POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

jeudi 25 novembre 2010

Eric Cantona: appel d'un nanti à faire la révolution

L'esprit frappeur du football n'y va pas de main morte

Les footballeurs ne sont pas des 'minus habens' ?


Les Bleus n'avaient pas fini de nous débecter écoeurer
Le 16 novembre, L'Equipe dénonça les insolentes exigences des Bleus
Le quotidien sportif révéla en effet que les joueurs de l'équipe de France n'avaient pas renoncé à "garder" leurs primes du Mondial-2010, malgré le fiasco du mondial sud-africain: des prestations minables, un état d'esprit d'une indécence inouïe et un comportement rebelle indigne du maillot.
Avec une abnégation ô combien émouvante, Patrice Evra, ex-capitaine des Bleus, au nom de toute l'équipe, finit par se résoudre à renoncer à ces sommes, au risque d'aller pointer aux Restos du Coeur.

Tenez-vous bien: des primes de droit à l'image
Les 23 joueurs de l'équipe de France avaient réclamé ce qu'ils croyaient encore être leur dû. Mais le président par intérim de la FFF, Fernand Duchaussoy, dément! Il parle au nom des joueurs: Evra étant sans doute blessé aux adducteurs. "Les joueurs confirment l'engagement pris lors de la Coupe du monde de renoncer aux primes de quelle que nature que ce soit..." Le contraire nous aurait étonnés...

C'est de bon coeur qu'ils feront une bonne oeuvre

"Les joueurs approuvent la démarche de la Fédération française de football, consistant à affecter ces primes, soit un montant global approximatif de trois millions d'euros, au financement d'actions dans le football amateur", a ajouté M. Duchaussoy. Alou Diarra, qui penchait pour reverser les sommes en question à des oeuvres humanitaires, a dit qu'il voulait "faire une bonne action, et c'est une bonne action". Domenech, son insatiable amour de l'argent du foot
A défaut de buts, il sait comment faire rentrer l'argent

La question des primes, et surtout l'étalage dans la presse de leurs montants indécents, ont passablement irrité le brousailleux sourcilleux Raymond Domenech. Ce brillant sélectionneur de l'équipe de France -que la planère foot ne nous envie pourtant pas- était d'ailleurs mieux traité encore que les joueurs. Par accord, il devait toucher une double prime (environ 260.000 euros) en plus des quelque 822.000 euros déjà empochés pour 2008-09.

Interrogé en juin dernier sur les 390 000 euros que toucheront les vingt-trois Bleus en cas de victoire finale en Afrique du Sud et la possibilité que les joueurs de l'équipe de France puissent à l'avenir jouer bénévolement, le sélectionneur crie misère, répondant qu'il était «dépassé» par le fait que le sujet puisse être déballé en public. « Et l'Espagne (qui touchera plus de 500 000 euros si elle remporte le Mondial), vous n'en parlez pas ?, s'est-il emporté, en d'autres temps plus hautain et sarcastique. Moi, je vous parle amour du foot et amour du jeu. Ça, c'est l'autre page, celle des people. Toutes les équipes ont des primes, ce n'est quand même pas moi qui l'ai inventé
Au risque de «choquer les gens», Florent Malouda a d'ailleurs affirmé ne pas trouver «choquant» -justement- qu'une telle somme puisse récompenser le parcours des Bleus. Si on ne parle pas de la découverte du vaccin contre le sida, « on parle quand même d'une victoire en Coupe du monde... Si je la gagne, je serai bien content d'avoir une telle prime». Le milieu de Chelsea ne se dit pas opposé à l'idée de jouer bénévolement. «Si tout le monde le fait...»
Puis, à la mi-novembre, à la suite du président de la FFF, le milieu de terrain Florent Malouda déclara: "Ca clôture cet épisode, il n'y a pas eu de rapport de forces, il s'agissait juste d'acter les choses par un document écrit qui fait que la Fédération peut travailler sur des actions concrètes. On savait qu'on allait tenir parole, maintenant c'est fait." L'honneur est sauf...
Alou Diarra, qui penchait pour reverser les sommes en question à des oeuvres humanitaires, a dit qu'il voulait "faire une bonne action, et c'est une bonne action". "On s'est consultés, on pense avoir pris la décision la plus logique", s'est-il satisfait.

Ray Domenech réclame des indemnités pour ses faux frais
Le foot amateur va rouler sur l'or
Licencié par la FFF pour faute grave en septembre 2010, Raymond Domenech a saisi le tribunal des Prud'hommes afin d'obtenir des indemnités, comme l'a confirmé son avocat Me Jean-Yves Connesson. «Nous réclamons 2,9 millions d'euros, en deux blocs [à tempérament ?], un premier au titre des indemnités de licenciement - 400.000 euros avec des rappels de salaire - et un second [400.000 euros] au titre de réparation du préjudice professionnel et moral, évalué à trois ans de salaire», a détaillé son défenseur.

Mesquine, la Fédération a notifié trois griefs à l'encontre de Domenech, selon Me Connesson:
- avoir refusé de serrer la main de Carlos Alberto Parreira, sélectionneur de l'Afrique du Sud ;
- ne pas avoir averti Jean-Pierre Escalettes, alors président de la FFF, des insultes de Nicolas Anelka ;
- avoir lu le communiqué des joueurs grévistes rebelles, le 20 juin à Knysna.
La banque de Raymond Domenech est une excellente adresse pour Eric Cantona.

Cantona veut saigner les banques à blanc

Les Bleus vont devoir se trouver des paradis fiscaux nouveaux

Eric-la-menace
Une vidéo d'Éric Cantona (ci-contre en noeud papillon révutionnaire), sur le Web depuis début octobre, suscite un buzz avec un appel à vider chacun nos comptes bancaires. Réalisé pendant un entretien au journal régional Presse Océan, le clip sous-titré en plusieurs langues a été visionné par plusieurs dizaines de milliers de personnes.
"Au lieu d'aller dans les rues faire des kilomètres (pour manifester), tu vas à la banque de ton village et tu retires ton argent", lance-t-il dans cette vidéo.

La méthode Cantona: "la révolution se fait par les banques"
"Pour parler de la révolution, on va pas prendre les armes, on va pas aller tuer des gens. Il y a une chose très simple à faire (...). Le système est bâti sur le pouvoir des banques. Donc il peut être détruit par les banques", y explique savamment l'ancienne star de Manchester United.

Le mentor de l'esprit frappeur du foot pourrait être Martin Hirsch
"Et s'il y a 20 millions de personnes qui retirent leur argent, le système s'écroule : pas d'arme, pas de sang, rien du tout. À la Spaggiari ", dit-il avec un sourire ironique en référence au truand auquel est attribué le "casse du siècle" d'une banque à Nice en 1976. "Trois millions, dix millions de gens et là il y a une vraie menace. Et là il y a une vraie révolution. La révolution se fait par les banques", poursuit le footballeur, parrain d'une campagne de la fondation Abbé Pierre sur le "mal-logement" en France.


Ou Ken Loach (ci-contre) a pu formater le footeux: en 2009, le réalisateur de cinéma avait soutenu Olivier Besancenot aux Régionales
Lien Nouvel Obs


Cantona pourrait-il réussir là où peine la crise économique internationale ?
Sur une page du réseau social, quelque 12.000 supporters de l'appel de Canto affirment vouloir participer à l'événement spécialement créé "Révolution ! Le 7 décembre, on va tous retirer notre argent des banques."

Psychose
Ces mercenaires nantis délocalisés pourraient bien retirer leurs économies de la Caisse d'Epargne !
Nos vertueux spécialistes des bonnes actions, Evra, Malouda et Domenech, préféront-ils sauver l'Ecureuil, espèce en voie de disparition menacée par un nouveau prédateur de l'épargne populaire, le Che-Cantona.

Moscovici réagit à la cabale menée par Aubry pour neutraliser Royal

Moscovici : "DSK ne se laissera pas enfermer dans une image droitière"

Le PS a tenu mardi la première réunion de son Comité national d'organisation des primaires: un 'soupçon' débordé ! Membre du CNOP, le député du Doubs fixe le cap.

Le Point.fr :
Faut-il avancer la désignation du candidat à la présidentielle, comme le réclament de nombreux cadres du PS ?
Pierre Moscovici
: Le calendrier qui prévoit l'élection du candidat en octobre 2011 est le bon. Il ne faut pas y toucher. Qui dit primaires dit nécessité d'une proximité avec l'élection présidentielle pour conserver la dynamique et pour que la mobilisation des millions d'électeurs se poursuive. Ceux qui souhaitent avancer le calendrier plaident que la droite s'est déjà mise en marche en vue de 2012. Je la trouve plutôt divisée. En fait, le seul effet d'un avancement du calendrier serait de troubler tel ou tel candidat... Je ne vois pas d'autres raisons...

D'autres candidats comme Dominique Strauss-Kahn ? Doit-il dévoiler son intention pour éviter que le PS soit suspendu à cette question ?
Tout le monde doit s'armer de patience, d'autant qu'il n'y a aucune raison d'être impatient. Restons calmes et sereins. Les sondages ne sont pas uniquement bons pour nous parce que Sarkozy flanche. Ce qui compte, c'est d'être constructifs dans notre proposition, solides dans notre opposition et offensifs dans la bataille politique. Le calendrier prévoit le dépôt des candidatures en juin. Respectons-le. Ne créons pas les conditions d'un psychodrame. Ne soyons pas fébriles.

Qu'avez-vous retenu du passage à Paris de Dominique Strauss-Kahn la semaine dernière ?
J'ai retenu un message : Dominique Strauss-Kahn est de gauche et ne se laissera pas enfermer dans une image droitière.

Vous-même serez candidat si Dominique Strauss-Kahn ne l'est pas ?
Je me suis toujours exprimé de manière très claire, ce qui a le mérite de ne pas être hypocrite. Je souhaite que ma sensibilité sociale-démocrate soit présente lors des primaires. Dominique Strauss-Kahn est de loin le mieux placé pour la représenter. S'il ne revient pas, je serai candidat.

