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samedi 27 novembre 2010

Trafiquants de stupéfiants libérés par erreur: le juge avait-il fumé?

Stupéfait, le ministre fulmine et le ministère enquête

Nul n'est censé ignorer la loi
mais l'erreur d'un juge est humaine...

Le ministère de la Justice a ouvert vendredi une enquête administrative après la remise en liberté, par erreur, de cinq trafiquants de drogue présumés, par un juge d'Orléans (Loiret).
Les cinq suspects, qui étaient en détention provisoire depuis un an, ont pu quitter la prison par la grande porte, car leurs avocats ont reçu, dans le cadre de la procédure visant à prolonger leur incarcération, une convocation hors des délais légaux.

Les militants sont-ils plus exposés que les autres à l'erreur humaine?
Les 5 trafiquants présumés, impliqués dans trois trafics distincts d'héroïne et de cocaïne sur la région d'Orléans, sont suivis par trois juges d'instruction différents. Le juge des libertés et de la détention du tribunal de grande instance qu'ils ont en commun est-il un stagiaire étourdi ou un militant actif ?

Bizutages ?

Le ministre de la Justice, Michel Mercier, après la publication de cette information par le quotidien La République du Centre, a souhaité "diligenter une mission de l'Inspection générale des services judiciaires (IGSJ) pour faire toute la lumière sur ce dysfonctionnement", a dit un porte-parole.
Le procureur d'Orléans Franck Rastoul a reconnu devant la presse "un dysfonctionnement qui tient à un délai de convocation lié aux exigences de la procédure pénale".

Le juge ignorait que le 11 novembre est férié...
La procédure prévoit un délai de cinq jours ouvrés entre l'envoi d'une convocation et la date d'une audience visant à prolonger la détention.
Or, le juge des libertés a adressé la convocation aux avocats des innocents aux mains présumées vides, le 10 novembre pour une audience fixée au 16 novembre, sans tenir compte du 11 novembre, férié et donc non ouvré.

Les dealers restent mis en examen

Tout de même !
Les cinq prévenus comparaîtront libres à leur procès et seront d'ici là astreints à un contrôle judiciaire strict, a rassuré le parquet d'Orléans. Ils encourent, selon les cas, entre 10 et 20 ans de prison ferme. Sauf erreur.

La faute au programme informatique !
Les syndicats n'incriminent encore ni la légèreté des effectifs, ni évidement celle du juge, dont l'identité n'est pas révélée: c'est officiellement l'informatique qui endosse la responsabilité de la bulle, sans se plaindre.
Si nous ne mettons pas la ceinture, c'est 11 euros. L'excuse de l'erreur informatique du véhicule est-elle tout aussi recevable ?



Une erreur de la police est une 'bavure':
mieux, une faute
Mais l'erreur d"un juge est une 'bourde' ?
C'est comme çà: c'est politiquement correct...
Il faut tenir le coup, messieurs les flics...
Allez, respirez bien profondément !

samedi 20 novembre 2010

Drogue: guetteur à 11 ans et cible de tueurs à la kalachnikov

Un ado de 16 ans meurt sous les balles à Marseille

Le salaire de l'économie souterraine

Dans le quartier de Sylvie Andrieux (PS)
Fin janvier 2010 déjà, l'hypothèse d'un règlement de comptes était aussitôt retenue au Clos la Rose dans le 13e arrondissement de Marseille où un homme de 23 ans a été grièvement blessé par balles dans un parking. La victime est connue des services de police pour divers braquages et trafics de stupéfiants.

Fin novembre 2010, une fusillade s'est encore produite, peu après 22 heures dans la cité populaire Le Clos de la Rose, dans les quartiers du nord de la ville. Un garçon de 11 ans est dans un état grave. Il a été touché par trois balles, au cou, dans une main et dans le dos. "L'enfant était bel et bien visé par les tueurs", a déclaré le procureur de la République Jacques Dallest, cité par La Provence.
"Même si l'enfant de 11 ans faisait le guetteur pour le compte d'un vendeur, c'est incroyable à cet âge-là d'être la cible d'un règlement de comptes", a-t-il déploré.

Dans cette fusillade liée au trafic de drogue, un adolescent de 16 ans a été tué. Il était connu des services de police.

Les assos n'auraient pas dû être sans ressources

Mais la députée socialiste Sylvie Andrieux, conseillère municipale de Marseille et vice-présidente du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, déléguée à la politique de la ville, a été mise en examen (juillet 2010) pour complicité de tentative d'escroquerie et complicité de détournement de fonds publics (lien Le Monde)
Elle est impliquée dans le scandale du détournement des subventions du Conseil Régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur présidé par Michel Vauzelle (PS) (lien PaSiDupes): 700 000 euros présumés détournés devaient être affectées aux associations des quartiers nord de Marseille où la vertueuse était justement conseillère municipale et où on meurt sous les balles de trafiquants, à 11 ans.
Lien PaSiDupes: suspension de l'élue socialiste

Les victimes de l'argent facile

Les policiers pensent ce nouveau règlement de compte est lié au trafic de stupéfiants dans les cités marseillaises.

