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samedi 18 septembre 2010

Brice Hortefeux nous rendra-t-il la confiance en nos magistrats ?

Les libres interprètes de la loi nous font peur

Les syndicats de magistrats craignent pour leurs avantages acquis

Une agence de presse prend parti contre les justiciables
« Le ministre de l'Intérieur français Brice Hortefeux s'en prend aux magistrats dans un entretien au Figaro-magazine et propose plusieurs réformes judiciaires allant jusqu'au retrait d'une loi votée par l'actuel gouvernement », écrit Reuters.

Et l'USM entend constinuer à exercer son contre-pouvoir
L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) se dit consternée.
"C'est tellement affligeant qu'on ne peut traiter ces déclarations que par le mépris", a déclaré son président Christophe Régnard, un soupçon expéditif.
Quoique méprisant – et pas seulement du ministre, mais aussi des citoyens - demande toutefois à la ministre de la Justice d'intervenir pour rétablir la vérité sur les magistrats.
Sa vérité n'est justement pas celle de la population, au nom de laquelle les magistrats sont sensés rendre la justice, équitablement, c'est-à-dire dans le respect de l'esprit du législateur et des victimes.


Les Français réclament le respect de la loi

Voyons donc précisément de quoi il est question, en allant aux sources, plutôt que d'en rester à l'interprétation partisane de la presse engagée et à la contestation systématique.
Voici donc l'entretien que Brice Fortefeux, le ministre de l'Intérieur, a accordé au journal Le Figaro, le 17 septembre 2010:


[Consterné] par les réponses apportées par certains magistrats aux récents faits divers, le ministre de l'Intérieur réclame que le peuple soit directement associé aux décisions de justice. Entretien exclusif.

Le Figaro Magazine -Vous étiez lundi à l'enterrement de Natacha Mougel, cette femme violée et assassinée par un homme, récidiviste, sorti de prison après n'avoir exécuté que la moitié de sa peine. L'opinion a été profondément choquée. Quelle réponse apporter aux gens qui ont le sentiment qu'on remet en liberté des individus toujours dangereux ?

Brice Hortefeux - Lundi dernier lorsque chaque membre de la famille de Natacha Mougel, avec sa petite bougie, a entouré son cercueil, ce fut un moment terriblement poignant. Le ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, le maire de Lille, Martine Aubry, et moi étions totalement à l'unisson de l'assistance. En quelques semaines, plusieurs faits, qui ne sont «divers» que pour ceux qui ne se sentent pas concernés, mais qui sont en réalité extrêmement choquants, montrent le décalage entre la souffrance des victimes et la réponse pénale apportée par une minorité de magistrats. Il ne s'agit aucunement pour moi de critiquer une profession dans son ensemble. Mais il faut le dire et le répéter: la justice est rendue au nom du peuple français. Les magistrats ne disent pas uniquement le droit. Ils remplissent aussi une fonction sociale indispensable à l'équilibre de notre société. Seul un traitement global de la délinquance, qui va de l'interpellation jusqu'à l'incarcération, nous permettra de mettre hors d'état de nuire les criminels. Police, justice, dans la chaîne pénale, chacun doit tenir son rôle.

Comment se fait-il qu'un homme condamné à dix ans de prison soit sorti au bout d'à peine cinq ans ?

Si ce criminel n'avait pas été libéré avant la fin de sa peine, la vie de Natacha Mougel aurait été épargnée. Je n'ai pas peur de le dire: cette affaire pose la question du rôle du juge de l'application des peines et de la responsabilité que lui confie la loi. Est-il normal aujourd'hui que des assassins ou des violeurs, condamnés par une cour d'assises, puissent sortir de prison avant la fin de leur peine parce que des magistrats professionnels l'ont décidé? Quelle que soit la déontologie des magistrats, que je ne mets aucunement en cause, je ne crois pas possible qu'ils puissent toujours se substituer à l'expression directe de la volonté populaire. Puisque c'est un jury populaire qui décide aux assises de condamner quelqu'un à la réclusion criminelle, je crois que le choix de le libérer avant qu'il ait purgé l'intégralité de sa peine doit aussi être fait par le peuple lui-même.

Mais comment?

La loi Perben de 2004 a déjà fait un pas dans cette direction en prévoyant qu'une décision du juge d'application des peines peut être contestée devant la chambre d'application des peines de la cour d'appel qui comprend, elle, trois magistrats professionnels et deux responsables associatifs représentant notamment les victimes. Ma conviction personnelle est qu'il faut aller plus loin, en appliquant un tel dispositif dès la première instance. Il ne serait pas anormal que pour les crimes et les délits les plus graves, le peuple soit directement associé à la sortie de prison du condamné.

Pourquoi la rétention de sûreté, qui permet d'isoler un criminel dangereux après qu'il a purgé sa peine de prison, ne peut-elle pas s'appliquer dans des affaires aussi graves, où un criminel passe à nouveau à l'acte?

Il y a deux obstacles. Le premier est que les parlementaires socialistes, en saisissant le Conseil constitutionnel et en suscitant ainsi une évolution de sa jurisprudence, ont empêché que la rétention, qui n'est pourtant pas une peine mais une mesure de sûreté, puisse s'appliquer à ceux qui ont déjà été condamnés. Le second obstacle est que la rétention ne peut s'appliquer qu'aux criminels condamnés à une peine de quinze ans. Faut-il aller plus loin et envisager de fixer à dix ans le seuil à partir duquel la rétention de sûreté peut être prononcée ? Pour ma part, j'y suis favorable.

Il arrive que certains délinquants, condamnés, ne soient même pas placés en détention par les juges et se retrouvent en liberté, comme les deux personnes qui ont agressé à Corbeil des policiers cet été.

