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mardi 8 janvier 2019

Taxe d'habitation: marche-arrière de Bruno Le Maire

Après avoir exclu les plus riches, le ministre veut maintenant "aller au bout de la suppression" de la taxe d'habitation

Y a-t-il un arbitre au sommet de l'Etat ?

Lundi, la possibilité d'un maintien pour les plus aisés était "sur la table".
Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, avait alors évoqué la possibilité de maintenir la taxe d’habitation pour les 20 % de ménages les plus aisés, rejetant l’argument de rupture d’égalité devant l’impôt, alors que la réforme est entrée en vigueur le 1er octobre, avec une première baisse de 30 %.
Or, de nombreux contribuables ont découvert ces dernières semaines que la baisse serait inférieure aux 30 % annoncés, leur commune ayant décidé d’augmenter leur taux d’imposition. Pour faire taire les critiques, le gouvernement a de nouveau défendu ce lundi sa réforme : Bercy a mis en ligne une carte interactive montrant le nombre de foyers assujettis à cet impôt et le gain moyen par foyer.
Cette carte, mise en ligne sur le site economie.gouv.fr, "permettra de découvrir commune par commune, le montant de l’économie de taxe d’habitation réalisé par foyer assujetti à la taxe d’habitation", assure le ministère des Comptes publics de Darmanin, dans un communiqué. Ces chiffres, agrégés par l’administration fiscale, "sont aussi proposés par région ou par département", précise le communiqué. L’Ile-de-France serait la première bénéficiaire.
Bercy admet que 6.200 municipalités (sur un total de 35.400 communes) ont relevé cette année le taux de leur taxe d’habitation.. Parmi les villes de plus de 10.000 habitants, seules 55 l'ont déjà fait.
Lundi toujours, sur RTL, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, s’était montré plutôt favorable à ce que les Français ayant "de gros revenus et de grosses habitations" continuent de s’acquitter de la taxe d’habitation : "Peut-être qu’on pourrait effectivement imaginer que ce ne serait pas juste de les exclure" de son paiement.

Après avoir émis l'hypothèse que le gouvernement pourrait maintenir la taxe d’habitation pour ces 20 % les plus riches, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a donc finalement reculé ce mardi, affirmant qu’il fallait aller "au bout de la suppression" de cet impôt pour tous. Un avis personnel qui semble toujours incertain. 
"J’ai redit dimanche qu’il fallait aller au bout de la suppression de la taxe d’habitation. Aller au bout de la suppression de la taxe d’habitation cela veut dire aller au bout de la suppression de la taxe d’habitation", a insisté le ministre de l’Economie, dans un sursaut velléitaire d'autorité, lors d’un colloque à Bercy sur l’économie verte.
En fait, concernant la taxe d’habitation, Macron n’a toujours pas décidé du sort de ces 20% des ménages : la plus grande confusion continue ainsi d'entourer ce sujet, comme d'autres, et les 20% attendent de savoir de quoi leur avenir sera fait.

Les Français défendront-ils le principe d'égalité devant l’impôt avec les Gilets jaunes ?

Après les nombreuses critiques du mouvement des "gilets jaunes" contre la politique fiscale du gouvernement, qu’ils jugent inégalitaire, la valse-hésitation de l'exécutif sur la taxe d’habitation était relancée dimanche. Sur le plateau du 'Grand Rendez-Vous' Europe 1-CNews-Les Echos, Bruno Le Maire avait assuré que Bercy pourrait revoir sa copie si une demande en ce sens venait à être formulée dans le cadre du 'grand débat  national" lancé par Emmanuel Macron.
"Il est essentiel" que cette suppression "soit aboutie (…), mais nous pouvons très bien demander aux Français "est ce que vous estimez que pour les 20 % les plus riches il est légitime ou non de supprimer la taxe d’habitation" ?", avait alors affirmé le locataire de Bercy. "Si nous répondons non à chaque demande des Français, que nous ne sommes pas capables d’écouter la demande de justice, nous ne réussirons pas le grand débat, qui doit s’ouvrir dans les prochaines semaines", avait-il ajouté. 
Ancien maître de Bercy, Macron ne parvient pas à trancher.
Il avait d’abord promis de supprimer la taxe d’habitation pour 80 % des ménages, à l'horizon 2020, avec une première baisse de 30% à l'automne 2018, mais il avait ensuite annoncé l’extension de cette mesure à l’ensemble des Français.

