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jeudi 16 janvier 2014

Onde de "choc de simplification" dans les régions

Sept régions vont passer à la trappe 

La réorganisation territoriale devrait entraîner la réduction de 22 régions administratives en métropole à une quinzaine,
  
Malbouffe
administrative
a annoncé mercredi Thierry Mandon, codirigeant du conseil de la simplification. 

Une mesure déjà évoquée par Edouard Balladur en 2009. Dans un souci de réduction de la dépense publique, François Hollande a créé il y a quelques mois le conseil de la simplification, dont l'une des missions est la réorganisation territoriale. 
Au lendemain de la conférence de presse du chef de l'Etat, où cette réorganisation a été esquissée, Thierry Mandon, député PS et codirigeant du conseil, a précisé que l'idée qui se dégage actuellement concerne notamment la suppression de plusieurs régions administratives. Actuellement au nombre de 22 en métropole (et quatre en outre-mer), elles passeraient à une quinzaine, soit presque 1/3 de moins
Thierry Mandon n'a en revanche pas précisé quelles régions fusionneraient et/ou seraient redécoupées. 

Cette idée d'une France à quinze régions a été reprise à Nicolas Sarkozy, qui avait mis en place un comité de réforme des collectivités locales dirigé par Edouard Balladur (voir la carte ci-dessous). 
Elle avait été rapidement enterrée face à l'obstruction parlementaire de la gauche, alors dans l'opposition, menée par Jean-Marc Ayrault à l'Assemblée.
Les députés socialistes avaient prévu de déposer plusieurs milliers d'amendements à partir de ce mardi afin de tenter faire capoter une réforme qu'ils jugent contraire aux principes fondamentaux des lois de la République.

Le combat était principalement mené par Laurent Fabius, actuel ministre belliciste des Affaires étrangères, Elisabeth Guigou ou encore Bruno Le Roux,
chef de file du groupe socialiste à l'Assemblée. A propos des futurs conseillers territoriaux Laurent Fabius, alors député (PS) de Haute-Normandie, s'emballait en défendant le cumul: "Il s'agit d'abréger un mandat au nom d'une réforme non votée. Il existe là une incertitude juridique." Le projet gouvernemental prévoyait pourtant de doter le conseiller territorial des compétences du conseiller général et de celles du conseiller régional. Les députés socialistes voyaient alors dans ce futur élu une "personnalité mi-chèvre-mi poisson", selon les termes de Laurent Fabius, et un "cumulard obligatoire" - malgré la fusion? - au moment où l'on souhaite lutter contre le cumul des pouvoirs.

La carte envisagée par le comité Balladur en 2009, prévoyant 15 régions françaises contre 22 actuellement
Autre piste explorée selon Thierry Mandon
Laurent Fabius va devoir repartir à la chasse-pêche. "Là où il y a une métropole forte et là où il y a un département, on fait converger les deux" et d'une "digestion des départements par les métropoles", annonce Mandon, dans un calme plat du côté des Fabius, Guigou et Le Roux...  
En Ile-de-France, "ça sert à la Grande Couronne, parce que l'agglomération est sur la petite couronne, Paris et autour de Paris". 
Une loi créant 13 métropoles aux pouvoirs très larges a été votée définitivement par le parlement en décembre.

dimanche 11 mars 2012

La majorité présidentielle galvanisée par le meeting de Villepinte

Nicolas Sarkozy a livré sa vision de la "France forte"
En meeting dimanche au Parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis), . Entouré de son épouse Carla Bruni-Sarkozy, de ses trois fils et d'un parterre de "stars", le candidat de l'UMP a dit combien il est déterminé à battre son rival PS François Hollande.


10 heures : militants et stars s'installent


Les 70.000 militants venus de la France entière remplissent peu à peu l'immense salle du Parc des expositions, grande de plus de 47 000 mètres carrés (soit un peu plus de six terrains de football). Claude Guéant - ministre de l'Intérieur et candidat aux législatives - ou encore Guillaume Peltier - secrétaire national responsable des sondages - ont voyagé dans le bus affrété par leur fédération UMP. Au premier rang s'installent l'épouse du président Carla Bruni-Sarkozy ainsi que ses trois fils Pierre, Jean et Louis.

Un peu plus loin, les "stars" sont tout sourire et posent pour les photographes. On aperçoit Gérard Depardieu, Christian Clavier, Jean Reno, Didier Barbelivien, Enrico Macias, Emmanuelle Seigner et l'académicien Jean d'Ormesson.


11 h 30 : bataille à l'applaudimètre

Surchauffée, la salle entonne des Marseillaise improvisées et scande : "Sarkozy président !" À la fin du conseil national de l'UMP qui s'est déroulé dans la matinée, plusieurs personnalités de la majorité se succèdent à la tribune : Pierre Méhaignerie, Christine Boutin, Hervé Morin, Bernard Accoyer, Valérie Pécresse, Jean-Pierre Raffarin.

Une heure plus tard, François Fillon - Premier ministre - et Jean-François Copé - patron de l'UMP - prononcent leurs discours. Entre les deux rivaux - tous deux en lice pour diriger la majorité -, c'est la bataille de l'applaudimètre. Les "Fillon, Fillon" l'emportent haut la main. "Dressons-nous ensemble et faisons gagner Nicolas Sarkozy pour la France et la République !" conclut François Fillon.


13 heures : Enrico Macias : "Sarkozy, un homme de parole"

Dans la salle, une multitude de drapeaux français flottent. Il n'y a aucune bannière de l'UMP. Objectif : montrer que Sarkozy est le "candidat du peuple" et non celui d'un parti.

Les deux "nouveaux visages de la droite
", Salima Saa et Guillaume Peltier, introduisent six témoignages représentatifs de la "France forte" soutenant le candidat UMP. Se succèdent à la tribune Bernadette Chirac, l'acteur Gérard Depardieu, le chanteur Enrico Macias, la ministre Jeannette Bougrab, "fille de Harki", Frédéric Nihous, Chenva Tieu - le "Monsieur Asie" de Sarkozy -, le cinéaste Alain Terzian et le maire de Drancy Jean-Christophe Lagarde. Tous rendent hommage au président-candidat. Enrico Macias salue "un homme de parole et un ami fidèle". Gérard Depardieu défend le président sans cesse attaqué par la gauche : "Depuis que ce nouvel ami que j'ai, et qui est Nicolas Sarkozy, est au pouvoir, je n'entends que du mal d'un homme qui ne fait que du bien !" Quant au cinéaste Alain Terzian, il remercie Nicolas Sarkozy pour la baisse de la "piraterie sur Internet".


14 heures : Nicolas Sarkozy parle à "la France du non"

Après le discours de Henri Guaino - conseiller spécial de Nicolas Sarkozy -, l'hymne de campagne résonne dans la salle. Debout sur leurs chaises, les militants agitent leurs drapeaux français.

Tout sourire, costume sombre et cravate noire, le candidat Sarkozy fait alors son entrée. Il serre les mains des militants sur son passage. "Nicolas ! Nicolas ! On va gagner !" scande la salle.


Une fois sur l'estrade, le candidat parcourt l'immense scène de bout en bout et s'approche du micro. Pendant une heure, le candidat parle surtout à la "France du non" et prononce un discours à forte connotation protectionniste à l'américaine. Il propose ainsi la révision des accords de Schengen pour mieux lutter contre l'immigration clandestine. Deuxième annonce du jour : la mise en place d'un "Buy European Act sur le modèle du Buy American Act" pour que les entreprises qui produisent en Europe bénéficient de l'argent public européen. La foule en délire acclame "Nicolas" et explose de joie.


15 heures : direction le Stade de France

Après avoir chanté la Marseillaise, Nicolas Sarkozy sort de scène pour embrasser sa femme Carla Bruni-Sarkozy. Le candidat salue ensuite Édouard Balladur et donne l'accolade à François Fillon, Jean-François Copé, Alain Juppé, Bernardette Chirac, Gérard Depardieu puis Rachida Dati.

