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dimanche 7 juillet 2019

Municipales à Paris : après Mahjoubi, Lebreton se désiste aussi en faveur de Villani

Anne Lebreton abandonne la course à l'investiture LREM et choisit Villani contre Griveaux

La parité est mise en échec dans le parti du président

Anne Lebreton mardi dernier lors d'un passage sur BFMTV.
Seule femme candidate à l'investiture La République en marche (LREM) pour les municipales de Paris, l'adjointe au maire du 4e arrondissement de Paris se rallie au mathématicien Cédric Villani, révèle Le Journal du dimanche.


Mounir Mahjoubi et Cédric Villani lors du meeting au théâtre du Gymnase.Le député engrange ainsi un nouveau soutien après celui de Mounir Mahjoubi obtenu il y a trois jours. Jusqu'alors favori, le prétentieux Benjamin Griveaux voit son principal concurrent le rattraper à vitesse grand V. Or, la commission d'investiture du parti doit avoir lieu mercredi prochain pour désigner celui qui portera la casaque du parti présidentiel aux prochaines élections municipales dans la capitale.

En réaction, 34 élus locaux parisiens signent une tribune pour soutenir Griveaux
Dans cette autre tribune publiée dans Le Journal du dimanche, les 34 élus locaux parisiens souhaitent soutenir leur candidat après les multiples ralliements à Cédric Villani ces dernières semaines. Parmi eux, on trouve des conseillers de Paris, des députés et des sénateurs, dont Olivier Grégoire, Julien Bargeton ou encore Sylvain Maillard. 
"Elus parisiens, de l'Est, de l'Ouest et du Centre, nous nous trouvons réunis pour soutenir la candidature de Benjamin Griveaux à la mairie de Paris, car c'est celui qui a l'expérience, le discours, le projet et la personnalité pour apporter des réponses crédibles et ambitieuses pour Paris", écrivent les élus. "C'est lui aussi qui saura rassembler large, sur une vision et des valeurs progressistes. C'est lui qui saura consulter les habitants tout au long de la campagne, afin de bâtir le meilleur projet pour Paris." Autrement dit, il ne ferait pas du Macron, son maître...
Dans la dernière ligne droite, les signataires espèrent apporter un second souffle à l'ancien porte-parole du gouvernement. "A la veille de la commission nationale d'investiture qui doit désigner le candidat de LREM pour Paris, nous voulons lui faire savoir que nous sommes 34 élus de Paris à avoir rejoint depuis longtemps, ou plus récemment, Benjamin Griveaux parce qu'il est pour nous le plus à même de relever cet immense défi : redonner le souffle dont Paris a besoin", conclut la tribune.

Voici la liste intégrale des signataires
(des inconnus pour les 3/4)
Pierre AURIACOMBE, conseiller de Paris, 16e arrondissement; Eric AZIERE, conseiller de Paris, Pdt du Groupe UDI au Conseil de Paris, 14e; Julien BARGETON, sénateur de Paris, conseiller de Paris, Pdt du groupe Démocrates et Progressistes au Conseil de Paris, 20e: Félix BEPPO, conseiller d'arrondissement, 18e; Jérôme DUBUS, conseiller de Paris, Pdt Groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants au Conseil de Paris, 17e; Elise FAJGELES, conseillère d'arrondissement, députée suppléante, 10e; Mohamad GASSAMA, conseiller d'arrondissement, 20e; Alexis GOVCIYAN, 1er adjoint au Maire, 9e; Didier GUILLOT, conseiller de Paris, 18e; Olivia GREGOIRE, députée de Paris; Marie-Laure HAREL, conseillère de Paris, 3e; Hélène HAUTVAL, adjointe à la Maire, 5e; Eric HELARD, conseiller de Paris, 16e; Olga JOHNSON, conseillère de Paris, 17e; Marc LAROCK, conseiller d'arrondissement, 7e ; Thomas LAURET, conseiller de Paris, 16e; Alexandre LE BARS, conseiller d'arrondissement, 20e; Sylvain MAILLARD, député de Paris, Conseiller d'arrondissement, 9e; Renaud MARTIN, conseiller d'arrondissement, 20e; Florence de MASSOL, 1ère adjointe à la Maire, 20e; Valérie MAUPAS, conseillère d'arrondissement, 14e; Fadila MEHAL, conseillère de Paris, 18e; Catherine MICHAUD, conseillère d'arrondissement, 2e; Fabrice MOULIN, conseiller d'arrondissement, 12e ; Marc MUTTI, adjoint au maire, 1er:; Déborah PAWLICK, conseillère de Paris, 10e; Jean-Pierre PLONQUET, conseiller d'arrondissement, 4e; Ophélie ROTA, conseillère d'arrondissement, 12e; Pacôme RUPIN, député de Paris, conseiller d'arrondissement, 4e; Christian SAINT-ETIENNE, conseiller de Paris, 11e; Anne TACHENE, conseillère de Paris, 15e; Olga TROSTIANSKY, conseillère d'arrondissement, 10e; Alexandre VESPERINI, conseiller de Paris, 6e; Jean-Louis VINCENT, conseiller d'arrondissement, 17e.