Pensez-vous que la déclaration d'Arnaud Montebourg est opportune à sept mois du dépôt des candidatures ?
Je trouve qu'il est normal et sain qu'il y ait plusieurs candidatures. Ce qui compte, c'est que les primaires soient bien organisées, qu'elles créent un appel d'air, que l'égalité et l'équité entre tous soient garanties, qu'il s'agisse d'un candidat petit ou grand, jeune ou moins jeune... Ces primaires ne doivent pas être des primaires de confirmation. Maintenant, si la pluralité est une bonne chose, elle devient mauvaise lorsque la situation tourne aux petits meurtres entre amis. Il faut à tout prix éviter cela. La confrontation vigoureuse, on l'a vue avec l'exemple de Barack Obama et Hillary Clinton aux États-Unis, fonctionne si le rassemblement immédiat et complet du parti autour du candidat désigné s'organise. D'où l'importance de mettre en place une charte éthique.
L'éthique des vertueux est menacée. On en est là, au PS...
La belle découverte que voilà !

Fillon, sa déclaration de politique générale et sa fidélité au Président

Un discours respectueux des directives présidentielles

L'opposition s'étonnera que le Premier ministre ne fasse pas de révélations fracassantes dans ce discours aux députés !
La gauche en est surtout pour ses frais: l'émancipation de François Fillon - voire sa prise de pouvoir - n'aura été que fantasme de l'opposition.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,


Depuis mai 2007, j'ai l’honneur de servir notre pays sous l’autorité du Président de la République en m’appuyant sur une majorité à laquelle je voudrais ce soir, rendre hommage. À l’approche d’échéances électorales importantes, tout pouvoir est tenté par la prudence et par le jeu des apparences. Le Président de la République s’y est refusé, la persévérance politique étant à ses yeux le choix le plus conforme à l'intérêt national.

Il m’a chargé de diriger le nouveau gouvernement. C’est un gouvernement d’action qui a un double mandat. Le premier, c’est de mettre en œuvre l’engagement de 2007 de bâtir une France moderne. Le second, nous ne l’avons pas recherché, mais c’est celui que nous avons reçu de l’Histoire et il consiste à gérer la pire crise économique depuis la Grande Dépression de 1930.
Cette question de confiance s’inscrit au cœur de ce double mandat. Il ne s’agit pas d’improviser un chemin insolite. Il ne s’agit pas non plus de vous détailler l’agenda des dix-huit mois. Il s’agit de tenir ensemble un cap ! « On ne va pas au vrai par une route oblique », écrivait Victor HUGO.
Ma question est directe : voulons-nous encore et toujours moderniser la société française ?

Les pièges de la crise, le brouhaha des oppositions, les caprices des sondages étoufferont-ils notre volonté réformatrice ou seront-ils, au contraire, les sources d’une détermination renforcée ? Certains voudraient nous voir temporiser, rompre et nous renier.
Renier ce que nous avons fait ?
J’assume notre bilan parce que ceux qui esquivent leurs responsabilités ne méritent pas d’être aux responsabilités !
Et d’ailleurs de quoi pourrions-nous rougir ? D’avoir réformé les universités ? D’avoir réformé les retraites ? D’avoir rééquilibré nos institutions ? D’avoir instauré le service minimum ? D’avoir stoppé la spirale de la délinquance ? D’avoir réussi le Grenelle de l’environnement ? D’avoir affronté avec succès la pire chaîne d’avanies qu’un système capitaliste puisse produire ? Faudrait-il maintenant marquer le pas pour nous faire pardonner d’avoir agi malgré les protestations ?

Mesdames et Messieurs les députés, ce serait à coup sûr susciter le mépris de nos concitoyens. Quand on sert l’intérêt général, on ne s’excuse pas de son courage. Et quand on sert l’intérêt général, l’impopularité d’un jour peut devenir l’estime du lendemain.
Rompre avec le mouvement ? Il ne peut pas en être question parce que notre indécision serait une revanche de la peur. Cette peur du changement qui nous a longtemps conduits à célébrer la théorie du « ni-ni » et à louer celle du « temps laissé au temps ». Cette peur dont nous avons réussi à délivrer le pays, et cela avec l'appui des Français eux-mêmes, qui, bien souvent, ont accompagné ces évolutions avec lucidité.
Alors oui, contre vents et marées, dans le calme et la tempête, contre les conservatismes et pour vaincre les peurs, l’élan de la réforme est intact !
Parce que l’économie mondiale doit être mieux régulée, parce que notre économie doit être plus compétitive, parce que l’emploi doit être soutenu, parce que nos déficits doivent être réduits, parce que nous avons le devoir d’assurer le bien-être de nos aînés en finançant le coût de la dépendance, je vous le dis, nous allons continuer à réformer !
Le progrès, c’est une longue marche qui exige la ténacité et la vérité.
Nous nous battons avec les réalités d’un monde nouveau traumatisé par une récession brutale. Avec vous, nous avons maîtrisé ce choc.
Ensemble, nous en avons cantonné l’impact pour les Français en réussissant à limiter la récession à 2,6 % contre 4 % en Europe et à tenir le chômage en dessous du seuil de 10 %. Ensemble, nous en avons enrayé la dynamique mortelle en Europe en sauvant le système financier, puis la Grèce, puis aujourd'hui l’Irlande.

Mais, Mesdames et Messieurs les députés, la crise n'est pas finie. Elle continue de muter. L’Europe est menacée de stagnation et la crise du surendettement n’est pas encore jugulée.
Mais surtout – et c’est certainement le plus important –, cette crise a accéléré le basculement du centre du monde vers l’Asie et toute la hiérarchie des rapports de force issue du XIXe siècle est en train de se redessiner.

La Chine est devenue, en 2010, la deuxième puissance économique du monde, dépassant le Japon. Elle est devenue le premier exportateur mondial et elle a ravi aux États-Unis la place de premier exportateur de produits de haute technologie.
Avec 84 millions de diplômés de l’université, l’usine du monde s’apprête à devenir le laboratoire du monde. Et il nous faudra attendre plusieurs décennies pour que le développement intérieur du pays crée les conditions d’une concurrence plus équilibrée.
L’Inde, le Brésil avancent, eux aussi, à marche forcée et ce sont des continents entiers qui se dressent et qui nous défient.
Déjà, les États-Unis en souffrent. Alors comment ne serions-nous pas fouettés par ce vent de l’Histoire ?

Dans ce contexte, notre but, c’est la maîtrise de notre souveraineté, c’est la maîtrise de notre liberté. La liberté d’être nous-mêmes, la liberté d’agir par nous-mêmes en suivant nos valeurs. La liberté face à une compétition qui dépossède de leur destin les pays insouciants. Ni indulgence, ni relâchement, ni immobilisme, la réforme reste indispensable.

Avec une dette de 1 600 milliards d’euros, la France ne dispose pas de trésor caché pour se dispenser de ses efforts.
Tous ceux qui multiplient les promesses sont condamnés à les renier. Et j’invite l’opposition à méditer l’avertissement de Charles PÉGUY quand il disait : « Le triomphe de la démagogie est passager mais les ruines sont éternelles » Pour tout dire, ceux qui sèment des illusions récolteront des désillusions.
Maintenant, la bataille de la croissance est commencée.
Je dis aux Français que la reprise est amorcée. Notre taux de croissance en 2010 sera supérieur à 1,5 % et la cible de 2 % en 2011 est clairement à notre portée. Mais il nous faut encore accentuer notre compétitivité économique et scientifique. Il faut nous libérer des déficits pour maintenir les taux d’intérêt à un niveau aussi bas que possible et pour retrouver des marges de manœuvre. Il faut continuer de rénover notre héritage social et non pas faire de nos droits acquis le matelas de notre léthargie.
C’est ainsi et seulement ainsi que la solidarité et l’égalité des chances seront préservées. Il faut trouver, avec notre principal partenaire européen, l’Allemagne, la force d’entraîner l’Europe et construire une gouvernance économique de la zone euro. Pour cela, notre crédibilité économique et financière doit être aussi solide que celle de nos voisins qui ont pris, eux, dix ans d’avance sur nous en termes de réformes.
Il faut enfin – et c’est la mission que le Président de la République s’est assignée en prenant la présidence du G20 –, il faut enfin repenser la gouvernance mondiale, renforcer la régulation financière, lutter contre la volatilité des matières premières, ordonner les distorsions monétaires. Vaste ambition, diront les plus sceptiques.
Mais est-ce qu’ils ne disaient pas déjà la même chose lorsque Nicolas SARKOZY réveilla le G20 en pleine tourmente financière ?

La France va se battre pour convaincre ses partenaires qu’un monde mieux équilibré et mieux régulé est nécessaire et elle sera ainsi fidèle à son message universaliste. C’est ce message qu’avec Michèle ALLIOT-MARIE et Alain JUPPÉ nous assumerons par la diplomatie mais aussi par la force des armes lorsque cela est nécessaire.
En Afghanistan, nous poursuivrons notre stratégie de sécurisation, de reconstruction et de responsabilisation des autorités afghanes. La lutte contre la prolifération nucléaire nous conduira à maintenir la pression sur l’Iran. Le renouvellement de la stratégie de l’OTAN décidé au sommet de Lisbonne doit être l’occasion de poser enfin les fondations d’un système de sécurité collective qui ira de l’Atlantique jusqu’à l’Oural. Le sort de nos otages nous mobilise inlassablement. Au terrorisme, nous opposons une vigilance permanente et la force de caractère de la République.
Tous ces objectifs, tous ces défis, exigent de la cohérence et du courage politiques.

Depuis longtemps, je crois à la nécessité de la continuité pour adapter notre pays en profondeur, sans à-coup, sans psychodrame.
Je crois à la durée. Je crois à la sérénité républicaine !