Quittant rapidement la salle pour se rendre au match de rugby France-Irlande, Nicolas Sarkozy - suivi de son épouse et de Gérard Depardieu - serre les mains de quelques militants. Derrière les barrières, ces derniers jouent des coudes pour toucher Nicolas Sarkozy ou lui murmurer leur soutien.

Les militants ont acquis la conviction que leur candidat va l'emporter sur Hollande

"Sarkozy a été extraordinaire ! On a eu des frissons", confie Jules, un commerçant, venu avec des amis.

samedi 14 janvier 2012

Bayrou: tous coupables de la perte du triple A

Une "coresponsabilité" UMP-PS qui exonérerait l'ancien ministre

Bayrou, candidat du MoDem à la présidentielle, profiteur assumé du coup dur

Le candidat centriste rend ses adversaires UMP et PS "co-responsables" . Le Cassandre y est allé de son commentaire, estimant ce matin que la perte par la France de son triple A va "obliger tout le monde à regarder la réalité en face" et à "quitter les chimères".

"Il a été révélé hier soir aux yeux des Français que la situation de notre pays était plus grave que les gouvernements successifs ne l'avaient dit depuis longtemps", a-t-il clamé en ouverture du premier des forums de son "Agenda 2012-2020", consacré au "produire en France" et au "redressement" du pays.
"Pour la première fois depuis le premier jour de la construction européenne, la France n'est plus dans le peloton de tête des pays européens et tout cela va avoir évidemment des conséquences réelles et psychologiques importantes pour notre pays, pour son économie et pour son image", a-t-il déploré.


Sarkozy hérite d'une situation vieille de 20 ans


Si F. Bayrou "ne met pas tout le monde sur le même plan" et juge que "naturellement, il y a une responsabilité récente des gouvernements de Nicolas Sarkozy", la situation actuelle a, selon lui, "pris naissance au milieu ou à la fin des années 90" et "engage donc la responsabilité des deux forces qu'on présente comme principales, l'UMP et le PS".


Bayrou pavoise

"Oui, il y a une coresponsabilité" des "deux rives, droite et gauche", a-t-il encore insisté, avec un gouvernement qui "dépensait sans prudence, y compris en baissant la fiscalité des plus favorisés", et "en face à l'Assemblée et dans la rue, une opposition qui exigeait qu'on dépense plus encore".

"Ce qui se produit" n'est "pas une surprise" pour le député des Pyrénées-Atlantiques. "C'est que j'avais annoncé et pris en compte depuis des années et des années quand je disais que la politique suivie était une politique qui négligeait les questions du déficit et de la dette et allait nous amener dans le mur". "Dès 2002", a-t-il martelé, il avait "proposé ce que l'on a depuis appelé la 'règle d'or' ".
Et de d'exhiber ses plaies ouvertes:"Je me souviens très bien des sarcasmes que cette idée faisait naître à l'époque" à droite comme à gauche.

Bayrou a-t-il de quoi faire cocorico sur le tas de fumier fumant ?
"Comme candidat qui propose un choix différent au pays" et inscrit sa "démarche originale sous la maxime 'gouverner, c'est prévoir'", "je veux y voir au moins un avantage: la dégradation va obliger tout le monde à regarder la réalité en face et à quitter les chimères avec lesquelles on a vécu depuis si longtemps".


Les exploits du ministre Bayrou

Au ministère de l'Education nationale (1993-1997) dans le gouvernement de cohabitation d'Édouard Balladur
, sa réforme de la loi Falloux, qui aurait abrogé les limites au financement de l'école privée par les collectivités locales, conduisit près d'un million de manifestants dans la rue, le 24 janvier 1994: ils entendaient imposer le monopole de l'école laïque et conspuèrent la méthode Bayrou, alors critiquée à droite comme à gauche qui dénoncèrent sa volonté de " réformer à la hussarde ". Finalement, le Conseil Constitutionnel rejeta le projet de François Bayrou qui a depuis oublié combien il est difficile de réformer.
Critique, Roger Fauroux, qui présidait une commission sur la réforme de l'école, déclara que l'actuel pontife béarnais gouvernait alors " avec le sondoscope en bandoulière ".

François Bayrou ne s'est plus vu confier aucun portefeuille ministériel depuis 1997: 15 années qui l'autorisent à accuser les acteurs politiques aux responsabilités pendant sa mise au placard.

lundi 2 janvier 2012

Affaire Karachi: le PS la met en veilleuse

Les supputations de Libération dérangent à gauche



On a, sans nul doute,
envie de lui faire confiance



Les "révélations" de Libération ne convainquent pas


Les dernières révélations sur l’affaire Karachi n’ont pas suscité plus d'intérêt que ça. Dans son édition de lundi, Libération rapporte qu’un ancien haut fonctionnaire a déclaré au cours de son audition devant le juge avoir appris - "par "ouï dire" - que Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget, avait donné en 1994 son aval à la création d’une société luxembourgeoise chargée de verser des commissions dans le cadre de contrats d’armement. La justice cherche à savoir si ces commissions n’ont pas été au départ de rétrocommissions qui auraient financé la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995.


Les allégations
L'accusateur émet un avis personnel.
Un ancien haut fonctionnaire du ministère de la Défense, Gérard-Philippe Menayas, entendu le 2 décembre dernier par le juge Renaud Van Ruymbeke (qui s'est fait connaître dans l'affaire Robert Boulin, restée non élucidée) dans le cadre de l'affaire Karachi, a affirmé que, selon lui, Nicolas Sarkozy - ministre du Budget en 1994 - ne pouvait qu'être au courant du versement de rétrocommissions en coulisse du contrat d'armement signé avec le Pakistan. "Il est clair [sic] que le ministère du Budget a nécessairement donné son accord pour la création de Heine, a-t-il accusé lors de son audition, dont le procès verbal a été dévoilé lundi matin par le quotien socialiste Libération. "Vu l'importance du sujet, cette décision ne pouvait être prise qu'au niveau du cabinet du ministre, a-t-il insisté. Et de répéter catégoriquement au cours de l'audition: «Je n'imagine pas qu'une telle décision ait pu être prise sans l'aval du cabinet du ministre", a-t-il martelé, à défaut de preuves.


Le socialiste Manuel Valls s'est emballé

La réaction la plus virulente est venue de Manuel Valls.
Sautant quelques intermédiaires au passage, il a roulé des mécaniques "Il est temps que le président, je l'exige, s'explique sur cette affaire d'Etat", a déclaré le responsable de la communication de François Hollande en campagne sur France 2. Le député-maire d’Evry a évoqué un "besoin criant de vérité, de transparence". "Nous le devons aux familles des victimes", a-t-il assuré, comme on fait en ce genre de circonstances floues, au sujet de l'attentat de Karachi de mai 2002, qui a fait 15 morts, dont 11 Français, au Pakistan. L’arrêt du versement des commissions dans le cadre du contrat Agosta, arrêt décidé par Jacques Chirac en 1995, pourrait être à l’origine de cet attentat. C’est en tout cas une des pistes étudiées par la justice.


Les camarades socialistes de Manuel Valls sont plus circonspects

Ils redoutent un effet boomrang
"Je vais être extrêmement prudent
parce que je ne crois pas qu'une campagne doive se faire dans un climat d'affaires ou d'affairisme", a ainsi lâché, inqueit, Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande, sur RTL. Mais "il faudra bien qu'un jour, Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy s'expliquent sur le financement de cette étrange campagne ou l'étrange financement de cette campagne", a-t-il tout de même déclaré.

