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mercredi 7 décembre 2016

Valls fait se dresser un front uni contre lui

Ceux qui aimeraient le voir chuter à la primaire promettent à Valls une campagne minée  

Lancé dans une aventure présidentielle perdue d'avance, Manuel Valls va regretter Matignon  

Le candidat exalté n'est plus désormais qu'un ex-premier ministre parmi d'autres. Dans les premières heures de l'annonce de sa candidature, Hollande lui a trouvé "un frère", Bernard Cazeneuve, pour le remplacer: un jeu de chaises musicales, puisque Nanard avait déjà succédé à Manu, place Beauvau. Adieu berlines de la République et escortes officielles, palais de la République, appui des préfectures et des ambassades pour les déplacements, cabinet de plusieurs dizaines de têtes coupées de la vraie vie... 

Repassé en mode artisanat depuis l'annonce de sa candidature lundi à Evry, Manuel Valls a engrangé des ralliements : le patron des sénateurs PS, Didier Guillaume, le député de l'Ardèche, la petite crevure volubile, Olivier Dussopt, jusqu'ici classé aubryste et donc marqué à la gauche du PS. 

Côté gouvernement, des femmes secrétaires d'Etat, ses vallsettes : l'ambitieuse Juliette Méadel, secrétaire d'État chargée de l'Aide aux victimes (et donc à Hollande), la féministe bornée Laurence Rossignol, ancienne secrétaire d'État chargée de la Famille, que la testostérone n'effraie pas autant qu'il transparaît dans ses propos, Pascale Boistard, chargée des personnes âgéesEricka Bareigts que Valls a sortie de l'ombre pour en faire la ministre des Outre-Mer, mais aussi des hommes, ministres : Patrick Kanner, son ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports parce que concurrent de Martine Aubry, ou Harlem Désir, qui a beaucoup dérivé depuis SOS Racisme et n'est plus regardant sur les propos du patron sur les Rom ou l'accueil de toute la misère du monde, sont montés à bord du frêle esquif vallsiste : des ralliements qui pourraient le desservir encore davantage.

L'ancien mentor de Hollande a retrouvé quelque 150 parlementaires venus "en soutien" après son intervention au 20h00 de France 2 mardi soir, selon ses partisans. "On était plutôt contents" du nombre de participants, a indiqué un membre de l'équipe de campagne. En vérité, les soutiens ne se précipitent pas.

Un front anti-Valls se dresse sur son chemin

"Le rassemblement est en oeuvre, mais cette campagne sera rude", reconnaît un lieutenant du Premier ministre qui se dit "pas inquiet". Bruno Le Roux qui, fin octobre, avait qualifié Manuel Valls de "plus légitime à porter nos couleurs" en cas de renoncement de Hollande, a fait savoir lundi qu'il "attend de voir", depuis que Hollande la placé Place Beauvau comme ministre de l'Intérieur de Cazeneuve. Comme d'autres lieutenants de François Hollande, Stéphane Le Foll ou François Rebsamen, lequel aurait refusé la succession de Cazeneuve, venue trop tard.

Le changement de gouvernement de mardi n'a pas encore déclenché la guerre contre l'Elysée: Bernard Cazeneuve est plus "vallso-compatible" qu'un Stéphane Le Foll, qui, selon la presse, faisait partie des "premiers ministrables", derrière Marisol Touraine, autre déçue. Lors de la passation de pouvoirs, il a dit "son amitié indéfectible" à Manuel Valls, sans toutefois exprimer de soutien direct à la campagne de son prédécesseur.

Hollande met le vallsiste Le Guen au placard 

A l'approche de la primaire socialiste, fin janvier, un proche bourrin de Manuel Valls, Jean-Marie Le Guen, s'est fait sanctionner avec la perte du stratégique secrétariat des Relations avec le Parlement au profit du 'hollandais' André Vallini, 60 ans. Pressenti au ministère de la Justice, en cas de victoire de Lionel Jospin en 2002, puis de Ségolène Royal en 2007, il comptait à nouveau sur ce portefeuille en 2012, lors de l'accession à la présidence de la République de Hollande qui lui préféra finalement Christiane Taubira. A l'Elysée en fin de règne, l'heure est aux récompenses des dindons de la farce hollandienne, mais on se demande pourtant ce qu'il a bien pu réaliser, depuis avril 2014, comme secrétaire d'État chargé de la Réforme territoriale.

