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mercredi 11 juillet 2018

Macron dresse les syndicats patronaux et ouvriers contre lui

Patronat et syndicats tentent un front uni

Les chefs des huit principales organisations patronales et syndicales sont réunis mercredi matin

Force ouvrière,MEDEF et CGT
Ils sont déterminés à trouver des priorités communes et à opposer un front uni au chef de l'Etat, qui doit les recevoir le 17 juillet à l'Elysée. 
Aux côtés de la CFTC, sont réunis Geoffroy Roux de Bézieux (Medef), Philippe Martinez (CGT), Laurent Berger (CFDT), François Asselin (CPME), Pascal Pavageau (Force ouvrière), François Hommeril (CFE-CGC) et Alain Griset (U2P). La réunion à huis clos s'est ouverte vers 08h00 au Conseil économique, social et environnemental (Cese), à Paris.

De mémoire de syndicalistes et d'entrepreneurs, c'est la première fois que les leaders syndicaux et patronaux arrivent à prendre langue tous ensemble.
"C'est que l'heure est grave", analyse l'historien Stéphane Sirot, qui y voit "la conséquence de la pratique du pouvoir d'Emmanuel Macron, où le dialogique social n'existe pas", contrairement au quinquennat précédent.

François Hollande avait fait des partenaires sociaux des "co-législateurs" qui disposaient d'une autonomie, avec la possibilité de négocier des accords interprofessionnels traduits ensuite dans des lois, "Macron a rompu avec ça", poursuit l'historien. 
"La méthode Macron a été un des éléments déclencheurs de cette réunion", reconnait Philippe Louis, le président de la CFTC.

Chacun vient avec ses propres doléances et l'espoir de trouver des points de convergence avec les autres

Un objectif ambitieux, tant leur passé syndicale divise les organisations.
Côté ouvrier, FO et la CFDT veulent défendre la fixation d'un agenda social commun, indépendant de celui voulu par le gouvernement. Parmi les sujets à aborder, selon Laurent Berger, la qualité de vie au travail, les conditions de travail dans les plateformes.
"Nous allons nous éprouver collectivement pour voir si nous sommes capables d'avancer vers un agenda partagé pour construire du progrès", a déclaré sur Radio Classique Laurent Berger pour qui "le format est original, mais l'intérêt, c'est le contenu".

Philippe Louis, un ex-cheminot, souhaite, au nom de la CFTC, des réunions au sommet plus systématiques, "pour faire le point" sur les dossiers.

Côté patronat
"La réunion est inédite avec beaucoup d'espoir", a commenté à son arrivée François Hommeril (CFE-CGC), en souhaitant "qu'il en sorte quelque chose de concret".

Geoffroy Roux de Bézieux va "essayer de partager certaines préoccupations communes", notamment autour de la création de l'emploi, des richesses et de la croissance française.

Prudent (et caché derrière sa main, ci-contre), le nouveau patron du MEDEF voit ce rendez-vous plutôt comme une "prise de contact" et ne prévoit pas d'en sortir avec "un calendrier commun". Il n'épargne pas le gouvernement pour autant, critiquant la multiplication des réformes.

Alain Griset, président de l'U2P (artisanat et professions libérales), veut faire le point "sur les méthodes utilisées, les résultats obtenus".

Une des deux initiatrices de ce projet avec FO, la CPME, Confédération des petites et moyennes entreprises, reste discrète sur ses attentes.

Les participants s'accordent pour penser que "les corps intermédiaires sont considérés comme une sorte de faire-valoir" par le gouvernement et non "comme des partenaires incontournables"

Cette annonce conjointe des syndicats n'est pas un hasard du calendrier. L'Elysée a dévoilé qu'Emmanuel Macron recevra les partenaires sociaux le 17 juillet. Une occasion de "jeter les bases d'un nouveau contrat social, celui du siècle qui s'ouvre", a expliqué lundi devant le Congrès le chef de l'Etat.

En vérité, c'est une rencontre réclamée par la CFDT et FO.
Y seront abordés la santé au travail, la future réforme des retraites, le plan pauvreté qui doit être annoncé en septembre, mais aussi l'assurance chômage.

Sur ce dernier point, le gouvernement a pris de court les partenaires sociaux, en annonçant qu'il va leur demander de rouvrir des négociations dès septembre, alors qu'une réforme est déjà en cours d'examen au Parlement. 
Mercredi matin, Laurent Berger a prévenu: "Si c'est pour aller rogner les droits avec une lettre de cadrage du gouvernement qui est déjà la conclusion de la négociation, cela ne marchera pas".
Si les réformistes de la CFDT montent au créneau, la rentrée va être chaude.


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