Sur Cnews, le nouveau délégué général de La République en marche,
Stanislas Guerini, a donné "raison" à Bruno Le Maire lorsqu’il se dit ouvert au débat sur ce sujet. Car, a estimé Stanislas Guerini, "si on ferme toutes les portes à toutes les réflexions qu’on peut avoir, alors on ferme le grand débat" voulu par l’exécutif dans les territoires, pour répondre à la crise des 'gilets jaunes '.

Le dernier mot reviendra-t-il aux participants au "grand débat national" ?
Les Français ont appris à leur dépens que Macron fait mine d'écouter, passe la main dans le dos dans un grand sourire crispé, mais qu'au final, il leur fait à l'envers.
Certains propriétaires ont tout lieu de craindre d'avoir à payer plus.

lundi 9 juillet 2018

Bercy met au chômage des milliers d'employés du fisc et des douanes

Le plan d’économies de Darmanin menace à Bercy d'abord

Ils coûtent un "pognon de dingue" : le ministère de l’Economie et des Finances va faire des coupes sombres dans ses effectifs.

Politique de la terre brûlée
Le ministre de l’Action et des Comptes publics devrait annoncer un plan d’économies mercredi. Dans l'administration centrale du fisc et des douanes, des milliers de postes de fonctionnaires sont ainsi menacés, révèlent les syndicats.

Tout est pour le mieux : Macron l’avait promis durant sa campagne ! 
Réduire la dépense publique et supprimer au bas mot 50.000 postes dans la fonction publique d’Etat, c'était promis et les électeurs de Macron savaient qu'ils couraient au suicide. Selon le quotidien Les Echos, les ministères vont être mis à la diète et Bercy donne l’exemple.

Plan de restructuration annoncé mercredi 11 juillet
Le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin devrait réunir les directeurs de son administration pour leur dévoiler son plan de réorganisation et il sera d'une ampleur sans précédent : des milliers d’emplois seront sabrés. 

Pour le moment, aucune certitude sur l’ampleur des coupes. Les Echos avancent un chiffre : 20.000 emplois supprimés d’ici cinq ans environ. Mais, dimanche, le ministère "ne confirmait pas les informations des Echos", même si une source anonyme proche du dossier évoque bien des "économies" au fisc et aux douanes.

20.000 postes ciblés. Ces dernières années déjà, environ 60% des départs à la retraite n’ont pas été compensés, soit 2.000 emplois supprimés par an. Le rythme pourrait s’accélérer, selon la CFDT finances. Dans un communiqué, le syndicat s’attend à des réductions d’effectifs de 4.000 fonctionnaires par an à partir de 2019. C’est plus que les seuls non-remplacements de départs à la retraite (près de 3.500 par an).

Mais, toujours selon Les Echos, le gouvernement devrait attendre au moins un an avant d’atteindre ce rythme. Il veut, auparavant, négocier avec les syndicats pour engager des "plans de départs volontaires", annoncés au printemps par Gérald Darmanin-le nain Hun (ci-contre)

"L’an dernier, nous avions estimé que la Direction générale des finances publiques (DGFiP) risquait de subir 18.000 à 20.000 suppressions d’emplois. La direction ne nous a jamais démentis", s’inquiète Anne Guyot-Welke, porte-parole du syndicat trotskiste Solidaires finances publiques.

La numérisation, agent d'extermination de fonctionnaires

Le gouvernement parie sur la numérisation de l’administration fiscale, sur la disparition de la taxe d’habitation et la mise en place du prélèvement à la source pour tailler dans les effectifs.

Ce plan d’économies a été alimenté par le rapport Action publique 2022, qui n’a pas été dévoilé. Dans un autre rapport, la Cour des comptes avait, elle, plaidé pour 30.000 postes en moins (30% des effectifs). Pour les magistrats de la rue Cambon, afin d’atteindre les 50.000 suppressions d’emplois promises par Macron, il faudrait en réalité en supprimer 70.000 au total. Car le président avait aussi promis d’augmenter les effectifs de la Défense ou de l’Education nationale. 

Un redéploiement  que Sarkozy envisageait avant Macron qui le fera avec la complicité de ses "godillots" de l'Assemblée. Quand vont-ils penser à leur réélection ? Pas de danger : ils retourneront au privé d'où ils viennent...

lundi 5 mars 2018

Un député macronien a vu une "génération dorée" de retraités : il l'a rencontrée ?