Du côté de la primaire, la sénatrice de l'aile gauche du PS Marie-Noëlle Lienemann envisage de retirer sa candidature et a promis dans tous les cas de soutenir "celui qui sera en situation de battre Manuel Valls", alors que se murmure l'annonce du retour de Vincent Peillon.

Selon un sondage Ifop-Fiducial diffusé mardi et réalisé après le renoncement de François Hollande, mais avant la candidature officielle annoncée de Valls, l'ancien député-maire d'Evry, candidat controversé comme oligarque, ne recueillerait que 10% d'intentions de vote au premier tour de l'élection présidentielle, très loin derrière François Fillon (27,5%). 

Pas d'effet d'annonce: Valls reste figé à la cinquième place, derrière également Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Mais Manuel Valls reste le candidat socialiste le mieux placé, devant ses rivaux de la primaire Arnaud Montebourg, l'enflé, et Benoît Hamon, l'insignifiant, crédités de 6 et 4% en cas d'investiture.

Si les précédents échecs de Jacques Chirac en 1988, Edouard Balladur en 1995 et Lionel Jospin en 2002 ont montré la difficulté de cumuler Matignon et candidature à la présidentielle, Manuel Valls doit désormais prouver que le modèle de la "liberté" est une meilleure piste. Le seul précédent Georges Pompidou, dans les années 60, ne lui sera guère utile.

Manuel Valls n'a pas craint de placer sa déclaration sous le signe de la "réconciliation". 
Doucereux, il a rangé aux archives les "mots durs", les "incompréhensions" et ses propos polémiques ("positions irréconciliables" visant Mélenchon, "expliquer c'est un peu excuser" sur les attentats, etc.). Plus question d'autoritarisme et de coups de menton au moment de se lancer dans une guerre intestine et nauséabonde pour une primaire qui a lieu dans sept semaines seulement (22-29 janvier) entre une foultitude de candidats, probablement bientôt  assez nombreux pour constituer une équipe de rugby, alors que les sondages promettent une élimination de la gauche - PS et extrême gauche -  au premier tour de la présidentielle fin avril.
"La gauche est challenger ("concurrente", en français); on est 4e ou 5e, donc il faut faire attention", résume un vallsiste.

Mercredi, Manuel Valls entamera une campagne qui se veut de "terrain" dans le Doubs, terre industrieuse de l'Est et roulée dans la farine par Montebourg. Il participera à un meeting à Audincourt (commune socialiste de Montbéliard, terre d'élection de Pierre Moscovici), théâtre d'un duel serré entre le PS et le FN à une législative partielle en 2015, finalement emportée par le socialiste Frédéric Barbier, candidat PS moribond qu'il est venu par deux fois soutenir à une législative partielle: donné perdant, le socialiste avait profité d'une triangulaire pour l'emporter sur l'UMP et, surtout, sur Sophie Montel, candidate Front devenue un porte-bonheur. Le superstitieux aurait-il besoin de se rassurer ?

lundi 30 juin 2014

Le top 5 des ministres socialistes les mieux nantis du gouvernement Valls

Ces socialistes "défavorisés" qui nous gouvernent: 

Les déclarations de patrimoine et d'intérêt des 32 ministres et secrétaires d'Etat 
ont été publiées vendredi 
Les ministres socialistes sont-ils
solidaires ?
Conséquence de la fraude fiscale du ministre du Budget de Ayrault, Jérôme Cahuzac, les membres du gouvernement doivent désormais respecter une stricte transparence de leurs avoirs: Lien vers le site internet indépendant de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. 

