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vendredi 16 novembre 2012

Conseil national du PS: Harlem Désir présente bientôt les "béni-oui-oui" du pouvoir

Qui ne sera pas un élu godillot ?

Un nouvel "homme faible" -non élu- désigne les impétrants
Hollande détient tous les pouvoirs
et bientôt aussi au PS
Harlem Désir, premier secrétaire désigné du Parti socialiste, présentera samedi matin son équipe dirigeante au conseil national, le "parlement" du parti, un premier test pour celui qui tente d'imprimer sa marque au sein du parti majoritaire, tout en étant un dirigeant non élu.

La présentation de l'exécutif du parti - à la fois le "bureau national" et le "secrétariat national" - à La Mutualité à Paris, sera l'ultime étape du processus de succession de Martine Aubry et le point d'orgue du Congrès de Toulouse de fin octobre, lors duquel Harlem Désir était devenu officiellement patron coopté pour sa soumission par Hollande et Ayrault, contre la volonté de la sortante, Martine Aubry, qui avait donné la préférence à Jean-Christophe Cambadélis. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault assistera son homme de paille.

Désir H reste très discret, voire secret

Système pyramidal 2008
Ce métis de 54 ans, qui se fait appeler Harlem, Noir à la façon Obama, en plus agressif, s'est seulement engagé à ce que son équipe soit paritaire, faisant place à de nouvelles générations et à la diversité. "C'est un peu comme quand on fait son gouvernement", observe un cadre du parti. 

Harlem est le fils d'une puéricultrice alsacienne et syndicaliste CGT et d'un directeur d'école martiniquais, sympathisant communiste et anticolonialiste.

Seules certitudes, annoncées dès septembre: c'est le député Guillaume Bachelay, fabusien, ex-conseiller politique de Martine Aubry, qui est numéro deux, et David Assouline, pareillement désigné, qui exerce déjà la fonction de porte-parole .


C'est au sein du "secrétariat nationalqu'Harlem Désir pourra apporter sa touche personnelle. Il est composé de quelque 80 membres, où chaque secrétaire se voit attribuer une spécialité thématique ou organisationnelle.
Ce secrétariat a déjà été renouvelé en juillet, avec l'émergence de nouvelles têtes de la génération montante. Harlem Désir a proposé d'ouvrir l'instance aux responsables des motions concurrentes, notamment à ceux de la motion de l'aile gauche d'Emmanuel Maurel (Motion 3 - Maintenant la gauche). "Nous sommes partants, nous avons des échanges, mais pas de propositions concrètes pour le moment", affirmait jeudi une des membres de cette motion.
Cette motion 3 est en outre portée notamment par Marie-Noëlle Lienemann, Jérôme Guedj, Gérard Filoche (ex-membre de la LCR), Paul Quillès et Julien Dray
Sans oublier, d'une part Un Monde d'Avance (Benoît Hamon, Henri Emmanuelli, Pouria Amirshahi, Razzy Hammadi ou Bruno Julliard), un courant éparpillé entre la motion d'Harlem Désir et celui de Julien Dray et Emmanuel Maurel, 
et d'autre part le mouvement Utopia, groupe politique trans-partisan de gauche radicale (PS, Europe Ecologie-les Verts, Parti de gauche (PG de Mélenchon, candidat des communistes, notamment), animé par Franck Pupunat, co-fondateur. C'est aussi clair qu'à EELV !


Le "bureau national" (54 membres, direction politique du parti) comprend, selon les textes du PS, des représentants de chacune des motions ayant obtenu plus de 5% des voix des militants, en nombre proportionnel aux résultats.

