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mercredi 5 juillet 2017

Seul un Français sur 4 a apprécié les discours de Macron et Philippe

Les interventions de l'exécutif ne parviennent pas à convaincre les Français

Macron et Philippe parlent en leur nom mais en sont déconnectés

Seulement 25% des Français adhèrent aux propos
 du président
Les bras en tombent aux Français
devant le Congrès et à la déclaration de politique générale du Premier ministre, révèle un sondage Harris Interactive pour RMC et Atlantico, publié mercredi.

Lundi devant les députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles, Emmanuel Macron a convaincu 26% des personnes interrogées, 42% ne se disant pas convaincues et 32% ne se prononçant pas.

27% des sondés auraient été convaincus par la déclaration de politique générale d'Edouard Philippe mardi devant l'Assemblée nationale, contre 41% qui ne l'ont pas été, 32% ne se prononçant pas.

Le clair-obscur des annonces

Parmi les mesures annoncées, les Français sont à 80% favorables à la baisse de la taxe d'habitation, mais elle est reportée à 2019,

79% approuvent la revalorisation de l'allocation adulte handicapé et du minimum vieillesse, mais son financement reste flouté,

70% applaudissent à la création de 15.000 places de prison, mais sans plus de précisions sur le coût et l'implantation,

Seulement 2% adhèrent au projet de modification du baccalauréat national, l'immense majorité rejetant l'extension d'un contrôle continu inégalitaire,

Une majorité de Français tousse à l'annonce de l'augmentation progressive du prix du paquet de cigarettes à 10 euros, contre 52% qui approuveraient,

51% des sondés céderaient à la pression sur l'obligation annoncée des vaccins pour les enfants recommandés par les autorité de santé, mais presqu'autant hésitent (49%).

Une majorité de 52% redoute une hausse des impôts liée à la politique engagée par le gouvernement, mais les retraités, les personnes âgées - lesquels ont majoritairement voté Macron - et les indépendants renâclent,
10% s'attendant à une baisse et 38% à aucun changement.

Les reculs de Macron

La plupart des réformes fiscales majeures annoncées par le gouvernement d'Emmanuel Macron ont été repoussées d'au moins un an
, à l'exception du basculement des cotisations salariales vers la CSG.
Les uns y voient une conséquence directe de l'audit de la Cour des comptes sur l'état des finances publiques laissés par François Hollande à son successeur.

Les autres dénoncent une manoeuvre de l'exécutif, en connivence avec la Cour des Comptes, pour fournir à Macron les prétextes pour repousser d'au moins un an toutes les mesures les plus coûteuses - et les plus ambitieuses - telle la réforme de l'ISF ou la transformation du CICE, ainsi que la réforme de la taxe d'habitation...
Attendue pour 2018, la réforme de l'impôt sur la fortune (ISF), destinée à encourager l'investissement dans les entreprises, ne sera effective qu'en 2019. Si jamais. Elle "sera votée dès cette année, dans la loi de finances pour 2018, et entrera en vigueur en 2019", a ainsi déclaré le chef du gouvernement lors de son discours de politique générale à l'Assemblée nationale. Même chose pour le CICE, dont la transformation en baisses de charges pérennes, n'entrera finalement en vigueur qu'en 2019.
La
réforme de la taxe d'habitation est repoussée à 2022 et l'exonération des heures supplémentaires n'a pas été évoquée...
Les résultats du sondage auraient dû être pires
Les sondeurs n'ont pu recueillir les appréciations des Français sur plusieurs promesses de campagne capitales que Emmanuel Macron a occultées et sacrifiées sur l'autel de l'austérité budgétaire : sans être officiellement éradiquée définitivement, l'exonération de la taxe d'habitation pour 80% des ménages -d'un coût de plus de 10 milliards d'euros par an - est mise en sommeil jusqu'à la fin du quinquennat, au détriment de leur pouvoir d'achat. 
L'exonération des heures supplémentaires n'a pas été évoquée non plus...

Sondage réalisé en ligne le 4 juillet auprès d'un échantillon de 978 personnes, représentatif des Français de 18 ans et plus (méthode des quotas).

jeudi 22 mars 2012

F.Hollande joue au président une fois le djihadiste tué dans sa fuite

Le bouffon a pris la posture et prononcé des phrases creuses, d'un air grave



Le costume de président
lui est trop grand




Une certaine presse juge utile de reproduire ses mots

Le candidat PS à la présidentielle s'est exprimé après la mort de Mohamed Merah, l'auteur présumé des tueries de Toulouse et Montauban qui ont fait 7 victimes, encerclé par les forces du Raid pendant plus de 30 heures.
"La mort de Mohamed Merah vient mettre un terme à une insupportable angoisse. Ce tueur, jusqu'au bout, a d'ailleurs montré son extrême dangerosité. Je tiens à saluer le courage et la détermination du Raid et de toutes les forces de sécurité, après une opération qui aura duré 30 heures et qui était éminemment risquée. J'exprime ma solidarité à l'égard des policiers blessés et en ce moment, je ne peux qu'avoir une pensée à l'endroit des victimes de ce tueur et leurs familles endeuillées. Cette épreuve rappelle que la lutte contre le terrorisme est un combat de tous les instants et qu'il ne peut admettre aucun relâchement, ni aucune faiblesse. La République est toujours la plus forte, elle l'a montré. Elle sait se dresser sans rien perdre de ses valeurs contre ses pires adversaires. C'est la leçon que nous devons tirer des derniers moments que nous venons de vivre".
VOIR et ENTENDRE le paillasse se ridiculiser par ses grands airs:


lundi 12 mars 2012

Présidentielle 2012: avec Raffarin, la majorité unie derrière Nicolas Sarkozy

Discours de Jean-Pierre Raffarin à Villepinte

"Nous sommes tous rassemblés ici derrière le président, derrière celui qui a conduit cinq ans durant notre pays au travers une crise difficile, celui qui grâce à son courage, à son autorité, est capable de nous aider à protéger la France que nous aimons, à bâtir une France forte", a lancé Jean-Pierre Raffarin en ouvrant, le matin du 11 mars 2012 à Villepinte, un conseil national exceptionnel de l'UMP, préparatoire du rassemblement de la majorité présidentielle autour de Nicolas Sarkozy, l'après-midi.

VOIR et ENTENDRE
l'ancien Premier ministre:


Jean-Pierre Raffarin (1948), qui fut d'abord ministre du Commerce et de l'Artisanat (1995-1997) dans le gouvernement d'Alain Juppé, est actuellement sénateur de la Vienne.

dimanche 22 janvier 2012

Le Bourget: Hollande s'apprête à dévoiler les charmes cachés de son projet

La "gauche molle" va enfin s'offrir aux yeux de ses fans



22 janvier, v'la la "gauche molle"
La claque est en place...




"Le candidat Hollande va tenir son premier grand meeting de campagne dimanche au Bourget

On nous promet qu'en Seine-Saint-Denis il va à la fois se dévoiler aux Français et aux Françaises, se raconter et livrer sa "vision" pour la France, à trois mois pile de la présidentielle: il était temps !

Martine Brochen-Aubry surjoue sa joie
"C'est un grand jour pour la France, le lancement de la dernière dernière ligne droite", a lancé sa concurrente malheureuse des primaires et pourtant premier secrétaire du PS, en arrivant pour la réunion des quelque 2.000 cadres du parti et candidats aux législatives, avant le meeting de l'après-midi.
"François Hollande va parler aux Français de la France, des valeurs qui ont été oubliées, de la façon de lui retrouver un avenir et donc de redonner l'espoir aux Français", a-t-elle anticipé, comme si elle était associée au projet du candidat, en termes flous.

