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samedi 14 septembre 2019

La politique de Macron reste impopulaire et les Français soutiennent donc toujours les urgentistes et les Gilets Jaunes

Ouest-France manipule l'opinion avec son interprétation d'un sondage pour La Tribune

"Une majorité des Français en a assez des Gilets jaunes
," lance le site détenu par un homme politique monégasque.

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"Nous vivons une époque où rien ne nous est épargné,"
s'est plaint Macron en juillet
A une petite majorité, 52 % des Français sélectionnés souhaitent que le mouvement des Gilets jaunes s’arrête dans les prochaines semaines. C’est ce qui ressort d’une enquête publiée ce mardi matin par BVA pour le quotidien La Tribune, qui touche des subventions de l’Etat français: 2,53 millions d’euros du fonds d'aide à la modernisation de la presse entre 2003 et 2010... Autant dans la période suivante ?

Dix mois après le début de la grogne des Gilets jaunes aux ronds-points, un peu partout dans les rues de France, et après la relance de la mobilisation le week-end dernier, une majorité des Français (52 %) qui effectuent leur rentrée ne souhaiterait pas que ce mouvement se poursuive dans les prochaines semaines: est-ce à dire qu'ils attendent de l'arrogant Macron qu'il quitte sa posture de rigidité C’est l'interrogation que pose ce sondage BVA réalisé pour le quotidien La Tribune, auprès de mille personnes, entre les 5 et 6 septembre, en pleine rentrée scolaire.

Les personnes les moins réceptives au combat des Gilets Jaunes sont les retraités (63 %), les cadres (61 %) et les professions intermédiaires (58 %), notamment les petits commerçants, tous craignant les débordements des éléments les plus radicaux. 
Evidemment, les sympathisants de La République en marche sont également 93 % à dire leur ras-le-bol face à cette contestation de la politique de leur idole, Manu 1er et de leur icône, Brigitte. 
Ils ne sont plus que 73 % chez les proches du parti Les Républicains, dont des Juppéistes.

A contrario, 52 % des employés et ouvriers soutiennent toujours la mobilisation sociale, qui ne sont la cible ni commerciale, ni éditoriale de La Tribune. 
Sont pareillement hostiles, 47 % des Français vivant en zone rurale, 80 % des sympathisants de La France insoumise et 64 % des proches du Rassemblement national. 
BVA souligne enfin que " le mouvement des Gilets jaunes reste encore très populaire auprès des catégories de population l’ayant porté à l’origine".

Les Français sont encore assez partagés sur l'avenir qu'il voient à cette lutte pour leur pouvoir d'achat.
 
Si 38 % d’entre eux pensent que la mobilisation va regagner en intensité, avant même que la réforme de leurs retraites ait pris tournure, ils sont seulement 30 % à estimer qu’elle va s’essouffler, puisque les réformes vont pleuvoir, annonce-t-on, et donc 18 % qu’elle va s’arrêter dans les semaines qui suivent. 
85 % des personnes se déclarant Gilet Jaune restent convaincus que la mobilisation va s’intensifier rapidement.

Fin juillet, Macron ne jouait pas aux apprentis-sorciers de BVA et prévenait que la crise n’est pas "derrière nous".
Alors que plusieurs centaines de 
Gilets jaunes s'étaient rassemblés à Perpignan, le samedi 27 juillet, et que de nombreuses permanences de députés-godillots étaient taguées par des exploitants agricoles dénonçant leur soutien au CETA, le président Macron était résigné sur le sujet sur son lieu de vacances, parmi quelques militants volontaires et "bagués" de bracelets verts ou bleus pour assurer le déroulement harmonieux de la causerie, à Bormes-les-Mimosas (Var).
"Il y a des problèmes profonds dans notre pays qui sont liés à l'injustice, aux difficultés économiques qu'on connaît depuis très longtemps", avait admis l'ancien conseiller de Hollande à l'Elysée (2012-2015) et ex-ministre de l'Economie jusqu'en 2016. Et d'ajouter: "Je ne crois pas du tout que ce qui à un moment créé la colère sincère d'une partie de la population soit derrière nous". BVA cherche-il à polémiquer avec Macron ?...
La Tribune n'a retenu que l'épisode précédent où le chef de l'Etat avait donné le sentiment qu'il considérait que la contestation était de l'histoire ancienne. Lors d'un dîner avec ses ministres, il avait en effet lancé que le pays était "passé des Gilets jaunes au maillot jaune", en référence au coureur français Julian Alaphilippe, un saillie qui aura laissé Brigitte de marbre, mais un trait d'humour que la presse au premier degré avait manifestement mal "décrypté"! 