Les allers-retours, Mesdames et Messieurs les députés, fragilisent l’action publique. Ils nourrissent la suspicion des Français à l’égard de leurs représentants. Les zigzags éreintent la démocratie et fragilisent la démocratie sociale.

En tenant bon sur la réforme des retraites, nous avons réaffirmé l’autorité de l’État et la légitimité du Parlement. Et ce faisant, nous avons clarifié les conditions d'un dialogue social responsable. Après le temps des désaccords, le temps du dialogue pragmatique est revenu. La loi du 20 août 2008, relative à la rénovation du cadre de représentativité, a amorcé un changement du paysage syndical.
Ce sera la clé d’un nouveau réformisme social que je suis prêt, avec Xavier BERTRAND, à soutenir de toutes mes forces. Mais la prochaine étape devra être la révision des règles de la représentativité patronale. Et nous aurons ainsi conforté la légitimité de l’ensemble des partenaires sociaux.
Notre première priorité, c'est la croissance au service de l’emploi. Quelles en sont les conditions ?
D'abord, il faut renforcer la compétitivité. Nous avons un socle pour le faire.

Nous avons, avec Valérie PÉCRESSE, donné aux universités le pouvoir de se battre à armes égales dans la bataille de l’intelligence ; avec Christine LAGARDE, nous avons supprimé la taxe professionnelle et triplé le crédit impôt-recherche ; avec Bruno LE MAIRE, nous avons protégé l’avenir de la filière agricole ; nous avons posé les bases d’une politique de filière et nous avons restauré les conditions d’une politique industrielle que nous avions trop longtemps délaissée : le transport, l’aéronautique, la construction automobile, l’agroalimentaire, l’énergie nucléaire. Voilà les atouts de la France sur lesquels nous allons miser.

En décidant de consacrer 35 milliards d'euros aux investissements d’avenir, comme nous le proposait le rapport d’Alain JUPPÉ et de Michel ROCARD, nous allons renforcer ces secteurs stratégiques.

Mesdames et messieurs les députés, dans les prochains mois, plus d’une centaine de projets vont être sélectionnés.
Dix-neuf milliards seront affectés à l’Enseignement supérieur et la Recherche, 6,5 milliards aux filières industrielles et aux PME, 5 milliards au développement durable et 4,5 milliards à l’économie numérique.
D’un côté, ces investissements massifs pour aller chercher la croissance sur les segments les plus porteurs de l’économie, et de l’autre la rigueur budgétaire pour réduire nos déficits, voilà tout l’équilibre de notre politique économique.

Mesdames et Messieurs les Députés, nous ne devons pas nous payer de mots. Il n’y aura plus de dépenses publiques supplémentaires pour relancer la croissance. En revanche, nous avons le devoir d’offrir à nos entreprises des financements de long terme pour soutenir leur développement. Nous devons orienter l’épargne sur l’investissement de long terme et notamment en actions, et sur les projets d’intérêt général.
Plutôt que d’alimenter des bulles spéculatives, c’est là que l’ingénierie financière doit s’employer au soutien de l’économie réelle et de l’emploi.

Au sein de l’Union européenne, la France proposera dans ce sens la création d’un fonds européen de capital-risque en faveur des entreprises innovantes, ainsi qu’un fonds européen des brevets pour valoriser les résultats de la Recherche.
Le développement durable constitue, lui aussi, un instrument de notre croissance. Les engagements du Grenelle de l’environnement seront intégralement respectés. L’écologie créatrice et non pas l’écologie punitive, cette écologie créatrice est une source d’emplois ! C’est le vecteur des technologies de demain ! C’est la marque d’une société qui sait valoriser ses ressources et qui ne gâche pas son patrimoine, et ce faisant, c’est un gage supplémentaire de l’attractivité de notre territoire. C’est ce message que Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET portera lors des négociations de Cancun.

Comment renforcer notre compétitivité sans parler de la fiscalité ?
Notre fiscalité, c’est un chef d'œuvre de complexité.
Au point d'en affecter l'efficacité et même l'équité. Nous avons le taux de prélèvements obligatoires à 4 points de plus que la moyenne européenne.
Et la fiscalité directe sur les entreprises est en moyenne supérieure à 5 points à ce qu'elle est chez nos voisins européens !
Au vu de ce constat, mon premier engagement : c'est qu'il n'y aura pas de hausse d'impôt.
Et ma seconde conviction, c'est que le statu quo est impossible ! Nous avons déjà fait beaucoup, avec le crédit Impôt/Recherche et la réforme de la taxe professionnelle. Nous allons continuer à agir, en nous tenant à trois principes : la fiscalité doit servir notre compétitivité; la fiscalité doit rechercher la justice, et la fiscalité doit être lisible, donc elle doit être aussi simple que possible.
Avec le boulier fiscal, nous avons cherché à limiter les effets d’une fiscalité inadaptée, mais il faut bien le dire, sans traiter le mal à la racine. Le Président de la République nous propose aujourd’hui de nous atteler à une réforme profonde de la fiscalité du patrimoine. Cette réforme, je veux d’abord dire qu’elle doit se faire à produit constant et dans le respect d’un principe cardinal de notre fiscalité depuis 1789 : que chacun contribue à proportion de ses capacités, parce que l’impôt, pour être légitime, doit être juste !

Nous apporterons une réponse avant l’été 2011 et nous le ferons à partir d'une réflexion d'ensemble avec nos voisins allemands.
Je dois dire d’ailleurs que de ce point de vue, ce qui se passe aujourd’hui dans la zone Euro, montre à quel point il y a une urgence à rapprocher progressivement les fiscalités des pays qui partagent la même monnaie ! La Cour des Comptes et l’Académie fédérale des finances allemande nous remettront un diagnostic comparé en janvier 2011. Et c’est ce diagnostic qui sera la base d'un travail législatif que nous mènerons sans a priori.

La gestion rigoureuse de la dépense publique, c’est la seconde condition de la croissance. Nous avons tracé, avec le programme de stabilité et la loi de Programmation des finances publiques que vous avez votée, la ligne de cet effort de redressement. Alors que le déficit atteint 7,7 % du PIB en 2010, nous reviendrons à 6 % en 2011, à 4,6 % en 2012, à 3 % en 2013 et à 2 % en 2014. Cette trajectoire vertueuse exige une mobilisation sans faille ! Une mobilisation de l'Etat, bien sûr, mais aussi une mobilisation des régimes sociaux et des collectivités territoriales.
Dans ces conditions et seulement dans ces conditions, la dette publique sera stabilisée à partir de 2012 et elle commencera à décroître ensuite.

Pour ce qui concerne l'Etat, j’ai arrêté un budget pluriannuel 2011-2013, qui repose sur la stabilisation en euros courants des dépenses hors dette et hors pensions sur toute la période. Cette norme s'applique aussi, vous le savez, aux transferts de l'Etat vers les collectivités territoriales, qui sont gelés en valeur. Sur les effectifs, nous poursuivrons, avec François BAROIN et Georges TRON, la politique de non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux, initiée au début du quinquennat. Chaque année, les effectifs de l'Etat diminuent ainsi de plus de 30.000.

Mesdames et messieurs les députés, nous avons l’administration la plus importante en Europe ! Nous pensons que nous pouvons gagner, avec elle, en qualité et en productivité.
Au lendemain de l’ouverture du congrès des maires, je veux dire mon attachement à un dialogue constructif avec tous les élus. La France des territoires, de métropole et d’Outre-mer, la France des espaces ruraux façonne notre nation.
Je mesure les efforts que le gouvernement demande aux élus locaux de partager. Je veux poursuivre avec eux un dialogue approfondi, dans le cadre de la conférence des exécutifs, parce qu’il n’y a pas d’un côté, Paris et de l’autre, les territoires ! Il n’y a qu’une France qui vit, à tous les niveaux, l’exigence de l’effort et de l’efficacité au service des Français !

Nous souhaitons inscrire dans notre Constitution des principes garantissant la maîtrise des finances publiques. Le gouvernement saisira donc prochainement les groupes politiques d'un document d’orientation, afin que nous regardions ensemble si un consensus peut être atteint sur cette question.
Tous ces efforts sont concentrés autour d’un choix politique que nous assumons : c’est le choix de la vertu budgétaire, au nom de notre indépendance, au nom des solidarités de demain, au nom des familles qui s’agrandissent, au nom de l’avenir que nous écrivons aujourd’hui.

On a beaucoup parlé de la jeunesse ces derniers mois et de sa peur de l’avenir. Dissiper cette peur, c’est d’abord alléger le fardeau de la dette qui pèse au dessus de chaque berceau.
C’est aussi, avec Luc CHATEL et Frédéric MITTERRAND, rappeler que la République ne baisse pas ses prétentions en matière d’éducation, de formation et de culture. La réforme du lycée, le soutien personnalisé, le socle commun, et le respect des enseignants sont pour nous au cœur de l’égalité des chances.
Dans un monde qui change à toute allure, il est vrai que la jeunesse peut se sentir désemparée, comme isolée au sein de sa génération. Nous lui disons que ce malaise n’est pas le résultat des changements que nous avons initiés, mais de l’immobilisme au sein duquel nous avons longtemps baigné !
Pour dégager des perspectives nouvelles, nous avons fait le choix du mouvement, nous avons fait le choix de concentrer les efforts de la nation autour de la recherche, du travail, de la rénovation sociale, de la reconnaissance des talents. L’Histoire dira si nous avons réussi, mais qui pourrait, aujourd’hui, nous lancer la pierre en disant : « Ils n’ont rien fait » ?
Ceux qui ont pris la responsabilité d’entraîner des lycéens dans la rue pour défendre la retraite à 60 ans, ceux-là se rendent-ils compte de l’image dépressive qu’ils inculquent à des jeunes qui ont le devoir de saisir pleinement la vie ? Si la jeunesse est « désenchantée », comme le prétendent les observateurs, à qui la faute si ce n’est à nous, les adultes qui, depuis des décennies, peignons la France sous les visages de l’échec, de la honte de nous-mêmes, du catastrophisme, alors que notre pays reste celui de tous les possibles pour peu qu’on croie aux valeurs de l’audace, de la curiosité, de l’engagement !

