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dimanche 8 juillet 2018

Mondial de foot: les Bleus, un concentré d'Africains ?

Le politiquement incorrect de l'ex-rugbyman David Campese concernant les Bleus

Ancien international australien, l'ex-rugbyman David Campese a mis le feu sur Twitter avec un post sur les joueurs de l'équipe de France

Ainsi, N'Golo KANTé est franco-malien et le Franco-Sénégalais 

Benjamin Mendy manque sur la feuille de match de Campo.

Quant à Alphonse Areola, il est d'origine philippine

Samedi matin, David Campese a dressé une "liste noire" des Bleus.
'Campo' s'est concentré sur ceux nés en France de parents immigrés. "L'équipe nationale française ?" s'est-il esclaffé l'un des meilleurs Australiens de l'histoire, comme le prouvent ses 101 sélections en équipe nationale... En 2001, il a été nommé au Temple international de la renommée du rugby.

Non pas que ce soit une "fake news" mais, suite à la mêlée qui s'en est aussitôt suivie sur les réseaux sociaux, l'ancien arrière de 55 ans a fini par faire disparaître son post incendiaire.
Résultat de recherche d'images pour "david Campese"Faut-il déboulonner celui qui, en 2001, a été nommé au Temple international de la renommée du rugby, honorant depuis 1997 les plus grands joueurs internationaux de rugby à XV du passé ? On n'y trouve qu'un seul Français, Jean-Pierre Rives, que Roger Couderc surnomma Casque d'Or...


vendredi 2 décembre 2016

CSA, police de la pensée "politiquement correcte"

Les ayatollahs du CSA menacent Eric Zemmour par le biais de France 5 et RTL  

Chasse aux sorcières et dénonciations

Résultat de recherche d'images pour "schrameck hollande""Certains auditeurs et téléspectateurs ont dénoncé un discours qu’ils percevaient comme une forme de racisme et d’islamophobie", indique le CSA qui se contente de plaintes partisanes.
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) n'a pas hésité à mettre en garde RTL et France 5, se ralliant en novembre au sentiment de militants selon qui la maîtrise de leur antenne aurait été "insuffisamment assurée au regard de la gravité des propos tenus" par Eric Zemmour dans des émissions diffusées en septembre.

Le CSA avait reçu de nombreuses plaintes - qu'il ne chiffre pas précisément- de téléspectateurs pour des points de vue que rejettent les tenants anonymes de la pensée unique d'Etat. Les plaignants - dont l'identité n'est pas révélée - visent le polémiste pour des émissions C à vous (France 5) du 6 septembre, 6 minutes pour trancher (RTL) du 7 septembre et Bourdin Direct (BFMTV-RMC) du 16 septembre. 
Conseillers désignés par le Président de la République
Olivier Schrameck, présidentjusqu'en janvier 2019
Francine Mariani-Ducrayjusqu'en janvier 2017
Conseillers désignés par le Président du Sénat
Nicolas Aboutjusqu'en janvier 2017
Mémona Hintermann-Afféjeejusqu'en janvier 2019
Nicolas Curienjusqu'en janvier 2021
Conseillers désignés par le Président de l’Assemblée nationale
Patrice Gélinetjusqu'en janvier 2017
Sylvie Pierre-Brossolettejusqu'en janvier 2019
Nathalie Sonnacjusqu'en janvier 2021
Que signifie "une maîtrise de l’antenne 
"Une volonté de censure"

"Certains auditeurs et téléspectateurs ont dénoncé auprès du Conseil un discours qu’ils percevaient [subjectivité] comme une forme [amalgame] de racisme et d’islamophobie", indique le CSA par communiqué. Si tout est dans le flou, les faits ne sont pas caractérisés et le CSA sombre dans la sujétion aux groupes de pression associatifs et le procès d'intention contre la liberté de pensée.

Bourdin Direct est blanchi: proche du pouvoir ? Dans le cas des amis, le CSA ne pas cède pas à l'accusation de manquement. Le régulateur [!] estime que "la maîtrise de l’antenne doit être proportionnée au discours de l’invité et donc particulièrement forte lorsque ce dernier se caractérise par l’exacerbation des antagonismes au sein de la société française et la justification de comportements discriminatoires". Le CSA a-t-il dressé une liste noire des penseurs a l'Index de la Socialie ?

L'exception faite de l’émission Bourdin Direct se justifierait, selon le CSA.
"La maîtrise de l’antenne avait été effectuée par le journaliste, dans la mesure où les propos de l’invité ont fait, le plus souvent, l’objet d’une contradiction parfois vive".
 Bourdin, censeur officieux mais agréé par le CSA ?