Il est vrai que Macron a bel et bien estimé que le gouvernement a su répondre à une partie de la colère à l'origine du mouvement des Gilets jaunes. Mais il reste l'autre partie et du travail. "Il y a une partie à laquelle nous n'avons pas encore répondu parce que ça prend du temps, s'est-il justifié. Il y a aussi une colère à laquelle il n'y a pas forcément de réponses immédiates", a aussi prévenu le président à qui on ne peut demander de décrocher la lune. Le mirage jupitérien a passé... "Redonner du sens à l'action, parce qu'il faut, non pas chercher à éteindre les peurs mais à redonner une perspective," tel est le message. Ca ne mange pas de pain. Ca n'en donne pas non plus. 
Le président disait enfin avoir "beaucoup de détermination et d'humilité". Un point commun avec les Gilets Jaunes...

Autre point scruté par BVA, le soutien - ou non - des Français à la politique économique de Macron 

Les indicateurs du climat des affaires dans les services comme dans le bâtiment sont, quant à eux, restés stables à respectivement 100 et 104.

Ils sont toujours une majorité à critiquer les choix du gouvernement en la matière (55 % les jugent mauvais),
mais  La Tribune fait valoir qu'ils sont moins nombreux (- 7 points) qu’en juin. Plus heureux qu'au Portugal ?
"Aujourd’hui, une personne sur trois (33 % ; + 5) juge positivement la politique menée sur le plan économique, indique BVA: c'est l'effet retour de vacances, mais c'est-à-dire que deux sur trois ne sont pas contents ! Ces perceptions sont d'ailleurs toujours aussi clivées selon la catégorie sociale des personnes interrogées : La Tribune n'a pas retenu que seulement 25 % des ouvriers et des employés émettent un jugement négatif, contre les 45 % de cadres qui se disent ravis et qui intéressent le site.

Il y a quelques jours, le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, avait confirmé la prévision de son gouvernement d’une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 1,4% pour l’ensemble de l’année 2019. "La France a un niveau de croissance solide : 1,4%. Je confirme ce chiffre pour 2019", déclarait-il dans un entretien à La Croix.

Mais, lundi 9 septembre, la Banque de France avait confirmé sa prévision d’une croissance de l’économie française de 0,3% au troisième trimestre par rapport aux trois mois précédents, sur la base de son enquête mensuelle de conjoncture d’août. La croissance du produit intérieur brut de la France demeurerait ainsi sur le même rythme qu’au cours des deux trimestres précédents.
Mais il misait sur 0,4%...

Une majorité des personnes interrogées soutient encore plus fortement le mouvement social dans les urgences hospitalières

Le premier dure depuis dix mois; le second, depuis seulement cinq, moitié moins...
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Des patients soignés dans les couloirs
Selon BVA, "alors que la santé est une préoccupation grandissante dans le pays, la situation des urgences hospitalières est un sujet qui interpelle nettement les personnes interrogées, quel que soit leur profil socio-démographique".


Les Français sont inquiets de l'avenir de la contestation dans la moitié des services hospitaliers en France.
La quasi-totalité des personnes interrogées (87 %) approuve la grève dans les urgences hospitalières. Selon BVA, "alors que la santé est une préoccupation grandissante dans le pays, la situation des urgences hospitalières est un sujet qui interpelle nettement les personnes interrogées, quel que soit leur profil socio-démographique".