Un climat
Le jeune adolescent tué vendredi soir est la 18e victime de règlements de comptes depuis le début de l'année dans les Bouches-du-Rhône, et le rythme s'accélère.
Samedi dernier, un homme de 30 ans a été blessé par balles sur la commune des Pennes-Mirabeau, à l'ouest de Marseille. Quarante-huit heures plus tôt, un homme de 22 ans avait été abattu au fusil kalachnikov tout près du lieu de la fusillade de la nuit dernière. Il faudrait aussi citer Martigues ou Port-de-Bouc.

Que du lourd
L'utilisation de plus en plus fréquente d'armes inquiète les policiers. Les armes de guerre circulent en nombre. A bord de deux véhicules, plusieurs individus munis d'armes lourdes ont ouvert le feu sur les jeunes de la cité.
"Le fort taux de pénétration de ces armes dans les cités fait qu'on s'y promène avec une kalachnikov", dit le représentant syndical, selon qui les armes arrivent de pays d'Europe de l'Est par voies maritime et terrestre et sont disponibles à un prix très bas.

Et du (très) jeune
"Les victimes de règlement de comptes sont de plus en plus jeunes. On peut présumer que les tueurs sont aussi de plus en plus jeunes", a commenté le délégué à Marseille du syndicat Alliance police nationale, David-Olivier Reverdy.

La législation

La loi d’orientation et de programmation pour la justice du 9 septembre 2002
Elle marqua un durcissement sensible de la réponse pénale à la délinquance des mineurs.
Outre la réaffirmation du principe de la responsabilité pénale des mineurs, dès lors qu’ils sont dotés de discernement, la loi prévoit la création de "centres éducatifs fermés" pour les mineurs âgés de 13 à 18 ans faisant l’objet d’un contrôle judiciaire ou d’un sursis avec mise à l’épreuve.
En revanche, la loi assouplit les conditions de la retenue judiciaire des 10-13 ans et instaure à leur endroit des "sanctions éducatives". Elle rend possible le placement sous contrôle judiciaire et en détention provisoire des mineurs de 13-16 ans ainsi que "le jugement à délai rapproché" pour les multirécidivistes.

Avec le renforcement de la réponse pénale à la délinquance des mineurs, et pour désengorger les tribunaux, la justice doit cependant trouver de nouveaux modes de gestion pour les contentieux dits "de masse".
La diversification des modes de réponses s’est notamment traduite par la relance des mesures alternatives aux poursuites et à l’emprisonnement contenues dans la loi du 9 mars 2004 sur l’adaptation de la justice aux nouvelles formes de criminalité. A l’initiative du Sénat en 2003, le loi prévoit que le juge des enfants exerce désormais l’ensemble des attributions dévolues au juge de l’application des peines (JAP) afin de renforcer la continuité du suivi des mineurs délinquants.

La politique de "lutte contre les discriminations" occupe la galerie d'où les vertueux assistent à la mort de jeunes délinquants.

  • En 2009, le mot «contrôle» (ou 'audit ') est encore tabou dans l'opposition.
    Et pourtant, une centaine de cadres de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), ex-éducateurs ou directeurs, furent reconvertis en «auditeurs» pour sillonner les foyers et centres éducatifs de France: 1 200 établissements accueillant des mineurs gérés par des associations accréditées par l'État. Ils symbolisent la révolution culturelle engagée à la PJJ.
    Or, la Protection judiciaire de la jeunesse s'est recentrée sur les mineurs délinquants passés devant le juge, alors qu'auparavant les services accueillaient aussi des «mineurs en danger». «Mais faut-il attendre qu'ils mettent un pied dans la délinquance pour s'occuper d'eux ?», s'insurge un éducateur de Seine-Saint-Denis.
  • Le 18 février 2010
    60 propositions et 20 bonnes pratiques de terrain étaient proposées par un rapport sur la délinquance des jeunes remis par Jean-Yves Ruetsch, responsable du service Prévention Citoyenneté de la ville de Mulhouse) à Jean-Marie Bockel, alors secrétaire d'Etat à la Justice et maire de cette ville.

    => Voici quelques-unes des 60 propositions du rapport de 146 pages:

    - Etendre, comme alternative aux poursuites, les stages pour les parents lorsqu'ils "se soustraient à leurs obligations au point de compromettre la santé, la moralité ou l'éducation de leurs(s) enfants(s)". Lien PaSiDupes: les parents pénalement responsables ?
    La gauche a dénoncé une stigmatisation des familles défavorisées.

    - Pérenniser l'action de formation des policiers à la connaissance des quartiers sensibles en l'enrichissant d'une découverte du terrain avec les acteurs locaux.