Les voyants sont plus que jamais au vert pour Cédric Villani, 45 ans,
 
L'émergence de Villani est le fruit d'une campagne dynamique qui ne tenait pas la victoire pour acquise, à la différence de Griveaux, dilettante infatué, malgré l'abandon de Julien Bargeton, 46 ans, sénateur (LREM) de Paris, qui a retiré sa candidature dès mars 2019 pour soutenir Benjamin Griveaux, alors qu'il était favori et qu'un candidat de la dernière heure, début juin, Hugues Renson, député de la 13e circonscription de Paris et vice-président de l'Assemblée nationale, s'est aligné et se maintient encore, vaille que vaille. Le ralliement de Bargeton à Griveaux n'est d'ailleurs pas de nature à aider le candidat du Château : jusqu'en octobre 2017, Bargeton a été adjoint à la maire PS sortante de Paris, Anne Hidalgo... 

Anne Lebreton, publie dans le même temps une tribune dans le JDD 
Elle y appelle les Parisiens à se mobiliser pour "changer d'ère". 
Anne Lebreton : "Je choisis de rejoindre Cédric Villani"
"Aujourd’hui je choisis Paris. En mars prochain, les Parisiens vont se mobiliser pour choisir leur maire. Après 19 ans de gestion socialiste, l’envie d’alternance est grande. L’alternance, ce n’est pas seulement changer de maire, changer d’équipe, c’est changer d’ère. L’ère qui vient donnera de plus en plus de place aux maires des grandes villes car ils sont au cœur de la lutte contre le dérèglement climatique, car c’est dans les villes que vivent désormais les trois quarts de l’humanité.à coté de cette occasion.
Pour être maire de Paris, il faut être une personnalité atypique à l’image de Paris [...], une personnalité qui dépasse la politique, ouverte sur le monde, ouverte sur l’avenir, ouverte sur le quotidien des parisiens, ouverte aussi sur toute le France.
Etre maire de Paris, ce n’est pas être gestionnaire, ce n’est pas être politique, c’est avoir la capacité d’entraîner, de réunir, de faire. La capacité de mettre tout le monde autour de la table pour travailler ensemble, la capacité de proposer une vision, de tracer un cap.
Sur beaucoup de sujets, Paris doit voir plus grand, bien au-delà du périphérique
Sera maire de Paris, celle ou celui qui saura susciter cette impulsion et créer un lien personnel avec les parisiens. Sans rêve, sans amour, sans vision, pas de Paris.[...]
Après une année de travaux anarchiques, mal planifiés, menés en dépit de la sécurité même des Parisiens (combien d’accidents graves ont eu lieu depuis quelques mois dans tous Paris sans que personne n’en parle?). Paris aura d’abord besoin de renouer avec une forme de tranquillité, car Paris est vraiment au bord de la crise de nerfs. [...]
C’est pourquoi j’ai proposé de faire un Grand Paris de l’éducation, c’est pourquoi j’ai proposé un service métropolitain de lutte contre l’exclusion. Aujourd’hui, je choisis de rejoindre Cédric Villani avec Mounir Mahjoubi.

