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dimanche 29 juin 2014

La police aux cent coups avant le match Algérie-Allemagne

Alerte Algérie-Allemagne: répétition générale pour un possible Algérie-France

Après les incidents de jeudi, Valls et Cazeneuve renforcent partout la sécurité dans les villes 

Des voitures brûlées et des commerces vandalisés dans plusieurs régions.
Au total, hors région parisienne, 21 personnes ont été interpellées, selon le ministère de l'Intérieur.
A Vaulx-en-Velin, commune de l'agglomération lyonnaise, une vingtaine de voyous ont fait irruption dans une supérette "en brisant la vitre de la porte d'entrée", indique la synthèse de la DDSP. Ils se sont emparés "de bouteilles d'alcool, de clés USB, de casques audio et de consoles de jeux", précise le rapport policier. "L'occasion fait le larron, certaines personnes en profitent", banalise-t-on à la DDSP.
A Givors, Rhône encore, un jeune adulte de 18 ans a été interpellé. Passager de l'un des véhicules qui a "envahi" le centre-ville, il a visé "à plusieurs reprises les policiers avec un faisceau laser, sans les blesser". 
A Lyon, un autre homme, âgé de 21 ans, a lui été embarqué après avoir insulté les CRS. Une dizaine de voitures ont été brûlées dans le département.
A la DDSP, si on estime ne pas avoir "suffisamment de recul" pour faire des comparaisons, on fait valoir - en dépit de l'oeil noir de Manolo - qu'un match de Ligue 1 occasionne "parfois des événements plus sévères". "On est plus dans l'affrontement de personnes, alors que là, nous étions dans l'expression d'une satisfaction liée au score", raconte-t-on.

Dans le très socialiste Nord, à Roubaix, dans l'agglomération lilloise, 15 voitures ont été incendiées , 4 à Lille, 3 à Valenciennes, 2 à Maubeuge et 1 à Douai, selon les chiffres de la préfecture du Nord. Et 12 feux de poubelles ont été signalés dans le département, ainsi que de "nombreux comportements routiers inadaptés".
A
Villiers-le-Bel, Val-d'Oise, une voiture de police a été la cible d'un cocktail Molotov, rapporte un journaliste du journal gouvernemental Le Monde.
A
Grenoble (ville EELV d'Isère), on dénombre neuf voitures et un bus brûlé. Trois véhicules de police ont également été endommagés par des jets de projectiles. 
A Mulhouse (Haut-Rhin), un jeune supporter est mort dans un accident de voiture. Il fêtait la victoire des Fennecs assis sur la portière lorsque le véhicule s'est renversé, raconte l'Alsace.fr.

Le pouvoir a les miquettes

Lundi, donc, seront mobilisés des milliers de policiers et de gendarmes, dont une quinzaine d'unités des forces mobiles mais aussi des moyens lourds de maintien de l'ordre (canons à eau, hélicoptères pour l'identification de nuit des éventuels fauteurs de troubles). Pratiquement comme les soirs d'émeute ou lors des mouvements sociaux de grande ampleur. "Et tout cela pour un soir de fête", se désole-t-on à l'état-major de la Sécurité publique à Paris.

Valls a déjà brandi le bâton
Lors de la qualification de l'équipe de football d'Algérie pour les huitièmes de finale du Mondial, la liesse populaire des binationaux a donné lieu à des violences. Plus de 70 personnes ont été interpellées, mais de nombreux dégâts sont à déplorer à travers la France.
Ceux qu'il est convenu depuis l'Elysée d'appeler des "casseurs" émergent désormais partout sur le territoire, le nombre de villes où s'illustrent ces binationaux ne cessant de croître: ils se permettent dans l'hexagone de Lille et Roubaix à Marseille, en passant par Creil, mais aussi Clamart, dans les Hauts-de-Seine, Guyancourt et Élancourt, dans les Yvelines, sans oublier Mulhouse, Lille, Maubeuge, Lyon, Vaulx-en-Velin, Saint-Priest, Grenoble et plusieurs villes voisines, ce qu'ils ne feraient pas au bled.
Vendredi après-midi, le premier ministre soi-même, Manuel Valls, a dénoncé les débordements qui ont eu lieu au cours (plutôt qu' "en marge") des célébrations par les supporteurs algériens en France (et franco-algériens, plus Algériens que "franco") de la qualification "historique" de leur équipe nationale de football pour les 8es de finale de la Coupe du monde.

Ce qui fait froncer le sourcil de Manolo
A Marseille
À Paris, jeudi soir, des centaines de personnes ont célébré l'événement aux abords du métro Barbès, quartier nord de la capitale où se concentre une partie de la communauté algérienne. Vers 0h45, la fête se fait au son des sifflets et à la lueur des feux de Bengale. "C'est un moment immense, historique pour le peuple algérien, c'est comme une deuxième indépendance", s'enthousiasme Sofiane Abbas, coiffé d'un chapeau aux couleurs de son pays natal et donc visiblement bien "intégré" en France depuis près de 40 ans qu'il y vit et envoie ses enfants à l'école républicaine.
Plusieurs centaines de supporteurs ont ensuite convergé vers les Champs-Élysées, sous la surveillance d'un impressionnant dispositif de sécurité. Vers 2 h30, au son des tam-tams, des klaxons et des "Vive l'Algérie", les supporteurs, pour la plupart enveloppés dans le drapeau algérien, fêtaient la victoire de leur équipe sur les trottoirs, au volant de leur voiture ou encore en plein milieu de la route, ralentissant le trafic autour de la place de l'Étoile. A plusieurs reprises, histoire de montrer où se trouvent leurs attaches, des dizaines d'entre eux ont jeté des projectiles sur des CRS qui stationnaient au milieu de la place, lesquels ont riposté en les poursuivant sur plusieurs dizaines de mètres et en faisant usage de gaz lacrymogène.