    - Réfléchir à la création d'un nouveau métier d'"éducateur de la délinquance" dans les quartiers prioritaires et à la mise en place de groupes interprofessionnels d'échanges et d'analyse des pratiques des éducateurs de rue.
    La gauche a dénoncé une stigmatisation des familles défavorisées.

    - Mieux former les enseignants et directeurs d'écoles primaires à la transmission d'informations préoccupantes sur des enfants manifestement en danger.
    Mais la FSU, syndicat dominant, a refusé cette tâche supplémentaire au prétexte d'effectifs insuffisants.

    - Amplifier les actions de prévention des violences sexistes et sexuelles entre mineurs dans les collèges, lycées et structures jeunesse. Lien PaSiDupes
    La gauche a préféré ironiser sur « un retour » à la prévention plutôt que de la soutenir.

    - Instaurer des stages sur la "prévention du risque alcool" pour les mineurs en état d'ivresse sur la voie publique.
    La gauche a dénoncé une stigmatisation des jeunes des quartiers.

    - Encourager les mesures de réparation à l'encontre des élèves du secondaire commettant une faute.
    La gauche a dénoncé une discrimination des jeunes défavorisés.

    - Augmenter pour les mineurs délinquants, comme alternative rapide aux poursuites, les travaux d'intérêt général (TIG), les stages de citoyenneté et de formation civique.
    La gauche a dénoncé un acharnement sur les jeunes défavorisés.

    -Instituer un "projet de sortie d'établissement" pour chaque mineur incarcéré ou placé, dès le départ ou, au plus tard, six mois avant sa sortie programmée.
    La gauche a dénoncé une insuffisance comptable de moyens.

    Mineurs et sanctions pénales
    Le principe actuel est que le juge des enfants doit maintenir le mineur dans son milieu actuel chaque fois que cela est possible.
    Les mineurs qui commettent une infraction (vol, dégradations, tags...) pour la première fois, peuvent faire l'objet de la procédure dite de "rappel à la loi", qui concerne, en principe, les jeunes qui commettent une infraction pour la première fois, et non les récidivistes.
    Les cas où des mineurs âgés de 13 ans révolus et de moins de 16 ans peuvent être placés en détention provisoire sont stritement encadrés.
    Seuls le tribunal pour enfants et la cour d'Assises des mineurs peuvent prononcer des sanctions pénales à l’encontre des mineurs délinquants, sous réserve qu’ils soient âgés d’au moins 13 ans à l’époque des faits.
    => Avant 13 ans, seules des mesures ou des sanctions éducatives peuvent être prononcées contre un mineur. La prison n'est pas encourue par un mineur de 13 ans, âge minimum à partir duquel un mi­neur peut aujourd'hui être incarcéré.

    Le couvre feu sauverait-il de jeunes vies ?

    A Nice, cinquième ville de France, comme à Orléans où il a déjà été mis en oeuvre partiellement, tous les mineurs de moins de 13 ans non accompagnés sont tenus d'observer un couvre-feu entre 23h et 5h du matin, du mardi au vendredi, a annoncé la municipalité, début décembre 2009.
    Ce couvre-feu, devenu exécutoire après contrôle de légalité par le préfet des Alpes-Maritimes, stipule que les mineurs de moins de 13 ans seront reconduits à leur domicile.
    => Xavier Garcia, porte-parole départemental du PS, a estimé alors qu’un tel couvre-feu sera totalement inefficace, compte tenu de l’insuffisance des effectifs de la police municipale à Nice, particulièrement la nuit : «Il y a une quinzaine de policiers municipaux en faction la nuit pour 360.000 habitants. Cette mesure est inapplicable», a-t-il assuré.

    Les parents de la victime de 11 ans auraient-ils souhaité un couvre-feu à Marseille ?
  • samedi 18 septembre 2010

    Brice Hortefeux nous rendra-t-il la confiance en nos magistrats ?

    Les libres interprètes de la loi nous font peur

    Les syndicats de magistrats craignent pour leurs avantages acquis

    Une agence de presse prend parti contre les justiciables
    « Le ministre de l'Intérieur français Brice Hortefeux s'en prend aux magistrats dans un entretien au Figaro-magazine et propose plusieurs réformes judiciaires allant jusqu'au retrait d'une loi votée par l'actuel gouvernement », écrit Reuters.

    Et l'USM entend constinuer à exercer son contre-pouvoir
    L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) se dit consternée.
    "C'est tellement affligeant qu'on ne peut traiter ces déclarations que par le mépris", a déclaré son président Christophe Régnard, un soupçon expéditif.
    Quoique méprisant – et pas seulement du ministre, mais aussi des citoyens - demande toutefois à la ministre de la Justice d'intervenir pour rétablir la vérité sur les magistrats.
    Sa vérité n'est justement pas celle de la population, au nom de laquelle les magistrats sont sensés rendre la justice, équitablement, c'est-à-dire dans le respect de l'esprit du législateur et des victimes.