En revanche, le Conseil a estimé que "la maîtrise de l’antenne avait été insuffisamment assurée" par C à vous et 6 minutes  et a "mis en garde les responsables de RTL et de France Télévisions contre le renouvellement d’un tel manquement.

lundi 8 juin 2015

Forsane Alizza, le groupe islamiste qui voulait "balafrer" la France, devant la justice

Des juges et des personnalités comme cibles potentielles

Les membres du groupuscule islamiste 
avaient récupéré les coordonnées de plusieurs personnalités


Ils comparaissent ce lundi devant le tribunal correctionnel de Paris. 
Outre trois épiceries juives, un café de la rue des Rosiers à Paris et cinq boutiques de l'enseigne Hyper Cacher, les "Cavaliers de la Fierté", comme se nomment les membres de Forsane Alizza, avaient, dans leur collimateur, deux magistrats lyonnais dont l'un avait été choisi en raison de la consonance juive de son patronyme et d'un jugement entraînant un retrait de garde d'enfants, sur fond de maltraitance, à l'un des islamistes présumés. Les membres du groupe radical, dont quinze d'entre eux comparaissent à partir de ce lundi à Paris, n'excluaient pas de s'en prendre aussi à des "ennemis de l'islam" comme Fabrice Robert, chef du parti Bloc Identitaire.

Grâce à un certain 'Dawoud', une connaissance travaillant chez Orange, Mohamed Achamlane, l' 'émir' autoproclamé de Forsane Alizza, avait par ailleurs reçu  un 'petit cadeau'. A savoir la liste des noms, des adresses, des téléphones fixes et mobiles de personnalités politiques telles que l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, Roselyne Bachelot, les anciens premiers ministres Édouard Balladur, Dominique de Villepin, et Jean-Pierre Raffarin, ainsi que Jean-Louis Borloo,  Jean-Louis Debré ou encore Philippe Douste-Blazy.
Achalane à Nantes (novembre 2011)
avec le polygame Liès Hebbadj 
Forsane Alizza a aussi obtenu aussi les coordonnées de figures médiatiques comme Éric Zemmour ou Silhem Hachbi du mouvement 'Ni pute, ni soumise'. Insatiable, Mohamed Achamlane avait même exigé des coordonnées 'de flics, de magistrats, de députés, etc., qu'on ait une grande base de données, pour avoir un moyen de pression important".

Dans un fichier intitulé: "données UMP.odt", les magistrats antiterroristes ont en outre découvert que les islamistes disposaient des "données personnelles de membres de l'UMP, dont des députés, anciens ministres et personnalités médiatiques", dont les "adresses, téléphones, messageries électroniques, véhicules, nombre d'enfants, profession". 

Enfin, Forsane Alizza est soupçonné d'avoir voulu perpétrer une attaque au cocktail molotov contre le journal Libération, au motif que le quotidien avait déjà accueilli l'équipe de Charlie hedbo après l'incendie de ses locaux commis le 1er novembre 2011 dans la nuit. Une menée criminelle dont l''émir' Mohamed Achamlane s'est d'ailleurs vanté d'être le commanditaire devant un disciple.


jeudi 4 juin 2015

Que cache Bruno Le Roux pour être sur la 'liste noire' du Kremlin ?

Bruno Le Roux est-il plus trouble que balourd?

"C’est incompréhensible", estime 
Jean-Marie Le Guen, le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement. 


Moscou a déclaré Le Roux "persona non grata" en Russie
A l'attention de Najat Vallaud-Belkacem, cette expression latine signifie que Le Roux est indésirable en Russie. Et lorsque le socialiste a appris samedi qu'il figure sur la liste des 89 personnalités européennes ne pouvant plus entrer sur le territoire russe, Bruno Le Roux déclare avoir trouvé cela "surprenant". Le président du groupe socialiste à l'Assemblée, dont les diplômes sans date ne sont pas prouvés, n'a pu être ministre. Connu comme aboyeur aux pieds du pouvoir exécutif? Il n'est pas en pointe sur le dossier ukrainien, ni particulièrement actif sur aucune scène diplomatique. Certes, il est président de l'amicale France-Chine à l'Assemblée, mais il est aussi le "surprenant vice-président du groupe d'études "Vol libre et aviation légère"! A partir de là, il faut s'attendre à tout de ce lourdaud.

Il semblerait que ce soit essentiellement
en sa qualité de patron des députés socialistes que le nominé se retrouve "blacklisté" par Moscou, comme une réponse de Vladimir Poutine à la présence du président de la Douma Sergueï Narychkine sur la liste des personnalités visées par des sanctions économiques de l'UE dans le cadre du conflit ukrainien. Mais le président du groupe socialiste au Sénat, Didier Guillaume, ne bénéficie pas des mêmes attentions. 

Alors pourquoi cet adjudant de quartier ? 
Daniel Cohn-Bendit, Henri Malosse, Bruno Le Roux 
et Bernard-Henri Lévy, interdits de séjour en Russie

Le président du groupe socialiste à l'Assemblée fait l'innocent et brouille les pistes en émettant des hypothèses non crédibles pour expliquer sa présence sur la liste des interdits de séjour en Russie: réplique aux sanctions européennes, liens entre le FN et Moscou... "Je suis sur cette liste comme président d'un groupe politique (...) qui a toujours soutenu, depuis maintenant plusieurs mois , la position de médiation de la France dans le conflit avec l'Ukraine", estime le député de Seine-Saint-Denis. 
Il mène la troupe de députés à la trique
La décision du Kremlin lui fait désormais "ni chaud ni froid". Pourtant,  il ne se prive pas de la dénoncer: "Si l'enjeu est de faire un parallèle avec des mesures prises par l'Europe contre un certain nombre de Russes liés aux milieux extrémistes, alors ce parallèle n'est pas juste". 