Et le comble c'est qu'à leur sortie, ces deux individus ont osé crier: « Merci la France !» C'est intolérable ! Plus aucun délinquant ne doit pouvoir se permettre de narguer ainsi l'autorité publique sur le seuil même de la porte du juge. Que s'est-il passé le 12 août dernier aux Tarterêts? Des policiers ont été gravement blessés, certains à coups de marteau, dans un véritable guet-apens, avec la volonté de tuer. Les quatre suspects ont été immédiatement interpellés par la police qui, une nouvelle fois, a été très efficace. Les deux majeurs ont été jugés en comparution immédiate et ont écopé de condamnations sévères en apparence (douze mois dont cinq avec sursis pour l'auteur principal et trois mois ferme pour son complice). Mais n'ayant pas fait l'objet d'un mandat de dépôt à l'issue de l'audience, ils sont donc sortis libres du tribunal tandis que les policiers, blessés, n'ont pu reprendre leur mission.

Vous comprenez leur indignation?

C'est parce que je partage l'indignation des policiers que, à la demande du président de la République, j'ai fait adopter au Sénat une mesure prévoyant des peines incompressibles pour des actes criminels visant des policiers, des gendarmes, des pompiers et des magistrats. L'assassin d'une personne détentrice de l'autorité publique sera désormais assuré d'effectuer au minimum trente années de réclusion lorsque la cour d'assises le décidera. Et pour être encore plus clair, je demanderai à l'Assemblée nationale d'adopter des peines planchers pour tous les auteurs de violences aggravées, sans attendre la récidive.

Il y a aussi pour les délits graves la loi de 2009 qui prévoit qu'un individu condamné à moins de deux ans de prison n'exécute pas sa peine!

Je suis favorable à ce que l'on modifie, sur ce point précis, la loi pénitentiaire. Avoir quasiment l'assurance de ne pas effectuer sa peine de prison, quand on est condamné à moins de deux ans, est un dispositif parfaitement inadmissible pour les citoyens et totalement incompréhensible pour les policiers et les gendarmes. Comment les Français peuvent-ils admettre qu'ils soient sanctionnés dès qu'ils dépassent de deux kilomètres/heure la limite de vitesse autorisée, tandis qu'un délinquant condamné, lui, à 18 mois de prison pour vol avec violences, cambriolage ou trafic de stupéfiants, ne passera pas un seul jour en prison? On marche sur la tête ! Je propose donc que les aménagements de peines de prison ferme ne soient possibles que pour les peines les plus courtes, jusqu'à un an. C'est une position que j'ai exprimée sans ambiguïté au Sénat. Il appartient désormais à l'Assemblée nationale de s'en saisir.

Dans l'affaire de Corbeil, il y avait aussi deux mineurs qui eux ont été immédiatement remis en liberté...

Quand vous entendez à la radio le matin que les deux voyous, qui avaient arraché le casque d'un des policiers pour le frapper à la tête à coups de marteau, vont être présentés devant le juge pour enfants, les bras vous en tombent! Très honnêtement, j'ai du mal à qualifier d'enfants les auteurs de ce type d'acte.

Faut-il faire passer la majorité pénale de 18 à 16 ans ?

On me dit que la jurisprudence constitutionnelle, qui incorpore certains principes de l'ordonnance de 1945 au bloc de constitutionnalité, empêche de ramener la majorité pénale de 18 à 16 ans. Reste qu'il faudra bien punir les mineurs responsables de tels actes comme ils le méritent ! Les peines prévues pour les mineurs délinquants et les procédures de jugement ne sont pas gravées dans le marbre. L'ordonnance de 1945 n'est plus adaptée aux mineurs d'aujourd'hui. Il faut faire évoluer les règles de la justice des mineurs. Je sais que la garde des Sceaux y travaille.

Ne faudrait-il pas étendre le système des jurys populaires qui existe aux Assises, aux tribunaux correctionnels?

Le président de la République a lui-même ouvert le débat sur la composition des tribunaux correctionnels pour qu'ils ne soient plus exclusivement composés de magistrats professionnels. J'estime pour ma part que les tribunaux correctionnels pourraient fort bien être composés de jurys populaires tirés au sort ou par un système d'échevinage qui associe les jurés populaires à des magistrats professionnels.

On va vous rétorquer que ça coûte cher!

On trouve toujours de bonnes raisons pour ne rien changer. Mais je pose une autre question: pourquoi ne pas réfléchir à l'élection des juges de l'application des peines, voire à celle des présidents de tribunal correctionnel? Sous la Révolution française, pour rompre avec l'Ancien Régime, certains juges étaient élus. Les pères de la Déclaration des droits de l'homme ont inspiré la loi des 16-24 août 1790, qui instaura notamment un nouveau statut des magistrats, fondé sur le principe démocratique de l'élection des juges pour six ans. Je garde à l'esprit la phrase de Roederer, alors député à la Constituante: «Le pouvoir judiciaire, le pouvoir d'appliquer les lois est le plus voisin du pouvoir de les faire: il y touche de si près qu'il ne peut jamais être aliéné par le peuple.»

Sur la détention provisoire, comment expliquer que d'un côté, à Grenoble, un des auteurs présumés du braquage du casino, arrêté par la police, a été immédiatement remis en liberté par le juge des libertés, quand, dans l'Hérault, un homme de plus de 70 ans était placé en garde à vue et écroué pour avoir tiré en pleine nuit sur deux cambrioleuses?

Dans les deux cas, cela heurte le bon sens. Je vous le dis très directement: j'aurai toujours plus de respect pour le droit des victimes que pour celui des délinquants. Les policiers et les gendarmes effectuent un travail formidable, courageux, multipliant sans cesse les interpellations de délinquants et de criminels. Mais tout ne s'arrête pas avec l'interpellation. Encore faut-il que les délinquants et les criminels arrêtés et punis purgent leur peine jusqu'au bout. Or trop souvent la chaîne de sécurité s'interrompt brusquement après l'interpellation. Je le redis : il ne s'agit pas pour moi de mettre en cause l'institution judiciaire. Depuis, la chambre de l'instruction de la cour d'appel a rendu sa décision. Mais quand même, à Grenoble, c'est un individu, mis en examen pour vol à main armée en récidive et tentative d'homicide volontaire, qui a été remis en liberté. Chacun voit bien le danger pour les citoyens et les risques de démobilisation des forces de police qui ont enquêté plus d'un mois pour l'arrêter.