    Les Français réclament le respect de la loi

    Voyons donc précisément de quoi il est question, en allant aux sources, plutôt que d'en rester à l'interprétation partisane de la presse engagée et à la contestation systématique.
    Voici donc l'entretien que Brice Fortefeux, le ministre de l'Intérieur, a accordé au journal Le Figaro, le 17 septembre 2010:


    [Consterné] par les réponses apportées par certains magistrats aux récents faits divers, le ministre de l'Intérieur réclame que le peuple soit directement associé aux décisions de justice. Entretien exclusif.

    Le Figaro Magazine -Vous étiez lundi à l'enterrement de Natacha Mougel, cette femme violée et assassinée par un homme, récidiviste, sorti de prison après n'avoir exécuté que la moitié de sa peine. L'opinion a été profondément choquée. Quelle réponse apporter aux gens qui ont le sentiment qu'on remet en liberté des individus toujours dangereux ?

    Brice Hortefeux - Lundi dernier lorsque chaque membre de la famille de Natacha Mougel, avec sa petite bougie, a entouré son cercueil, ce fut un moment terriblement poignant. Le ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, le maire de Lille, Martine Aubry, et moi étions totalement à l'unisson de l'assistance. En quelques semaines, plusieurs faits, qui ne sont «divers» que pour ceux qui ne se sentent pas concernés, mais qui sont en réalité extrêmement choquants, montrent le décalage entre la souffrance des victimes et la réponse pénale apportée par une minorité de magistrats. Il ne s'agit aucunement pour moi de critiquer une profession dans son ensemble. Mais il faut le dire et le répéter: la justice est rendue au nom du peuple français. Les magistrats ne disent pas uniquement le droit. Ils remplissent aussi une fonction sociale indispensable à l'équilibre de notre société. Seul un traitement global de la délinquance, qui va de l'interpellation jusqu'à l'incarcération, nous permettra de mettre hors d'état de nuire les criminels. Police, justice, dans la chaîne pénale, chacun doit tenir son rôle.

    Comment se fait-il qu'un homme condamné à dix ans de prison soit sorti au bout d'à peine cinq ans ?

    Si ce criminel n'avait pas été libéré avant la fin de sa peine, la vie de Natacha Mougel aurait été épargnée. Je n'ai pas peur de le dire: cette affaire pose la question du rôle du juge de l'application des peines et de la responsabilité que lui confie la loi. Est-il normal aujourd'hui que des assassins ou des violeurs, condamnés par une cour d'assises, puissent sortir de prison avant la fin de leur peine parce que des magistrats professionnels l'ont décidé? Quelle que soit la déontologie des magistrats, que je ne mets aucunement en cause, je ne crois pas possible qu'ils puissent toujours se substituer à l'expression directe de la volonté populaire. Puisque c'est un jury populaire qui décide aux assises de condamner quelqu'un à la réclusion criminelle, je crois que le choix de le libérer avant qu'il ait purgé l'intégralité de sa peine doit aussi être fait par le peuple lui-même.

    Mais comment?

    La loi Perben de 2004 a déjà fait un pas dans cette direction en prévoyant qu'une décision du juge d'application des peines peut être contestée devant la chambre d'application des peines de la cour d'appel qui comprend, elle, trois magistrats professionnels et deux responsables associatifs représentant notamment les victimes. Ma conviction personnelle est qu'il faut aller plus loin, en appliquant un tel dispositif dès la première instance. Il ne serait pas anormal que pour les crimes et les délits les plus graves, le peuple soit directement associé à la sortie de prison du condamné.

    Pourquoi la rétention de sûreté, qui permet d'isoler un criminel dangereux après qu'il a purgé sa peine de prison, ne peut-elle pas s'appliquer dans des affaires aussi graves, où un criminel passe à nouveau à l'acte?

    Il y a deux obstacles. Le premier est que les parlementaires socialistes, en saisissant le Conseil constitutionnel et en suscitant ainsi une évolution de sa jurisprudence, ont empêché que la rétention, qui n'est pourtant pas une peine mais une mesure de sûreté, puisse s'appliquer à ceux qui ont déjà été condamnés. Le second obstacle est que la rétention ne peut s'appliquer qu'aux criminels condamnés à une peine de quinze ans. Faut-il aller plus loin et envisager de fixer à dix ans le seuil à partir duquel la rétention de sûreté peut être prononcée ? Pour ma part, j'y suis favorable.

    Il arrive que certains délinquants, condamnés, ne soient même pas placés en détention par les juges et se retrouvent en liberté, comme les deux personnes qui ont agressé à Corbeil des policiers cet été.