"Ce n'est pas une affaire personnelle, c'est une affaire politique", juge ce dimanche Bruno Le Roux, interrogé sur Radio J. Le président du groupe socialiste ne soupçonne pas encore Gérard Depardieu, mais ne se prive pas de jeter en revanche la suspicion sur les liens Poutine-Marine Le Pen. 
Son accusation est pour le coup  politique et hexagonale. A demi-mot, Bruno Le Roux envisage une autre justification à sa mise à l'index. Avec quelques autres députés socialistes, notamment Razzye Hammadi (député -depuis 2012- de Seine-Saint-Denis, comme lui, mais grâce à un accord entre les états-majors PS et Front de Gauche) et Sébastien Denaja (autre néo-député, proche de Ségolène Royal), il est en effet à l'origine d'une demande de commission d'enquête parlementaire sur le financement du FN, notamment via d'importants emprunts contractés auprès d'une banque russe. "Je suis sur cette liste au moment où nous avons déposé à l'Assemblée une commission d'enquête sur les liens financiers entre le Front national en France et la Russie, puisque Mme Le Pen a été obtenir de l'argent pour financer ses campagnes en Russie, que la liste est dévoilée après qu'elle a été reçue- avec beaucoup de faste d'ailleurs - au Kremlin il y a quelques jours", résume le proche de François Hollande. Or, en 1987, le Parti communiste a reçu 1 million de dollars en provenance des caisses de la Banque d'Etat d'URSS  - planqué  dans deux soi-disant paquets de tracts - pour financer la campagne présidentielle d'André Lajoinie, député de l'Allier (6,8 % des suffrages en 1988), comme le prouve une lettre du Kremlin publiée en 1992 par un hebdomadaire russe.

Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis est encore plus frontal: "Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux figure sur cette liste noire qui n'honore pas la diplomatie russe. Monsieur Poutine ne peut laisser des banquiers financer l'extrême droite en France et tenter d'intimider des démocrates", dénonce cet ancien trotskiste, républicain de fraîche date et actuel patron du PS, élu avec un score stalinien.

vendredi 1 août 2014

Manifestation pro-israélienne: des milliers de personnes à Paris

Les pro-palestiniens provoquent une contre-manifestation pro-israélienne

"Légitime défense"
crient les manifestants sionistes devant l’ambassade d’Israël à Paris.

C’est le premier rassemblement de soutien national depuis le début du conflit entre le Hamas et Israël à l’appel du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF). Environ 4.500 personnes, selon les chiffres de la police, se sont retrouvées jeudi 31 juillet après-midi devant l’ambassade d’Israël en France. Dimanche, ils étaient 2.000 à Marseille seule.

VOIR et ENTENDRE
Roger Cuckierman (CRIF)

Ambiance calme et responsable

Devant l'ambassade d'Israël
à Paris, le 31 juillet 2014
L’ambiance est plutôt calme et grave, non pas tendue. De nombreux policiers encadrent cette manifestation. Les CRS fouillent les sacs et repèrent les manifestants au passage des barrages filtrants qui quadrillent le quartier. Dans les hauts-parleurs, les leaders entonnent La Marseillaise et la Tikva, l’hymne israélien.

Dans la foule, on trouve surtout des personnes entre 50 et 60 ans, 
mais des jeunes qui sont également déplacés, certains avec un drapeau d’Israël à la main. On peut lire sur les panneaux "Hamas terroriste", "Non au bouclier humain", "Légitime défense"  ou encore "Israël vaincra, Israël vivra".

Un autre rassem- blement pro-israélien était prévu jeudi soir à Lyon. 

Dimanche dernier, plusieurs dizaines de pro-palestiniens avaient tenté de perturber un rassemblement en faveur d'Israël à Marseille (ci-contre à gauche).

Les pro-palestiniens maintiennent la pression en France

31 juillet 2014
 
Alors que des pro-israéliens manifestent leur solidarité avec le peuple d'Israël, des dizaines de manifestants propalestiniens étaient réunis place de la Bataille de Stalingrad, dans le nord de la capitale, à l'appel du collectif Euro-Palestine. "Stop à la collaboration avec le terrorisme d'Etat israélien", pouvait-on lire sur une large pancarte aux côtés de photographies de cadavres d'enfants, brandies par des pro-Hamas. 
Palestinien, ce Mouvement de résistance islamique - qui défile dans Paris, avec l'autorisation ou contre l'interdiction du président Hollande-  est pourtant sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada, des États-Unis et de ...l'Union européenne

jeudi 24 juillet 2014

Hollande, en route vers la censure d'Internet

Les socialistes veulent limiter notre liberté d'expression

Une séparation des pouvoirs, à la façon des pays totalitaires
Les libertés seront surveillées et le pays des Lumières va s'enfoncer dans une nouvelle ère obscurantiste. Valls compte en effet mettre peu à peu en place un système de blocage administratif des sites web, sans intervention de la justice.
Mardi soir, en commission des Lois, les députés de la majorité ont voté le blocage administratif de sites faisant l'apologie du terrorisme, et sans que la justice puisse contrôler les éventuels abus. L'Assemblée devra se prononcer en séance plénière mi-septembre sur l'ensemble du projet de loi de lutte contre le terrorisme. Si le but est apparemment louable, dans l'esprit des blocages prévus pour lutter contre la pédopornographie, la mesure socialiste fait peser une deuxième menace contre les libertés. La France de Hollande ambitionne de s'aligner sur la Tunisie de Mongi Marzouk, qui annonça en septembre 2012 que le gouvernement travaille à mettre le réseau Internet sous contrôle, lui aussi pour des raisons de sécurité.

