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vendredi 20 juillet 2018

Le comportement d'A. Benalla dénoncé par les gendarmes lors du retour des Bleus

M6 révèle la plainte des gendarmes contre  Benalla lors du retour des Bleus à Roissy

Les "comportements inappropriés" d'Alexandre Benalla, l'"homme du président" sous le feu d'un scandale depuis la diffusion de videos sur les réseaux sociaux, font vaciller l'Elysée qui l'a couvert pendant plusieurs mois

Alexandre Benalla accompagnait les Bleus sur les Champs-Élysées mais "n'a tapé personne"

Alexandre Benalla était avec les Bleus lundi 15 juillet pour leur brève descente des Champs-Elysées, malgré une précédente affaire de violences physiques, alors qu'il était encore adjoint au chef de Cabinet du président Macron. 
Sous le coup d'un scandale datant du 1er Mai à Paris, mais n'affectant l'Elysée que depuis mercredi 18 au soir, celui qui était resté "chargé de mission" était présent dès l'atterrissage des champions du monde à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. 
Suspendu pendant seize jours (du 4 au 19 mai) de ses fonctions de chargé de mission auprès du chef de cabinet d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, a pu reprendre son poste depuis. Mais à une affectation plus administrative, auprès de l'organisation d'événements "à l'intérieur du palais" élyséen, précise Le Monde.
L'impulsif aurait voulu prendre en main le dispositif de sécurité, sans avoir le statut de gendarme ni de policier. 

Selon M6, l’homme se montre "très agité" et n'est pas passé inaperçu lundi 15.
"Vous me manquez de respect !", avait lancé l'homme du président au commandant de gendarmerietentant d'en imposer à l'officier en charge, montrant l'insigne de l'Elysée qu'il arborait Abus de pouvoir ?
Les gendarmes ont notifié cet incident à leur hiérarchie, ainsi qu'à la Délégation préfectorale des aéroports.

"Qui êtes-vous ?", lui avait demandé ce commandant de gendarmerie, provoquant la colère d'Alexandre Benalla, fort de son macaron portant le sigle de l’Élysée et affirmant être en droit de diriger les opérations. Le commandant lui aurait alors rétorqué que l’autorité administrative sur cet événement est représentée par les gendarmes.
Résultat de recherche d'images pour "benalla sur le car des Bleus"
Benalla a visiblement pris les commandes du car des Bleus

Au micro de la journaliste Apolline de Malherbe,  Noël Le Graët est revenu sur les incroyables images de la descente des Bleus sur les Champs-Elysées au lendemain de la victoire de la France à la Coupe du monde, dont celle d'Alexandre Benalla aperçu près du car des joueurs, lundi 16 juillet (ci-dessus): "Est-ce qu'il était avec vous dans le bus?", lui demande la journaliste. "Euh non, vous me l'apprenez; j'ai appris cette affaire ce matin. S'il était en tout cas, sur le bus, il n'a frappé personne", lui répond Le Graët, un président de la Fédération française de football, toujours bien en cours auprès des pouvoirs successifs, mais qui a un sens particulier de l'humour.

Une autre tentative de main mise sur les opérations au Crillon.
Plus tard dans la soirée, le futur ex-collaborateur de l’Elysée aurait eu une altercation avec un commissaire de police à l’intérieur de l’hôtel de Crillon, place de la Concorde, où l’équipe de France devait se rendre initialement.

Benalla a été placé en garde à vue
ce jeudi pour violences en réunion, usurpation de fonctions, port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique et complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection (l'individu a accepté de gendarmes zélés des vidéos le compromettant, en sorte d'organiser sa défense) : Benalla a en effet tabassé un participant de l'"Apéro militant", organisé le 1er mai (précisons '2018', vu le temps long judiciaire et élyséen) par Le Comité d'action interlycéen, place de la Contrescarpe à Paris 5e.