Attaque en règle de la Macronie sur les retraités

Eric Alauzet, député LREM du Doubs, défend les réformes fiscales du gouvernement visant les retraités

La colère des retraités serait injustifiée, selon Eric Alauzet, néo-député (LREM) du Doubs et rapporteur du budget de la Sécurité sociale pour la commission des finances. Elu municipal de Besançon en mars 2014 sur la liste d’Union de la gauche et conseiller général EELV (à la "droite pro-gouvernementale", lire pro-socialiste, du groupe écologiste, 2008-2014), et seul député EELV à siéger comme membre du groupe parlementaire LREM, ce beau specimen de godillot de la majorité présidentielle assure que les mesures engagées seront neutres pour les retraités les plus modestes.

De nombreux retraités iront manifester le 15 mars contre les mesures fiscales d’Emmanuel Macron. Comprenez-vous leur colère ? lui a demandé ...Le Parisien.

Eric Alauzet. Pas vraiment. Ceux qui vont être pénalisés ne représentent qu’une minorité. Tout d’abord, pour 40 % des retraités les plus modestes, déjà exonérés de CSG et de taxe d’habitation, les mesures fiscales seront neutres. Ensuite, pour les 20 % les plus aisés (sic), ceux dont les revenus mensuels dépassent 2600 euros net pour un célibataire ou 4050 euros pour un couple, il y aura en effet une perte de pouvoir d’achat, assumée par le gouvernement [mais surtout par les intéressés]. Ils continueront de payer la taxe d’habitation et verront la hausse de la CSG sur leurs pensions. 
Enfin, pour les 40 % de retraités moyens, ni pauvres, ni riches, ils seront compensés en très grande partie par les mesures, totalement ou pas. Si leur taxe d’habitation est élevée, ils seront gagnants. 

D’ici la suppression d’un tiers de la taxe d’habitation à l’automne, la plupart des retraités sont perdants. N’est-ce pas un mauvais signal à leur envoyer ? 

Il faudrait surtout leur fournir une information complète qui leur permette de comprendre qu’au final, après la suppression totale de la taxe d’habitation en 2020, ils seront majoritairement gagnants [Après deux ans, peut-être].
 
Mais je tiens aussi à leur rappeler le montant des retraites de leurs grands-parents, qui ne grimpaient pas bien haut. Celles de leurs enfants seront entre 10 et 15 % moins élevées aussi. Les retraités d’aujourd’hui font partie d’une génération dorée ! Et s’ils ont travaillé toute leur vie, ça ne suffit pas comme argument au moment où il faut trouver de l’argent pour renflouer les caisses de l’Etat. [réduire le train de vie de l'Etat et de ses élus ?] 

Les mesures fiscales [sur les seniors] permettent surtout de renflouer les salaires d’une grande partie des actifs… C’est vrai. Le choix politique d’Emmanuel Macron est très clair là-dessus. Certains retraités ont toujours dit qu’ils voulaient bien payer plus mais savoir où leur argent allait. Aujourd’hui, ils le savent, déclare cyniquement l'individu. 
La hausse de la CSG permet d’améliorer le revenu des salariés, de leurs enfants, poursuit-il, non sans impudence. 

Cela ne risque-t-il pas de diviser les Français entre eux ? 

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Je ne pense pas, assume l'élu de la gauche socialo-écolo. Il faut que les retraités se ressaisissent et comprennent que ces mesures accompagnent ceux qui travaillent [et tant pis pour ceux qui ont travaillé une vie durant et ont droit au repos]. 

Par ailleurs, la hausse de la CSG est une mesure de gauche, extrêmement sociale, elle n’impacte pas les retraités ou les Français les plus modestes, insiste-t-il. Ceux qui mettent au pot peuvent financièrement le faire. 
La coupe est-elle pleine ?

Les retraités sont furieux et ils entendent bien le faire savoir. Ils manifesteront le 15 mars pour dénoncer les mesures fiscales qui grèvent leur pouvoir d’achat, notamment la hausse de la CSG. 

dimanche 1 octobre 2017

Bruno Le Maire "assume" les "efforts" demandés aux retraités

Le ministre ne craint pas les retraités autant que les routiers...  

Le ministre de l’Économie a assuré avoir "conscience de l’effort que nous demandons aux retraités"

Manifestation à Paris
Jeudi 28 septembre 2017, les retraités sont descendus dans la rue 
pour protester contre l’augmentation de 1,7 point de la CSG
C'est pour la bonne cause qu'ils subiront la hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) et sans compensation par une baisse des charges, alors que ce sera le cas pour les actifs. "Mais leur effort ne sera pas vain: il est pour ceux qui travaillent, pour financer la formation des jeunes qui n’ont pas d’emploi", notamment les décrocheurs scolaires et les clandestins, a assuré B. Le Maire, invité dimanche du Grand Jury sur RTL/LCI/Le Figaro. 
Les retraités ont été solidaires pendant toute leur vie active et restent pourtant bénévoles dans leurs familles et dans  les associations, tels Les Restos du Coeur ou le Don du Sang...

