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dimanche 1 septembre 2013

Syrie: François Hollande, quantité négligeable dans la volte-face d'Obama

Le président français reste le seul sur le sentier de la guerre

François Hollande apparaît comme un autocrate radical


Depuis que Barack Obama s'est dégonflé en décidant de confier au Congrès américain la responsabilité d'un embrasement du Proche-Orient à partir de la Syrie, Hollande peut-il être le seul à se passer d'un vote parlementaire.  

Obama a lâché François Hollande à découvert.
Le président socialiste a visiblement perdu jusqu'à l'apparence du pouvoir d'initiative dont  le créditait la presse hexagonale sous influence élyséenne.
François Hollande qui, avec Fabius, se montrait déterminé à punir sans délai la Syrie, se retrouve seul et contraint d'attendre le bon vouloir de l'allié américain, face à une contestation croissante de l'opposition qui réclame un vote au Parlement, comme dans les démocraties américaine et britannique.

Le président Hollande s'est révélé en faucon derrière Obama dans ce dossier syrien, se disant "déterminé" à "punir" le régime de Bachar al-Assad. Une position appuyée par ce sombre idiot de Harlem Désir, le patron désigné du PS qui,   malgré la gravité des circonstances, a polémiqué médiocrement sur "l'esprit munichois" de certains dirigeants de l'opposition en raison de leurs réticences, partagées par les parlements européens, sur une éventuelle intervention.

Hollande sur le porte-bagage du rétro-pédaleur

Devenue brusquement l'alliée unique et solitaire des Etats-Unis sur la Syrie, 
la France socialo-écolo risque bien de se retrouver aussi "à la remorque" des Américains, comme le redoutait l'ancien Premier ministre UMP François Fillon. Après le vote du Parlement britannique qui a opposé un "no" définitif à une intervention de ses soldats en Syrie, Barack Obama s'est en effet résolu samedi soir à solliciter le feu vert du Congrès américain avant de déclencher toute frappe, repoussant de fait des opérations qui semblaient imminentes, pour ce weekend.
Les débats devant la Chambre des représentants et le Sénat américain ne s'ouvriront que le 9 septembre. A Paris, un proche anonyme du dossier s'en inquiète, avec une réaction tendant à culpabiliser les Américains: "plus la sanction s'éloignera de la date du 21 août plus elle risque d'être affaiblie dans ses effets militaires et politiques".

Pas d'intervention en Syrie sans les États-Unis
L'incertitude américaine place Hollande dans une situation inconfortable. Sans les Etats-Unis, Hollande n'est pas de taille.  Elisabeth Guigou, présidente PS de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, confirme que la France ne pourra pas intervenir seule. Selon elle, pour que l'intervention armée soit légitime, elle devra découler d'une coalition internationale, notamment avec la France, les États-Unis, la Ligue arabe et un soutien de la Turquie et de pays de l'Union européenne. Incomplète, elle ne mentionne pas les mandats officiels nécessaires de l'ONU et de l'OTAN.

Une prise de position confirmée par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls
Alors qu'il n'enregistre aucun résultat dans sa guerre contre les délinquants, il y va de son couplet sur la situation internationale."La France ne peut pas y aller seule. Il faut une coalition", a-t-il déclaré au Grand rendez-vous Europe 1 - iTélé - Le Monde. "Si le Conseil de sécurité (des Nations unies) est empêché d'agir", en raison de l'opposition des Russes et des Chinois, qu'il rend responsables, "une coalition doit se former. Elle doit être, c'est la position de la France, le plus large possible", a-t-il ajouté. "Nous sommes amenés forcément, par rapport à la capacité d'intervention, à attendre la décision des Etats-Unis", a-t-il avoué.

Pression politique accrue
En attendant, François Hollande s'est mis dans un bel embarras politique. Il avait envisagé un simple débat sans vote au Parlement le 4 septembre. Mais il est déjà contraint de lâcher du lest. Matignon a annoncé dimanche que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault recevra dès lundi les principaux responsables parlementaires -présidents de l'Assemblée et du Sénat, des groupes parlementaires, des commissions des Affaires étrangères et de la Défense- pour les informer de la situation en Syrie.  
Est-il concevable que l'exécutif puisse éviter l'organisation d'un vote en bonne et due forme ?

Avant  la reculade d'Obama, François Fillon et Jean-François Copé, le patron de l'UMP, avaient déjà tiré la sonnette d'alarme devant les risques d'une entrée en guerre, et le centriste Jean-Louis Borloo (UDI) avait réclamé samedi un "vote formel" au Parlement français. François Bayrou (MoDem) et Christian Jacob (UMP) - qui souhaite même que le gouvernement engage sa responsabilité - sont sur la même ligne, sans parler du Front de gauche et des souverainistes de tous bords. Hollande est isolé, à l'intérieur comme à l'extérieur. Reste que les Verts (EELV) restent en revanche étrangement silencieux: c'est leur conception du courage politique. 

Hollande peut-il encore faire l'économie d'un vote parlementaire ?
L'exécutif peut s'en tenir à la lettre de la Constitution et de son article 35 qui prévoit que "le gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger, au plus tard trois jours après le début de l'intervention", un simple débat qui "n'est suivi d'aucun vote"
Mais il peut donc très bien passer outre le désaveu du peuple à 64% hostile. Deux voies au moins seraient envisageables
L'artillerie lourde avec "une déclaration de politique générale suivie d'un vote à l'Assemblée nationale et, le cas échéant, au Sénat" comme l'avait fait François Mitterrand en 1991 pour faire "parler les armes" dans la première guerre d'Irak, explique Didier Maus. 
La seconde voie, plus légère et suggérée par Dominique Chagnollaud, serait de recourir à l'article 50-1 de la Constitution introduit par la révision constitutionnelle de 2008, qui autorise le gouvernement à faire devant "l'une ou l'autre des assemblées" et "sur un sujet déterminé, une déclaration qui donne lieu à débat" et peut "faire l'objet d'un vote" sans engagement de responsabilité. 