Or, en octobre dernier, la maire de Lille n'avait-elle pas "clairement" mis en garde les militants à la veille des primaires: "Quand c'est flou, il y a un loup !"
La Ch'tite Aubry a sali l'image du camarade François. "J'ai bien compris qu'il essayait de passer entre les gouttes quand je lui posais un certain nombre de questions", a-t-elle expliqué. "Ma grand-mère disait : 'Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup' ", a-t-elle insisté. "J'ai essayé de mettre le doigt sur certains de ses loups". Aubry qui revendique d'incarner la "gauche forte" et a également accusé François Hollande d'avoir employé "des mots de droite".

VOIR et ENTENDRE la comploteuse esquiver sur son manque de franchise et ses "manoeuvres obliques":


F. Hollande, qui mettait encore la dernière main à son discours dimanche matin, a expliqué au JDD : "Ce que j'ai voulu, c'est y mettre ma conception de la présidence de la République, mon parcours politique, ce qui le fonde, ma vision de la France aujourd'hui".

La salle du Bourget peut accueillir 8.500 à 9.000 places assises.
Aux alentours de 15h00, Hollande montera sur scène. Sur fond bleu soutenu, son slogan de campagne "le changement c'est maintenant" est inscrit en rouge, en lettres en relief, accompagné de "François Hollande 2012". Non loin de son pupitre, deux drapeaux, français et européen. Un jeu de lumière éclaire les escaliers de la scène en rouge et la scène en blanc.
Au premier plan, dans le parterre, se trouveront les principaux responsables et personnalités de la famille socialiste, les patrons des fédérations départementales et de nombreux invités, dont l'ancien Premier ministre Lionel Jospin, qui abandonna 3.000 salariés de Renault à Vilvorde.
Lien PaSiDupes - " Le candidat Hollande bientôt à Vilvorde ? : Après Gandrange avec Aubry, Vilvorde avec Jospin ? "


Un discours de 90 minutes
"Il y aura dans le discours quelque chose de plus personnel", assure le chef du projet. "Il y aura en introduction une belle animation", assure son porte-parole Bruno Le Roux. Elle sera "musicale et scénique", précisait le programme vendredi.
Et pour attirer les badauds et compléter les 9.000 places, Yannick Noah doit pousser la chansonnette avant la prise de parole du candidat.
Sont aussi annoncés le chanteur Benjamin Biolay, Mazarine Pingeot, la fille morganatique de Tonton, Christian Lacroix, l'ancien compagnon de Claude Chirac et ex-judoka Thierry Rey, Pape Diouf (ex-patron de l'OM), le producteur et acteur Dominique Besnehard, qui conseillait Désirdavenir Royal en 2007, ou encore Olivier Poivre d'Arvor... La journaliste "indépendante" Valérie Trierweiler, la compagne de François Hollande, est attendue au premier rang.

A la tribune dimanche matin, les responsables socialistes se sont succédés pour mobiliser les cadres du partis, les invitant à se mettre en ordre de marche pour porter dans toute la France les propositions du candidat PS.

Le projet de François Hollande "sera un projet socialiste et ça c'est fondamental ! ", a rassuré Pierre Moscovici, directeur de la campagne, l'air important et grave.
Il a retenu la leçon et a également assuré que "le mot ouvrier ne serait pas un gros mot mais un beau mot", invitant par ailleurs à s'inspirer de la campagne victorieuse de Barack Obama aux Etats-Unis en 2008.


S'en prenant violemment au duo de tête de l'exécutif, Harlem Désir, ombre portée de la Ch'tite Aubry, numéro 2 du parti et remplaçant intermittent de sa cheffe, a affirmé "que personne n'est dupe" que Nicolas Sarkozy est déjà en campagne. "La France n'a plus de Premier Ministre face à la crise, elle a un chef de meute d'aboyeurs, de snipers, de tronçonneurs en campagne", a-t-il caricaturé, respectueux de la fonction et des personnes.
L'UMP et le chef de l'Etat "sont aujourd'hui de plus en plus entourés, cornaqués, de conseillers d'extrême droite", a-t-il accusé, alors que l'extrême gauche récuse sa propre radicalité: il n'existerait plus d'autre extrémisme que de droite, car les révolutionnaires Mélenchon (PCF et Parti de gauche), Poutou et Arthaud (trotskistes) se déclarent tout bonnement de gauche !...
Désir H. a encore eu le sentiment que la droite "panique", alors que François Hollande creuse l'écart dans les sondages, aussi longtemps qu'il tient son projet secret.

En fin de matinée, bien qu'en échec, Martine Brochen-Aubry doit tenir "un discours de galvanisation" des troupes socialistes en leur demandant d'aller partout "dans les campagnes, dans les usines, dans les quartiers" répandre caricature, défaitisme et "vent de révolte", faute de projet socialiste à défendre.


François Hollande se montrera dimanche soir l'invité du JT de TF1
Il ne faut rien attendre, sinon du dénigrement, des postures et de beaux sentiments et un vide sidéral, à l'arrivée.
Pour le détail et le chiffrage de ses propositions, il faudra en effet attendre encore, jeudi peut-être, jour de présentation de sa "plate-forme" présidentielle.

jeudi 25 novembre 2010

Fillon, sa déclaration de politique générale et sa fidélité au Président

Un discours respectueux des directives présidentielles

L'opposition s'étonnera que le Premier ministre ne fasse pas de révélations fracassantes dans ce discours aux députés !
La gauche en est surtout pour ses frais: l'émancipation de François Fillon - voire sa prise de pouvoir - n'aura été que fantasme de l'opposition.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,


Depuis mai 2007, j'ai l’honneur de servir notre pays sous l’autorité du Président de la République en m’appuyant sur une majorité à laquelle je voudrais ce soir, rendre hommage. À l’approche d’échéances électorales importantes, tout pouvoir est tenté par la prudence et par le jeu des apparences. Le Président de la République s’y est refusé, la persévérance politique étant à ses yeux le choix le plus conforme à l'intérêt national.

Il m’a chargé de diriger le nouveau gouvernement. C’est un gouvernement d’action qui a un double mandat. Le premier, c’est de mettre en œuvre l’engagement de 2007 de bâtir une France moderne. Le second, nous ne l’avons pas recherché, mais c’est celui que nous avons reçu de l’Histoire et il consiste à gérer la pire crise économique depuis la Grande Dépression de 1930.
Cette question de confiance s’inscrit au cœur de ce double mandat. Il ne s’agit pas d’improviser un chemin insolite. Il ne s’agit pas non plus de vous détailler l’agenda des dix-huit mois. Il s’agit de tenir ensemble un cap ! « On ne va pas au vrai par une route oblique », écrivait Victor HUGO.
Ma question est directe : voulons-nous encore et toujours moderniser la société française ?

Les pièges de la crise, le brouhaha des oppositions, les caprices des sondages étoufferont-ils notre volonté réformatrice ou seront-ils, au contraire, les sources d’une détermination renforcée ? Certains voudraient nous voir temporiser, rompre et nous renier.
Renier ce que nous avons fait ?
J’assume notre bilan parce que ceux qui esquivent leurs responsabilités ne méritent pas d’être aux responsabilités !
Et d’ailleurs de quoi pourrions-nous rougir ? D’avoir réformé les universités ? D’avoir réformé les retraites ? D’avoir rééquilibré nos institutions ? D’avoir instauré le service minimum ? D’avoir stoppé la spirale de la délinquance ? D’avoir réussi le Grenelle de l’environnement ? D’avoir affronté avec succès la pire chaîne d’avanies qu’un système capitaliste puisse produire ? Faudrait-il maintenant marquer le pas pour nous faire pardonner d’avoir agi malgré les protestations ?

