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LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

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dimanche 5 octobre 2008

Marianne vole au secours de Christophe Hondelatte
Marianne (le magazine) fustige ses confrères totalitaires

Depuis l’origine, Marianne a eu à souffrir du mépris de ses confrères.
Ses journalistes sont donc volontiers solidaires des victimes, comme eux, du totalitarisme du syndicat dominant et cultive sa liberté de pensée, s’en prenant régulièrement à la pensée unique.
L’occasion était venue de régler des comptes avec eux tout en faisant œuvre de justiciers.
Voici donc ce qu’écrit Perrine Cherchève dans son numéro de la semaine du 27 septembre :
Hondelatte, victime du sévice public

France 2, ton univers impitoyable... La preuve par Christophe Hondelatte.
Avec seulement 300 000 téléspectateurs le 19 septembre, son émission culturelle et populaire, «Vendredi, si ça me dît ! », ne parvient pas à décoller. Elle n'est pas la seule à ramer. Presque tous les nouveaux programmes de la chaîne se cassent la figure : l’émission de Julien Courbet est un fiasco ; quant à l'émission littéraire du bien-aîmé Daniel Picouly, elle réunit moitié moins de spectateurs que celle que présentait Guillaume Durand.

Or, seul Hondelatte fait l'objet d'un lynchage.
Non pas dans les médias, mais de la part de ses confrères animateurs, qui n'hésitent pas à le flinguer en public avec une rare violence. Invité par Paris Match à juger les nouvelles émissions littéraires, Frédéric Beigbeder a ouvert le feu en allumant Hondelatte au chalumeau : un show "atrocement ringard " ; un " naufrage " qui, "diffusé à 5 heures dît matin, pourrait nous faire rire au huitième degré sous Stilnox ". Vu les résultats d'audience de Beigbeder sur Canal +, c'est l'hôpital qui se moque de la charité. Ce qui ne l'empêche pas de conclure, ironique : "Il paraît qu'il ne faut pas être trop dur avec Hondelatte dans la presse, sinon il disparaît. " [ Purulent ! ] Une allusion appuyée au départ brutal de « l'ex-présentateur du journal de 13 heures de France 2 après la publication, en janvier 2005, d'un portrait au silex dans Libération. Ambiance.
Le lendemain, Laurent Ruquier embraye. L'animateur d' « On n'est pas couché », qui occupait jusqu'en juin dernier la tranche horaire d'Hondelatte, exécute son successeur dans les colonnes de Télé 2 semaines. « Son émission, c'est une catastrophe, lance-t-il. Avant la première, il était trop prétentieux en disant que j'avais laissé la case dans un mauvais état alors qu'il aurait dû faire profil bas. »
Reste le coup de grâce : Julien Courbet, transfuge de TFI et animateur de " Service maximum " - pour le moment audience minimale ! - ne fait pas mystère de ses ambitions. Quand l'émission « + Clair » (Canal +, déjà...) lui demande s'il est prêt à remplacer Hondelatte au pied levé, il répond: "Bien sûr ! De toute façon, si ce n'est pas moi, ce sera quelqu'un d'autre, donc autant prendre sa place."
A France 2, l'audience du journal de 20 heures remonte, mais les animateurs, eux, se comportent toujours avec autant d'élégance...
Et quiconque lirait Marianne saurait que le magazine est aussi bon juge en matière d'élégance et de bon goût que la chanteuse...

Rassemblement de la fraternité sur Canal+ : Taddéi agresse Hondelatte

Haro du SNJ sur Christophe Hondelatte
Christophe Hondelatte était l’invité de Charlotte Le Grix de la Salle dans « + clair » ce samedi sur Canal+, qui a fait sa réputation sur le respect de ses invités, et l’animateur est apparu bien en colère.
Hondelatte (ci-contre) y défend ses relatifs 'mauvais' scores, 'mauvais' comme la plupart des nouveaux programmes de la chaîne. "On n'a pas eu le temps de faire un essai. On nous a dit top départ le 5 septembre, le décor sera monté dans la nuit du 4", plaide-t-il, et en dit un peu trop sur les conditions artisanales de travail sur France 2. Il refuse la polémique en ne revenant pas sur le problème du numéro zéro, l'émission pilote qui n'a jamais été tournée, expliquant : "Faites entrer l'accusé, il y a neuf ans, il n'y a pas eu de pilote." Mais il précise toutefois qu'il n'a pas de contrat au delà du 31 décembre et regrette le petit nombre de bandes annonces pour sa nouvelle émission.
C’est alors qu’à défaut de courtoisie, Canal+ se livre à son impertinence coutumière: l’hôte respectueux fait de la provocation aux dépens de son invité et en faveur de l’audimat. Canal+ montre alors à Hondelatte, une très courte interview de Frédéric Taddéi à propos des émissions culturelles. Par une attaque sournoise, Taddéi répond à une question sur l'absence de chroniqueurs dans son émission culturelle quotidienne, en soirée, sur France 3 : "Pas de chroniqueurs parce que c'est devenu la plaie des émissions culturelles." Si Freddy ne partage pas la vedette, c’est peut-être qu’il ne sait pas travailler en équipe, mais c’est surtout qu’il a un ego surdimensionné.


Hondelatte est stupéfait par ce guet-apens confraternel en direct et manifeste son irritation. Les insinuations de son confrère Freddy Taddéi l’ont en effet inévitablement outré .
Mais le présentateur, tout fraîchement promu à « Ce soir ou jamais » sur France 3, ne s’en tient pas là et poursuit son attaque en règle. N’ignorant rien des conditions de travail de son collègue, Freddy affirme ensuite que faire de l’audience avec de la culture, c’est possible, mais qu’il « faut le faire bien ». La tête un peu enflée, il ajoute encore que les chroniqueurs sont « la plaie » des émissions culturelles.

Le sang de Christophe Hondelatte ne fait évidemment qu’un tour en entendant cet assaut d’amabilités : « Vous voulez que je me montre solidaire de Taddeï, alors qu'il travaille sur le même groupe que moi et qu'il dit que ce que je fais c'est de la merde ? N'y comptez pas ! (...) Il travaille sur France 3 qui est une chaîne voisine et il vient de dire que la plaie des émissions culturelles ce sont les chroniqueurs. Je ne ferai pas d'autres commentaires sur l'émission de Frédéric Taddéï, pardonnez-moi. "

Charlotte le Grix de la Salle tente alors de calmer l’atmosphère en assurant que Freddy Taddéi parle des émissions culturelles en général. Mais, considérant que la culture ‘en général’ est quelque peu sous-représentée dans les programmes, Christophe Hondelatte peut bien chercher autour de lui dans le paysage télévisuel, il est bien obligé de prendre ces attaques pour lui. Il réagit : « Je trouve ça peu solidaire, je trouve ça peu compatible avec les exigences de la direction de France Télévisions, et je pense qu’il en entendra parler, voilà ! » Ne fallait-il pas qu’il lave son honneur ?
Hondelatte indique enfin quelle est la cause de l’agressivité de Freddy : Taddéi fait une moins bonne audience que les (mauvais) débuts de sa propre émission !
Et termine enfin : "Très clairement, il me met un couteau dans le dos, que je ne lui aurai pas planté, je trouve cela peu confraternel."
Etait-il déplacé de rappeler que la déontologie qu’on applique volontiers aux autres s’adresse aussi et d’abord au groupe France Télévisions, service public qui se pose en référence ?
VOIR et ENTENDRE

