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samedi 29 décembre 2012

Taxation à 75%: la démagogie de Hollande sanctionnée par le Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel rejette la taxation à 75% voulue par Hollande

Le Conseil constitutionnel a administré samedi un camouflet au président François Hollande

Les Sages annulent la taxation à 75% visant les plus riches contribuables, une mesure personnelle du candidat socialiste pour se démarquer du président sortant et qui a pu impacter la présidentielle.



La censure de cette taxe discrédite les idées radicales

Si, pour toute réaction, le chef de l'Etat dit avoir accueilli la sanction "sereinement", selon son entourage,  il a toutefois immédiatement demandé à son Premier ministre de préparer "un nouveau dispositif" pour "rétablir une taxation exceptionnelle sur deux ans, 2013 et 2014". 

Dans un communiqué, Jean-Marc Ayrault a donc promis une nouvelle mouture de la taxe censurée dans le cadre "de la prochaine loi de finances", mais sans donner de précision sur ses modalités, ni sur la date de sa présentation, dans un collectif budgétaire en cours d'année ou dans le projet de budget 2014, l'automne prochain. 

La décision du Conseil constitutionnel est un coup rude pour le président de la République, car malgré un faible rendement - elle devait toucher environ 1.500 personnes, qui auraient payé en moyenne 140.000 euros à ce titre -, cette super taxe sur les très riches constituait un marqueur de sa présidence

Ajoutée le 28 février par le candidat socialiste à l'Elysée, elle ne faisait pas partie des "60 engagements" de son quinquennat. 
Elle était rapidement devenue symbolique de sa volonté de mettre les plus fortunés à contribution pour rétablir les finances publiques du pays au nom du patriotisme en cette période de crise persistante, alors que les dépenses publiques continuent de s'envoler.  

Une mesure socialiste censurée pour ..."rupture d'égalité" 

Le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a contre-attaqué
Il dénonce "les manoeuvres de la droite" ! 
"Sa saisine contre la taxation à 75% des revenus supérieurs à 1 million d'euros montre qu'elle tente encore, dans l'opposition, de sauver les cadeaux fiscaux qu'elle n'avait cessé de prodiguer aux plus riches pendant 5 ans", a-t-il fait valoir : Jean-Philippe Désir continue de se singulariser en gonflant l'impact de cette taxe voulue par celui qui l'a désigné à son poste. 

Saisi par les parlementaires UMP, le Conseil constitutionnel a estimé que la taxe de 75% sur les revenus supérieurs à 1 million d'euros prévue pour deux ans dans le budget 2013 méconnaissait le principe d'égalité des charges. Hollande a tenté d'innover, d'une part en modifiant le droit fiscal et d'autre part en prélevant l'impôt sur le revenu sur chaque personne physique, alors qu'il a toujours été jusqu'ici calculé "par foyer". 






Puisque Libération  leur dit !


Concrètement, a-t-on expliqué au Conseil, un ménage, dont chaque membre percevrait un revenu de 900.000 euros, se trouverait exempté de taxation, tandis qu'un autre, dont un seul membre gagnerait 1,2 million d'euros et l'autre rien, serait frappé, ce qui constituerait à l'évidence une "rupture d'égalité au regard de la faculté contributive". 

Plusieurs autres dispositifs du budget 2013 ont été entièrement ou partiellement retoqués 
Le gouvernement et le parti socialiste ont mis en exergue la "validation" par le Conseil du choix politique "d'aligner la fiscalité du capital sur celle du travail". 
Mais ils ne communiquent pas sur le rejet des dispositifs prévus concernant des investissements en Outre-mer, les droits de succession en Corse sur les immeubles, les retraites-chapeau, etc... 

Toutefois, la fiscalité du capital sera supérieure à celle du travail, le taux de CSG sur le capital étant de 15,5% contre 8% sur le travail. Si ce n'est pas de l'austérité pour les ménages...