Mesdames et Messieurs les députés, ce serait à coup sûr susciter le mépris de nos concitoyens. Quand on sert l’intérêt général, on ne s’excuse pas de son courage. Et quand on sert l’intérêt général, l’impopularité d’un jour peut devenir l’estime du lendemain.
Rompre avec le mouvement ? Il ne peut pas en être question parce que notre indécision serait une revanche de la peur. Cette peur du changement qui nous a longtemps conduits à célébrer la théorie du « ni-ni » et à louer celle du « temps laissé au temps ». Cette peur dont nous avons réussi à délivrer le pays, et cela avec l'appui des Français eux-mêmes, qui, bien souvent, ont accompagné ces évolutions avec lucidité.
Alors oui, contre vents et marées, dans le calme et la tempête, contre les conservatismes et pour vaincre les peurs, l’élan de la réforme est intact !
Parce que l’économie mondiale doit être mieux régulée, parce que notre économie doit être plus compétitive, parce que l’emploi doit être soutenu, parce que nos déficits doivent être réduits, parce que nous avons le devoir d’assurer le bien-être de nos aînés en finançant le coût de la dépendance, je vous le dis, nous allons continuer à réformer !
Le progrès, c’est une longue marche qui exige la ténacité et la vérité.
Nous nous battons avec les réalités d’un monde nouveau traumatisé par une récession brutale. Avec vous, nous avons maîtrisé ce choc.
Ensemble, nous en avons cantonné l’impact pour les Français en réussissant à limiter la récession à 2,6 % contre 4 % en Europe et à tenir le chômage en dessous du seuil de 10 %. Ensemble, nous en avons enrayé la dynamique mortelle en Europe en sauvant le système financier, puis la Grèce, puis aujourd'hui l’Irlande.

Mais, Mesdames et Messieurs les députés, la crise n'est pas finie. Elle continue de muter. L’Europe est menacée de stagnation et la crise du surendettement n’est pas encore jugulée.
Mais surtout – et c’est certainement le plus important –, cette crise a accéléré le basculement du centre du monde vers l’Asie et toute la hiérarchie des rapports de force issue du XIXe siècle est en train de se redessiner.

La Chine est devenue, en 2010, la deuxième puissance économique du monde, dépassant le Japon. Elle est devenue le premier exportateur mondial et elle a ravi aux États-Unis la place de premier exportateur de produits de haute technologie.
Avec 84 millions de diplômés de l’université, l’usine du monde s’apprête à devenir le laboratoire du monde. Et il nous faudra attendre plusieurs décennies pour que le développement intérieur du pays crée les conditions d’une concurrence plus équilibrée.
L’Inde, le Brésil avancent, eux aussi, à marche forcée et ce sont des continents entiers qui se dressent et qui nous défient.
Déjà, les États-Unis en souffrent. Alors comment ne serions-nous pas fouettés par ce vent de l’Histoire ?

Dans ce contexte, notre but, c’est la maîtrise de notre souveraineté, c’est la maîtrise de notre liberté. La liberté d’être nous-mêmes, la liberté d’agir par nous-mêmes en suivant nos valeurs. La liberté face à une compétition qui dépossède de leur destin les pays insouciants. Ni indulgence, ni relâchement, ni immobilisme, la réforme reste indispensable.

Avec une dette de 1 600 milliards d’euros, la France ne dispose pas de trésor caché pour se dispenser de ses efforts.
Tous ceux qui multiplient les promesses sont condamnés à les renier. Et j’invite l’opposition à méditer l’avertissement de Charles PÉGUY quand il disait : « Le triomphe de la démagogie est passager mais les ruines sont éternelles » Pour tout dire, ceux qui sèment des illusions récolteront des désillusions.
Maintenant, la bataille de la croissance est commencée.
Je dis aux Français que la reprise est amorcée. Notre taux de croissance en 2010 sera supérieur à 1,5 % et la cible de 2 % en 2011 est clairement à notre portée. Mais il nous faut encore accentuer notre compétitivité économique et scientifique. Il faut nous libérer des déficits pour maintenir les taux d’intérêt à un niveau aussi bas que possible et pour retrouver des marges de manœuvre. Il faut continuer de rénover notre héritage social et non pas faire de nos droits acquis le matelas de notre léthargie.
C’est ainsi et seulement ainsi que la solidarité et l’égalité des chances seront préservées. Il faut trouver, avec notre principal partenaire européen, l’Allemagne, la force d’entraîner l’Europe et construire une gouvernance économique de la zone euro. Pour cela, notre crédibilité économique et financière doit être aussi solide que celle de nos voisins qui ont pris, eux, dix ans d’avance sur nous en termes de réformes.
Il faut enfin – et c’est la mission que le Président de la République s’est assignée en prenant la présidence du G20 –, il faut enfin repenser la gouvernance mondiale, renforcer la régulation financière, lutter contre la volatilité des matières premières, ordonner les distorsions monétaires. Vaste ambition, diront les plus sceptiques.
Mais est-ce qu’ils ne disaient pas déjà la même chose lorsque Nicolas SARKOZY réveilla le G20 en pleine tourmente financière ?

La France va se battre pour convaincre ses partenaires qu’un monde mieux équilibré et mieux régulé est nécessaire et elle sera ainsi fidèle à son message universaliste. C’est ce message qu’avec Michèle ALLIOT-MARIE et Alain JUPPÉ nous assumerons par la diplomatie mais aussi par la force des armes lorsque cela est nécessaire.
En Afghanistan, nous poursuivrons notre stratégie de sécurisation, de reconstruction et de responsabilisation des autorités afghanes. La lutte contre la prolifération nucléaire nous conduira à maintenir la pression sur l’Iran. Le renouvellement de la stratégie de l’OTAN décidé au sommet de Lisbonne doit être l’occasion de poser enfin les fondations d’un système de sécurité collective qui ira de l’Atlantique jusqu’à l’Oural. Le sort de nos otages nous mobilise inlassablement. Au terrorisme, nous opposons une vigilance permanente et la force de caractère de la République.
Tous ces objectifs, tous ces défis, exigent de la cohérence et du courage politiques.

Depuis longtemps, je crois à la nécessité de la continuité pour adapter notre pays en profondeur, sans à-coup, sans psychodrame.
Je crois à la durée. Je crois à la sérénité républicaine !

Les allers-retours, Mesdames et Messieurs les députés, fragilisent l’action publique. Ils nourrissent la suspicion des Français à l’égard de leurs représentants. Les zigzags éreintent la démocratie et fragilisent la démocratie sociale.

En tenant bon sur la réforme des retraites, nous avons réaffirmé l’autorité de l’État et la légitimité du Parlement. Et ce faisant, nous avons clarifié les conditions d'un dialogue social responsable. Après le temps des désaccords, le temps du dialogue pragmatique est revenu. La loi du 20 août 2008, relative à la rénovation du cadre de représentativité, a amorcé un changement du paysage syndical.
Ce sera la clé d’un nouveau réformisme social que je suis prêt, avec Xavier BERTRAND, à soutenir de toutes mes forces. Mais la prochaine étape devra être la révision des règles de la représentativité patronale. Et nous aurons ainsi conforté la légitimité de l’ensemble des partenaires sociaux.
Notre première priorité, c'est la croissance au service de l’emploi. Quelles en sont les conditions ?
D'abord, il faut renforcer la compétitivité. Nous avons un socle pour le faire.

Nous avons, avec Valérie PÉCRESSE, donné aux universités le pouvoir de se battre à armes égales dans la bataille de l’intelligence ; avec Christine LAGARDE, nous avons supprimé la taxe professionnelle et triplé le crédit impôt-recherche ; avec Bruno LE MAIRE, nous avons protégé l’avenir de la filière agricole ; nous avons posé les bases d’une politique de filière et nous avons restauré les conditions d’une politique industrielle que nous avions trop longtemps délaissée : le transport, l’aéronautique, la construction automobile, l’agroalimentaire, l’énergie nucléaire. Voilà les atouts de la France sur lesquels nous allons miser.

