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dimanche 12 février 2017

Affaire Penelope : la justice pourrait décider de ne rien décider avant la présidentielle

Le soupçon continuerait de planer sur l'élection

Une décision de justice imminente
 
Les avocats de François Fillon ne croient plus guère à un classement sans suite de l'enquête visant le candidat et son épouse. Pourquoi la procureure aurait-elle fait tout ça, si après avoir manifesté une hyper-réactivité suspecte aux accusations du Canard enchaîné et de Mediapart, la presse anarcho-révolutionnaire, elle avait eu d'emblée l'intention de rétropédaler ? 
Le Parquet national financier (PNF) étudierait en effet deux options pour poursuivre -ou faire tomber les époux Fillon - , comme le révèle le JDD ce dimanche. La décision du parquet national financier (PNF) sur l’affaire Fillon devrait intervenir cette semaine. 

Le PNF aurait d'ores et déjà décidé de poursuivre les époux Fillon. 
Des membres du parti Les Républicains envisagent que l’ancien Premier ministre soit écarté de la Présidentielle, semblent désormais acquis à l'idée que le candidat désigné de la droite et du centre ne bénéficiera pas d’un classement sans suite, sans considération de l'intérêt des institutions. La gauche éclatée par cinq années de pouvoir ne pourrait rêver meilleure dénouement à son cauchemar.

Après dix-sept jours d’enquête et d’auditions, deux scénarios étaient possibles

Soit l’ouverture d’une information judiciaire, confiée à un ou des juges d’instruction 
Dans le premier cas, l’information serait ouverte contre personnes dénommées et non "contre X" ; il appartiendrait alors aux magistrats instructeurs de convoquer les intéressés pour les mettre en examen.
 
Soit une citation directe devant le tribunal correctionnel. 
Au plus tôt, une citation directe pourrait donner lieu à un procès dans un délai de onze jours. L’audience pourrait durer plusieurs jours et le délibéré avant la décision, plusieurs semaines. 
Cette hypothèse est quasi inenvisageable avant le 17 mars, date butoir pour le dépôt des candidatures à la présidentielle. Ensuite, la justice peut choisir (ou non) d’observer une "trêve électorale" et s’interdire toute poursuite avant le scrutin. 
Une citation directe conforterait en outre les citoyens dans leur sentiment d'une justice expéditive.

Le Parquet, financier ou non, est-il dans son bon droit en pourrissant la vie des Français ?
Sa fonction est de défendre les intérêts des citoyens.
En droit français, le ministère public (le Parquet ou encore la magistrature "debout", à la différence des magistrats du siège qui jugent assis, en majesté) est l'autorité chargée de défendre l'intérêt de la collectivité et l'application de la loi.

Bientôt trois semaines que le feuilletonnage des accusations de la presse se poursuivent,
avec la conviction que les sources des accusateurs sont moins dues à leur propre investigation qu'au fuitage du milieu judiciaire proche du pouvoir.

mercredi 30 décembre 2015

Guillaume Larrivé (LR) ne votera pas "en l'état" la réforme constitutionnelle

Le député Les Républicains démonte le projet

Une "manipulation politique" et "brouillon juridique"

Réaffirmant son souhait de voir la déchéance de nationalité étendue aux auteurs de délits terroristes, quelque soit leur motivation, islamo-fasciste ou révolutionnaire, Guillaume Larrivé, député LR de l'Yonne, ne votera pas "en l'état" la réforme constitutionnelle proposée par l'exécutif.
Membre de la commission des lois, il a dit sur Europe 1 : "Je ne voterai pas en l'état la révision de la constitution proposée par François Hollande, parce que c'est une manipulation politique et un brouillon juridique, une sorte de tract improvisé et mal écrit".

Ce maître des requêtes au Conseil d'État ne menace pas tous les Français, indistinctement.

"Je veux que tous les terroristes étrangers puissent être expulsés définitivement en dehors du territoire national," a précisé ce maître des requêtes au Conseil d'État . 

C'est la double peine que veut Hollande pour les binationaux...
Le député dénonce une sanction bidon : "Sur la question de la nationalité, le texte que propose François Hollande ne s'appliquerait qu'aux criminels, c'est-à-dire à des individus déjà condamnés par une cour d'Assises". "Moi je veux par exemple,  qu'un djihadiste qui a porté les armes dans la zone irako-syrienne et qui passe devant un tribunal correctionnel comme auteur d'un délit terroriste (...) soit aussi déchu de la nationalité française".

Ex-secrétaire national chargé de la réforme des institutions, au temps de l'UMP, et désormais à l'immigration, il a déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, qu'il défendra également sous forme d'amendements au projet gouvernemental. Il souhaite également inscrire la notion d'assimilation dans la constitution.

vendredi 3 janvier 2014

Montpellier :6 ans ferme après avoir fauché une étudiante de 20 ans

Homicide, délit de fuite, excès de vitesse, alcool, cannabis, cocaïne, permis invalidé, défaut d'assurance: 6 mois

Et la justice de Taubira n'est pas laxiste?


Marche dérisoire
face à une législation inappropriée
Le chauffard qui a tué Charlotte a été condamné jeudi à 6 ans de prison ferme. 
Le tribunal correctionnel de Montpellier fait fort peu cas de l'étudiante fauchée à 18 ans, à la fleur de l'âge, au petit matin, par un chauffard qui roulait à très vive allure et a pris la fuite. Sous l'emprise de l'alcool et de stupéfiants, le chauffard anonyme de 34 ans avait "exécuté" l'étudiante à Montpellier en décembre 2012. 
Les juges n'auraient-ils pas été trop sévères jeudi "à l'encontre de l'homme" en prononçant en outre la confiscation de son véhicule ainsi qu'une interdiction de repasser le permis durant un délai de 5 ans ?...

L'humanité des juges de Montpellier est touchante: elle permettra au meurtrier de trouver plus facilement un emploi après 3 ans, puisque la peine n'est pas incompressible !

Délit de fuite, excès de vitesse, alcool, cannabis, cocaïne, permis invalidé, défaut d'assurance

La condamnation est plus clémente que les réquisitions du procureur, Olivier Decout, qui n'avait pourtant réclamé que 8 ans d'emprisonnement. Le trentenaire, qui roulait sans permis, comparaissait en correctionnelle pour homicide involontaire avec six circonstances aggravantes -délit de fuite, excès de vitesse, alcool, cannabis, cocaïne, permis invalidé, défaut d'assurance- pour avoir fauché, le 22 décembre 2012 devant la cité universitaire la Voie Domitienne à Montpellier, Charlotte Landais, une étudiante en 2e année de pharmacie de 18 ans.