    Et le comble c'est qu'à leur sortie, ces deux individus ont osé crier: « Merci la France !» C'est intolérable ! Plus aucun délinquant ne doit pouvoir se permettre de narguer ainsi l'autorité publique sur le seuil même de la porte du juge. Que s'est-il passé le 12 août dernier aux Tarterêts? Des policiers ont été gravement blessés, certains à coups de marteau, dans un véritable guet-apens, avec la volonté de tuer. Les quatre suspects ont été immédiatement interpellés par la police qui, une nouvelle fois, a été très efficace. Les deux majeurs ont été jugés en comparution immédiate et ont écopé de condamnations sévères en apparence (douze mois dont cinq avec sursis pour l'auteur principal et trois mois ferme pour son complice). Mais n'ayant pas fait l'objet d'un mandat de dépôt à l'issue de l'audience, ils sont donc sortis libres du tribunal tandis que les policiers, blessés, n'ont pu reprendre leur mission.

    Vous comprenez leur indignation?

    C'est parce que je partage l'indignation des policiers que, à la demande du président de la République, j'ai fait adopter au Sénat une mesure prévoyant des peines incompressibles pour des actes criminels visant des policiers, des gendarmes, des pompiers et des magistrats. L'assassin d'une personne détentrice de l'autorité publique sera désormais assuré d'effectuer au minimum trente années de réclusion lorsque la cour d'assises le décidera. Et pour être encore plus clair, je demanderai à l'Assemblée nationale d'adopter des peines planchers pour tous les auteurs de violences aggravées, sans attendre la récidive.

    Il y a aussi pour les délits graves la loi de 2009 qui prévoit qu'un individu condamné à moins de deux ans de prison n'exécute pas sa peine!

    Je suis favorable à ce que l'on modifie, sur ce point précis, la loi pénitentiaire. Avoir quasiment l'assurance de ne pas effectuer sa peine de prison, quand on est condamné à moins de deux ans, est un dispositif parfaitement inadmissible pour les citoyens et totalement incompréhensible pour les policiers et les gendarmes. Comment les Français peuvent-ils admettre qu'ils soient sanctionnés dès qu'ils dépassent de deux kilomètres/heure la limite de vitesse autorisée, tandis qu'un délinquant condamné, lui, à 18 mois de prison pour vol avec violences, cambriolage ou trafic de stupéfiants, ne passera pas un seul jour en prison? On marche sur la tête ! Je propose donc que les aménagements de peines de prison ferme ne soient possibles que pour les peines les plus courtes, jusqu'à un an. C'est une position que j'ai exprimée sans ambiguïté au Sénat. Il appartient désormais à l'Assemblée nationale de s'en saisir.

    Dans l'affaire de Corbeil, il y avait aussi deux mineurs qui eux ont été immédiatement remis en liberté...

    Quand vous entendez à la radio le matin que les deux voyous, qui avaient arraché le casque d'un des policiers pour le frapper à la tête à coups de marteau, vont être présentés devant le juge pour enfants, les bras vous en tombent! Très honnêtement, j'ai du mal à qualifier d'enfants les auteurs de ce type d'acte.

    Faut-il faire passer la majorité pénale de 18 à 16 ans ?

    On me dit que la jurisprudence constitutionnelle, qui incorpore certains principes de l'ordonnance de 1945 au bloc de constitutionnalité, empêche de ramener la majorité pénale de 18 à 16 ans. Reste qu'il faudra bien punir les mineurs responsables de tels actes comme ils le méritent ! Les peines prévues pour les mineurs délinquants et les procédures de jugement ne sont pas gravées dans le marbre. L'ordonnance de 1945 n'est plus adaptée aux mineurs d'aujourd'hui. Il faut faire évoluer les règles de la justice des mineurs. Je sais que la garde des Sceaux y travaille.

    Ne faudrait-il pas étendre le système des jurys populaires qui existe aux Assises, aux tribunaux correctionnels?

    Le président de la République a lui-même ouvert le débat sur la composition des tribunaux correctionnels pour qu'ils ne soient plus exclusivement composés de magistrats professionnels. J'estime pour ma part que les tribunaux correctionnels pourraient fort bien être composés de jurys populaires tirés au sort ou par un système d'échevinage qui associe les jurés populaires à des magistrats professionnels.

    On va vous rétorquer que ça coûte cher!

    On trouve toujours de bonnes raisons pour ne rien changer. Mais je pose une autre question: pourquoi ne pas réfléchir à l'élection des juges de l'application des peines, voire à celle des présidents de tribunal correctionnel? Sous la Révolution française, pour rompre avec l'Ancien Régime, certains juges étaient élus. Les pères de la Déclaration des droits de l'homme ont inspiré la loi des 16-24 août 1790, qui instaura notamment un nouveau statut des magistrats, fondé sur le principe démocratique de l'élection des juges pour six ans. Je garde à l'esprit la phrase de Roederer, alors député à la Constituante: «Le pouvoir judiciaire, le pouvoir d'appliquer les lois est le plus voisin du pouvoir de les faire: il y touche de si près qu'il ne peut jamais être aliéné par le peuple.»