En décidant de consacrer 35 milliards d'euros aux investissements d’avenir, comme nous le proposait le rapport d’Alain JUPPÉ et de Michel ROCARD, nous allons renforcer ces secteurs stratégiques.

Mesdames et messieurs les députés, dans les prochains mois, plus d’une centaine de projets vont être sélectionnés.
Dix-neuf milliards seront affectés à l’Enseignement supérieur et la Recherche, 6,5 milliards aux filières industrielles et aux PME, 5 milliards au développement durable et 4,5 milliards à l’économie numérique.
D’un côté, ces investissements massifs pour aller chercher la croissance sur les segments les plus porteurs de l’économie, et de l’autre la rigueur budgétaire pour réduire nos déficits, voilà tout l’équilibre de notre politique économique.

Mesdames et Messieurs les Députés, nous ne devons pas nous payer de mots. Il n’y aura plus de dépenses publiques supplémentaires pour relancer la croissance. En revanche, nous avons le devoir d’offrir à nos entreprises des financements de long terme pour soutenir leur développement. Nous devons orienter l’épargne sur l’investissement de long terme et notamment en actions, et sur les projets d’intérêt général.
Plutôt que d’alimenter des bulles spéculatives, c’est là que l’ingénierie financière doit s’employer au soutien de l’économie réelle et de l’emploi.

Au sein de l’Union européenne, la France proposera dans ce sens la création d’un fonds européen de capital-risque en faveur des entreprises innovantes, ainsi qu’un fonds européen des brevets pour valoriser les résultats de la Recherche.
Le développement durable constitue, lui aussi, un instrument de notre croissance. Les engagements du Grenelle de l’environnement seront intégralement respectés. L’écologie créatrice et non pas l’écologie punitive, cette écologie créatrice est une source d’emplois ! C’est le vecteur des technologies de demain ! C’est la marque d’une société qui sait valoriser ses ressources et qui ne gâche pas son patrimoine, et ce faisant, c’est un gage supplémentaire de l’attractivité de notre territoire. C’est ce message que Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET portera lors des négociations de Cancun.

Comment renforcer notre compétitivité sans parler de la fiscalité ?
Notre fiscalité, c’est un chef d'œuvre de complexité.
Au point d'en affecter l'efficacité et même l'équité. Nous avons le taux de prélèvements obligatoires à 4 points de plus que la moyenne européenne.
Et la fiscalité directe sur les entreprises est en moyenne supérieure à 5 points à ce qu'elle est chez nos voisins européens !
Au vu de ce constat, mon premier engagement : c'est qu'il n'y aura pas de hausse d'impôt.
Et ma seconde conviction, c'est que le statu quo est impossible ! Nous avons déjà fait beaucoup, avec le crédit Impôt/Recherche et la réforme de la taxe professionnelle. Nous allons continuer à agir, en nous tenant à trois principes : la fiscalité doit servir notre compétitivité; la fiscalité doit rechercher la justice, et la fiscalité doit être lisible, donc elle doit être aussi simple que possible.
Avec le boulier fiscal, nous avons cherché à limiter les effets d’une fiscalité inadaptée, mais il faut bien le dire, sans traiter le mal à la racine. Le Président de la République nous propose aujourd’hui de nous atteler à une réforme profonde de la fiscalité du patrimoine. Cette réforme, je veux d’abord dire qu’elle doit se faire à produit constant et dans le respect d’un principe cardinal de notre fiscalité depuis 1789 : que chacun contribue à proportion de ses capacités, parce que l’impôt, pour être légitime, doit être juste !

Nous apporterons une réponse avant l’été 2011 et nous le ferons à partir d'une réflexion d'ensemble avec nos voisins allemands.
Je dois dire d’ailleurs que de ce point de vue, ce qui se passe aujourd’hui dans la zone Euro, montre à quel point il y a une urgence à rapprocher progressivement les fiscalités des pays qui partagent la même monnaie ! La Cour des Comptes et l’Académie fédérale des finances allemande nous remettront un diagnostic comparé en janvier 2011. Et c’est ce diagnostic qui sera la base d'un travail législatif que nous mènerons sans a priori.

La gestion rigoureuse de la dépense publique, c’est la seconde condition de la croissance. Nous avons tracé, avec le programme de stabilité et la loi de Programmation des finances publiques que vous avez votée, la ligne de cet effort de redressement. Alors que le déficit atteint 7,7 % du PIB en 2010, nous reviendrons à 6 % en 2011, à 4,6 % en 2012, à 3 % en 2013 et à 2 % en 2014. Cette trajectoire vertueuse exige une mobilisation sans faille ! Une mobilisation de l'Etat, bien sûr, mais aussi une mobilisation des régimes sociaux et des collectivités territoriales.
Dans ces conditions et seulement dans ces conditions, la dette publique sera stabilisée à partir de 2012 et elle commencera à décroître ensuite.

Pour ce qui concerne l'Etat, j’ai arrêté un budget pluriannuel 2011-2013, qui repose sur la stabilisation en euros courants des dépenses hors dette et hors pensions sur toute la période. Cette norme s'applique aussi, vous le savez, aux transferts de l'Etat vers les collectivités territoriales, qui sont gelés en valeur. Sur les effectifs, nous poursuivrons, avec François BAROIN et Georges TRON, la politique de non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux, initiée au début du quinquennat. Chaque année, les effectifs de l'Etat diminuent ainsi de plus de 30.000.

Mesdames et messieurs les députés, nous avons l’administration la plus importante en Europe ! Nous pensons que nous pouvons gagner, avec elle, en qualité et en productivité.
Au lendemain de l’ouverture du congrès des maires, je veux dire mon attachement à un dialogue constructif avec tous les élus. La France des territoires, de métropole et d’Outre-mer, la France des espaces ruraux façonne notre nation.
Je mesure les efforts que le gouvernement demande aux élus locaux de partager. Je veux poursuivre avec eux un dialogue approfondi, dans le cadre de la conférence des exécutifs, parce qu’il n’y a pas d’un côté, Paris et de l’autre, les territoires ! Il n’y a qu’une France qui vit, à tous les niveaux, l’exigence de l’effort et de l’efficacité au service des Français !

Nous souhaitons inscrire dans notre Constitution des principes garantissant la maîtrise des finances publiques. Le gouvernement saisira donc prochainement les groupes politiques d'un document d’orientation, afin que nous regardions ensemble si un consensus peut être atteint sur cette question.
Tous ces efforts sont concentrés autour d’un choix politique que nous assumons : c’est le choix de la vertu budgétaire, au nom de notre indépendance, au nom des solidarités de demain, au nom des familles qui s’agrandissent, au nom de l’avenir que nous écrivons aujourd’hui.