Quelle solution proposez-vous?

Peut-être faudrait-il envisager que les décisions de mise en détention provisoire soient prises par un collège de magistrats, comme le propose le socialiste André Vallini ? La commission Outreau l'avait évoqué. Je me battrai sans relâche pour que les victimes ne soient jamais méprisées et que le travail de la police soit respecté.

A Saint-Aignan, la mort d'une personne issue de la communauté des gens du voyage a provoqué les violences que l'on sait. Aujourd'hui, c'est le gendarme qui a fait feu sur le véhicule qui risque de se retrouver mis en examen!

N'oublions pas le point de départ de cette affaire: un jeune homme qui allait tranquillement retirer de l'argent à un distributeur de billets a été agressé par deux individus. Ils ont foncé sur un premier barrage en renversant un gendarme, avant d'en forcer un second. On dira qu'une éventuelle mise en examen permettra à ce gendarme qui a tiré d'avoir accès au dossier. Mais moi je pense au courage et au dévouement des 96 000 gendarmes qui exercent leur compétence sur 90% de notre territoire. Il ne faudrait pas les oublier.

Les effectifs de la police sont en diminution. Baisseront-ils encore en 2011?

En réalité, il y a aujourd'hui plus de policiers sur le terrain que lorsque la gauche était au pouvoir. Un effort, c'est vrai, est demandé à toutes les administrations dans le cadre de la révision générale des politiques publiques. Mais nous ne pouvons pas continuer à recruter indéfiniment toujours plus de fonctionnaires! Un million de plus depuis 1992! Soit 30% d'augmentation. Ou alors il faut dire clairement que l'on veut augmenter les impôts pour ceux qui en payent et y soumettre aussi ceux qui n'en payent pas. J'ajoute que, malgré cet effort qui s'impose à tous, on maintiendra, en 2011, 99,5% des effectifs de la police et de la gendarmerie. Sur un total de 243.000, ce sont à peine 800 postes budgétaires de moins et même, en réalité, seulement 300 agents en moins sur le terrain. J'ajoute que les résultats des forces de sécurité ne sont pas liées exclusivement aux effectifs, même s'ils jouent un rôle essentiel. Il ne faut pas négliger l'évolution des moyens techniques, comme la vidéoprotection et la police scientifique. Tout ceci a abouti à un taux d'élucidation qui est passé de 25% en 2002 à près de 39% aujourd'hui. Soit une augmentation de 50%.

Et pourtant les Français n'ont pas le sentiment que la sécurité s'améliore.

Cessons de caricaturer. Les chiffres sont là et je veux rétablir la vérité. Même si tous les problèmes ne sont pas réglés, notre pays est l'un des plus sûrs du monde ! Nous avons renoué avec la baisse de la délinquance. C'est vrai dans quasiment tous les domaines, avec notamment la baisse régulière des atteintes aux biens qui ont diminué de 3,88% cette année. Quant aux violences aux personnes, qui constituent le point noir de toutes les sociétés développées, nous avons cassé la spirale infernale de la hausse. Leur augmentation n'est que de 1,2% sur les sept premiers mois de l'année et, pour la première fois en juillet, nous étions en baisse. Aujourd'hui, dans 93% des cas, les meurtriers sont identifiés, interpellés et incarcérés. Dans notre pays, un assassin n'a quasiment aucune chance de s'en sortir. On est bien loin de l'explosion des violences aux personnes de juin 1997 à mai 2002, quand la gauche était au pouvoir : + 60 % ! A l'occasion du débat sur la loi de sécurité intérieure au Sénat, j'ai pu mesurer que les socialistes n'avaient rien retenu, rien appris et rien compris.

Ne regrettez-vous pas d'avoir laissé passer une circulaire qui laissait penser que vous stigmatisiez une catégorie de la population, les Roms?

Il ne s'agissait évidemment pas de stigmatiser quiconque. Je ne vais quand même pas m'excuser de faire respecter un principe constitutionnel qui est celui du droit de propriété ! Dans notre pays, on n'occupe pas de manière illégale un terrain, une maison, un appartement. A la demande du président de la République et sous l'autorité du Premier ministre, je fais procéder, dans le cadre de décisions de justice, à l'évacuation de ces campements illégaux. Rien de plus, rien de moins. Je ne suis pas dans le déni de réalité. Lorsque la délinquance des personnes de nationalité roumaine augmente à Paris de 259 % entre janvier 2009 et juillet 2010, faudrait-il que je reste les bras ballants ? Quand, dans la capitale de la France, un vol sur cinq est commis par un Roumain et un vol de mineurs sur quatre l'est par un mineur roumain, mon devoir est d'agir ! Et c'est ce que je fais dans le respect des règles de droit et de la dignité de la personne. Quant à la fameuse circulaire, j'en ai signé personnellement une nouvelle dès lundi, pour lever tout malentendu.

C'est donc un recul?

Non, pas du tout. Les instructions que j'ai données aux préfets soulignent que l'évacuation des campements illicites doit être poursuivie. Et elle le sera. Depuis le 1er août, nous avons démantelé 441 campements. N'en déplaise aux bonnes consciences qui se sont réveillées en septembre au Café de Flore alors qu'en juillet elles dormaient tranquilles dans le Luberon ! Aujourd'hui, les décisions de justice sont appliquées et non pas oubliées !

Cette affaire a créé des remous au sein du gouvernement.

J'observe que les quelques membres du gouvernement qui s'interrogeaient ont été rassurés par nos explications. La meilleure preuve, c'est qu'ils sont toujours là...