Quelques heures avant le vote, une commission spécialisée avait pourtant durement contesté le projet du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. Dans sa recommandation, cette commission de réflexion sur le droit et les libertés à l'âge du numérique, créée en février pour éclairer les parlementaires sur ces questions, rappelle que "le préalable d'une décision judiciaire apparaît comme un principe essentiel, de nature à respecter l'ensemble des intérêts en présence, lorsqu'est envisagé le blocage de l'accès à des contenus illicites sur des réseaux numériques".

Co-présidée par le député socialiste de la Nièvre, à la gauche du PS, Christian Paul et l'avocate Christiane Féral-Schuhl, la commission oppose notamment le problème de faisabilité, le blocage des sites étant très difficile à mettre en oeuvre. Mais le projet est bien parti pour être validé en septembre, d'autant qu'il est très cher au Premier ministre Manuel Valls, qui avait déjà fait un pas dans cette direction lorsqu'il était Place Beauvau. Aujourd'hui, comme pour tous les projets de loi concernant les libertés sur Internet (Hadopi, Loppsi 2, Loi de programmation militaire, etc.), quelques députés de tous bords qui ont compris le fonctionnement d'Internet semblent d'abord déterminés à s'opposer à l'éternel fantasme de contrôle d'Internet, mais finissent par s'aligner: les apparences d'un débat sont sauvegardées...

Contournable en un clic

Comme dans des pays hautement démocratiques comme la Chine, Cuba ou la Libye qui pratiquent déjà la censure d'Internet, la commission craint un contournement facile du blocage. L'utilisation par les internautes de réseaux privés virtuels (VPN), par exemple, leur permet - en quelque sorte - de se connecter de façon chiffrée via le réseau d'un autre pays et donc d'échapper aux blocages décidés par un État ou par un autre. Ces services, qui coûtent quelques euros par mois et rapportent gros à leurs créateurs, sont souvent étrangers, et parfois fournis par des réseaux mafieux. Leur utilisation a explosé en France depuis la mise en place du gendarme du piratage, la Hadopi.


Les outils destinés aux cyber-dissidents, comme l'excellent Tor, permettent aussi d'échapper à la censure, gratuitement et en un clic. L'utilisation de Tor explose dans les grandes démocraties, de plus en plus adeptes de la cybercensure. Il devient ainsi plus difficile de repérer les activités illégales. Lors d'un précédent projet de censure des sites terroristes en 2013 déjà voulu par Manuel Valls, le juge antiterroriste Marc Trévidic avait expliqué que c'est justement grâce aux imprudences des terroristes sur Internet que la police peut les repérer et les arrêter...

Des mesures "disproportionnées" et "inefficaces"
La commission craint par ailleurs les blocages de contenus par erreur, c'est-à-dire l'inscription sur la liste noire de sites n'ayant rien à voir avec le terrorisme ou la pédo-pornographie, comme cela a été prouvé, par exemple en Australie. Le "retrait du contenu auprès des hébergeurs doit être privilégié sur le blocage lorsque ces derniers sont coopératifs", estime la commission.

Plusieurs autres voix se sont élevées contre le projet de loi socialiste.
Reporters sans frontières (RSF), qui n'a pas pour habitude de critiquer la France, n'y va pas de main morte. Selon son communiqué, le texte "pourrait engendrer un recul de la liberté d'information puisqu'il (...) prévoit le blocage administratif de sites internet et augmente les mesures de surveillance". 


Comment autoriser des rassemblements politiques à risques, tels les défilés pro-palestiniens, et interdire des lieux d'expression sur l'Internet? "C'est un test majeur pour la défense des droits et libertés contre l'instauration de mesures très graves de police préventive de l'intention, contournant le judiciaire au nom de la lutte contre le terrorisme", dénonce pour sa part le collectif citoyen La Quadrature du Net. "L'ensemble de ce projet de loi instaure un état d'exception permanent d'Internet, contournant largement le juge pour s'orienter vers des solutions policières et administratives, non contradictoires, disproportionnées et pour la plupart inefficaces", poursuit l'association.


Un revirement incohérent
"L'adoption de ce projet de loi par une majorité qui avait autrefois combattu ces dispositions inspirées du programme de Nicolas Sarkozy illustre l'acceptation générale par la classe politique d'un abandon du pouvoir judiciaire au profit de la police et de la généralisation des mesures d'exception. Citoyens et organisations de la société civile doivent se mobiliser pour lutter contre la banalisation des atteintes aux libertés fondamentales !" explique Adrienne Charmet, coordinatrice des campagnes de La Quadrature du Net.