Il faudra voir à qui reviennent les postes régaliens, tels que le responsable aux fédérations, aux élections et le trésorier.
Autre poste-clé, très sensible, celui de porte-parole s'avère être un vrai casse-tête. Combien occuperont cette fonction, qui pourrait elle aussi être paritaire? "1, 2, 4, voire 6 ?", plaisantait jeudi une habituée de Solférino.
Le sénateur David Assouline (53 ans), qui a succédé à Benoît Hamon depuis son départ au gouvernement, n'entend pas quitter le poste. 
Le député Olivier Faure (44 ans), ex-conseiller de Jean-Marc Ayrault, qui y aspire aussi, au nom de la diversité (la mère de ce quadra est d'origine vietnamienne), bénéficie, pour sa part de soutiens de poids: ce diplômé de Sciences-Po-Paris fut directeur adjoint du cabinet de François Hollande, alors Premier secrétaire du Parti socialiste, de 2000 à 2007. Il fut d'ailleurs présenté comme le candidat du consensus pour succéder à Martine Aubry. 
Depuis le mois de septembre, la députée Karine Berger (39 ans, députée des Hautes-Alpes, économiste affidée à Pierre Moscovici et cireuse de pompes intolérante et irrespectueuse de la parole de ses contradicteurs), est également régulièrement citée elle aussi, au nom de la parité, tandis que circule aussi le nom de la sénatrice Frédérique Espagnac (40 ans), ancienne attachée de presse de François Hollande.Quatre personnes au porte-parolat ? "Ce serait dangereux. C'est multiplier les risques de divergences". "C'est risquer les couacs et la comparaison", analysaient deux cadres du parti.
Un Premier secrétaire contesté
Jean-Philippe-Harlem Désir n'a jamais remporté aucun mandat électif en nom propre.
Au Congrès de Toulouse, cet intérimaire de Martine Aubry, le temps des primaires socialistes à la désignation du candidat à la présidentielle, est le candidat officiel, coopté par le président Hollande. Lors du vote d' octobre 2012, le taux de participation n'est que de 46,5 %.
"Il y a beaucoup de pression sur Harlem Désir", y compris de la part des différentes sensibilités de sa propre motion.
Les noms des lâcheurs seront connus samedi parmi les refoulés du pouvoir: Liste de ses soutiens officiels, dont une forte concentration de ministres du gouvernement Ayrault: lien 
Il "affronte son premier vrai test", observe une secrétaire nationale sortante.
En attendant,  ce jeudi soir et vendredi soir et donc d'ici samedi, les militants socialistes sont appelés à élire que leurs secrétaires de section (porte-parole de section) et leurs premiers secrétaires fédéraux (responsable du département), lesquels figurent au Conseil national.
Le nouveau parlement devra entériner samedi la composition du nouveau secrétariat national.
Lors de son discours, le premier secrétaire devrait également annoncer les prochaines initiatives du PS.
A Toulouse, Jean-Philippe Désir, très offensif contre la droite, avait déjà fixé le cap pour son parti, un PS "ouvrant grandes ses portes" aux Français, qui devienne le "plus européen des partis socialistes".
On demande à voir !

jeudi 18 octobre 2012

Le PS dévalue son Premier secrétaire coopté par Hollande

Les militants instrumentalisés dans la désignation du candidat Harlem Désir



Harlem,
Désir de Hollande...



La base entérinera: retour au totalitarisme démocratique 

Un vote sans suspense en "république bananière" socialiste
Le successeur "élu" de Martine Aubry devrait être Harlem Désir ("Touche pas à mon pote"), candidat officiel du Président de la République. Tous les ténors socialistes devraient également l'emporter largement sur Emmanuel Maurel, candidat marginalisé de l'aile gauche du parti, représentant Benoît Hamon et Henri Emmanuelli.

Quelque 173.000 adhérents sont appelés à cette mascarade de scrutin.
Il se déroulera de 17h00 à 22h00 dans toutes les sections socialistes, à quelques jours du Congrès du PS à Toulouse, du 26 au 28 octobre, appelé à entérine définitivement les résultats du vote de jeudi.
Le processus de désignation (et non d'élection) du successeur de Martine Aubry, qui ne souhaitait pas briguer un nouveau mandat au congrès de Toulouse, sera alors terminé.

Le PS craignait de nouvelles élections truquées

Cinq motions virtuelles ou lignes d'orientation politique ont été présentées aux militants en vue du congrès de Toulouse. Plus personne ne prétend plus que leur choix du 11 octobre a été libre. Pas plus que le vote en faveur du candidat du président, puisque le préféré de la sortante, Jean-Christophe Cambadélis, a été écarté par l'Elysée.

Selon les nouveaux statuts du PS, seules les deux motions arrivées en tête - la motion 1 d'Harlem Désir (avec Guillaume Bachelay) et la motion 3 d'Emmanuel Maurel (avec Gérard Filoche, Marie-Noëlle Lienemann (maire-adjointe de Dalongeville à ...Hénin-Beaumont), Jérôme Guedj et le mouvement Utopia, dont certains membres sont présents au sein du Parti de Gauche) - peuvent présenter leur premier signataire au scrutin de ce jeudi.