Le Premier ministre de la France serait dans le rouge. Chargé de redresser les comptes du pays, Manuel Valls n'a semble-t-il guère plus à lui que le costume qu'il porte sur le dos (et quelques bombes de gel coiffant...). Il indique toutefois posséder deux appartements, un dans l’Essonne et un appartement de 44 mètres carrés à Paris, acheté 315.000 euros en 2010. Il dispose aussi d’un compte chez BNP Paribas, ainsi qu’un compte épargne et un PEL (la déclaration de Manuel Valls ).

Europe1.fr a  établi  le classement des plus fortunés.
Précision :  les dettes du montant total de chaque patrimoine n'ont pas été déduites.

1. Laurent Fabius : 5.539.003 euros
Fabius : "On ne peut rien dire de définitif avant la fin de la matinée"Le ministre des Affaires étrangères est de loin le plus fortuné des membres du gouvernement, avec un patrimoine supérieur à 5,5 millions d'euros. Laurent Fabius possède notamment un appartement et deux maisons, pour une valeur approchant les 4 millions d'euros. Il déclare également des "meubles et objets d'art" valorisés à 340.000 euros.
2. Jean-Marie Le Guen : 3.317.081 euros
Réforme territoriale : "un débat au Sénat avant l’été"Le secrétaire d'Etat en charge des Relations avec le Parlement dispose de nombreux biens immobiliers pour une valeur de 2,7 millions d'euros, mais aussi d'une dizaine de comptes bancaires et d'épargne. A noter que le docteur Jean-Marie Le Guen a dû réévaluer son patrimoine, qu'il avait largement sous-estimé, selon le contrôle effectué par la Haute autorité. Le quotidien Le Monde précise que l’ex-président du conseil de surveillance de l’AP-HP "avait très largement sous-évalué la valeur de ses appartements, garage, terrains et immeuble dans sa déclaration. Les montants qu’il avait mentionnés étaient de 30 % à 40 % inférieurs au prix du marché". "C’est l’administration fiscale qui a fait part de ses doutes à la Haute Autorité".
Il précise qu'il n'a "aucune montre ou bijoux [d'une valeur] supérieur[e] à ...10.000 euros pièce ". Probablement 9.900 chacune !
3. André Vallini : 2.884.855,31 euros
Vallini : "François Hollande ne gouverne pas aux sondages"Le secrétaire d'Etat à la Réforme territoriale complète le podium des membres du gouvernement les plus riches. Outre deux appartements dans l'Isère, André Vallini dispose de nombreux contrats d'assurance-vie, pour une valeur totale d'environ deux millions d'euros.

4. Michel Sapin : 1.890.059,73 euros
Déficit : le "coup à la grecque" de ParisConfiant dans l'avenir, à la différence de ses électeurs de l'Indre, le ministre des Finances, lui, ne déclare aucune assurance-vie. Mais il a hérité de plusieurs maisons dans l'Indre et possède également un appartement parisien, d'où un patrimoine immobilier important. A noter que Michel Sapin possède aussi un bateau de pêche acheté en 2009, d'une valeur de 3.500 euros.
5. Ségolène Royal : 1.558.413,55 euros
Trierweiler à Hollande : "je lui souhaite bonne chance"La ministre de l'Ecologie déclare un appartement dans les Hauts-de-Seine (120 m2), d'une valeur de 1,2 million d'euros, mais aussi deux parcelles de bois dans les Deux-Sèvres, valorisées 1.300 euros à elles deux. Ses deux contrats d'assurance-vie se chiffrent à plus de 400.000 euros.

Que connaissent-ils des problèmes des français?

Les cas indécents

Arnaud Montebourg
, ministre exemplaire de l'Economie, déclare sept comptes en banque et livrets dont l'un affiche 317.388 euros, deux appartements parisiens dont la "valeur actuelle" de l'un est "inconnue à ce jour", un parking dont la "valeur actuelle" est, elle aussi, "inconnue" et une maison avec jardin en Saône-et-Loire (235.000 euros), ainsi qu'un "fauteuil Charles Eames" acheté 28.000 francs en 1988 (dont la valeur actuelle est  non précisée).
Montebourg est ou a aussi été président ou membre d'une dizaine de conseils d'administrations et de commissions (Autoroutes Paris-Rhin-Rhône, Société d'économie mixte patrimoniale de Saône-et-Loire, Agence régionale de santé…), dans les cinq dernières années, sans laisser de traces de rentrées financières: du bénévolat...