Des concessions inutiles

Tenant compte en partie des critiques, le rapporteur du texte, Sébastien Pietrasanta (PS), un professeur auteur d'une thèse sur "Bergery, Déat et Doriot et l’encadrement de la jeunesse", a fait adopter un amendement prévoyant que "la demande de blocage d'un site devra obligatoirement être précédée par une demande adressée à l'éditeur du site ou, à défaut, à son hébergeur de retirer le contenu illicite". "Ce n'est qu'en l'absence de retrait dans un délai de vingt-quatre heures que l'autorité administrative pourra faire procéder au blocage du site par les FAI", précise-t-il.

Un autre amendement de S.Pietrasanta prévoit de confier à une personnalité qualifiée, désignée par la CNIL, "la mission de vérifier que les contenus dont l'autorité administrative demande le retrait ou que les sites dont elle ordonne le blocage sont bien contraires aux dispositions du Code pénal sanctionnant la provocation au terrorisme, l'apologie du terrorisme ou la diffusion d'images pédo-pornographiques". Cette personnalité pourrait, si l'autorité administrative ne suit pas sa recommandation, saisir la juridiction administrative.

L'État, bientôt promoteur des sites terroristes
Mais ce contrôle des sites bloqués impliquerait la publication de la liste noire, ou du moins sa circulation dans des cercles qui, s'ils sont restreints, ne resteront pas étanches au fuitage. L'État offrira alors une publicité inespérée aux sites qu'il souhaite bloquer, car à l'ère des WikiLeaks et autres Edward Snowden, la diffusion de la liste ne sera qu'une question de temps. C'est ce qu'on appelle sur Internet l'effet Streisand : quand on veut à tout prix étouffer quelque chose, on finit par le promouvoir. Dans ce cas, l'État aura gentiment constitué les marque-pages du parfait petit terroriste pornographe amateur.
Les députés godillots seront-ils en soudaine capacité de reprendre leurs esprits d'ici l'examen en hémicycle mi-septembre, et de considérer enfin Internet comme un espace sur lequel il suffit d'appliquer les lois existantes, sans en créer de nouvelles ?... Une évidence qui échappe aux bons petits soldats du PS qui, dans le même temps, votent le projet de simplification la vie des entreprises: plus les socialistes parlent de cohérence, plus elle leur échappe.

