de nos voisins qui n'ont pas fait ce choix-là n'ont plus de cinéma ni de musique.
En vous opposant, à l'occasion de la loi "Création et Internet", à ce que des règles s'imposent aux opérateurs télécommunications (comme vous les aviez imposées naguère aux opérateurs de télévision et de radio) pour qu'ils cessent de piller la création, vous venez de tourner le dos de manière fracassante à cette histoire commune.
Vous étiez la résistance à la déréglementation, à la loi de la jungle et du plus fort qui assassine la diversité culturelle. Vous êtes désormais, par l'effet d'une étrange ironie de l'histoire, les avocats du capitalisme débridé contre les droits des artistes à l'heure du numérique.
Souvenez-vous en : le droit d'auteur est un droit de l'homme. Ce n'est pas parce que les PDG des nouvelles multinationales portent des jeans et des tee-shirts que leur âpreté et leur cupidité est moindre. Pour être cool en apparence, le capitalisme numérique n'en est pas moins sauvagement prédateur ! Héraclite nous enseigne : "le Peuple doit combattre pour ses lois comme pour ses murailles".
En faisant échec au vote de cette loi à l'Assemblée vous nous avez adressé un message de rupture. Par la présente, nous en accusons réception.
Vous avez perdu notre soutien - peut-être n'est-ce pas si grave après tout ? Mais il nous semble aussi, et cela est plus fâcheux, que vous avez également perdu votre âme.
Quant à nous, nous restons de gauche, comme ça, quand vous le redeviendrez, vous saurez où nous trouver.
Veuillez croire, Madame la Première Secrétaire, en l'expression de nos salutations attristées.
Pierre Arditi, Juliette Gréco, Maxime Le Forestier, Bernard Murat, Michel Piccoli

Le débat sur le projet de loi Création et Internet

Les réseaux de l'opposition ont fait flèche de tout bois
  • Des anti-sarkozystes primaires s'étaient signalés le 9 avril 2009.
    Dans une « Lettre ouverte aux spectateurs citoyens » (fortement connotée), parue dans le quotidien Libération (encore!), le journal Le Monde titrait ni plus ni moins: « 'Appel contre « un énième dispositif répressif' »
    Les signataires n'étaient pourtant que 13 (seulement 13) réalisateurs, acteurs et producteurs de cinéma qui dénonçaient la loi Création et Internet. Ils jugent « démagogique, techniquement inapplicable, bêtement ignorante des nouveaux procédés de téléchargement et purement répressive ». Ils y voient un « rendez-vous manqué » et réclament « des réponses positives » au « nouveau défi » posé par les nouvelles technologies. Ce n'était qu'un projet mais ils espéraient peser sur le vote des élus.
    Parmi les signataires, les réalisateurs Chantal Akerman et Christophe Honoré, les acteurs Victoria Abril, Catherine Deneuve ou Louis Garrel (fils et petit-fils de...), le producteur Paulo Branco.

  • Forts de ce puissnt parti-pris de 13 artistes, les journalistes militants s'étaient insinués dans le débat derrière les élus socialistes, mais ils déchantent aujourd'hui sous le nombre des sifflets et la pluie de tomates des camarades intéressés.
  • Puis, le 22 avril 2009, la très militante UFC-Que Choisir, le collectif (!) Pour le Cinéma, l'ISOC France, la Quadrature du Net et le SAMUP ont publié une lettre ouverte aux parlementaires pour qu'ils rejettent le projet de loi Création et Internet jugé dangereux et obsolète. (lien vers le texte )
  • Le débat a repris le 29 avril à l'Assemblée Nationale dans une ambiance électrique entre la majorité et l'opposition, trois semaines après la manipulation socialiste qui a permis le rejet surprise du texte par les députés. Les députés de la majorité étaient très mobilisés pour faire payer à la gauche éthique son abus de confiance du 9 avril, principale raison du rejet du texte.
  • Un mois plus tard, désavoués par une majorité d'artistes de gauche, les manipulateurs citoyens s'appuient désormais sur les quelques voix discordantes de la majorité plurielle !

    Le projet de loi vise à éduquer les usagers au respect de la création artistique
    La gauche passe encore à côté d'une occasion d'appliquer sa théorie de la prévention
    Plutôt que d'éduquer l'opinion au respect de l'oeuvre artistique et des créateurs, les gauches politicienne et médiatiques encouragent la « désobéissance » civile. Les élus socialistes à courte vue croyaient se rallier la jeunesse en caricaturant le projet de loi en dispositif "liberticide".

    Le PS et sa presse s'opposent évidemment au projet.
    Ils présentent en effet le projet comme une machine infernale de "riposte graduée" menaçant jusqu'aux petits internautes qui téléchargent illégalement de la musique ou des films. Mais, non seulement ils excluent les créateurs de la « république du respect », mais ils terrorisent Momo et Brenda en brandissant le risque de coupure de leurs accès Internet pour une durée de deux mois à un an ! Tremble jeunesse !

    La presse militante dénature aussi l'esprit du projet en affirmant que le dispositif a été renforcé contre tous les petits téléchargeurs défavorisés (et non pas en faveur des artistes), le 27 avril en commission avec la réintégration dans le texte de la "double peine" instituée par les sénateurs: même l'internaute occasionnel sera traqué et devra continuer à payer son abonnement en cas hautement improbable de suspension de son accès.

    Mais la presse partisane n'a réussi qu'à provoquer une levée de boucliers courriers
  • Sous la forme de lettres ouvertes de protestation, des artistes de tous horizons, se sont adressés au PS, sans l'intervention Che-Besancenot, facteur intermittent du spectacle politique. Après les professeurs menacés des 35 heures dans les établissements scolaires, le PS s'en prend donc à une autre fidèle clientèle, les artistes, créateurs et interprètes. Que ce soit le PS de Sa Cynique Majesté Royal ou celui de Martine Aubry, de Delanoë à Fabius et Hamon, les socialistes font le vide et bâtissent l'après-sarkozysme rêvé par ce bouffon de Joffrin (Lire PaSiDupes) qui fait la tournée des media comme d'autres des bistrots, répandant ses « brèves de comptoir ».

    Les parlementaires socialistes ont insisté pour affirmer que le projet ne rapportera "pas un euro" à la création culturelle, mais les quatre artistes « désobéissants citoyens » réclament cet euro et les autres: Madame Gréco craint en effet pour son pouvoir d'achat, mais Libération et le PS se moquent des fins de mois du communiste Piccoli.

    Or, Jack Lang votera en faveur de la loi Hadopi (lien)

    Lire aussi l'article de PaSiDupes sur les autres 150 pétitionnaires et la lettre ouverte des Bedos et compagnie. (lien)