Il y aurait même une troisième voie, sans vote, selon Didier Maus: la convocation du Parlement en Congrès à Versailles pour une déclaration du président de la République. Cette possibilité offerte par la réforme constitutionnelle de 2008 est solennelle, mais respectueuse des représentants du peuple.  Nicolas Sarkozy y avait eu recours dès l'année suivante pour développer sa politique européenne. A l'Elysée, on trouve toutefois "un peu paradoxal que la droite considère que la procédure de l'article 35 est insuffisante, alors qu'elle en est l'auteur".

Hollande est illégitime à légitimer l'intervention militaire

La France a progressivement accablé le régime de Bachar al-Assad d'accusations sans preuves, au mépris de la présomption d'innocence. 
François Bayrou, le président du MoDem, dénonçait ce matin l'absence de preuves concrètes apportées par le gouvernement sur la possession d'armes chimiques, alors que les conclusions des experts de l'ONU n'ont pas encore été communiquées. "Le gouvernement s'apprête à rendre publiques des informations déclassifiées de source nationale [française] sur le programme chimique syrien", fait savoir une source gouvernementale. 

Pour dépasser le seul " faisceau d'indices " évoqué le 21 août dernier, le gouvernement français a décidé de déclassifier des documents secret-défense sur l'arsenal chimique détenu par le régime. 

Ce matin, après lecture d'une note interne relative à un rapport du renseignement américain, le Journal du Dimanche évoquait l'un des plus importants stocks d'agents chimiques du monde entre les mains de Bachar al-Assad, évalué à plus de 1.000 tonnes.
Est-ce une raison suffisante pour l'accuser ? 
Et Hollande a-t-il quoi que ce soit à envier à des autocrates tels que Ben Ali, Moubarak ou Bachar al-Assad ?

mercredi 22 août 2012

Duel Valls-Taubira: le gouvernement Zayrault se déchire

L'idéologie socialiste mise à mal: les Français réclame de l'ordre et non de la générosité






Manuel Valls et
Christiane Taubira 

sont-ils compatibles ?



Hollande n'a pas réalisé que la démagogie du discours d'opposition est inappropriée au gouvernement

La concertation ne fonctionne pas au gouvernement ! 

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, ordonne plusieurs rafles de Rom à Amiens ou Lyon, alors que, Christiane Taubira, ministre de la Justice voudrait donner l'image d'une justice de gauche. 

Au temps de Lionel Jospin, Chevènement à l'Intérieur et Guigou à la Justice s'opposèrent déjà: ils firent en 1997 la dure expérience de l'inadéquation entre l'idéologie socialiste démagogique face aux réalités du terrain et au besoin d'ordre réclamé par le peuple, créant ainsi des tensions schizophréniques entre ces deux ministères. 

Les ministres socialistes n'ont toujours pas appris de leur passage au pouvoir, faute de meneur éclairé.

VOIR et ENTENDRE Christophe Barbier tente d'éclairer le pouvoir socialiste sur le  changement de configration politique en passant de l'opposition aux affaires: 

Christiane Taubira, le garde des Sceaux, inquiète par la brutalité des  annonces sectaires diamétralement opposées à celles de ses prédécesseurs comme de son collègue de l'Intérieur: elle est sourde au procès en "laxisme" qu'elle suscite : jurés populaires , peines planchers , tribunal correctionnel pour les mineurs… La circulaire attendue pour la fin du mois d'août devrait s'inscrire en faux contre les années Sarkozy. Quitte à ce que ses paroles dépassent parfois la pensée… du président ! 




Amiens, été 2012: lendemain d'émeute


La semaine dernière, à Matignon, Libération, journal officiel du gouvernement,  a créé la surprise 

Le garde des Sceaux voulait en finir avec le tout "CEF" (centres éducatifs fermés), en dépit de la promesse du candidat Hollande de doubler le nombre de ces établissements pour les mineurs délinquants. Le Chef de l'Etat n'insufle aucune politique et ses ministres font ce que bon leur semble...


La chancellerie a dû apporter un correctif pour préciser qu'elle ne renonce pas à la construction de ces centres. 


La commissaire européenne à la Justice, Viviane Reding, a ajouté de l'eau au moulin des associations en déclarant placer vendredi sous surveillance la France sur la question des Rom.


Le garde des Sceaux oppose-t-elle une "politique réparatrice" de l'action de Valls ?
Elle affiche en effet une certaine indifférence à la problématique des Rom.
Les deux ministres avaient pourtant annoncé leur intention de ne pas céder à la traditionnelle guerre de tranchées qui oppose la justice et la police, envisageant des rencontres régulières. Pour l'heure, la Place Beauvau et la Place Vendôme se sont entendues sur les zones de sécurité prioritaires, mais ne se sont pas concertées sur les Rom: les deux directeurs de cabinet sont partis en vacances…


La ministre de la Justice se désintéresse du sort des Rom:

deux campements ont été évacués jeudi 9 août à Lille, et dans le même temps, des dizaines de Roms bénéficiant de l'Aide humanitaire au retour ont dû quitter la France depuis Lyon, pour la Roumanie.