Des politiques de tous bords sont cités
Dans un cahier saisi par deux juges du pôle financier, Françoise Desset et Jean-Christophe Hullin, qui enquêtaient sur une affaire mineure de barbouzes au sein de la DCN, selon l'hebdomadaire Bakchich Hebdo, il est écrit:"L'un des principaux bénéficiaires des 5 millions de francs [affaire frégates] serait Edouard Balladur. L'autre, Elisabeth Guigou (PS), grâce à un système élaboré des prêts adossés."
Lien backchich.info



La majorité ne s'émeut pas

La majorité ne compte plus les rumeurs et accusations socialistes.
"C'est une affaire qui remonte à plus de 20 ans aujourd'hui" (1994), a estimé sur RTL Luc Chatel. "Attendons les faits et non pas de supposées déclarations via voie de presse", a encore déclaré le ministre de l’Education. "Il y a une enquête judiciaire qui est en cours. A chaque fois que le gouvernement était sollicité pour fournir des informations à la justice, il l'a fait. Donc nous jouons la transparence, et laissons l'enquête judiciaire se dérouler".

Même profession de bonne foi chez Nathalie Kosciusko-Morizet. "Le gouvernement a systématiquement déclassifié ce qui était autorisé à la déclassification et accompagné la justice de toutes les manières qu'il pouvait pour que la justice puisse faire son travail", a fait valoir la ministre de l’Ecologie sur France Inter.


Gérard-Philippe Ménayas cherche-t-il à se blanchir ?

Il était directeur financier de la Direction des constructions navales
(DCN) en 1994, à l'époque de la signature des contrats d'armement Agosta avec le Pakistan et Sawari II avec l'Arabie saoudite – les fameux contrats auxquels s'intéressent les juges

En octobre dernier, l'intermédiaire en armement Ziad Takieddine, entendu par le juge Renaud van Ruymbeke sur son intervention dans le contrat Sawari II avec l'Arabie Saoudite, a dénoncé jeudi sur Europe 1 "un complot" contre Nicolas Sarkozy et mis nommément en cause ...Dominique de Villepin.

Bayrou accuse tout le monde
Le candidat du centre pour 2012 préconise de "durcir les lois". Sa solution: "surtout, on choisit des responsables pour l'Etat totalement indépendants de ces réseaux. C'est un des enjeux de 2012: des hommes et femmes tellement éloignés de tout ça, qu'ils établiront un mur de verre entre les influences et les décisions de l'Etat".
François Hollande et Martine Aubry lui semblent-ils appartenir à cette catégorie hors de tout réseau ? "Ils ne sont pas hors des solidarités de partis", a estimé Bayrou, qui crève de ne pas avoir de réseaux...

dimanche 18 décembre 2011

MAM dénonce "l’inexpérience totale" de Hollande

Michèle Alliot-Marie est cinglante

Membre incontournable des gouvernements Jacques Chirac II (1986-1988), puis Édouard Balladur (1993-1995) et Sarkozy, elle a sans discontinuer la charge de quatre ministères régaliens: Défense (mai 2002-mai 2007), Intérieur (mai 2007-juin 2009), Justice (juin 2009-novembre 2010) et Affaires étrangères (novembre 2010- février 2011) de 2002 à 2011.

Michèle Alliot-Marie sait de quoi elle parle

Elle n’a pas de mots assez durs pour les rivaux du président Sarkozy.

Débarquée en février 2011 du ministère des Affaires étrangères, sur des rumeurs lors de la révolution tunisienne, Michèle Alliot-Marie sait dans quel camp elle est et ne se méprend pas sur les hommes. " Dans une situation de crise, Nicolas Sarkozy est de très loin le meilleur guide possible pour la France. Les Français ont besoin, pour être protégés, d’avoir quelqu’un qui a ses qualités de courage, de solidité, d’impassibilité dans la tempête "
, a-t-elle déclaré dimanche dans la cadre du Grand rendez-vous Europe 1/Le Parisien-Aujourd’hui en France/i-Télé.


" Il (Hollande) ne sait pas comment se passe un conseil des ministres "

L’ancienne ministre d'Etat a méthodiquement analysé ses les principaux rivaux du président sortant.

Hollande est "irresponsable", estime MAM"Dès qu’il dit quelque chose, il faut que quelqu’un de son entourage vienne décrypter ses paroles", a-t-elle raillé, en référence aux couacs sur le nucléaire et les retraites.

Mais MAM a préféré insister sur "l’inexpérience totale " du candidat socialiste.
"Il ne sait pas comment se passe un conseil des ministres, et a fortiori un conseil des chefs de gouvernement européen", a-t-elle insisté. "Par exemple, il va dire à Berlin qu’il souhaite la défaite d’Angela Merkel, alors que s’il était élu, pendant des mois, il aurait à discuter avec elle. Comment voulez-vous que ce soit possible ?". Les élections législatives en Allemagne auront en effet lieu en septembre 2013.

VOIR et ENTENDRE Michèle Alliot-Marie expliquer pourquoi "il faut être sérieux":


" Morin ne parle que pour lui "
La députée des Pyrénées-Atlantiques s’en est aussi pris aux autres candidats de droite, qui risquent de rogner quelques points précieux à Nicolas Sarkozy. C’est d’abord Hervé Morin, qui avait qualifié Nicolas Sarkozy de "capitaine sans cap d’un bateau qui prend l’eau", qui en a pris pour son grade. "Hervé Morin, c’est quelqu’un qui parle pour lui et qui, si j’ai bien compris, représente entre 0,5 et 1% d’intentions de vote", a persiflé l’ancienne ministre pendant le Grand Rendez-vous Europe 1/Aujourd’hui en France/i-Télé. "Je n’aime pas cet état d’esprit. Je n’accepte pas que l’on dénigre la France. Notre pays et solide, il est dans une tempête mondiale, et ce n’est certainement pas Hervé Morin qui est le bon capitaine."

VOIR et ENTENDRE MAM dire que Hervé Morin ne représente que lui:



"Villepin n'est pas gaulliste"
Puis Dominique de Villepin, autoproclamé candidat gaulliste, est venu sur la sellette. " Des attitudes ou des postures ne font pas des convictions ", a lâché MAM. " Dominique de Villepin prend une posture dont il pense qu’elle est gaullienne, mais il n’est certainement pas de Gaulle, et même certainement pas gaulliste, car être gaulliste, c’est d’abord l’intérêt général, avant des ambitions ou des égos personnels. "

VOIR et ENTENDRE MAM régler son compte à Villepin:

Rivale pugnace de Nicolas Sarkozy dans la course à l’investiture à la présidentielle de 2007, Michèle Alliot-Marie s’est faite une raison. "Je ne suis pas candidate à l’élection présidentielle", a-t-elle précisé dans un sourire. "Je souhaite que Sarkozy soit candidat. Il est le candidat que je souhaite et que je soutiendrais de toutes mes forces. " Le message est clair.


lundi 7 novembre 2011

Fillon dévoile un plan de rigueur cohérent qui préserve la croissance

7 milliards d'efforts pour éviter "la faillite"

Le nouveau plan de rigueur annoncé lundi par François Fillon

Il est urgent de "sortir de la spirale dangereuse" de "la stagnation, de l'endettement et de la sous-compétitivité" même au prix de "sacrifices", a fait valoir le Premier ministre. " Le mot de faillite n'est plus un mot abstrait ", a confirmé François Fillon qui l'avait déjà employé en 2007.

Un effort progressif supplémentaire étalé sur quatre ans
Ce deuxième plan de rigueur en moins de trois mois représentera 7 milliards d'euros d'économies dès 2012.

Il doit permettre à la France d'épargner près de 65 milliards d'euros de dette supplémentaire d'ici à 2016. Pour "arriver à zéro déficit" dans ce délai, "il faudra économiser un peu plus de 100 milliards d'euros", selon le Premier ministre.

Etalé sur quatre ans, l'effort supplémentaire prévu par ce deuxième plan de rigueur en moins de trois mois représentera 7 milliards d'euros dès 2012.

Il doit permettre à la France d'épargner près de 65 milliards d'euros de dette supplémentaire d'ici à 2016. Pour "arriver à zéro déficit" dans ce délai, "il faudra économiser un peu plus de 100 milliards d'euros", selon le Premier ministre.