Les annonces de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, lundi soir, ne sont pas parvenues à convaincre et à rassurer une majorité de Français ?
Insatisfait par les mesures annoncées le 10 septembre par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, pour régler la crise de l'hôpital public, l'association des médecins urgentistes de France (AMUF) de Patrick Pelloux a décidé de se joindre au mouvement de grève qui touche 250 services dans toute la France. Il était accompagné notamment d'Hugo Huon, le président du collectif Inter-Urgences à l'origine de la grève. "Nous demandons aux médecins urgentistes de se déclarer grévistes dans les services déjà en grève", a déclaré Patrick Pelloux, lançant "un appel aux autres syndicats (de médecins hospitaliers) pour qu'ils prennent leurs responsabilités". L'intersyndicale Action praticiens hôpital s'est jointe au mouvement. Message également reçu pour l'intersyndicale Action praticiens hôpital qui a décidé jeudi en conseil d'administration de se joindre au mouvement, a annoncé son vice-président, le Dr Renaud Péquignot.

Un "plan inutile" pour le docteur Patrick Pelloux 
"On n'est pas du tout d'accord" avec les mesures dévoilées lundi par le gouvernement et chiffrées à 750 millions d'euros jusqu'en 2022. "Cet argent est totalement inadapté", a-t-il souligné. "On sait pertinemment que cet argent est pris aux autres", a-t-il lancé, plaidant pour une prise en compte de "la problématique globale de l'hôpital".

"Le problème des urgences c'est celui de l'hôpital tout entier", a fait valoir le président d'APH, le Dr Jacques Trévidic. "On veut la réouverture des lits, la réembauche de tout le personnel qui a été supprimé au fil du temps et une revalorisation qui corresponde simplement au rattrapage de dix ans de blocage de salaires", a expliqué le Dr Péquignot.

"Ce plan est inutile et délétère, il ne répond pas aux problèmes qu'on a depuis des années", s'est agacé Patrick Pelloux, déplorant notamment le futur "service d'accès aux soins" promis par la ministre pour réguler les appels aux secours, "irréalisable compte tenu des problèmes de recrutement dans les Samu."

Le plan de "refondation" des urgences hospitalières présenté lundi par Agnès Buzyn prévoit également des "admissions directes" sans passage aux urgences pour les personnes âgées et une meilleure "gestion des lits" disponibles dans les hôpitaux.
Mais pas de revalorisations salariales de 300 euros net mensuels ni de lits et d'effectifs supplémentaires réclamés par le collectif, qui a voté mardi la poursuite du mouvement.
"Le 26 septembre, on appellera chaque médecin (pas seulement les urgentistes) à rejoindre les actions localement prévues » par le collectif Inter-Urgences et « on se joindra à une journée de grève nationale dont la date doit être décidée avec le collectif pour la mi-octobre", a précisé Pelloux.
L'AMUF s'associera désormais à toutes les actions prévues par le collectif, comme les rassemblements locaux prévus le 26 septembre, a précisé Patrick Pelloux. Or, d'après l'Inter-Urgences, 250 services étaient déjà en grève en début de semaine.

BVA et son donneur d'ordres, La Tribune, ont l'air de quoi, avec leur sondage à côté de la plaque ?

jeudi 15 novembre 2012

Zone euro: la récession est maintenant officielle

La France de Sarkozy résiste encore

La gauche bien heureuse des effets durables de la politique de la droite

La France et l'Allemagne tirent encore leur épingle du jeu.
Pourtant, le PIB de la zone euro a reculé de 0,1% au 3e trimestre, selon Eurostat. Il s'était déjà replié de 0,2% au trimestre précédent. Depuis juillet, la situation semble s'être stabilisée en Italie et aussi, dans une moindre mesure, en Espagne. 

La zone euro est entrée en récession
puisqu'elle vient de connaître son deuxième trimestre consécutif de baisse du PIB.  
En revanche, alors que le PIB de l'Union européenne à 27 reste positif et affiche une progression de 0,1 %. En rythme annuel, la croissance de la zone euro se replie de 0,6 % et  celle de l'Union à 27 affiche une baisse de 0,4 %

Cette confirmation de
la baisse de l'activité sur le vieux continent conforte un peu plus le pessimisme des économistes que la Banque centrale européenne (BCE) interroge régulièrement. Pour 2012, selon le bulletin mensuel de la BCE, il faut prévoir un recul du Produit intérieur brut de 0,5% contre -0,3% attendu il y a trois mois. Pour 2013, on peut s'attendre à une croissance de 0,3% contre +0,6% auparavant. Ces attentes " se situent à l'intérieur des fourchettes publiées dans les projections macroéconomiques de septembre établies par les services de la BCE, mais se sont rapprochées de la fourchette basse pour 2012 ", tempère cependant la BCE. 