Poursuivre les auteurs de délit de cette ampleur devant une Cour d'Assises

Dans la matinée, environ 150 personnes dont la famille de la victime, avaient répondu à l'appel de l'association "Charlotte Mathieu Adan" à manifester dans le centre ville de Montpellier pour réclamer la possibilité de poursuivre les auteurs de délit de cette ampleur devant une Cour d'Assises. Mais, au regard de la loi pour échapper aux Assises et à un jury populaire, il suffit aujourd'hui que le meurtrier ne se soit pas levé avec l'intention de tuer... "Si le meurtrier était sorti, bourré et camé, de la discothèque avec un flingue, il serait passé eux Assises": mais dans ce cas, la voiture n’est pas une arme par destination.

"Le corps de la victime a été projeté à plusieurs mètres de haut"
Selon certains témoins, le conducteur de la voiture de marque Skoda faisait du rodéo sur l’Avenue Domitienne où s’est produit le drame. Michel (prénom d’emprunt), un veilleur de nuit de la cité universitaire Boutonnet, raconte : "J’ai entendu un énorme bruit. J’ai même cru que c’était un choc entre deux voitures. Mon bureau donne sur la Domitienne. J’attendais la relève de 6 h. Le corps de la victime a été projeté à plusieurs mètres de haut et à 7-8 mètres de l’impact. Je l’ai vu retomber. J’ai tout de suite compris. La jeune fille gisait dans son sang." Il estimera la vitesse du véhicule "gris à plus de 100 km/h". Le gardien se rendra au chevet de la victime : "J’ai pris son pouls... On s’est retrouvés à quatre ou cinq personnes sur les lieux, en train d’appeler les secours." Des secours qui seront vains. La jeune étudiante décédera une heure après avoir été transférée aux urgences dans le coma.
Interpellé, le propriétaire de la Skoda a catégoriquement nié avoir percuté et mortellement blessé sa victime et a dit avoir prêté son véhicule à un compagnon de poker dont il ne connaît pas le nom et qui lui aurait ramené le véhicule abîmé, maculé du sang et de cheveux de la jeune victime en lui expliquant qu’un inconnu avait jeté une bouteille sur le pare-brise.

L'humanité des juges de Montpellier est touchante


Il a filtré que le meurtrier est un récidiviste.

L'anonyme a en effet déjà fait l’objet d’ "une mesure judiciaire" à la suite d’une conduite sous l’empire de l’alcool en 2008. "Il encourt dix ans d’emprisonnement, ce qui me permettra de saisir le juge des libertés et de la détention, même si le magistrat instructeur n’était pas d’accord", avait lancé Brice Robin, procureur à Montpellier,  en  décembre 2012 face à un homme ayant fait montre "d’un comportement irrespectueux de toutes les règles de circulation routière".

La compassion des juges
permettra au meurtrier de trouver plus facilement un emploi après 3 ans, puisque la peine n'est pas incompressible !En février 2013,  la garde des Sceaux, Christine Taubira, a désigné Brice Robin, le procureur de Montpellier au moment des faits, au  "poste très exposé" de procureur de la République de Marseille, le troisième tribunal de France. Le Conseil supérieur de la Magistrature (CSM) a  confirmé le voeu de Christiane Taubira, en toute indépendance.

Le procureur Brice Robin était en charge de l'affaire des paris truqués impliquant des handballeurs de Montpellier, lesquels avaient admis avoir parié contre leur équipe tout en niant avoir triché. La garde à vue de 18 suspects, dont neuf joueurs, avait été prolongée, avant que trois handballeurs -Mickaël Robin, Vid Kavticnik et Wissem Hmam- ne soient relâchés "pour des raisons techniques". Parmi les suspects interpellés après le match PSG-Montpellier, l'icône du hand français Nikola Karabatic, double champion olympique et double champion du monde, était resté en garde à vue. Les défenseurs des handballeurs avaient fustigé une "violation" du secret de l'instruction par le procureur.


L'identité du criminel ne filtrera guère
Technique et sans pathos, le nouveau procureur, Olivier Decout, requiert huit ans d'emprisonnement ferme, insistant sur le caractère involontaire de l'homicide. L'avocat de la défense, Me Cyril Malgras, avait pourtant été affirmatif: "il est coupable de tout. Tout ce qu'il a fait est volontaire. On est loin de la maladresse". Né au Maroc, Oulkouchest finalement condamné à six ans de prison ferme. Son complice Mustapha Bouchane, né à Montpellier, sera libre.

C'est
un blog de Mediapart qui publie le nom du condamné. 
Il apporte les précisions que ne livre ni Le Monde, ni Libération: "la tempérance n’est pas son fort. Le pack de douze bières partagées avec son pote Mustapha Bouchane, les trois vodkas avalées sur le trottoir d’un bar à shishas, la bouteille de whisky vidée dans une boîte de nuit, un peu de coke et quelques tarpés l’ont mis dans un état "pittoresque", vautré dans la boue devant la discothèque d’où il a été viré. C’est finalement son pote Mustapha Bouchane qui prend le volant jusqu’à son propre domicile, avant de le rendre à Oulkouch. Celui-ci repart donc dans les rues de Montpellier, armé de sa voiture (pour laquelle il n’a ni permis ni assurance). Il entame à grande vitesse un rodéo dans les rues encore ensommeillées de la grande cité héraultaise. Des zigzags à 80/100 km/h, c’est le pied ! Olé ! "


Cette dissimulation est lourde de conséquences en alimentant le soupçon sur l'origine du criminel. Pour des faits de corruption, les noms des Karabatic et de leurs complices n'avaient pas été floutés.

Le nom de Lhoussain Oulkouch sera tu par une large part des media.
La famille Landais a décidé de faire appel.
Mais le législateur n'envisage pas de changer la loi. Comme il a déjà fait un an de préventive, Oulkouch fera moins de trois ans de taule. 
Et pas de peine plancher...

vendredi 13 juillet 2012

Andrieux, députée condamnée mais réintégrée par le PS

Sournoiserie de l'équipe Hollande 

Sylvie Andrieux, députée a qui le PS avait retiré l'investiture au motif de son renvoi en correctionnel pour "détournement de fonds publics" a été réintégrée.

Lire les nombreux articles de PaSiDupes sur le sujet (cf. libellés ci-dessous)

samedi 18 septembre 2010

Brice Hortefeux nous rendra-t-il la confiance en nos magistrats ?