Non, nous n’opposons pas l’efficacité économique, la rigueur budgétaire à la cohésion sociale. Dans la crise, tous nos dispositifs de solidarité ont été mis en action. Et s’il est juste de dire que les Français ont « serré leur budget », il est juste de dire aussi que nous les avons protégés du mieux possible.
Nos amortisseurs ont joué pleinement leur rôle, et je veux dire que la plupart de nos voisins n’ont pas eu le même privilège.
Même au plus fort de la crise, le pouvoir d’achat a progressé : +1,6 % en 2009, + 1,3 % en 2010. Du côté des prix, avec la loi de modernisation de l’économie, nous avons divisé par trois les marges arrière.
La hausse des prix dans la grande distribution a été ainsi conjurée.

Chacun sait, mesdames et messieurs les députés, que pour les familles, et notamment pour les classes moyennes, le logement constitue la première des dépenses. Depuis vingt ans, la contraction du marché de l’immobilier a fait bondir les prix. Il faut donc continuer de construire, de développer l’offre, de renforcer la transparence de ce marché. Avec 120.000 logements sociaux en 2009, jamais un gouvernement n’a autant fait !
Jamais, jamais ! Jamais non plus, nous n’avons autant fait pour l’accession à la propriété qu’avec le prêt à taux zéro renforcé qui sera mis en place au 1er janvier.
Nous allons renforcer notre politique de la ville, repenser et resocialiser les quartiers difficiles avec l’appui du monde associatif, tisser les liens du Grand Paris, poursuivre nos efforts sur l’hébergement d’urgence et sur l’accès au logement.
Maurice LEROY, Benoist APPARU, Philippe RICHERT ont pour mission de prolonger le Plan de rénovation urbaine en ciblant les opérations les plus urgentes, et en assumant des choix clairs, à l’opposé de la tentation du saupoudrage.
Comment aussi ne pas voir que nos réglementations pèsent par leur complexité même ? Et c’est particulièrement vrai en matière d’urbanisme. La sédimentation bureaucratique des textes et des procédures gagne si l’on n’y prend pas garde. Reprenons ensemble les chantiers de la simplification du droit et des procédures. Allégeons les impôts papier et les normes excessives ! Evaluons, revisitons notre droit pour que la loi soit mieux comprise, mieux appliquée et reflète toujours ce qu’elle doit être, c’est-à-dire l’expression de la volonté générale.

Mesdames et messieurs les députés, au coeur de la cohésion sociale, il y a l’emploi.
Pendant la crise, nous avons mis en place avec les partenaires sociaux des mesures exceptionnelles et massives. Cette politique a porté ses fruits.
Notre économie recommence à créer des emplois depuis le début de l’année. Nous devons aujourd’hui relancer nos politiques de l’emploi et progresser dans la voie de la flexisecurité. Il nous revient d’en fixer les objectifs, le calendrier, la méthode mais je veux dire que c’est aux partenaires sociaux d’en proposer et d’en définir les modalités et les outils.
Quels sont ces objectifs ? D’abord, garantir une meilleure insertion professionnelle pour les jeunes. Nous ne pouvons pas accepter un taux de chômage des jeunes qui reste depuis si longtemps bloqué à un niveau aussi élevé.
Leur parcours pour une insertion durable dans l’emploi doit être moins discontinu, plus rapide. Et nous savons tous que parmi les solutions les plus efficaces, il y a l’apprentissage et il y a l’alternance.
Parce que l’apprentissage et l’alternance assurent une insertion dans l’emploi à plus de 70 %. Aujourd’hui nous avons environ 600.000 jeunes en alternance. Et bien nous nous fixons l’objectif de doubler ce chiffre et pour ce faire, nous voulons engager avec les régions un dialogue constructif.
Il faut ensuite assurer une meilleure protection contre les ruptures des parcours et notamment en cas de licenciement collectif. Avec le contrat de transition professionnelle, nous avons un outil efficace de reconversion et d’accompagnement vers l’emploi. Et bien nous voulons harmoniser la convention de reclassement personnalisé et ce contrat de transition professionnelle, pour aller vers la généralisation de cet outil.
Enfin, je veux dire que le gouvernement sera très vigilant sur la mise en œuvre des accords d’entreprise ou de branche et des plans d’action en direction des seniors. Il est prêt à accompagner les initiatives que les partenaires sociaux voudront prendre. Ceux-ci ont d’ores et déjà indiqué leur intention d’ouvrir un chantier de l’emploi des jeunes et des seniors. Ils doivent également négocier une nouvelle convention d’assurance-chômage. Je leur fais confiance pour proposer de nouveaux outils sur ces points, la balle est dans leur camp.
Au début de 2011, nous pourrons ensemble fixer le contenu de ce que sera l’agenda social des prochains mois.

Avec l’emploi, la sauvegarde et la modernisation de notre système de protection sociale s’imposent à nous. Nous avons commencé avec la réforme des retraites. Avec Xavier BERTRAND et Roselyne BACHELOT, nous allons poursuivre. Nous ne devons pas laisser dériver les comptes de l’assurance maladie par démagogie. Nous ne pouvons pas esquiver sur cette question notre responsabilité collective. Nous lancerons une concertation nationale sur la protection sociale qui associera tous les acteurs, les partenaires sociaux, les professionnels de santé, les mutuelles, les assurances, les collectivités territoriales, au premier rang d’entre-elles les Conseils généraux.

Cette concertation devra examiner les voies et moyens de réguler les dépenses de santé, de fixer la part des régimes obligatoires et complémentaires et de diversifier les modes de financement. Cette Concertation nationale aura évidemment pour but immédiat de traiter la question de la dépendance. Le coût est estimé à 22 milliards d’euros et il devrait atteindre les 30 milliards dans les prochaines années. Le nombre des plus de 75 ans devrait doubler au cours des prochaines décennies. Il s'agira en premier lieu, de déterminer les besoins réels des personnes, d’examiner comment assurer le maintien à domicile des personnes âgées le plus longtemps possible. Il faudra ensuite sérier les pistes de financement : assurance obligatoire ou facultative, collective ou individuelle ?
C’est la concertation qui permettra de répondre à toutes ces questions, sans a priori et sans préjugé. La dépendance, Mesdames et Messieurs les députés, est un sujet majeur, c’est un sujet incontournable. Il a fallu plusieurs années de débats et de rapports pour que la question des retraites arrive à maturité dans l’opinion. Eh bien avec le Président de la République, nous voulons préparer le défi de la dépendance avant que l’urgence ne s’abatte sur nous.

Mesdames et Messieurs les députés, la force de notre nation ne réside pas seulement dans la résolution de ceux qui la dirigent. Elle naît et s’épanouit dans le cœur de chacun. Inscrire sa destinée dans un destin commun, donner à son pays autant que l’on reçoit de lui, transmettre à nos enfants un peu plus que ce que nos parents nous ont légué, intégrer et assimiler les étrangers qui rejoignent la communauté nationale, c’est là l’esprit du pacte républicain. Ce pacte nous savons tous qu’il est fragile et partout où l’Etat démissionne, l’incivisme et le désordre gagnent.
Notre volonté de rehausser les valeurs qui fondent la République française reste intacte.
Notre volonté d’endiguer l’immigration clandestine ne faillira pas !
Notre volonté de combattre l’insécurité n’est pas de circonstance parce que ce n’est pas le combat d’un jour et parce que cela ne peut pas être un combat politicien. La réponse policière et pénale doit s’adapter à des phénomènes alliant criminalité organisée, délinquance urbaine, trafics d’armes et de drogue.
Contre ces fléaux, l’efficacité de notre lutte dépend des forces de l’ordre dont je veux saluer le travail. Elle dépend des élus de terrain, les maires qui sont en première ligne ; elle dépend aussi de la capacité de la chaîne pénale à rendre effectif le principe d’exemplarité des peines sans lequel la récidive est quasiment assurée.

Le Président de la République a annoncé une série de mesures qui sont inscrites dans la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure portée par Brice HORTEFEUX. De Grenoble à Marseille, la démonstration est faite qu’aucun relâchement, aucune complaisance, ne sont possibles. Le défi est policier, il est judiciaire, éducatif, familial mais il est aussi moral. C’est toute une chaîne de responsabilité, de civisme, de respect mutuel que nous devons ensemble retendre. Le Parti socialiste se targue d’avoir fait sa mue sur les questions de sécurité. Après 20 ans d’indécision, 20 années aux cours desquelles la gauche refusa de regarder la réalité en face, eh bien j’attends toujours qu’elle joigne ses efforts aux nôtres.

Parmi les fondements de notre Etat républicain, il y a la justice, respect de la Loi, force du droit. Oui, c'est à partir de là qu'existe l'Etat de droit et que la démocratie peut vivre dans le respect de chacun. La Justice n'échappe pas aux mouvements du temps. Et parmi ceux-ci, une conception toujours plus exigeante des droits de la Défense qui amènera à revoir les conditions de la garde à vue. Ce texte, vous allez en débattre bientôt sur la base d'un projet ambitieux qui fait de l'assistance par un avocat en garde à vue un principe, tout en ménageant les nécessités de l'enquête. Des affaires récentes ont mis en lumière l'attention toujours vive que porte la société à la justice pénale. Rien de ce qu'elle décide ne lui est indifférent. Et plus que toutes autres, les juridictions pénales exercent l'autorité publique et garantissent l'ordre public. Le principe selon lequel, comme toute juridiction, celles-ci jugent au nom du peuple français est vécu avec une intensité particulière. Et cela justifie le rôle éminent du Parquet aussi bien que la présence des jurés aux assises.