    Sur la détention provisoire, comment expliquer que d'un côté, à Grenoble, un des auteurs présumés du braquage du casino, arrêté par la police, a été immédiatement remis en liberté par le juge des libertés, quand, dans l'Hérault, un homme de plus de 70 ans était placé en garde à vue et écroué pour avoir tiré en pleine nuit sur deux cambrioleuses?

    Dans les deux cas, cela heurte le bon sens. Je vous le dis très directement: j'aurai toujours plus de respect pour le droit des victimes que pour celui des délinquants. Les policiers et les gendarmes effectuent un travail formidable, courageux, multipliant sans cesse les interpellations de délinquants et de criminels. Mais tout ne s'arrête pas avec l'interpellation. Encore faut-il que les délinquants et les criminels arrêtés et punis purgent leur peine jusqu'au bout. Or trop souvent la chaîne de sécurité s'interrompt brusquement après l'interpellation. Je le redis : il ne s'agit pas pour moi de mettre en cause l'institution judiciaire. Depuis, la chambre de l'instruction de la cour d'appel a rendu sa décision. Mais quand même, à Grenoble, c'est un individu, mis en examen pour vol à main armée en récidive et tentative d'homicide volontaire, qui a été remis en liberté. Chacun voit bien le danger pour les citoyens et les risques de démobilisation des forces de police qui ont enquêté plus d'un mois pour l'arrêter.

    Quelle solution proposez-vous?

    Peut-être faudrait-il envisager que les décisions de mise en détention provisoire soient prises par un collège de magistrats, comme le propose le socialiste André Vallini ? La commission Outreau l'avait évoqué. Je me battrai sans relâche pour que les victimes ne soient jamais méprisées et que le travail de la police soit respecté.

    A Saint-Aignan, la mort d'une personne issue de la communauté des gens du voyage a provoqué les violences que l'on sait. Aujourd'hui, c'est le gendarme qui a fait feu sur le véhicule qui risque de se retrouver mis en examen!

    N'oublions pas le point de départ de cette affaire: un jeune homme qui allait tranquillement retirer de l'argent à un distributeur de billets a été agressé par deux individus. Ils ont foncé sur un premier barrage en renversant un gendarme, avant d'en forcer un second. On dira qu'une éventuelle mise en examen permettra à ce gendarme qui a tiré d'avoir accès au dossier. Mais moi je pense au courage et au dévouement des 96 000 gendarmes qui exercent leur compétence sur 90% de notre territoire. Il ne faudrait pas les oublier.

    Les effectifs de la police sont en diminution. Baisseront-ils encore en 2011?

    En réalité, il y a aujourd'hui plus de policiers sur le terrain que lorsque la gauche était au pouvoir. Un effort, c'est vrai, est demandé à toutes les administrations dans le cadre de la révision générale des politiques publiques. Mais nous ne pouvons pas continuer à recruter indéfiniment toujours plus de fonctionnaires! Un million de plus depuis 1992! Soit 30% d'augmentation. Ou alors il faut dire clairement que l'on veut augmenter les impôts pour ceux qui en payent et y soumettre aussi ceux qui n'en payent pas. J'ajoute que, malgré cet effort qui s'impose à tous, on maintiendra, en 2011, 99,5% des effectifs de la police et de la gendarmerie. Sur un total de 243.000, ce sont à peine 800 postes budgétaires de moins et même, en réalité, seulement 300 agents en moins sur le terrain. J'ajoute que les résultats des forces de sécurité ne sont pas liées exclusivement aux effectifs, même s'ils jouent un rôle essentiel. Il ne faut pas négliger l'évolution des moyens techniques, comme la vidéoprotection et la police scientifique. Tout ceci a abouti à un taux d'élucidation qui est passé de 25% en 2002 à près de 39% aujourd'hui. Soit une augmentation de 50%.

    Et pourtant les Français n'ont pas le sentiment que la sécurité s'améliore.

    Cessons de caricaturer. Les chiffres sont là et je veux rétablir la vérité. Même si tous les problèmes ne sont pas réglés, notre pays est l'un des plus sûrs du monde ! Nous avons renoué avec la baisse de la délinquance. C'est vrai dans quasiment tous les domaines, avec notamment la baisse régulière des atteintes aux biens qui ont diminué de 3,88% cette année. Quant aux violences aux personnes, qui constituent le point noir de toutes les sociétés développées, nous avons cassé la spirale infernale de la hausse. Leur augmentation n'est que de 1,2% sur les sept premiers mois de l'année et, pour la première fois en juillet, nous étions en baisse. Aujourd'hui, dans 93% des cas, les meurtriers sont identifiés, interpellés et incarcérés. Dans notre pays, un assassin n'a quasiment aucune chance de s'en sortir. On est bien loin de l'explosion des violences aux personnes de juin 1997 à mai 2002, quand la gauche était au pouvoir : + 60 % ! A l'occasion du débat sur la loi de sécurité intérieure au Sénat, j'ai pu mesurer que les socialistes n'avaient rien retenu, rien appris et rien compris.