Les libres interprètes de la loi nous font peur

Les syndicats de magistrats craignent pour leurs avantages acquis

Une agence de presse prend parti contre les justiciables
« Le ministre de l'Intérieur français Brice Hortefeux s'en prend aux magistrats dans un entretien au Figaro-magazine et propose plusieurs réformes judiciaires allant jusqu'au retrait d'une loi votée par l'actuel gouvernement », écrit Reuters.

Et l'USM entend constinuer à exercer son contre-pouvoir
L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) se dit consternée.
"C'est tellement affligeant qu'on ne peut traiter ces déclarations que par le mépris", a déclaré son président Christophe Régnard, un soupçon expéditif.
Quoique méprisant – et pas seulement du ministre, mais aussi des citoyens - demande toutefois à la ministre de la Justice d'intervenir pour rétablir la vérité sur les magistrats.
Sa vérité n'est justement pas celle de la population, au nom de laquelle les magistrats sont sensés rendre la justice, équitablement, c'est-à-dire dans le respect de l'esprit du législateur et des victimes.


Les Français réclament le respect de la loi

Voyons donc précisément de quoi il est question, en allant aux sources, plutôt que d'en rester à l'interprétation partisane de la presse engagée et à la contestation systématique.
Voici donc l'entretien que Brice Fortefeux, le ministre de l'Intérieur, a accordé au journal Le Figaro, le 17 septembre 2010:


[Consterné] par les réponses apportées par certains magistrats aux récents faits divers, le ministre de l'Intérieur réclame que le peuple soit directement associé aux décisions de justice. Entretien exclusif.

Le Figaro Magazine -Vous étiez lundi à l'enterrement de Natacha Mougel, cette femme violée et assassinée par un homme, récidiviste, sorti de prison après n'avoir exécuté que la moitié de sa peine. L'opinion a été profondément choquée. Quelle réponse apporter aux gens qui ont le sentiment qu'on remet en liberté des individus toujours dangereux ?

Brice Hortefeux - Lundi dernier lorsque chaque membre de la famille de Natacha Mougel, avec sa petite bougie, a entouré son cercueil, ce fut un moment terriblement poignant. Le ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, le maire de Lille, Martine Aubry, et moi étions totalement à l'unisson de l'assistance. En quelques semaines, plusieurs faits, qui ne sont «divers» que pour ceux qui ne se sentent pas concernés, mais qui sont en réalité extrêmement choquants, montrent le décalage entre la souffrance des victimes et la réponse pénale apportée par une minorité de magistrats. Il ne s'agit aucunement pour moi de critiquer une profession dans son ensemble. Mais il faut le dire et le répéter: la justice est rendue au nom du peuple français. Les magistrats ne disent pas uniquement le droit. Ils remplissent aussi une fonction sociale indispensable à l'équilibre de notre société. Seul un traitement global de la délinquance, qui va de l'interpellation jusqu'à l'incarcération, nous permettra de mettre hors d'état de nuire les criminels. Police, justice, dans la chaîne pénale, chacun doit tenir son rôle.

Comment se fait-il qu'un homme condamné à dix ans de prison soit sorti au bout d'à peine cinq ans ?

Si ce criminel n'avait pas été libéré avant la fin de sa peine, la vie de Natacha Mougel aurait été épargnée. Je n'ai pas peur de le dire: cette affaire pose la question du rôle du juge de l'application des peines et de la responsabilité que lui confie la loi. Est-il normal aujourd'hui que des assassins ou des violeurs, condamnés par une cour d'assises, puissent sortir de prison avant la fin de leur peine parce que des magistrats professionnels l'ont décidé? Quelle que soit la déontologie des magistrats, que je ne mets aucunement en cause, je ne crois pas possible qu'ils puissent toujours se substituer à l'expression directe de la volonté populaire. Puisque c'est un jury populaire qui décide aux assises de condamner quelqu'un à la réclusion criminelle, je crois que le choix de le libérer avant qu'il ait purgé l'intégralité de sa peine doit aussi être fait par le peuple lui-même.

Mais comment?

La loi Perben de 2004 a déjà fait un pas dans cette direction en prévoyant qu'une décision du juge d'application des peines peut être contestée devant la chambre d'application des peines de la cour d'appel qui comprend, elle, trois magistrats professionnels et deux responsables associatifs représentant notamment les victimes. Ma conviction personnelle est qu'il faut aller plus loin, en appliquant un tel dispositif dès la première instance. Il ne serait pas anormal que pour les crimes et les délits les plus graves, le peuple soit directement associé à la sortie de prison du condamné.

Pourquoi la rétention de sûreté, qui permet d'isoler un criminel dangereux après qu'il a purgé sa peine de prison, ne peut-elle pas s'appliquer dans des affaires aussi graves, où un criminel passe à nouveau à l'acte?

Il y a deux obstacles. Le premier est que les parlementaires socialistes, en saisissant le Conseil constitutionnel et en suscitant ainsi une évolution de sa jurisprudence, ont empêché que la rétention, qui n'est pourtant pas une peine mais une mesure de sûreté, puisse s'appliquer à ceux qui ont déjà été condamnés. Le second obstacle est que la rétention ne peut s'appliquer qu'aux criminels condamnés à une peine de quinze ans. Faut-il aller plus loin et envisager de fixer à dix ans le seuil à partir duquel la rétention de sûreté peut être prononcée ? Pour ma part, j'y suis favorable.

Il arrive que certains délinquants, condamnés, ne soient même pas placés en détention par les juges et se retrouvent en liberté, comme les deux personnes qui ont agressé à Corbeil des policiers cet été.

Et le comble c'est qu'à leur sortie, ces deux individus ont osé crier: « Merci la France !» C'est intolérable ! Plus aucun délinquant ne doit pouvoir se permettre de narguer ainsi l'autorité publique sur le seuil même de la porte du juge. Que s'est-il passé le 12 août dernier aux Tarterêts? Des policiers ont été gravement blessés, certains à coups de marteau, dans un véritable guet-apens, avec la volonté de tuer. Les quatre suspects ont été immédiatement interpellés par la police qui, une nouvelle fois, a été très efficace. Les deux majeurs ont été jugés en comparution immédiate et ont écopé de condamnations sévères en apparence (douze mois dont cinq avec sursis pour l'auteur principal et trois mois ferme pour son complice). Mais n'ayant pas fait l'objet d'un mandat de dépôt à l'issue de l'audience, ils sont donc sortis libres du tribunal tandis que les policiers, blessés, n'ont pu reprendre leur mission.

Vous comprenez leur indignation?