Sur la déchéance de la nationalité vous avez dû renoncer à y inclure la polygamie. Encore un recul?

J'avais clairement indiqué que les fraudes aux prestations sociales liées à la polygamie de fait justifiaient à mes yeux la perte de la nationalité. Les règles constitutionnelles ne le permettant pas, nous avons prévu une autre solution: un renforcement des sanctions contre les fraudes sociales liées à la polygamie. Je n'accepte pas qu'ils narguent tous ceux qui travaillent ou recherchent activement du travail, tous ceux qui paient les cotisations sociales, tous ceux qui veulent s'intégrer.

Plutôt que de déchoir de la nationalité française un certain nombre de personnes, ne vaudrait-il pas mieux revoir les conditions d'attribution de la nationalité ?

Une mission d'expertise a été annoncée par le Président. Nous avons bon espoir que les règles d'acquisition de la nationalité, pour les mineurs délinquants condamnés à la prison, soient modifiées. Devenir français, ce sont des droits mais aussi des devoirs.

Dans l'affaire Woerth, le journal «Le Monde» a accusé l'Elysée d'avoir violé la loi sur le secret des sources des journalistes. La responsabilité de vos services est mise en cause...

Jamais l'Elysée n'a demandé quoi que ce soit. En aucun cas il n'a été procédé à une écoute téléphonique. Pour le reste, je rappelle que dans un Etat de droit il existe pour les fonctionnaires une obligation du respect du secret professionnel et du devoir de réserve. Dans cette affaire, les attaques dirigées contre les institutions de la République sont indignes. Elles ne nous détourneront pas de notre mission: protéger les Français, en faisant respecter les lois et en garantissant l'autorité de l'Etat.

vendredi 20 août 2010

La lutte contre la délinquance est l'affaire de tous

Et pourquoi ne le serait-elle pas des élus PS ?

Politiquement correct et manipulation, les deux mamelles de la presse insolente
Un article du Monde aura échappé à bon nombre de revues de presse de media impertinents et donc parfaitement partisans. A quoi servirait-il à la presse de protester sans cesse de son indépendance, si elle ne se réservait pas le droit d'occulter.
Alors que l'agitée du marais poitevin, expert en frénésie, et Nono Montebourg, 'stigmatiseur' de racisme, reprennent du service dans la brigade de chasse aux sorcières du PS et trouvent un écho systématique dans les salles de rédaction vertueuses, d'autres déclarations d'élus passent à la trappe.
France Info assure évidemment que Christian Estrosi s'est fait recadrer pour avoir provoqué un tollé pour avoir proposé de sanctionner financièrement les maires défaillants en matière sécuritaire, précisant que trois ministres « importants » (sic) se sont démarqués de cette idée. Si Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a certes tempéré la déclaration du maire de Nice, déclarant que “l’idée d’un pacte entre les communes et l’Etat, en matière de sécurité, est nécessaire : simplement, elle doit se faire sous forme d’un contrat, plus que sous forme de sanction”, un ministre « secondaire » a pourtant insisté. “ Luc Chatel reprenait ainsi l'avis de l'Association des maires de France (AMF), dont le président, Jacques Pélissard (UMP) avait affirmé qu'en matière de sécurité "la réponse ne peut être que collective" et que l'AMF "ne saurait accepter le principe général de sanctions à l'encontre des municipalités défaillantes." Mais, en revanche, "les maires ont été élus par nos concitoyens, ils sont donc des partenaires naturels de l’Etat avec qui s’engage un dialogue respectueux ”, a souligné pour sa part le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Brice Hortefeux, lors d’un point de presse à la mairie de Toulon.

Le débat est donc ouvert dans la majorité

Ce qui surprend les élus godillots du PS est naturel dans la majorité
Des élus de tout premier plan - et ô combien - se sont certes démarqués, Pierre Cardo, ex-député-maire UMP de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) ou Yannick Favennec, député UMP de Mayenne.

Mais ils sont plus nombreux encore à soutenir la proposition Estrosi.

Brigitte Barèges (députée-maire de Montauban), Louis Nègre (sénateur-maire de Cagnes-sur-Mer) ou encore Patrice Calméjane, (maire de Villemomble, Seine-Saint-Denis) ont en effet dénoncé une "posture idéologique" de la gauche face ux questions de sécurité.
Certains maires ont également téléphoné leur soutien, comme ceux de Grasse (Jean-Pierre Leleux) ou d'Hyères (Jacques Politi).

D'autres encore l'ont fait savoir dans Le Monde, mais leur tribune est restée étrangement confidentielle .
Il convenait de lui rendre justice.

Nul n'est censé ignorer la loi,
encore moins ceux qui sont chargés de l'exécuter

C'est sans doute ce qu'il faudrait rappeler à un certain nombre d'élus du Parti socialiste, maires de grandes villes, qui semblent avoir oublié qu'en matière de prévention de la délinquance, la loi du 5 mars 2007 est très explicite. Dans son article premier, cette loi précise en effet que "le maire anime, sur le territoire de la commune, la politique de prévention de la délinquance et en coordonne la mise en oeuvre".

Il peut s'appuyer, pour cette mission, sur les conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) que la loi rend obligatoires dans les communes de plus de 10 000 habitants ainsi que dans toutes les communes qui comportent au moins une zone urbaine sensible. Il peut aussi désormais mettre en place un conseil pour les droits et devoirs des familles, qui permet de mieux lutter contre la délinquance des mineurs en accompagnant plus étroitement les parents d'enfants délinquants dans leur mission d'éducation.

Dire que les maires n'ont ni les outils ni les moyens de s'acquitter de cette mission, au moment même où le gouvernement renforce les moyens consacrés à la lutte contre la délinquance, c'est donc faire preuve soit de mauvaise volonté, soit de mauvaise foi.