Le ministre de l’Économie a cherché à enfumer les retraités.

En maison de retraite Il a raconté que, "pour le moment ils ne le voient pas, mais nous allons supprimer leur taxe d’habitation et nous allons augmenter le minimum vieillesse". Les classes moyennes seront donc à nouveau frappées. 
"Nous leur demandons un effort, mais il est moins important que ce l’on veut bien en dire", a également affirmé Le Maire.


Près de 60% des retraités, soit 8 millions de personnes, seront touchés en 2018

Manifestation à Paris
Or, cette hausse entraînera, selon les syndicats, une perte de 408 euros par an pour les retraités qui ont cotisé pour 2.000 euros mensuels. Une double peine.
Détaillée mercredi lors de la présentation du budget, la mesure doit servir à compenser la suppression des cotisations salariales chômage et maladie pour les salariés du secteur privé. Un dommage collatéral de la réforme du code du Travail voulue par Macron.

Un "effort" demandé par l'ex-banquier Macron qui stigmatise les "retraités les plus aisés", c’est-à-dire ceux qui touchent plus de ...1.200 euros par mois, pour "récompenser le travail" en redonnant du pouvoir d’achat aux actifs. 

Plus de 2.000 retraités ont défilé jeudi à Paris pour dénoncer la hausse de la CSG. 
Mais les retraités ne bloquent pas les raffineries et ne déversent pas de paille derrière l'Elysée...


dimanche 8 février 2015

La fiscalité française ou la double peine sur une minorité

L'inventivité fiscale est une exception culturelle française méconnue. 

Et cette créativité ne cesse de s'épanouir dans l'austérité



En matière de nouveaux impôts, de nouvelles taxes, la France socialiste a la palme ! 
Mais sa population mérite l'ordre du mérite. 
Si vous êtes propriétaires, les nombreux occupants d'un logement dont ils sont propriétaires ne sont pas mieux traités que les automobilistes. Les uns et les autres sont matraqués à tous les coins de rues. Loin de moi l'idée d'envier les sans-abris et les mal-logés, mais ces derniers entrent parfois dans la catégorie des propriétaires de leur logement et, comme de plus aisés, ils doivent acquitter deux fois l’impôt qui donne le droit d’habiter chez soi: la taxe foncière et la taxe d’habitation. 

Et c’est la même chose pour les autres impôts, même quand on leur donne un nom différent.
Les prélèvements sociaux par exemple. Ils s’élèvent à 15,5% sur les placements et à 8% sur les revenus du travail. Ils viennent s’ajouter au l’impôt sur le revenu et aux revenus catégoriels.


Un impôt sur l'impôt
Pour tromper son monde, Bercy déduit partiellement une petite fraction des prélèvements sociaux,  mais cela n’empêche pas sans qu’on s’en rende bien compte qu’avec ce système on paie un impôt sur l’impôt Prenons l’exemple des loyers. Si on perçoit 100 de revenus fonciers, on va payer des prélèvements sociaux de 15,5%. Il reste net 100 moins 15, donc 84,5. La justice fiscale voudrait qu'on soit imposé sur ce revenu sur la base de 84,5%. Mais, comme on ne peut déduire que 5,1% sur les 15,5 % versés, on est imposé sur 94, 9%...
En somme, l'Etat nous prélève l'impôt même sur nos contributions sociales. 
Et cela vaut pour les traitements et salaires, comme le confirme Frédéric Douet, professeur de droit fiscal à l’Université de Bourgogne. Et la note risque d’être encore plus lourde demain si, comme préconise le Conseil des prélèvements obligatoires, le gouvernement socialiste supprime aussi la déduction actuelle. Ca fait du bien d'avoir des frondeurs dans le parti aux affaires !

Sans compter que les salaires des actifs sont ponctionnés sous forme de cotisation à une pension de retraite, laquelle est à son tour soumise chaque mois à l'impôt, quand est venue la retraite...

Elle est pas belle, la fiscalité française ? Ceux qui votent ces lois y sont-ils soumis?...
Les vieux coûtent cher,
mais l'Etat tient à eux