Manuel Valls se défend de stigmatiser une population, et veut se démarquer de l'ère Sarkozy, mais sans renoncer à afficher une certaine fermeté… "Aucune population n'est ciblée pour elle-même, il n'y a plus de politique ethnique en France", nie-t-on au ministère.

L'Intérieur assure maintenant que, depuis, des consignes de concertation en amont ont été données aux préfets lorsque des exclusions sont prononcées par la justice, mais ces consignes, toutes récentes, n'ont pas toujours été prises en compte avant les derniers démantèlements opérés sur le terrain.


Les préfets ne sont pas à la hauteur ?

mardi 29 novembre 2011

Législatives: PS et EELV passent un accord dans le dos des électeurs

Le PS fait la traite des roses dans six circonscriptions

La gauche molle se tend !

Le troc des investitures tourne au pugilat
Le samedi 10 décembre, le PS validerales candidatures pour les législatives de juin 2012, lors de sa convention d'investiture, effectuées dans la douleur.
La Ch'tite Brochen-Aubry a voulu que l 'accord PS-EELV comporte un volet électoral très généreux pour les écolos de sa petite camarade Cécile. Europe Ecologie-les Verts présentera des candidats au nom de la gauche dans 60 circonscriptions où une trentaine nourrit des espoirs de siège, 15 en cas de défaite.

Ainsi de nombreux socialistes ont-ils découvert qu'ils sont effacés de la photo.
Un socialiste anonyme -ou inventé- résume la situation : " Il y a un accord, mais des désaccords locaux profonds."
Alors les maires de Paris et Lyon, Bertrand Delanoë et Gérard Collomb, ont laissé éclater leur colère face à l'arrivée dans leurs villes de candidats écolos.
L'indignation est telle que dans de nombreuses circonscriptions la base humiliée laisse planer le risque d'une candidature dissidente du socialiste local contre l'écolo parachuté.

Et puis, en coulisse et carte à l'appui, les amis de Hollande stigmatisent ceux de Martine Aubry
Ils ont géré les négociations de l'accord et réglé des comptes, sacrifiant les circonscriptions des "hollandais". Un proche du candidat - identité inconnue: un sans-papiers? - affirme ainsi que "Aubry a fait en sorte que ce ne soient pas les siens qui aient à payer l'accord avec les Verts" : " En fait, elle a voulu protéger les siens plus qu'elle n'a voulu sacrifier les hollandais un à un", tente-t-il de relativiser.

Mais les Verts ne sont pas le seul sujet de discorde.
Le PS a promis de réserver des circonscriptions aux femmes, aux jeunes, aux représentants de la diversité. Mais certains ego vont souffrir.

Les circonscriptions explosives

6e circonscription de Paris: la braderie de Lille

Les caméras et l'attention se sont focalisés la semaine dernière sur la 6e circonscription de Paris, parce que l'accord PS-EELV brade, au sens propre du terme tant la gauche y est confortablement établie, cette circonscription à la patronne des Verts, Cécile Duflot, celle de l'ultimatum sur le nucléaire !
Parce que c'est une ex-strauss-kahnienne, une juive passée chez François Hollande, Danièle Hoffman-Rispal, fait partie de la rafle organisée par la Ch'tite Brochen-Aubry: dans son cas, la circonscription aussi est réservée à une femme !

Parce que la sexagénaire n'a pas du tout l'intention de se laisser faire, elle a déjà annoncé dans une tribune publiée sur rue89.com qu'elle serait candidate dissidente.
Parce que Bertrand Delanoë, qui ne veut pas du "parachutage" de Duflot dans sa ville, le maire de Paris est passé du rose au rouge.
Sa première adjointe et successeur désignée, Anne Hidalgo, est partie en guerre: elle aurait déjà créé son propre parti à cet effet: le "Parti socialiste indépendant" (de la Rue de Solférino).
Parce que la paire Delanoë-Hidalgo était très proche de Martine Aubry, qu'ils accusent d'avoir favorisé sa p'tite "copine" Cécile Duflot, ils se sont fait casser. Les primaires devaient rassembler.
Et derrière ce pataquès, c'est Paris 2014 qui se joue.

1ère circonscription de Lyon : Collomb en feu
Quant au volcanique maire de Lyon qui tient à préserver son image de droiture, Gérard Collomb est farouchement opposé au parachutage dans la 1ère circonscription de sa ville du vice-président du conseil régional de Rhône-Alpes Philippe Meirieu, adhérent d'EELV. Et il le fait savoir haut et fort dès le 15 novembre, jour du bureau national du PS qui entérine l'accord avec EELV.
Collomb avait un candidat pour cette circonscription, et il compte bien le défendre, même s'il est dissident : Thierry Braillard, son adjoint aux Sports à la mairie. Gérard Collomb est d'autant plus révolté qu'il avait eu la garantie par François Hollande, aka l'Ami Molette, que Thierry Braillard serait le candidat PS. Le maire de la ville n'a jamais eu de bonnes relations avec Martine Aubry, et l'épisode ne devrait pas favoriser le rapprochement.