Hondelatte - Taddéi "C'est la guerre" FranceTV par net_scoop

Guerre des gangs à France Télévisions
Christophe Hondelatte est présentateur de Vendredi, si ça me dit ! sur France 2 et Frédéric Taddeï de Ce soir ou jamais sur France 3, mais il anime aussi l'émission Regarde les hommes changer sur Europe 1.
D’où vient que LePost, par exemple, prend fait et cause pour Taddéi ?
Derrière cet affrontement se distingue au-delà du problème du traitement de la culture à la télévsion, celui des positionnements politiques et donc du traitement de la culture. La starisation du chroniqueur Hondelatte ne sert que de prétexte au sombre fauteur de troubles, culturels et politiques, qui effacent la cuche ulturelle sous crûte politique
us voulez que je me montre solidaire de Taddeï alors qu'il travaille sur le même groupe que moi et qu'il dit que ce que je fais c'est de la merde ? N'y comptez pas ! (...) Il travaille sur France 3 qui est une chaîne voisine et il vient de dire que la plaie des émissions culturelles ce sont les chroniqueurs. Je ne ferai pas d'autres commentaires sur l'émission de Frédéric Taddéï, pardonnez-moi. Je trouve ça peu solidaire, peu compatible avec les exigences de la direction de France Télévisions et je pense qu'il en entendra parler"
"Je pense qu'il en entendra parler"... Est-ce une menace ?", interroge LePost [Une déclaration de guerre que le SNJ a déjà engagée !] Attiré par l'odeur du sang, LePost ajoute, narquois: "Dans les eaux douces de la culture telévisuelle s'agitent aussi les requins..."
Les requins attaquent-ils s'ils ne sont agressés?

Christophe Hondelatte
(1962) est diplômé de l'Institut d'études politiques de Bordeaux quand il intègre France Inter en 1990. Grand reporter en 1994, il présente le journal de 19 heures, entre 1996 et 1999 puis le journal de 13 heures.
En 2000, Christophe Hondelatte quitte le service public pour RTL et présenter le journal de 13 heures suivi de Les auditeurs ont la parole. Parallèlement, il rejoint France 2 pour présenter Les documents du dimanche puis Faites entrer l'accusé.
En septembre 2003, il crée sur RTL On refait le monde, un débat quotidien entre chroniqueurs diffusé chaque soir après le journal de 19 heures. Pressenti pour adapter On refait le monde sur Canal+ en septembre 2004, Christophe Hondelatte succède en fait à Daniel Bilalian à la tête du journal de 13 heures sur France 2.
Mais le 28 janvier 2005, à la suite de la publication d'un portrait déjà confraternel dans le quotidien Libération, shériff de la presse, Christophe Hondelatte décide de quitter la rédaction. Dans un entretien pour le journal Le Monde, il déclarera que c'est lui qui a souhaité « quitter cet univers du journalisme ».
Il met en effet sa carrière de journaliste en veilleuse mais continue de présenter l'émission Faites entrer l'accusé. Et en janvier 2006, la direction de France 2 décide de lui confier une nouvelle émission Au-delà du crime, diffusé à partir du 6 février 2006.
Cette décision fait sortir du bois la Société des journalistes (SDJ) qui entend co-gérer France 2. On comprend dès lors que les difficultés de Hondelatte à « supporter depuis des semaines la notoriété que lui offrait la télévision » sont un prétexte et qu’elles sont d’une tout autre nature, car c’est cette fois à découvert que certains journalistes de la rédaction dénoncent le caractère « inadmissible » de ce choix de la direction. Selon ces militants, nommer un ancien journaliste qui a quitté le Journal de 13h, suite aux attaques de Libération, serait une « provocation » !
Ces journalistes syndicalistes avancent qu'ils sont d'ailleurs eux-mêmes « tout à fait capables » de faire une émission judiciaire ! Ce n’est pas encore du Taddeï, mais ça y ressemble étrangement. Les pitbulls n’ont pas lâché leur prise et Freddy est assuré du soutien des extrémistes de gauche. Christophe Hondelatte qualifiera lui-même ce communiqué de « futile » mais « d'une indécence totale » et ces journalistes de « chicailleurs », précisant que « de nombreux journalistes de la rédaction se sont désolidarisés ».

Après la « crise » provoquée par le SNJ de France 2, Christophe Hondelatte retrouve l'antenne de RTL et ses auditeurs puisqu'il reprend en charge l'émission Les auditeurs ont la parole.
En discussion avec i>Télé à l'automne 2005 pour assurer la présentation de la tranche matinale ou un débat quotidien, Christophe Hondelatte décline finalement la proposition à la demande de la direction de RTL mais accepte la présentation du journal de 12 h 30, toujours suivi de l'émission Les auditeurs ont la parole.
En septembre 2006, Christophe Hondelatte prend en charge l'animation du créneau phare en radio, entre 7 h et 9 h 30. RTL est alors redevenu numéro 1 (devant NRJ) en septembre-octobre 2006 et Christophe Hondelatte cumule 3.828.000 auditeurs, son programme se classant n°1, toutes radios confondues. Ca fait des envieux ?
Le 5 mai 2008, Christophe Hondelatte annonce qu'il arrêtera la présentation de la matinale de RTL à la fin de la saison, pour se consacrer à ses activités télévisuelles. Taddéi n’a pas tardé à lui souhaiter la bienvenue, au nom du SNJ.
À partir de septembre 2008, Hondelatte anime Le journal inattendu chaque samedi sur RTL, à la suite de Laurence Ferrari. En complément de Faites entrer l'accusé, il présente aussi Vendredi, si ça me dit ! chaque vendredi sur France 2. Et, visiblement, çà ne leur dit pas !


Frédéric Taddéi, né en 1961 à Paris d'un père banquier italien, il est le compagnon de l'actrice Claire Nebout, dont il a un fils de huit ans.
Il s'est formé sur le tas.



Repéré par Jean-François Bizot ( neveu de l’un des fondateurs de Témoignage Chrétien), ce produit de la grande bourgeoisie lyonnaise le recrute pour collaborer au magazine Actuel.
Actuel est le premier organe de « Free Press » et il milita pour la reconnaissance des homosexuels, l’anti-racisme, la libération de la femme, le droit à l'avortement, la libération sexuelle, la pornographie.
Freddy fait la présentation de « Aujourd'hui, j'ai lu pour vous » en parallèle sur Radio Nova (ex-Radio Verte) estampillée underground, avec NTM, entre autres, où s’épanouissent Édouard Baer et Ariel Wizman dans (« la Grosse Boule »), Philippe Vandel, Jamel Debbouze (« Le K-X », « Le Cinéma de Jamel ») ou Tariq Krim (fondateur du site Netvibes), au même titre que des artistes comme Omar et Fred, Jean-Yves Lafesse. On ne s’étonnera donc pas qu’ils soutiennent leur semblable.
Freddy fait ses débuts à la télévision comme chroniqueur à Nulle part ailleurs sur …Canal+ de 1994 à 1998, puis il remplace Thierry Ardisson en 1998 dans l'émission Paris Dernière sur la chaîne de télévision Paris Première. Le lancement de l'émission D'art d'art, en septembre 2002 sur le service public (France 2), le sort de la pénombre et le fait connaître du grand public. Ce mini-magazine de 1 minute 30, programmé après le journal télévisé du dimanche soir, raconte les dessous et les à-côtés d'une œuvre d'art et le fait bénéficier de l’effet de proximité.
D’Art d’Art sur France 2 est remplacé par …Vendredi, si ça me dit ! animé par Christophe Hondelatte: il y aurait coup de sabot de l'âne Freddy?


Lire l'article suivant de PaSiDuPES qui donne connaissance d'un article de Marianne sur le sujet.