mercredi 2 juillet 2014

La liste noire du SM: la justice "sereine" est passée au rouge

Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy sur l’état de la justice après Nicolas Sarkozy
Documents, publié le 2 mai 2012, mis à jour le 2 mai 2012
Monsieur le candidat,
« Depuis presque cinq ans, j’ai cette obsession de tenter de rapprocher les Français et la justice  » : ainsi vous exprimiez-vous le 13 janvier dernier, à l’Elysée, lors de vos vœux aux « Hautes Juridictions » (les basses attendront…).
Décidément, au petit jeu du « je dis ce que je ne fais pas et je ne fais pas ce que je dis », vous êtes passé virtuose. Car qui plus que vous aura oeuvré, obsessionnellement en effet, non seulement depuis 2007 mais depuis 2002, à creuser le fossé entre le peuple et la justice, en ne cessant de jouer l’un(e) contre l’autre, d’utiliser l’un(e) pour soumettre l’autre ?
Qui plus que vous – et vos partisans à votre initiative ou avec votre assentiment – aura davantage (sous la Vème République du moins) violé la séparation des pouvoirs, dégradé la loi, travesti la réalité judiciaire, dénigré le travail des professionnels de la justice, tenu pour quantité négligeable les droits et attentes légitimes de tous ceux qu’on appelle abstraitement « les justiciables », c’est-à-dire l’ensemble des personnes qui ont recours ou sont confrontées, un jour ou l’autre, à l’institution judiciaire et qui réclament justice, autrement dit potentiellement tout le monde ?
Quelques hauts faits pour commencer, sous réserve d’inventaire :
Décembre 2002 : ministre de l’Intérieur, vous contestez la remise en liberté, par des magistrats de Créteil, d’étrangers pourtant retenus illégalement.
Octobre 2003 : vous réclamez la punition de magistrats de Bobigny contraints d’interrompre une audience faute d’escortes policières pour les prévenus détenus.
Juin 2005 : vous déclarez que « le juge » doit « payer » pour « sa faute » – imaginaire – après que Nelly Crémel a été assassinée par un homme libéré sous conditions par un tribunal.
Juin 2006 : vous accusez de « laxisme » et de « démission », au mépris des statistiques réelles, les juges des enfants du tribunal de Bobigny.
Juillet 2007 : devenu chef de l’Etat et à ce titre « garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire » selon la Constitution, vous déclarez sans ambages : « Que les juges de l’application des peines appliquent les textes et alors on respectera l’indépendance de la justice ! ».
Août 2007 : votre garde des Sceaux convoque un vice-procureur de Nancy pour lui reprocher d’avoir dit à l’audience... que les magistrats sont indépendants et qu’ils doivent appliquer la loi avec discernement.
Octobre 2008 : votre garde des Sceaux envoie l’Inspection des services judiciaires à Sarreguemines, après le suicide d’un mineur détenu, pour interroger en pleine nuit des magistrats qui n’ont commis aucune faute.
Novembre 2008 : votre « conseiller spécial » qualifie de « parfaitement incongrue, scandaleuse, moralement inacceptable » la décision du tribunal de Paris vous déboutant dans l’affaire de la « poupée vaudou  » à votre effigie.
Octobre 2009 : votre ministre de « l’Identité nationale » établit une liste délirante de tribunaux suspectés d’être trop bienveillants avec les étrangers ; votre ministre de l’Intérieur prétend quant à lui que« l’assassinat de Marie-Christine Hodeau aurait pu être évité » si le suspect n’avait pas fait l’objet d’une libération conditionnelle« parfaitement inacceptable ».
Janvier 2010 : votre ministre de l’Intérieur ordonne ou permet à des services de police de désobéir illégalement aux directives de juges d’instruction visant à faire respecter la Convention européenne des droits de l’Homme en garde à vue.
Septembre 2010 : votre ministre de l’Intérieur fait part de sa « vive indignation » et vous-même de votre « incompréhension » après la décision d’un juge de Grenoble de placer sous contrôle judiciaire le suspect d’un braquage, décision confirmée ensuite par la cour d’appel.
Octobre 2010 : votre ministre de l’Intérieur manifeste son « soutien moral et matériel » à un gendarme qui vient d’être mis en examen pour avoir tué par balle un jeune gitan dans le Loir-et-Cher.
Décembre 2010 : votre ministre de l’Intérieur appuie les policiers qui manifestent contre la condamnation par le tribunal correctionnel de Bobigny de sept d’entre eux pour une machination ayant consisté à accuser sur procès-verbal un homme d’un crime qu’il n’avait pas commis.
Février 2011 : vous affirmez – alors que des enquêtes administratives sont en cours et concluront à l’inverse – qu’une « faute » des professionnels de la justice a conduit à l’assassinat de la jeune Laetitia Perrais à Pornic ; le porte-parole de votre gouvernement déclare que, pour les magistrats, ce drame « n’est qu’un fait divers, un élément statistique sur des dossiers ».
Avril 2011 : votre « conseiller spécial » affirme qu’un conducteur ivre ayant causé la mort de trois personnes à Chelles ne doit « jamais » sortir de prison – ce qui n’est pas légalement possible – et qu’une décision de la Cour de cassation concernant la garde à vue fait craindre un« gouvernement des juges ».
Août 2011 : votre garde des Sceaux désavoue publiquement le procureur de Dunkerque qui, en exécution pourtant de ses instructions, a demandé le report d’incarcérations non urgentes afin d’éviter l’explosion d’une maison d’arrêt surpeuplée.
Janvier 2012 : vous déclarez à Dijon : « La deuxième peine de la victime est le sentiment qu’elle peut ressentir que la société accorde plus d’importance au coupable qu’à elle-même (...). On ne doit pas simplement faire preuve d’humanité à l’endroit du coupable, on doit en faire preuve aussi à l’endroit de la victime (...). L’institution judiciaire est d’abord l’institution des victimes et vous les magistrats, vous travaillez d’abord pour elles ».