    Ne regrettez-vous pas d'avoir laissé passer une circulaire qui laissait penser que vous stigmatisiez une catégorie de la population, les Roms?

    Il ne s'agissait évidemment pas de stigmatiser quiconque. Je ne vais quand même pas m'excuser de faire respecter un principe constitutionnel qui est celui du droit de propriété ! Dans notre pays, on n'occupe pas de manière illégale un terrain, une maison, un appartement. A la demande du président de la République et sous l'autorité du Premier ministre, je fais procéder, dans le cadre de décisions de justice, à l'évacuation de ces campements illégaux. Rien de plus, rien de moins. Je ne suis pas dans le déni de réalité. Lorsque la délinquance des personnes de nationalité roumaine augmente à Paris de 259 % entre janvier 2009 et juillet 2010, faudrait-il que je reste les bras ballants ? Quand, dans la capitale de la France, un vol sur cinq est commis par un Roumain et un vol de mineurs sur quatre l'est par un mineur roumain, mon devoir est d'agir ! Et c'est ce que je fais dans le respect des règles de droit et de la dignité de la personne. Quant à la fameuse circulaire, j'en ai signé personnellement une nouvelle dès lundi, pour lever tout malentendu.

    C'est donc un recul?

    Non, pas du tout. Les instructions que j'ai données aux préfets soulignent que l'évacuation des campements illicites doit être poursuivie. Et elle le sera. Depuis le 1er août, nous avons démantelé 441 campements. N'en déplaise aux bonnes consciences qui se sont réveillées en septembre au Café de Flore alors qu'en juillet elles dormaient tranquilles dans le Luberon ! Aujourd'hui, les décisions de justice sont appliquées et non pas oubliées !

    Cette affaire a créé des remous au sein du gouvernement.

    J'observe que les quelques membres du gouvernement qui s'interrogeaient ont été rassurés par nos explications. La meilleure preuve, c'est qu'ils sont toujours là...

    Sur la déchéance de la nationalité vous avez dû renoncer à y inclure la polygamie. Encore un recul?

    J'avais clairement indiqué que les fraudes aux prestations sociales liées à la polygamie de fait justifiaient à mes yeux la perte de la nationalité. Les règles constitutionnelles ne le permettant pas, nous avons prévu une autre solution: un renforcement des sanctions contre les fraudes sociales liées à la polygamie. Je n'accepte pas qu'ils narguent tous ceux qui travaillent ou recherchent activement du travail, tous ceux qui paient les cotisations sociales, tous ceux qui veulent s'intégrer.

    Plutôt que de déchoir de la nationalité française un certain nombre de personnes, ne vaudrait-il pas mieux revoir les conditions d'attribution de la nationalité ?

    Une mission d'expertise a été annoncée par le Président. Nous avons bon espoir que les règles d'acquisition de la nationalité, pour les mineurs délinquants condamnés à la prison, soient modifiées. Devenir français, ce sont des droits mais aussi des devoirs.

    Dans l'affaire Woerth, le journal «Le Monde» a accusé l'Elysée d'avoir violé la loi sur le secret des sources des journalistes. La responsabilité de vos services est mise en cause...

    Jamais l'Elysée n'a demandé quoi que ce soit. En aucun cas il n'a été procédé à une écoute téléphonique. Pour le reste, je rappelle que dans un Etat de droit il existe pour les fonctionnaires une obligation du respect du secret professionnel et du devoir de réserve. Dans cette affaire, les attaques dirigées contre les institutions de la République sont indignes. Elles ne nous détourneront pas de notre mission: protéger les Français, en faisant respecter les lois et en garantissant l'autorité de l'Etat.

    lundi 28 juillet 2008

    Les prisons ne seront pas laissées pour compte en ce temps de restrictions

    Rachida Dati veut désengorger les prisons
    La Garde des Sceaux présente son projet de loi pénitentiaire dans un contexte extrêmement tendu pour les prisons françaises (Lire PaSiDupes) . La ministre sera cet après-midi sur le terrain à la prison Saint-Paul à Lyon (Rhône), après le Conseil des Ministres. Au 1er juillet, on enregistrait un nombre de personnes incarcérées jamais atteint jusqu'alors : 64 250 prisonniers pour environ 50 800 places disponibles. Soit 126 % de densité carcérale. Bonnet d'âne de l'Europe de l’ouest, la France se situe bien au-dessus de la moyenne de l'Union européenne.