A Lyon, Le Figaro rapporte à la fois que la foule, souvent jeune et en famille, était simplement festive dans le quartier populaire de la Guillotière au centre-ville, mais aussi que "les policiers et gendarmes mobilisés en nombre pour la soirée (plus de 450 au total dans l'agglomération) ont néanmoins usé de gaz lacrymogènes et d'une lance à eau pour contenir la foule dans un certain périmètre et leur interdire l'accès aux artères commerçantes de la presqu'île, que survolait un hélicoptère. Des supporteurs se sont rassemblés aussi en banlieue à Vaulx-en-Velin et à Saint-Priest, où les forces de l'ordre ont procédé aussi à des tirs de gaz lacrymogène en réplique à des jets de projectiles. Une quinzaine de véhicules ont été incendiés sur l'agglomération, d'après la police."

Sur des rythmes algériens à Bordeaux
Lundi prochain, l'Algérie affrontera en effet l'Allemagne quelques heures après le match France-Nigeria. 

L'exécutif craint le pire. 
La seconde des deux rencontres sera l'affrontement de tous les dangers. Depuis les incidents qui ont émaillé les précédents matchs de l'équipe algérienne en Coupe du monde, l'Intérieur est sur les dents. Les échauffourées sont de plus en plus violentes: policiers blessés, saccage en règle de bâtiments, destruction de mobilier urbain, jets de projectiles, incendie de véhicules par dizaines. Des incidents qualifiés vendredi "d'insupportables" par le premier ministre, Manuel Valls. 

"Un maximum d'arrestations pour briser cet élan de violence intolérable"
A Marseille, ville portuaire sur la Méditerranée, la préfecture a fait appel à deux compagnies de CRS, auxquelles s'ajoutent 300 policiers en tenue, mais aussi un bateau-pompe pour éteindre les éventuels incendies. "En 2009, se souvient le patron de la police locale, Pierre-Marie Bourniquel, lors d'un Égypte-Algérie, six embarcations étaient parties en fumée dans le Vieux-Port." Jeudi soir, la police a dû tirer 50 fois au lance-grenades pour calmer les trublions.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a appelé ses troupes à la "vigilance" et promet des renforcements des dispositifs partout où cela sera nécessaire. Le ministère de la Justice, de son côté, a donné des consignes pour que le Parquet soit en mesure de traiter un nombre important de gardes à vue, ce soir-là, sur l'ensemble du territoire, en cas d'interpellations en masse. "Il nous faudra réaliser un maximum d'arrestations pour briser cet élan de violence intolérable", explique un chef d'unité des CRS de la région parisienne.

Vendredi, en déplacement à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or (Rhône), le petit Cazeneuve, plus que jamais étranglé dans son col étroit, a condamné "avec la plus grande fermeté" les débordements constatés la veille, à l'occasion du match Algérie-Russie, où l'équipe des Fennecs algériens a décroché sa qualification pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde du football.
Soucieux d'apaiser le climat, le ministre a prétendu qu'il s'agissait des "actes d'une poignée de casseurs isolés", comme on dit toujours en ces circonstances de rassemblements non autorisés. 
Comme il se doit à la veille d'un besoin d'effectifs, il a également flatté les policiers et gendarmes déjà éprouvés par les premiers dérapages, notamment à Lyon et Roubaix. "Je veux dire également aux forces de l'ordre qui ont été atteintes par ces actes ma solidarité. La justice et la police feront leur travail pour que les auteurs de ces faits soient rattrapés", a promis le patron de la police.

Des craintes en cas d'un hypothétique France-Algérie en quart de finale

Dans la nuit de jeudi à vendredi, en marge des manifestations de liesse après la qualification des Fennecs pour les huitièmes de finale du Mondial, au moins 74 personnes ont été interpellées en France. 
Bernard Cazeneuve s'est engagé: selon lui, les casseurs "n'ont pas eu le dessus et ils ne l'auront jamais". Restent les dégâts dans l'opinion, qui ne comprend pas pourquoi la police intervient toujours après coup, comme si elle n'avait plus les moyens d'anticiper, ou pire, si elle redoutait les affrontements.

À Creil, par exemple, la police s'est bien gardée d'arrêter sur le fait ceux des Algériens -ou franco-algériens- qui se sont illustrés le 17 juin dernier, après Algérie-Belgique, en insultant et en caillassant dans le centre-ville. La police explique qu'elle les a tellement bien vus à l'oeuvre qu'elle les a ...filmés et que les plus excités seront convoqués plus tard, un jour peut-être, au commissariat !


En 2001, lors d'un historique France-Algérie, le match fut interrompu à la 76e minute après l'envahissement de la pelouse par des supporteurs algériens. La Marseillaise fut sifflée. Les autorités craignent des incidents plus graves -si c'est possible- dans les rues, en cas d'un hypothétique France-Algérie en quart de finale de la Coupe du monde le 4 juillet prochain.

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