Affirmer, comme l'ont fait récemment de grandes voix du PS, que la sécurité serait une mission exclusive de l'Etat, c'est énoncer une contrevérité. C'est surtout faire peu de cas du travail remarquable accompli par la grande majorité des maires qui ont eu à coeur de prendre part à la politique de lutte contre la délinquance.

Aussi, lorsqu'un maire choisit délibérément d'ignorer les obligations qui lui sont faites en matière de sécurité et de prévention de la délinquance, lorsqu'il rejette sur l'Etat l'entière responsabilité d'une mission dont il est l'un des acteurs principaux, il est du devoir de l'opposition municipale de dénoncer l'attitude de renoncement dans laquelle il s'enferme au détriment de ses concitoyens.

Grenoble en est une illustration. Le maire a semblé ignorer tous les signes précurseurs du climat délétère qui couvait dans le quartier de la Villeneuve, semblant refuser de s'impliquer dans la lutte contre l'absentéisme scolaire, affichant ses réticences envers le développement de la vidéoprotection en refusant d'accélérer son installation, minimisant des événements aussi inquiétants que l'incendie volontaire d'un bureau de vote le soir des élections européennes, et n'hésitant pas à mettre en cause l'Etat alors que sa propre police municipale était en grève il y a trois mois pour contester les sous-effectifs et son sous-équipement !

C'est pourquoi nous saluons le discours de vérité récemment tenu par Christian Estrosi, qui a appelé les maires de France à dépasser les clivages partisans pour prendre part ensemble à la lutte contre l'insécurité. M. Estrosi a raison de vouloir créer des pénalités contre les maires qui choisissent de s'exonérer de leurs responsabilités.

En affirmant, à Grenoble, sa détermination sans faille à lutter contre toutes les formes d'insécurité et de délinquance, le président de la République a ouvert la voie à un sursaut républicain, une union de toutes nos forces, autour de l'action du ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, contre des situations qui sont inacceptables et pèsent sur les plus fragiles d'entre nous.

L'insécurité n'est pas un fantasme des Français, comme le pensait le gouvernement de Lionel Jospin. Ce n'est pas non plus un argument électoraliste, comme le prétend la gauche de Martine Aubry. C'est tout simplement l'une des préoccupations majeures des Français, à laquelle nous nous devons de répondre sans équivoque, quelle que soit notre étiquette politique. Représentants de l'opposition municipale de nos villes, nous demandons aux maires de ces communes de faire preuve de lucidité, de clairvoyance, et de laisser derrière eux leurs idéologies du passé afin de servir tous leurs concitoyens de façon efficace et responsable.

Fabien de Sans Nicolas, conseiller régional de Rhône-Alpes, président du groupe d'opposition municipale à Grenoble ;

Jacques Domergue, député de l'Hérault, conseiller régional de la région Languedoc-Roussillon, président du groupe d'opposition municipale à Montpellier ;

François-Xavier Dugourd, président du groupe d'opposition municipale de Dijon ;

Michel Havard, député du Rhône, président du groupe d'opposition au conseil municipal de Lyon ;

Sébastien Huyghe, député du Nord ;

Sophie Jozan, conseillère régionale des Pays de la Loire, présidente du groupe d'opposition municipale à la ville de Nantes ;

Jean-François Lamour, député de Paris, conseiller de Paris, président du groupe d'opposition au conseil de Paris

Philippe Goujon, député et maire du 15e arrondissement de Paris, conseiller de Paris ;

Jean-Luc Moudenc, ancien maire de Toulouse, président du groupe d'opposition municipale à Toulouse ;

Gaël Perdriau, président de Saint-Etienne 2014 et conseiller municipal ;

Laurent Prunier, président du groupe d'opposition municipale à Brest ;

Hervé Reynaud, président du groupe d'opposition municipale à Saint-Chamond ;

Patrick Thil, président du groupe d'opposition municipale de Metz ;

Marie-Hélène Thoraval, conseillère régionale de Rhône-Alpes, présidente du groupe d'opposition municipale à Romans.

lundi 2 août 2010

Eric Ciotti s'inscrit en faux contre la caricature socialiste

Assez de caricature, de contre-vérités et d'entraves à la sécurité

Le député PS Jean-Jacques Urvoas est vice-président chargé de la politique pénale groupe SRC. Le 30/07/2010, il a fait son Benoît Hamon et provoqué la réaction d'Eric Ciotti.

En effet, le Parti Socialiste critique aveuglément l’action du gouvernement alors même que la majorité des élus de gauche refuse la vidéo-protection, le couvre-feu, les équipements des polices municipales, la sécurisation des établissements scolaires, etc... Urvoas est précisément de ceux qui se sont opposés à la loi sur les violences en bandes...


Les propos outranciers et mensongers du PS
dénoncés avec force par le Mouvement Populaire

Le Mouvement Populaire dénonce avec force les propos outranciers et mensongers du Parti Socialiste exprimés par la voix de Jean-Jacques Urvoas à l’égard de la politique de sécurité menée par le Gouvernement.

Le Parti Socialiste se targue de contrevérités. Cette posture qui consiste à critiquer l’action du Gouvernement alors même que la majorité des élus de gauche refuse la vidéo-protection, le couvre-feu, les équipements des polices municipales, la sécurisation des établissements scolaires, est un discours de pure démagogie peu crédible.

Car, loin de toute polémique, l’UMP tient à souligner que jamais un gouvernement n’a obtenu d’aussi bons résultats en matière de lutte contre la délinquance. Il est vrai qu’après les cinq années de laxisme et de naïveté subies sous le dernier gouvernement socialiste, la criminalité avait explosé. Mais depuis 2002, les indicateurs sont tous à la baisse. Les forces de sécurité réinvestissent les quartiers : sur seulement ces six derniers mois : c’est 30 tonnes de cannabis, 537 kg d’héroïne et 2,8 tonnes de cocaïne qui ont été saisies. Au total, c’est plus de 360 millions d’euros qui n’iront pas dans les poches des trafiquants.