En matière de chômage leurs prévisions sont également plus mauvaises : ils s'attendent désormais à ce qu'il atteigne un taux de 11,3% en zone euro en 2012, 11,6% en 2013, avant une décrue à 11,2% en 2014 contre 10,8% attendu jusqu'ici.

La droite, en France et en Allemagne, a tiré son épingle du jeu

Mais en tout état de cause, les différents états membres de la zone euro ont agi en ordre dispersé au cours du troisième trimestre, comme l'attestent les chiffres publiés au fil de la matinée. Si la France a créé la surprise en annonçant une progression de son PIB de 0,2 % sur la période précédent l'arrivée de la gauche en France, en Allemagne les statistiques publiées confirment le ralentissement de l'activité, initié au début de 2012 se confirme avec un PIB lui aussi en progression de 0,2 %.

La mauvaise surprise est venue des Pays-Bas (centre-droit)
 
Non seulement le PIB s'est contracté de 1,1% au troisième trimestre, mais   le Bureau central de la statistique a révisé à la baisse la croissance du deuxième trimestre (à +0,1% au lieu de +0,2%). En rythme annuel, le PIB néerlandais affiche un repli de 1,6%, après une contraction de 0,4% au deuxième trimestre.

Des signes encourageants en Italie et Espagne

Noter le chèche pro-palestinien...
Dans le sud de l'Europe, la situation reste elle aussi très contrastée.
Si la journée de mercredi avait apporté son lot de mauvaises nouvelles avec une aggravation de la crise en Grècemais aussi au Portugalles perspectives sont plus rassurantes pour l'Italie et l'Espagneen ce 15 novembre. 

Et ce n'est pas grâce à l'extrême gauche, comme en témoignent les photos montrant les heurts entre leurs manifestants et les forces de l'ordre, à Madrid (ci-dessus) et au Portugal (ci-contre) 

L'économie italienne
, la troisième de la zone euro, s'est contractée de 0,2% au troisième trimestre
, mais moins marquée qu'attendu, cette baisse suggère que le pays pourrait se rapprocher d'une sortie de la récession dans laquelle il est plongé depuis 2011.Le PIB italien avait chuté de 0,7% au deuxième trimestre, selon l'institut national de statistiques (Istat). En rythme annuel, le PIB affiche un recul de 2,4% sur juillet-septembre, comme sur avril-juin.
En Espagne aussi, la recul de l'activité semble moindre que par le passé. Le PIB a en effet baissé de 0,3 % au troisième trimestre après un recul de 0,4 % au précédent. En rythme annuel, sur le troisième trimestre, le PIB est en repli de 1,6%, selon l'Institut national de la statistique (Ine) ce qui n'est pas très éloigné de l'objectif visé par le gouvernement (un repli de 1,5% à la fin de l'année.) Et ce d'autant plus que le ministre de l'Economie Luis de Guindos a déclaré ce jeudi que les derniers chiffres suggéraient un recul moins marqué.

lundi 7 novembre 2011

Fillon dévoile un plan de rigueur cohérent qui préserve la croissance

7 milliards d'efforts pour éviter "la faillite"

Le nouveau plan de rigueur annoncé lundi par François Fillon

Il est urgent de "sortir de la spirale dangereuse" de "la stagnation, de l'endettement et de la sous-compétitivité" même au prix de "sacrifices", a fait valoir le Premier ministre. " Le mot de faillite n'est plus un mot abstrait ", a confirmé François Fillon qui l'avait déjà employé en 2007.

Un effort progressif supplémentaire étalé sur quatre ans
Ce deuxième plan de rigueur en moins de trois mois représentera 7 milliards d'euros d'économies dès 2012.

Il doit permettre à la France d'épargner près de 65 milliards d'euros de dette supplémentaire d'ici à 2016. Pour "arriver à zéro déficit" dans ce délai, "il faudra économiser un peu plus de 100 milliards d'euros", selon le Premier ministre.

