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vendredi 9 août 2019

Expulsion d'un squat latino : il migre devant une mairie aux portes de Paris

Sur le parvis de la mairie de Saint-Ouen, parce qu'ils aiment la France et l'opposition communiste  (1945-2014) au maire centriste?

Colombiens, Péruviens, Boliviens, Vénézuéliens, Cubains, ont-ils des liens avec la France ?

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Les associations et collectifs d'aide aux clandestins sont entrés en campagne des municipales
Expulsée fin juillet d'un campement clandestin, une centaine de Latino-Américains campe depuis plus d'une semaine devant la mairie de Saint-Ouen, au Nord de Paris, avec le soutien d'associations qui dénoncent l'inaction des autorités. 

Mère isolée de tout juste 40 ans, en charge de cinq enfants et de deux petits-enfants, Chanel se rappelle comment la communauté s'est constituée au fil des neuf derniers mois dans cet entrepôt désaffecté, propriété de la ville désormais UDI de 50.000 habitants en Seine-Saint-Denis.

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"Le squat Bauer... C'était 'chez nous' ", estime Chanel Marté Castillo, une Dominicaine de 40 ans. "Quand on est arrivés, on a commencé à nettoyer, à construire. Petit à petit, d'autres familles arrivaient, on cherchait une place. On a fini à 150 personnes (...) On peut pas laisser les gens dehors, même si nous on est dehors aussi". 
Le 30 juillet, en application d'une décision de justice début mai dernier, à la requête de la mairie de centre droit, les locaux et ses occupants ont été évacués, pour des raisons sanitaires.

Depuis, 130 personnes, dont 40 enfants et plusieurs femmes enceintes, déploient chaque soir des dizaines de tentes qu'ils devront replier à 6h00 avant l'arrivée de la police, mais avec l'aide des militants associatifs, notamment DAL (Droit au Logement) qui refait parler d'elle à chaque approche d'élections depuis 1986, sous la direction de 'Babar' (Jean-Baptiste Eyraud), fils du comédien Marc Eyraud et de Marianne Astruc, sœur du cinéaste Alexandre, et ancien militant maoïste, ayant fait partie de la Gauche prolétarienne (des partisans antifascistes "trahis" en 1944 par Maurice Thorez, secrétaire général de PCF de 1930 à 1964.)... En novembre 2015, il était aux côtés de Noël Mamère et du révolutionnaire trotskiste Olivier Besancenot (NPA) à l'initiative de l'Appel des 58 : "Nous manifesterons pendant l'état d'urgence".

Sous un barnum, la cantine ravitaillée quotidiennement par les "riverains", des militants de la gauche radicale : des cartons de nourriture, un réchaud sur lequel deux femmes font griller des saucisses. Plus loin, des sacs de vêtements, des canapés, des matelas sur lesquels plusieurs hommes font la sieste et des jouets d'enfants, une valeur sûre en termes de compassion médiatique.

Une action politique de l'extrême gauche lancée à la reconquête de la mairie

"La CGT nous a proposé d'accéder à leurs toilettes; il y a Emmaüs pour la douche", commente Chanel. 

"Il y a des Péruviens, des Boliviens, des Dominicains, des Cubains,
des gens qui ont l'asile politique, d'autres sans papiers", admet sans difficulté Yamile Millan. Arrivée en France il y a un an et demi, sans papiers, elle fait "des ménages" au noir, comme beaucoup d'autres, singulièrement dans le bâtiment.
"Je n'avais jamais vécu dans la rue", confie encore Chanel qui, décidément, est une meneuse. "Nous réclamons le droit à un logement digne" : une revendication clairement soufflée par une asso ou une autre.

"Dans nos pays, ça n'aurait aucun résultat de lutter de cette façon, mais ici, si", affirme Mauricio Gomez, le "pasteur" de la communauté. "On sait bien que nous sommes des immigrés (...) Le maire ne nous connaît peut-être pas, il ne sait pas qui nous sommes, mais on aimerait qu'il nous rencontre", dit-il. Ainsi la cible politique est-elle clairement désignée...

