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vendredi 20 juillet 2018

Les dernières révélations sur l’affaire Benalla, après quarante-huit heures et deux mois d'occultation

La presse parle après s'être "auto-censurée" sur l’affaire Benalla

La presse institutionnelle a été témoin des méthodes de Benalla, sans les dénoncer

Flagrant délit de violences physiques à risques sur manifestant,
par des cow-boys armés de l'Elysée
Des activistes  Insoumis (LFI) font filtrer le scandale que la presse "indépendante" s'appliquait à dissimuler. Les gardes du corps du président qui appartiennent à la gendarmerie apparaissaient régulièrement sur les photos de presse, à la différence des barbouzes de l'Elysée qui se permettaient de donner des ordres aux gendarmes. 
Onze semaines après les faits de brutalités commises par Alexandre Benalla, un intime du président Macron planqué auprès de son chef de Cabinet, et quarante-huit heures après les premières révélations, cette presse-là renonce à ses dissimulations coupables. 

Le Monde tente de faire croire à la réactivité, à la fermeté et à la moralité de Macron. Le quotidien écrit en ouverture d'article : "Visé par une procédure de licenciement lancée par l’Elysée, Alexandre Benalla a été placé en garde à vue vendredi. Le directeur de Cabinet de l’Elysée a été entendu comme témoin." En attendant, Macron reste muré dans l'Elysée et refuse de prendre la parole...

La diffusion de vidéos place l'Elysée dans l'obligation de prendre des mesures. Les documents rendus publics par les réseaux sociaux montrent ce chargé de mission auprès du chef de Cabinet de la présidence de la République et chargé de la sécurité, et en tant que tel "épaule" de Macron, finalement identifié par Le Monde - qui le connaît de longue date sans en avoir révélé l'existence nuisible -en train de frapper plusieurs activistes successivement en marge des manifestations du 1er mai, mettant au jour un scandale d'Etat qui suscite des critiques d'une extrême gravité et de questions, alors que Macron se tient silencieux et que les lampistes ont déjà trinqué, en attendant que  saute son fusible, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. 
Découvert, grâce aux réseaux sociaux sans qui l'information restait confisquée, 
L’Elysée a finalement lâché Alexandre Benalla

Les images diffusées par les réseaux sociaux ont joué le rôle que la presse institutionnelle a refusé d'endosser : l'entrée en scène du Monde ou de BFMTV et les autres intervient après la révélation par des militants de LFI de l'existence d'une police parallèle. 
Les sanctions prises jusqu’à présent, une mise à pied de deux semaines avec suspension de salaire et un changement d’affectation, étaient un "dernier avertissement avant licenciement", avait déclaré jeudi le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, une fois de plus théâtrale et ridicule : il avait affirmé que l'incident était clos !



Pour la première fois depuis les années 60, un porte-parole de l'Elysée s'exprimait seul face à la caméra, hors la présence de tout journaliste accrédité...
Arguant de "faits nouveaux constitutifs d’une faute commise" et faisant "l’objet d’une procédure judiciaire" ouverte par le Parquet - prêt à déclarer "circulez, y a rien à voir" - , l’Elysée a annoncé vendredi avoir "pris la décision d’engager la procédure de licenciement d’Alexandre Benalla", onze semaines après la constitution des faits tenus secrets. Sans donner plus de détails, la présidence a justifié cette décision par le fait que celui-ci, "aux fins de prouver son innocence, […] aurait été destinataire d’un document de la préfecture de police qu’il n’était pas autorisé à détenir".

Tout porte à penser qu’il s’agit d’images de vidéosurveillance, en lien avec l’enquête préliminaire ouverte, qui ont été "indûment communiquées à un tiers dans la soirée du 18 juillet", comme l’a révélé la préfecture de police dans un communiqué de presse, vendredi. C’est pour avoir extrait ces images que trois cadres de la préfecture de police de Paris ont été suspendus, jeudi soir, à titre conservatoire. Des agissements condamnés "lourdement" par le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

Alexandre Benalla et Vincent Crase placés en garde à vue

Dans la matinée, A. Benalla a été placé en garde à vue à Paris, suite à l'ouverture la veille de l’enquête préliminaire. Il est visé pour des faits de "violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public", "usurpation de fonctions", "port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique" et "complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection".
L’enquête ouverte par le Parquet de Paris a été confiée à l’inspection générale de la Police nationale et à la brigade de répression de la délinquance contre la personne, l'ensemble soumis au gouvernement, les ministères de la Justice et de l'Intérieur...