Etalé sur quatre ans, l'effort supplémentaire prévu par ce deuxième plan de rigueur en moins de trois mois représentera 7 milliards d'euros dès 2012.

Il doit permettre à la France d'épargner près de 65 milliards d'euros de dette supplémentaire d'ici à 2016. Pour "arriver à zéro déficit" dans ce délai, "il faudra économiser un peu plus de 100 milliards d'euros", selon le Premier ministre.

Un plan nécessaire
Alors que la croissance et l'emploi sont menacés par les grèves, il y a une semaine à Air France et actuellement à la SNCF, " le mot de faillite n'est plus un mot abstrait ", a averti le Premier ministre qui l'avait déjà employé en 2007.
Il est urgent de "sortir de la spirale dangereuse" de "la stagnation, de l'endettement et de la sous-compétitivité" même au prix de "sacrifices", a-t-il fait valoir.

L'objectif de réduction de la dette publique reste inchangé
L'exécutif ramène le déficit public à 4,5% du PIB en 2012, avec une prévision de croissance revue à la baisse à 1% contre 1,75%, comme en Allemagne. Il en va, a répété M. Fillon, de la sauvegarde du précieux "triple A" de la France, placé sous surveillance par l'agence de notation américaine Moody's.

Un gouvernement réactif; une opposition négative
Ce plan de rigueur remanie profondément le budget de l'an prochain, avant même d'avoir été adopté par le Parlement, mais la gauche en campagne critique vivement une hausse ciblée de la TVA et de l'impôt sur les sociétés, ainsi qu'une accélération de la réforme des retraites, bien que le gouvernement Jospin ait refusé de l'entreprendre.

"Incohérent, injuste et inconséquent", a dénigré François Hollande sur France 2. C'est un "constat d'échec que le Premier ministre, au nom du président de la République, a dressé", a en effet accusé le candidat PS à la présidentielle.

Proche de l'Ami Molette, le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac, a déjà pronostiqué un troisième plan cet hiver, sans préciser sur quelle base il se fonde. Une hypothèse écartée par Valérie Pécresse (Budget), l'Etat disposant, selon elle, de 6 milliards d'euros de crédits mis en réserve en cas "d'accident de croissance".

Dans l'opposition centriste, François Bayrou (MoDem) a dénoncé "un manque de justice" et appelé à un "plan d'ensemble".

La CGT veut une riposte intersyndicale, si dévastatrice puisse-t-elle être.
"Le gouvernement est dans la main des marchés" et cette "logique d'austérité est une logique suicidaire", a dénoncé Jean-Claude Mailly (FO).

Verdict du Crédit suisse, prestataire mondial de services financiers: ces annonces confirment "la volonté du gouvernement" de réduire les déficits publics mais ne devraient "aucunement atténuer les préoccupations de certains des acteurs du marché sur la note AAA du pays".

Le détail des mesures

Le gouvernement a retenu trois principes
Ils concilient une programmation pluriannuelle, "ne pas casser les moteurs de la reprise économique" et un dispositif veillant à être "équitable".

Parmi les mesures phare du plan figure une hausse ciblée du taux réduit de la TVA porté de 5,5% à 7%, comme en Allemagne, à l'exclusion de l'alimentation, de l'énergie et des services aux handicapés.
Cette mesure concerne la restauration, comme demandé par le PS, et le bâtiment, notamment.
Sur le point de la restauration, le gouvernement réagit au manque de respect des engagements de la profession: le 20 octobre dernier, désireux de ménager les artisans, F. Fillon affirmait que relever ce taux serait un "contre-sens économique", en raison des conséquences sur l'emploi. Mais le passage de la TVA dans la restauration de 19,6 à 5,5% au 1er juillet 2009, n'a pas eu l'effet escompté sur les prix, l'emploi et les salaires: il "n'est pas de nature à compenser le gain obtenu par la profession", selon l'association de consommateurs CLCV. Le Premier ministre avait donc mis en garde la corporation et le président centriste de la commission des Finances du Sénat, Jean Arthuis, avait plaidé pour l'instauration d'une TVA "entre 10 et 12%" pour le commerce de proximité (restauration, réparation automobile, réparation des logements...).
Aujourd'hui, les organisations professionnelles poussent des hauts cris.