11e circonscription de Seine-et-Marne : la révolte molle du chargé de mission de Hollande
Les Verts n'avaient pas que Cécile Duflot et Philippe Meirieu à placer à tout prix, ils avaient Jean-Marc Brulé, élu régional d'Ile-de-France. Meirieu ne crée pas du désordre seulement dans les IUFM... Ce dernier voulait se lancer dans la 11e circonscription de Seine-et-Marne, mais elle était attribuée à Olivier Faure, secrétaire général du PS à l'Assemblée nationale et proche de François Hollande. Mais le jour du fameux BN du 15 novembre, Duflot et son bras droit Jean-Vincent Placé ont fait la loi. Ils ont convaincu Martine Aubry que les voix des amis de Brulé sont indispensables pour que le conseil fédéral des Verts valide l'accord PS-EELV.

Aubry a donc suggéré à Hollande de laisser à Brulé la 11e circonscription, promettant d'en trouver une autre à Olivier Faure avant la fin de la semaine. "Jusqu'à 16 heures, le mardi 15, j'étais le candidat, et à la sortie du bureau national, je ne l'étais plus", constate Faure, dépité de n'être qu'une variable d'ajustement. Quoi qu'il en soit, il ne compte pas quitter la Seine-et-Marne. Ni lui ni ses proches n'excluent la possibilité d'une candidature en dissidence contre le candidat écolo. Une de plus.

9e circonscription des Français de l'étranger : dans la diversité, ça déchire !
A ma droite, Faouzi Lamdaoui, chef de cabinet de François Hollande. A ma gauche, Pouria Amirshahi, membre de la direction du PS, proche du porte-parole Benoît Hamon et soutien de Martine Aubry. Deux immigrés pour une circonscription : la 9e des Français de l'étranger, qui compte seize pays d'Afrique. L'un et l'autre jurent avec la même conviction que l'investiture ne peut lui échapper, l'un, né à Constatntine, arguant de la légitimité du camp du vainqueur de la primaire, l'autre, né en Iran, de la légitimité du terrain.
Pouria Amirshahi est en effet depuis 2008 secrétaire national du parti à la coopération : "Cela fait trois ans que je bosse avec eux là-bas ! Je suis allé en Tunisie suivre la révolution, au Maroc, au Sénégal, pour le Forum social de Dakar", souligne-t-il.
Ses soutiens à la direction du PS pensent en outre que le match est biaisé, car Lamdaoui lorgnerait plutôt une circonscription en métropole. "Vous imaginez le chef de cabinet de François Hollande faire campagne à 2 000 kilomètres de Paris dans seize pays différents ?", insinue-t-on dans les couloirs de Solférino. Côté Hollande, on met en avant le fait que l'on réclame un vote des sections, ce que refusent les soutiens d'Amirshahi. "Pourquoi ? C'est absurde !" Le cas pourrait lui-aussi être sabré par un vote du BN.

6e circonscription de Seine-Saint-Denis - Élisabeth Guigou sacrifie un Juif
Si l'objectif de la droite en redécoupant la Seine-Saint-Denis dans le cadre de la réforme de la carte électorale avait été de mettre le PS dans l'embarras, ce serait gagné sur toute la ligne. En faisant passer de 13 à 12 circonscriptions le département, trois députés sortants doivent s'adapter : Claude Bartolone, Daniel Goldberg et Élisabeth Guigou. Claude Bartolone, président du département, a choisi sa circonscription, la nouvelle 9e. Restent les nouvelles 6e et 10e circonscriptions, la 6e étant plus favorable à la gauche. Goldberg et Guigou se la disputent donc, chacun arguant être plus chez lui que l'autre.

Sauf que Élisabeth Guigou est ancienne garde des Sceaux et toujours amie de Bertrand Delanoë, membre de la direction du PS et elle était de surcroît favorable à la Ch'tite maire de Lille à la primaire: ça valait bien un siège à une vertueuse au sens aigu de la justice !
Quelle que soit la raison qui a pesé le plus, le PS a pris le prétexte d'un gel de la 6e circonscription pour une femme. Mais si l'excuse n'était pas si grossière, elle ne "salirait" pas tant la base socialiste !
Goldberg dénonce le fait du prince (ou de la princesse). "Certains ont parlé de baronne...", nous lâche-t-il. Il n'exclut pas non plus d'être candidat dissident. Un de plus...

1ère circonscription de Charente-Maritime : gagée à la mère des enfants Hollande

"Elle va mieux, mais j'aurais aimé qu'on lui épargne cette affaire de La Rochelle." Cette confidence d'une proche de Royal (anonyme comme les autres sources...) résume le malaise général au PS face au parachutage, mais le "vent de révolte" ne se lève pas, tout juste une petite fronde de la base locale pour la forme, bien que la candidate soit battue partout où elle passe.
Le PS de Charente Maritime fait office d'assistance psychologique. Après la claque reçue lors de la primaire (moins de 7 % au premier tour), Maxime Bono, député-maire de La Rochelle, l'aide à se reconstruire en faisant don de sa personne: il a annoncé qu'il se sacrifierait en juin 2012 pour laisser la coquecigrue du marais se poser sur le perchoir de l'Assemblée nationale, bien qu'elle soit déjà présidente de région Poitou-Charentes et que son largage de la région soit donc programmé.

Cette circonscription est gagée: c'est la niche législative "Ségolène Royal"
L'amère Royal a eu l'arrogance de révéler que François Hollande lui a proposé le perchoir en cas de victoire de la gauche. Se croyant plus légitime, le premier secrétaire fédéral du PS dans le département Olivier Falorni est un démocrate aujourd'hui pétrifié qui veut organiser des primaires. Mais le BN du PS l'a réduit au silence lors de son BN du 22 novembre: cette circonscription est pour une femme ! Falorni dénonce le "parachutage de la honte". Mais qui connaît Falorni ?