Un plan nécessaire
Alors que la croissance et l'emploi sont menacés par les grèves, il y a une semaine à Air France et actuellement à la SNCF, " le mot de faillite n'est plus un mot abstrait ", a averti le Premier ministre qui l'avait déjà employé en 2007.
Il est urgent de "sortir de la spirale dangereuse" de "la stagnation, de l'endettement et de la sous-compétitivité" même au prix de "sacrifices", a-t-il fait valoir.

L'objectif de réduction de la dette publique reste inchangé
L'exécutif ramène le déficit public à 4,5% du PIB en 2012, avec une prévision de croissance revue à la baisse à 1% contre 1,75%, comme en Allemagne. Il en va, a répété M. Fillon, de la sauvegarde du précieux "triple A" de la France, placé sous surveillance par l'agence de notation américaine Moody's.

Un gouvernement réactif; une opposition négative
Ce plan de rigueur remanie profondément le budget de l'an prochain, avant même d'avoir été adopté par le Parlement, mais la gauche en campagne critique vivement une hausse ciblée de la TVA et de l'impôt sur les sociétés, ainsi qu'une accélération de la réforme des retraites, bien que le gouvernement Jospin ait refusé de l'entreprendre.

"Incohérent, injuste et inconséquent", a dénigré François Hollande sur France 2. C'est un "constat d'échec que le Premier ministre, au nom du président de la République, a dressé", a en effet accusé le candidat PS à la présidentielle.

Proche de l'Ami Molette, le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac, a déjà pronostiqué un troisième plan cet hiver, sans préciser sur quelle base il se fonde. Une hypothèse écartée par Valérie Pécresse (Budget), l'Etat disposant, selon elle, de 6 milliards d'euros de crédits mis en réserve en cas "d'accident de croissance".

Dans l'opposition centriste, François Bayrou (MoDem) a dénoncé "un manque de justice" et appelé à un "plan d'ensemble".

La CGT veut une riposte intersyndicale, si dévastatrice puisse-t-elle être.
"Le gouvernement est dans la main des marchés" et cette "logique d'austérité est une logique suicidaire", a dénoncé Jean-Claude Mailly (FO).

Verdict du Crédit suisse, prestataire mondial de services financiers: ces annonces confirment "la volonté du gouvernement" de réduire les déficits publics mais ne devraient "aucunement atténuer les préoccupations de certains des acteurs du marché sur la note AAA du pays".

Le détail des mesures

Le gouvernement a retenu trois principes
Ils concilient une programmation pluriannuelle, "ne pas casser les moteurs de la reprise économique" et un dispositif veillant à être "équitable".

Parmi les mesures phare du plan figure une hausse ciblée du taux réduit de la TVA porté de 5,5% à 7%, comme en Allemagne, à l'exclusion de l'alimentation, de l'énergie et des services aux handicapés.
Cette mesure concerne la restauration, comme demandé par le PS, et le bâtiment, notamment.
Sur le point de la restauration, le gouvernement réagit au manque de respect des engagements de la profession: le 20 octobre dernier, désireux de ménager les artisans, F. Fillon affirmait que relever ce taux serait un "contre-sens économique", en raison des conséquences sur l'emploi. Mais le passage de la TVA dans la restauration de 19,6 à 5,5% au 1er juillet 2009, n'a pas eu l'effet escompté sur les prix, l'emploi et les salaires: il "n'est pas de nature à compenser le gain obtenu par la profession", selon l'association de consommateurs CLCV. Le Premier ministre avait donc mis en garde la corporation et le président centriste de la commission des Finances du Sénat, Jean Arthuis, avait plaidé pour l'instauration d'une TVA "entre 10 et 12%" pour le commerce de proximité (restauration, réparation automobile, réparation des logements...).
Aujourd'hui, les organisations professionnelles poussent des hauts cris.

F. Fillon dénonce les critiques non "crédibles" de la gauche

VOIR et ENTENDRE la réponse de F. Fillon sur TF1 à la démagogie du candidat Hollande:


L'application de la réforme qui relevait en 2010 à 62 ans l'âge légal de départ à la retraite sera avancée de 2018 à 2017.
La réforme des retraites était rendue nécessaire par la nécessité de combler les déficits en progression sensible depuis 1975 et devenus préoccupants au début des années 1990. La réforme Balladur des retraites de 1993, lors de la deuxième cohabitation de 1993 à 1995, est l'une des plus importantes de l'histoire de la retraite en France et des systèmes de retraite en Europe. Nicolas Sarkozy était le ministre du Budget.
Mais l'inaction du gouvernement Jospin (1997-2002) rend aujourd'hui nécessaire une réforme dont l'étalement de la mise en oeuvre est en conséquenceplus réduit qu'en Allemagne: la Suède, quant à elle, s'est attaquée au problème en 1999, après une longue concertation sociale.

La revalorisation de la plupart des prestations sociales sera gelée à 1% pour 2012, indexée non plus sur l'inflation mais sur la croissance attendue.

Une majoration temporaire de 5% de l'impôt sur les sociétés frappera en 2012 et 2013 celles dont le chiffre d'affaires dépasse 250 millions d'euros.

Les niches fiscales seront de nouveau rabotées, de 2,6 milliards d'euros d'ici à 2016, avec la suppression anticipée du dispositif Scellier de réduction d'impôt pour les investisseurs dans l'immobilier.

Quelques mesures solidaires ont été annoncées
Il s'agit du gel du salaire du chef de l'Etat et des ministres ou l'appel aux dirigeants des grandes entreprises, en particulier du CAC 40, à faire de même.
"Je ne sais pas s'il faut en rire ou en pleurer", a polémiqué F. Hollande, rappelant que "le président de la République s'était augmenté de 170% au début du quinquennat". Mais le candidat officiel du PS ne précise pas que le salaire du chef de l'Etat était jusqu'alors inférieur à celui du Premier ministre, du fait que Jacques Chirac percevait plusieurs retraites, dont celle du Conseil d'Etat. Nicolas Sarkozy a néanmoins promis une baisse de 30% de son salaire de président et de celui de ses ministres, s'il était élu en mai 2012.

Au total, les dépenses de l'Etat seront réduites de 500 millions d'euros supplémentaires en 2012, portant cet effort d'économie à 1,5 milliard de plus par rapport à 2011.

samedi 24 septembre 2011

Affaire Karachi: à partir de Balladur, la presse mouille Sarkozy

Des proches du gouvernement inquiétés dans l'affaire Karachi





Les murs d'expression libre

de la justice politique

dans une certaine presse




Nicolas Bazire, Thierry Gaubert et Brice Hortefeux, trois proches de Nicolas Sarkozy, sont désormais mis en cause dans l'affaire de Karachi, soit pour son volet financier, soit pour de malencontreuses interventions.

Hélène de Yougoslavie déballe
En instance de divorce de Thierry Gaubert, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, elle a assuré Europe 1 et le quotidien Le Monde avoir vu son mari ramener de l'argent en espèces après des voyages en Suisse en compagnie de Ziad Takieddine, autre mis en examen.
" Je confirme ce que j'ai dit pour les voyages de mon mari, surtout à l'étranger et son retour avec des sacoches. Il y avait de l'argent mais je ne sais pas d'où l'argent venait", a-t-elle déclaré dans cet entretien diffusé samedi sur Europe 1.

Thierry Gaubert et Ziad Takieddine, que l'enquête considère comme un intermédiaire sur des contrats d'armement, seraient allés, selon elle, à Genève et Londres avant de revenir à Paris.

Le récit de l'ex-épouse
Son bientôt ex-mari lui disait qu'il remettait l'argent à Nicolas Bazire, alors directeur de cabinet d'Edouard Balladur à Matignon et directeur de sa campagne présidentielle. " Je ne l'ai pas vu venir chez moi mais c'est ce que mon mari me disait ", a-t-elle expliqué.
La police judiciaire l'a interrogée pendant neuf heures le 8 septembre sur ce dossier.