F. Fillon dénonce les critiques non "crédibles" de la gauche

VOIR et ENTENDRE la réponse de F. Fillon sur TF1 à la démagogie du candidat Hollande:


L'application de la réforme qui relevait en 2010 à 62 ans l'âge légal de départ à la retraite sera avancée de 2018 à 2017.
La réforme des retraites était rendue nécessaire par la nécessité de combler les déficits en progression sensible depuis 1975 et devenus préoccupants au début des années 1990. La réforme Balladur des retraites de 1993, lors de la deuxième cohabitation de 1993 à 1995, est l'une des plus importantes de l'histoire de la retraite en France et des systèmes de retraite en Europe. Nicolas Sarkozy était le ministre du Budget.
Mais l'inaction du gouvernement Jospin (1997-2002) rend aujourd'hui nécessaire une réforme dont l'étalement de la mise en oeuvre est en conséquenceplus réduit qu'en Allemagne: la Suède, quant à elle, s'est attaquée au problème en 1999, après une longue concertation sociale.

La revalorisation de la plupart des prestations sociales sera gelée à 1% pour 2012, indexée non plus sur l'inflation mais sur la croissance attendue.

Une majoration temporaire de 5% de l'impôt sur les sociétés frappera en 2012 et 2013 celles dont le chiffre d'affaires dépasse 250 millions d'euros.

Les niches fiscales seront de nouveau rabotées, de 2,6 milliards d'euros d'ici à 2016, avec la suppression anticipée du dispositif Scellier de réduction d'impôt pour les investisseurs dans l'immobilier.

Quelques mesures solidaires ont été annoncées
Il s'agit du gel du salaire du chef de l'Etat et des ministres ou l'appel aux dirigeants des grandes entreprises, en particulier du CAC 40, à faire de même.
"Je ne sais pas s'il faut en rire ou en pleurer", a polémiqué F. Hollande, rappelant que "le président de la République s'était augmenté de 170% au début du quinquennat". Mais le candidat officiel du PS ne précise pas que le salaire du chef de l'Etat était jusqu'alors inférieur à celui du Premier ministre, du fait que Jacques Chirac percevait plusieurs retraites, dont celle du Conseil d'Etat. Nicolas Sarkozy a néanmoins promis une baisse de 30% de son salaire de président et de celui de ses ministres, s'il était élu en mai 2012.

Au total, les dépenses de l'Etat seront réduites de 500 millions d'euros supplémentaires en 2012, portant cet effort d'économie à 1,5 milliard de plus par rapport à 2011.

vendredi 20 juin 2008

Le pessimisme politique de l’INSEE

Informer ou militer, l'INSEE ne choisit pas
L'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) ne peut être taxé ni d’optimisme ni de sympathies pour le pouvoir. L’agence de presse française lui emboîte aussitôt le pas et n’accorde pas la parole à la ministre des Finances dans ses titres.
Pourtant relativement épargnée par le ralentissement de l’activité économique mondiale qui perdure, la France devrait accuser le coup sur le reste de l'année au deuxième semestre, nous promet l’INSEE. Des prix des matières premières (carburants et alimentation notamment), un pouvoir d'achat plombé et un euro fort font prédire à l'INSEE un taux de croissance de 1,6% sur l'année, contre 2,1% en 2007.

La presse s’empare de ces chiffres qui ne sont pourtant que des estimations pour accuser la politique du gouvernement et justifier les mouvements de grogne, non pas des plus défavorisés, mais des plus militants. A l’époque des mouvements syndicaux, la gauche ne faisait pas état de l’impacte des turbulences internationales sur l’augmentation hexagonale du prix des matières premières agricoles et du carburant ou de la solidité de l’euro. L’heure n’est plus à expliquer les pressions extérieures mais de les présenter comme une menace à venir. La morosité se fabrique.