C'est parce que je partage l'indignation des policiers que, à la demande du président de la République, j'ai fait adopter au Sénat une mesure prévoyant des peines incompressibles pour des actes criminels visant des policiers, des gendarmes, des pompiers et des magistrats. L'assassin d'une personne détentrice de l'autorité publique sera désormais assuré d'effectuer au minimum trente années de réclusion lorsque la cour d'assises le décidera. Et pour être encore plus clair, je demanderai à l'Assemblée nationale d'adopter des peines planchers pour tous les auteurs de violences aggravées, sans attendre la récidive.

Il y a aussi pour les délits graves la loi de 2009 qui prévoit qu'un individu condamné à moins de deux ans de prison n'exécute pas sa peine!

Je suis favorable à ce que l'on modifie, sur ce point précis, la loi pénitentiaire. Avoir quasiment l'assurance de ne pas effectuer sa peine de prison, quand on est condamné à moins de deux ans, est un dispositif parfaitement inadmissible pour les citoyens et totalement incompréhensible pour les policiers et les gendarmes. Comment les Français peuvent-ils admettre qu'ils soient sanctionnés dès qu'ils dépassent de deux kilomètres/heure la limite de vitesse autorisée, tandis qu'un délinquant condamné, lui, à 18 mois de prison pour vol avec violences, cambriolage ou trafic de stupéfiants, ne passera pas un seul jour en prison? On marche sur la tête ! Je propose donc que les aménagements de peines de prison ferme ne soient possibles que pour les peines les plus courtes, jusqu'à un an. C'est une position que j'ai exprimée sans ambiguïté au Sénat. Il appartient désormais à l'Assemblée nationale de s'en saisir.

Dans l'affaire de Corbeil, il y avait aussi deux mineurs qui eux ont été immédiatement remis en liberté...

Quand vous entendez à la radio le matin que les deux voyous, qui avaient arraché le casque d'un des policiers pour le frapper à la tête à coups de marteau, vont être présentés devant le juge pour enfants, les bras vous en tombent! Très honnêtement, j'ai du mal à qualifier d'enfants les auteurs de ce type d'acte.

Faut-il faire passer la majorité pénale de 18 à 16 ans ?

On me dit que la jurisprudence constitutionnelle, qui incorpore certains principes de l'ordonnance de 1945 au bloc de constitutionnalité, empêche de ramener la majorité pénale de 18 à 16 ans. Reste qu'il faudra bien punir les mineurs responsables de tels actes comme ils le méritent ! Les peines prévues pour les mineurs délinquants et les procédures de jugement ne sont pas gravées dans le marbre. L'ordonnance de 1945 n'est plus adaptée aux mineurs d'aujourd'hui. Il faut faire évoluer les règles de la justice des mineurs. Je sais que la garde des Sceaux y travaille.

Ne faudrait-il pas étendre le système des jurys populaires qui existe aux Assises, aux tribunaux correctionnels?

Le président de la République a lui-même ouvert le débat sur la composition des tribunaux correctionnels pour qu'ils ne soient plus exclusivement composés de magistrats professionnels. J'estime pour ma part que les tribunaux correctionnels pourraient fort bien être composés de jurys populaires tirés au sort ou par un système d'échevinage qui associe les jurés populaires à des magistrats professionnels.

On va vous rétorquer que ça coûte cher!

On trouve toujours de bonnes raisons pour ne rien changer. Mais je pose une autre question: pourquoi ne pas réfléchir à l'élection des juges de l'application des peines, voire à celle des présidents de tribunal correctionnel? Sous la Révolution française, pour rompre avec l'Ancien Régime, certains juges étaient élus. Les pères de la Déclaration des droits de l'homme ont inspiré la loi des 16-24 août 1790, qui instaura notamment un nouveau statut des magistrats, fondé sur le principe démocratique de l'élection des juges pour six ans. Je garde à l'esprit la phrase de Roederer, alors député à la Constituante: «Le pouvoir judiciaire, le pouvoir d'appliquer les lois est le plus voisin du pouvoir de les faire: il y touche de si près qu'il ne peut jamais être aliéné par le peuple.»

Sur la détention provisoire, comment expliquer que d'un côté, à Grenoble, un des auteurs présumés du braquage du casino, arrêté par la police, a été immédiatement remis en liberté par le juge des libertés, quand, dans l'Hérault, un homme de plus de 70 ans était placé en garde à vue et écroué pour avoir tiré en pleine nuit sur deux cambrioleuses?

Dans les deux cas, cela heurte le bon sens. Je vous le dis très directement: j'aurai toujours plus de respect pour le droit des victimes que pour celui des délinquants. Les policiers et les gendarmes effectuent un travail formidable, courageux, multipliant sans cesse les interpellations de délinquants et de criminels. Mais tout ne s'arrête pas avec l'interpellation. Encore faut-il que les délinquants et les criminels arrêtés et punis purgent leur peine jusqu'au bout. Or trop souvent la chaîne de sécurité s'interrompt brusquement après l'interpellation. Je le redis : il ne s'agit pas pour moi de mettre en cause l'institution judiciaire. Depuis, la chambre de l'instruction de la cour d'appel a rendu sa décision. Mais quand même, à Grenoble, c'est un individu, mis en examen pour vol à main armée en récidive et tentative d'homicide volontaire, qui a été remis en liberté. Chacun voit bien le danger pour les citoyens et les risques de démobilisation des forces de police qui ont enquêté plus d'un mois pour l'arrêter.

Quelle solution proposez-vous?

Peut-être faudrait-il envisager que les décisions de mise en détention provisoire soient prises par un collège de magistrats, comme le propose le socialiste André Vallini ? La commission Outreau l'avait évoqué. Je me battrai sans relâche pour que les victimes ne soient jamais méprisées et que le travail de la police soit respecté.

A Saint-Aignan, la mort d'une personne issue de la communauté des gens du voyage a provoqué les violences que l'on sait. Aujourd'hui, c'est le gendarme qui a fait feu sur le véhicule qui risque de se retrouver mis en examen!

N'oublions pas le point de départ de cette affaire: un jeune homme qui allait tranquillement retirer de l'argent à un distributeur de billets a été agressé par deux individus. Ils ont foncé sur un premier barrage en renversant un gendarme, avant d'en forcer un second. On dira qu'une éventuelle mise en examen permettra à ce gendarme qui a tiré d'avoir accès au dossier. Mais moi je pense au courage et au dévouement des 96 000 gendarmes qui exercent leur compétence sur 90% de notre territoire. Il ne faudrait pas les oublier.

Les effectifs de la police sont en diminution. Baisseront-ils encore en 2011?