Règlements de comptes conjugaux ?

Elle nie avoir fait ces déclarations dans le cadre d'un conflit avec son mari, avec lequel elle est en instance de divorce.
Elle livre pourtant ses 'révélations' aux organes de presse les plus susceptibles de faire du tort, puisqu' ils se sont déjà fait leurs preuves dans l'affaire Bettencourt. Leur cible est à chaque fois le président Sarkozy.

=> Sur Le Monde.fr, elle fait état de menaces émanant de son mari. " Il m'a dit: 'Si tu parles, tu ne verras plus les enfants. Si je coule, tu coules avec moi, car nous ne sommes pas divorcés'. Il ne fallait absolument pas que je parle des comptes à l'étranger et des remises d'argent. "

=> Le site internet Mediapart, qui dit avoir eu accès aux procès-verbaux, affirme que l'ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy a tenté de faire pression sur sa femme pour qu'elle endosse la responsabilité de comptes ouverts à l'étranger.

Hélène Gaubert a remis à la police l'enregistrement de ces menaces avant de révéler les opérations de son mari, précise le site d'information.

Takieddine, Gaubert et Bazire sont tous trois mis en examen dans cette affaire. Ces deux derniers sont des proches d'Edouard Balladur et de Nicolas Sarkozy, qui était porte-parole de la campagne d'Edouard Balladur et ministre du Budget à cette époque.

L'affaire pourrait avoir un lien avec l'attentat de Karachi, au Pakistan, qui a coûté la vie en 2002 à onze Français qui travaillaient sur ce marché d'armement.

Selon Europe 1, les policiers qui enquêtent sur le financement controversé de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995 ont découvert des documents bancaires lors d'une perquisition au domicile de Thierry Gaubert.

Des supputations
Parmi ces documents figurerait un relevé du transfert de fonds de 10 millions de francs effectué entre un compte bancaire en Suisse et un paradis fiscal. Cette somme pourrait correspondre à l'argent en espèces considéré comme litigieux dans les comptes de campagne d'Edouard Balladur, dit la radio.

" Le compte suisse de M. Gaubert existe bien et on sait qu'il était alimenté de l'étranger, même si le lien avec les commissions des contrats d'armement n'est pas prouvé ", estime une source judiciaire anonyme, mais c'est "comme si", pour la presse militante !...

Le lieutenant, à défaut du général

De son côté, Brice Hortefeux a été mis en cause pour des interventions supposées, selon le juge Renaud Van Ruymbeke.


L'opposition de gauche et les syndicats de magistrats soupçonnent l'ancien ministre de l'Intérieur d'avoir bénéficié de fuites sur l'enquête et tenté d'en informer Thierry Gaubert pendant sa garde à vue.

Le Parquet de Paris a annoncé en conséquence vendredi soir l'ouverture d'une enquête préliminaire pour violation du secret professionnel et recel de ce délit.

Mais l'un des syndicats de magistrats et des parties civiles réclamaient une enquête indépendante confiée à une d'instruction.

Ils s'étonnent en outre que l'enquête soit confiée au directeur central de la police judiciaire, puisque cela revient à lui demander d'effectuer des investigations sur des fuites dans son propre service.

Qui est autorisé à des écoutes ?
Le Monde a avoué jeudi avoir bénéficié d'écoutes téléphoniques. Le journal pousse des cris d'orfraie au moindre soupçon d'écoutes de ses journalistes, mais le secret des sources lui permet en revanche d'en être destinataire !
En toute impunité, il "laisse penser" que Brice Hortefeux était informé des déclarations à la police de l'épouse de Thierry Gaubert, avant que le procès-verbal d'audition soit versé au dossier.
" Elle balance beaucoup apparemment, Hélène ", dit-il à ce dernier.

L'ex-ministre de l'Intérieur souhaite pouvoir s'exprimer
Il a demandé à être entendu par la justice et a menacé de porter plainte pour diffamation.
Dans un communiqué, il "dément catégoriquement" avoir eu des informations sur la procédure judiciaire en cours. Il a d'ailleurs déjà expliqué en vain aux journalistes s'être basé sur "des rumeurs de presse" lors de sa conversation avec son ami.

Des préoccupations électoralistes récurrentes, voire subversives


=> Brice Hortefeux (1958) est considéré comme le "fidèle lieutenant" de Nicolas Sarkozy depuis 1976. Il avait d'abord été ministre délégué aux Collectivités territoriales dans le gouvernement Dominique de Villepin avant de devenir chef du cabinet de Nicolas Sarkozy, ministre du Budget et porte-parole du gouvernement de 1993 à 1995. Entre 1991 et 2001, il est secrétaire départemental de la fédération RPR du Puy-de-Dôme.

=> Thierry Gaubert, né Thierry Goldenberg en 1951, était un proche de Nicolas Sarkozy, comme secrétaire général à la mairie de Neuilly-sur-Seine et conseiller au ministère du Budget au milieu des années 1990.

=> Nicolas Bazire (1957) fut le directeur de cabinet du Premier ministre Édouard Balladur, pendant la deuxième cohabitation, entre mars 1993 et janvier 1995. Les deux contrats d’armement de l'affaire Karachi ont été signés en 1994, alors pourquoi le candidat probable de la présidentielle 2012 est-il soupçonné ?
Il a été témoin de Nicolas Sarkozy lors de son mariage avec Carla Bruni le 2 février 2008 pris la direction de la Fondation pour l'innovation politique « cercle de réflexion » de l'UMP chargé d'anticiper la présidentielle de 2012.
C'est pourtant Renaud Donnedieu de Vabres, chef de cabinet du ministre de la défense François Léotard qui a recommandé les intermédiaires Ziad Takieddine et Abdul Rahman el-Assir et si une partie de l’argent versé au réseau Takieddine est revenue en France et a réellement financé la campagne d’Édouard Balladur, pourquoi la presse de gauche implique-t-elle Sarkozy au point de ne plus mentionner Balladur que pour mémoire ?

De nouveaux éléments, peut-être ?
Il faut logiquement de quoi justifier une réactivation de l'instruction à quelques mois de la présidentielle, sinon que penserait l'opinion, n'est-ce pas ?

C'est il y a dix ans que le 27 mai 2002, année électorale, une information judiciaire était ouverte en France et diligentée par Jean-Louis Bruguière et Jean-François Ricard.

Et quand l’instruction de l’affaire reprend-elle, croyez-vous ?
En 2007, bien sûr ! Les juges antiterroristes Marc Trévidic et Yves Jannier ont leurs raisons.
Au moment des élections européennes de juin 2009, ils ont expliqué aux familles -comme aux Français- que la piste politico-financière est " cruellement logique ", faute d'être démontrée. Cette version est alors démentie par Édouard Balladur et qualifiée de «

Un juge de combat
Suite au départ en retraite de Jean-Louis Bruguière, l’instruction est reprise par Marc Trévidic et Yves Jannes en 2008.
En octobre 2009, Libération annonce la couleur: " Dans leur malheur, les familles des victimes de l’attentat de Karachi ont eu la chance de croiser la route du juge Trévidic."

Né en 1965, Marc Trévidic s’est d’abord fait remarquer comme procureur sur les dossiers islamistes. Avant septembre 2001, il se distingue en mettant fin au réseau de l’algérien Fateh Kamel (condamné à huit ans de prison). Nommé juge d’instruction au pôle antiterrorisme, il porte un intérêt tout particulier à la dimension politico-financière des affaires criminelles.

Un juge indépendant ? Mieux que ça: militant !
Président de l’Association française des magistrats instructeurs (AFMI), il est en pointe contre la réforme de la justice.

Avec sa double casquette de juge et porte-parole de la corporation, Trévidic est désormais en première ligne.