Harlem Désir, qui ne déclare aucune profession et n'a inscrit aucun revenu issu de sa fonction de premier secrétaire du Parti socialiste, ne déclare que les 40.000 euros de ses comptes et des tableaux et lithographies de Henri Guédon ("Il s'agit de cadeaux de l'artiste de son vivant. Je suppose que la valeur se situe aux alentours de 5.000 euros", ajoute-t-il). Il précise cependant que lorsqu'il était à la direction du PS, il disposait "d'un secrétariat, d'un cabinet de conseillers, d'une voiture avec chauffeur"...

La poétesse Taubira se livre à un inventaire à la Prévert. La respectueuse ministre de la Justice a ainsi confirmé l'achat de ses quatre vélos "Decathlon, Peugeot, Gitane, Gitane" pour respectivement 200 euros, 400 euros, 300 euros et 400 euros en 1996, 2005, 2009 et 2013. La cigale a toutefois hérité ou investi dans cinq terrains en Guyane dont les valeurs sont comprises entre 12.285 euros et 75.000 euros.

Le ministre de l’Agriculture et porte-parole du gouvernement,
Stéphane Le Foll, possède quant à lui une Renault Clio de 1994, valeur actuelle zéro euro, et une moto BMW de 2.000 euros. Ni maison(s) ou appartement(s), ni terrain(s) donc entre le Finistère et la Sarthe, tout petit-fils d'agriculteur qu'il puisse être... 

Najat Vallaud-Belkacem vit, à l'en croire, dans le dénuement. La ministre des droits des femmes, de la ville, de la jeunesse et des sports ne déclare aucune valeur immobilière ou cotée en bourse. Elle s'est toutefois permise de se payer la tête de la Haute autorité en détaillant l'ensemble de ses biens mobiliers d'une "valeur d'assurance" évaluée à 22.000 euros : "lits (1 adulte, 2 enfants), tables (3), canapé (1), fauteuils (2), chaises (10), réfrigérateur, machine à laver, bijoux."

La déclaration d'intérêts de Fleur Pellerin est elle aussi bien fournie. On y apprend notamment qu'en tant que "membre de l'équipe de campagne de François Hollande(chargée du pôle "Société et économie numériques") de mars 2012 à mai 2012, elle touchait 4.934 euros nets mensuels, sans que les comptes de campagne de Hollande n'aient eu à en souffrir. La secrétaire d'Etat chargée du Commerce extérieur qui déclare le métier de "conseillère référendaire à la Cour des comptes" (7.002 euros nets mensuels), a également travaillé dans un cabinet de conseil en communication de 2007 à 2008 et touchait à ce titre 7.000 euros nets mensuels. Sans qu'aucun euro n'ait été lacé, investi ou en quoi que ce soit valorisé.

jeudi 15 mai 2014

La réforme territoriale serait un piège de Hollande à la droite où tomberait la gauche

Les décodeurs politiques ont-ils mis leur logiciel à jour ?

Un président ébranlé lors son entretien avec un Bourdin incisif
Vallini enfin aux marches du pouvoir,
en charge de la réforme territoriale
Mardi matin sur BFMTV, les élus locaux ont préféré en retenir la volonté du chef de l'État de mettre en œuvre la réforme territoriale comme prétexte machiavélique  au report pour ce faire des élections de 2015 à 2016, régionales et cantonales, ces dernières pouvant être fatales à la majorité présidentielle au Sénat. Un an de plus pour préparer la nouvelle organisation : diviser par deux le nombre de Régions et supprimer les conseils généraux.

Un calcul politique douteux
"En se jetant à corps perdu dans la réforme du "mille-feuille territorial", François Hollande crée le désordre au sein de la droite", assure Elizabeth Martichoux pour RTL, en dépit des travaux du comité Balladur de 2008-2009 sur cette réforme, avec les participations d'Olivier Schrameck, d'Olivier Duhamel, de feu le professeur Guy Carcassonne ou de Jack Lang.