Exemple d’œuvre présentée par l’ami Taddeï
L'auteur de ce robot formé par douze postes de télévision n'est autre que le Sud-Coréen Nam-June Paik (1932), père de l'art vidéo, avec l’ambition, au début des années soixante, de réconcilier l'art avec la vie.
Lorsque la ville de Paris, vingt ans plus tard, lui commanda une œuvre-spectacle commémorant le bicentenaire de la révolution française, il s'en donna à cœur joie ! Pour faire face à « La Fée électricité » de Raoul Dufy, au Musée d'art moderne, il intitula la sienne « La Fée électronique ».
L’œuvre montre les différentes parties du corps constitué d’un empilement d’anciens postes de télévisions et moniteurs qui présentent différents programmes vidéo.
Deux cents téléviseurs en tout, en référence au nombre d’années séparant 1789 de 1989, qu'il répartit entre le monument principal et les cinq robots représentant des figures de la révolution, comme « Olympe de Gouges », la pasionaria du féminisme révolutionnaire !


Ca ne vous rappelle pas un peu le lycée de Juju Dray à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), et la découverte que fit d’Olympe de Gouges (ci-contre et à l'état de robot ci-dessus) Sa Cynique Majesté Royal, qui, en matière de culture, faisait ainsi ses preuves, sans aller chercher trop loin !…

Bizarrement, la presse engagée passe rapidement sur le tacle de Freddy Taddéï, mais condamne la réaction de la victime de l’agression !

L'objectivité des journalistes est aussi bien partagée à l'antenne qu'en dehors.
Ne se croirait-on pas en milieu judiciaire ?…

samedi 4 octobre 2008

« Entre les Murs » : Philippe Meirieu ne reconnaît pas son enfant !

Nouvelle Palme d’Or à Cannes flétrie et conspuée
Meirieu a produit des animateurs socio-culturels,
et non des enseignants,
pas même des éducateurs

Bien que PaSiDupes ait dit précédemment ce qu’il fallait penser de ses financements, il reste que le microcosme de la bien-pensance agissante et servile a primé le film -à l'unanimité- du jury lors du dernier Festival de Cannes. Il est convenu d’affirmer que l'ensemble de la presse aurait salué ce film, qui suit une classe de 4e du ‘paisible’ XIXe arrondissement de Paris du maire socialiste aux bras ballants, Roger Madec. Or, Entre les murs provoque -à dire vrai - de vives réactions parmi les enseignants et le public libres de toute influence médiatique ou syndicale totalitaire.

L’attribution des récompenses littéraires et cinématographiques répond à de douteux critères.
Ainsi, « Entre les murs », ce faux film, qui sonne comme un vrai documentaire, lève-t-il en fait le voile idéologique d’une réalité atterrante. Laurent Cantet (né à …Melle et militant extrémiste du vol de Bamako en sympathie avec le Réseau ESF, à retrouver sur PaSiDupes) révèle au grand jour les méfaits d’une pédagogie supposée secourir les plus défavorisés, mais qui, au prétexte d’égalitarisme, a produit des monstres, distrayants à l’écran, mais des monstres que la pensée unique à Cannes a sacrés stars.

Accuser le système pour ne pas se remettre en cause
Un journaliste dépaysé de Marianne aurait pu faire du politiquement correct et raconté à la façon qui convient aux investisseurs, à peu près en ces mots :
Une jeune fille s'approche en tremblant du professeur. Il vient de demander à ses élèves ce qu'ils ont retenu de leur année scolaire. Elle a attendu la fin du cours, d'une voix défaite, elle lui murmure une accusation à peine voilée, vu la nature de ce qu’il est difficile d’appeler un cours : « Moi, Je n'ai rien appris, monsieur, je ne comprends pas ce que nous faisons, mais je ne veux pas aller en professionnel. » Le professeur, décontenancé, bafouille : « Mais tu as encore la troisième. «Telle est la dernière scène, avant la sonnerie de fin d’Entre les murs, le film encensé par les presse, radios et télévisions noyautées par la gauche et qui a laissé la droite et les professionnels incertains.
Elsa Bourot, professeur en ZEP qui a vu le film, ne décolère pas: « Une fois de plus, on laisse entendre que la filière professionnelle, c'est une punition, et qu'il faut entasser tout le monde en filière générale quitte à fabriquer des chômeurs ! » Ce qui confirmerait d’ailleurs que cette filière en fabriquerait…
Ce film, malgré un effet trompe-l’œil de réel, habilement répété pendant plusieurs mois en ateliers d’improvisation, n'est pas un documentaire. C'est en tout cas l'argument derrière lequel se retranchent maintenant les auteurs pour dénier toute responsabilité dans les débats que cette palme d'or politique fait naître, dès lors que, le matraquage médiatique passé, le spectateur peut enfin se faire une idée personnelle avec la sortie en salles, le 24 septembre dernier.
Car des voix peuvent maintenant s'élever contre l'image terrifiante que le film donne des cours, car parler d'acte d'enseignement serait présomptueux, non seulement au vu du film, mais aussi de ce que les cellulaires révèlent sur l’Internet de la réalité prise sur le vif dans les classes. Les idéologues des médias peuvent bien y voir au contraire un modèle pour l'intégration, le dialogue, la démocratie… et laisser de côté cette épineuse question de la reconstruction dramatique de scènes improbables pour quiconque ne connaît pas le quotidien d'une école. L'Humanité, La Croix, Le Monde, France Inter, Libération, Le Parisien et toutes les télévisions du service public, ou marquées à gauche, jouent les candides... Tant d'unanimité militante cloue le bec à la minorité. Surtout aux enseignants syndiqués. Mais ils ne sont pas tous alignés : la FSU forme de jeunes rebelles, mais n’en supporte pas dans les salles des profs…

Fanny Capel, professeur de lettres en Seine-et-Marne, se dit dérangée par ce qu’elle perçoit comme une récupération. Allons donc ! « En tant que spectateur, je pense que c’est un bon film, plus nuancé que le livre, analyse-t-elle, mais en tant que professeur, je le trouve gênant. On ne peut faire abstraction du discours de François Bigaudeau, qui s'est toujours affirmé comme un "prof qui n'enseigne jamais". D'ailleurs, c'est vrai, dans le film, il n'enseigne rien à ses élèves, d’où les craintes de ré-orientation injuste. "En fait, le plus mauvais prof de France est devenu une star." Comme la starisation des cancres.

Cette palme si politique (Sean Penn revendiquant en coulisses d’être venu la décerner pour critiquer la politique américaine de désengagement de l'Etat) réveillerait donc l'interminable guerre entre anciens et modernes ? Justement non, et voilà qui devrait mettre la puce à l'oreille des innombrables louangeurs béats. Sans aucun a priori, LePost titre « La Palme d'or pour Entre les murs: une incursion dans le vrai », car ce sont probablement des enseignants qui ont préféré se reconvertir (et ne le regrettent pas) ou des parents investis, comme on n’en rencontre pas beaucoup. Mais le site n’a même pas honte de l’admettre dès le 26/05/2008: « Cette Palme d'or pour ‘Entre les murs' m'a fait bien plaisir. Je n'ai pas vu le film ni lu le bouquin qui l'a inspiré, mais je peux dire que dès le visionnage de la bande-annonce, il y a un parler vrai qui se dégage. Le 15 octobre, j'irai voir le film. » C’est ça le sérieux de ce site proche de Le Monde et le déplacement en salle n’est donc pas utile.
VOIR et ENTENDRE la bande annonce, et çà suffira donc amplement!