L’affaire de Karachi est la parfaite illustration du danger à remplacer un juge d’instruction indépendant par un militant.
Le juge Trévidic n'est pas soumis au devoir de réserve. Alors qu'il était en charge de dossiers brûlants, il avait en effet estimé, le lundi 7 février 2011, que Nicolas Sarkozy est un " multirécidiviste " dans sa mise en question des magistrats engagés et a affirmé que sa politique en matière de justice n'est " que du pipeau ".
" Je pense qu'il est largement temps de lui appliquer la peine plancher, puisqu'il faut être très dur envers les multirécidivistes ", a accusé le juge, sur France Info.

VOIR et ENTENDRE
le juge politique:

Justice attaquée : "Sarkozy est un... par Nouvelobs

Hollande "ne veut pas y croire" !

Interrogé sur l'affaire Karachi, l'ancien premier secrétaire du Parti Socialiste a expliqué que " les Français n'aiment pas ce climat sale qui laisse à penser que beaucoup d'argent a circulé. Je veux laisser les magistrats faire leur travail. Ce n'est pas mon propos d'alimenter je ne sais quelle rumeur."

Concernant les révélations du Monde.fr sur Brice Hortefeux, François Hollande a expliqué ne pas vouloir y croire : " S'il était avéré que le pouvoir avait eu des informations en violation du secret de l'instruction ça serait extrêmement grave je ne veux pas y croire. "

mercredi 24 novembre 2010

La colère 'off' de Sarkozy met ses détracteurs 'out'

Savoir si les bêtes galeuses de la gauche sont aussi bêtes que galeuses

L'Express rapporte que Sarkozy a passé un savon aux journalistes

Vendredi 19 novembre, dans la soirée, Nicolas Sarkozy a dit leur fait aux journalistes au cours d'une rencontre informelle. Le chef de l'Etat rencontrait la presse pour évoquer l'Afghanistan, en marge du sommet de l'OTAN à Lisbonne, quand il fut interrogé sur les derniers rebondissements dans l'affaire de Karachi. Le président releva qu'il avait été présenté, à tort et avec malice, comme "le trésorier" du candidat Edouard Balladur, pour la campagne présidentielle de 1995. "Vous dites n'importe quoi, vous ne vérifiez rien", conclut Nicolas Sarkozy à l'adresse des journalistes. Une parole impertinente lèse-presse: le monde à l'envers !

Suite du récit, dans L'Express
La scène se passe à l'étranger...
« Une question précise lui a ensuite été posée sur son rôle spécifique à l'époque (ministre du Budget, puis porte-parole du candidat Balladur), après que Charles Millon eut évoqué l'existence de rétrocommissions. Et c'est là que les choses ont dégénéré, lorsque le président a ciblé, au second degré, le journaliste qui l'a interrogé: "Vous êtes un pédophile, j'en ai l'intime conviction, j'ai vu les services secrets mais je ne vous dirai pas lesquels, j'ai vu quelqu'un mais je ne vous dirai pas qui c'est, et c'était oral. Mais j'en ai l'intime conviction, vous êtes un pédophile!" En s'exprimant de la sorte, Nicolas Sarkozy voulait dénoncer ceux qui parlent sans preuve.
La conversation a été enregistrée sur le circuit interne du sommet. Après le debriefing, l'Elysée a fortement insisté, dès lors que la conversation était off, pour que les bandes soient totalement effacées... L'Elysée qui dément les propos relatés: "Jamais le président de la République n'a insulté un journaliste en le traitant de pédophile", conteste son entourage. »

Qui se frotte à la presse se salit

LePost fait du buzz avec de la bouse, en titrant: « 'Amis pédophiles, à demain' : ce qu'aurait dit Sarkozy aux journalistes ». Ils sont, semble-t-il, conscients d'un problème qui semble leur échapper, mais ils font leur miel de toute ambiguïté malsaine, dans laquelle ils excellent. (lien LePost)
LePost publit en outre l'article d'un collaborateur. Il est intitulé: «Colère off de Sarkozy : et si le président avait tendu un piège aux journalistes ? » Plus vicieux que LePost, connais pas !

LePost cite aussi Mediapart qui titre: «Sarkozy à des journalistes: «Amis pédophiles, à demain», le 22 Novembre 2010 (ce qui signe le copié-collé de LePost !). Le site payant d'Edwy Plenel accuse ensuite impunément en ces termes, qui en disent long sur son honnêteté: « En marge du sommet de l'OTAN à Lisbonne, Nicolas Sarkozy, interrogé en off sur l'affaire Karachi, a une nouvelle fois dérapé. » Le lecteur doit bien en rester à ces saines affirmations, puisqu'ensuite Plenel fait payer pour en savoir plus long, à défaut de vérité...

Les compilateurs de LePost, qui citent d'ailleurs ces deux sources (lien L'Express), n'ignorent donc rien de la réalité des propos tenus. Le site Internet avatardu journal Le Monde joue ainsi le jeu infâme de la presse malodorante de caniveau.

Le site Causeur relève le niveau

Voici son article (lien):
« C’est sans doute le plus grand drame qu’ait connu notre profession depuis les chiens mitterrandiens aux obsèques de Bérégovoy : ainsi donc, le président aurait traité des journalistes de « pédophiles ».
C’est grave, c’est même très grave. Sauf que ce n’est pas tout à fait vrai. Tout d’abord, un bref rappel des faits, comme on dit dans le poste : Vendredi soir, en marge du sommet de l’Otan à Lisbonne, un journaliste reprend, en off, les accusations de rétro-commissions lancées par DDV contre Nicolas Sarkozy. Lequel lui répond, aussi sec : « Et vous, j’ai rien du tout contre vous. Il semblerait que vous soyez pédophile… Qui me l’a dit ? J’en ai l’intime conviction. Pouvez-vous vous justifier ? ». Après avoir poursuivi sa démonstration devant un petit groupe de confrères, il a conclu l’entretien en lançant à la cantonade « Amis pédophiles, à demain ! ». La scène enregistrée par des techniciens portugais est aujourd’hui mise en ligne sur le site de nombreux journaux. Sans nous dire si c’est la version enregistrée par les techniciens zélotes de l’Otan qui défile ou si c’est un journaliste offusqué mais prévoyant l’a enregistré sur son iphone qui a balancé le fichier… Bref. Quoiqu’on en dise la conférence de presse off mérite quelques remarques.

Le « off », c’est notre secret de la confession à nous : gardons-le !
Primo : on est off, et le off a vocation à rester secret, tous comme les services du même nom (On verra plus tard que pour une fois, ma comparaison n’est pas gratuite). On accuse suffisamment –et à juste titre- les politiques de parler mieux la langue de bois que l’anglais, voire le français, pour ne pas tarir cette source-là. C’est notre secret de la confession à nous, par pitié gardons-le, ou alors faudra se contenter pour écrire nos papiers des pensums des attachées de presse ou des communiqués poétiques de Claude Guéant. Et ce faisant, il va falloir que nous autres, journalistes, on arrête aussi rapidement les blagues, les bourdes, les propos de comptoir et les rumeurs au bistrot ou dans les avions officiels avec ceux que l’on fréquente. L’outing de notre mauvais esprit risquerait aussi de faire des dégâts. Et d’atteindre notre crédibilité… Je sais de quoi je parle, j’aime les blagues. Surtout si elles sont mauvaises.

Secundo : on n’est pas dans le registre de l’injure ou de la dénonciation calomnieuse mais dans celui du cynisme ou de la métaphore un rien crispée et sans doute mal choisie. Mais dans la série Sarkozy est brutal-et-vulgaire, on a eu l’occasion de s’habituer je le crains depuis trois ans.