Après le rebond du premier trimestre (+0,6%), le gouvernement a maintenu jeudi sa prévision dans une fourchette de 1,7% à 2% sur l'année. Mais tout en sapant le moral national avec l’effet de grosse caisse de la presse, l’INSEE prétend faire œuvre scientifique en prévoyant que la croissance devrait évoluer entre 0% et 0,2% sur les trois derniers trimestres de 2008, tablant donc sur un taux annuel de +1,6%, là où l'OCDE et le FMI prévoient 1,5% et l'Union européenne 1,7%.
L'INSEE note en outre que "la France subit à son tour un retournement du marché immobilier". France Info est sortie de son mutisme pour, au passage, faire la journée sur les fermetures d’agences, sans d’ailleurs rappeler que le milieu grouille d’aventuriers… "Si la chute des mises en chantier du début d'année se poursuivait dans les mois à venir, l'investissement des ménages pourrait amputer davantage la croissance française", avertit-on en première page de la note. Dissuasif politiquement, mais financièrement incitatif !
Les fonctionnaires de l’INSEE confirment par ailleurs les mauvaises prévisions pour l'inflation, qui devrait s'élever à 3,2% sur l'année 2008, un record depuis 1991 (+3,2% également), après seulement 1,5% en 2007. La référence de cet été n’est pas anodine avec les abus du secteur du tourisme, l'inflation devrait naturellement culminer à 3,6% en rythme annuel. L’INSEE ne mise pas sur le civisme de nos commerçants…
En raison de l'inflation, mais aussi d'une augmentation des prélèvement obligatoires, "le pouvoir d'achat du revenu de l'ensemble des ménages ralentirait nettement", insiste l'INSEE, qui menace d’une dégringolade de +3,3% en 2007 à +0,9% cette année.
La consommation reste néanmoins soutenue par une baisse du chômage qui se poursuivra au cours de l'année -même si, figurez-vous, cette baisse devrait être freinée. Le conditionnel et le verbe ‘devoir’ de probabilité n’engagent personne, ni à l’INSEE, ni dans la presse. Situé à 8% à la mi-2007, le taux de chômage au sens du BIT (Bureau international du travail) est encore descendu à 7,2% au premier semestre 2008, mais devrait cependant ...stagner à 7,1% à la fin de l'année, prédit toutefois l'INSEE.
Bonnes vacances ?
Allez-vous consentir des dépenses malgré cet horizon qui s’obscurcit, selon les météorologues de l’INSEE ? En effet, la situation internationale n'offre pas, de son côté, de perspectives réjouissantes à moyen terme. C'est une prise de conscience assez nouvelle; en tous hypothèse asez peu médiatisée... "L'économie mondiale reste affectée par la crise financière et la poussée de l'inflation qui rogne le pouvoir d'achat des ménages", selon l'INSEE, qui met en garde les insouciants : les tensions sur les marchés financiers devraient durer jusqu'à ce que les pertes soient comblées.

Que le pire, selon l’INSEE et le clairon de la presse
Au risque de faire chuter la natalité et de pousser une nation entière au suicide, répétons en choeur, avec l'INSEE !
Le prix du pétrole devrait fluctuer autour de 130 dollars le baril d'ici la fin 2008, et la hausse des prix alimentaires se poursuivre. Du coup, les économies émergentes, comme la
Chine, l'Inde, le Brésil et la Russie, ralentiraient à leur tour au cours de l'année.
Du côté des économies avancées, la croissance poursuivra son ralentissement: +1,5% au total contre 2,4% en 2007. Les Etats-Unis, notamment, devraient connaître une quasi-stagnation ces prochains trimestres, en raison notamment d'une des plus sévères crises du logement de l'après-guerre.
Concernant la zone euro, sa croissance devrait ralentir à 1,6% en 2008, comme celle de la France, et pour les mêmes raisons: hausse des prix énergétiques et alimentaires, crise immobilière et euro fort, estime l'INSEE.
Etes-vous bien impégnés, bien formatés? Alors, vous pouvez retourner à vos activités: rien de grave, en fait, à côté de la mort subite. Qui n'est d'ailleurs pas exclue !...

L'INSEE, l’INSEE, l’INSEE, l’INSEE, l’INSEE, l’INSEE, l’INSEE, l’INSEE, l’INSEE ! Et la ministre ?
Lire PaSiDupes au prochain numéro…