

Sauf surprise, le Premier ministre suivra les grandes lignes des recommandations de la mission parlementaire sur le tabac, qui s'est prononcée mardi pour une interdiction totale au plus tard le 1er septembre 2007 dans tous les lieux publics. Mais selon certaines sources, le gouvernement pourrait permettre des aménagements, le temps pour ces lieux de mettre en place, s'ils le souhaitent, des fumoirs "hermétiquement clos". France Soir affirmait de son côté samedi que l'interdiction interviendrait en deux temps, au 1er janvier 2007 puis au 1er janvier 2008, pour les cafés, hôtels, restaurants et discothèques, ce qui n'était aucunement confirmé dans l'entourage du chef de gouvernement.
Alors que Jacques Chirac a fait de la lutte contre le cancer l'un des grands chantiers de son quinquennat, une telle interdiction est politiquement peu risquée, 70 à 80% des Français y étant favorables selon les sondages. Les esprits ont été préparés avec la loi Evin de 1991, qui a restreint fortement les possibilités de fumer, au travail notamment, alors que les dangers du tabagisme passif ont été largement médiatisés : 3 personnes en meurent chaque jour en France.

Une telle interdiction devrait marquer un tournant important dans l'histoire des politiques de santé publique en France et le gouvernement doit aussi gérer la grogne des professionnels. Pour déminer le terrain, le ministre du Commerce a d'ailleurs annoncé jeudi de nouvelles aides financières aux buralistes.
Mais l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie affirme que le secteur va "droit à la catastrophe" et craint "une baisse de fréquentation de 20 à 30%" dans les restaurants. Pas de problème pourtant si tel restaurant est tout fumeur et tel autre tout non-fumeur : ce serait tellement plus clair. Récusant l'argument du combat contre le tabagisme passif dans les lieux publics, l'Umih estime que 90 à 95% des victimes le sont à leur domicile. Et alors ?
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