Le collaborateur de l’Elysée est sous le coup d’une procédure de licenciement, a cette fois annoncé le Palais, onze semaines après que l'Elysée à eu connaissance des faits, le 2 mai 2018

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Les dernières révélations sur l’affaire Benalla, après quarante-huit heures et deux mois d'occultation

La presse parle après s'être "auto-censurée" sur l’affaire Benalla

La presse institutionnelle a été témoin des méthodes de Benalla, sans les dénoncer

Flagrant délit de violences physiques à risques sur manifestant,
par des cow-boys armés de l'Elysée
Des activistes  Insoumis (LFI) font filtrer le scandale que la presse "indépendante" s'appliquait à dissimuler. Les gardes du corps du président qui appartiennent à la gendarmerie apparaissaient régulièrement sur les photos de presse, à la différence des barbouzes de l'Elysée qui se permettaient de donner des ordres aux gendarmes. 
Onze semaines après les faits de brutalités commises par Alexandre Benalla, un intime du président Macron planqué auprès de son chef de Cabinet, et quarante-huit heures après les premières révélations, cette presse-là renonce à ses dissimulations coupables. 

Le Monde tente de faire croire à la réactivité, à la fermeté et à la moralité de Macron. Le quotidien écrit en ouverture d'article : "Visé par une procédure de licenciement lancée par l’Elysée, Alexandre Benalla a été placé en garde à vue vendredi. Le directeur de Cabinet de l’Elysée a été entendu comme témoin." En attendant, Macron reste muré dans l'Elysée et refuse de prendre la parole...

La diffusion de vidéos place l'Elysée dans l'obligation de prendre des mesures. Les documents rendus publics par les réseaux sociaux montrent ce chargé de mission auprès du chef de Cabinet de la présidence de la République et chargé de la sécurité, et en tant que tel "épaule" de Macron, finalement identifié par Le Monde - qui le connaît de longue date sans en avoir révélé l'existence nuisible -en train de frapper plusieurs activistes successivement en marge des manifestations du 1er mai, mettant au jour un scandale d'Etat qui suscite des critiques d'une extrême gravité et de questions, alors que Macron se tient silencieux et que les lampistes ont déjà trinqué, en attendant que  saute son fusible, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. 
Découvert, grâce aux réseaux sociaux sans qui l'information restait confisquée, 
L’Elysée a finalement lâché Alexandre Benalla

Les images diffusées par les réseaux sociaux ont joué le rôle que la presse institutionnelle a refusé d'endosser : l'entrée en scène du Monde ou de BFMTV et les autres intervient après la révélation par des militants de LFI de l'existence d'une police parallèle. 
Les sanctions prises jusqu’à présent, une mise à pied de deux semaines avec suspension de salaire et un changement d’affectation, étaient un "dernier avertissement avant licenciement", avait déclaré jeudi le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, une fois de plus théâtrale et ridicule : il avait affirmé que l'incident était clos !



Pour la première fois depuis les années 60, un porte-parole de l'Elysée s'exprimait seul face à la caméra, hors la présence de tout journaliste accrédité...
Arguant de "faits nouveaux constitutifs d’une faute commise" et faisant "l’objet d’une procédure judiciaire" ouverte par le Parquet - prêt à déclarer "circulez, y a rien à voir" - , l’Elysée a annoncé vendredi avoir "pris la décision d’engager la procédure de licenciement d’Alexandre Benalla", onze semaines après la constitution des faits tenus secrets. Sans donner plus de détails, la présidence a justifié cette décision par le fait que celui-ci, "aux fins de prouver son innocence, […] aurait été destinataire d’un document de la préfecture de police qu’il n’était pas autorisé à détenir".

Tout porte à penser qu’il s’agit d’images de vidéosurveillance, en lien avec l’enquête préliminaire ouverte, qui ont été "indûment communiquées à un tiers dans la soirée du 18 juillet", comme l’a révélé la préfecture de police dans un communiqué de presse, vendredi. C’est pour avoir extrait ces images que trois cadres de la préfecture de police de Paris ont été suspendus, jeudi soir, à titre conservatoire. Des agissements condamnés "lourdement" par le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

Alexandre Benalla et Vincent Crase placés en garde à vue

Dans la matinée, A. Benalla a été placé en garde à vue à Paris, suite à l'ouverture la veille de l’enquête préliminaire. Il est visé pour des faits de "violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public", "usurpation de fonctions", "port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique" et "complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection".
L’enquête ouverte par le Parquet de Paris a été confiée à l’inspection générale de la Police nationale et à la brigade de répression de la délinquance contre la personne, l'ensemble soumis au gouvernement, les ministères de la Justice et de l'Intérieur...

