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dimanche 15 juin 2014

Hollande doit-il démissionner pour éviter une nouvelle révolution ?

Les Français devront-ils prendre le problème Hollande en mains ?
Envol de l'anti-hollandisme,
alors que le président chute 

dans les sondages
Un essai historico-politique compare la situation actuelle à des épisodes de crise graves du passé de la France et explique pourquoi les Français, à la différence de nombreux autres peuples, ne parviennent pas à résoudre dans le calme les problèmes du pays. Faudra-t-il encore passer par une révolution pour sortir le pays de la crise ?

Nous présentons les bonnes feuilles de "Français, prêts pour votre prochaine révolution ?", de Serge Federbusch, publié chez Ixelles. Il est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10e  arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d'informations en ligne sur l'actualité politique parisienne.

Hollande fédère les ressentiments: se coaliseront-ils ?

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"Une véritable dynamique insurrectionnelle ne pourrait toutefois apparaître que dans la fédération ou au moins l’action concomitante des différentes oppositions au gouvernement. Pour l’heure, le seul dénominateur commun de cette contestation est la demande de démission de François Hollande. C’est le socle minimum à partir duquel Mélenchoniens, Printemps français, Manif pour tous, cégétistes, Bonnets rouges, petits patrons ulcérés, chauffeurs de taxi, travailleurs licenciés, lycéens en prurit adolescents, etc. pourraient s’unir.

Telle est la dynamique des révolutions : la coalition de groupes hétérogènes soudés par leur seule envie d’abattre le pouvoir en place ne permet pas, quand ils y parviennent, au système de se stabiliser puisque, précisément, ces factions n’étaient d’accord sur rien d’autre que le renvoi des anciens chefs.
On a vu récemment, au moment des "printemps arabes", comment un slogan ultra-rudimentaire comme "Dégage !" est à même de rassembler des opposants.
[Trois semaines après le séisme des élections européennes, qui a vu arriver le Front national en tête et le Parti socialiste en troisième position seulement, les différentes organisations de gauche (PS, EE-LV, Parti de Gauche, Parti communiste) ont réuni leurs instances ce week-end. Dans le même temps, le mouvement social se durcit contre la réforme ferroviaire du gouvernement.]

François Hollande, qui a de l’intuition et de la ruse à défaut d’avoir du courage, le sent bien puisque la police réserve depuis plus d’un an un traitement tout à fait particulier à un agitateur encore assez isolé, David Van Hemelryck [polytechnicien de 34 ans], dont le projet politique tient justement en ces seuls deux mots : " Hollande démission !" [Il est l'un des porte-paroles les plus médiatiques du mouvement d’opposition au chef de l’Etat.]

Arrêté sans motif réel des dizaines de fois [une vingtaine d'arrestations et quatre gardes à vue, jusqu'à janvier], il persiste néanmoins à promener ses ballons dirigeables, banderoles et tee-shirts dans toute la France et jusqu’aux États-Unis lors d’une visite présidentielle officielle. Pour l’heure, son action est marginale mais le ferment est présent.

Car, en empêchant le retour à la stabilité politique, même si l’opinion prend peur face à une contestation qui dégénérerait, la crise financière sera le facteur principal d’entretien du désordre. En retour, l’effet "boule de neige" de la crise politique créerait une incertitude qui aurait forcément des conséquences sur les taux d’intérêt, la confiance des agents économiques, la demande des consommateurs et l’épargne des ménages, etc.

Le doute commence d’ailleurs à étreindre de plus en plus clairement François Hollande 
puisque, dans une déclaration étrange du 18 avril 2014, il est allé jusqu’à avouer qu’il ne se représentera pas si le chômage ne baisse pas avant 2017, formule maladroite qui pourrait presque inciter les chefs d’entreprise qui lui sont hostiles, c’est-à-dire la quasi totalité d’entre eux, à limiter les embauches.

L’exemple de la révolution de 1789 est là pour montrer comment et à quelle surprenante vitesse les dérapages vers l’autoritarisme, l’arbitraire et le chaos se produisent. La valse-hésitation de Louis XVI sur la conduite à tenir : collaboration avec les députés, conflit par le veto ou fuite hors de France, lui a coûté son trône et sa tête. Peu après, les rivalités d’intérêt et d’ambition entre révolutionnaires ont vite cédé la place à la peur panique. C’est pour prendre les devants sur leurs ex-amis devenus adversaires, puis ennemis, que les Robespierristes firent périr les Dantoniens. C’est pour les mêmes motifs que, quelques mois plus tard, les Thermidoriens envoyèrent vers l’échafaud les partisans de Robespierre et Saint-Just.

Il n’y a plus ni rime ni raison quand la terreur gouverne les esprits. Ces luttes intestines perduraient car la question de la crise financière et les menaces aux frontières entretenaient en permanence les rivalités au sujet de la conduite à tenir. Nous n’en sommes heureusement pas là mais, dans la France de 2014, les éléments d’une crise de régime se mettent peu à peu en place.

Déjà en janvier 2014
Tous convergent vers l’efficacité ou l’inefficacité de la politique menée à Francfort et Bruxelles. Or, on l’a vu, le vice de construction de l’Euroland rend peu probable le retour de la croissance dans les pays d’Europe qui ont accumulé un handicap de compétitivité trop important ces dix dernières années.

Il suffirait que l’activité internationale replonge pour une raison quelconque : crise entre la Chine et Taïwan, guerre en Ukraine, lassitude des milieux financiers devant l’incontrôlable déficit budgétaire américain, troubles liés au ralentissement économique en Chine, résurgence du conflit entre l’Inde et le Pakistan, expansionnisme russe en Asie centrale, etc. et la stagnation dans laquelle se débat l’Europe redeviendrait récession.

Pourtant, le pire n’est jamais sûr

'J'savois ben que
j'aurions not tour !
'
À ceux qui voudraient éviter une révolution et ses conséquences imprévisibles, la voie de la réforme profonde, que nous nommerons l’ " Antichose ", est étroite mais elle n’est pas encore fermée. Les deux mâchoires qui se referment sur la France pourraient être écartées en même temps à l’occasion par exemple d’élections présidentielle et législative anticipées. Il faudrait desserrer l’étau européen en même temps que réduire puis éliminer la " Chose " et ses excroissances et démembrements.

Personne n’imagine que ce sera aisé. Puisque le mal est lové au coeur de la République et du système politique, l’entreprise peut même sembler impossible : comment demander aux politiciens professionnels, par exemple, de se faire hara-kiri en diminuant drastiquement leur nombre et leurs privilèges ? Cette réforme radicale de la France est de celles qu’une société n’accomplit qu’une ou deux fois par siècle. Elle impliquerait de donner à la France un élan et d’assumer une prise de risque au moins analogues à ceux de 1958. Elle passerait par le rétablissement du lien direct entre le pouvoir central et le peuple, seul antidote au mal qui ronge la France depuis deux siècles, isolant les dirigeants du reste de la population et les circonscrivant à une relation stérile avec des corporations réactionnaires."
[Valls vient de donner tout son poids à cet essai en mettant en garde la gauche qui se laisse mourir, tandis que le Front national se développe. Lien PaSiDupes]


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