Cédric Villani fera un maire exceptionnel pour Paris
Malgré mon très fort désir de porter une candidature féminine à la commission d’investiture de LREM, je souhaite aujourd’hui apporter tout mon soutien à celui dont je pense qu’il fera un maire exceptionnel pour Paris. Paris, plus que tout, à besoin d’une personnalité qui sache mettre tout le monde autour de la table, Paris a besoin d’une personnalité qui dépasse la politique, qui dépasse les partis.
Cédric Villani a l’énergie qui déplace les montagnes, une bienveillance qui sait réunir au-delà de tous les camps, il aura cette capacité de s’adresser à tous les Parisiens, de réconcilier l’Ouest et l’Est, Paris et sa région, Paris et l’Etat, Paris et le reste de la France. Nous avons aujourd’hui la possibilité d’avoir un maire exceptionnel, ne passons pas à coté de cette occasion." Anne Lebreton dessine le portrait du maire idéal. 
Une issue incertaine

Lauréat de la médaille Fields - équivalente du Prix Nobel qui n'en décerne pas en mathématiques - Villani a assuré au Figaro Talk qu'il "fera ce qu'il faut pour être le candidat à Paris". Un sondage Ifop  le place, avec Benjamin Griveaux, en tête des intentions de vote au premier tour, avec deux ou trois points d'avance sur Anne Hidalgo. Mais, depuis le ralliement de Mounir Mahjoubi, puis celui d'Anne Lebreton, la donne pourrait avoir changé.

Au lendemain de son premier meeting parisien, qui a réuni 600 personnes et de nombreuses personnalités du Paris des sciences et de la culture, Cédric Villani apparaît, dans un sondage jusque-là confidentiel, en mesure de battre Anne Hidalgo.
Comme Mahjoubi avant lui, le député de l’Essonne a commandé un sondage à l’Ifop. Réalisée entre les 20 et 27 juin, soit avant le ralliement de Mounir Mahjoubi, cette enquête "montre qu’il y a clairement un match Griveaux-Villani, note Frédéric Dabi, directeur de l’Ifop. Ils sont à égalité d’intentions de vote au premier tour, et devancent tous les deux de trois points Anne Hidalgo. Griveaux pouvait dire en avril qu’il n’y avait pas mieux que lui pour battre Hidalgo, ce n’est plus vrai aujourd’hui."
Plus précisément, les listes conduites par Cédric Villani réuniraient 26 % des suffrages, contre 23 % pour celles d’Anne Hidalgo, 15 % pour les listes de l’écologiste David Belliard et 15 % pour les listes LR de Rachida Dati. Tandis que celles conduites par Benjamin Griveaux, obtiendraient 27 % de suffrages, contre 24 % pour les listes PS, 14 % pour les listes écologistes et 16 % pour les listes LR.
Dans les deux cas de figure, la France Insoumise (Danielle Simonnet) est à 5-6 %, l’élu de centre droit Pierre-Yves Bournazel à 5-6 % et le communicant Gaspard Gantzer à 1,5-2 %. 
Cédric Villani a réagi à la décision de l'adjointe au maire du 4e arrondissement de Paris. "Un immense merci à Anne Lebreton pour sa confiance et son soutien ! Elue de terrain exemplaire, engagée pour l'intégration, l'éducation, la cause des femmes, elle vient renforcer notre projet éco progressiste pour un nouveau souffle à Paris !" a écrit le député de l'Essonne.

mardi 25 avril 2017

Candidat hors système, Macron peine déjà à se constituer une majorité présidentielle

Emmanuel Hollande apparaît comme un nouveau "bras cassé" sur le modèle de Hollande

Face à Marine Le Pen à la tête d'élus, Macron se cherche des membres éligibles pour En Marche!

Macron, protégé de Hollande
Sans attendre le verdict du second tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron cherche à lever le doute sur la majorité parlementaire dont il pourrait disposer. 
Ce doute n'est pas seulement un des angles d'attaque de ses adversaires depuis des semaines, mais aussi une des inquiétudes des investisseurs, des décideurs économiques et des marchés financiers, qui s'interrogent sur sa capacité à réformer.
"Je veux dès à présent construire une majorité de gouvernement et de transformation nouvelle", a avoué dimanche le bientôt quadragénaire, arrivé en tête du premier tour sans jamais se soumettre à aucun vote populaire, alors que son mouvement En Marche ! a tout juste un an.

Obtenir le score le plus élevé possible le 7 mai, au second tour, n'est pas encore acquis, face à la présidente du Front national, estime Pascal Perrineau, du centre de recherche de l'institut de sciences politiques de Paris.
"Il ne peut pas se permettre de faire comme si tout était plié. Il faut qu'il se montre capable de créer une dynamique. Plus il rassemblera (au second tour), mieux il se positionnera pour les législatives", estime cet analyste.