On a beaucoup parlé de la jeunesse ces derniers mois et de sa peur de l’avenir. Dissiper cette peur, c’est d’abord alléger le fardeau de la dette qui pèse au dessus de chaque berceau.
C’est aussi, avec Luc CHATEL et Frédéric MITTERRAND, rappeler que la République ne baisse pas ses prétentions en matière d’éducation, de formation et de culture. La réforme du lycée, le soutien personnalisé, le socle commun, et le respect des enseignants sont pour nous au cœur de l’égalité des chances.
Dans un monde qui change à toute allure, il est vrai que la jeunesse peut se sentir désemparée, comme isolée au sein de sa génération. Nous lui disons que ce malaise n’est pas le résultat des changements que nous avons initiés, mais de l’immobilisme au sein duquel nous avons longtemps baigné !
Pour dégager des perspectives nouvelles, nous avons fait le choix du mouvement, nous avons fait le choix de concentrer les efforts de la nation autour de la recherche, du travail, de la rénovation sociale, de la reconnaissance des talents. L’Histoire dira si nous avons réussi, mais qui pourrait, aujourd’hui, nous lancer la pierre en disant : « Ils n’ont rien fait » ?
Ceux qui ont pris la responsabilité d’entraîner des lycéens dans la rue pour défendre la retraite à 60 ans, ceux-là se rendent-ils compte de l’image dépressive qu’ils inculquent à des jeunes qui ont le devoir de saisir pleinement la vie ? Si la jeunesse est « désenchantée », comme le prétendent les observateurs, à qui la faute si ce n’est à nous, les adultes qui, depuis des décennies, peignons la France sous les visages de l’échec, de la honte de nous-mêmes, du catastrophisme, alors que notre pays reste celui de tous les possibles pour peu qu’on croie aux valeurs de l’audace, de la curiosité, de l’engagement !

Non, nous n’opposons pas l’efficacité économique, la rigueur budgétaire à la cohésion sociale. Dans la crise, tous nos dispositifs de solidarité ont été mis en action. Et s’il est juste de dire que les Français ont « serré leur budget », il est juste de dire aussi que nous les avons protégés du mieux possible.
Nos amortisseurs ont joué pleinement leur rôle, et je veux dire que la plupart de nos voisins n’ont pas eu le même privilège.
Même au plus fort de la crise, le pouvoir d’achat a progressé : +1,6 % en 2009, + 1,3 % en 2010. Du côté des prix, avec la loi de modernisation de l’économie, nous avons divisé par trois les marges arrière.
La hausse des prix dans la grande distribution a été ainsi conjurée.

Chacun sait, mesdames et messieurs les députés, que pour les familles, et notamment pour les classes moyennes, le logement constitue la première des dépenses. Depuis vingt ans, la contraction du marché de l’immobilier a fait bondir les prix. Il faut donc continuer de construire, de développer l’offre, de renforcer la transparence de ce marché. Avec 120.000 logements sociaux en 2009, jamais un gouvernement n’a autant fait !
Jamais, jamais ! Jamais non plus, nous n’avons autant fait pour l’accession à la propriété qu’avec le prêt à taux zéro renforcé qui sera mis en place au 1er janvier.
Nous allons renforcer notre politique de la ville, repenser et resocialiser les quartiers difficiles avec l’appui du monde associatif, tisser les liens du Grand Paris, poursuivre nos efforts sur l’hébergement d’urgence et sur l’accès au logement.
Maurice LEROY, Benoist APPARU, Philippe RICHERT ont pour mission de prolonger le Plan de rénovation urbaine en ciblant les opérations les plus urgentes, et en assumant des choix clairs, à l’opposé de la tentation du saupoudrage.
Comment aussi ne pas voir que nos réglementations pèsent par leur complexité même ? Et c’est particulièrement vrai en matière d’urbanisme. La sédimentation bureaucratique des textes et des procédures gagne si l’on n’y prend pas garde. Reprenons ensemble les chantiers de la simplification du droit et des procédures. Allégeons les impôts papier et les normes excessives ! Evaluons, revisitons notre droit pour que la loi soit mieux comprise, mieux appliquée et reflète toujours ce qu’elle doit être, c’est-à-dire l’expression de la volonté générale.

Mesdames et messieurs les députés, au coeur de la cohésion sociale, il y a l’emploi.
Pendant la crise, nous avons mis en place avec les partenaires sociaux des mesures exceptionnelles et massives. Cette politique a porté ses fruits.
Notre économie recommence à créer des emplois depuis le début de l’année. Nous devons aujourd’hui relancer nos politiques de l’emploi et progresser dans la voie de la flexisecurité. Il nous revient d’en fixer les objectifs, le calendrier, la méthode mais je veux dire que c’est aux partenaires sociaux d’en proposer et d’en définir les modalités et les outils.
Quels sont ces objectifs ? D’abord, garantir une meilleure insertion professionnelle pour les jeunes. Nous ne pouvons pas accepter un taux de chômage des jeunes qui reste depuis si longtemps bloqué à un niveau aussi élevé.
Leur parcours pour une insertion durable dans l’emploi doit être moins discontinu, plus rapide. Et nous savons tous que parmi les solutions les plus efficaces, il y a l’apprentissage et il y a l’alternance.
Parce que l’apprentissage et l’alternance assurent une insertion dans l’emploi à plus de 70 %. Aujourd’hui nous avons environ 600.000 jeunes en alternance. Et bien nous nous fixons l’objectif de doubler ce chiffre et pour ce faire, nous voulons engager avec les régions un dialogue constructif.
Il faut ensuite assurer une meilleure protection contre les ruptures des parcours et notamment en cas de licenciement collectif. Avec le contrat de transition professionnelle, nous avons un outil efficace de reconversion et d’accompagnement vers l’emploi. Et bien nous voulons harmoniser la convention de reclassement personnalisé et ce contrat de transition professionnelle, pour aller vers la généralisation de cet outil.
Enfin, je veux dire que le gouvernement sera très vigilant sur la mise en œuvre des accords d’entreprise ou de branche et des plans d’action en direction des seniors. Il est prêt à accompagner les initiatives que les partenaires sociaux voudront prendre. Ceux-ci ont d’ores et déjà indiqué leur intention d’ouvrir un chantier de l’emploi des jeunes et des seniors. Ils doivent également négocier une nouvelle convention d’assurance-chômage. Je leur fais confiance pour proposer de nouveaux outils sur ces points, la balle est dans leur camp.
Au début de 2011, nous pourrons ensemble fixer le contenu de ce que sera l’agenda social des prochains mois.

Avec l’emploi, la sauvegarde et la modernisation de notre système de protection sociale s’imposent à nous. Nous avons commencé avec la réforme des retraites. Avec Xavier BERTRAND et Roselyne BACHELOT, nous allons poursuivre. Nous ne devons pas laisser dériver les comptes de l’assurance maladie par démagogie. Nous ne pouvons pas esquiver sur cette question notre responsabilité collective. Nous lancerons une concertation nationale sur la protection sociale qui associera tous les acteurs, les partenaires sociaux, les professionnels de santé, les mutuelles, les assurances, les collectivités territoriales, au premier rang d’entre-elles les Conseils généraux.

Cette concertation devra examiner les voies et moyens de réguler les dépenses de santé, de fixer la part des régimes obligatoires et complémentaires et de diversifier les modes de financement. Cette Concertation nationale aura évidemment pour but immédiat de traiter la question de la dépendance. Le coût est estimé à 22 milliards d’euros et il devrait atteindre les 30 milliards dans les prochaines années. Le nombre des plus de 75 ans devrait doubler au cours des prochaines décennies. Il s'agira en premier lieu, de déterminer les besoins réels des personnes, d’examiner comment assurer le maintien à domicile des personnes âgées le plus longtemps possible. Il faudra ensuite sérier les pistes de financement : assurance obligatoire ou facultative, collective ou individuelle ?
C’est la concertation qui permettra de répondre à toutes ces questions, sans a priori et sans préjugé. La dépendance, Mesdames et Messieurs les députés, est un sujet majeur, c’est un sujet incontournable. Il a fallu plusieurs années de débats et de rapports pour que la question des retraites arrive à maturité dans l’opinion. Eh bien avec le Président de la République, nous voulons préparer le défi de la dépendance avant que l’urgence ne s’abatte sur nous.

