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samedi 21 juin 2014

Hollande échoue à barrer le chrétien-démocrate, Jean-Claude Juncker, à la tête de la Commission européenne

C'est à Paris que Martin Schulz, candidat des socialistes, se fait écarter

Les candidats Martin Schulz et Jean-Claude Juncker s'étaient l'un et l'autre montrés très confiants 
Schultz vs.Juncker
dans la campagne de succession à José Manuel Barroso à la présidence de la Commission européenne. Aucun des deux candidats n'a pu envisager l'hypothèse de l'élection d'un "candidat tiers". "Le futur président de la Commission européenne est ici et ce sera moi", a annoncé Jean-Claude Juncker, tandis que son adversaire socialiste, Martin Schulz, président du parlement européen (2012) a immédiatement assuré que "Monsieur Juncker a raison dans son analyse, sauf sur un point : ce ne sera pas lui le président de la Commission européenne".

Pour la première fois, le Conseil européen qui réunit les chefs d'Etat s'est engagé à proposer le candidat issu du parti majoritaire du Parlement européen lequel doit ensuite " élire" le candidat à la majorité absolue des élus. Martin Schulz et Jean-Claude Juncker font figure de favoris. Alors un mini-sommet, hébergé samedi par Paris, devait réunir les dirigeants de huit pays membres de l'Union européenne à quelques jours d'un Conseil européen très difficile, les 26 et 27 juin à Bruxelles.

François Hollande avait recherché une entente avec le président du conseil italien, Matteo Renzi,
en le recevant avant les autres dans la matinée pour une réunion bilatérale avant le mini-sommet des sociaux-démocrates.

La candidature Juncker était attaquée de toutes parts

  
Le mini-sommet à huit était notamment destiné à fixer en petit comité les conditions du soutien de la gauche européenne à une nomination du candidat de la droite chrétienne-démocrate du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

David Cameron menaçait
Le magazine Der Spiegel avait lancé la polémique en assurant que le premier ministre David Cameron aurait menacé de quitter l’Union européenne si Jean-Claude Juncker était porté à la tête de la CommissionAu lendemain des élections du 25 mai, selon l’hebdomadaire, David Cameron aurait fait valoir auprès de la chancelière que la nomination de l’ancien premier ministre du Luxembourg, jugé trop fédéraliste par les conservateurs britanniques, déstabiliserait à tel point son gouvernement qu’il serait obligé de faire procéder à un référendum à l’issue incertaine sur le maintien de la Grande-Bretagne au sein des Vingt-Huit. Le leader tory avait engagé sa formation à quitter le Parti populaire européen (PPE, groupe conservateur dont font aussi partie la CDU ou l’UMP en France) pour fonder un nouveau groupe en 2009, l’Alliance des conservateurs et réformistes européens AECR, que cherche à rejoindre le parti eurosceptique allemand AfD.
Or, Angela Merkel a tenté mercredi de faire taire la polémique qui enfle en Allemagne sur le sujet. "Certes, la Grande-Bretagne n’est pas un partenaire confortable, mais je considère comme grossièrement irresponsable et inacceptable la nonchalance avec laquelle certains prétendent [dans l’opposition] qu’il importe peu que la Grande-Bretagne approuve ou non la candidature de Jean-Claude Juncker, voire que la Grande-Bretagne reste ou non un membre de l’Union européenne. C’est tout sauf indifférent ou mineur." Mais Angela Merkel ne semble soutenir que mollement la candidature du conservateur luxembourgeois.

La nomination de l'ancien Premier ministre luxembourgeois est combattue par la gauche
Le Bild a claironné à propos de Juncker que "la démocratie se transformerait en farce" si on allait chercher un candidat qui n'avait pas pris part aux élections au Parlement européen. Selon Cameron, Juncker n'a aucune légitimité parce que les députés européens "ne peuvent pas à la fois choisir et élire" le candidat à la présidence de la Commission.
En France, à l’occasion d’une conférence de presse, Harlem Désir, alors premier secrétaire du PS et tête de liste en région Ile-de-France, avait affirmé l’ambition des socialistes européens de s’emparer de la majorité au Parlement européen et du poste de président de l’exécutif européen. "L’Europe […] doit tourner la page des gouvernements libéraux et conservateurs, qui depuis des années ont abîmé le rêve européen. Leur soutien aveugle à la dérégulation, à la concurrence généralisée, au dumping fiscal et social, n’a conduit qu’à l’austérité, au chômage et à la flambée des populismes sur le continent", avait dénoncé Harlem Désir. Et qu'a-t-il désormais à dire le pitoyable secrétaire d'État de Hollande, chargé des Affaires européennes ?...

Hollande a encore perdu sur toute la ligne
Son rôle de majordome des huit ne redorera son blason. C'est en effet le candidat conservateur du Parti populaire européen (PPE), arrivé en tête des élections du 25 mai dernier, qui a reçu le soutien des neufs chefs d'Etat et de gouvernement de gauche réunis samedi à Paris. Le Luxembourgeois est donné largement favori pour présider la prochaine Commission européenne. 

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