    C’est en partie pour se mettre en conformité avec les règles pénitentiaires européennes que Rachida Dati présente ce texte, qu' elle espère « fondamental et fondateur », au Parlement l'automne prochain. Les syndicats des personnels pénitentiaires et les associations de défense des droits des détenu se disent évidemment déçus de n'avoir été consultés dans l'élaboration du projet. Ils l’ont pourtant été, mais, selon eux, « pour la forme », ce qui est révélateur d’une volonté de toutcritiquer et de refuser, à la manière du PS, qui les inspire. Mais c’est aussi une réaction de dépit, puisqu’il ne suffit plus qu’ils décrètent, pour que le gouvernement s’aligne. En somme, la co-gestion du pays par les syndicats, c’est fini…Etonnez-vous donc qu’au projet de réforme ils ne trouvent pas le grand souffle « réformateur » tant souhaité sur la question carcérale. Dommage qu’il n’ait pas davantage soufflé au temps glorieux de cette cogestion…

    L’été 2007 n’avait pas connu les incidents graves déjà escomptés, mais le calme dans les prisons ne fait pas monter les ventes en ce temps de disette et l’opposition ne peut pas rester sur cet échec-là non plus… La presse bienveillante peut donc choisir d’interroger une « spécialiste du droit pénitentiaire »: au hasard , Martine Herzog-Evans (cf. ci-dessous) fera ainsi l’affaire d’Aujourd’hui en France.
    Pour elle, objectivement, le projet fait « beaucoup de ‘neuf avec du vieux’, de ‘nettes régressions’ et ‘des dispositions peu claires’ ». En matière de « souffle nouveau », elle réclame davantage de « moyens humains et financiers », ce qui n’est pas franchement neuf ! C’est d’ailleurs à ses critiques que l’on sent davantage la militante objective que la ‘spécialiste’ professionnelle. Elle établit en effet un lien improbable entre ‘surveillance électronique’ et ‘surpopulation carcérale’, comme si les premiers pouvaient avoir une quelconque incidence pour qui que ce soit sur la réduction de la seconde, puisque les bénéficiaires ne sont pas astreints au retour en prison le soir et le week-end... En somme, comme le projet, la spécialiste « manque d’envergure », et non pas seulement en matière de santé.
    Voyons donc ce qui sera amélioré, au risque de ne pas régler tous les problèmes…


    Développer les alternatives à l'incarcération
    C'est l'objectif phare. Cela permettrait aussi de désengorger les établissements pénitentiaires. L'emprisonnement ne doit arriver qu’en dernier recours. Le projet Dati souhaite développer l’utilisation du bracelet électronique en instaurant l’assignation à résidence sous surveillance électronique pour les personnes mises en examen, pour lesquelles le contrôle judiciaire n'apporterait pas assez de garanties, mais aussi pour les condamnés à des peines inférieures ou égales à six mois.
    Les aménagements de peine (semi-liberté, travaux d'intérêt général, ...) seraient étendus aux condamnés à deux ans de prison, contre un an aujourd'hui. Certaines peines pourraient même, en fonction du profil du détenu, être commuées en jours amende ou en travail d’intérêt général.

    Garantir des droits aux détenus.
    Une série de mesures vise à mieux préparer la sortie afin de prévenir la récidive. Possibilité de se domicilier dans l'établissement pénitentiaire pour établir des documents d’identité, voter ou obtenir des prestations sociales.
    Le projet de loi veut renforcer des liens avec l'extérieur, notamment avec les familles, et généralise l'accès au téléphone pour les prévenus et les condamnés.

    Personnalisation du régime de détention
    Un parcours d’exécution de la peine (PEP) serait mis en place, le détenu se donnant des objectifs précis (formation, soins ... ) Il est prévu de personnaliser les régimes de détention, en fonction notamment de la dangerosité des détenus. Conformément aux exigences européennes, les durées de placement au quartier disciplinaire seraient réduites, les violences les plus graves restant néanmoins passibles de quarante jours de mitard.

    Code de déontologie pour le personnel
    Les fonctionnaires de l'administration pénitentiaire prêteraient serment et devraient respecter un Code de déontologie.
    Une réserve civile pénitentiaire serait créée, composée de personnels retraités volontaires qui renforceraient la sécurité des tribunaux ou de certains services du ministère de la Justice.
    Le projet de loi pénitentiaire de la Garde des Sceaux a été présenté au Conseil des Ministres de ce mercredi, le dernier avant les vacances et le retour du Parlement, début octobre.

    Qui est Martine Herzog-Evans ?
    Née en 1963 à Paris, dans une famille franco-britannique, elle est professeur à l'Université de Reims depuis la rentrée 2006-2007. Elle a précédemment enseigné au sein des universités de Nantes (maître de conférences), Paris XI et Paris X.L'essentiel de ses travaux concerne l'exécution des peines et l’intimité des détenus. Cependant Martine Herzog-Evans a également écrit en droit privé et de la famille (elle est mère de cinq enfants) et plus précisément, en matière de maternité.
    Selon elle, la perpétuité incompressible est une « quasi vraie perpétuité » Et les victimes, sont-elles mortes ou handicapées, ou quasiment ?