En réalité, il y a aujourd'hui plus de policiers sur le terrain que lorsque la gauche était au pouvoir. Un effort, c'est vrai, est demandé à toutes les administrations dans le cadre de la révision générale des politiques publiques. Mais nous ne pouvons pas continuer à recruter indéfiniment toujours plus de fonctionnaires! Un million de plus depuis 1992! Soit 30% d'augmentation. Ou alors il faut dire clairement que l'on veut augmenter les impôts pour ceux qui en payent et y soumettre aussi ceux qui n'en payent pas. J'ajoute que, malgré cet effort qui s'impose à tous, on maintiendra, en 2011, 99,5% des effectifs de la police et de la gendarmerie. Sur un total de 243.000, ce sont à peine 800 postes budgétaires de moins et même, en réalité, seulement 300 agents en moins sur le terrain. J'ajoute que les résultats des forces de sécurité ne sont pas liées exclusivement aux effectifs, même s'ils jouent un rôle essentiel. Il ne faut pas négliger l'évolution des moyens techniques, comme la vidéoprotection et la police scientifique. Tout ceci a abouti à un taux d'élucidation qui est passé de 25% en 2002 à près de 39% aujourd'hui. Soit une augmentation de 50%.

Et pourtant les Français n'ont pas le sentiment que la sécurité s'améliore.

Cessons de caricaturer. Les chiffres sont là et je veux rétablir la vérité. Même si tous les problèmes ne sont pas réglés, notre pays est l'un des plus sûrs du monde ! Nous avons renoué avec la baisse de la délinquance. C'est vrai dans quasiment tous les domaines, avec notamment la baisse régulière des atteintes aux biens qui ont diminué de 3,88% cette année. Quant aux violences aux personnes, qui constituent le point noir de toutes les sociétés développées, nous avons cassé la spirale infernale de la hausse. Leur augmentation n'est que de 1,2% sur les sept premiers mois de l'année et, pour la première fois en juillet, nous étions en baisse. Aujourd'hui, dans 93% des cas, les meurtriers sont identifiés, interpellés et incarcérés. Dans notre pays, un assassin n'a quasiment aucune chance de s'en sortir. On est bien loin de l'explosion des violences aux personnes de juin 1997 à mai 2002, quand la gauche était au pouvoir : + 60 % ! A l'occasion du débat sur la loi de sécurité intérieure au Sénat, j'ai pu mesurer que les socialistes n'avaient rien retenu, rien appris et rien compris.

Ne regrettez-vous pas d'avoir laissé passer une circulaire qui laissait penser que vous stigmatisiez une catégorie de la population, les Roms?

Il ne s'agissait évidemment pas de stigmatiser quiconque. Je ne vais quand même pas m'excuser de faire respecter un principe constitutionnel qui est celui du droit de propriété ! Dans notre pays, on n'occupe pas de manière illégale un terrain, une maison, un appartement. A la demande du président de la République et sous l'autorité du Premier ministre, je fais procéder, dans le cadre de décisions de justice, à l'évacuation de ces campements illégaux. Rien de plus, rien de moins. Je ne suis pas dans le déni de réalité. Lorsque la délinquance des personnes de nationalité roumaine augmente à Paris de 259 % entre janvier 2009 et juillet 2010, faudrait-il que je reste les bras ballants ? Quand, dans la capitale de la France, un vol sur cinq est commis par un Roumain et un vol de mineurs sur quatre l'est par un mineur roumain, mon devoir est d'agir ! Et c'est ce que je fais dans le respect des règles de droit et de la dignité de la personne. Quant à la fameuse circulaire, j'en ai signé personnellement une nouvelle dès lundi, pour lever tout malentendu.

C'est donc un recul?

Non, pas du tout. Les instructions que j'ai données aux préfets soulignent que l'évacuation des campements illicites doit être poursuivie. Et elle le sera. Depuis le 1er août, nous avons démantelé 441 campements. N'en déplaise aux bonnes consciences qui se sont réveillées en septembre au Café de Flore alors qu'en juillet elles dormaient tranquilles dans le Luberon ! Aujourd'hui, les décisions de justice sont appliquées et non pas oubliées !

Cette affaire a créé des remous au sein du gouvernement.

J'observe que les quelques membres du gouvernement qui s'interrogeaient ont été rassurés par nos explications. La meilleure preuve, c'est qu'ils sont toujours là...

Sur la déchéance de la nationalité vous avez dû renoncer à y inclure la polygamie. Encore un recul?

J'avais clairement indiqué que les fraudes aux prestations sociales liées à la polygamie de fait justifiaient à mes yeux la perte de la nationalité. Les règles constitutionnelles ne le permettant pas, nous avons prévu une autre solution: un renforcement des sanctions contre les fraudes sociales liées à la polygamie. Je n'accepte pas qu'ils narguent tous ceux qui travaillent ou recherchent activement du travail, tous ceux qui paient les cotisations sociales, tous ceux qui veulent s'intégrer.

Plutôt que de déchoir de la nationalité française un certain nombre de personnes, ne vaudrait-il pas mieux revoir les conditions d'attribution de la nationalité ?

Une mission d'expertise a été annoncée par le Président. Nous avons bon espoir que les règles d'acquisition de la nationalité, pour les mineurs délinquants condamnés à la prison, soient modifiées. Devenir français, ce sont des droits mais aussi des devoirs.

Dans l'affaire Woerth, le journal «Le Monde» a accusé l'Elysée d'avoir violé la loi sur le secret des sources des journalistes. La responsabilité de vos services est mise en cause...

Jamais l'Elysée n'a demandé quoi que ce soit. En aucun cas il n'a été procédé à une écoute téléphonique. Pour le reste, je rappelle que dans un Etat de droit il existe pour les fonctionnaires une obligation du respect du secret professionnel et du devoir de réserve. Dans cette affaire, les attaques dirigées contre les institutions de la République sont indignes. Elles ne nous détourneront pas de notre mission: protéger les Français, en faisant respecter les lois et en garantissant l'autorité de l'Etat.

dimanche 1 novembre 2009

Chirac : son renvoi en correctionnelle ne présume pas sa culpabilité

Etait-il indispensable de le poursuivre ? Les avis sont partagés

À un mois de son 77e anniversaire et quelque 30 ans plus tard

Dix ans après l’ouverture du dossier, grande première pour un ancien président de la Ve République de 1995 à 2007 : Jacques Chirac a appris le 30 octobre qu’il sera traduit en justice dans les mois qui viennent pour "détournement de fonds" et "abus de confiance" dans le dossier des 21 emplois présumés fictifs à la mairie de Paris lorsqu'il était maire de Paris entre 1977 et 1995.