Mesdames et Messieurs les députés, la force de notre nation ne réside pas seulement dans la résolution de ceux qui la dirigent. Elle naît et s’épanouit dans le cœur de chacun. Inscrire sa destinée dans un destin commun, donner à son pays autant que l’on reçoit de lui, transmettre à nos enfants un peu plus que ce que nos parents nous ont légué, intégrer et assimiler les étrangers qui rejoignent la communauté nationale, c’est là l’esprit du pacte républicain. Ce pacte nous savons tous qu’il est fragile et partout où l’Etat démissionne, l’incivisme et le désordre gagnent.
Notre volonté de rehausser les valeurs qui fondent la République française reste intacte.
Notre volonté d’endiguer l’immigration clandestine ne faillira pas !
Notre volonté de combattre l’insécurité n’est pas de circonstance parce que ce n’est pas le combat d’un jour et parce que cela ne peut pas être un combat politicien. La réponse policière et pénale doit s’adapter à des phénomènes alliant criminalité organisée, délinquance urbaine, trafics d’armes et de drogue.
Contre ces fléaux, l’efficacité de notre lutte dépend des forces de l’ordre dont je veux saluer le travail. Elle dépend des élus de terrain, les maires qui sont en première ligne ; elle dépend aussi de la capacité de la chaîne pénale à rendre effectif le principe d’exemplarité des peines sans lequel la récidive est quasiment assurée.

Le Président de la République a annoncé une série de mesures qui sont inscrites dans la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure portée par Brice HORTEFEUX. De Grenoble à Marseille, la démonstration est faite qu’aucun relâchement, aucune complaisance, ne sont possibles. Le défi est policier, il est judiciaire, éducatif, familial mais il est aussi moral. C’est toute une chaîne de responsabilité, de civisme, de respect mutuel que nous devons ensemble retendre. Le Parti socialiste se targue d’avoir fait sa mue sur les questions de sécurité. Après 20 ans d’indécision, 20 années aux cours desquelles la gauche refusa de regarder la réalité en face, eh bien j’attends toujours qu’elle joigne ses efforts aux nôtres.

Parmi les fondements de notre Etat républicain, il y a la justice, respect de la Loi, force du droit. Oui, c'est à partir de là qu'existe l'Etat de droit et que la démocratie peut vivre dans le respect de chacun. La Justice n'échappe pas aux mouvements du temps. Et parmi ceux-ci, une conception toujours plus exigeante des droits de la Défense qui amènera à revoir les conditions de la garde à vue. Ce texte, vous allez en débattre bientôt sur la base d'un projet ambitieux qui fait de l'assistance par un avocat en garde à vue un principe, tout en ménageant les nécessités de l'enquête. Des affaires récentes ont mis en lumière l'attention toujours vive que porte la société à la justice pénale. Rien de ce qu'elle décide ne lui est indifférent. Et plus que toutes autres, les juridictions pénales exercent l'autorité publique et garantissent l'ordre public. Le principe selon lequel, comme toute juridiction, celles-ci jugent au nom du peuple français est vécu avec une intensité particulière. Et cela justifie le rôle éminent du Parquet aussi bien que la présence des jurés aux assises.

Le Président de la République nous invite à aller plus loin. Le Garde des Sceaux ouvrira donc un large débat pour savoir comment renforcer ce lien entre le peuple souverain et sa justice pénale. Non pas par méfiance à l'égard des magistrats dont le professionnalisme et la haute conscience méritent notre respect. Mais pour que nos concitoyens se reconnaissent toujours mieux dans la Justice, pour éviter une sorte de schisme insidieux qui couperait le pays légal du pays réel. Quels délits peuvent donner lieu à des formations de jugement impliquant la participation d'assesseurs issus de la société civile ? Faut-il envisager un seuil de gravité ? Est-ce en première instance ou seulement en appel ? Ne faut-il pas aussi réfléchir au fonctionnement des assises ? Est-il nécessaire d'avoir toujours 9 jurés ou bien peut-on dans les cas les moins graves trouver une forme de participation populaire moins lourde ? Enfin, en matière de libération conditionnelle, lorsque le tribunal d'application des peines statue, ne devrait-il pas dans certains cas s'élargir à des non magistrats ? Bien sûr je ne méconnais pas les problèmes matériels que poseront ces évolutions, mais je veux dire que ceux-ci ne peuvent empêcher une réflexion de fond.

A ce stade, je ne veux préjugez de rien, mais je demande à la Représentation nationale d'aborder avec le gouvernement le débat sans a priori. L’esprit de justice, je le vois aussi dans la mise en œuvre des révisions de la Constitution votée par le Parlement en 2007 et 2008. La question prioritaire de constitutionnalité, Mesdames et Messieurs les Députés, est une avancée démocratique que la gauche n’a jamais osé engager en son temps. Eh bien, la loi organique sur le Défenseur des droits votée au Sénat en juin, sera inscrite à l’ordre du jour de votre Assemblée au tout début de l’année 2011, pour une mise en place au printemps. Et les deux dernières lois organiques attendues pour l’application des dispositions votées ont été transmises au Conseil d’Etat. Elles seront délibérées en Conseil des ministres avant la fin de l’année. Il s’agit du referendum d’initiative populaire d’une part et du nouveau régime de mise en cause de la responsabilité du Chef de l’Etat.

Monsieur le Président… C’est étonnant de voir l’impatience qu’il y a sur les rangs de la gauche, à voir mise en œuvre une réforme que la plupart d’entre eux, ont combattue et non pas votée.

Mesdames et messieurs les députés, depuis 2007, nous modernisons le modèle français. Notre espérance nous interdit de piétiner devant les difficultés ; d’être indulgents sur nos faiblesses et d’être inutilement divisés. Je refuse toute idée d’usure ou de pause. L’usure est la maladie du découragement et la pause c’est la marque des indécis.
Nous nous sommes depuis trop d’années bercés de la certitude de notre grandeur.
Nous nous sommes depuis trop d’années nourris de l’illusion qu’une croissance meilleure suffirait à remettre les choses à l’endroit. Sur le rivage du monde, nous avons attendu le retour des vents favorables en essayant de colmater les brèches les plus périlleuses.
Nicolas SARKOZY a proposé à la France d’assumer les réalités d’un monde qui peut nous déplaire mais qui est le nôtre. Il a proposé de reconstruire notre communauté nationale autour du travail. Il a donné la priorité à nos forces universitaires, scientifiques et à nos entrepreneurs. Et bien je suis persuadé que cette voie est la bonne. C’est la seule qui s’inscrit dans la fidélité de notre héritage. Les Français savent très bien à quel travail opiniâtre ils doivent le modèle social qui les protège, la culture qui les relie, les paysages qu’ils aiment, la République qu’ils chérissent. Ils savent ce qu’ils doivent aux générations passées, elles qui se sont battues pour la liberté et le progrès.
Nous sommes les héritiers de rêves acharnés. Je suis persuadé que ce rêve est vivant !

Les temps changent, les générations passent, mais dans ce Palais Bourbon, une voix persiste : c’est celle de l’unité de la nation. D’une nation qui s’est progressivement organisée autour de territoires, d’une langue, d’un Etat, pour devenir ce qu’est la France d’aujourd’hui : un point ardent dans la géographie du monde. Renoncer, douter, serait se parjurer devant l’Histoire. Ce serait laisser le terrain libre à tous ceux qui avancent des idées fausses et des fausses pistes, ces mirages désastreux que sont le partage du travail, la retraite le plus tôt possible, l’endettement sans fin, la diabolisation du capital, le protectionnisme.
Cesser d’avancer, ce serait oublier ce que nous avons fait et ce qu’il nous reste à faire. Notre marche n'est pas finie.

Nous devons pouvoir regarder nos concitoyens dans les yeux, parce que nous avons été fidèles à nos engagements. Nous devons les convaincre que le courage des réformes est plus protecteur que la quiétude de l'inaction. Nous devons être plus crédibles que nos détracteurs et cela exige droiture, solidité et unité.