Ainsi les républicains se verraient-ils imposer la monarchie des Ségollande au pouvoir quasi absolu.
Pour mémoire, rappelons que le parrain de deux des enfants Ségollande, Me Jean-Mignard est annoncé sur Marseille
pour prendre la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône.
La France va-t-elle être mise en coupe réglée ?

mercredi 16 février 2011

Guigou, l'amie de son ami Aziz Miled, est donc l'amie de MAM

Le Canard enchaîné efface de la photo certains amis de Aziz Miled

Le tri sélectif de l'information par la presse d'opposition


Premier acte du complot
Mercredi dernier, le Canard enchaîné accuse la ministre des Affaires étrangères et son conjoint d'avoir utilisé entre Noël et le Jour de l'An un avion appartenant à Aziz Miled, décrit par le journal satirique comme un proche de Belhassen Trabelsi, beau-frère de l'ex-président Ben Ali.

Deuxième acte de la pièce
Mediapart et le Canard enchaîné repartent à l'attaque le mercredi suivant, faisant état du coup de téléphone de courtoisie de la ministre française depuis le sol de Tunisie à son président, alors que la 'rue arabe' commençait de bouger.
Les organes de presse du trotskiste Edwy Plénel et des libertaires du Canard trouvèrent aussi à redire à une transaction entre ...les parents de Michèle Alliot-Marie et un grand patron tunisien.

Troisième acte
Le 16 février, le Parti socialiste réclame la démission de la ministre des affaires étrangères. L'affaire est bouclée.

Les hyènes socialistes se déchaînent

Le patron galeux des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, a jugé que la ministre n'avait "cessé de mentir aux Français", appelant la chef de la diplomatie et son compagnon, Patrick Ollier, ministre des relations avec le Parlement, à la démission.

Des propos relayés par le porte-parole poisseux du PS, Benoît Hamon. "Il y a un mensonge de Mme Alliot-Marie, une affaire qui mélange intérêt de la France et intérêts privés", estime-t-il. "La conclusion normale, comme dans toute démocratie moderne, c'est normalement la séparation entre les intérêts privés et l'intérêt général et pour que la clarté puisse être faite, il faudrait maintenant que Mme Alliot-Marie s'en aille. Dans toute démocratie moderne, un ministre impliqué à ce point serait déjà parti."

Martine Aubry, premier secrétaire fielleuse du PS, a appelé Nicolas Sarkozy à "prendre des sanctions" après "ces révélations insupportables". "Je dis au président de la République : pour ce qui reste du quinquennat, je vous demande de reprendre votre mission qui est de défendre la République et de demander à vos ministres de défendre et de respecter la République", a-t-elle lancé devant des journalistes lors d'un déplacement dans les Hauts-de-Seine. "Regardez Eric Woerth, on nous a dit que c'est un homme honnête, aujourd'hui on nous explique qu'il est normal de se faire payer ses vacances par un dictateur ou un chef d'entreprise étranger, moi je suis désolée je n'ai jamais eu ces pratiques".

Laurent Fabius, le fétide ancien premier ministre socialiste, estime également que "ça commence à faire trop". Pour lui, "chaque semaine qui passe, chaque jour qui passe apporte un nouvelle information, un démenti par rapport aux allégations précédentes, etc." Pour lui, "l'image de la politique étrangère de la France n'est pas bonne". "Aux Etats-Unis, le voyage récent de M. Sarkozy chez M. Obama, on ne l'a même pas remarqué", "en Afrique depuis le désastreux discours de Dakar (...), des proclamations à l'égard de M. Gbagbo, finalement rien ne sort", "en Chine, (on devait) avoir des relations très efficaces, je ne les vois pas, au Brésil, idem". Le PS a attendu qu'ils soient ou dans l'illégalité ou en fuite pour éliminer Gbagbo et Ben Ali de l'Internationale socialiste, dont Sa Cynique Majesté Roral est l'un des 36 vice-présidents.

Pour les Verts et dès le 9 février, Nono Mamère estima que ces nouvelles révélations posent "la question du maintien de François Fillon à Matignon" .

Les galeux ne nous disent pas tout

Ce proche du clan Ben Ali, qui est reproché à MAM, a eu l'occasion de croiser d'autres personalités politiques françaises, parmi les plus vertueuses.

Ainsi, celle qui condamnait récemment les vacances tunisiennes de Michèle Alliot-Marie en ces termes : "Ça commence à faire trop ! Non seulement Mme Alliot-Marie, ministre des affaires étrangères, va passer ses vacances en Tunisie (...), mais en plus, on apprend maintenant qu'à l'occasion de ce séjour, une transaction financière a été opérée par ses parents avec l'homme d'affaires qui les a hébergés". Cette hypocrite n'est autre qu'une homologue de MAM, une ministre socialiste de François Mitterrand, sa Garde des Sceaux, la sémillante Elisabeth Guigou !
La députée socialiste oubliait de préciser que l'"homme d'affaires" en question est le vice-président du conseil de surveillance et l'un des financiers de l'Institut de prospective économique du monde méditerranéen (Ipemed) : une association loi 1901 créée en 2006 et parrainée par... Elisabeth Guigou, dont le mari, Jean-Louis Guigou, en est par ailleurs le délégué général...

L'ex-Garde des Sceaux a tenté de se justifier mercredi 16 février. "Ce think tank organise des séminaires, des colloques mais n'a aucune espèce d'activité commerciale, industrielle ou financière liée aux activités des entreprises dont les cotisations financent l'Ipemed", a-t-elle expliqué avec embarras.