Le Président de la République nous invite à aller plus loin. Le Garde des Sceaux ouvrira donc un large débat pour savoir comment renforcer ce lien entre le peuple souverain et sa justice pénale. Non pas par méfiance à l'égard des magistrats dont le professionnalisme et la haute conscience méritent notre respect. Mais pour que nos concitoyens se reconnaissent toujours mieux dans la Justice, pour éviter une sorte de schisme insidieux qui couperait le pays légal du pays réel. Quels délits peuvent donner lieu à des formations de jugement impliquant la participation d'assesseurs issus de la société civile ? Faut-il envisager un seuil de gravité ? Est-ce en première instance ou seulement en appel ? Ne faut-il pas aussi réfléchir au fonctionnement des assises ? Est-il nécessaire d'avoir toujours 9 jurés ou bien peut-on dans les cas les moins graves trouver une forme de participation populaire moins lourde ? Enfin, en matière de libération conditionnelle, lorsque le tribunal d'application des peines statue, ne devrait-il pas dans certains cas s'élargir à des non magistrats ? Bien sûr je ne méconnais pas les problèmes matériels que poseront ces évolutions, mais je veux dire que ceux-ci ne peuvent empêcher une réflexion de fond.

A ce stade, je ne veux préjugez de rien, mais je demande à la Représentation nationale d'aborder avec le gouvernement le débat sans a priori. L’esprit de justice, je le vois aussi dans la mise en œuvre des révisions de la Constitution votée par le Parlement en 2007 et 2008. La question prioritaire de constitutionnalité, Mesdames et Messieurs les Députés, est une avancée démocratique que la gauche n’a jamais osé engager en son temps. Eh bien, la loi organique sur le Défenseur des droits votée au Sénat en juin, sera inscrite à l’ordre du jour de votre Assemblée au tout début de l’année 2011, pour une mise en place au printemps. Et les deux dernières lois organiques attendues pour l’application des dispositions votées ont été transmises au Conseil d’Etat. Elles seront délibérées en Conseil des ministres avant la fin de l’année. Il s’agit du referendum d’initiative populaire d’une part et du nouveau régime de mise en cause de la responsabilité du Chef de l’Etat.

Monsieur le Président… C’est étonnant de voir l’impatience qu’il y a sur les rangs de la gauche, à voir mise en œuvre une réforme que la plupart d’entre eux, ont combattue et non pas votée.

Mesdames et messieurs les députés, depuis 2007, nous modernisons le modèle français. Notre espérance nous interdit de piétiner devant les difficultés ; d’être indulgents sur nos faiblesses et d’être inutilement divisés. Je refuse toute idée d’usure ou de pause. L’usure est la maladie du découragement et la pause c’est la marque des indécis.
Nous nous sommes depuis trop d’années bercés de la certitude de notre grandeur.
Nous nous sommes depuis trop d’années nourris de l’illusion qu’une croissance meilleure suffirait à remettre les choses à l’endroit. Sur le rivage du monde, nous avons attendu le retour des vents favorables en essayant de colmater les brèches les plus périlleuses.
Nicolas SARKOZY a proposé à la France d’assumer les réalités d’un monde qui peut nous déplaire mais qui est le nôtre. Il a proposé de reconstruire notre communauté nationale autour du travail. Il a donné la priorité à nos forces universitaires, scientifiques et à nos entrepreneurs. Et bien je suis persuadé que cette voie est la bonne. C’est la seule qui s’inscrit dans la fidélité de notre héritage. Les Français savent très bien à quel travail opiniâtre ils doivent le modèle social qui les protège, la culture qui les relie, les paysages qu’ils aiment, la République qu’ils chérissent. Ils savent ce qu’ils doivent aux générations passées, elles qui se sont battues pour la liberté et le progrès.
Nous sommes les héritiers de rêves acharnés. Je suis persuadé que ce rêve est vivant !

Les temps changent, les générations passent, mais dans ce Palais Bourbon, une voix persiste : c’est celle de l’unité de la nation. D’une nation qui s’est progressivement organisée autour de territoires, d’une langue, d’un Etat, pour devenir ce qu’est la France d’aujourd’hui : un point ardent dans la géographie du monde. Renoncer, douter, serait se parjurer devant l’Histoire. Ce serait laisser le terrain libre à tous ceux qui avancent des idées fausses et des fausses pistes, ces mirages désastreux que sont le partage du travail, la retraite le plus tôt possible, l’endettement sans fin, la diabolisation du capital, le protectionnisme.
Cesser d’avancer, ce serait oublier ce que nous avons fait et ce qu’il nous reste à faire. Notre marche n'est pas finie.

Nous devons pouvoir regarder nos concitoyens dans les yeux, parce que nous avons été fidèles à nos engagements. Nous devons les convaincre que le courage des réformes est plus protecteur que la quiétude de l'inaction. Nous devons être plus crédibles que nos détracteurs et cela exige droiture, solidité et unité.

Mesdames et Messieurs les députés, la confiance que je vous demande n’est pas une marque d’allégeance. Elle est la marque de notre fidélité, la marque de notre volonté, elle est la marque résolue de ceux qui, jusqu’au terme de leur mandat, agissent pour l’espérance et pour la France.

Ce texte est une base de références pour les victimes des manipulations de la 'presse infâme' et des
'chefs de bandes' (extrait -transposable- de l'éloge funèbre de Léon Blum à Roger Salengro - Lille, le 22 novembre 1936)

Aubry pourrait accorder 3 mois de sursis à Strauss-Kahn pour 2012

Pour barrer la présidente de Poitou-Charentes ?

Le PS est hyper-flexible

Le pacte secret entre Aubry et DSK a d'abord fuité
L
ien PaSiDupes
Puis, on a appris que Désirdavenir Royal avait infiltré cette alliance secrète
Lien PaSiDupes
Et voilà maintenant que la bouche en cul de poule de Martine Aubry se dilate en forme de coeur pour enterrer jusqu'au cou le principe de grandes primaires ouvertes.
Lien PaSiDupes
Pourtant approuvé par les militants du Parti Socialiste par referendum et en grandes pompes médiatiques, les concurrents auront bien trop d'un an et demi pour user de leur droit à s'aligner et à la boucler. On peine à imaginer quels sommets les injures et obscénités, de telles manoeuvres à droite auraient inspirés à la presse de gauche, légitimement indignée.

DSK, président et Aubry, Premier ministre ?

On ne connaît pas les termes du pacte
Des suintements depuis la Rue de Solférino avertissent que le PS pourrait accorder trois mois de réflexion supplémentaire à Dominique Strauss-Kahn. En allongeant le délai pour déposer les candidatures aux primaires présidentielles, l'équipe Aubry permettrait à DSK de se libérer de ses engagements au FMI. Il n'est pas exclu non plus qu'elle cherche à épuiser les challengers impatients de connaître les règles définitives du jeu et de pouvoir se lancer.

S'il voulait être candidat, Dominique Strauss-Kahn devrait quitter la direction du Fonds monétaire international (FMI), qui court jusqu'à fin 2012. Rallonger le délai des candidatures au PS lui offrirait un sursis, en pleine présidence française du G20.
Le calendrier de cette consultation chaotique, critiqué par certains "présidentiables" mais validé par les militants, prévoit – actuellement et jusqu'au prochain changement - un scrutin à l'automne 2011, avec dépôt des candidatures à partir du mois de juin. Or, il n'est fait mention d'aucune date limite.
Permettre d'être candidat jusqu'en septembre, "c'est une hypothèse", explique-t-on dans l'entourage de la première secrétaire Martine Aubry au soir de la première réunion d'une Commission nationale d'organisation des primaires (CNOP).
Allonger les délais, "c'est techniquement possible, mais on peut aussi les raccourcir", ajoute la même source, décidement très précise, renvoyant à la fin janvier pour le calendrier précis de la compétition.
Le Bureau national du parti, son exécutif, votera alors les dates définitives des primaires.

Les prétendants tempêtent

Cette disponibilité du PS à DSK fait bondir les proches de François Hollande, qui ont déjà beaucoup sacrifié et qui militent pour une accélération du calendrier et non un allongement de ce dernier au bénéfice, selon eux, d'un candidat privilégié.
"Certains voudraient que ce soit une longue période de dépôt des candidatures, englobant les vacances d'été pour laisser un peu plus de temps à Dominique Strauss-Kahn", rapporte un représentant de l'ancien premier secrétaire.
"Soit il ne sait pas encore s'il veut être candidat et donc il ne le veut pas suffisamment, soit il le sait, et alors il doit le dire aux socialistes et aux Français", analyse le député de l'Isère André Vallini dans Le Figaro de mercredi.

"L'enjeu mérite ce 'sacrifice'" consistant à abandonner le FMI, estime André Vallini qui insiste pour que le candidat soit désigné avant l'été.

Montebourg pérore à blanc
Le rapport sur l'organisation des primaires remis cette semaine par Arnaud Montebourg à la direction du PS recommande deux mois de campagne officieuse, en juillet et août, après le dépôt des candidatures qui serait clos en juin.
La campagne officielle débuterait lors de l'université d'été du PS, à La Rochelle, fin août - des options qui n'ont pas encore été débattues au sein du comité d'organisation installé mardi. La prochaine réunion est prévue le 14 décembre.

Tant de sollicitude épate les strauss-kahniens
Dans l'entourage de Dominique Strauss-Kahn, on relativise les joutes autour du calendrier, soulignant ne pas être "demandeur" de ce délai supplémentaire.
"S'il y va, de toutes façons, il ne finit ni le G20 qui court sur tout 2011 ni son mandat au FMI. Donc, on n'est pas à un mois près", souligne - en 'off' - un cadre anonyme du PS. "Ce n'est pas comme si on nous disait aujourd'hui: tout doit être plié en février".

La semaine dernière, sur France Inter, l'ancien ministre de l'Economie avait d'ailleurs expliqué qu'il se plierait aux dates et aux procédures imposées par son parti s'il décidait d'être candidat. Brouillant un peu plus les cartes, il a ensuite déclaré au magazine allemand Stern qu'il comptait aller jusqu'au terme de son mandat, en 2012.

