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mercredi 30 juillet 2008

CGT : Le Monde rend compte d’un syndicalisme sur le déclin

L’humour de Plantu est-il conducteur ?

PaSiDupes a contribué à la bonne information de tous et toutes sur les privilèges des grands de ce monde. Les patrons, pensez-vous, en bons enfants de l’école publique ? Alors, c’est que nous sommes tous issus de l’enseignement, certes obligatoire, mais non pas laïc, puisque ce réflexe FSU montre combien les missionnaires laïcs nous ont formatés?


Les grands ne sont ni les aristocrates de l’Ancien Régime, ni les bourgeois de Guizot, et pas mêmes ceux du CAC 40, mais les syndicats et associations. Patrons ou ouvriers, ils ne s’entendent pas aussi mal qu’il y paraît. Ils s’entraident et mutualisent leur ressources. C’est ce que révèle l’affaire de l’UIMM.

PaSiDupes a déjà précisé comment les salariés d’EDF, qu’ils soient CGT, CFDT ou FO (et même SUD !), nous ont refait le coup des pauvres salariés victimes d’une réforme brutale, bien que venue après toutes les autres, et à laquelle ni l’entreprise, ni le pays ne survivrait. Mais nous savons que les inconvénients sont plus que compensés par les avantages : de nouveau privilèges sont venus remplacer ou compléter les anciens ! Et comment s’y prend-on ? Voici de nouveaux éléments.

Dans la nuit du dimanche 6 au lundi 7 juin, le syndicat CGT parisien du Réseau de transport d’électricité (RTE) a organisé la coupure du courant sur une partie du réseau d’alimentation des lignes des plusieurs gares de Paris.

Le lendemain, France Soir titrait : « Sévices publics ». Et Le Monde, en trois éditoriaux (dont l’un assorti d’un dessin de Plantu), noyait les faits sous une pluie de commentaires explicatifs.

La « Une » du quotidien, le 9 juin 2004 titrait: « Réforme d’EDF : la CGT veut-elle l’épreuve de force ? » C’est la question logique que ses lecteurs se posent naturellement. Mais la réponse peut surprendre, à condition de sortir les pataugas et le K-Way. Qu’importe la réforme, puisqu’elle se fera en douceur...

En illustration de la vraie réponse à la fausse question angoissée du Monde, Plantu offre son dessin du jour. Le voici :

Avec EDF, on ne débat pas, on ne discute pas, on opine

La gauche a prétendu que la caricature, on ne le sait pas assez, est bonne à tout dire. Mais à gauche, on a le sens de l’humour épidermique. Ni premier, ni second degré quand l’atmosphère est électrique. Elle n’autorise pas la comparaison des travailleurs en lutte à des tortionnaires : l’hyperbole est excessive et le courant alternatif ne fonctionne pas quand elle est en cause. Il faudrait comprendre qu’à EDF le courant ne passe plus avec les clients quand les privilèges corporatistes sont menacés. L’humour pas plus qu’EDF ne relie les hommes.

Dans le dessin de Plantu, les tortionnaires sont envoyés en mission en Irak par l’extrême droite américaine. Un parallèle avec des pratiques de l’extrême gauche française n’est pas aussi drôle. La gauche disjoncte à tant d’audace rebelle de la part de son prestigieux caricaturiste vénéré.

Sous le titre « Jeu à hauts risques », l’éditorialiste du Monde prétend que, survoltée, « la CGT durcit sa stratégie de la tension avec le gouvernement ». On saura au final qu’au jeu du passage à la retraite à 41 annuités théoriques, le gouvernement a accordé nombre d’avantages aux tortionnaires potentiels de la ménagère au tout électrique.

La CGT joue son va-tout

On apprend, si on ne le savait déjà, que « le patron de la CGT énergie, Frédéric Imbrech, [...] a hérité, en succédant au réformiste Denis Cohen, du mandat de préserver vaille que vaille le statut public d’EDF [...] »

La fédération CGT de l’énergie « redoute de se couper d’une base qui se radicalise et qui voit dans chaque concession de M. Sarkozy une raison d’essayer d’obtenir encore plus. Elle est quotidiennement mise en cause par SUD-Energie qui, au diapason de l’extrême gauche, dénonce la "mollesse" de la CGT et pousse à la grève générale. »

La « centrale de Bernard Thibault […] ne veut pas davantage se démarquer d’une fédération qui dirige un de ses derniers bastions. Elle fustige l’autisme du gouvernement qui, des retraites à l’assurance-maladie, poursuit sa politique en dépit des protestations sociales et des sanctions électorales. [...] » Le pouvoir a donc beau jeu, face à une confédération et une centrale débordées sur leur gauche par une base agitée par les anti-républicains de SUD. Le pouvoir est-il pour autant responsable des surtensions ? « Il reste que cette stratégie "basiste", qui peut faire voler en éclats une unité syndicale jusqu’alors préservée, est à très hauts risques. Il est dangereux de prétendre défendre le service public en perturbant son fonctionnement, de surcroît en réglant les comptes d’EDF par SNCF interposée. »

Attention, ne pas mettre les doigts dans la prise

« En jouant l’épreuve de force, la CGT risque de perdre la bataille des idées [...] Elle a aussi peu de chances d’empêcher le vote de la nouvelle loi. Le danger concerne aussi la stratégie réformiste de M. Thibault, celle qui lui a permis d’engranger des concessions à EDF. Si, à l’arrivée, elle fait marche arrière, elle manquera l’occasion de démontrer l’efficacité de son nouveau pragmatisme. » Les salariés d’EDF n’ont pas les moyens de demander le retrait du projet de changement de statut. Elle ne peut se démarquer du « pragmatisme » de la CFDT.

Le procès intenté au Monde permet de masquer la baisse d’influence de la CGT jusqu’au point du renoncement social qui arrange les affaires de SUD. Le dessin de Plantu illustre cet état de fait et pour cela déplaît aux nostalgiques de la dictature syndicale passée.

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