Entre les murs - Bande Annonce envoyé par leblogcine

« C'est tragiquement drôle, commente Jean-Pierre Morand, professeur de philosophie, de voir les pédagos l'aimer pour l 'apparence d'égalité, la "mise en danger du professeur", et de savoir que ce film ne va faire que renforcer ceux qui prétendent qu 'en ZEP on n'apprend rien et qu'on ne peut rien apprendre. »

Signe de cette ambiguïté, l’inspirateur des pédagogues de l'école moderne et de cet égalitarisme qui anime François Bégaudeau, Philippe Meirieu, (instituteur né en 1949 et promu en IUFM est aujourd'hui professeur des universités en sciences de l'éducation) a cru nécessaire de réagir rapidement pour dire combien il jugeait le film " dangereux ».
« Je serais même prêt à cosigner un texte avec Alain Finkielkraut », va-t-il jusqu'à concéder. A ceux qui citent la phrase de François Bégaudeau, l'une des branches mortes du système, apprenant cette « trahison » d'un « père spirituel » : « Je représente pour lui un bras mort dont il veut se défaire », Philippe Meirieu répond que l'on n'est pas responsable de ses épigones. » Il était temps de le faire savoir, et de juger le résultat: Meirieu n’est ni coupable, ni responsable ! Du déjà entendu au PS ! Meirieu pose du même coup le problème de savoir si les géniteurs de ces élèves grossiers, vulgaires et prétentieux sont responsables de leurs épigones, mais répond à l’interrogation de ceux qui se demandent encore si la gauche coupable va un jour devenir responsable de ses actes.

Car il se défend, Meirieu, et renie son enfant.

« Mon discours n'a rien à voir avec ce qui n’est que de l’animation socio-culturelle ou l'affect domine, précise habilement le gourou de la pédagogie mitterrandienne et Cie. Se mettre à la portée de l'enfant, ce n'est pas se mettre à son niveau. Mais le pire est l'élitisme qui en résulte : dans le fîlm, on ne donne la parole qu'aux élèves qui la prennent,[sans autorisation, tombé du camion], et qui sont toujours des personnages "exotiques", ethniquement ou culturellement. »
Un élitisme qui a visiblement échappé à la gauche française

La Mairie de Paris, qui ne souffre pas de la décentralisation, a décidé d'offrir 10000 places de cinéma aux collégiens parisiens, et Désirdavenir Royal diffuse le film en ouverture de son meeting. Pour envoyer quel message ? Pour dire quoi de l'école et des établissements difficiles?Une des scènes clés du film est celle où le personnage joué par François Bégaudeau répond à son collègue professeur d'histoire qui lui propose une synergie sur l'étude des Lumières que « Voltaire, c'est trop compliqué pour eux ». Voltaire n’est pas au programme de quatrième de collège 'normal', mais il est vrai qu’en ZEP toutes les ‘synergies’ sont encouragées et les initiatives transversales et pluridisciplinaires les plus stupides sont donc possibles, dès l’instant que ce sont des ‘synergies’ ! Les professeurs qui, tous les ans, enseignent Voltaire dans les lycées de banlieue et ailleurs, où il est au programme, apprécieront...

D’ailleurs, l’exemple de Voltaire n’est-il pas significatif ? En collège, Daudet n’est pas politiquement correct et le moraliste La Fontaine est trop moralisateur ! Au lycée, le professeur qui proposerait Montherlant verrait se dresser la FSU sur son passage. La vie Entre les murs de classes ne se réduit donc pas à la vision sociétale de la paire Bégaudeau -Cantet.

Et Bayrou, l’ex-ministre de l’Education dominé par Maîtresse Vualliat, n’a-t-il donc rien à déclarer ?

La critique que la gauche voudrait faire taire

  • Le Figaro
    « Ni vraiment documentaire, ni vraiment fiction, un film inclassable qui nous plonge dans l'univers clos d'un collège où l'on voit un prof se battre avec toute son énergie pour donner un sens à son cours. Pas de parti pris ici mais un constat que l'on peut interpréter de façon contradictoire sur l'échec de l'intégration, les méfaits du collège unique ou, au contraire, sur les chemins chaotiques de l'enseignement. » LIEN
  • Le Point : Le maître et le néant
    « On se demande si on a vraiment compris le film. Qui prend aux tripes, certes, mais qui risque de désespérer les profs, de déprimer les parents, et qu’on aurait bien vu porter la mention « interdit aux élèves d’IUFM ». Ne pas manquer l’article : c’est du condensé de langue française comme il faudrait désormais l’enseigner. Mais à ceux qui sont allé à l'école pour apprendre... Le processus est engagé !… LIEN
  • Véronique Bouzou, professeur de français qui a exercé plusieurs années dans des collèges en ZEP, est l'auteur du livre "L'école dans les griffes du septième art".
    Cette professionnelle observe que l'école sert de décor à de nombreux films de cinéma et de télévision.Le jury du 61e festival de Cannes a même décerné la Palme d'or à Entre les murs ... Ni fiction, ni documentaire, ce long métrage ressemble, selon elle, à une téléréalité, avec tous les travers du genre. Élèves, professeurs et familles en sont généralement les dindons de la farce ; quant au spectateur, il sombre, bien malgré lui, dans un voyeurisme exacerbé. Véronique Bouzou reprend ceux qui confondent classe d'école et plateau de cinéma. Elle dénonce la récupération politique, médiatique et financière de ce genre de spectacle. Et encore était-ce avant le Rassemblement de la Fraternité où Sa Cynique Majesté Royal a déconsidéré la politique aussi.

  • Du même auteur, lire aussi Confession d’une jeune prof

  • Elle y raconte son expérience, son apprentissage sur le terrain, confrontée aux plus rudes difficultés d'une jeunesse en quête d'idéal, mais souvent en rupture. Elle décrit les similitudes de plus en plus évidentes entre les collèges " difficiles " et ceux réputés calmes. Véronique Bouzou rend sa profession attachante, humaine. Elle offre son regard plein de compréhension et d'impertinence sur la jeunesse actuelle avec ses codes et son langage.Sans laxisme, ni idéologie: un bol d'air frais entre ses mains.

    « Entre les Murs », un produit du marketing de la gauche anti-libérale

    Entre les murs, entre idéologie gauchiste et déontologie professionnelle, sans honte

    Avec les jets d’encre et les crachats ?

    Le financement de ce film éclaire d’une lueur glauque l’engouement de la gauche dont la liberté d’expression s’arrête où commencent marketing et idéologie.

    D’abord, le Prix France Culture/Télérama, un prix littéraire de France Culture et Télérama.
    Il a été créé en 2006 comme pour aussitôt récompenser dès 2006 le livre écrit par le scénariste et interprète principal, François, le professeur du film. Et sans vergogne, Télérama, qui semble n’avoir rien à vendre, écrit à propos du film que co-produit pourtant son groupe : « François n'est pas un prof exemplaire - il lui arrive de tâtonner, de se tromper -, mais il possède une qualité indéniable : il incite à parler, il la joue collectif, pour filer la métaphore footballistique. Peut-être n'a-t-il pas le choix - faire jouer l'autre pour ne pas être débordé, c'est aussi une stratégie. D'où, en tout cas, un feu d'arti­fice de la langue, tour à tour soutenue, familière, voire vulgaire selon le locuteur. » (
    LIEN )
    Qu’ont-ils fait de la ‘langue’ de Molière? Revisitée, dépoussiérée, liftée, défigurée !