Une des difficultés d'En Marche ! étant que le mouvement trouvera face à ses candidats des "caciques" de gauche et, surtout, de droite bien implantés, explique le constitutionnaliste Philippe Cossalter.
La droite républicaine et la majorité présidentielle sortante sont éliminés du second tour pour la première fois de l'histoire de la Ve République. L'actuel opposition compte bien faire des législatives de juin une sorte de match retour, dans l'espoir notamment de créer les conditions d'une cohabitation avec Emmanuel Macron.

L'écueil des investitures

"Il faut se mobiliser pour obtenir une majorité de députés et engager la France dans un gouvernement de coalition ou de cohabitation", a ainsi expliqué le sénateur Les Républicains (LR) Alain Houpert, sur le site internet de Public Sénat.

Présidée par l'ancien ministre chiraquien Jean-Paul Delevoye, la commission d'investiture d'En Marche !va devoir réussir le tour de force de dénicher des candidats nouveaux mais compétents pour les législatives.
"Nous sommes quasiment en train de boucler la totalité des circonscriptions et nous serons prêts à analyser toutes les évolutions politiques", a-t-il raconté. En Marche! doit accélérer le pas : "Notre commission se réunira non stop mardi, mercredi et jeudi."

Emmanuel Macron a fixé quatre règles
Désormais, il exige seulement que la moitié des candidats d'En Marche ! viennent de la société civile ou n'aient jamais été élus députés, 
la parité hommes-femmes doit être strictement respectée
tous doivent s'engager sur les six chantiers présidentiels prioritaires 
et abandonner l'étiquette de leur parti d'origine pour adopter celle d'En Marche!.
Les "tocards" conservent toutes leurs chances de revenir sur la scène politique...

Une première exception pourrait cependant être accordée aux candidats venus du MoDem, dont le président, François Bayrou, a conclu une alliance spéciale avec l'ex-ministre de l'Economie de Hollande et Valls.
Le pourcentage d'élus sortants de gauche ou de droite susceptibles d'être investis, comme le PS Richard Ferrand, secrétaire général d'En Marche !, ou l'écologiste François de Rugy (EELV), est encore "assez faible", selon Jean-Paul Delevoye.
Mais il augmentera probablement "au vu des positions qu'auront les uns et les autres cette semaine par rapport aux résultats du premier tour" de la présidentielle, ajoute-t-il.
"Je ne demanderai pas à ceux qui me rejoignent d’où ils viennent mais s’ils sont d’accord pour le renouveau de notre vie politique", a rappelé dimanche Emmanuel Macron.

Le candidat hors système est contraint à l'ouverture

Macron a déjà dû s'atteler à sonder les coeurs et les reins lors de prises de contacts qu'il entendait poursuivre dès lundi, selon des membres de son entourage, citant notamment des élus Républicains proches du maire de Bordeaux Alain Juppé.
Mais comme pour les ralliements d'avant le premier tour, le candidat et son équipe auront fort à faire pour séparer les ambitieux "calculateurs" des "hommes et des femmes responsables", selon la formule de Jean-Paul Delevoye.

"Nous aurons une majorité, veut croire Delevoye. Nous avons déjà fait toute une série de simulations", avoue-t-il toutefois. "Il y a une très grande interrogation sur la fiabilité des accords électoraux passés par MM. François Fillon et Benoît Hamon."

Emmanuel Macron doit également  parier sur des "majorités de projet" 
au coup par coup, à la petite semaine, sur des mesures ou des textes. 
L'ex-banquier a pour sa part déjà déclaré qu'il était prêt à gouverner par ordonnances ou à recourir à la procédure prévue par l'article 49.3 de la Constitution permettant de faire adopter des projets de loi sans passer par un vote parlementaire. De quoi faire refluer l'électorat de Hamon (frondeur PS) et Mélenchon (PCF), 25% à eux deux.

Plusieurs dirigeants des Républicains ont déjà donné des signes d'approbation de ce mode de gouvernement qui contourne les élus du peuple, comme Jean-Pierre Raffarin ou l'ex-porte-parole de campagne de François Fillon, Thierry Solère. "Je pense qu'il faut voter les textes qui vont dans le bon sens", a déclaré celui-ci à RMC, tandis que le président de la région PACA, Christian Estrosi, proposait sur France 2 de "réfléchir à quatre ou cinq grandes réformes où il faudra dépasser les clivages partisans".