La municipalité estime qu'il ne lui appartient pas de prendre en charge ces "squatteurs". 
"En aucun cas, le maire et sa majorité municipale ne peuvent être tenus pour responsables de la situation", souligne la ville dans un communiqué.

L'association DAL a "installé illégalement des personnes dans ce bâtiment municipal dont tout le monde connaissait la destinée". Une école doit y voir le jour en 2022. "Si des solutions doivent être trouvées pour ces personnes, il appartient exclusivement à l'Etat d'y pourvoir", précise la ville. 

Resté neutre lors de l'élection présidentielle de 2017, à la différence de Stéphane Gatignon, passé du rouge au vert et maire  UDEalliée à LREM en 2020) de Sevran, tandis que Marie-George Buffet (PCF) votait Mélenchon (LFI), quand le député-maire UDI de Drancy, Jean-Christophe Lagarde, votait Fillon, William Delannoy,  54 ans, le maire UDI de Saint-Ouen, juge qu'il doit "apporter des solutions de relogement prioritairement aux Audoniens qui ne comprendraient pas, après des années d'attente, de voir le maire attribuer des logements à des Colombiens".

"En quoi ces 'Colombiens' ne sont-ils pas des habitants de la ville ?" s'indigne La France Insoumise dans un communiqué. "Le maire va-t-il désormais trier ses concitoyens par origine ?", polémique l'extrême gauche populiste.
Pas question de retourner là-bas, lui fait écho Chanel : "Le squat est surveillé; il y a les flics. On nous a dit qu'on n'allait jamais le récupérer".

"Pour mettre des chiens, payer des gens pour garder un local, y a de l'argent. Mais pour libérer un gymnase, non", s'énerve Aliénor Turpin, une "bénévole" audonienne, mais pas que. Elle est aussi représentante des parents d'élèves FCPE qui, en octobre 2018, soutint la grève des agents d'entretien et de restauration des écoles de la ville de Saint-Ouen contre la Mairie, dénonçant un projet d'externalisation partielle du ménage dans certaines écoles.  
"Il n'y a pas d'interlocuteur, pas de solution, la préfecture, la mairie, tout le monde se renvoie la balle," gronde-t-elle maintenant, avec le soutien du député LFI, Eric Coquerel, au collectif 'Saint-Ouen se rebiffe'. Elle était déjà dans les actions menées contre le maire lors de trois manifestations (école d'ingénieurs Supmeca coupée en deux - dommage collatéral de l'installation de bâtiments du campus des JO., sa résidence étudiante et son réfectoire seront détruits -, parents d’élèves contre la nouvelle sectorisation, défenseurs des jardins de Guinot)…"Pour mettre des chiens, payer des gens pour garder un local, y a de l'argent. Mais pour libérer un gymnase, non," gronde A. Turpin, selon Le Figaro dont les journalistes d'investigation nous disent pareillement, sans plus de recherches qu'elle est une simple "bénévole"... Selon ces professionnels à bac +5, "tous [sont d'ailleurs] originaires d’Amérique du Sud" :  sans doute les Dominicains ou les Cubains ?

La préfecture précise que "29 familles avec enfants se sont vu proposer des nuitées hôtelières, en attente d'une solution plus pérenne. Pour les autres, on rentre dans le cadre du 115 habituel", le numéro d'urgence sociale, saturé. 

Proche d'Ismaël Emelien, qui fut conseiller spécial de Macron à l'Elysée, mais démissionnaire après avoir été mis en cause dans l'affaire Benalla, et qui fit partie de l'équipe de Havas chargée de la communication de Nicolás Maduro, président du Venezuela (président à la suite de la mort de son mentor, Hugo Chávez en mars 2013), Julien Denormandie, 39 ans, un agronome ministre chargé de la Ville et du Logement depuis octobre 2018, n'a plus qu'à... C'est le 115 !

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