    Télérama pourrait donc se permettre tous les ‘feux d’artifice’ et les manipulations médiatico-financières, puisqu’il n’appartient pas à Bouygues ou Bolloré, mais au groupe La Vie-Le Monde,
    produit de la prise de contrôle des Publications de la Vie Catholique par le groupe Le Monde en 2003 : Le Monde n’est donc pas en effet un groupe capitaliste glouton.
    Et si on tient pourtant à lire son analyse indépendante et objective du film, mais un brin racoleur («Les salles de classe sont des pièces aussi mystérieuses que les chambres conjugales. Entre les murs éclaire ce mystère en mettant les outils de l'expérience directe au service de la fiction. »), on peut toujours perdre son temps et aller à ce
    LIEN…
    Attention, ce film est interdit aux plus de quinze ans, car «Entre les murs, […] plutôt qu'un plaidoyer, offre un constat lucide sur une école menacée. » Les parents sont prévenus et vont se pencher sérieusement la dérégulation de la carte scolaire : bonjour les délocalisations d’élèves et les ghettos entretenus par cette gauche militante que prétend combattre Réseau Education sans frontières qu’affectionne Cantet de Paris à Bamako, en participant à leur ‘pérennisation’ (LIRE PaSiDupes à 'Cantet') …
    Ce groupe La Vie-Le Monde a également pris le contrôle du Midi Libre et nous nous dispenserons donc d’aller lire la critique du film dans ce quotidien.

    Ensuite, le marketing de la presse co-productrice
    TV5Monde : Concours !

    Gagnez le livre
    de François Bégaudeau
    qui a inspiré le film
    "Entre les murs" !

    Il faut savoir que le matraquage publicitaire est moins justifié par les qualités artistiques intrinsèques du produit que par l’appât de l’argent, aux relents fussent-ils capitalistiques du retour sur investissement, pendant que les Français au pouvoir d’achat pourtant en berne crache au bassinet leur redevance audiovisuelle, puisque le service public manque si cruellement de ressources …

    Ce film, produit et distribué par Haut et Court, passe à la catégorie ‘chef d’œuvre’ sous l’impulsion de
    ses sociétés co-productrices
    : France 2 Cinéma, Canal + (France) et Ciné Cinéma
    (une société de production qui rassemble sept chaînes cinéma... .
    Pour la partie immergée, c’est aussi France 2 (FR 2 en participation) - Centre National de la Cinématographie (CNC, en participation, établissement public du ministère de la Culture, qui a lui-même indiqué l’avoir choisi pour concourir dans la catégorie du meilleur film étranger…- Soficinéma 3 (la banque BNP, en association) - Cofinova 4 (Capital social :800.000,00 euros, c’est ARTE, donc France Télévisions, en association). Et quoi encore ?
    France Télévisions a mis le paquet : si ce n’est pas du militantisme aveugle…

    France 2 Cinéma serait-elle critique, par le plus étrange des hasards? N’attendons pas de l’ensemble des chroniqueurs de France Télévisions, comme un seul homme, qu’il émette la moindre réserve… «Tout cela est passionnant de bout en bout, filmé avec recul et un style naturaliste conduit de main de maître. Une très belle palme. » (extrait du
    LIEN )

    Alors prenons le groupe Canal +, tout aussi désintéressé?
    « François est un jeune professeur de français d'une classe de 4ème dans un collège difficile [19e de Paris…]. Il n'hésite pas à affronter Esmeralda, [Et nous qui pensions que les profs exerçaient encore leur pouvoir ‘monarchique’ sur de jeunes enfants opprimés sans défense !…]Souleymane, Khoumba et les autres dans de stimulantes joutes verbales [ ‘stimulantes’ interruptions insolentes, grossièretés gratuites mais non moins ‘stimulantes’ et violence physique évidemment ‘stimulantes’ et convaincantes : le ‘débat participatif ! ], comme si la langue [c’est à dire la ‘tchache’] elle-même était un véritable enjeu [ce qu’elle n’est pas, si on a vu le film…]. Mais l'apprentissage de la démocratie peut parfois comporter de vrais risques. » Et, si l’identité des bénéficiaires de cet événement médiatique fabriqué ne fait pas de doute, quel est le bénéfice pour les protagonistes ? Depuis le palce du Carlton, Denizot n’a aucun état d’âme ?

    Cerise sur le gâteau
    Entre les murs a été choisi par les membres de la commission de sélection pour les Oscars 2009, composée de sept membres, parmi lesquels Thierry Frémaux le délégué général du Festival de Cannes, Alain Terzian le président de l'Académie des Césars, l'actrice Jeanne Moreau et les réalisateurs Jean-Jacques Annaud, Costa-Gavras et Régis Wargnier.
    Les amis de leurs amis sont leurs amis...

    VOIR et ENTENDRE - L’ineffable Wolton s’adresse au reste du monde sur
    Ô (France Télévisions ! )

    "entre les murs" Zemmour - Wolton envoyé par o-r-i-o-n

    Deux commentaires sur Dailymotion suscités par "entre les murs" Zemmour - Wolton
    par
    Simric23

    "Merci Orion. Il est con le gars qui nous dit que les élèves ne geulent pas sur les professeurs, il devrait chercher des films tournés avec des cellulaire sur le net, il verrait ce qu'est la réalité."
    et par threepiglets
    " On nous vend l'immigration comme une richesse, et ensuite, voyant que cela ne fonctionne pas, on change la mission de l'école en lui confiant "la paix sociale", le niveau s'écroulant bien entendu. Culé! "

    Wolton devra défendre son point de vue archaïque auprès de Philippe Meirieu, qui ne reconnaît pas son propre enfant, dont Wolton veut rester le parrain … (LIRE PaSiDupes) A-t-il vu le film, qu’il ne persiste à poursuivre de vieilles lunes que le film involontairement détruit.

    LePost (Le Monde) conclut pourtant ainsi son article du 26/05/08 : « En tout cas, une Palme sympathique dans cette ambiance hyper-commerciale et artificielle de Cannes. J'espère juste que le retour à la réalité ne sera pas trop brutal pour ces gosses ! » Comme ce vieux Wolton, ne sont-ils pas trognons sur ce beau site neutre et insolent, mais pourtant fétide ?

    vendredi 3 octobre 2008

    La « république du respect », ce n’est pas pour Moscovici non plus

    Le socialiste abandonné pose un lapin à Zéro

    En attendant Godot...

    Karl Zéro attend toujours Pierre Moscovici sur son plateau nocturne !
    Pierre Moscovici présenterait-il sa motion avec des "amis" au prochain congrès du Parti socialiste à Reims ou rejoindrait-il le ou les leaders d'une autre motion ? Tel était le suspense qu’il devait lever sur BFM TV .

    Mais à 22 heures passées, les auditeurs haletants ne savaient toujours pas. Alors, Karl Zéro envoya son assistante aux nouvelles et au téléphone - que quelqu'un daigna enfin décrocher... - Karl entendit, des hurlements, des vociférations ! Juste une réunion sereine ordinaire entre camarades socialistes qui débattent d'une hypothétique ligne politique commune pour leur congrès... Mais de Mosco, aucun signe de vie : ni de lui, ni de personne.

    Le socialiste strauss-kahnien était donc aux abonnés absents.
    Un de plus, à sa façon, car Sa Cynique Majesté Royal, non sans ingratitude, avait déjà fait une charrette de Martine Aubry, la Ch'tite maire de Lille, et de Jospin: « La motion que je soutiens, c’est la seule qui assume la campagne présidentielle. Les autres sont portées par des personnalités qui ont été aux abonnés absents, comme Martine Aubry, ou qui m’ont critiquée, comme Lionel Jospin, qui a écrit un livre abominable après les élections. Ils pensent que ma campagne a été un mauvais rêve. » Mais ses blessures, à part çà, sont visiblement cicatrisées...

    Pas un ami donc pour appeler BFMTV, pas un camarade pour excuser Mosco. Le candidat putatif n'honora le rendez-vous ni de sa présence ni de sa courtoisie. C’était le mardi 22 septembre, donc avant le dépôt des motions, le lendemain avant 17h00. Mais de motion Moscovici il n’y eut point non plus.