Tertio: s’il est raisonnable de penser que le président a chargé la barque pour être sûr de bien se faire comprendre, voire pour intimider un brin ses amis de la presse, on peut aussi estimer qu’il les a délibérément baladés. Il arrive que le journaliste soit parfois prévisible (si vous ne me croyez pas, ouvrez un canard au hasard) et il n’est pas exclu qu’en trente ans de vie politique, Nicolas Sarkozy ait eu le temps de s’en apercevoir. En leur servant cette provoc pur sucre, et en anticipant les réactions en chaîne qui allaient suivre, il a carrément dicté aux éditorialistes et à leurs supplétifs humoristes leurs copies du lendemain. Un peu, un peu beaucoup, même, comme il l’avait déjà fait au moment où il avait reçu les députés UMP début novembre, expliquant sa baisse de popularité par cette tirade : « j’ai un super job, une super femme, alors forcément les Français me le font payer », largement commentée dans les gazettes, sur le thème ce président se fout de nous (les journalistes surtout). Ce qui est sans doute vrai. [Ils ont ce qu'ils recherchent, non? La version Sarkozy de la réponse du berger à la bergère de la presse insolente, en quelque sorte ]

[Vient ensuite ce qui importe réellement]
Mais là, les enjeux sont autrement importants. A côté des 11 victimes françaises de l’attentat de Karachi, toutes les affaires que ce quinquennat a connues jusque là sont infinitésimales. Il n’est absolument pas certain que le roman-feuilleton des rétro-commissions pakistanaises et putativement balladuriennes ait comme uniques méchants les ex-balladuriens et comme chevaliers blancs, les ci-devant chiraquiens. Tout d’abord, parce que c’est avec les chiraquiens d’hier qu’on fait certains des meilleurs sarkozystes du jour (on pense à Juppé, mais Fillon a aussi quelques chromosomes chiraquiens). Et ensuite, il n’est pas dit que les supposés chevaliers blancs se retrouvent un jour au pilori, à force de coups tordus (Clearstream, vous vous souvenez ?).

Si rien n’atteste donc pour l’instant la culpabilité par raccroc des Balladur boys dans cette affaire, il est patent, en revanche, que le plus illustre d’entre eux est décidé à utiliser tout son pouvoir – qui n’est pas négligeable- pour la faire enterrer. Sinon comment comprendre son refus de déclassification de pièces classées secret défense, celui du président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer de prolonger la vie de la mission d’information parlementaire consacrée à l’attentat de Karachi, sans oublier le rejet de la demande du juge d’instruction Marc Trédivic de se voir confier les PV d’audition de ladite mission et la phrase du président de la République qualifiant les soupçons sur Karachi de « fables »… Les manœuvres et autres contrefeux n’ont pas manqué ces derniers temps.

Mais à la force, le président sait adjoindre la ruse. Un peu à la façon d’Alfred Hitchcock, qui commentant la scène du champ de maïs dans La mort aux trousses, concluait goulûment « Jusque-là les réalisateurs ont fait de la direction d’acteurs, moi je fais de la direction de spectateurs », le président s’est malicieusement imposé comme directeur de rédaction, de toutes les rédactions.

Il suffisait pour ça d’attirer les médias dans la direction voulue avec un énorme pot de confiture. Les journalistes ne sont pas des pédophiles, ce sont de grands enfants … » [Encore qu'au même titre que l'Eglise, la presse doit bien aussi comporter son lot de pédophiles. Mais c'est une autre histoire...]
Muriel Gremillet, le 24 novembre 2010 (lien)

Il n'est pas sûr que les 'grands enfants' fétides apprécient l'ironie de cet article qui les fustige gentiment. Mais comment se reconnaîtraient-ils ces politologues-maison, ces experts auto-proclamés et ces "décrypteurs" arrogants qui s'arrogent le droit de nous expliquer, c'est-à-dire de commenter l'actualité, pour mieux manipuler l'opinion ? Ajoutés aux responsables politiques qui croient pouvoir parler en notre nom après une petite (demi-) heure hebdomadaire passée sur le marché local, nous avons fort à faire pour penser par nous-mêmes.

lundi 27 septembre 2010

Taubira se radicalise et pourrait rejoindre Europe Ecologie

L'ex- radicale de gauche se défend de tout opportunisme

Parcours d'un « électron libre »

Christiane Taubira désespère du Parti radical de gauche (PRG)
Députée « non inscrite » de Guyane depuis 1993, elle vote alors l'investiture du gouvernement Balladur. L'année suivante, elle est quatrième de la liste Énergie radicale menée par Bernard Tapie et se fait réélire en 1997.

Christiane Taubira ne rend pas sa confiance au PRG

En 2002, les radicaux de gauche ont pourtant fait choisit , une députée de Guyane non membre, pour la représenter au 1er tour de la présidentielle de 2002, et elle obtient 2,32%.
Le PS reproche à sa candidature d'avoir contribué à l'éparpillement des voix « de gauche » et à l'échec de Lionel Jospin pour accéder au second tour de l'élection présidentielle.

Elle adhère alors au PRG, mais prend position pour le « Non » lors du référendum français sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe, contrairement au PRG, alors qu'elle en est encore vice-présidente, et renonce à cette fonction en 2005.

A l'élection régionale de 2010 en Guyane, Christiane Taubira est tête de liste divers gauche et conduit une liste d'union de la gauche au second tour. Elle est battue par la liste soutenue par l'UMP par 56,11 contre 43,89% des suffrages.

En 2010, Taubira était encore à côté de la plaque sur le sujet de la réforme territoriale dans les DOM. Lire PaSiDupes

Son besoin de reconnaissance

Née à Cayenne en 1952 dans un milieu modeste et d'une famille mono-parentale, Christiane Taubira sera néanmoins diplômée d'économie et d'agro-alimentaire à Paris et deviendra professeur de sciences économiques en 1978 et sera désormais qualifiée d'économiste. Elle est divorcée et mère de quatre enfants.

Elle a donné son nom à la loi française du 10 mai 2001 qui déclare crimes contre l'humanité la traite négrière transatlantique et l'esclavage qui en a résulté.

Christiane Taubira est maintenant tentée de quitter le Parti radical de gauche (PRG).
"Je n'ai plus de contact avec sa direction, la députée de la Guyane, qui confie en outre que "les réunions ne ressemblent à rien. J'ai des divergences de fond avec elle."
Il lui reste à choisir le moment d'officialiser sa rupture. "Mon départ peut entraîner une implosion du parti, car de nombreux militants me suivront", se plaît-elle à penser.


Mais la carte de l'éternelle désunion

La rumeur la donne en partance en direction des Verts, donc Europe Ecologie
: elle a longuement discuté ces derniers jours avec Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly. Elle rejoindrait en fait un parti noyauté par des femmes.

Mais elle nie tout opportunisme
"Je ne rejoins pas un parti quand il est en pleine victoire, ce n'est pas ma conception de la politique."

vendredi 24 septembre 2010

Pathétiques estimations syndicales de participation à la journée du 23 septembre

Des manifestants, mais moins de grévistes

La bataille des chiffres

Les raisons politiques l'emportent sur les raisons sociales et davantage encore sur la raison.
Les syndicats organisateurs de la grève 'majoritaire' du 23 septembre prétendent que le mouvement grandit, alors que le pouvoir observe «une décélération incontestable de la mobilisation».


Les inactifs ont défilé
Alors que l’estimation de fin de journée donnée par le ministère de l’Intérieur indique 997.000 manifestants au total, la CGT a dénombré 3 millions de manifestants hier contre la réforme des retraites en France et la moyenne d'âge des marcheurs était élevée. Ce chiffre contesté se devait d'être supérieur à celui du 7 septembre, mais ce dernier -2 735 000- était déjà surévalué, puisque les services préfectoraux n'en ont vu que 1,1 million. Les syndicats tentent ainsi de convaincre que la mobilisation ne faiblit pas et qu'elle atteint même le pic de 2006 contre le contrat première embauche (CPE). Leur crédibilté est très faible, ne serait-ce en particulier que parce que les jeunes étaient alors dans la rue et qu'ils ne le sont plus.

Les manifestants ou les grévistes, ce n'est pas pareil !

Les actifs ont travaillé
Cette farce des chiffres masque le fond du problème des syndicats. Les organisateurs cherchent dresser un rideau de fumée sur le nombre des grévistes.