S'agissant du budget 2012 rectifié, le gouvernement, par la voix de J.-M. Ayrault, s'est réjoui de la validation par le Conseil constitutionnel de son crédit d'impôt compétitivité et emploi (CICE). Cette mesure phare du pacte de compétitivité issu du rapport Gallois prévoit un coup de main de 20 milliards d'euros aux entreprises.



Mauvaise foi des réactions au PS


Le fabiusien Guillaume Bachelay, porte-parole du PS, dépasse le seuil d'alerte de la mauvaise foi:



Christian Eckert ne craint pas de se décrédibiliser à force de banalisation de cette grande première s'agissant du budget. 
Le rapporteur général du Budget à l'Assemblée nationale n'a rien vu qui froisse les Sages ! " Le Conseil constitutionnel a validé la loi de Finances et notamment le principe du rétablissement de la progressivité de l'impôt que le précédent gouvernement avait affaiblie.(..) Les correctifs qu'apporte le Conseil à quelques dispositions sont à la marge. Ils représentent moins de 500 millions de recettes [avons-nous trop de recettes ?] et ne remettent pas en cause l'architecture globale et les équilibres du budget 2013. Des mesures compensatrices dans la prochaine loi de finances suffiront à y remédier. [Eloignez-vous du quai: un train à grande vitesse d'impôts entre en gare...]  Ce sera également le cas pour la tranche de 75% pour les revenus supérieurs à 1 million d'euros. Son annulation repose sur des motifs techniques, non sur des raisons de principe, encore moins sur son caractère prétendument confiscatoire". (communiqué olé, olé):



 
Le valet Moscovici minimise l'intérêt de cette taxe pourtant présentée comme urgente et juste par son maître Hollande : " L'annulation de certains des articles du budget 2013 aurait toutefois un impact limité : "moins de 500 millions d'euros" selon des sources anonymes, pour un budget global d'environ 300 milliards d'euros", relativise-t-on soudainement dans la presse de gauche, dont France Info, sous la dictée de l'A*P. 

L'amélioration des finances publiques ne serait donc "pas compromise" par cette décision, a déclaré Pierre Moscovici, ministre de l'Economie et des Finances. Elles le seront inéluctablement, en revanche, par l'accumulation des dépenses publiques non financées.

Très contestée à droite, comme à gauche, et par les patrons des grandes entreprises



Bernard Arnault
Elle a vite fait scandale avec en point d'orgue l'annonce de l'exil fiscal en Belgique de l'acteur Gérard Depardieu. 


La droite a pointé "le camouflet" à François Hollande infligé par le Conseil constitutionnel , et dénoncé, à l'instar de l'ex-Premier ministre François Fillon "la politique de matraquage fiscal" du gouvernement. 

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, a appelé "solennellement François Hollande à tirer les leçons de ses échecs et à changer de politique"
"Pour la France, a-t-il ajouté, il est impératif qu'en 2013 François Hollande prenne conscience de son devoir et entreprenne enfin les réformes courageuses dont nous avons besoin".



Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée appelle également à revoir toute la politique fiscale du pays. 
"Avec cette grave annulation, c'est toute la politique fiscale et économique du gouvernement qui est lourdement mise en cause", a-t-il réagi. 

"L'urgence est de remettre à plat une fiscalité française devenue incompréhensible et dès lors, injuste et inéquitable", estime également Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République.

Même son de cloche pour l'ancien ministre du Budget,
Eric Woerth. Ce dernier parle de véritable "revers" pour le gouvernement. 
"Décision logique du Conseil constitutionnel sur les 75%, mesure mal conçue et mal pensée! C est un revers majeur pour le gouvernement", écrit-il sur Twitter.