A force de ralliements contre nature et d'ouverture à tous les vents contraires, le "capitaine de pédalo" bis devrait naviguer à vue pendant cinq ans : du cabotage à prévoir... 
Résultat de recherche d'images pour "macron vs valls"
Jean-Paul Delevoye a entrevu le danger. A ceux qui douteraient de sa fermeté, il adresse cet avertissement : "C'est quelqu'un qui n'est pas autoritaire, mais qui sait faire preuve d'autorité."
 
Sous tutelle à la maison, le gamin peut en effet être brutal et cassant à la manière de Manuel Valls : outre son exaltation, son petit gabarit et sa jeunesse pourraient l'y inciter. Pour s'affirmer contre son entourage de vieux de la vieille.

lundi 10 avril 2017

Présidentielle : Fillon passe à l'attaque contre son rival Macron

Harcelé par les media, Fillon promet de "tout donner" pour faire mentir les sondages qui le donnaient tous éliminé au 1er tour

François Fillon a rappelé des faits : Emmanuel Macron est le "jeune héritier" inexpérimenté du hollandisme


L'ex-Premier ministre a montré sa détermination à conduire les Français à "l'alternance"lors d'un grand rassemblement à Paris, devant la plupart des ténors de la droite, plus de 25.000 personnes selon les organisateurs, et une marée de drapeaux tricolores, pour "faire de la France la première puissance européenne en dix ans".

Le candidat de la droite et du centre remonte en effet dans les sondages. Il n'est plus qu'à cinq points du favori de l'Elysée qui tient la presse, en dépit des soupçons d'emplois présumés fictifs de membres de sa famille, distillés par l'Elysée dans la presse, au même titre que l'affaire des emplois fictifs à l'Assemblée des filles mineures du président du groupe des députés socialistes. Devenu ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux a dû démissionner de son poste gouvernemental.
Sous la pression des media amis du président socialiste, la justice a dû ouvrir une enquête et procéder à des mises en examen. Bien que celles-ci aient un impact sur l'opinion, les électeurs  font la part des choses: les Français ont appris qu'une mise en examen ne préjuge en rien d'une culpabilité. Le foisonnement d'exemples politiques récents démontre d'ailleurs le contraire et l'abus de mises en examen produit désormais l'effet inverse de l'objectif escompté.  

Pour empêcher l'alternance en gardant le pouvoir aux socialistes,
les media jouent le jeu de l'union nationale en faveur de Macron contre Fillon

Pourvoyeuse des éléments de langage du pouvoir socialiste dans les divers organes de presse, l'AFP continue de souligner que la présidente du FN et le candidat d'En Marche!, mouvement dissident du PS, le devancent encore. A la vérité, non seulement Marine Le Pen (FN) et le banquier Macron (En marche!) perdent du terrain, mais Fillon (LR et centre) en gagne.
  
Pour tenter d'écarter Fillon, les stratèges de l'Etat-PS en sont à pousser Mélenchon, au détriment de leur propre candidat : Hamon est en effet descendu à 9,9%... Les media font la promotion à la fois du candidat de la droite souverainiste en espérant que Nicolas Dupont-Aignan prendra des points à Fillon et du candidat de l'extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon, candidat apparent de La France insoumise, mais en fait du Parti communiste. Un sondage sur mesure de KANTAR Sofres-Onepoint fait passer l'insulteur de la presse devant Fillon au premier tour, avec 18% contre 17%, ce qui, compte-tenu de la marge d'erreur admise (3%) n'engage pas les manipulateurs. 

Fillon cible Macron et Le Pen, non pas Mélenchon


Si Fillon décrit Mélenchon, Dupont-Aignan et Macron comme "une conjuration des impuissants", c'est surtout le personnage E. Macron et son programme en mille morceaux qui ont été l'objet de ses critiques.

Avec Macron, "c'est le hollandisme qui se continuera dans son jeune héritier, rallié chaque jour par ceux qui espèrent se survivre à l'abri des combinaisons nouvelles", a-t-il accusé. "J'ai vu qu'Emmanuel Macron se présentait comme le candidat de 'l'alternance profonde'. Voilà bien une pensée de sous-marin", a ajouté F. Fillon, alors que ses soutiens avaient auparavant laminé le banquier, un ex-conseiller, puis ministre de François Hollande. Macron est ainsi indéfectiblement lié à la totalité du calamiteux quinquennat de Hollande, président le plus impopulaire de France depuis 1958.