De quoi est-il présumé innocent ?

A la fin des années 90, alors que Jacques Chirac avait accédé à la présidence de la République et bénéficiait de ce fait d'une quasi totale immunité, des accusations avaient surgi concernant de supposés emplois de complaisance à la mairie.
Au passage, certains proches ont été inquiétés ou condamnés par la justice, parmi lesquels l'ancien chef de cabinet du maire, Michel Roussin, et surtout l'ancien adjoint aux Finances de la mairie, un certain Alain Juppé, condamné à 14 mois de prison avec sursis.

Protégé par sa fonction jusqu'à la fin de son second mandat, en mai 2007, Jacques Chirac avait alors été entendu à cinq reprises par la juge d'instruction entre novembre 2007 et juillet 2008.

Le
16 juin 2007 (un mois après la fin de son mandat), cette immunité arrive à son terme.
  • Le 19 juillet 2007, Jacques Chirac est entendu une première fois par la justice dans ses bureaux de la rue de Lille sur l’affaire des emplois fictifs du RPR. Dans cette affaire, il a été entendu par les juges en tant que témoin assisté.
  • Convoqué pour une seconde audition le 21 novembre 2007, Jacques Chirac se voit notifier sa mise en examen par la juge Xavière Simeoni du pôle financier du tribunal de Paris dans le cadre de l'affaire des chargés de mission de la ville de Paris employés au cabinet de celui qui était alors maire de la ville.
  • Le 30 octobre 2009, Jacques Chirac est renvoyé devant le tribunal correctionnel par la juge Xavière Simeoni. En théorie, l'accusé risque jusqu'à 10 ans de prison pour ces délits.

    Les pressions
  • Depuis les années 1990, des personnalités politiques de gauche comme Jack Lang, Noël Mamère ou Arnaud Montebourg ont réclamé la fin de « l'immunité présidentielle ».
  • Et voici dimanche le premier sondage BVA M6 réalisé auprès des Français. Il tendrait à montrer qu'une large majorité des sondés (72%) estimerait que la "justice doit le poursuivre comme n'importe quel citoyen". Seuls 26% d'entre eux pensent que "la justice devrait le laisser tranquille, car ces histoires sont anciennes".

    Les charognards

    Parti socialiste: Il est «légitime que la justice puisse s’appliquer à tous de la même manière». Le parti socialiste a réagi par la voix de sa secrétaire nationale à la justice, Marie-Pierre de la Gontrie. Elle note que «les faits concernés sont anciens, notamment du fait du régime de la responsabilité pénale du Chef de l’Etat empêchant toute poursuite dans le cours de son mandat». Elle ajoute qu' «il est légitime que la justice puisse s’appliquer à tous de la même manière, pour «établir les responsabilités de chacun».
    De même, Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste, a néanmoins considéré, dimanche au cours de l'émission "Europe-1/Le Parisien Aujourd'hui en France, qu’il est normal que justice passe." Il a également jugé que "l'image de la France eût été écornée si Jacques Chirac avait été épargné", considérant que c'était le "signe d'une démocratie moderne" qu'un ancien président de la république soit un justiciable comme un autre.
    Cette "affaire démontre l’importance d'un juge d'instruction indépendant", selon Benoît Hamon, qui a en outre considéré que rien ne justifiait une réforme, "s'il n'y a pas d'indépendance préalable du parquet".
  • Dans le sillage du Front national et la gauche radicale, les écologistes sont les plus virulents. Ils approuvent ce renvoi de Jacques Chirac, tel le député Verts Noël Mamère qui se dit haut et clair satisfait : “A un moment donné il faut qu’on s’explique sinon on est dans une république bananière. Donc j’entends les cris d’orfraie qui sont lancés par certains. Il est normal que Chirac s’explique, oui”. Cette obsession de la "république bananière" ne le positionnerait-elle pas définitivement en "banane suprême" de la république ?
  • L’amer Mamère est en bonne compagnie avec le Che-Besancenot (NPA).
    Le leader trotskiste du NPA dit attendre que «le procès de Jacques Chirac ne soit pas uniquement le procès de "Supermenteur" (il a ses références culturelles: la marionnette de l'ex-président dans les Guignols !) mais aussi le procès de l'immunité présidentielle». Selon lui, la décision «donne l'espoir que le scandale des emplois fictifs puisse enfin aboutir» et «l'espoir d'une première brèche du système de l'immunité présidentielle». Il faut que les présidents de la République, «que ce soit Jacques Chirac ou l'actuel président (Nicolas Sarkozy)», puissent être «jugés en temps et en heure, comme tout un chacun». S’ils sont de droite, les Français sont donc réputés coupables et n’ont pas même droit à la présomption d’innocence !...
  • "C'est une décision qui ne réjouit personne", a renchéri Pierre Moscovici (PS), mais "la justice doit être égale pour tous".
  • "Il est normal que la justice soit la même pour tous", a commenté Chantal Jouanno (sous-ministre à l'Ecologie).