Vincent Crase est porteur d'un holster d'arme de poing,
en toute illégalité : un réserviste n'y a pas  droit...
Le binôme de Benalla, Vincent Crase, un gendarme réserviste et agent d’accueil pour La République en marche (LREM, le parti du président), qui couvrait Alexandre Benalla, imposant leurs présences aux forces de l’ordre, lors des manifestations du 1er mai, a également été placé en garde à vue vendredi pour "violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public " et "usurpation de fonctions".

Le directeur de cabinet de l’Elysée entendu comme témoin
Supérieur hiérarchique de Benalla à l’Elysée, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, a été entendu jeudi comme témoin dans l’enquête. C’est lui qui avait délivré une autorisation à Alexandre Benalla pour assister en tant qu’ "observateur" à la manifestation parisienne du 1er mai. 
Un observateur, fût-il "réserviste" de la gendarmerie, est par définition inactif et encadré par un tuteur.

Contacté par Le Monde avant la publication de l’article révélant les brutalités commises par Benalla, P. Strzoda avait affirmé avoir convoqué son collaborateur le 1er mai après avoir vu les vidéos des violences. Le directeur de cabinet assurait également avoir aussitôt prévenu le président de la République, alors en déplacement en Australie.

Alexandre Benalla disposait d’un certain nombre de privilèges à l’Elysée. 
L’ancien "M. Sécurité" du président de la République avait ainsi lui-même déclaré être domicilié, depuis le 9 juillet, dans une dépendance de l’Elyséedans le très chic 7e arrondissement de Paris, au 11, quai Branly, occupé dans le passé par la maîtresse de François Mitterrand et leur fille Mazarine.

Outre ce prestigieux logement de fonction, le cowboy dispose également d’une voiture avec chauffeur, un Renault Talisman suréquipée, notamment d'un gyrophare, et banalisée, sur le modèle de l'un des trois véhicules à disposition du président. 

Selon Le Parisien, son salaire avoisinait les 10.000 euros bruts. 

Commissions d’enquête et motion de censure

Pourquoi l’Elysée n’a-t-il pas pris de sanctions plus rapides et plus fortes ? Pourquoi n’a-t-il pas signalé les agissements de Benalla à la Justice, comme la loi lui enjoint de le faire ? 
Pourquoi ce cowboy a-t-il continué à travailler pour l’Elysée ?
De nombreuses questions restent sans réponse : 

La commission des lois de l’Assemblée nationale a annoncé s’être transformée en commission d’enquête pour une durée d’un mois, afin de faire la lumière sur "les événements survenus à l’occasion de la manifestation parisienne du 1er mai ". 
Mais, les débats parlementaires sont encore pourris par cette affaire d'Etat, ce vendredi, alors que la commission des lois du Sénat a quant à elle annoncé qu’elle auditionnera l'ex-sénateur Gérard Collomb en début de semaine prochaine et qu’elle demandera également, lundi, les prérogatives d’une commission d’enquête, pour une durée de six mois

De leur côté, les députés de La France insoumise ont proposé à tous les parlementaires de déposer ensemble une motion de censure du gouvernement.

Au cœur du scandale, Emmanuel Macron reste silencieux

Le président de la République a refusé à de multiples reprises de répondre aux questions des journalistes alors qu’il était en déplacement en Dordogne jeudi. 

Vendredi, contrairement aux usages en vigueur lors d’une visite de chef d’Etat, la conférence de presse commune des deux dirigeants a été annulée, à l'issue du déjeuner du président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliev, avec E. Macron.

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