    Quatre textes sont maintenant soumis à la sagacité des militants

    - l’un jospiniste, émanant du maire de Paris, Bertrand Delanoë, soutenu par le premier secrétaire sortant François Hollande,
    - un autre, de l'ex-candidate à la présidentielle Désirdavenir Royal, appuyée notamment par « la Ligne claire » du maire de Lyon, Gérard Collomb ;
    - un troisième, de Martine Aubry avec les fabiusiens et des strauss-kahniens,
    - et enfin, les extrémistes Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, fédérant l'aile gauche du parti ;
    - sans compter les figurants d'Utopia (courant passerelle entre le PS et les Verts, il est formé à 70% des militants au Parti socialiste, à 10% de militants chez les Verts et 20% proviennent du monde associatif (comme ATTAC, la Ligue des droits de l'homme, soit ... 1,2 % des voix au précédent congrès) et du "pôle écologique", né en janvier 2008, où figurent notamment Nicole Bricq, sénatrice de Seine-et-Marne, Christophe Caresche, député de Paris, Geneviève Gaillard, député des Deux-Sèvres, Jean Launay, député du Lot, Claude Saunier, sénateur des Côtes-d'Armor et Philippe Tourtelier, député d'Ile-et-Vilaine ou Michel Moine, maire d’Aubusson (lien Nouvel Obs et lien Le Figaro)

    Mosco rentre dans le rang

    Moins d'une heure avant la réunion du conseil national du Parti socialiste, mardi 23 septembre, Pierre Moscovici a finalement levé le suspense sur sa stratégie pour le congrès de Reims, en novembre. "Mon choix, c'est d'avancer dans ce congrès avec Bertrand Delanoë", a annoncé l'ancien ministre. Et Karl Zéro qui attendait toujours...

    Les réactions au PS
    Son camarade député de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg, a confirmé à son arrivée au conseil national son soutien à la motion conduite par … Martine Aubry, malgré le ralliement de Pierre Moscovici à Bertrand Delanoë.
    Interrogé sur ce ralliement aux jospinistes et sur ce rejet des aubrystes, Laurent Fabius a minimisé, parlant de "décision individuelle".
    Le porte-parole du parti, Julien Dray, avait peu avant annoncé, également à la dernière minute, qu'il abandonnait Hollande, dont il s’était rapproché, et rejoignait la motion de Sa Cynique Majesté Royal qui porte, selon lui, "toutes les idées nécessaires à un rassemblement novateur". Il présentera (donc !) sa propre motion... C'est pour clarifier la situation, aussi clairement que le "Ligne claire"... A ce jeu de morpions, que voulez-vous, ils ont tous des démangeaisons...
    Le plus beau reste à venir... A son arrivée rue de Solférino, François Hollande a osé affirmer que l'existence de "plusieurs motions est un atout pour le Parti socialiste". Chaque militant a pourtant bien compris que six listes rendent la constitution d’une majorité particulièrement aléatoire et dangereuse. Alors, le petit bonhomme en mousse sur le départ détourne l’attention du désastre annoncé de son congrès sur le parti présidentiel et noie le poisson. "Nous ne sommes pas à l'UMP", lanca-t-il, sans doute à regret: tout est dans l'intonation ! Mais le premier secrétaire du PS revint au sujet de ses préoccupations. « Il faut que le débat "se conclue avec une motion largement en tête, majoritaire, autour de laquelle le rassemblement puisse se faire", admit-il.

    Mosco et Zéro sont dans un bateau. Mosco tombe à l’eau. Que reste-t-il ?
    Un fiasco radio.
    Mais si dans ce mercato rigolo, c’est le fiasco de Mosco, c’est aussi un (Karl) zéro pointé pour les zozos socialos.

    Anxiogène à son affaire, pour Hollande, "la récession est là" !

    Flamby 1er, « décalé, inefficace, injuste, amplifie la secousse »
    Cassandre aux bras ballants et la langue bien pendue, François Hollande l’affirme dans le tout-Paris médiatique, "la récession est là" !

    Partisan improbable de l’unité nationale
    , le futur ex-premier secrétaire du PS met aussitôt un point d’honneur à rendre le gouvernement le président de la République responsable. Il met en effet en cause "les choix, notamment fiscaux" de Nicolas Sarkozy qui, selon lui, "ont amplifié la secousse" de la crise financière internationale. Quant aux ‘subprimes’, c’est lui aussi ?


    Heureux comme à l'arrivé du beaujolais nouveau, "Oui la récession est là !", s'écrie, sur toutes les ondes, Flamby 1er, le premier économiste de France ! professeur à Science Po par la grâce de Mitterrand. Ce sera donc une bonne année, en définitive, pour le PS, si toutefois le congrès de Reims du PS organisé par Hollande dans quelques semaines, n' "amplifie pas la secousse" des egos dont les ondes ne cessent de se propager. Il pourrait sans doute produire la date du début de la récession du PS et de ses secousses...


    Car, le premier irresponsable socialiste a même fait très fort, en précisant la date de la récession financière qu'il n'a pas manqué d'observer déjà en France, mais que Christine Lagarde (ministre des Finances) et Jean-Claude Richet (président de la BCE), les responsables aux manettes, voient seulement poindre. Défaitiste impatient et bien intentionné, le petit bonhomme en mousse insiste. " Elle est installée depuis le début de l'année 2008, sans doute depuis mars", affirme-t-il en effet, sans surprise, dans un entretien au quotidien Le Parisien-Aujourd'hui en France. Selon l'irresponsable socialiste, qui ressasse constamment la défaite du PS à la présidentielle, "cela veut dire que les choix, notamment fiscaux, qui ont été faits au lendemain de la présidentielle par Nicolas Sarkozy, se sont révélés décalés, inefficaces, injustes et ont amplifié la secousse venant de l'environnement international", a-t-il martelé, en remerciant le ciel de l'aubaine internationale.

    "C'est pourquoi le président ne peut pas se défausser. C'est sa politique qui est en échec", ajoute le numéro un en sursis du PS, orfèvre en matière d’échecs... Après coup et à l'usage, on peut toujours juger plus sévèrement et condamner plus facilement. C'est à cette faiblesse que s'abandonne en effet l'ex-concubin de l'ex-candidate socialiste à la présidentielle, et sans retenue. Mais c'est une bassesse, dès lors que l'on n'a jamais soi-même exercé aucune responsabilité gouvernementale.

    Si son vainqueur se heurte à la conjoncture internationale,
    peu importent pour l’opposition
    les soucis qui s’abattent sur les Français.

    L’Europe n’est pas entrée en "récession", selon Trichet

    Le président de la BCE refuse actuellement le terme
    Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne s'est refusé ce vendredi à prononcer le mot de "récession" au sujet de la France ou de la zone euro qui connaît, selon lui, "une croissance ralentie".
    Interrogé sur Europe 1 sur les dernières prévisions de l'Insee, qui prévoit une récession en France pendant les deux trimestres à venir (ce qui constituerait ce qu'on appelle une 'récession'), Jean-Claude Trichet a précisé que la BCE ne fait pas de prévisions par pays mais ne "publie des fourchettes" que sur l'ensemble de la zone euro. "Les experts de la BCE nous disent que nous avons une croissance ralentie, je ne prononcerai pas d'autre mot que cela; une croissance ralentie avec des risques importants que la croissance soit encore plus faible", a-t-il admis.
    Avant l'heure, ce n'est pas l'heure...

    jeudi 2 octobre 2008

    Crise mondiale : la droite au pouvoir, la chance des Français

    Chance ou pressentiment ?

    Les électeurs sont-ils pour la France les oies du Capitole ?