Il est indéniable que cette violence dans les quartiers, notamment à Villeneuve en Isère, constitue la réponse des délinquants à la détermination et aux coups de butoirs assenés à l’organisation du crime par les policiers et les gendarmes.

Enfin, sur les moyens dévolus aux forces de l’ordre, alors que la LOPSI I (2003-2007) s’était attachée au fonctionnement, la LOPPSI II prévoit d’accroître les investissements et le développement de la police technique et scientifique qui permet d’obtenir d’excellents résultats en termes d’élucidation.

Eric Ciotti
Secrétaire National en charge de la Sécurité


Encore faudra-t-il que la gauche -dans les régions et les communes- n'entrave pas la politique du gouvernement par son laxisme démagogique et son refus de l'affrontement avec son électorat des quartiers à problèmes.

Conflit d'intérêts : des anciens de la MNEF reprennent du service

Jean-Jacques Urvoas
, un ancien militant de la MNEF
(ci-dessus dans l'ombre de la Ch'tite Aubry), avant que la mutuelle étudiante, pompe à fric du PS, ne se refasse une santé virginité à la suite du scandale de la MNEF dans les années 80 de F. Mitterrand (lire PaSiDupes), il devint directeur de la Mutualité du Finistère en 1986.

Pouria Amirshahi s'est également aguerri à la MNEF
Plus tard, des élus étudiants au conseil d'administration de la MNEF en 1999, présidé par Pouria Amirshahi (ci-contre), décidèrent de se constituer partie civile contre la gestion de leurs prédécesseurs: histoire de favoriser le lancement de la LMDE (La Mutuelle des Etudiants), clone de la MNEF !
Iranien d'origine, il vient de monter au créneau à propos des Roms: lire PaSiDupes

Le temps a passé et nous assistons ainsi au retour à la surface de responsables d'une mutualité douteuse. Sont-ils donc vraiment bien placés pour jouer les vierges effarouchées, pourfendeurs de la politique gouvernementale de protection de la population contre la délinquance et le banditisme et incarner le nouveau PS, plus vertueux que jamais ?

dimanche 8 juin 2008

Les bling bling Bleus, en pleine paranoïa

Qui paie ? Notre pouvoir d’achat est bien peu de chose!
L’électorat de gauche ne préférerait-il pas
que Bolloré ou Lagardère finance?...

Pour la mégalomanie et l’hébergement de luxe,
lire l’article précédent de PaSiDupes

Pour la paranoïa des bling bling Bleus, c’est ci-dessous.

L'avion de l'équipe de France s'était posé peu avant 20 heures à l'aéroport de Genève mercredi 4 juin. Les 24 (23+1) joueurs devaient à l'origine atterrir à Sion, mais ont été obligés de revoir leur plan en raison des conditions climatiques exécrables. Après le modeste périple …aux Iles Féroé, l'histoire d'amour entre les Bleus et l'avion se poursuit... Ils auront peut-être pris un chaud et froid... La sélection a donc mis 35 minutes de plus que le planning prévisionnel pour poser ses valises à l'hôtel Mirador Kempinski. Ce n'est plus une vie !

La police suisse a pourtant ouvert la route du bus tricolore et 40 policiers sécurisaient les abords de l'hôtel, interdit au public et protégé par l'entreprise Securitas, qui affecte une quinzaine d'hommes à chaque équipe nationale participant à l'Euro. Les riverains de cette zone pavillonnaire très cossue ont été les seuls à pouvoir emprunter cet itinéraire. Cette arrivée en fanfare et cet investissement arrogant des lieux n'a pas perturbé le calme helvète ni la « zenitude » de la communauté …tibétaine installée depuis plus de 25 ans sur les hauteurs du Mont Pélerin qui a soudain réalisé que l'Euro 2008 commence dans quelques jours.

La « dream team » est inaccessible au commun des mortels
Des gardes de sécurité privés tout autour de l'hôtel, un terrain d'entraînement balisé par la police: le lieu d'hébergement de l'équipe de France pour l'Euro-2008 ressemble à s'y méprendre à un camp retranché, les Bleus ayant opté pour l'isolement le plus total comme lors du Mondial-2006.
Des employés d'une société de sécurité privée jouent les cerbères devant le grillage d'entrée ainsi que sur les chemins de promenade tout autour, obligeant les habitants à effectuer des détours pour gagner le centre du village.
Des barrières métalliques ont également été spécialement érigées près du Mirador Kempinski, pour dissuader toute tentative d'intrusion.
La paranoïa française est encore plus flagrante près du terrain d'entraînement situé à Châtel-Saint-Denis, commune distante d'une quinzaine de kilomètres de l'hôtel, et semble avoir eu l'appui des autorités locales.

Insupportable déploiement sécuritaire
"Même le facteur ne peut plus passer", déclare un riverain, étonné par une telle protection: les chefs d'états participant au G8 ne sont pas moins protégés.
Un périmètre de sécurité a ainsi été délimité autour des trois aires de jeu et un arrêté préfectoral prévient d'emblée que "toute intrusion et perturbation est interdite" pour "garantir la sécurité et la tranquillité de l'équipe de France", les contrevenants s'exposant à des amendes et à des "poursuites pénales". Le but étant surtout d'empêcher les observations des séances d'entraînement à huis clos et des mises en place tactiques.
Rétention de sécurité ?
Reclus dans leur forteresse dorée, les Français espèrent profiter des bienfaits d'une méthode qui les avait menés jusqu'en finale en 2006. Se couper du monde pour gravir le sommet de l'Europe: tel semble être le choix de Domenech.