Le PS a des liens avec un proche du dictateur tunisien

"Une affaire qui mélange intérêt de la France et intérêts privés", disait Hamon?
Aziz Miled finance l'institut dont plusieurs membres du comité de parrainage, dirigé par Elisabeth Guigou, toute ancienne ministre de la justice qu'elle est, et consort, sont pour la plupart des responsables socialistes français et italiens, car outre Alain Juppé, on retrouve Hubert Védrine (ci-contre, secrétaire général de la présidence de la République sous Mitterrand; ministre des Affaires étrangères de Jospin) et Romano Prodi (prédecesseur de Berlusconi, il fut mis en minorité au Sénat sur sa politique en Afghanistan et contraint à la démission), tous - à les en croire - compromis avec l'homme d'affaires tunisien proche du dictateur Ben Ali.

Le responsable de l'Institut pour l'international est le dénommé Jean-Marie Paintendre qui s'occupe également de l'international à la CNCE, Caisse d'Epargne. Aucun risque de conflits d'intérêts ?

Signalons aussi que, depuis le 1er décembre 2009, le président du conseil de surveillance est Gérard Mestrallet, PDG du groupe industriel GDF Suez et ancien chargé des affaires ...industrielles auprès du ministre de l'Économie et des Finances ...Jacques Delors, le papa de ...la Ch'tite Aubry !

=> Quant au frère cadet de Gérard, Patrick Mestrallet, il est PDG d'établissements financiers en Afrique de l'Ouest, mais ni le Canard enchaîné, ni Mediapart ne soupçonne l'aîné de conflit d'intérêts.
D'ailleurs, suspectent-ils les frères Guérini ? Lien PaSiDupes

Ils ont partagé les mêmes valeurs
Selon les statuts, cet institut commun a pour mission de "rapprocher par l'économie les pays du bassin méditérranéen". Le texte précise aussi qu'il est "financé par des entreprises méditerranéennes et des personnes physiques qui partagent ses valeurs".

Mais les vertueux renient maintenant leur bienfaiteur...
Dans un communiqué daté du 14 février, les membres du comité de parrainage politique ont viré avec le vent de l'Histoire et affirment haut et fort qu'ils "[saluent] et [soutiennent] la rupture historique qui vient de s'opérer en Tunisie, et l'extraordinaire courage de son peuple". Ils précisent également que "l'Europe doit être au rendez-vous de ce chapitre de l'histoire méditerranéenne et mondiale que la révolution tunisienne est en train d'écrire".

Quand on est socialiste et vertueux, on sait prendre le train de l'Histoire en marche...
Après ces "révélations insupportables" de PaSiDupes, Ayrault, Hamon, Fabius et Aubry devraient logiquement "prendre des sanctions" et inviter Védrine et la paire Guigou à descendre du bureau national en marche.

jeudi 19 novembre 2009

Congrès des maires: salle de repos

André Laigniel serait-il soporifique ?

Malek Boutih nous avait prévenus. Les socialistes ne sont pas des bourreaux de travail.
Lire PaSiDupes

Nous tenons maintenant la clé (du sommeil). Au travail, ils consacrent trop de temps au repos.

Mardi 17 novembre, porte de Versailles (XVe), lors du 92e Congrès des maires de France, l'assemblée écoutait d'une oreille distraite le discours du socialiste André Laignel (1942), secrétaire général de l'association des maires de France.

VOIR et ENTENDRE la profondeur de leur réflexion...

Tour à tour un ronfleur inconnu, qui participe à l'animation, mais également la primesautière Babette Guigou et le jovial Lolo Fabius, qui se sont exposés aux quolibets au premier rang.
Quant au sémillant Nono Montebourg, il s'occupe comme il peut, puisqu'aussi bien il tient toujours les mêmes critiques passe-partout au chaud pour les journalistes.

Il faut bien admettre aussi qu'ils ont mis tous les atouts de leur côté en envoyant Laignel à la tribune.
Le maire d'Issoudun n'est même pas candidat à la candidature à l'Elysée et ne dépasse pas le pupitre. Il n'a d'ailleurs jamais réussi à se hausser au-dessus du poste de secrétaire d'Etat, mais 5 fois...

Laignel avait mené campagne avec Laurent Fabius
pour le non au référendum interne du PS sur la Constitution européenne, en 2004.

=> Répondant à l'exception d'irrecevabilité défendue par le député Jean Foyer, André Laignel eut cette phrase restée célèbre : « les nationalisations sont elles conformes à l'article 17 de la Déclaration des droits de l'homme ? M. Foyer répond par la négative. C'est sa responsabilité . Mais, à ce moment précis, son raisonnement bascule du juridique au politique. De ce fait, il a juridiquement tort car il est politiquement minoritaire. ».
Quoi qu'en dise Boutih, un tel raisonnement, ça se travaille.

jeudi 14 mai 2009

Rachida Dati devrait-elle encaisser sans rien dire ?

Libération accuse Dati de riposter à Guigou

Au jeu puéril du « Y m’a dit », « C’est toi qui l’a dit le premier », « C’est celui qui le dit qui l’est », Libération fait merveille et fait plonger le niveau de la presse.
Le 14/5/09, Alain Auffray de Libération.fr titre: «Rachida Dati se déchaîne », mais il semble bien que « C’est celui qui le dit qui l’est » … En plus, il l’admet : ce doit être un stagiaire !