Les égoûts refluent Rue de Solférino et ses locataires principaux auront toujours réussi à dresser un maximum d'occupants contre DSK.
Une curieuse conception de la "société du bien-être"...

mercredi 24 novembre 2010

La colère 'off' de Sarkozy met ses détracteurs 'out'

Savoir si les bêtes galeuses de la gauche sont aussi bêtes que galeuses

L'Express rapporte que Sarkozy a passé un savon aux journalistes

Vendredi 19 novembre, dans la soirée, Nicolas Sarkozy a dit leur fait aux journalistes au cours d'une rencontre informelle. Le chef de l'Etat rencontrait la presse pour évoquer l'Afghanistan, en marge du sommet de l'OTAN à Lisbonne, quand il fut interrogé sur les derniers rebondissements dans l'affaire de Karachi. Le président releva qu'il avait été présenté, à tort et avec malice, comme "le trésorier" du candidat Edouard Balladur, pour la campagne présidentielle de 1995. "Vous dites n'importe quoi, vous ne vérifiez rien", conclut Nicolas Sarkozy à l'adresse des journalistes. Une parole impertinente lèse-presse: le monde à l'envers !

Suite du récit, dans L'Express
La scène se passe à l'étranger...
« Une question précise lui a ensuite été posée sur son rôle spécifique à l'époque (ministre du Budget, puis porte-parole du candidat Balladur), après que Charles Millon eut évoqué l'existence de rétrocommissions. Et c'est là que les choses ont dégénéré, lorsque le président a ciblé, au second degré, le journaliste qui l'a interrogé: "Vous êtes un pédophile, j'en ai l'intime conviction, j'ai vu les services secrets mais je ne vous dirai pas lesquels, j'ai vu quelqu'un mais je ne vous dirai pas qui c'est, et c'était oral. Mais j'en ai l'intime conviction, vous êtes un pédophile!" En s'exprimant de la sorte, Nicolas Sarkozy voulait dénoncer ceux qui parlent sans preuve.
La conversation a été enregistrée sur le circuit interne du sommet. Après le debriefing, l'Elysée a fortement insisté, dès lors que la conversation était off, pour que les bandes soient totalement effacées... L'Elysée qui dément les propos relatés: "Jamais le président de la République n'a insulté un journaliste en le traitant de pédophile", conteste son entourage. »

Qui se frotte à la presse se salit

LePost fait du buzz avec de la bouse, en titrant: « 'Amis pédophiles, à demain' : ce qu'aurait dit Sarkozy aux journalistes ». Ils sont, semble-t-il, conscients d'un problème qui semble leur échapper, mais ils font leur miel de toute ambiguïté malsaine, dans laquelle ils excellent. (lien LePost)
LePost publit en outre l'article d'un collaborateur. Il est intitulé: «Colère off de Sarkozy : et si le président avait tendu un piège aux journalistes ? » Plus vicieux que LePost, connais pas !

LePost cite aussi Mediapart qui titre: «Sarkozy à des journalistes: «Amis pédophiles, à demain», le 22 Novembre 2010 (ce qui signe le copié-collé de LePost !). Le site payant d'Edwy Plenel accuse ensuite impunément en ces termes, qui en disent long sur son honnêteté: « En marge du sommet de l'OTAN à Lisbonne, Nicolas Sarkozy, interrogé en off sur l'affaire Karachi, a une nouvelle fois dérapé. » Le lecteur doit bien en rester à ces saines affirmations, puisqu'ensuite Plenel fait payer pour en savoir plus long, à défaut de vérité...

Les compilateurs de LePost, qui citent d'ailleurs ces deux sources (lien L'Express), n'ignorent donc rien de la réalité des propos tenus. Le site Internet avatardu journal Le Monde joue ainsi le jeu infâme de la presse malodorante de caniveau.

Le site Causeur relève le niveau

Voici son article (lien):
« C’est sans doute le plus grand drame qu’ait connu notre profession depuis les chiens mitterrandiens aux obsèques de Bérégovoy : ainsi donc, le président aurait traité des journalistes de « pédophiles ».
C’est grave, c’est même très grave. Sauf que ce n’est pas tout à fait vrai. Tout d’abord, un bref rappel des faits, comme on dit dans le poste : Vendredi soir, en marge du sommet de l’Otan à Lisbonne, un journaliste reprend, en off, les accusations de rétro-commissions lancées par DDV contre Nicolas Sarkozy. Lequel lui répond, aussi sec : « Et vous, j’ai rien du tout contre vous. Il semblerait que vous soyez pédophile… Qui me l’a dit ? J’en ai l’intime conviction. Pouvez-vous vous justifier ? ». Après avoir poursuivi sa démonstration devant un petit groupe de confrères, il a conclu l’entretien en lançant à la cantonade « Amis pédophiles, à demain ! ». La scène enregistrée par des techniciens portugais est aujourd’hui mise en ligne sur le site de nombreux journaux. Sans nous dire si c’est la version enregistrée par les techniciens zélotes de l’Otan qui défile ou si c’est un journaliste offusqué mais prévoyant l’a enregistré sur son iphone qui a balancé le fichier… Bref. Quoiqu’on en dise la conférence de presse off mérite quelques remarques.

Le « off », c’est notre secret de la confession à nous : gardons-le !
Primo : on est off, et le off a vocation à rester secret, tous comme les services du même nom (On verra plus tard que pour une fois, ma comparaison n’est pas gratuite). On accuse suffisamment –et à juste titre- les politiques de parler mieux la langue de bois que l’anglais, voire le français, pour ne pas tarir cette source-là. C’est notre secret de la confession à nous, par pitié gardons-le, ou alors faudra se contenter pour écrire nos papiers des pensums des attachées de presse ou des communiqués poétiques de Claude Guéant. Et ce faisant, il va falloir que nous autres, journalistes, on arrête aussi rapidement les blagues, les bourdes, les propos de comptoir et les rumeurs au bistrot ou dans les avions officiels avec ceux que l’on fréquente. L’outing de notre mauvais esprit risquerait aussi de faire des dégâts. Et d’atteindre notre crédibilité… Je sais de quoi je parle, j’aime les blagues. Surtout si elles sont mauvaises.

Secundo : on n’est pas dans le registre de l’injure ou de la dénonciation calomnieuse mais dans celui du cynisme ou de la métaphore un rien crispée et sans doute mal choisie. Mais dans la série Sarkozy est brutal-et-vulgaire, on a eu l’occasion de s’habituer je le crains depuis trois ans.

Tertio: s’il est raisonnable de penser que le président a chargé la barque pour être sûr de bien se faire comprendre, voire pour intimider un brin ses amis de la presse, on peut aussi estimer qu’il les a délibérément baladés. Il arrive que le journaliste soit parfois prévisible (si vous ne me croyez pas, ouvrez un canard au hasard) et il n’est pas exclu qu’en trente ans de vie politique, Nicolas Sarkozy ait eu le temps de s’en apercevoir. En leur servant cette provoc pur sucre, et en anticipant les réactions en chaîne qui allaient suivre, il a carrément dicté aux éditorialistes et à leurs supplétifs humoristes leurs copies du lendemain. Un peu, un peu beaucoup, même, comme il l’avait déjà fait au moment où il avait reçu les députés UMP début novembre, expliquant sa baisse de popularité par cette tirade : « j’ai un super job, une super femme, alors forcément les Français me le font payer », largement commentée dans les gazettes, sur le thème ce président se fout de nous (les journalistes surtout). Ce qui est sans doute vrai. [Ils ont ce qu'ils recherchent, non? La version Sarkozy de la réponse du berger à la bergère de la presse insolente, en quelque sorte ]

[Vient ensuite ce qui importe réellement]
Mais là, les enjeux sont autrement importants. A côté des 11 victimes françaises de l’attentat de Karachi, toutes les affaires que ce quinquennat a connues jusque là sont infinitésimales. Il n’est absolument pas certain que le roman-feuilleton des rétro-commissions pakistanaises et putativement balladuriennes ait comme uniques méchants les ex-balladuriens et comme chevaliers blancs, les ci-devant chiraquiens. Tout d’abord, parce que c’est avec les chiraquiens d’hier qu’on fait certains des meilleurs sarkozystes du jour (on pense à Juppé, mais Fillon a aussi quelques chromosomes chiraquiens). Et ensuite, il n’est pas dit que les supposés chevaliers blancs se retrouvent un jour au pilori, à force de coups tordus (Clearstream, vous vous souvenez ?).

Si rien n’atteste donc pour l’instant la culpabilité par raccroc des Balladur boys dans cette affaire, il est patent, en revanche, que le plus illustre d’entre eux est décidé à utiliser tout son pouvoir – qui n’est pas négligeable- pour la faire enterrer. Sinon comment comprendre son refus de déclassification de pièces classées secret défense, celui du président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer de prolonger la vie de la mission d’information parlementaire consacrée à l’attentat de Karachi, sans oublier le rejet de la demande du juge d’instruction Marc Trédivic de se voir confier les PV d’audition de ladite mission et la phrase du président de la République qualifiant les soupçons sur Karachi de « fables »… Les manœuvres et autres contrefeux n’ont pas manqué ces derniers temps.

Mais à la force, le président sait adjoindre la ruse. Un peu à la façon d’Alfred Hitchcock, qui commentant la scène du champ de maïs dans La mort aux trousses, concluait goulûment « Jusque-là les réalisateurs ont fait de la direction d’acteurs, moi je fais de la direction de spectateurs », le président s’est malicieusement imposé comme directeur de rédaction, de toutes les rédactions.