Mesdames et Messieurs les députés, la confiance que je vous demande n’est pas une marque d’allégeance. Elle est la marque de notre fidélité, la marque de notre volonté, elle est la marque résolue de ceux qui, jusqu’au terme de leur mandat, agissent pour l’espérance et pour la France.

Ce texte est une base de références pour les victimes des manipulations de la 'presse infâme' et des
'chefs de bandes' (extrait -transposable- de l'éloge funèbre de Léon Blum à Roger Salengro - Lille, le 22 novembre 1936)

dimanche 29 août 2010

Université d'été du PS: sans projet, Aubry vitupère contre le Chef de l'Etat

En plein délire de persécution, Martine Aubry libère son agressivité

Retranchée dans son cercle étroit de courtisans, elle est clairement coupée des réalités

La sexagénaire n'a pas assez morflé
Bien qu'elle se dise "salie" et "abimée" (et quoi encore ?), Martine Aubry a-t-elle tellement souffert ? N'aurait-elle pas profité, le 8 août dernier, de ses droits à la retraite, si elle exerçait pleinement le métier à risques qu'elle dit. Elle est donc toujours là, humour lourd et face écarlate.
VOIR et ENTENDRE - Mission: découvrir les propositions de son projet ... Nous n'en sommes pas à un chiffrage !

Chacun notera l'inconséquence de l'oratrice fielleuse.
Dans l'instant où elle accuse le pouvoir d'amalgames, la rempailleuse du PS met dans le même panier d'osier les Rom (qu'elle refoule à Lille: voir et entendre dans PaSiDupes la déclaration indignée de François Fillon sur le comportement de la maire de Lille envers les Rom) et les gens du voyage.
Les derniers sont des Français qu'elle assimile (ni vu ni connu, j't'embrouille) à
des Rom sans papiers d'origine bulgare ou roumaine...

Le PS n'en est nulle part
De leur université d'été de La Rochelle, les socialistes ont envoyé des cartes postales d'unité, tandis qu'Aubry vitupérait contre le Chef de l'Etat, pour au total ne faire aucune proposition. Les présents n'ont pas été deçus; ils n'en espéraient aucune.

Ils ont en revanche été perfusés à la haine socialiste jusqu'à l'overdose.
Ils repartent chargés, mais comme ils sont venus, avec leurs a priori désespérés, leurs mauvais sentiments nihilistes et le cynisme de leurs critiques populistes.
La "gauche de progrès" stagne et régresse donc.

En régressant, l'opposition conservatrice tire le pays vers le bas
Ses critiques et insultes permanentes pèsent sur le moral des Français. Ses entraves et blocages malveillants retardent la sortie de crise: une responsabilité, dont la gauche devra rendre compte devant l'Histoire.

mardi 7 avril 2009

La vérité sur l’accusation de Royal à Dakar : elle a voulu damer le pion d’Aubry

La Cynique Majesté Royal a brûlé la politesse à sa première secrétaire !

Le chef de l'Etat avait tenu un discours de sympathie et d’espoir au Sénégal, en juillet 2007.
Qu’en a fait le PS ?


Dans cette intervention, Nicolas Sarkozy, le vainqueur de Désirdavenir Royal à la présidentielle de juin 2007, avait notamment déploré «le drame de l'Afrique » : l'Homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire". C’était un encouragement, comme le «pas assez » le souligne, mais dans leur interprétation partisane, ses adversaires de l’opposition politico-médiatique ne font pas dans la nuance et l'escamotent pour susciter une polémique.

Royal a mis Aubry devant le fait accompli

"J'ai été heureuse que Ségolène ait dit ce qu'elle a dit", a prétendu la première secrétaire du PS, Martine Aubry. Interrogée par la presse au siège du PS, elle a trahi son infortune en faisant valoir qu'elle avait "tenu des propos semblables en 2007". Seraient-elles en concurrence aussi sur l’Afrique ?

L’amère Royal n’a pas averti Aubry qu’elle a prise de vitesse
"L'Afrique et la France, c'est une autre histoire. Je ne crois pas à la fatalité. Je tends la main à l'Afrique, aimons-là", a affirmé celle qui confie une "passion pour l'Afrique". Elle compte d'ailleurs se rendre -à son tour- au Sénégal et au Mali "sans doute fin juin", a-t-elle indiqué lundi à la presse.

Effarée, la majorité s’indigne

Sur le fonds, Bernard Kouchner, a commenté la provocation de Sa Cynique Majesté Royal, à froid et au vu d’un extrait. Le ministre des Affaires Etrangères a déclaré n’avoir décelé « ni racisme, ni jugement péjoratif ».

Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a estimé mardi que le produit d’appel du PS a "proféré des attaques infantiles contre Nicolas Sarkozy" en demandant pardon sur la base de son interprétation personnelle des propos sur l'Afrique du chef de l'Etat en 2007 au Sénégal.
L'ex-candidate à la présidentielle "fait un contresens historique en Afrique, tout simplement pour faire diversion", a-t-il souligné. Elle sort la phrase de son contexte et développe un détournement de pensée et de propos. L’hôte du Président sénégalais n’était pas à Dakar pour se livrer à une agression verbale à l’encontre d’un pays ami.

"Mme Royal n'a trouvé comme seul moyen de faire parler de son voyage, et de faire oublier que, contrairement à ce qu'elle avait prétendu, elle n'était pas reçue par le président (Abdoulaye) Wade, que de proférer des attaques infantiles contre Nicolas Sarkozy devant ses amis du Parti socialiste sénégalais, a noté F. Lefebvre.

Rama Yade est bon juge à deux titres
Secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme et d’origine sénégalaise, elle a dit « douter de la sincérité de Mme Royal. » « Ces malentendus-là sont aujourd’hui instrumentalisés par Ségolène Royal dans un jeu politicien qui n’est pas honorable. »

La secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano a quant à elle estimé aujourd’hui mardi qu’ hier la Gelée Royal s'était livrée à un anti-sarkozysme "primaire", "hystérique", dans son détournement du discours de Dakar du chef de l'Etat.

Copé dénonce les propos « écoeurants » de l’amère Royal à Dakar
Selon lui, l'ex-candidate à la présidentielle "fait un contresens historique en Afrique, tout simplement pour faire diversion". Et exister face à sa rivale victorieuse sur elle dans la prise du PS. "De Chine à Dakar, en passant par Washington, Mme Royal ridiculise notre pays par son attitude et ses sorties iconoclastes", ajoute-t-il.
"Que Mme Royal, responsable ô combien importante de l'opposition, soit allée humilier notre pays comme elle l'a fait, à l'étranger, c'est juste scandaleux", a déclaré le patron des députés UMP.

F. Copé a déploré que le PS fasse "feu de tout bois dans un désordre lamentable" contre Nicolas Sarkozy, "à l'exception très notable de Dominique Strauss-Kahn qui a bien voulu dans ses fonctions de patron du FMI saluer le plan de relance coordonnée" adopté par le G-20 à Londres.

"Voir tous ces responsables socialistes les uns après les autres se conduire de manière irresponsable et Ségolène Royal tenir les propos qu'elle a tenus à l'étranger sur notre pays, c'est indigne et scandaleux", a jugé le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale.