    Les électeurs Français voient-ils venir les crises, qu’à son approche, ils se choisissent la droite : savent-ils en effet amener la gauche en période d’abondance et de détente, mais appeler à temps la droite, lorsque le ciel se couvre, pour faire face, réformer et s’adapter aux turbulences venues d’ailleurs ?
    PaSiDupes propose à ceux qui l’auraient manqué cet article du Figaro Magazine du 27 septembre. C’est la chronique d’Alexis Brézet (26/09/2008) :
    La réforme ou la fatalité

    C'était le 7 février 2007, quelques semaines avant l'élection présidentielle. A Toulon déjà , le candidat Sarkozy s'était emporté contre les « patrons voyous qui restent impunis ». Il avait fustigé les « parachutes en or pour celui qui échoue », dénoncé « les stock-options réservées à quelques-uns ». Et il avait martelé : « Ça ne peut plus durer ! »
    Diversement appréciée du côté de ses soutiens traditionnels, la sortie, il faut bien le dire, n'avait guère été prise au sérieux. Dans cette tirade « anticapitaliste », les observateurs avaient surtout voulu voir une habileté rhétorique, le moyen (efficace) de raccrocher des classes populaires peu réceptives au libéralisme présumé du candidat de l'UMP. Nul, à l'époque, n'imaginait que, vingt mois plus tard, le discours de Toulon prendrait une portée prémonitoire, ni que Nicolas Sarkozy retrouverait le même lieu et presque les mêmes mots pour tenter d'apporter une réponse à la « plus grave » crise financière que le monde et la France ? aient connue depuis les années 30.
    Il faut avouer que, chez nous, la droite a bien du mérite de chanter comme elle le fait les louanges de l'économie de marché. Sous l'effet d'un étrange sortilège, il semblerait qu'elle ne puisse accéder au pouvoir sans être aussitôt heurtée de plein fouet par la crise économique ! Jacques Chirac, Premier ministre de cohabitation en 1986, est rattrapé par le krach boursier de 1987. Edouard Balladur, qui reprend le rôle en 1993, est bousculé par la récession. En 1995, Alain Juppé, Premier ministre de Jacques Chirac, découvre une économie en dépression. En 2002, c'est Jean-Pierre Raffarin qui voit la croissance se dérober sous ses pas. Une malédiction.
    La droite serait-elle si maladroite que, systématiquement, elle détraque l'économie ? Allons donc ! Difficile, même avec beaucoup de mauvaise foi, de soutenir que Nicolas Sarkozy est pour quoi que ce soit dans la crise des subprimes... Faut-il croire, à l'inverse, à un sixième sens de l'électeur qui, sentant venir la tempête, choisirait préventivement de confier la barre à l'équipe la mieux armée pour l'affronter ? Ce serait, pour le coup, tout aussi déraisonnable. Reste le hasard, avec quoi il faut compter en politique, et la statistique : la droite étant plus souvent aux commandes que la gauche, il n'est pas anormal qu'elle rencontre davantage de difficultés.
    Quoi qu'il en soit des causes, les effets de cette fatalité sont là et bien là, dont le jeu, depuis vingt ans, produit l'immobilisme français. Heureuse en économie, la gauche redistribue à tout-va les fruits de la croissance sans entreprendre les réformes nécessaires à l'aune des marges de maneuvre qui étaient les leurs, Michel Rocard (1988-1991) et Lionel Jospin (1997-2002) resteront associés à deux formidables occasions manquées. Quant à la droite, ses belles intentions réformatrices se brisent aussitôt sur les récifs de la conjoncture : très vite, on la voit changer de cap, puis abdiquer peu ou prou ses ambitions.
    Le film est étrangement répétitif. En 1987, Jacques Chirac met les réformes en panne : ce que l'affaire Malik Oussekine a produit dans l'ordre politique, le krach boursier l'accomplit dans l'ordre économique. En 1994, Edouard Balladur, pour soutenir la machine, jette par-dessus les moulins les bons vieux principes de vertu budgétaire : heureux temps où les critères de Maastricht n'existaient pas ! En 1995, Jacques Chirac, pour boucler son budget, dissout ses promesses de campagne et, deux ans plus tard, sa majorité. Double erreur : la gauche revient, la croissance avec. En 2003, après les retraites, il demande à Jean-Pierre Raffarin de ne pas ajouter la crise à la crise et de ne pas brusquer les Français : il sera entendu, et même au-delà...
    La conclusion ? Elle est toujours la même : Jacques Chirac battu en 1988, Edouard Balladur battu en 1995, la droite battue en 1997, le chiraquisme symboliquement défait en 2007 par la victoire du candidat de la « rupture »... Le recul d'abord, la défaite ensuite : c'est cette malédiction que Nicolas Sarkozy, au-delà des beaux discours et des saintes colères, doit maintenant conjurer dans les faits.
    Comment ? En réformant. En réformant. En réformant. En ne retranchant rien des engagements qu'il a pris devant les Français, et surtout pas celui de baisser les prélèvements. En restant sourd à la petite musique du principe de précaution politique comme à la tentation d'économiser sa popularité. En décidant de voir dans la crise économique, qui ne nous épargnera pas, non pas un frein mais un aiguillon pour aller plus vite, plus loin.
    Tenir le cap afin que la France soit en situation de profiter de la croissance quand celle-ci reviendra ? Plus facile à dire qu'à faire, sans aucun doute. Mais les leçons du passé doivent être méditées :
    les Français peuvent comprendre les difficultés économiques, ils ne pardonneraient pas à Nicolas Sarkozy d'avoir, comme les autres, abdiqué devant la fatalité.
    (présentation de PaSiDupes)
    Défi d'envergure
    qui ne sera pas relevé
    en chansons au Zénith

    mercredi 1 octobre 2008

    Crise de la presse : des assises sur fond de suspicion

    Intrigues et petits meurtres entre amis
    Le Président Sarkozy doit lancer les états généraux de la presse avec un discours devant 200 à 300 représentants du monde de la presse demain jeudi.
    Ces assises sont destinées à trouver des solutions aux difficultés économiques de la presse écrite, chantier qui suscite des attentes multiples et parfois divergentes des professionnels.

    Des propositions doivent être apportées aux problèmes économiques du secteur.
    Dans le climat actuel de méfiance instauré par les syndicats et sur fond de crise des quotidiens concurrencés par la presse gratuite et l'internet, il s'agit de "mettre à plat les difficultés de la presse écrite et voir quelles solutions apporter", explique-t-on à l'Elysée dans l'entourage du président.

    La presse, cette coquette capricieuse

    Pour Dominique Pradalier, secrétaire nationale du Syndicat national des journalistes (SNJ), syndicat dominant de la profession, "ce sera utile SI quelque chose en sort qui permette [subjonctif d'incertitude] à la presse de remplir sa mission d'information dans le pluralisme et d'améliorer la qualité de l'information". Or, certains patrons de presse défendent l’idée de supprimer les seuils légaux limitant les possibilités de concentration des médias dans les mêmes mains.

    De bien exigeantes danseuses

    "Si cela amène une baisse de qualité et de pluralisme sous des prétextes économiques et des objectifs de rentabilité, nous n'en voulons pas", a-t-elle anticipé, s’entêtant à ignorer que les organes de presse sont des entreprises et non des associations sans cesse renflouées par l’Etat. Or, la presse française, plus que ses consoeurs européennes, est mauvaise gestionnaire et se jette régulièrement éplorée dans les bras secourables des financiers, tout en exigeant son indépendance. Le journal Le Monde, malgré l'origine de ses finances, a-t-il perdu de son impertinence ?