Avec la réforme territoriale, la droite se trouverait en difficulté tandis que le Président aurait réussi à se placer "d'emblée", mais après deux ans, "dans le camp des progressistes". "On verra qui sont les réformateurs et qui sont les conservateurs", a lancé François Hollande lors de son intervention sur BFM TV le 6 mai dernier. 
Les élus de droite qui voudraient s'opposer non pas à cette réforme, populaire parmi les Français, mais à ses choix, comme à la méthode et ses modalités, seraient classés "d'office" au rang des conservateurs.
VOIR et ENTENDRE l'analyse de RTL: 

À l'UMP, les ténors du parti débattent en effet.
François Fillon fustige "un désordre total" tandis que Jean-Pierre Raffarin "partage le diagnostic" de François Hollande. Les courants de l'UMP dialoguent et c'est une réussite que ni Martichoux, ni Hollande n'avait imaginé.

Hollande va recevoir les partis

À gauche, des voix s'élèvent pour dénoncer l'accélération du calendrier à marche forcée. 
Président socialiste de la région Pays de la Loire, Jacques Auxiette, a dénoncé hier "le mépris" de Manuel Valls, qui a répété hier "Je ne veux pas perdre un seul instant, je ne veux pas perdre un seul jour". Si, avec Taubira ils se détestent, Valls emploie la même méthode que la ministre totalitaire de la Justice lors du pseudo-débat parlementaire sur sa réforme scélérate du mariage pour les personnes du même sexe. 

D'autres mettent en garde contre la disparition des conseils généraux. 
Il est vrai que pour certains cantons ruraux marqués par la disparition des services publics nationaux, les services du Département constituent bien souvent le seul lien avec l'administration, comme l'a rappelé Claudy Lebreton, président PS de l'Assemblée des départements de France. Le département est "un échelon incontournable de la solidarité et apprécié des Français", observe le président du PRG Jean-Michel Baylet, opposé au projet de réforme, qui note en outre que "leur suppression n'entraînerait pas d'économies substantielles."

On a même entendu que la disparition des département serait souhaitable, du fait de leur ancienneté: ils datent en effet de la révolution, en réaction "progressiste" à la monarchie... Le "progressisme" évoqué par Mlle Martichoux est une notion relative.

Conscient que vitesse n'est pas précipitation, François Hollande reçoit à partir du 14 mai "les responsables et dirigeants" des partis politiques représentés au Parlement pour évoquer la future réforme territoriale.

vendredi 21 mars 2014

Manuel Valls disjoncte: un pompier a refusé de lui serrer la main!

Le ministre de l'Intérieur est-il salissant ?

Manuel Valls a perdu ses nerfs contre un sapeur-pompier gréviste qui a refusé de lui serrer la main
 
lors d'un déplacement à Grenoble, en soutien à Vallini, en Isère jeudi. Et la scène filmée par les journalistes du Dauphiné commence à faire les délices des internautes.


Vexé, le socialiste surmené par la campagne des municipales a humilié le sapeur-pompier en le rappelant à l'ordre avec véhémence.
"Quand on refuse de serrer la main à une personne, c'est qu'on a perdu ses valeurs", assène  Manuel Valls au soldat du feu, comme à un enfant, avant de vitupérer ces mots: "Vous n'êtes pas un gamin, vous exercez des responsabilités".

Le ton devient plus tranchant lorsque le ministre, vindicatif, lance : "je vous invite, devant un ministre de l'Intérieur, un responsable de gouvernement, un représentant de l'Etat et du président de la République à vous comporter comme un sapeur-pompier, il y a une hiérarchie chez les sapeurs-pompiers, vous devez la respecter !"


Des grévistes en colère

En soutien à André Vallini à Grenoble, Manuel Valls venait endormir des pompiers de l'Isère engagés dans un long conflit avec leur direction sur l'augmentation du temps de travail. Ils manifestaient sous les fenêtres de la préfecture à l'occasion de sa visite de campagne pour les municipales.
"Si je viens, c'est pour dialoguer avec les sapeurs-pompiers, c'est pas pour qu'on refuse de me serrer la main, je suis venu vous saluer", poursuit Manuel Valls en se déplaçant d'un mètre, en direction d'autres interlocuteurs.