Jérôme Chartier, député fillonniste: La décision du Conseil constitutionnel "est sévère pour le gouvernement socialiste et l'actuelle majorité. Elle est juste pour la France et les Français. (...) Le Conseil constitutionnel rend un jugement sans appel sur une loi de finances mal préparée et contraire en de nombreux points au principe de l'égalité du citoyen devant les charges publiques". (communiqué)

Hervé Mariton, député UMP, porte-parole du groupe sur le budget: "Reprenant la logique même du recours du groupe UMP, le Conseil a censuré les dispositions qui portaient le plus gravement atteintes à l'égalité des contribuables devant l'impôt, à la cohérence et au bon sens du système fiscal". (communiqué)

Bruno Le Maire, ancien ministre de l'agriculture va plus loin et parle de "l'amateurisme socialiste". 
"Le Conseil constitutionnel censure la mesure phare de @fhollande avec le rejet des 75% : tout un symbole de l'amateurisme socialiste...", commente-t-il sur Twitter.


La trop belle affaire du paquebot commandé à Saint-Nazaire ?

Véritable aubaine pour la région du Premier ministre 


Saint-Nazaire, malgré trois autres concurrents



La compagnie américaine Royal Caribbean International a passé commande d'un paquebot géant de type "oasis" aux chantiers navals STX France (ex-Chantiers de l'Atlantique), livrable mi-2016, ainsi qu'une option pour un deuxième navire livrable mi-2018, ont annoncé les chantiers dans un communiqué, jeudi soir. 

  

"Une très bonne nouvelle pour la région"

Cette commande, qui représente dix millions d'heures de travail réparties sur trois ans, intervient alors que les chantiers, qui emploient directement 2.100 personnes et 4.000 en sous-traitance, risquaient de boucler leur 2e année sans commande, ce qui les aurait placés en situation précaire, malgré deux paquebots et deux porte-avions en cours de chantier

Selon Ouest-France, ce géant des mers, dont la construction devrait débuter en septembre 2013, sera long de 360 mètres et large de 66 mètres. Il comptera vingt ponts dont seize pouvant accueillir des passagers, ainsi que 2.700 cabines, ce qui en fait l'un des plus grands navires jamais construits à Saint-Nazaire. Le paquebot pourra transporter un total de 8.460 personnes, dont 6.360 passagers. 

Il s'agira du troisième navire de type "Oasis" de la compagnie. Les deux premiers bateaux de cette gammes, l'"Oasis of the Seas" et l'"Allure of the Seas", livrés en 2009 et 2010, sont les plus grands navires au monde. 

D'après Ouest-France, le montant de cette commande exceptionnelle s'élèverait à 900 millions, voire un milliard d'euros. 


VOIR et ENTENDRE Moscovici poser en Papa Noël:

Le pouvoir n'est pas transparent sur les problèmes posés 

Mais les salariés ne sont pas aussi confiants

VOIR et ENTENDRE les doutes exprimés sur la rentabilité du contrat, en l'état:

"Nous avons signé pour un délai de travaux auquel il va falloir se tenir", observe la déléguée FO de STX, Nathalie Durand-Prinborgne, inquiète de l'ampleur du projet. "La question se pose de savoir si on va être capable de livrer convenablement", ajoute-t-elle, "compte tenu des moyens dont on dispose".


Une "possible option" est-ce tellement fiable ?
Quoi qu'il en soit, la première option ne sera rentable que si le second projet était signé. 
"Nous sommes très satisfaits, la concurrence a été rude avec la Finlande", se félicite pour l'heure le directeur général de STX France sur I-Tele.
Or, sa joie risque de retomber, ne serait-ce que parce que les conditions de passation de négociation de l'offre sont si peu transparentes que la Finlande les conteste. 

En passant, Laurent Castaing glisse que "si le deuxième bateau est confirmé", il "serait à livrer en 2018".


Notre-Dame-des-Landes: Duflot, femme aux convictions flexibles

Quand Cécile Duflot son désaccord avec le projet et égratignait Ayrault

Ses paroles n'engagent pas Duflot


Ayrault, outragé
par cette misérable arriviste
sans foi ni loi

En mai dernier, lorsque Cécile Duflot a été nommée ministre du Logement, un responsable politique sait qu'il doit se montrer solidaire des décisions  gouvernementales. Dans l'euphorie de la réussite de ses magouilles politiciennes avec la Ch'tite Brochen-Aubry et de son accession au gouvernement, Cécile Duflot n'a pas pensé un seul instant qu'elle aurait à tenir ses engagements.