    La coquette est inconsciente du monde

    Bien qu’elle observe la vie du monde comme il va, en dissèque les plaies et en commente les mutations, les journalistes se tiennent à l’écart, aussi frileux et hautains que de froids entomologistes épinglant des insectes sur leur planche, avant d’en décrire les malheurs et soubresauts. Ils n’ont pas noté que le monde a muté et que leurs privilèges personnels (ex. fiscaux) ne les mettent pas à l'abri si leur cadre de vie professionnelle, si protégé soit-il, n’est pas sain. Or, la tempête sur le système financier et l'économie mondiale vient s’ajouter au virus interne longtemps assoupi et négligé et pourrait donc affaiblir encore davantage la presse française, frappée par l'essor de l'Internet, de la presse gratuite et la baisse des recettes publicitaires et emporter le malade, si un docteur fou de la Bourse ne lui administre une injection improbable en cette période de pandémie financière.

    Après les appels au secours, les cris d’orfraie !
    Tous les grands quotidiens nationaux ont dû se résoudre à des saignées dans leurs effectifs ces dernières années et ont appelé à la rescousse de grands groupes privés pour les renflouer, ce qui aurait reposé le problème de leur indépendance, puisqu'ils ne sont pas responsables de leur hygiène de vie.
    Le tirage des grands quotidiens français est traditionnellement faible et les lecteurs ont désormais tendance à aller vers l'Internet (dont PaSiDupes ! ), les structures de distribution sont problématiques avec une faible densité de points de vente, des taux d'abonnement et de portage souvent encore réduits et la pression de la CGT.

    Organisation de ces assises
    Les assises de la presse sont organisées comme une sorte de forum de réflexion en quatre ateliers constitués autour de personnalités reconnues du secteur:
    - place des journalistes, qui devrait être dirigé par Bruno Frappat, président du directoire du groupe Bayard Presse ;
    - presse et société, concentration, qui devrait être dirigé par François Dufour, fondateur du groupe Play Bac Presse et d'un groupe de quotidiens pour enfants;
    - aspects économiques et industriels, qui devrait être dirigé par Arnaud de Puyfontaine, ancien président d' Emap France et de Mondadori France ;
    - et (probablement) le service public, qui devrait être dirigé par Bruno Patino, directeur général de France Culture et ancien vice-président … du journal Le Monde .
    Un point d'étape mi-novembre est attendu à l'issue de ces deux mois.

    Les oppositions
    Comme le SNJ, et malgré des réticences communes, le journal d'opposition Libération a accepté de participer à ces travaux, mais son directeur, Laurent Joffrin, a demandé dans son journal mercredi que les lecteurs et le public participent aux débats. Or, il ne s’agit que de surenchère, car les débats sont déjà prévus pour se dérouler sur un mode participatif. Certaines réunions pourraient être portes ouvertes et non pas toutes. Le vœu d’une sorte d’assemblée Générale (AG à la façon de Mai 68 à la Sorbonne) du brouillon Joffrin à l’élocution confuse a peu de chances de se réaliser : plus on est de fous, moins on rit, à l’arrivée ! "Pas d'Etats généraux sans le Tiers-Etat. Le mot d'ordre s'impose dans la république de l'information", écrit-il, plein de mots et slogans, à défaut de réflexion. Pour la démagogie, Libération n’a rien à apprendre, mais la presse a mieux à espérer.
    Emmanuelle Mignon, conseillère auprès de Nicolas Sarkozy en charge du dossier a récemment souligné : "Dans mon idéal à moi, dans chaque pôle il y aura des parties prenantes qui rendront une copie" en s'étant mis "d'accord sur cinq propositions".

    La base de départ
    Nicolas Sarkozy ne lance pas ces « états généraux » comme une chanson au Zénith : en les annonçant en juin, le président a déjà ouvert quelques pistes de réflexion.
    Il avait relevé un "gigantesque problème de distribution", estimant qu'il fallait développer le portage à domicile et multiplier les points de vente des journaux. "Est-ce qu'il ne faut pas créer des groupes multimédias alors qu'aujourd'hui tout est fait pour les éviter ?", s'était-il aussi interrogé.

    Chez les professionnels, ces états généraux suscitent des attentes multiples et divergentes.
    Du côté des éditeurs, la distribution apparaît comme une question centrale, alors que les tarifs postaux pour l'acheminement des abonnements vont bientôt augmenter et que le nombre de points de vente est largement inférieur à ce qu'on observe en Allemagne ou en Grande-Bretagne.
    Alain Weill, propriétaire de La Tribune, estime que le développement du portage des journaux à domicile devra être un "sujet fondamental", tandis que le président de Lagardère Active, Didier Quillot, veut, entre autres, faciliter la vente dans les hypermarchés.

    Terrain miné
    Parce que les ouvriers du Livre sont régulièrement responsables de l'importance des coûts d'impression, Alain Minc a souhaité que les états généraux "aident à mettre à bas le monopole du syndicat du Livre", qu'il a qualifié de "verrue". La grève démange donc la CGT, mais ce serait faire la démonstration que, sans elle, les coûts pourraient baisser…
    Les éditeurs devraient également mettre sur la table la question du droit d'auteur des journalistes, mais ces derniers craignent que cela porte atteinte à leur droit moral sur leurs oeuvres. Or, la question, elle aussi ‘morale’, du régime fiscal très spécial des journalistes pourrait être amené sur le tapis des discussions…
    Pour les syndicats de journalistes, la question de la qualité de l'information doit être placée au centre des débats. Un aveu d’échec, mais sont-ils les mieux placés pour la redresser, puisqu’ils sont responsables de son abaissement : allons-nous vers des auto-mutilations ?
    "La première chose à faire si on veut améliorer la santé économique des entreprises, c'est de faire en sorte qu'elle retrouve la confiance du public", estime, sans sourire, le secrétaire général du SNJ, Alain Girard. Or, les lecteurs se détournent de la presse parce qu’ils se savent intoxiqués. Pourquoi payer la désinformation, si, sans débourser un sou, on peut être manipulé par la presse gratuite.
    Syndicats et sociétés de journalistes, ce qui est largement la même chose, souhaitent également que les débats permettent d'octroyer une reconnaissance juridique aux rédactions, afin de protéger leur indépendance. Indépendance militante ou journalistique ? Au moment où s’engage la réflexion, la confusion reste entière…

    Le projet
    Un rapport remis à Nicolas Sarkozy mi-septembre et rédigé par Danièle Giazzi, secrétaire nationale de l'UMP, envisage une action des pouvoirs publics pour favoriser la création de groupes de presse plus concentrés.
    Le rapport, envisage de changer le statut de l' A*P en société anonyme et d'ouvrir éventuellement son capital.
    Il est aussi question de créer un fonds d'investissement pour la presse, un "observatoire du pluralisme" placé auprès du Premier ministre et de donner au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) la tâche de vérification du respect du pluralisme.
    Il est question enfin de l'inscription des chartes de déontologie dans les conventions collectives et de déréglementer le secteur de la distribution.

    Petits meurtres entre amis
    Le suspicieux SNJ envisage déjà que le président de la République pourrait être tenté d'étendre la mainmise de grands patrons de presse dont il est proche, comme Arnaud Lagardère (Europe 1, le JDD), Bernard Arnault (Les Echos) ou Martin Bouygues (TF1). Dominique Pradalier dit soupçonner un "calcul politique" de l'Elysée.
    Curieusement, le SNJ, modèle d’objectivité, ne pointe ni Rothschild qui a pourtant renfloué Libération, ni les capitalistes du Nouvel Observateur. Des assises qui commencent sur une criante injustice : ce syndicat envoie certains à la guillotine mais sauve la tête de ses amis…

    Peut-être que l’avenir des sites Internet de journalistes dissidents, ou non, mais plus radicaux (Rue 89, Le Post ou Bakchich), retiendra toute son affectueuse attention, dans le secret des entre-deux portes de ces assises.