"Ça fait quatre mois [de conflit], tente de lui expliquer un pompier pour justifier la colère de ses collègues. C'est urgent, on a besoin de vous". "J'ai entendu, il faut reconstruire", sermonne un Manuel Valls blessé qui finit par saluer avant d'être remercié par un pompier.

lundi 5 novembre 2012

Fronde socialiste contre le gouvernement Ayrault

L'opposition au gouvernement Ayrault s'étend au Parti socialiste

Le maire de Dijon a la moutarde qui lui monte au nez

Les socialistes tirent sur les ambulances
Alors que la droite est accusée de pilonner l'ambulance Ayrault, le premier socialiste à lancer l'offensive ce vendredi fut François Rebsamen. Le président du groupe socialiste au Sénat  réclame davantage de pédagogie de la part du gouvernement: "Expliquez aux Français, sinon ils ne comprennent pas pourquoi, comme ça, d'un seul coup, ils sont obligés de subir tous ces impôts", a-t-il déclaré ce vendredi. 

A un cheveu près de soixante-huitard près ce que disait aussi le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, autre proche de François Hollande, mercredi sur RTL: "On doit être beaucoup plus pédagogues." 

S'il n'a pas "de conseils à donner au président", le sénateur-maire de Dijon suggère par exemple à François Hollande de "s'adresser directement aux Français". Une recommandation qui tombe à point nommé: le chef de l'Etat tiendra une conférence de presse mi-novembre, soit six mois après son entrée en fonction.


Pour Collomb, maire de Lyon, Ayrault donne dans le " zigzag "

Le sénateur-maire s'est montré sans concessions envers l'action gouvernementale, qu'il juge trop brouillonne. 

Gérard Collomb tape sur les doigts de ses camarades socialistes, en particulier sur l'action économique du gouvernement. "Nous donnons trop l'impression d'être dans le zigzag, dans le tâtonnement et l'approximation", explique-t-il aux Echos, lundi 15 octobre 2012. 

"Il n'est pas trop tard pour se mettre dans la bonne trajectoire en affirmant clairement qu'il ne saurait y avoir de politique qui se fasse sans l'entreprise et les entrepreneurs. " 

L'élu lyonnais dénonce " les politiques d'oppositions " du gouvernement 
Il l'accuse de détricoter mécaniquement les réformes du quinquennat Sarkozy plutôt que d'engager " des politiques de propositions." 

Le socialiste ne dit pas autrement que l'UMP
Une méthode a minima qu'il met sur le compte d'un manque de réflexion et de cohérence de ses camarades.

Le sénateur PS Vallini demande à Hollande de "fixer le cap" 


Pour André Vallini, président PS du Conseil général de l'Isère,  fustiger l'héritage sarkozyste n'est pas la bonne stratégie : "il faut rappeler que l'héritage est là et qu'il a contribué à creuser les déficits. Mais cela ne peut plus suffire. Parce que les Français, maintenant, nous disent : et vous, vous faites quoi ?


Pour Vallini, il n'y aurait même pas de problème lié au Premier ministre : "je vous donne rendez-vous dans six mois", parie-t-il. "Les mêmes qui tirent sur Ayrault et spéculent sur son départ diront : quelle endurance, quelle résistance, quel homme d'Etat !" 


Le responsable socialiste met Hollande au pied du mur
Il a appelé le président François Hollande à "fixer à nouveau le cap" 
Dans un entretien au Figaro, l'élu de l'Isère dit partager le constat d'autres ténors socialistes qui pointent un défaut de communication de l'exécutif : "on me le dit beaucoup sur le terrain. François Hollande doit à nouveau s'adresser aux Français pour leur expliquer comment il veut redresser la France". 

Vallini propose d'endormir les Français
Lors de sa conférence de presse prévue mi-novembre, "j'attends qu'il fixe à nouveau le cap pour redresser le pays et explique le chemin qu'il veut emprunter pour y parvenir. Il doit rassurer les Français". 