Écartelée entre son parti, EELV, qui ne cesse de remettre en question sa participation au gouvernement Ayrault et son comportement de ministre qui met à mal la cohésion et la solidarité au sein de l'équipe d'un Premier ministre insaisissable et contesté, Cécile Duflot est dans une position des plus instables.

"Monsieur A. y tient beaucoup"

Et si, hormis le nucléaire, il est un dossier qui embarrasse la ministre, c'est bien celui du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Son parti y est farouchement opposé quand le projet tient particulièrement à cœur de Jean-Marc Ayrault, l'ancien député-maire de Nantes. 

Ce n'est pas cette vidéo d'un discours de 2011, ressortie des archives il y a quelques jours et qui commence à circuler sur la Toile, qui va améliorer l'image de l'écologiste d'Europe Ecologie-les Verts.
Cécile Duflot démonte le projet avant de se moquer de celui qu'elle appelle "Monsieur A.", Jean-Marc Ayrault.


L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes un projet " tellement daté", au "chiffrage irréaliste" dont le budget de 500 millions est "une escroquerie". 

"La vérité c'est que Monsieur A. (comprendre Jean-Marc Ayrault) y tient beaucoup", insiste Cécile Duflot, avant de demander aux opposants rassemblés devant elle "Qu'est-ce que ce projet comble ?", "Trouvons ce qu'il lui manque". Et de se gausser en des termes sexistes pour finir: "Même si t'as pas un gros aéroport, on t'aimera quand même, je te le promets."


En octobre dernier, alors que les manifestations font rage, la ministre campe toujours sur ses positions.
"Il y a un désaccord sur ce projet, ancien et acté, rien de nouveau sous le soleil", évacue-t-elle, avec désinvolture . "Il y a un désaccord sur ce projet-là, qui est un désaccord ancien (...) Mon désaccord sur ce point est connu par le premier ministre". C'est le problème du Premier ministre et non celui de la ministre !

Mais, fin novembre, le Premier ministre a mis en garde les Verts.
Il est pour lui "impensable" que ses alliés écologistes "s'associent à des anarcho-autonomes" pour s'opposer au projet d'aéroport. Cela s'adressait en particulier Pascal Canfin, ministre du Développement et à Cécile Duflot. Qui n'en ont cure !
Une concertation a été lancée pour déminer le terrain. Ses conclusions devront être rendues en à la fin du mois de ...mars 2013. D'ici là, tout le monde doit faire le mort.

vendredi 28 décembre 2012

Le Guen conteste le premier secrétaire PS de Paris

"À Paris, le PS n'a ni projet ni stratégie", selon Le Guen

Jean-Marie Le Guen dénonce la tentative de "passage en force" pour organiser des primaires ouvertes.

Député PS de Paris, il a été premier secrétaire de la fédération de Paris entre 1987 et 2000 et reste un possible candidat à des primaires PS face à Anne Hidalgo aux municipales de 2014. Le Figaro a ausculté le docteur.


LE FIGARO. - Que vous inspire la proposition du premier secrétaire PS de Paris d'organiser des primaires ouvertes ?

J.-M . LG. - La proposition faite par Rémi Féraud, et ceux qui l'inspirent, manifeste encore une fois une tentative de passage en force. Ce sont des propositions non concertées, non seulement avec le PS mais aussi avec l'ensemble des forces qu'elle prétend rassembler. Ce calendrier et ces modalités sont un élément supplémentaire de division.

Que proposez-vous?

Je propose une autre méthode, un autre calendrier, une réelle concertation, sans a priori, avec nos partenaires. À commencer par ceux avec qui nous partageons les responsabilités au gouvernement. Je propose donc pour ma part des primaires mais à l'automne et surtout dans un ­cadre préalablement discuté avec nos partenaires. Au PS, je propose l'élaboration d'un projet qui rassemble toute la famille socialiste. Aujourd'hui, nous n'avons ni débat, ni projet, ni stratégie

Comment se manifeste cette absence de débat?