"Hollande l'a formé et déformé puisque M. Macron, c'est tout à la fois et réciproquement la duplicité et le renoncement, l'hésitation et l'imprécision, l'impréparation et l'improvisation", a aussi asséné François Baroin, président LR des maires de France et ancien ministre, tandis que Macron n'a en effet jamais exercé aucun mandat électif. 

Comment le banquier Macron pourrait-il gouverner avec des soutiens aussi disparates et centripètes que les communistes Robert Hue, l'ex-numéro 1 du PCF, ou Patrick Braouezec, l'ancien maire communiste de Saint-Denis, et Alain Madelin, l'ancien ministre libéral de droite d'Edouard Balladur et d'Alain Juppé, ou Alain Minc, ancien soutien d'Alain Juppé, de Nicolas Sarkozy et d'Édouard Balladur (et surnommé le ""chat noir de la politique", en passant par le général Soubelet, pourfendeur du "laxisme" de la justice sous Hollande, ou Bertrand Delanoë, prédécesseur PS de la maire actuelle, Anne Hidalgo. 


Alain Minc craignait d'ailleurs dès janvier que Macron ne devienne "la roue de secours de la gauche" et que les ralliements de personnalités de gauche ne soient compromettants pour l'ancien ministre de l'Économie de François Hollande, qui se présente comme une alternative aux clivages gauche-droite habituels. "Il faut qu'il fasse très attention", l'avait averti Alain Minc.

Tout le monde ne l'accueille pas avec bienveillance, à l'image du secrétaire général d' "En Marche !", Richard Ferrand, qui a ironisé : "Ce n'est pas la pirouette qui tourne, c'est le vent !"
Quant à Daniel Cohn-Bendit, pour soutenir Macron, il a besoin de se justifier : faire barrage au FN...

Macron a même accepté le parrainage de Dominique Tiberi, le fils de l'ancien maire UMP de Paris, Jean Tiberi, tandis que sa mère, Xavière Tibéri, figure du chiraquisme, affiche son soutien au candidat du mouvement "En Marche ! Or, l'épouse de Jean Tibéri avait fait les gros titres de la presse, dans le cadre de l'affaire des emplois fictifs du Conseil général de l'Essonne, mais également dans l'affaire des faux électeurs du 5e arrondissement de Paris. En mars 2013, son mari et elle avaient été condamnés respectivement à 10 et 9 mois de prison avec sursis. Une peine assortie de trois ans d'inéligibilité pour l'ancien maire de Paris.

Le nom de François Bayrou, allié d'E. Macron, après l'avoir été d'Alain Juppé, a aussi été copieusement sifflé par les militants.

On comprend ainsi le discours "ni de gauche ni de droite" d'Emmanuel Macron qui cherche à séduire à la fois les déçus de la politique et ceux qui n'ont jamais eu assez de convictions pour s'engager sous l'étiquette d'un parti, ainsi que les 'has been' et les nouveaux aventuriers de la politique.

F. Fillon a aussi dénoncé les extrêmes, de gauche, Mélenchon, comme de droite, Le Pen 

"La folle aventure que nous propose Mme Le Pen"
"Avec son quarteron d'amateurs, prêts à sacrifier notre pays, sa place dans le monde, son image, son efficacité, ses emplois, à leurs lubies idéologiques, à ce rêve effarant d'une France albanaise protégée par des murs et cultivant son carré de salades".

Quant à M. Mélenchon, "il se rêve en capitaine du cuirassé Potemkine mais (...) négociera la ferraille du Titanic", a prédit le candidat de la droite et du centre.

L'ex-Premier ministre a défendu son "programme fondé sur le bon sens"


Dans un discours dense, scandé par des "Fillon président" et des salves d'applaudissements, François Fillon s'est confirmé apte à "propulser la France en tête!".
"Il faut libérer notre Etat de sa dette publique et il faut libérer notre économie de ses charges et de ses normes", a-t-il réaffirmé. "Il y a dix ans, je parlais de 'l'Etat en faillite'. Rien n'a changé (...) Mes adversaires font semblant de l'ignorer ou dédaignent ce problème avec outrance", a critiqué celui qui aura été le seul Premier ministre de 2007 à 2012, sans discontinuer.