Vincent Crase est porteur d'un holster d'arme de poing,
en toute illégalité : un réserviste n'y a pas  droit...
Le binôme de Benalla, Vincent Crase, un gendarme réserviste et agent d’accueil pour La République en marche (LREM, le parti du président), qui couvrait Alexandre Benalla, imposant leurs présences aux forces de l’ordre, lors des manifestations du 1er mai, a également été placé en garde à vue vendredi pour "violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public " et "usurpation de fonctions".

Le directeur de cabinet de l’Elysée entendu comme témoin
Supérieur hiérarchique de Benalla à l’Elysée, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, a été entendu jeudi comme témoin dans l’enquête. C’est lui qui avait délivré une autorisation à Alexandre Benalla pour assister en tant qu’ "observateur" à la manifestation parisienne du 1er mai. 
Un observateur, fût-il "réserviste" de la gendarmerie, est par définition inactif et encadré par un tuteur.

Contacté par Le Monde avant la publication de l’article révélant les brutalités commises par Benalla, P. Strzoda avait affirmé avoir convoqué son collaborateur le 1er mai après avoir vu les vidéos des violences. Le directeur de cabinet assurait également avoir aussitôt prévenu le président de la République, alors en déplacement en Australie.

Alexandre Benalla disposait d’un certain nombre de privilèges à l’Elysée. 
L’ancien "M. Sécurité" du président de la République avait ainsi lui-même déclaré être domicilié, depuis le 9 juillet, dans une dépendance de l’Elyséedans le très chic 7e arrondissement de Paris, au 11, quai Branly, occupé dans le passé par la maîtresse de François Mitterrand et leur fille Mazarine.

Outre ce prestigieux logement de fonction, le cowboy dispose également d’une voiture avec chauffeur, un Renault Talisman suréquipée, notamment d'un gyrophare, et banalisée, sur le modèle de l'un des trois véhicules à disposition du président. 

Selon Le Parisien, son salaire avoisinait les 10.000 euros bruts. 

Commissions d’enquête et motion de censure

Pourquoi l’Elysée n’a-t-il pas pris de sanctions plus rapides et plus fortes ? Pourquoi n’a-t-il pas signalé les agissements de Benalla à la Justice, comme la loi lui enjoint de le faire ? 
Pourquoi ce cowboy a-t-il continué à travailler pour l’Elysée ?
De nombreuses questions restent sans réponse : 

La commission des lois de l’Assemblée nationale a annoncé s’être transformée en commission d’enquête pour une durée d’un mois, afin de faire la lumière sur "les événements survenus à l’occasion de la manifestation parisienne du 1er mai ". 
Mais, les débats parlementaires sont encore pourris par cette affaire d'Etat, ce vendredi, alors que la commission des lois du Sénat a quant à elle annoncé qu’elle auditionnera l'ex-sénateur Gérard Collomb en début de semaine prochaine et qu’elle demandera également, lundi, les prérogatives d’une commission d’enquête, pour une durée de six mois

De leur côté, les députés de La France insoumise ont proposé à tous les parlementaires de déposer ensemble une motion de censure du gouvernement.

Au cœur du scandale, Emmanuel Macron reste silencieux

Le président de la République a refusé à de multiples reprises de répondre aux questions des journalistes alors qu’il était en déplacement en Dordogne jeudi. 

Vendredi, contrairement aux usages en vigueur lors d’une visite de chef d’Etat, la conférence de presse commune des deux dirigeants a été annulée, à l'issue du déjeuner du président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliev, avec E. Macron.