Domenech a-t-il engagé des goûteurs de plats pour éviter l’empoisonnement de nos stars du ballon rond. Le train spécial de nos dieux laïcs sera-t-il précédé d’une micheline de sécurité pour le cas sabotage ? Nous n’en pouvons plus de tant d’incertitudes.
Entre la hausse du prix du gazole ou la baisse de notre pouvoir d’achat, les Français ont choisi l’Euro 2008 de football : l'Euro 2008 un coup de Sarkozy pour détourner l’attention des Français des difficultés de la France...

mardi 8 janvier 2008

Projet de loi de rétention: victimes sous la menace d’avocats

Entre rétention d’information et rétention de sécurité
La corporation des avocats, comme celle des juges, nous fait froid dans le dos !

En vérité, veulent-ils notre bien ?
Que se passe-t-il, que, tout à coup, ils ne revendiquent plus la protection des femmes et des enfants, de tous les citoyens moyens ? Les précaires seraient-ils maintenant tous à l’abri, dans leurs maisons, sur le chemin de l’école et dans les parkings obscurs? Pouvons-nous tous sortir de chez nous sans crainte, y compris les plus faibles, à toute heure, personnes défavorisées ou bobos du Marais et immigrés légaux ou clandestins, ‘jeunes’ enfants, ‘jeunes’ femmes et ‘jeunes’ retraités? Les plus faibles d’entre nous peuvent-ils vivre normalement, sans escorte, sous la protection des autorités? Mais devrons-nous encore longtemps équiper nos enfants de portables et conserver l’illusion de leur sécurité? Faut-il tracer nos enfants mais condamner le bracelet électronique des délinquants? Des caméras de surveillance sont-elles un mal nécessaire garantissant notre tranquillité, pour permettre la liberté surveillée des délinquants et criminels? Cherche-t-on à nous inciter à l’autoprotection, à l’achat d’armes de défense : devrons-nous nous faire justice nous-mêmes? Faut-il absolument consentir aux plus dangereux d’entre nous l’expression libre de leurs turpitudes au risque de limiter notre propre liberté?
Le respect de la liberté du plus grand nombre est-il conditionné par celle des condamnés dangereux? Avons-nous le droit de nous protéger des plus dangereux d’entre eux? Leur liberté est-elle tellement sacrée que la nôtre puisse être soumise à celle d’un petit nombre de pervers que l’on sait dangereux mais qu’il ne faudrait pas identifier clairement, pour des raisons de principe, pour respecter une idéologie fumeuse et sacrificielle de brebis innocentes? La population en a assez de la protection des bourreaux: la défiance citoyenne est dirigée contre les irresponsables. La majorité silencieuse n’est pas pour autant une bande de beaufs méprisables soumise au jugement globalement réprobateur d'une 'classe' de censeurs éduqués, idéalistes et hautains.
Une agence de presse présente le projet de loi de façon restrictive et tendancieuse. Selon elle, et les journalistes qui reprendront les termes de la dépêche servilement et paresseusement, les députés entameraient ce mardi à l'Assemblée nationale l'examen d'un projet de loi sur la rétention visant les seuls pédophiles jugés toujours dangereux à la fin de leur peine. Qu’il soit pourtant clair que le projet (déjà pris globalement pour cible) s’attache à empêcher de nuire tout récidiviste sexuel, du type sexuellement dangereux, et non pas seulement le pédophile, bouc émissaire de la propagande de la gauche.
Le projet de la garde des Sceaux, Rachida Dati, prévoit en effet que les détenus condamnés à au moins quinze ans de prison pour
meurtre,
assassinat,
torture,
acte de barbarie
ou viol sur mineur
ne seront plus automatiquement remis en liberté après avoir purgé leur peine. Ils pourraient être placés dans des centres fermés si une commission pluridisciplinaire les juge encore dangereux.
Pourquoi donc cibler une catégorie de criminels sexuels plutôt qu’une autre? Les violeurs ne soulèveraient guère la compassion, mais des innocents ont fait l’objet d’accusations mensongères de pédophilie et le sujet soulèverait dans l’opinion un doute que le sort des autres criminels laisserait -pense-t-on- indifférente et rallierait au projet de loi. Celle-ci ne s’appliquerait pourtant pas seulement aux pédophiles, mais l’interprétation réductrice de la presse à cette population évoque Outreau et suggère que les accusations de pédophilie ne seraient pas fondées, ne constitueraient pas un risque réel et que la loi, par conséquent, serait inutile, voire attentatoire à la liberté des citoyens. Tous les criminels récidivistes gagneraient le statut de victimes… Et les victimes avérées ? Et les victimes potentielles ?
A la veille de sa discussion, ce projet de loi, créant -dans un premier temps- des centres fermés pour les pédophiles en fin de peine, a suscité lundi l'opposition d’avocats, de magistrats de gauche, de médecins engagés et de défenseurs des droits de l'homme ou ... des détenus. Ils ne sollicitent pas l'avis des défenseurs des victimes.
En concertation et dans un communiqué commun, le Conseil national des barreaux, le Barreau de Paris et la Conférence des bâtonniers, représentant d’avocats, "s'inquiètent de voir apparaître, pour la première fois dans notre droit pénal, une peine seulement fondée sur la dangerosité supposée d'un citoyen, hors de tout contexte de récidive". Selon eux, "cette nouvelle peine qui ne connaît pas de limite dans le temps s'apparente à une véritable [?] lettre de cachet" qui permettait, durant la monarchie absolue, l'incarcération sans procès. Et la commission paritaire, c'est quoi?
Que signifie ‘hors de tout contexte de récidive’ ? Cette affirmation est abusive et trompeuse. Tout condamné se trouve de facto ‘en contexte’ de récidive! Le contexte de récidive ne suppose certes pas que la récidive soit effective, mais lorsqu’elle l’est, le crime quant à lui est effectif... C’est ce que le projet de loi s’attache à empêcher et que ses détracteurs s’emploient à permettre.