Il suffisait pour ça d’attirer les médias dans la direction voulue avec un énorme pot de confiture. Les journalistes ne sont pas des pédophiles, ce sont de grands enfants … » [Encore qu'au même titre que l'Eglise, la presse doit bien aussi comporter son lot de pédophiles. Mais c'est une autre histoire...]
Muriel Gremillet, le 24 novembre 2010 (lien)

Il n'est pas sûr que les 'grands enfants' fétides apprécient l'ironie de cet article qui les fustige gentiment. Mais comment se reconnaîtraient-ils ces politologues-maison, ces experts auto-proclamés et ces "décrypteurs" arrogants qui s'arrogent le droit de nous expliquer, c'est-à-dire de commenter l'actualité, pour mieux manipuler l'opinion ? Ajoutés aux responsables politiques qui croient pouvoir parler en notre nom après une petite (demi-) heure hebdomadaire passée sur le marché local, nous avons fort à faire pour penser par nous-mêmes.

Aubry, DSK et Royal court-circuitent les primaires

Ils désigneront entre eux une candidature en 2012

Connivence et mépris

Martine Aubry a assuré mercredi que le pacte de non-agression tenait bon entre elle, Dominique Strauss-Kahn et Désirdavenir Royal et qu'ils décideraient ensemble d'une seule candidature à la primaire présidentielle.
Sur France 2, le premier secrétaire du PS a même précisé les dates de cette mascarade inédite, que plusieurs "présidentiables" souhaitent voir avancée.
"Au printemps nous aurons le projet des socialistes. En juin (...) nous aurons des candidatures et à l'automne - c'est cela notre calendrier - nous demanderons aux Français à nous aider à choisir notre candidat", a défendu la maire de Lille.
« Priée », selon les termes de l'agence Reuters (!), de dire si sa candidature éventuelle est toujours liée à la décision de Dominique Strauss-Kahn, l'actuel directeur général du FMI (Fonds monétaire international), elle a répondu implicitement (selon les termes de l'agence Reuters) par l'affirmative.

La Ch'tite Aubry s'est justifiée de son court-circuitage méprisant des petits candidats
La maire de Lille confirme la teneur de l'article de PaSiDupes (lien: Désirdavenir Royal cherche à s'infiltrer entre DSK et Aubry )
"Nous avons déjà dit que nous réfléchissons ensemble. Ségolène (Royal) a dit qu'elle souhaitait aussi réfléchir avec nous et donc nous proposerons une candidature véritablement ensemble, c'est-à-dire pas l'un contre l'autre ou l'une contre l'autre", a-t-elle expliqué, en sa qualité de premier secrétaire du PS.
"On a tiré toutes les leçons du passé : les leçons de la division, de l'absence de travail et d'une responsabilité qui n'a peut-être pas été suffisamment grande", a-t-elle admis.
Pas plus que la battue de la présidentielle 2007, elle ne penserait donc à sa pomme: c'est ce qu'elle assure. "Nous pensons d'abord aux Français. [sic] Nous préparons notre projet pour montrer qu'une autre France est possible". Tout est en effet possible.
Lien PaSiDupes: PS, le simulacre des primaires

Les seconds rôles tenus pour quantités négligeables
Seuls deux élus socialistes ont fait pour l'instant acte de candidature officielle aux primaires : Manuel Valls et Arnaud Montebourg.

Des vélléitaires ?
Hamon, Hollande, Bianco, Moscovici et Mezrag.
Ancien partisan de Sa Cynique Majesté Royal, Hacène Mezrag, 34 ans, assure avoir le soutien d'élu locaux et se construit une légitimité en mettant en avant dans la presse lilloise ses études à la London Business School, sa qualité “ de membre de l'association des Amis de Rochdale [club de foot]”, ou sa casquette de “ représentant des parents d'élèves à la caisse des écoles ”.
Convaincu que l’alliance Aubry-Royal est d’abord destinée à lui faire barrage, Hollande a ironisé sur les pactes : "Ça vaut pour ceux qui les signent, éventuellement les respectent, ça ne vaut pas pour ceux qui n’en sont pas."

Ceux que la presse précipite aux oubliettes
Christian Pierret, ancien ministre et maire de Saint-Dié (Vosges), s'est déclaré le 25 septembre ;
Daniel Le Scornet, ancien responsable mutualiste, est candidat depuis le 5 octobre.
Mais les media font le ménage: ils sont souvent pour la proportionnelle, mais éliminent les petits candidats...

DSK doit rester seul
Dans le cas où Dominique Strauss-Kahn se présenterait, Martine Aubry et l'amère Royal se coucheraient. Il est probable que dans ce cas, seuls Manuel Valls et Arnaud Montebourg maintiendraient leurs candidatures. Ca serait alors des primaires entre hommes.
Lien PaSiDupes: Primaires, les cinq pas de la danse des cocus

Montebourg, "en un combat douteux "contre TF1

Une interminable chasse socialiste aux sorcières: une de plus !

Le pluralisme et la liberté de la presse dérangent le PS

Dans un documentaire de l'altermondialiste Pierre Carles,
le député PS exprime haut et fort son désir de "taper sur TF1" et hausse le ton contre la première chaîne de France, comme il le fait depuis vingt ans, par crises.
Vincent Peillon n'est pas le seul socialiste chez qui la presse provoque des accès d'intolérance. Lire PaSiDupes.
Dans un style qui lui va bien, mais qu'à tort il croit populaire, elle se fait régulièrement insulter par le socialiste du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon. Lire PaSiDupes.
Et puis il faut aussi ouvrir le dossier médical d'Arnaud Montebourg. Depuis plusieurs semaines, le député PS de Saône-et-Loire traverse une nouvelle mauvaise passe de sectarisme et multiplie les attaques contre ce qu'il estime être une "télé de droite", mais Nono n'avait visiblement pas prévu de passer sur TF1 dans les semaines suivantes.

Historique de la pathologie montebourgeoise

Tout débute au coeur de l'été avec la mise en ligne de la bande-annonce de ce docu intitulé 'Fin de concession'. On y voit notamment Montebourg lâcher, alors qu'on lui installe le micro: "C'est le moment de taper sur TF1; c'est pour cela que je vais vous donner un coup de main."
VOIR et ENTENDRE la violence de ses accusations de 'délinquance' ou d''escroquerie' et son encouragement à 'leur mettre la tête sous l'eau', et enfin ses justifications (sur Europe1):

"TF1 a une tradition délinquante" envoyé par Europe1fr.

Dans un premier temps, le président du Conseil général de Saône-et-Loire s'oppose à toute exploitation de cette phrase: il fonde sa demande de censure sur ce qu'il estime relever du "off". Trop tard, la phrase rebondit de blogs en tweets et Nonce Paolini, PDG de TF1, envoie le 9 septembre une lettre à l'agresseur, dans laquelle il condamne des propos "inadmissibles".

A l'assaut des "privilèges" accordés à TF1

La haine d'Arnaud Montebourg semble pathologique, et cela d'autant plus facilement qu'elle est vraiment courageuse, puisque protégée par son immunité parlementaire qui permet accessoirement à ce Saint-Just d'intimider sans vergogne les petits blogueurs impertinents (lien PaSiDupes)...
Assuré donc de l'impunité et prêt à dénoncer chez ses victimes un volonté de museler la presse, il en remet une couche plutôt que de s'excuser. Le 30 septembre, l'intouchable aristocrate d'Ancien Régime du côté de son ex-épouse, adresse un arrogant courier à Nonce Paolini, dans lequel il attaque notamment la programmation de TF1 (outre ses téléspectateurs), selon lui, centrée sur la violence et sur l'argent. "Dans la semaine du 29 septembre au 5 octobre 2010, vous avez choisi de consacrer 41 heures 30 à des émissions liées à l'argent, soit des émissions de vente (télé shopping) ou à des jeux dont l'appât du gain est le moteur (Une famille en or, Les douze coups de minuit, Koh Lanta, Secret Story)."
Canal+ remplit-elle mieux son contrat qui lui impose la diffusion de "retransmissions et aussi des problèmes de Culture"?

Une stigmatisation incessante


Montebourg ne partage pas le privilège de sa haine audiovisuelle
L'acharnement d'Arnaud Montebourg est foncièrement partial, puisqu'il ne cherche pas de noises à Canal+, chaîne également privée, à péage et inégalitaire, qui plus est, mais que le président François Mitterrand avait déstinée, dès juin 1982, à son ami André Rousselet, son ancien directeur de cabinet et premier patron de Canal+ en 1984.
Nono Montebourg a donc fait dresser la liste des rappels à l'ordre émis par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) à l'encontre de TF1, chaîne privée, donc non perfusée par la redevance, mais dont il s'étonne pourtant des "privilèges et avantages" octroyés par "le gouvernement et les majorités parlementaires" depuis les années Mitterrand.
Parmi ceux-ci, "le renouvellement automatique de la concession sans mise en concurrence" accordée par le CSA. Le député socialiste exige que l'on "remette en concurrence la concession octroyée à Bouygues", arguant que "la marque TF1 n'appartient pas à Bouygues, mais à la France", à la différence de la marque Canal+.

TF1, une obsession maladive de Montebourg
Sa fixation n'aura pas été que la lubie temporaire d'un esprit perturbé: il a dans le colimateur la première chaîne de France depuis vingt ans, celle qui réussit.
Au début des années 90, il est d'ailleurs l'avocat de deux associations, "TV carton jaune", puis "Changez la Une".

=> Cette première 'association de téléspectateurs', TV Carton jaune, animée par l'avocat Arnaud Montebourg, regroupe des juristes, des journalistes et quelques téléspectateurs. Elle lança notamment une chasse aux socrcière, sous la forme d'actions en justice visant Patrick Poivre d'Arvor à propos de son vrai-faux entretien avec Fidel Castro, et aussi Bernard Volker, ancien chef de service à la rédaction de la Une, accusé d' "avoir diffusé une information erronée" lors du conflit en ex-Yougoslavie en 1994, pendant le siège de Sarajevo: un obus avait été tiré des lignes "bosniaques et non serbes". Un arrêt de la Cour d'appel de Paris du 24 février 1996 condamna l'association TV Carton jaune - et non pas son animateur - à payer à Bernard Volker la somme de 50 000 francs de dommages et intérêts, ainsi que 10 000 francs de frais de justice. La Cour d'appel avait statué que l'association n'apporte aucune preuve de ses allégations et porte atteinte à la réputation du journaliste.
Bernard Volker (1942) est directeur adjoint de l'École de journalisme de Sciences-Po depuis 2004 (tandis que Nono Montebourg n'a jamais réussi le concours de l'ENA). Volker a reçu en décembre 2009 le Grand Prix spécial de la Presse Internationale, pour l'ensemble de sa carrière.