J'ai demandé il y a deux mois un débat sur le Grand Paris. Apparemment, ce n'est toujours pas accepté, alors même que le gouvernement s'apprête à légiférer sur le sujet… 
Les prises de position socialistes individuelles se multiplient, en particulier à la région et à la Ville de Paris. C'est regrettable face à une réforme aussi décisive pour l'avenir de la capitale et de l'Ile-de-France, qui concerne de près les socialistes parisiens. Je ne peux que regretter cette situation qui conduit à l'impasse, au détriment de la réforme nécessaire de la mé­tropole. Parfois, je me demande d'ailleurs si certains n'organisent pas la confusion pour justi­fier l'immobilisme… Mais j'ai confiance dans le gouvernement et dans la majorité au Parlement pour surmonter les blocages.

Avez-vous décidé de participer aux primaires pour faire vivre ce débat?

Les choses sont déjà bien assez précipitées comme ça. Il n'est pas question que je m'aligne sur un calendrier totalement décalé.

Rémi Féraud, c'est qui ça ?

Ce quadra, diplômé de l’École supérieure de commerce de Paris et de Sciences-Po (1995), est maire du 10e arrondissement de Paris depuis 2008, à la suite de Tony Dreyfus qui s'est fait connaître comme avocat de la CFDT et des ouvriers de l’usine Lip de Besançon: un avocat septuagénaire qui est juge à la Cour de justice de la République.

Quant à Le Guen, il gagnerait à se faire oublier


Décembre 2011
: Toujours dans la mesure et le respect, Jean-Marie Le Guen , compagnon de Lang dans les virées avec Gbagbo, avait affirmé que la rencontre Sarkozy/Merkel sur la crise de l'euro, c'était "Daladier à Munich."


Si nos chers lecteurs et lectrices veulent encore le suivre, nous suggérons de le rechercher à son nom parmi les libellés, ci-dessous.

Florange: Edouard Martin (CFDT) accuse Hollande


Concertation: Ayrault ne veut pas "polémiquer" !

Fin de non-recevoir du Premier ministre

La lettre d'Edouard Martin à François Hollande rappelle que la responsabilité du Premier ministre est de "faire respecter l'accord".

Le leader CFDT d'ArcelorMittal de Florange y dénonce les "mensonges et absurdités" à propos de l'aciérie lorraine, dans une lettre ouverte adressée jeudi à François Hollande à qui il demande de ne "pas laisser les salariés être sacrifiés".

Sur RTL, Ayrault-Zéro déclare qu'il ne "veut pas rentrer dans ce genre de discussion, de polémique"
"J'ai une responsabilité, c'est de faire respecter l'accord qui a été passé" fin novembre, oppose-t-il, hautain.

"L'accord qui a été passé - je le rappelle c'est très important, il y a aujourd'hui des tas de gens qui se demandent s'ils ne vont pas être licenciés, sans aucune solution, et les chiffres du chômage le montrent - eh bien l'accord, c'est d'abord l'absence totale de plan social", a-t-il insisté.

"Ca concerne 630 personnes et ce sont ces personnes-là qui auraient pu être victimes de licenciement. Je ferai respecter cet accord et les organisations syndicales et leurs dirigeants le feront respecter, j'en suis convaincu. Il sera respecté, cet accord", a souligné le chef du gouvernement.

"Deuxièmement, il y a un investissement, effectivement de 180 millions, qui concerne la partie aval, pas les hauts-fourneaux, mais (...) le laminage et également l'emballage, et ces investissements n'étaient pas prévus et nous allons faire en sorte qu'ils soient respectés", a-t-il dit.


Nono Montebourg ne joue-t-il plus qu'un rôle d'appoint ?