  • Pour le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, « le pari est perdu pour le gouvernement ».
    Côté PS, Martine Aubry a de nouveau demandé le retrait du projet de réforme, et assure que « beaucoup de jeunes et de femmes avaient rejoint le cortège », ce qui reste justement à démontrer et qui constitue l'une des faiblesses de ce mouvement.
  • Le gouvernement insiste en revanche sur la grève dans les entreprises. Elle a en effet été moins suivie que lors de la dernière journée d'action, le 7 septembre. Illustration dans un communiqué de l'Elysée paru à la mi-journée : « Soit les Français considèrent que tout cela est déjà derrière eux, soit ils adhérent davantage » au projet de réforme.
    « La raison est en train de l'emporter, nous a aussi confié Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP. Les Français ont compris l'intérêt de la réforme pour eux et pour l'équilibre du système des retraites. »
    Hier soir sur France 2, Eric Woerth constatait, lui aussi, qu'il y avait « une décélération incontestable de la mobilisation, dans la rue et dans la grève ».

    La majorité silencieuse est raisonnable

    Libération et L'Humanité, même combat
    Dans L'Huma, on peut lire que 68% des sondés soutiennent le mouvement. On y rappelle un sondage de la CGT, affirmant que 70% des sondés s'opposent à la politique du gouvernement...
    Libération se situe dans les mêmes eaux. 63% des sondés se situent du côté des grévistes (ce qui n'a guère de sens), 59% sont opposés au report de l'âge légal, 45% se disent révoltés (contre 21% de résignés).

    "Une grande majorité de Français juge la réforme inéluctable", dit-on à l'Elysée selon Le Figaro. Commentaire de LePost: « Reste à savoir de quelle majorité il s'agit, car les chiffres, on leur fait dire ce que l'on veut, manifestement... » 'Manifestement' est bien le mot, mais suspicion unilatérale en est un autre. D'ailleurs, dans ce cas, le misérable site Internet n'a pas les chiffres pourtant à la disposition de tous!

    L'engagement solennel du PS, par la voix de Sa Cynique Majesté Royal, à rétablir la retraite à 60 ans en 2012, ne convainc pas les Français, révèle l'enquête OpinionWay réalisée pour Le Figaro. Manifestement, les Français n'ont pas oublié les promesses non tenues par le PS de revenir sur les précédentes réformes des retraites. Seulement 36% des personnes interrogées semblent croire en effet à la promesse des ténors socialistes de revenir sur les 62 ans, nouvel âge légal de départ à la retraite après le vote de la réforme du gouvernement. Ils sont 63% à estimer que jamais le PS n'abrogera la loi Woerth-Fillon. A comparer avec les sondés de Libération: « 63% se situent du côté des grévistes » !

    L'opposition est à la rue

    => Sondage Le Figaro, à la veille de la grève du 23 septembre
    Les socialistes pourront trouver matière à se rassurer en constatant que 69% de leurs sympathisants croient dur comme fer au retour aux 60 ans. Mais l'adhésion à cette promesse est déjà moins forte chez les Verts (53%) et carrément absente chez les amis de François Bayrou. Seuls 12% des électeurs du MoDem croient ce retour possible. Inversement, 83% des sympathisants UMP jugent impossible l'engagement du PS. La proportion est à peu près la même (81%) chez les partisans du Front national.
    Quant à la perception de la réforme par les Français, elle évolue assez peu par rapport à d'autres enquêtes. Si 70% des personnes interrogées par OpinionWay la jugent «nécessaire», 32% seulement estiment que le projet du gouvernement est «juste». 52% des Français trouvant le gouvernement «courageux» de s'attaquer à l'un des tabous sociaux en France. Le gouvernement peut compter sur un soutien complet des sympathisants UMP. 96% d'entre eux approuvent la réforme et 80% répondent qu'elle est «juste».
    La question n'est jamais posée de la crédibilité du maintien du niveau des retraites avec un retour de la gauche aux affaires...
    À la veille de la seconde journée de mobilisation syndicale, cette enquête n'était pas faite pour rassurer les partenaires sociaux. Après avoir rassemblé entre 1,1 et 2,5 millions de personnes dans les manifestations du 7 septembre, les leaders syndicaux n'ambitionnaient qu'une mobilisation du même ordre pour la journée du 23.

    L'après 23 septembre 2010

    Le mensonge est naturel aux uns

    Au lendemain, les syndicats martèlent des chiffres merveilleux, ceux qu'ils auraient voulus.
    Le mot d'ordre a d'ailleurs été si bien entendu à Marseille que La Provence écrit: « la police a ainsi comptabilisé quelque 22 000 manifestants quand les syndicats en dénombraient 220 000».
    Que dit aussi La Provence ? « [jeudi 23 septembre 2010 à 10H32] Pour cette nouvelle journée d'action nationale contre la réforme des retraites, aujourd'hui dès 10h, la mobilisation est plus forte que le mardi 7 septembre en région. »
    Or, le rassemblement était prévu à 10h30 au Vieux-Port, mais le mot d'ordre était clair et c'est ainsi que la FSU prévoyait: « Le cortège sera dédoublé le jeudi 23 septembre pour répondre à l’affluence historique attendue. »
    Qui s'étonnera donc qu'à Marseille les syndicats mulitplient les chiffres par ...10 !

    Le langage de vérité des autres

    Le 8 septembre, le Premier ministre avait répliqué sèchement au PS: «Depuis 1993, la gauche n'a jamais tenu un seul des engagements qu'elle a pris en matière de retraite.» Et le chef du gouvernement a tenté de rafraîchir la mémoire de l'opposition en refaisant l'histoire des réformes des retraites successives depuis vingt ans: «Vous aviez promis d'abroger la réforme Balladur, vous ne l'avez pas fait. En 2003, vous aviez promis d'abroger la réforme que nous allons porter; vous l'avez aujourd'hui intégrée dans les propositions que vous faites. Et en 2007, vous avez combattu la réforme des régimes spéciaux; je n'ai trouvé aucune phrase dans votre projet qui vise à revenir sur cette réforme. Tout se passe comme si une bonne réforme pour vous, c'était la précédente.»

    Et maintenant ?

    La rue peut-elle défaire ce que l'Assemblée nationale a voté?
    Plusieurs syndicats pensent désormais à une manifestation un week-end, peut-être le samedi 2 octobre, afin de permettre aux salariés d'exprimer leur mécontentement sans perdre une nouvelle journée de salaire. La baisse du nombre des grévistes le 23 septembre engage en effet les organisations syndicales à faire descendre dans la rue les « 68% des sondés [qui] soutiennent le mouvement », selon L'Humanité.

    Du côté des radicaux de FO et de SUD, on pousse à une grève reconductible, pour ne pas effrayer avec le terme de « grève générale ».
    Jean-Claude Mailly, secrétaire général du syndical voudrait lui une journée de grève unitaire de 24 heures pour « contraindre le gouvernement à évoluer », c'est-à-dire le travail parlementaire, élus de la nation. Il veut durcir le mouvement pour forcer l'exécutif à faire marche arrière et donc rayer d'un coup de plume le travail parlementaire et bafouer la volonté des députés démocratiquement élus.

    Après une journée d’action «réussie» selon les syndicats et face à un gouvernement qui n’a pas l’intention de céder, l’intersyndicale va se réunir à 13h, ce vendredi, au siège de la CGT, afin de déterminer les suites à donner au mouvement.

    La rue mène les syndicats à l'impasse

    «La logique du conflit impose la surenchère des chiffres. Ce n’est pas une affaire d’huissier, c’est une affaire de politique», écrit Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro. Cependant, pour cet éditorialiste, «l’essentiel n’est pas là. L’essentiel, c’est qu’on ne sent pas dans le pays la grande vague susceptible de faire reculer Nicolas Sarkozy».
    Le gouvernement, qui mise sur des divergences de stratégie entre les syndicats, a annoncé qu'il est prêt à bouger, au Sénat, mais seulement à la marge, et en aucun cas sur les bornes des âges de départ à la retraite.