=> Le tir croisé dont est victime TF1 est renforcé par les snipers de « Pieds dans le Paf », autre association redondante de téléspectateurs militants, qui s'en prend aussi bien à François Léotard qu'à Hervé Bourges. Elle mène le même combat, mais PaSiDupes ne peut affirmer qu'elle est une autre arme entre les mains de Nono Montebourg, car elle est animée par Patrick Farbiaz, un activiste de la première heure, responsable des Affaires Internationales des Verts et proche d'un autre Nono, Mamère, cette fois.

=> En revanche, les deux conseils de « Changez la Une » sont bel et bien Me Jean-François Boutet, fils du premier président du CSA (1989-1995), et... Me Arnaud Montebourg. A croire que TF1 nourrit bien les cabinets d'avocats !
Avec Changez la Une, Arnaud Montebourg se lance dans un autre combat: empêcher le renouvellement de la concession de TF1. Depuis la privatisation de la première chaîne en 1987, sous la présidence socialiste de François Mitterrand l'autorisation de diffusion a toujours été automatiquement reconduite. En mars 1996, l'association Changez la Une, présidée par "quatre ménagères de moins de 50 ans" et conseillée par l'actuel député PS, dépose un recours devant le Conseil d'Etat pour "excès de pouvoir" et "procédure irrégulière". L'affaire traînera pendant des années et ne se résoudra que sept ans plus tard. "Le Conseil d'Etat nous avait déboutés, mais visiblement cela ne s'était joué qu'à une seule voix", prétend Arnaud Montebourg.
En vingt ans, l'élu PS a donc monté un épais dossier contre TF1 et s'étonne qu'elle puisse continuer à émettre: "Cette chaîne s'assoit sur la loi, bien protégée par un pouvoir politique qui a décidé de ne pas lui tenir la bride", persiste-t-il aujourd'hui.

Les socialistes ont trouvé des Rom dans le PAF
« Sans papiers » selon Montebourg, TF1 est stigmatisée dans l'indifférence générale.

mardi 23 novembre 2010

Les syndicats haineux ne savent plus arrêter une grève

Espoir désespéré d'une relance des revendications sociales
Les syndicats se situent sur le terrain de la symbolique !

Ils ont encore faiblement rassemblé ce mardi à l'occasion d'une nouvelle journée d'action de queue de mobilisation contre la réforme des retraites. Bien qu'elle soit déjà votée, ils se plaisent dans la contestation et ne savent plus comment retrouver un peu de dignité par un comportement responsable.

Les syndicats français ne font même plus du chiffre
Enivrés de neuf journées d'action nationale plus ou moins réussies depuis la rentrée, les stakanovistes de l'action syndicale se flattaient encore de quelque 200 actions en France et ont revendiqué près de 10.000 manifestants, place de la Bourse à Paris, où le palais Brongniart était gardé par les forces de l'ordre.
Mais la préfecture en a compté trois fois moins, soit seulement 3.200 manifestants dans le cortège parisien composé, comme ailleurs en province, de militants syndicaux plutôt que de salariés, d'étudiants et lycéens, dont les boursiers ont le droit de grève...
Partie intégrante du folklore syndical, la CGT avait une nouvelle fois gonflé à bloc les chiffres des manifestants en région.

Les rares préavis de grève ont été peu suivis
Le taux de grévistes était d'environ 1% dans la fonction publique comme dans l'Education nationale. Les grèves à la SNCF - à l'appel des révolutionnaires de Sud-Rail - et dans les transports publics de 19 villes de province ne sont pas parvenu à perturber le trafic.

Les syndicats veulent rebondir
Humour trotskiste...

"Nous sommes dans une séquence particulière, il y a eu énormément de monde de mobilisé, il n'est pas aberrant et surprenant qu'il y ait besoin de reprendre de la respiration", a dit Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT.
Pour le dirigeant syndical, il faut "tenir l'engagement que nous avons pris : ce n'est pas parce que la loi a été adoptée par le Parlement que les choses sont closes sur le sujet".

Syndicats en recherche de crédibilité
Faute de pouvoir crier victoire auprès de la presse militante qui leur prête encore une oreille,
Thibault invective le pouvoir

Le chef de l’Etat «se fout» de l’opinion des syndicalistes sur les retraites, estime le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault. « Le gouvernement, le pouvoir, le chef de l’Etat font comme s’il ne se passait rien ». « Les syndicats continuent d’assumer leurs responsabilités» [sic !] et « personne ne peut penser que nous allons laisser les choses en l’état », même si la loi a été votée, a-t-il assuré. Ainsi, «sur la reconnaissance de la pénibilité des métiers (…), nous allons (…) continuer à faire avancer cette revendication légitime.»

Mais FO rend ses camarades responsables

Pour Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière, les syndicats n’ont «pas utilisé tout ce qui était possible » pour tenter de faire échec à la réforme des retraites. « FO avait proposé à plusieurs reprises une journée de grève, 24 heures de grève, ensemble public-privé. Je pense que si l’on avait fait ça ensemble, par exemple entre le 12 et le 19 octobre, cela aurait pu rebooster le mouvement », tente-t-il de se convaincre, avec des 'si'... «D’une certaine manière, on a été battu, puisque le texte a été promulgué. Battus mais pas abattus», se console-t-il. «Il y a un esprit de résistance qui s’est installé», a-t-il estimé.
Les syndicats sont manifestement coupés des réalités !

Les cinq syndicats pèsent lourdement sur "le sentiment d'injustice des salariés".
C'est facile et politiquement démagogique, car les travailleurs ne peuvent évidemment que regretter la situation dans laquelle la crise économique internationale et la dette publique accumulée ont plongé le pays au fil des années. Mais les salariés réalisent aussi que la gauche les entraînent sur une pente fatale. Or, bien que certaines aient rassemblé entre 1 et 3 millions de manifestants, neuf journées d'action ont offert trois mois de perturbations syndicales, mais aussi trois mois de débat et de réflexion.
Leurrés par le discours de la gauche, il a fallu aux Français tous ces mois de galère pour ouvrir les yeux et comparer les effets de la crise en France et en Europe, de la Grèce à l'Irlande, en passant par l'Espagne.

Les syndicats misent à nouveau sur la peur

Les actions syndicales ne sont plus sociales, mais politiques
Dans leur volonté d'affaiblissement du pouvoir, les syndicats perdent le sens de l'intérêt national, puisqu'ils défendent les avantages acquis de leurs fédérations les plus aptes à bloquer le pays et tentent d'en conquérir de nouveaux au profit de leurs nantis les plus puissants, mais sans soutenir les plus défavorisés et donc les plus vulnérables.
Contre l'avis de Jean-Claude Mailly (FO), la CGT espère encore obtenir des avancées avant juillet 2011, date d'entrée en vigueur des mesures d'âge de la réforme, portant à 62 ans l'âge de départ à la retraite et à 67 ans l'âge de départ sans décote.

Autres radicaux, le sénateur Mélenchon et le syndicaliste Besancenot se serrent les coudes
Le fondateur du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, a réitéré sa demande à François Fillon de déposer la loi rendant possible un référendum d'initiative populaire sur le sujet.
"La bataille ne finira pas tant qu'on n'aura pas épuisé tous les moyens à notre disposition", a-t-il insisté, au risque de prendre un poing dressé dans le nez.
Incendiaire du paysage politique, le Che-Besancenot menace: "les braises brûlent encore, c'est un piqûre de rappel qu'on est venu faire aujourd'hui".
"La mobilisation sociale pourrait parfaitement rebondir, que ce soit sur les retraites, sur les salaires, sur les emplois, sur tous les autres dossiers, comme la dépendance, que le gouvernement a décidé de mettre sur la table", a mis en garde le porte-parole des trotskistes du NPA.

Mais les autres syndicats sont passés à autre chose.
Ils évoquent davantage le nouveau débat qui s'ouvrira, selon le texte de la réforme, en 2013.

Les syndicats soufflent un autre vent de terreur

Tous à la manif !...

Du fait du nombre grandissant de personnes âgées et de la nécessité de leur assurer les moyens de vieilllir dans la dignité, le gouvernement ouvre une réflexion sur le financement de la dépendance. Or, à quelques semaines du lancement du débat, les syndicats ont décidé d'inquiéter les actifs et de les dresser contre leurs anciens, comme ils l'ont fait sur la réforme des retraites.

La gauche a toujours un combat sur le feu
A défaut de combat contre ses propres démons intérieurs (outre les fantômes de ses cortèges!), la gauche a ainsi recyclée la lutte des classes en conflit nord-sud, en lutte pour la diversité et en combat jeunes-vieux.

De fait, les cinq syndicats - CGT, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires – cherchent à ouvrir une nouvelle séquence de luttes pour reléguer l'échec de la précédente.
"Nous allons maintenant poser toutes les questions qui ont émergé autour des retraites : emploi, salaires, conditions de travail, justice sociale, service public", a dit Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, syndicat d'enseignants.
"Aujourd'hui, on est en train de bâtir un socle. C'est le début d'une nouvelle démarche", a-t-elle ajouté.

Les syndicats semblent donc déterminés à organiser de nouvelles journées d'action interprofessionnelles et se réuniront lundi prochain pour faire le bilan de la séquence des retraites.

En parallèle, le nouveau ministre du Travail, Xavier Bertrand, reçoit à sa demande les dirigeants syndicaux, dont Bernard Thibault mercredi.
"Je n'y vais pas avec un registre de revendications", a dit le dirigeant de la CGT - faché tout rouge - à veille de l'entrevue rue de Grenelle.
Une visite de courtoisie, en somme ?