    Ceux qui font la part des choses

  • Jean-Pierre Grand, député UMP (villepiniste): «Je ressens comme un acharnement malsain. C'est d'ailleurs ce que me disent les gens dans ma ville. Jacques Chirac ne mérite pas ça. Au départ, on lui reprochait quelque 500 emplois fictifs, maintenant plus que 21 et on le renvoie en justice... A l'arrivée qu'est-ce qui restera? Zéro emploi? En tout cas, on aura usé physiquement et moralement un homme pendant des mois et des mois».
  • Jean-François Lamour, député UMP, ancien ministre de Jacques Chirac: «A titre personnel, j'aurais préféré que le président Chirac soit à l'écart de tout cela. L'acharnement n'est jamais souhaitable. Il faut que chacun aborde ce dossier avec sérénité. Mais Jacques Chirac démontrera que, pour chacun des éléments du dossier, il a des réponses à apporter. Je remarque qu'il y a débat au sein même de la justice sur ce dossier...»
  • Henri Cuq, député UMP des Yvelines. Selon cet élu estampillé chiraquien, l'ancien président «avait le droit de vivre en paix». «Je regrette profondément cette décision parce que je considère qu'aujourd'hui Jacques Chirac avait le droit de vivre en paix», a déclaré Henri Cuq sur RTL.
  • Dominique Paillé. «Jacques Chirac est un personnage que les Français aiment bien. Il est dommage qu'en sa fin de carrière personnelle, il soit renvoyé en correctionnelle», a déclaré le porte-parole adjoint de l'UMP sur France Info. «Simplement, on peut regretter cette issue». Dominique Paillé s'est dit «surpris dans la mesure où cela ne correspondait pas aux réquisitions». Toutefois, a-t-il souligné, «il est tout à fait logique que la justice fasse son oeuvre, nous sommes dans un pays démocratique et de droit».
  • Xavier Bertrand. Selon le secrétaire général de l'UMP, «le parquet a dit qu'il n'y avait pas lieu selon lui de renvoyer. Ce n'est pas une affaire qu'on découvre aujourd'hui», a-t-il expliqué sur RTL avant l'annonce du renvoi de Jacques Chirac devant la justice. «Comme il y a déjà eu des jugements, en ce qui me concerne, même si vous savez que normalement on a pas à prendre part dans un dossier comme celui-ci, je pense qu'il n'est pas utile de revenir encore et encore en arrière».
  • André Vallini, député PS, ancien président de la commission Outreau: «Si la justice doit être égale pour tous, elle doit aussi avoir un sens. Et pour avoir un sens, elle ne doit pas passer trop tard», a déclaré le député de l'Isère dans un communiqué.
  • Désirdavenir Royal. «Ce sont des affaires très anciennes. Jacques Chirac sans doute a beaucoup de choses à se reprocher si la justice le poursuit. Mais en même temps, il a aussi donné beaucoup au pays. Aujourd’hui, c’est un homme qui mérite d’être tranquille. Et en même temps, il faut que la justice soit la même pour tous» a-t-elle estimé sur Europe 1. Ambigü ?...
  • De Corrèze, François Hollande a certes tenu à parler d’affaires du passé: “Il y a un malaise. Chacun le comprend… malaise de voir l’ancien président de la République ainsi mis devant une situation inédite, et puis, il y a un malaise puisque les affaires remontent à très loin”.
  • Jacques Chirac a reçu dimanche le soutien de plusieurs autres personnalités, dont celui de Patrick Devedjian (ministre de la Relance), qui fut son avocat, et a estimé que le renvoi de M. Chirac n'était pas "une si bonne chose que ça", s'agissant "d'un président à la retraite et pour l'image de la France", même si cela donne "le sentiment que la justice est la même pour tous".
  • Il faut surtout saluer la prise de parole de sa fille adoptive, Ahn Dao Traxel, qui a décidé de sortir de sa réserve habituelle pour dénoncer une décision "injuste".
    "Je trouve que c'est injuste et choquant", a déclaré Ahn Dao Traxel. "Condamner cet homme serait injuste", a dit la fille adoptive de Jacques et Bernadette Chirac.
    Domiciliée à Boissy-la-Rivière (Essonne), elle a expliqué avoir travaillé durant vingt ans, de 1980 à 2000, à la mairie de Paris comme agent de bureau, "sans jamais avoir bénéficié d'un passe droit, alors qu'il (M. Chirac) aurait pu (lui) donner une fonction passe partout de chargé de mission s'il l'avait souhaité".
    Ahn Dao Traxel, qui fait "confiance à la justice dans cette affaire", a dit "partager l'avis de Ségolène Royal" selon laquelle "il a mérité d'être tranquille". Elle a mis en outre l'accent sur l'action de son père adoptif sur la scène internationale, citant notamment son refus à la guerre en Irak aux côtés des Américains.

    Y aura-t-il un acharnement judiciaire contre ce serviteur de la nation

    Rien n’est moins sûr. Tous, peu ou prou, qu'ils soient de droite ou de gauche, étaient partagés entre deux commentaires: "la justice doit être la même pour tous", et une reconnaissance de l'action internationale de l'ancien chef de l'Etat.
  • Symptomatique du revirement de l’opinion, en estimant "normal et justifié" que M. Chirac "réponde de ses actes", Arnaud Montebourg (PS), un de ses principaux détracteurs, a jugé que c'était "trop tard". Et d'ajouter que l'ancien président "a rendu des services à la nation quoi qu'on pense de lui".
  • L'ancien ministre du budget de François Mitterrand, Michel Charasse, a été plus tranchant dans sa désapprobation de la décision, longtemps après les faits. Selon lui, elle risque de "porter atteinte à l'image de la France". Il a considéré aussi que l'action de M. Chirac n'avait "pas été indigne pour la République".
  • Quant à l'opinion publique, elle a tranché: Jacques Chirac est aujourd'hui, avec 76% d'opinions favorables, l'homme politique le plus populaire du pays.

    Qui est la juge Xavière Siméoni ?

    Née le 25 novembre 1952, Xavière Simeoni a commencé sa carrière comme greffière, au bas de la hiérarchie judiciaire avant d'entrer dans la magistrature en 1984. Elle a effectué toute sa carrière à l'instruction, d'abord à Evry (Essonne), de 1985 à 1992, puis à Paris, où elle s'est affirmée au pôle financier, de 1999 à 2000, puis à partir de 2003. Magistrate corse et discrète, fuyant les media et la notoriété, décrite par ses collègues comme travailleuse et opiniâtre, Xavière Simeoni a travaillé sur des affaires importantes, sans jamais être attaquée ou critiquée publiquement par les avocats.

    L’affaire de tout une vie

    L'affaire Chirac a été sans doute le dossier de sa carrière : c'est elle qui a commencé à l'instruire en 1998, avant de le reprendre après une éclipse, pour mettre en examen l'ancien président en 2007 et le renvoyer finalement devant un tribunal. Après le départ du juge Philippe Courroye du pôle financier, en 2007, elle a repris certains des dossiers de celui-ci, notamment celui où Christophe de Margerie, patron du géant pétrolier Total, est mis en examen pour une affaire de corruption présumée en Iran, ainsi que l'affaire du programme de l'ONU en Irak "Pétrole contre nourriture" pour laquelle Charles Pasqua est poursuivi.
    Xavière Simeoni a parfois eu du mal à trouver sa place au pôle financier, où ses relations avec un magistrat plus connu, Renaud Van Ruymbeke, se sont avérées difficiles dans le dossier visant une vente de frégates à Taïwan en 1991. Alors qu'elle était cosaisie de l'affaire, Renaud Van Ruymbeke ne l'a en effet pas informée qu'en 2004 le vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, était venu lui faire de pseudo-"révélations", qui se devaient se révéler être une supercherie et provoquer l'affaire Clearstream.
    La juge Simeoni a aussi instruit les affaires de présumées opérations de corruption menées par Thalès à l'étranger et des délits d'initié présumés à EADS, toujours en cours, où elle a mis en examen plusieurs anciens dirigeants du consortium aéronautique, dont son ancien coprésident exécutif français Noël Forgeard.
  • samedi 26 septembre 2009

    Pour Dray, rien moins que le procureur de Paris en personne !