Avril 2012 : vous déclarez devant l’Institut pour la Justice, une officine de l’UMP, que les magistrats forment une « caste » qui se voudrait « hors de l’Etat », qui « cultive l’entre soi », qui pense que « tout va bien », que« la victime n’a rien à dire », pour qui « Outreau ça n’existe pas »« y a pas de retards »« y a pas de problèmes »« on est bien confortables entre nous ».
Il y a quelques jours encore : toujours président de la République, vous soutenez des policiers qui ont bloqué les Champs-Elysées pour contester la mise en examen d’un de leurs collègues ayant tué un homme au cours d’une interpellation en lui tirant dans le dos…
Oserez-vous prétendre qu’ainsi vous avez « rapproché les Français et la justice » ? En réalité, tout au long de votre double quinquennat en la matière, vous n’avez cessé d’affaiblir l’autorité judiciaire et d’attiser la haine de la justice ; du moins êtes-vous parvenu à diffuser la vôtre. Qui a ses raisons : lorsque, comme vous, on cultive une conception exclusive du pouvoir, lorsqu’on est convaincu de détenir la vérité sur toute chose, lorsqu’on entend diriger sans partage, lorsqu’on est persuadé que la fin électorale justifie les moyens les plus vils, lorsqu’on sait quels bénéfices percevoir de l’exploitation permanente de la souffrance des victimes et de l’insatisfaction engendrée par un système judiciaire effectivement insatisfaisant, lorsqu’on considère les uns comme « de la racaille » et les autres comme des « monstres », il est somme toute logique de honnir la justice et ceux qui la rendent. La justice, certes, n’a rien à voir avec le cynisme, la haine ou la vengeance.
Les Français, dit-on – et vous l’avez répété sur tous les tons, du plus doucereux au plus insultant – « n’ont plus confiance dans leur justice ». Cette confiance, disons-le, n’a jamais été acquise. Mais comment pourrait-il en être autrement ? Non, en effet, notre justice n’est pas réellement indépendante ; non, elle n’est pas vraiment en mesure de protéger les libertés individuelles ; non, elle n’est pas pleinement respectueuse de ses usagers. Nous l’avons constaté et dit bien avant vous, mais en travaillant à améliorer la situation, non à l’aggraver et à tirer parti de cette aggravation comme vous n’avez cessé de le faire.
Avez-vous rapproché la justice du peuple en supprimant 401 juridictions (pour n’en créer que 14), dont près de la moitié des tribunaux d’instance, dans le cadre d’une « réforme » de la carte judiciaire qui tient davantage du saccage ? Avez-vous rapproché la justice du peuple en instaurant une taxe de 35 euros en première instance et de 150 euros en appel dans la plupart des procédures civiles, commerciales, prud’homales, sociales, rurales et administratives ? Avez-vous rapproché la justice du peuple en réduisant dans des proportions inédites les recrutements de magistrats et de fonctionnaires des services judiciaires, de l’administration pénitentiaire et de la protection judiciaire de la jeunesse ? Avez-vous rapproché la justice du peuple en coupant dans les crédits affectés à la rémunération des assistants de justice, interprètes, experts, enquêteurs sociaux, juges de proximité, vacataires, etc. ?
Les conséquences de cette politique sont tangibles pour ce peuple dont vous vous prévalez : augmentation des délais d’instruction et de jugement, allongement des trajets, explosion de la durée des audiences, défense toujours plus inégalitaire, peines exécutées tardivement, mesures socio-éducatives ineffectives…
Vous parlez sans cesse et sans vergogne à la place des victimes, mais qu’avez-vous fait au juste pour elles ? Soutiendrez-vous avoir amélioré leur condition judiciaire en favorisant des procédures expéditives qui les empêchent d’exercer pleinement leurs droits, en leur retirant la possibilité de saisir directement le juge d’instruction, en sabrant les budgets des associations chargées de les assister ? Triste réalité : vous avez ravalé les victimes au rang d’un vulgaire slogan, vous en avez fait de la chair à communication politique. Elles méritent mieux, beaucoup mieux.
Le 26 janvier, vous avez déclaré : « La justice est totalement et complètement [et entièrement ?] indépendante, j’ai veillé à ce qu’il en soit ainsi ». Etait-ce une plaisanterie ? Pensez-vous sérieusement faire oublier ainsi les pressions sur le Conseil supérieur de la magistrature, les nominations partisanes, les interventions dans les dossiers sensibles, les mutations-sanctions, les inspections-intimidations… ?
Pensez-vous vraiment pouvoir annuler d’une phrase la nomination – quelques jours avant votre élection et contre l’avis du CSM – de votre ami Philippe Courroye à la tête du parquet de Nanterre, la conduite adoptée par celui-ci dans le dossier Bettencourt, les interventions de votre ami Patrick Ouart dans ce même dossier, les bons conseils téléphoniques de votre ami Brice Hortefeux à votre ami Thierry Gaubert dans l’affaire Karachi, le communiqué visiblement très informé de vos services dans cette même affaire, le comportement d’un certain parquet dans les dossiers Clearstream, des emplois fictifs de la mairie de Paris, du Mediator, des sondages de l’Elysée, de Tarnac, des policiers faussaires de Bobigny, du casino d’Uriage… ?
Pensez-vous réellement qu’il soit possible d’ensevelir sous des mots creux les poursuites honteuses que vous avez obtenues contre Renaud Van Ruymbeke – auquel vous vouez « une véritable haine » selon la presse –, les attaques répétées contre Isabelle Prévost-Desprez, les vexations infligées aux juges d’instruction Patrick Ramaël et Marc Trévidic, le sort réservé au juge des libertés et de la détention Xavier Lameyre, la purge opérée par votre ami Jean-Claude Magendie à la Cour d’appel de Paris, les ennuis faits à plusieurs anciens élus du SM et de l’USM au CSM ? Pensez-vous sincèrement pouvoir biffer de l’histoire la flagrante vassalisation des procureurs à laquelle nous avons assisté pendant votre règne : les atteintes portées à la liberté de parole à l’audience des magistrats du parquet (à Bobigny comme à Castres), les procureurs généraux tancés comme des mauvais élèves lorsque votre ministre Rachida Dati se proclamait leur « chef » et les prenait pour ses sbires, Marc Robert dégagé en surnombre à la Cour de cassation hors de toute procédure (et réintégré dans son poste par le Conseil d’Etat !), Jean-Claude Marin promu au plus haut poste du parquet après plusieurs années de très loyaux services comme procureur de Paris, son remplacement par François Molins, le propre directeur de cabinet de votre garde des Sceaux… ?
