
Réunis hier en assemblée générale, les SDF campeurs de la plage centrale de Nice

A Lyon, les Don Quichotte ont monté 67 tentes sur la place Bellecour. L'action est coordonnée

A Marseille, le campement de la porte d'Aix n'est pas labellisé «Don Quichotte». Pas étonnant donc que selon l'un des responsables du site, Marc Gastaldello, les SDF ne lèveront le camp que s'ils reçoivent une proposition concrète. Ils réclament un local chauffé jusque fin mars pour les 25 à 27 personnes concernées par le campement.

Le clash entre les différents animateurs de la mobilisation est sensible à Lille. Méfiant et jaloux de son passé, DAL s'est désolidarisé des Don Quichotte, c'est le moins qu'on puisse dire. La désunion fait la force : l’effet M.G. Buffet ? Le campement, installé jeudi dans les allées boueuses du jardin de Wazemmes, était devenu, selon le président de DAL, Philippe Deltombe, un «squat à ciel ouvert, [...] attirant des personnages hauts en couleur, quelquefois difficiles à gérer. [...] Dans la nuit de samedi à dimanche, on était trois bénévoles à gérer une petite quarantaine de personnes». Plus habitué aux familles menacées d'expulsions (ex : Cachan) qu'aux gens de la rue, et par conséquent tout aussi peu compétent que ses rivaux, DAL s’est senti débordé et en a eu assez, selon ses dires, d' «assumer toute la logistique», et de ne pas avoir la vedette. Les jeunes Don Quichotte seraient-ils plus sympathiques et moins politisés ?
Le lendemain, le campement a migré vers le parvis de l'église Saint-Maurice, en centre-ville, pour être plus «visible». L’effet Marie-sEGOlène, cette fois ? Etre vus et demander au préfet de se bouger… Les SDF ont décidé d'y rester encore 48 heures, «le temps que des solutions soient trouvées pour chacun»,et que les photographes passent par là, indiquait alors Marc Debeer, coordinateur des Don Quichotte lillois.
Par ailleurs, l'association Droit Au Logement, DAL, qui s’était infiltrée dans le mouvement, a annoncé sa décision de ne plus participer à l'action de la jeune association à Lille. DAL met en avant des raisons de sécurité et de gestion du camp de Wazemmes. Des problèmes d'alcool et de violence seraient en effet apparus et le DAL ne souhaite pas gérer ce type de problèmes. A Cachan, il y avait en plus de la violence : qui peut le plus peut le moins, sauf DAL… "On est là pour donner un élan de solidarité à un mouvement mais on n'est pas là pour assumer à la place des Don Quichotte. DAL semble quelque peu oublier l’intérêt des SDF ! "On a dû gérer un peu le camp. Des personnes de chez nous sont restées jour et nuit pour gérer les manifestations sur place et pour pouvoir avoir de l'alimentation auprès des commerçants", regrette Patrick Dhonte, président du DAL-HLM du Nord Pas-de-Calais. Installé au départ pour 12 jours depuis vendredi 5 janvier, le camp a malheureusement connu des problèmes de gestion logistique et de sécurité. L’animation politique d’un mouvement requiert moins d’aptitudes que sa gestion. DAL est vite dépassé…Mais voilà donc que DAL casse du Don Quichotte et ajoute, accusateur, pour le cas où ce ne serait pas clair : "Par ailleurs, le camp n'était pas si facilement visible et peu de personnes ont dormi avec les SDF comme le proposait l'association. Si bien que le coordinateur des Don Quichotte s'est retiré du mouvement sans que l'action ne prenne fin pour autant puisque plusieurs bénévoles de l'association sont restés mobilisés. " Ca balance !... A Lille, les bénévoles préfèrent rester prudents et souhaitent que les quelque 12 SDF, regroupés dans les tentes du parvis de l'église Saint-Maurice ne quittent le campement qu'avec un vrai logement. 16, c’est assez peu pour Lille, non ? Où sont donc les autres ? Fouzia André, déléguée du collectif, a annoncé que les SDF ne quitteraient leur campement qu'à partir du moment où ils seront relogés. A noter que parallèlement, une mère et ses trois enfants et un couple et ses deux enfants ont été relogés lundi 8 janvier dans le Béthunois.
Lundi 8 janvier encore, en fin de matinée, le camp a donc été levé avant pourtant d'être réinstallé sur le parvis de l'église Saint-Maurice, en plein centre-ville, et donc plus visible. Six tentes ont été installées. Les bénévoles espèrent ainsi toucher davantage de monde et créer un véritable soutien populaire. Ce n’est pas un échec, donc ?
Ce qui est frappant, c’est qu’il est dans cette affaire assez peu question des SDF… Laissés pour compte par les associations.
Les militants sont rentrés chez eux, dans leurs homes douillets. Au gouvernement, au préfet de Vauzelle !, et donc aux contribuables, de faire face.
A propos de Vauzelle, cliquer pour LIRE.
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