Attaque ou contre-attaque ?

Tout commença mardi 12 au matin sur Europe 1. Et voici ce que ça donne :
« Future ex-garde des Sceaux, la candidate UMP aux élections européennes sort l’artillerie lourde. Dans un communiqué publié hier sur le site de son ministère, elle fustige «l’arrogance» de la socialiste Elisabeth Guigou qui, le matin même, avait dénoncé sa «désinvolture» et son «autoritarisme». C’est Guigou qui a commencé, non ?

Pourtant, le mardi 12, avec élégance, l’ancienne ex-Garde des Sceaux Élisabeth Guigou avait tiré la première. Elle a en effet estimé que Rachida Dati avait "gâché toutes ses chances" au ministère de la Justice, par "désinvolture", "autoritarisme" et "incompétence". Et, à la fois très condescendante et chienne aux yeux de cocker, Guigou (ci-contre à gauche) fait la bonne fille "J'avais beaucoup de sympathie et d'estime pour elle, c'est fini." Ca fait un moment que c’est fini !


Le stagiaire poursuit : « Rachida Dati soutient que des «records» de suicides et de détentions provisoires auraient été battus lors du passage de Guigou à la chancellerie. » Le lecteur attend du stagiaire Auffray qu’il développe et démontre, mais hélas, plutôt que d’enquêter sur le fond et d’informer avec objectivité, il polémique.
Le stagiaire a-t-il si peu à faire des suicides et des détentions provisoires?

LePost aussitôt en fait des tonnes !
De 65 mots, il fait 5 articles, dont deux à la minute.

Le 13/5/09 à 10h24 : Dati règle ses comptes avec Guigou
19h44 : Guigou: "Rachida Dati est à court d'arguments pour masquer ses échecs"
19h46 : Rachida Dati tacle Elisabeth Guigou par communiqués de presse: a-t-elle craqué?
19h46 (encore) : "Rachida Dati remet à l'endroit ce qui a été dit de travers par Élisabeth Guigou"
le 14/5/09 à 11h11 : "Quand Rachida Dati prend son ministère en otage"

Est-ce encore du journalisme ou déjà du harcèlement ?
Et puis enfin, les ministres doivent-ils tout subir sans broncher ?

vendredi 9 janvier 2009

Juge de l'instruction: l’opposition dénonce le "flou" d’un projet

Mais les co-gestionnaires impénitents le dénaturent
Créée par Napoléon, la fonction de juge d'instruction change, mais le conservatisme des magistrats reste intact et ils se cramponnent. Comme l'a observé la Garde des Sceaux, Rachida Dati, au Sénat mercredi, la réforme "a suscité beaucoup d'interrogations" chez les réactionnaires: elle a dû leur promettre "la plus grande concertation".
Outre de vives critiques, la reconversion du juge d'instruction fait naître de nombreuses interrogations dans ce milieu fermé, qui extériorise ainsi sa peur de l’avenir, sa frilosité sous l'hermine de son costume d'apparat d'un autre âge. Ils dénoncent donc le "flou" du dispositif que le chef de l'Etat soumet pourtant tout juste au débat.

Une seule chose est sûre : le juge d'instruction, magistrat indépendant, va devenir le "juge de l'instruction", qui sera l’œil extérieur désormais responsable de la coordination et du contrôle du bon déroulement de l'enquête.

Les protestations préliminaires
> Inquiets du changement et de leur reconversion, les juges d’instruction, dont la toute puissance a été stigmatisée lors de différentes affaires, comme à Béthune ou à Outreau, brandissent des a priori. Avant même que le texte du projet ne soit connu et que le débat n'ait commencé, ils polémiquent déjà sur l’idée que la direction des investigations resterait exclusivement entre les mains de magistrats du parquet, soumis hiérarchiquement au ministère de la Justice, suggérant ainsi que leurs collègues parquetiers seraient influençables.

> Le bien peu modéré Syndicat de la magistrature (SM, gauche) lâche déjà ses commentaires : "une régression démocratique". Le SM rappelle une décision récente de la Cour Européenne des droits de l'homme affirmant que "le procureur n'est pas une autorité judiciaire", car "il lui manque l'indépendance à l'égard du pouvoir exécutif".

La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a dit craindre "une des plus graves régressions de ces dernières années" en matière d'équilibre entre l'accusation et la défense. Avec eux, la dernière réforme est toujours la plus grave.

Le Nouveau Centre (NC), allié de l'UMP, a demandé que la suppression du juge d'instruction s'accompagne d'une "indépendance totale" des magistrats du parquet, un thème qui fera comme le reste l’objet de discussions.

Outre ces protestations sur le risque de "concentration des pouvoirs" dans les mains de l'exécutif, le monde judiciaire soulignait aussi, à l'instar de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), le "flou" de l'annonce présidentielles, notamment sur les moyens humains et matériels. Les juges existent : ils ne disparaîtront pas mais se reconvertiront.
Imaginons seulement leurs cris d'orfraie si plus rien ne restait à discuter...