Avez-vous rapproché la justice du peuple en distillant ainsi le poison du soupçon, en donnant à voir une justice aux ordres, en accréditant l’idée que, décidément, la justice n’est pas la même selon que l’on est« puissant ou misérable » ?
Mais s’il ne fallait retenir qu’une preuve de votre attachement viscéral à l’indépendance de la justice, ce serait sans doute votre volonté de supprimer le juge d’instruction pour donner les pleins pouvoirs à des procureurs sous votre coupe. Chacun sait ce qu’il en serait des affaires précitées – et de toutes celles qui sont susceptibles d’embarrasser ou de servir le pouvoir – en l’absence de magistrats véritablement indépendants pour les traiter… Chacun sait qu’ainsi le peuple aurait moins de raisons encore d’avoir confiance en sa justice.
Enfin, bien sûr, il y eut la loi. Cette loi dont vous avez tenu à souligner l’importance le 3 mars dernier à Bordeaux – « la République, c’est l’autorité de la loi, la loi comme expression de la volonté générale » – et que vous n’avez pourtant cessé de dégrader pendant dix ans : en lui préférant le contrat en droit du travail, en l’utilisant comme support marketing sur le terrain pénal à la faveur de telle affaire tragique ou de tel fait divers, en la faisant remanier dans des proportions inédites et sans concertation pour entretenir l’illusion de votre activisme ou complaire à tel groupe de pression, jusqu’à la rendre illisible ou inapplicable (qu’on se souvienne de la loi sur l’inceste !), en refusant d’ailleurs parfois ouvertement de l’appliquer – comme celle du 5 mars 2007 sur la collégialité de l’instruction, votée à l’unanimité et restée lettre morte. Cette loi, surtout, que vous avez dépouillée de sa fonction essentielle de protection des droits de nos concitoyens ; quitte, souvent, à violer la Constitution. Cette loi, finalement, que vous avez passé le plus clair de votre temps à obscurcir.
Au fond, vous avez fait croire aux Français qu’en sacrifiant une partie de leurs droits, ils seraient enfin « en sécurité ». Outre qu’un tel sacrifice est inacceptable en démocratie, nous avions de bonnes raisons de penser hier et nous savons aujourd’hui qu’il n’aura servi à rien. Qui peut croire en effet que les dizaines de lois régressives qui ont été votées depuis 2002 et dont vous êtes l’inspirateur revendiqué ont en quoi que ce soit fait reculer cette « insécurité » et ce « sentiment d’insécurité » que vous aviez promis d’éradiquer au lendemain du 21 avril 2002 ?
Ce faisant également, vous avez alimenté la défiance à l’égard de la justice. Non seulement parce que vous l’avez constamment et mensongèrement accusée de « laxisme », avec la légitimité et l’autorité qui étaient la vôtre, mais aussi parce que vous l’avez transformée en machine de guerre contre certaines catégories de la population qui la perçoivent selon une image négative inversée. Injuste aux yeux de tous ou presque, la justice au prisme du mirage sécuritaire est devenue un mauvais objet – ce qui vous arrange sans doute, mais pas la République.
C’est pour l’ensemble de ces raisons, Monsieur le candidat, et tant d’autres qu’il serait trop long de détailler ici, que nous avons décidé en conscience d’appeler à voter contre vous au second tour de l’élection présidentielle. Ce n’est pas anodin, nous en sommes parfaitement conscients. Nous ne l’avons pas fait parce que vous êtes de droite, encore moins parce que nous serions affiliés à tel ou tel parti politique (notre totale indépendance n’est plus à démontrer, si toutefois les démonstrations sont de quelque utilité face aux procès en sorcellerie de ceux que cette indépendance dérange), mais parce que nous sommes conséquents : cela fait dix ans que nous dénonçons la particulière nocivité de votre politique pour la justice et les libertés dans ce pays, nous n’avons pas l’habitude d’avancer masqués, nous avions déjà appelé à voter contre vous en 2007 et nous avons davantage encore de raisons de le faire en 2012, votre bilan s’étant considérablement alourdi.
Au demeurant, notre « devoir de réserve » ne nous l’interdit en rien contrairement à ce qu’affirme votre porte-parole « outrée », avec une mauvaise foi et une agressivité qui défient toute concurrence. Les magistrats sont des citoyens, ne vous en déplaise. Et rien n’interdit à un syndicat de prendre position à l’occasion d’une échéance qui, de fait, est lourde d’enjeux pour les principes et les intérêts qu’il défend. Ou alors, nous vous remercions de faire engager à notre encontre les poursuites qui s’imposent.
Nous voulions par ailleurs vous ôter d’un doute : les tombereaux d’insultes et de menaces que nous recevons depuis quelques jours via des courriels-types envoyés par de courageux soutiens – souvent anonymes – de l’UMP, de l’Institut pour la Justice et du Front National, ne nous impressionnent en rien.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le candidat, l’expression de nos salutations déterminées.
Pour le Syndicat de la magistrature,
Matthieu Bonduelle, président

Conclure que le SM n'est ni apolitique ni modéré paraît bien peu dire: il est plutôt dans la provocation et l'agression lesquels ne garantissent pas la justice sereine que le citoyen est en droit, non pas d'attendre, mais d'exiger.
S'il existe des syndicats réformistes tournés vers le dialogue, le SM ne fait pas la démonstration que c'est son obsession. Il fait peur au démocrate.