    Le socialiste n'est pas monsieur tout le monde...
    En juillet dernier, Jean-Claude Marin, le procureur de Paris a décidé de communiquer les conclusions de l'enquête de la brigade financière aux personnes visées par les investigations, en leur proposant de remettre des observations pour leur défense.

    Malgré des réticences face à ce cas procédural inédit, une série de documents a été remise hier 25 septembre 2009. «J'ai hésité, mais quand on est sûr de son bon droit, on va jusqu'au bout», déclare au journal Le Figaro Julien Dray qui, après cet épisode, doit désormais attendre que le parquet de Paris étudie le sort qui lui sera réservé : soit un classement sans suite, soit un renvoi devant le tribunal correctionnel, où le parlementaire devrait notamment répondre d'abus de confiance à la suite des détournements de fonds présumés aux dépens de deux associations pour un total de 350 000 euros.

    La justice de classes accorde un traitement de faveur au socialiste ?

    Julien Dray considère sans doute que la procédure inédite proposée par le procureur de la République de Paris comporte des corolaires. Parce qu'à sa demande il a finalement choisi de produire une expertise-comptable, le député demande aujourd'hui à être entendu par Jean-Claude Marin en personne.

    Ce face-à-face inédit et totalement inhabituel à l'issue d'une enquête préliminaire serait, selon le député, dans la logique des choses. «S'il refuse cette confrontation, c'est comme s'il m'avait transmis le dossier uniquement comme s'il s'agissait d'avaliser les accusations», explique Julien Dray, bien conscient que les aménagements de procédure qui lui ont été offerts sont observés comme un cas d'école dans la perspective de la réforme de la procédure pénale qui devrait suivre la suppression du juge d'instruction.

    Sur le fond du dossier, la bataille est chiffrée.

    Le député veut démontrer que sa comptabilité personnelle, au cours de ces quatre dernières années, ne comporte pas un «trou de 400 000 euros», comme le rapport final de la brigade financière semblait le souligner. Les policiers, à l'issue de leur exposé, avaient en effet dressé la liste des dépenses et des recettes du député au cours des années 2005, 2006, 2007 et 2008, sans toutefois faire eux-mêmes l'addition de ces quatre années. À la lecture des chiffres, il apparaît que le montant de ses dépenses est à chaque fois plus élevé que ses recettes, renforçant la suspicion sur la provenance de ses revenus.

    Le socialiste caviare conteste les chiffres
    Julien Dray conteste ces calculs et affirme qu'il s'agit d'une addition de l'ensemble de ses mouvements bancaires, y compris les versements de compte à compte. Ses conclusions remises au procureur par ses avocats Léon-Lef Forster et Florence Gaudillière contiennent donc une étude réalisée à sa demande par un cabinet d'expertise-comptable, sorte de «jury d'honneur» constitué par le parlementaire aux premiers mois de ses déboires judiciaires. Ce document arrive à la conclusion que le déséquilibre sur les quatre années n'est pas un «trou de 400 000 euros», mais un solde positif de quelque 38 000 euros. Selon eux, les recettes seraient donc supérieures aux dépenses.

    Figure par ailleurs au dossier de défense l'attestation d'un horloger sur la valeur de l'une des montres de collection apparaissant dans le dossier…

    Enfin, dernier point des observations remises au procureur, sont détaillées les activités des deux collaborateurs du député soupçonnés d'avoir servi de «comptes taxi» dans le système des malversations présumées. Concerts, manifestation en mémoire d'Ilan Halimi, service de presse, rassemblement des associations… la liste des activités de ces deux personnes au sein des associations concernées tente de justifier la réalité des prestations effectuées.

    Ces prochains jours, les avocats des associations mises en cause dans l'enquête - SOS-Racisme et l'organisation lycéennne FIDL, - devraient à leur tour déposer des conclusions pour leur défense.

    Une dénonciation est-elle synonyme de diffamation ?
    Convaincu qu'une dénonciation calomnieuse est à l'origine de l'enquête qui le vise, Julien Dray reste quant à lui accaparé par son dossier. «Je suis comme les gens qui viennent me voir à ma permanence et qui sont obnubilés par une affaire judiciaire», admet-il en s'arrêtant sur tous les détails des accusations qui pèsent sur lui. Ces gens-là peuvent toujours essayer de se rapprocher du procureur Marin...

    Sur la génèse de l'affaire, il confirme cependant avoir connu des difficultés de trésorerie personnelle à compter de janvier 2006 alors qu'il venait tout juste de placer sous hypothèque sa villa de Vallauris (Alpes-Maritimes). Le député socialiste de l'Essonne a investi dans la pierre non pas dans le 9.1 qu'il aime tant, mais dans une ville de potiers sur le golfe de Juan, à laquelle sont associés les noms de Picasso et de Jean Marais et où le Prince Aly Khan et Rita Hayworth, se sont mariés, le 27 mai 1949. Pour autant, la zone est-elle si bien fréquentée que cela ? Les Ségollande ne possédaient-ils pas un modeste pied-à-terre avec terrain et piscine à Mougins sur les hauteurs de Cannes ? Cette opération, comme le racontent les auteurs du livre L'Argent des politiques (Albin Michel), lui avait été imposée par des interrogations répétées de la commission pour la transparence de la vie politique. L'organe de contrôle s'étonnait du fait que Julien Dray n'ait pourtant contracté aucun emprunt pour rembourser la villa.

    En plus de l'hypothèque, le député avait alors dû commencer à verser des remboursements à Pierre Bergé, qui avait financé la villa, comme il finance les bureaux de Désirdavenir Royal. À compter de cette date, il devait ainsi payer des échéances de prêt de 2 000 euros par mois qui ne lui étaient pas soumises jusque-là. Cet épisode, affirme Julien Dray, est «la preuve qu'[il] a été contrôlé comme personne d'autre». Faut-il se plaindre qu'un élu ne soit pas moins contrôlé que ses électeurs ?
    Mais il souligne, pour justifier les prêts personnels dont il a bénéficié à compter de 2006, qu'il était «financièrement dans une passe difficile, comme cela peut arriver à tous». Sauf que tous les précaires dans sa situation ne font pas leurs emplêtes Place Vendôme...
    L'enquête préliminaire, dont le procureur de Paris doit à présent décider du sort, porte précisément sur la période 2005-2008…