A propos du rapport de Louis Gallois sur la compétitivité, le sénateur de l'Isère dit avoir "eu peur qu'on essaye de l'enterrer". 
"Mais François Hollande a dit que ce ne serait pas le cas. Il faut que ce rapport permette d'associer les entrepreneurs au redressement national" car "on ne pourra pas redresser le pays sans eux", poursuit-il. 
Or, après un premier report de date,  il sera remis lundi au gouvernement, mais Hollande a déjà prévenu qu'il ne serait que partiellement suivi: une déclaration du président qui rappelle irrésistiblement le couac de Ayrault qui annonçant le rejet du projet de loi sur le logement avant que le Conseil constitutionnel ne se soit réuni... 



Ce proche du chef de l'Etat considère qu'il "est stupide de dire que le coût du travail n'est pas un problème". "C'est un vrai problème ! Il va falloir trouver une solution ! Mais il faut aussi et surtout mettre le paquet sur l'innovation".

Interrogé sur le droit de vote aux étrangers non communautaires aux élections locales, André Vallini relève qu'à "ce jour, il n'y a pas de majorité pour". "Il ne faut pas en faire un psychodrame national. Si on ne trouve pas de majorité, on reportera la réforme, car en politique, il y a un principe, celui de réalité", estime-t-il. 

Emmanuel Maurel, un proche de Benoît Hamon (ministre délégué) et H. Emmanuelli ou M.-N. Lienemann, et promoteur de la motion de l'aile gauche du PS, "ne souhaite pas l'austérité (de gauche!) pour son pays" 

Et pour l'anecdote, Stéphane Hessel ne tient pas à siéger au bureau national du PS.

mardi 8 mai 2012

Sarkozy a célébré le 8-Mai avec Hollande

Nicolas Sarkozy a fait participer François Hollande aux cérémonies du 8-Mai


Le nouveau président n'est pas plus grand que le précédent.
Les critiques physiques vont-elles pleuvoir équitablement sur ses rondeurs et sa calvitie ?


Le président-sortant a démontré sa capacité d'apaisement, une parenthèse républicaine inédite

Le président sortant, en fonction jusqu'au 15 mai, avait invité son successeur à commémorer avec lui la fin de la Seconde Guerre mondiale à l'Arc de triomphe de l'Etoile, à Paris.
Le Chef de l'Etat a serré la main de son successeur au début de la cérémonie et ils ont déposé une gerbe et rallumé la flamme sur la tombe du Soldat Inconnu, avant d'écouter, côte à côte, la Marseillaise, puis le Chant des partisans.
Nicolas Sarkozy, qui ne s'est pas exprimé, a reçu  des témoignages de sympathie venus de la foule.
Pour François Hollande, il était "utile et précieux pour le pays de savoir qu'il était rassemblé à travers le président encore en exercice et le nouveau", sur "un même enjeu, celui de la patrie retrouvée", après une rude campagne électorale.

La présence de deux présidents réunis pour l'occasion est inédite.
Le 8 mai 1995, Jacques Chirac, au lendemain de sa victoire à la présidentielle, avait participé à la cérémonie aux côtés de François Mitterrand, mais ce dernier ne s'était pas représenté pour un nouveau mandat.
"C'est une image de la démocratie française, de l'alternance réalisée, qui est bonne. C'est mieux qu'en 1981. Reconnaissons-le", a commenté mardi sur RTL Pierre Moscovici, chargé par François Hollande de gérer cette période de transition. Une rencontre était d'ailleurs prévue mardi entre les équipes du vainqueur et du vaincu.
MM. Sarkozy et Hollande se reverront ensuite le 15 mai, sur le perron de l'Elysée, pour la passation de pouvoirs.
Tel père, tel fils
Le nouveau président partagera-t-il alors le jugement de son père Georges, 87 ans et ancien OAS, qui vient de déclarer, confondant les électeurs du suffrage universel direct et la petite polémique, dans une entretien à Nice-Matin, que Nicolas. Sarkozy faisait "un cadeau empoisonné" à son fils en lui transmettant les clefs de l'Elysée ? En tout cas, l'AFP compâtit déjà, estimant que le calendrier ne laissera pas de répit au dilettante Hollande.