Certains avocats en bande organisée occultent donc deux garanties prévues par le projet. D’une part, seuls les crimes les plus lourds sont concernés qui ont justifié la condamnation de leurs auteurs à 15 ans de prison au moins. D’autre part, la décision de rétention de sécurité est prise par une commission et non par une seule personne: il faudra reconsidérer la réalité de ce qu'était la 'lettre de cachet'!
Les mêmes militent depuis de longues années pour l’indulgence envers les criminels et considèrent que les victimes ne s’en porteront pas mieux de peines plus sévères à l’encontre de leurs bourreaux ou que les morts ne reviendront pas à la vie. Ce sont par exemple les militants et amis, tels J-P Deschamps, juge à Aix-en-Provence, et Alain Molla et Philippe Voulland, avocats de leurs jeunes protégés, des criminels barbares, dans le procès de la barbarie ordinaire dont Mama Galledou a été la victime innocente dans le bus incendié de Marseille. Qu’ont-ils à déclarer? "La profession d'avocat, qui a alerté les Commissions des lois de l'Assemblée nationale et du Sénat des dangers de cette innovation, estime inacceptable en l'état actuel de sa formulation, le projet de loi ainsi examiné", affirment-ils.
Malgré l’avis de militants réprésentant la corporation, le travail parlementaire des représentants du peuple a produit ses effets et plusieurs amendements d’élus de terrain renforçant le texte ont été déposés lundi, dont un par le gouvernement visant à rendre le projet applicable dès sa promulgation dans le cas de condamnés déjà en prison pour plusieurs crimes, les récidivistes encore à disposition de la société.
Dans un autre amendement du député Georges Fenech (UMP, Rhône), il est question d'étendre l'application de la loi aux auteurs des crimes les plus graves (assassinats, viols ou meurtres aggravés, actes de barbarie, tortures...), et pas seulement envers les mineurs.
Sur RTL, l'ancien garde des Sceaux socialiste, Robert Badinter, a parlé de "dérive", tandis que le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) publiait la liste des organisations ayant signé un appel au retrait de ce texte "indigne". La dérive politique de professionnels de la justice est flagrante. Ils privilégient l’idéologie au détriment de la sécurité et de la dignité de la population sur laquelle ils sont supposés veiller.
Les organisations qui se mobilisent sont toujours les mêmes ; leur prolifération obéit aux lois qui régissent la multiplication cellulaire de la paramécie… On peut citer la Ligue des Droits de l'homme (LDH), le Parti communiste (PCF),
les Verts, le syndicat des personnels de l'administration pénitentiaire Snepap/FSU, le Genepi (Groupement étudiant national d'enseignement aux personnes incarcérées- et non la plante amère), l'Association nationale des visiteurs de prison, des antennes de la CGT, le Syndicat de la médecine générale... On en passe et des meilleures.
De plus, l'Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire (ASPMP), l'Association des professionnels de santé exerçant en prison (APSEP) et l'Observatoire international des prisons (OIP) ont annoncé avoir saisi le Comité consultatif national d'éthique (CCNE). Ils s'inquiètent essentiellement des atteintes au secret médical en prison commises, selon eux, par le texte, une entaille qui pourrait être agrandie par d'autres propositions sur lesquelles la Chancellerie, et le Parlement souverain, réfléchissent aujourd'hui. Les démocrates de la profession font de la rétention d’information, mettant dans la même camisole le citoyen moyen et le violeur déjà condamné.
Les pétitionneurs professionnels ont encore d’autres dénonciations dans leur sac. Ainsi, une disposition du projet stipulant que les personnels ayant connaissance d'un risque lié à la situation médicale du détenu sont tenus de le signaler. Le personnel de l’Etat voudrait conserver le droit de décider librement entre les soins aux personnes dangereuses et l’exposition des victimes potentielles. L'un est exclusif de l’autre. "Une telle modification du Code de la santé publique conduirait inévitablement le personnel médical à donner à l'autorité pénitentiaire des indications sur la nature des pathologies ou troubles du patient, d'ordre psychiatrique en particulier", s'insurgent-ils. On relèvera les certitudes des militants dans le ‘inévitablement’ employé…
C’est pourtant le minimum que des fonctionnaires médicaux du service public participent à la protection de la population qui les emploie et que la société mette en œuvre les moyens de protection de ses enfants, ses femmes et ses vieillards.
De quelle façon les irresponsables politiques, les idéologues et la presse suiveuse aiment-ils nos jeunes, qu’elle fait fi du risque qu’ils courent en laissant des pédophiles récidivistes en circulation ? Ce qui n'est pas moins valable pour les autres criminels sexuels.
Maintenir les pervers sexuels en détention, serait-ce donc priver le monde judiciaire d’une part significative de son activité? S’agit-il de sauver des emplois et de lutter contre le chômage ?...

Pour la première fois, n’en déplaise au socialiste Badinter, ancien ministre fossilisé de la Justice, un Garde des Sceaux est ministre de tous les Français(es) et non pas des coupables contre contre les victimes: Mme Dati prendra enfin les victimes en compte. La différence de traitement, selon qu’on est coupable ou victime, serait gommée par le projet qu’elle soutient, à la demande du peuple qui a élu le président et contre l’avis de cénacles et mouvements de pensée qui ont fait la preuve de leur capacité de nuisance, par leurs blocages insurrectionnels.
La demande de changement est générale et d’autant plus impérieuse qu’elle est impatiente. La critique est minoritaire, initiée par un petit nombre qui se flatte d’appartenir à l’intelligentsia de la rive gauche et se vante de perpétuer la pensée progressiste séculaire. La gauche s’affiche révolutionnaire, mais conserve, fige et refuse d’avancer. Les progressistes conservateurs sont nés !
Sans jamais, depuis des siècles, se remettre en cause. Le monde qu'elle a pensé est-il meilleur ?
Le projet de la droite réformiste marquerait en revanche une rupture avec la justice de classe ‘idéologique’.