Dès le 9 mai, les métallurgistes lorrains d'ArcelorMittal ont écrit au nouveau président

Il leur avait rendu visite fin février, mais il avait fallu que le secrétaire CFDT de l'aciérie réclame une entrevue. "Il nous avait dit que s'il était élu président, nous aurions un entretien: nous lui avons donc demandé un rendez-vous", a expliqué Jacques Minet, de Florange (Moselle), où les deux hauts-fourneaux sont à l'arrêt.

Emploi: la CGT s'oppose au plus de flexibilité du gouvernement


La CGT contre une coalition gouvernement-Parlement  générant plus de flexibilité

Entente cordiale Parisot - Sapin
lors de la conférence sociale
de juillet 2012
Bernard Thibault a prévenu que la CGT sera "très mobilisée dès les premiers jours de janvier pour empêcher tout accord générant plus de flexibilité dans le marché du travail", dont les partenaires sociaux doivent rediscuter les 10 et 11 janvier.

"Je voudrais être persuasif [et modéré] à l'égard du gouvernement et des parlementaires: non seulement ce ne serait pas une bonne solution pour l'emploi, mais si des velléités de déréglementation se faisaient jour, la CGT s'y opposerait avec toutes ses forces", a mis en garde le secrétaire général de la CGT sur RMC-BFMV vendredi .

Syndicats et patronat ont échoué à trouver un accord avant la fin de l'année sur la "sécurisation de l'emploi", comme le souhaitait François Hollande, ont été appelés jeudi à la "responsabilité" par le ministère du Travail et à conclure les 10 et 11 janvier.
"Ca fait 25 ans qu'on nous explique qu'en précarisant, en assouplissant le code du travail, on va créer des emplois", "il n'est pas question d'accepter la théorie selon laquelle les licenciements d'aujourd'hui créent l'emploi de demain", a-t-il annoncé.

Le leader syndical dénonce

Alors qu' "une négociation s'est ouverte à la demande du gouvernement pour faire reculer la précarité, le MEDEF nous propose à l'inverse (...) d'ajouter de nouveaux types de contrats de travail et de faciliter les licenciements", précise Thibault .

"Le patronat s'est mobilisé pour convaincre le gouvernement", accuse-t-il. 
"Si j'avais un message pour 2013 aux salariés: 'ne restez pas spectateurs', il faut nous-mêmes exercer une pression pour que soient prises les bonnes décisions", a déclaré B. Thibault.

Il a également dit "douter fortement" d'une inversion de la courbe du chômage fin 2013, objectif fixé par le président François Hollande, alors que le nombre de demandeurs d'emploi ne cesse de grimper depuis 19 mois.
"Je n'ai pas de raison de douter de l'engagement ou de l'objectif", "par contre j'ai des éléments qui me permettent de douter fortement de la perspective d'avoir un inversement de la courbe du chômage en 2013 comme le président de la République l'a affirmé", a-t-il déclaré.

Pour lui, le changement promis par François Hollande "a été relégué à 2 années plus tard", ce qui engendre "surprise" et "déception" et laisse entendre que "la parole du MEDEF est plus influente que celle des organisations syndicales", gronde-t-il.

Le numéro un de la CGT a également souligné que "la CGT a remporté haut la main les élections dans les TPE", dont les résultats ont été publiés le 21 décembre, souhaitant que "le gouvernement ait entendu le message".

Et la CFDT, elle ne pense rien sur la flexibilité de l'emploi ?

jeudi 27 décembre 2012

Centrafrique: Paris doit sécuriser ses ressortissants

Paris a fait protéger son ambassade à Bangui attaquée mercredi par des manifestants

Les rebelles du Séléka sont les maîtres de la Centrafrique


Le président François Bozizé aurait "perdu le contrôle du pays" après deux semaines d'offensive

Au lendemain de Noël, la France s'est employée à protéger leurs ressortissants alors que F. Hollande était en vacances à Angers.

Les Nations unies et les Etats-Unis ont de leur côté annoncé mercredi le retrait "temporaire" de la République centrafricaine (RCA) de tous leurs employés jugés non indispensables et de leurs familles, soit 200 personnes pour l'ONU et un nombre non précisé pour les personnels de l'ambassade de Bangui et leurs familles.