L'agenda du président-élu

Alors enfin, François Hollande annoncera le nom de son Premier ministre: la Voix de son Maître, Jean-Marc Ayrault, est favori, la Ch'tite Martine Brochen-Aubry tient la corde et a déjà annoncé qu'elle libère la place de Premier secrétaire du PS, tandis que Pierre Moscovici fait figure de troisième homme.
Le 16 ou le 17 mai, François Hollande fera le déplacement de Berlin pour rencontrer Angela Merkel, qui l'attend "les bras ouverts" mais de pied ferme depuis la dissolution du couple franco-allemand. " Mélenchon appela d'ailleurs à "briser le joug Sarko-Merkel".
Hollande est très isolé et la question de la relance de la croissance en Europe apparaît bien d'ores et déjà comme le dossier international majeur qui va occuper le socialiste ces prochaines semaines.
Les deux dirigeants affichent pour l'instant des positions de fermeté, François Hollande plaidant pour une renégociation du traité de discipline budgétaire européen dans le sens de la croissance contre l'avis d'Angela Merkel.
Dans un message de félicitations à François Hollande, la chancelière allemande a d'ailleurs rappelé sa détermination, soulignant que la France et l'Allemagne doivent "prendre les décisions nécessaires" pour assurer la "prospérité" de l'Europe et de la zone euro.
Les dirigeants de l'UE se retrouveront le 23 mai à Bruxelles pour une réunion extraordinaire qui marquera le baptême du feu européen du président élu français et consacrée au conflit croissance-austérité, a annoncé mardi le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.
Pierre Moscovici, désormais conciliant, s'est déclaré persuadé qu'un "compromis" émergera avec l'Allemagne sur la question de la croissance.
Au-delà du couple franco-allemand, le Japon a interpellé François Hollande sur la maîtrise des déficits. "Nous voulons qu'il fasse ce qui a été décidé jusqu'à présent, et j'aimerais le lui dire si j'en ai l'occasion", a déclaré mardi le ministre japonais des Finances, Jun Azumi.
Les sommets du G8 et de l'Otan à Chicago, du 18 au 21 mai, précédés d'une rencontre à la Maison Blanche avec Barack Obama.
Le retrait anticipé des troupes françaises d'Afghanistan, que François Hollande veut à la fin de l'année, constitue un "dossier difficile",  suite aux promesses de campagne du socialiste, souligne le  président démocrate américain.

A l'intérieur,  la nécessité de former un gouvernement, fait l'objet de  pronostics.
Michel Sapin est bien placé pour l'Economie, Pierre Moscovici en compétition avec Laurent Fabius pour les Affaires étrangères, Manuel Valls avec François Rebsamen pour l'Intérieur, Christiane Taubira avec Bertrand Delanoë et André Vallini, pour la Justice...
C'est dans ce contexte de pléthore que s'inscrit la rencontre, mardi matin, de François Hollande avec le président socialiste du Sénat, Jean-Pierre Bel. Pierre-René Lemas, directeur de cabinet de Jean-Pierre Bel, pourrait être nommé en effet secrétaire général de l'Elysée.
Le futur Premier ministre aura pour tâche de conduire la bataille des élections législatives des 10 et 17 juin.
Le PS va affronter une UMP bien décidée à transformer ce scrutin en un troisième tour de la présidentielle, mais il va devoir gérer aussi ses relations avec ceux qui ont soutenu François Hollande au second tour: le PRG (Baylet, Taubira),  EELV, qui en la personne de Cécile Duflot, va réclamer ce mardi sa place au gouvernement, le Front de gauche, avec qui doivent être négociées des candidatures communes là où le FN est puissant, et enfin, François Bayrou.
L'UMP a en effet annoncé lundi qu'elle présenterait un candidat dans sa circonscription des Pyrénées-Atlantiques contre le dirigeant centriste, qui risque ainsi de perdre son siège de député acquis de justesse. Le PS lui renvoie l'ascenseur et ne devrait pas présenter de candidat, solution qui "peut tout à fait se concevoir", selon Pierre Moscovici.