Le candidat de la droite et du centre a également dénoncé "cet état d'esprit qui nous a conduits à démanteler l'idée même de l'autorité".
A deux semaines du premier tour, il a dit "sentir cette force qui va et qui s'accroît, qui monte en puissance et qui n'attend que de stupéfier les prétendus faiseurs d'opinion par sa détermination". Le candidat refait en effet son retard après son éclatant succès à la primaire en novembre, suivi d'un déballage hebdomadaires de soupçons diffusés depuis l'Elysée par la presse aux ordres . Il a maintenant regagné une partie de son capital électoral, au fil d'une campagne dynamique et porteuse d'un programme exigeant, mais ciselé et réaliste.

"Je ne vous demande pas de m'aimer, je vous demande de me soutenir, parce qu'il y va de l'intérêt de la France. Il ne s'agit pas de choisir un copain. Il s'agit de choisir un président, et, à travers lui, le destin que nous voulons ouvrir à la France", a fait valoir le candidat Fillon, droit dans ses bottes.

Fillon a promis de "tout donner" pour faire mentir les sondages qui le donnaient tous éliminé au premier tour. 
Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont au coude à coude dans les intentions de vote pour le premier tour, avec 23,5% des voix, mais Macron perd deux points et Le Pen 0,5 point dans un sondage Elabe pour BFMTV et l'Express (deux media proMacron) publié le mercredi 5.
Dans le même temps, selon un sondage BVA-Salesforce du début avril, Fillon avait gagné deux points d'intentions de vote (19%), après plusieurs semaines de baisse.
Le vendredi 7 avrilLe Pen (25%) devance Macron (24%) et Fillon (20%), selon le sondage quotidien Opinionway-Orpi pour Les Echos et Radio classique.

mercredi 7 décembre 2016

Valls fait se dresser un front uni contre lui

Ceux qui aimeraient le voir chuter à la primaire promettent à Valls une campagne minée  

Lancé dans une aventure présidentielle perdue d'avance, Manuel Valls va regretter Matignon  

Le candidat exalté n'est plus désormais qu'un ex-premier ministre parmi d'autres. Dans les premières heures de l'annonce de sa candidature, Hollande lui a trouvé "un frère", Bernard Cazeneuve, pour le remplacer: un jeu de chaises musicales, puisque Nanard avait déjà succédé à Manu, place Beauvau. Adieu berlines de la République et escortes officielles, palais de la République, appui des préfectures et des ambassades pour les déplacements, cabinet de plusieurs dizaines de têtes coupées de la vraie vie... 

Repassé en mode artisanat depuis l'annonce de sa candidature lundi à Evry, Manuel Valls a engrangé des ralliements : le patron des sénateurs PS, Didier Guillaume, le député de l'Ardèche, la petite crevure volubile, Olivier Dussopt, jusqu'ici classé aubryste et donc marqué à la gauche du PS. 

Côté gouvernement, des femmes secrétaires d'Etat, ses vallsettes : l'ambitieuse Juliette Méadel, secrétaire d'État chargée de l'Aide aux victimes (et donc à Hollande), la féministe bornée Laurence Rossignol, ancienne secrétaire d'État chargée de la Famille, que la testostérone n'effraie pas autant qu'il transparaît dans ses propos, Pascale Boistard, chargée des personnes âgéesEricka Bareigts que Valls a sortie de l'ombre pour en faire la ministre des Outre-Mer, mais aussi des hommes, ministres : Patrick Kanner, son ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports parce que concurrent de Martine Aubry, ou Harlem Désir, qui a beaucoup dérivé depuis SOS Racisme et n'est plus regardant sur les propos du patron sur les Rom ou l'accueil de toute la misère du monde, sont montés à bord du frêle esquif vallsiste : des ralliements qui pourraient le desservir encore davantage.

L'ancien mentor de Hollande a retrouvé quelque 150 parlementaires venus "en soutien" après son intervention au 20h00 de France 2 mardi soir, selon ses partisans. "On était plutôt contents" du nombre de participants, a indiqué un membre de l'équipe de campagne. En vérité, les soutiens ne se précipitent pas.

Un front anti-Valls se dresse sur son chemin

"Le rassemblement est en oeuvre, mais cette campagne sera rude", reconnaît un lieutenant du Premier ministre qui se dit "pas inquiet". Bruno Le Roux qui, fin octobre, avait qualifié Manuel Valls de "plus légitime à porter nos couleurs" en cas de renoncement de Hollande, a fait savoir lundi qu'il "attend de voir", depuis que Hollande la placé Place Beauvau comme ministre de l'Intérieur de Cazeneuve. Comme d'autres lieutenants de François Hollande, Stéphane Le Foll ou François Rebsamen, lequel aurait refusé la succession de Cazeneuve, venue trop tard.