Les renforts tchadiens sont le dernier rempart contre une avancée des insurgés vers la capitale.

Les secours militaires campent aux portes de Bangui à l'appel du président centrafricain.

Les rebelles de la coalition Séléka CPSK-CPJP-UFDR ont affirmé que "par mesure de sécurité et de protection des populations civiles, nous ne considérons plus nécessaire de mener la bataille de Bangui et d'y faire entrer nos troupes, car le général François Bozizé (...) a déjà perdu le contrôle du pays".
"Nous demandons à tous les fils et filles de Centrafrique, à tous les éléments de forces de défense et de sécurité encore fidèles au régime de François Bozizé (...) de déposer les armes immédiatement", ont ajouté les rebelles, après plus de quinze jours d'opérations et de conquête de villes.


Le Séléka ("Alliance ", en sango, la langue nationale) a déclaré lundi 24 décembre "l'arrêt de ses opérations" et demandé au président centrafricain François Bozizé un cessez-le-feu "en vue de favoriser la préparation du dialogue", se déclarant prêt à ouvrir un couloir humanitaire aux ONG.


La rébellion "se tient à la disposition des ONG afin d'organiser l'accès aux prisonniers" de l'armée régulière. Elle dit détenir "39 éléments (...) faits prisonniers de guerre".

Plusieurs centaines de personnes, proches du pouvoir ont lancé des projectiles sur l'ambassade de France à Bangui

Après avoir fait un sit-in devant l'ambassade des Etats-Unis, ils dénoncent ouvertement la passivité de la France.

VOIR et ENTENDRE le témoignage d'un observateur à Bangui:

Mercredi le gouvernement centrafricain a ouvertement lancé un "appel à la France" pour l'aider au dialogue avec la coalition rebelle du Séléka.

"Nous remercions la France d'avoir condamné les attaques rebelles, d'avoir pris position pour le dialogue inter centrafricain, et d'avoir proposé son appui à la concrétisation de ce dialogue", a déclaré le ministre centrafricain de l'administration du territoire Josué Binoua dans un communiqué qui fait suite à une déclaration en ce sens émanant de Paris.



Paris fait protéger ses ressortissants


Après les incidents aux abords de l'ambassade, le président François Hollande a demandé au ministre de la Défense "de prendre toutes les dispositions pour assurer la sécurité" des 1.200 Français vivant en Centrafrique et de l'ambassade.
"Ces mesures ont été mises en oeuvre dans les délais les plus courts et seront prolongées autant que nécessaire", a indiqué l'Elysée par communiqué.

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a confirmé que la représentation diplomatique a été "sécurisée" par une trentaine de soldats française et le calme rétabli.

Deux cents militaires français sont basés en Centrafrique, en majorité à Bangui.


Des manifestants protestent contre la passivité de Paris dans le conflit

"Nous sommes ici à l'ambassade de France, parce que c'est la France qui nous a colonisés. Mais la France a tendance à nous lâcher. On n'a plus besoin de la France, la France n'a qu'à prendre son ambassade et partir", gronde une manifestante amère.

Des jeunes ont jeté des projectiles sur l'ambassade dont ils ont cassé des vitres, ainsi que sur la représentation d'Air FranceLa compagnie aérienne française a fait faire demi-tour à son vol hebdomadaire Paris-Bangui.

L'ambassadeur de France à Bangui, Serge Mucetti, a déclaré que "le drapeau français a été descendu de son mât et emporté par des manifestants", qualifiant la manifestation de "particulièrement violente". 

Les forces en présence

Les effectifs et la puissance de feu de la rébellion demeurent flous.
Mais les insurgés se sont rapidement emparés de villes stratégiques, Bria (ville diamantifère du centre), Bambari (ville aurifère du centre sud), avant de prendre Kaga Bandoro (centre nord) mardi, s'approchant dangereusement de Bangui par le nord et par l'est. Ils ont pris les armes le 10 décembre pour réclamer "le respect" d'accords de paix conclus entre 2007 et 2011

Sous-équipée, démotivée et mal organisée,
l'armée régulière n'a opposé que peu de résistance.