L’amère Royal fait de la provocation son fonds de commerce, mais la « tête de gondole » socialiste devrait se garder d’humilier ses adversaires en pensant que ses vainqueurs et les Français sont à son image. L’intention du Président Sarkozy n’a rien à voir avec cette élucubration malsaine d’un esprit malade.

jeudi 17 mai 2007

Passation de pouvoir de Villepin à Fillon

François Fillon succède à Dominique de Villepin.
François Fillon, officiellement nommé premier ministre ce matin par Nicolas Sarkozy, a prononcé son premier discours officiel de Premier Ministre à Matignon lors de la passation de pouvoir avec Dominique de Villepin.
VOIR et ENTENDRE (04:54)

mercredi 16 mai 2007

Discours d'investiture du Président Sarkozy

Texte intégral:
Voici l'intégrale du discours prononcé mercredi par le président Nicolas Sarkozy au jour de son investiture:

"Mesdames et Messieurs,
En ce jour où je prends officiellement mes fonctions de président de la République française, je pense à la France, ce vieux pays qui a traversé tant d'épreuves et qui s'est toujours relevé, qui a toujours parlé pour tous les hommes et que j'ai désormais la lourde tâche de représenter aux yeux du monde.
Je pense à tous les présidents de la Ve République qui m'ont précédé.
Je pense au général De Gaulle qui sauva deux fois la République, qui rendit à la France sa souveraineté et à l'Etat sa dignité et son autorité.
Je pense à Georges Pompidou et à Valéry Giscard d'Estaing qui, chacun à leur manière, firent tant pour que la France entrât de plain-pied dans la modernité.
Je pense à François Mitterrand, qui sut préserver les institutions et incarner l'alternance politique à un moment où elle devenait nécessaire pour que la République soit à tous les Français.
Je pense à Jacques Chirac, qui pendant douze ans a oeuvré pour la paix et fait rayonner dans le monde les valeurs universelles de la France.
Je pense au rôle qui a été le sien pour faire prendre conscience à tous les hommes de l'imminence du désastre écologique et de la responsabilité de chacun d'entre eux envers les générations à venir.
Mais en cet instant si solennel, ma pensée va d'abord au peuple français. Le peuple français est un grand peuple, qui a une grande histoire et qui s'est levé pour dire sa foi en la démocratie, pour dire qu'il ne voulait pas subir. Je pense au peuple français qui a toujours su surmonter les épreuves avec courage et trouver en lui la force pour transformer le monde.
Je pense, je ne vous le cache pas, avec émotion à cette attente, à cette espérance, à ce besoin de croire à un avenir meilleur qui se sont exprimés si fortement durant la campagne qui vient de s'achever.
Je pense avec gravité au mandat que le peuple français m'a confié et à cette exigence si forte qu'il porte en lui et que je n'ai pas le droit de décevoir.
Exigence de rassembler, rassembler les Français parce que la France n'est forte que lorsqu'elle est unie et qu'aujourd'hui elle a besoin d'être forte pour relever les défis auxquels elle est confrontée.
Exigence de respecter la parole donnée, respecter la parole donnée, de tenir les engagements parce que jamais la confiance n'a été aussi ébranlée, aussi fragile.
Exigence morale parce que jamais la crise des valeurs n'a été aussi profonde, parce que jamais le besoin de retrouver des repères n'a été aussi fort.
Exigence de réhabiliter les valeurs du travail, de l'effort, du mérite, du respect, parce que ces valeurs sont le fondement de la dignité de la personne humaine et la condition du progrès social.
Exigence de tolérance et d'ouverture parce que jamais l'intolérance, le racisme, l'antisémitisme et le sectarisme n'ont été aussi destructeurs, parce que jamais il n'a été aussi nécessaire que toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté mettent en commun leurs talents, leurs intelligences, leurs idées pour imaginer l'avenir.
Exigence de changement parce que jamais l'immobilisme n'a été aussi dangereux pour la France que dans ce monde en pleine mutation où chacun à travers le monde s'efforce de changer plus vite que les autres, où tout retard serait fatal et deviendrait vite irrattrapable.
Exigence de sécurité et de protection parce qu'il n'a jamais été aussi nécessaire de lutter contre la peur de l'avenir et contre ce sentiment de vulnérabilité qui découragent l'initiative et la prise de risque, alors que la France a tant besoin que l'on prenne des risques et que l'on assume les initiatives.
Exigence d'ordre et d'autorité parce nous avons trop cédé au désordre et à la violence, qui sont d'abord préjudiciables aux plus vulnérables et aux plus humbles.
Exigence de résultat parce que les Français en ont assez que dans leur vie quotidienne rien ne s'améliore jamais, parce que les Français en ont assez que leur vie soit toujours plus lourde, toujours plus dure, parce que les Français en ont assez des sacrifices qu'on leur imposerait sans aucun résultat. L'exigence de résultats est un devoir pour moi.
Exigence de
justice parce que depuis bien longtemps autant de Français n'ont pas éprouvé un sentiment aussi fort d'injustice, ni le sentiment que les sacrifices n'étaient pas équitablement répartis, ni que les droits n'étaient pas égaux pour tous.
Exigence de rompre enfin avec les comportements du passé, les habitudes de pensée et le conformisme intellectuel qui a fait tant de mal à notre démocratie. Parce que jamais les problèmes à résoudre n'ont été aussi inédits, il nous faut inventer de nouvelles solutions.
Le peuple m'a confié un mandat. Je le remplirai. Je le remplirai scrupuleusement, avec la volonté d'être digne de la confiance que m'on manifesté les Français.
Je défendrai l'indépendance de la France. Je défendrai l'identité de la France, parce que la France a une identité.
Je veillerai au respect de l'autorité de l'Etat et par dessus tout à son impartialité.
Je m'efforcerai de construire une République fondée sur des droits réels et une démocratie irréprochable.
Je vais me battre pour une Europe qui protège, parce que le sens de l'idéal européen c'est protéger les citoyens de l'Europe. Je me battrai pour l'union de la Méditerranée. En tournant le dos à la Méditerranée, la France a cru tourner le dos à son passé, en fait elle a tourné le dos à son avenir. Je me battrai pour le développement de l'Afrique parce que le destin de l'Europe et celui de l'Afrique incontestablement sont liés.
Je ferai de la défense des droits de l'homme et de la lutte contre le réchauffement climatique les priorités de l'action diplomatique de la France dans le monde.
La tâche sera difficile. Elle devra s'inscrire dans la durée.
Chacun d'entre vous à la place qui est la sienne dans l'Etat et chaque citoyen à celle qui est la sienne dans la société ont vocation à y contribuer.
Je veux dire ma conviction qu'au service de la France il n'y a pas de camp. Il n'y a que les bonnes volontés de ceux qui aiment leur pays. Il n'y a que les compétences, les idées et les convictions de ceux qui sont animés par la passion de l'intérêt général.
A tous ceux qui veulent servir la France, je dis du fond de mon coeur que je suis prêt à travailler avec eux. Je ne leur demanderai pas de renier leurs convictions, de trahir leurs amitiés et d'oublier leur histoire. A eux de décider, en leur âme et conscience d'hommes libres, comment ils veulent servir la France. Pour moi le service de la France c'est un devoir.
Le 6 mai, il n'y a eu qu'une seule victoire, celle de la France qui ne veut pas mourir, qui veut l'ordre mais qui veut aussi le mouvement, qui veut le progrès mais qui veut la fraternité, qui veut l'efficacité mais qui veut la justice, qui veut l'identité mais qui veut aussi l'ouverture.
Le 6 mai, il n'y a eu qu'un seul vainqueur, le peuple français, qui est grand parce qu'il ne veut pas renoncer, qui ne veut pas se laisser enfermer dans l'immobilisme, parce qu'il refuse le conservatisme, le peuple français qui ne veut pas que l'on décide à sa place, et qui par dessus tout ne veut plus que l'on pense à sa place.
Eh bien, à cette France qui veut continuer à vivre, à ce peuple qui ne veut pas renoncer, qui mérite notre amour et notre respect, je veux dire ma détermination totale à ne jamais le décevoir.
Vive la République!
Vive la France!"