Le changement de gouvernement de mardi n'a pas encore déclenché la guerre contre l'Elysée: Bernard Cazeneuve est plus "vallso-compatible" qu'un Stéphane Le Foll, qui, selon la presse, faisait partie des "premiers ministrables", derrière Marisol Touraine, autre déçue. Lors de la passation de pouvoirs, il a dit "son amitié indéfectible" à Manuel Valls, sans toutefois exprimer de soutien direct à la campagne de son prédécesseur.

Hollande met le vallsiste Le Guen au placard 

A l'approche de la primaire socialiste, fin janvier, un proche bourrin de Manuel Valls, Jean-Marie Le Guen, s'est fait sanctionner avec la perte du stratégique secrétariat des Relations avec le Parlement au profit du 'hollandais' André Vallini, 60 ans. Pressenti au ministère de la Justice, en cas de victoire de Lionel Jospin en 2002, puis de Ségolène Royal en 2007, il comptait à nouveau sur ce portefeuille en 2012, lors de l'accession à la présidence de la République de Hollande qui lui préféra finalement Christiane Taubira. A l'Elysée en fin de règne, l'heure est aux récompenses des dindons de la farce hollandienne, mais on se demande pourtant ce qu'il a bien pu réaliser, depuis avril 2014, comme secrétaire d'État chargé de la Réforme territoriale.

Du côté de la primaire, la sénatrice de l'aile gauche du PS Marie-Noëlle Lienemann envisage de retirer sa candidature et a promis dans tous les cas de soutenir "celui qui sera en situation de battre Manuel Valls", alors que se murmure l'annonce du retour de Vincent Peillon.

Selon un sondage Ifop-Fiducial diffusé mardi et réalisé après le renoncement de François Hollande, mais avant la candidature officielle annoncée de Valls, l'ancien député-maire d'Evry, candidat controversé comme oligarque, ne recueillerait que 10% d'intentions de vote au premier tour de l'élection présidentielle, très loin derrière François Fillon (27,5%). 

Pas d'effet d'annonce: Valls reste figé à la cinquième place, derrière également Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Mais Manuel Valls reste le candidat socialiste le mieux placé, devant ses rivaux de la primaire Arnaud Montebourg, l'enflé, et Benoît Hamon, l'insignifiant, crédités de 6 et 4% en cas d'investiture.

Si les précédents échecs de Jacques Chirac en 1988, Edouard Balladur en 1995 et Lionel Jospin en 2002 ont montré la difficulté de cumuler Matignon et candidature à la présidentielle, Manuel Valls doit désormais prouver que le modèle de la "liberté" est une meilleure piste. Le seul précédent Georges Pompidou, dans les années 60, ne lui sera guère utile.

Manuel Valls n'a pas craint de placer sa déclaration sous le signe de la "réconciliation". 
Doucereux, il a rangé aux archives les "mots durs", les "incompréhensions" et ses propos polémiques ("positions irréconciliables" visant Mélenchon, "expliquer c'est un peu excuser" sur les attentats, etc.). Plus question d'autoritarisme et de coups de menton au moment de se lancer dans une guerre intestine et nauséabonde pour une primaire qui a lieu dans sept semaines seulement (22-29 janvier) entre une foultitude de candidats, probablement bientôt  assez nombreux pour constituer une équipe de rugby, alors que les sondages promettent une élimination de la gauche - PS et extrême gauche -  au premier tour de la présidentielle fin avril.
"La gauche est challenger ("concurrente", en français); on est 4e ou 5e, donc il faut faire attention", résume un vallsiste.

Mercredi, Manuel Valls entamera une campagne qui se veut de "terrain" dans le Doubs, terre industrieuse de l'Est et roulée dans la farine par Montebourg. Il participera à un meeting à Audincourt (commune socialiste de Montbéliard, terre d'élection de Pierre Moscovici), théâtre d'un duel serré entre le PS et le FN à une législative partielle en 2015, finalement emportée par le socialiste Frédéric Barbier, candidat PS moribond qu'il est venu par deux fois soutenir à une législative partielle: donné perdant, le socialiste avait profité d'une triangulaire pour l'emporter sur l'UMP et, surtout, sur Sophie Montel, candidate Front devenue un porte-bonheur. Le superstitieux aurait-il besoin de se rassurer ?