Le contingent de l'armée tchadienne arrivé en renfort des militaires centrafricains doit servir de "force d'interposition" selon N'Djamena
Il s'est positionné sur le dernier axe routier menant à Bangui. Présents sur les deux derniers "verrous", Sibut (130 km de Bangui) et Damara (60 Km), les Tchadiens, rompus au combat et plus lourdement équipés, pourraient être le dernier rempart contre les rebelles.

N'Djamena, allié historique de François Bozizé, avait déjà envoyé ses troupes en 2003 pour l'aider à prendre le pouvoir, et à nouveau fin 2010 pour combattre des rébellions dans le nord.

La Centrafrique - 5 millions d'habitants - était engagée depuis 2007 dans un processus de paix après des années d'instabilité, de rébellions multiples, mutineries militaires et putschs.

VOIR et ENTENDRE un reportage de France 24, le 26 décembre 2012:

Au moins 2.000 personnes déplacées

Tout en affirmant vouloir négocier, comme l'ont demandé les chefs d'Etats d'Afrique centrale, la rébellion a continué à avancer, refusant de quitter les villes conquises sans un cessez-le-feu préalable, que le président centrafricain ne semble pas prêt à accorder.

Au moins 2.000 Centrafricains ont fui dans le nord de la RDCongo voisine  tandis qu'en Centrafrique même, des ONG humanitaires se sont inquiétées du sort des déplacés.

Aux origines du conflit

Le premier chef de l'État, Barthélemy Boganda (mort en 1959), considéré comme le père de la Nation centrafricaine, préconisait l'indépendance des colonies et la création d'un État d'Afrique Centrale unique, regroupant Gabon, Congo, Cameroun et Centrafrique, y voyant la seule solution permettant d'éviter l'éclatement de la région en territoires trop petits, non viables, et sans rôle à jouer sur la scène internationale. Il mourut dans un mystérieux accident d'avion.

Son successeur fut renversé fin 1965 par un coup d'État mené par le capitaine Jean-Bedel Bokassa qui se fit couronner empereur en 1977 avant d'être renversé en 1979. 

Son successeur fut à son tour renversé en 1981 par le général André Kolingba, qui établit un régime militaire et se maintiendra au pouvoir jusqu'en 1993, année où, suite au sommet de La Baule, les premières élections multipartites ont lieu et Ange-Félix Patassé, aujourd'hui décédé, est élu président de la République.


Après une nouvelle série de troubles et malgré l'intervention de la communauté internationale (MINURCA), en 2003, le général franc-maçon (GLNF) François Bozizé, né au Gabon de Omar Bongo, réussit, avec l'aide de militaires et miliciens tchadiens, son nouveau coup d'État et renverse le président Patassé. Le général Bozizé chasse alors les rebelles congolais, auteurs d'innombrables exactions, notamment autour et dans Bangui.


Lors de l'élection présidentielle de mars 2005, plusieurs candidatures furent éliminées par la médiation gabonaise, puis seule la candidature de l'ancien président Ange-Félix Patassé fut définitivement rejetée par la commission électorale constituée par les accords de Libreville (Gabon).


La chute de Bozizé entraînerait la montée au pouvoir en RCA d'une coalition qui compte en son sein des groupuscules tchadiens, lesquels pourraient y constituer une base pour un futur front contre Idriss Deby, président tchadien dont le le régime, soutenu par les Français, est harcelé et par les rebelles tchadiens du Commandement militaire unifié (CMU , une coalition d'opposants désunis
) et par des rebelles venus du Soudan.

Des violences interconfessionnelles se multiplient

En 2011, elles ont fait une dizaine de morts à Bangui. Elles visaient des musulmans après la découverte du corps de deux garçonnets (4 et 5 ans) dans le coffre du véhicule d'un musulman.