Que des impossibilités, selon les co-gestionnaires !
  • Elle met tout en doute : du « vrai dialogue » à la «véritable égalité », rien ne serait réalisable, selon les syndicalistes suspicieux.
    Comme pour démontrer la politisation du débat dans le même registre, Elisabeth Guigou, ancienne garde des Sceaux PS voit dans la reconversion du juge d'instruction un risque de "justice à deux vitesses"

    Il est ‘vrai’ que la profession est très décriée, mais un avis du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) du 11 mars 2004 sur « les mesures qui pourraient être prises pour mieux garantir l’autorité judiciaire contre la mise en cause injustifiée de tel ou tel de ses membres »affirme que « les demandes répétitives en récusation ou en renvoi peuvent être dirigées contre un même juge ou une même juridiction, de façon quasi obsessionnelle, par un justiciable particulièrement vindicatif, voire déséquilibré ».
  • Des obstacles matériels
    1- Il est prévu de nouvelles audiences collégiales et publiques pour statuer sur les mises en examen et les placements en détention provisoire, mais "les tribunaux n'ont pas assez de place pour accueillir des audiences supplémentaires", a fait valoir Christophe Régnard, président de l'USM.

    2-"Quels seront les moyens mis en oeuvre pour une véritable égalité des armes entre accusation et défense ?", s'est interrogé de son côté Pascal Eydoux, président de la Conférence des bâtonniers (avocats de province).
  • Des obstacles financiers
    1- "La défense doit pouvoir exiger du parquet ou de la police un certain nombre d'actes, comme par exemple des contre-expertises ", a-t-il insisté.

    2- Le député PS Dominique Raimbourg, avocat de profession, a souhaité que l'Etat puisse prendre en charge " les frais d'enquête " engagés à la demande des personnes mises en cause ou victimes.
  • Occultation du rôle du juge de l’instruction
    Une autre interrogation de l'Association française des magistrats instructeurs (AFMI) ou juge d'instruction napoléoniens: que deviendra la possibilité qu'ont actuellement les victimes de faire ouvrir "une enquête après une décision de classement sans suite du parquet" ? "Que feront les victimes quand elles voudront se plaindre et que le parquet ne déclenche pas l'action?", renchérit Me Eydoux.
    Cette réforme a été annoncée alors même que les conclusions de la commission installée à la mi-octobre pour plancher sur une refonte du système pénal "sont encore attendues", s'est enfin étonnée l'Association des jeunes magistrats (AJM). Décidemment bien jeunes, ils confondent ‘projet’ et ‘loi’, ce qui laisse du temps pour le débat et les promenades rituelles à travers nos villes.

    Les garanties nouvelles dont on ne parle pas
  • 1- La présence d'un avocat est rendue obligatoire lors du débat contradictoire pour décider de la détention préventive.

    2- Concernant la publicité du débat contradictoire, le secret de l’instruction est aménagé : auparavant, la demande de publicité émanait de la personne mise en cause et se traduisait par un communiqué de presse. La loi de mars 2007 rend le débat contradictoire public, permettant d'éclairer sur les causes de la détention provisoire. Il est possible de s'opposer à la publicité des débats, par exemple en cas de risque d’entrave à la justice, si la victime le demande (comme c’est le cas pour le procès), ou si la personne poursuivie s'y oppose (risque d’atteinte à la présomption d’innocence).

    3- Une audience de contrôle devant la chambre d’instruction est crée.
    Elle permet de:
    - Renforcer les droits des parties et le caractère contradictoire de la procédure
    - Contestater la présomption d’innocence : possibilité de devenir témoin assisté, au fur et à mesure de l’évolution du dossier ;
    - Demander une confrontation ;
    - Renforcer le caractère contradictoire de l’expertise : les avocats pourront désigner un contre expert. Les craintes du président de la Conférence des bâtonniers (cf. supra) sont-elles fondées ? ;
    - Renforcer le caractère contradictoire des informations avant l’audience : l’avocat pourra faire valoir des éléments avant l’audience ;
    - Accélérer les procédures : suppressions des procédures inutiles (un particulier peut saisir le juge pénal ; si des poursuites étaient engagées, pour entraver certains procès, le pénal bloquait les autres jugements au risque d’encombrer inutilement les juges d’instruction ; le non lieu sera plus facile en cas de plainte manifestement « inutile ») ;
    - Effectuer un enregistrement audiovisuel (mis en place au 1er juin 2008) pendant les gardes à vue et l'instruction pour les crimes ; existe déjà pour les mineurs ; cette mesure peut être interprétée comme une défiance à l’égard de la justice mais peut aussi servir de garantie et préviendrait d'éventuelles contestations.

    Le tableau n’est pas aussi noir que les robes de magistrats

  • Alors, le projet de loi contient dix-sept articles dont la mesure l’une des plus importantes est l’enregistrement audiovisuel obligatoire des gardes à vue dans les affaires criminelles, et encore à l’exclusion des plus graves, c’est-à-dire celles qui concernent le terrorisme et le crime organisé.

  • La création de Pôles d’instructions dans certains TGI (tribunal de grande instance) n’est pas une avancée que l’opposition peut ignorer, si elle veut être crédible dans le débat : la co-saisine de plusieurs juges sera plus facile, du fait de la création de pôles d’instruction en mars 2008 : les trois magistrats devront saisir le JLD (juge des libertés et de la détention) pour une mise en détention provisoire, avec intervention du procureur.
  • La ministre de la Justice, Rachida Dati, a d’ailleurs précisé qu'elle recevrait lundi le président de la commission, le magistrat Philippe Léger, afin de "revoir son calendrier" de travail.

    Le dialogue s’ouvre, mais s'engage mal, puisque s’il s’agit d’ "exiger" comme le fait Pascal Eydoux, président de la Conférence des bâtonniers. Il faut en effet s’attendre à ce que la Garde des Sceaux débatte dans le cadre du projet du Président de la République que les Français se sont choisis.