Ont été écartés du scrutin bi-polaire:

Motion 2
, " Question de principes ", présentée par Juliette Méadel37 ans,conseillère du XIVe arrondissement de Paris,
garde du corps de François Hollande, qui lui a confié un groupe de travail sur la lutte contre les discriminations, est soutenue par Gaëtan Gorce.

Motion 4
, " Oser. Plus loin. Plus vite ",
présentée par Stéphane Hessel et soutenue par Pierre Larrouturou : cette motion s'inspire du collectif Roosevelt 2012 (Colette Gros, Jean-Paul Chidiac, Bertrand Laforge).

Motion 5 " Toulouse, mon congrès ",présentée par Constance Blanchard (1987), agitatrice précoce proche de Didier Guillot, Christine Priotto, présidente de l'Union nationale lycéenne (UNL), ex- administratrice de La Mutuelle des étudiants (LMDE, successeur de la MNEF, salie dans des affaires: cf. libellé ci-dessous) et candidate aux municipales de mars 2008 sur la liste de Bertrand Delanoë dans le ...20e arrondissement de Paris: cette motion défend un Parti ouvert sur la société et ses sympathisants, plus innovant et plus démocratique. Elle ambitionnait de surfer sur les valeurs de jeunesse, de la diversité et de l'exemplarité du Parti, trois thèmes portés par François Hollande le temps de sa campagne présidentielle de 2012.

Le résultat ne fait pas de doute

La motion 1,Mobiliser les Français pour réussir le changement ", celle que Jean-Marc Ayrault a imposée fin août à Martine Aubry a recueilli le 11 octobre 68,44% des voix, et la motion 3, " Maintenant la gauche ", représentée par Emmanuel Maurel et soutenue par des opposants au traité budgétaire européen comme la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, les députés Henri Emmanuelli, Barbara Romagnan, députée du Doubs, Jérôme Guedj, énarque, ancien assistant parlementaire du sénateur Jean-Luc Mélenchon, Liêm Hoang-Ngoc, député européen, et le ministre délégué Benoît Hamon, a obtenu, elle, 13,28% des suffrages.

L'enjeu pour Harlem Désir , ancien président de l'association SOS Racisme, qui assure à nouveau l'intérim du poste de premier secrétaire du PS, depuis le départ avancé de la sexagénaire Martine Aubry en septembre, est plutôt de bénéficier d'une participation et d'un score les plus forts possibles, pour tenter de se légitimer dans le parti.

De même que Hollande n'a jamais été ministre avant d'être président de la République, de même Désir H., ancien député européen (scrutin de liste) et membre nommé (déjà !) du Conseil économique et social, n'a jamais été élu à aucun scrutin nominal.

Processus "opaque" et "verrouillé"

Désir H. essuie en effet de nombreuses critiques, notamment pour avoir reçu le privilège de l'onction présidentielle, aux dépens de Jean-Christophe Cambadélis  dans un processus de désignation du premier secrétaire jugé en interne "opaque" et "verrouillé": totalitaire. 

Alors que le vote n'est pas encore terminé, l'indésirable Désir a reconnu qu'une modification du mode de désignation du premier secrétaire du PS était nécessaire. Il souhaite qu'une fois désigné et bien en place "à l'avenir (...), il n'y ait pas de limitation des candidatures", dans un entretien au Monde de mercredi. "Rien ne doit donner le sentiment d'un verrouillage ou de combinaisons internes", clame-t-il. Une façon d'admettre, en creux,  le bien-fondé des critiques à l'encontre de sa désignation,  et qu'il ne sera pas légitime aussi longtemps que le premier secrétaire ne sera pas démocratiquement élu... . 

De son côté, E. Maurel, résigné,  s'est dit "lucide" quant à l'issue du scrutin. 
Objectif complice: sauver les apparences  "Faire en sorte qu'il y ait un choix, jeudi, pour les militants. Ancrer le PS à gauche. Ou encore faire des propositions fortes sur la rénovation du parti", propose ce secrétaire national du Parti Socialiste de bientôt quarante ans, élu du Val-d'Oise et vice-président du Conseil régional d’Ile-de-France chargé de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de ...l’alternance.

Car si au premier tour, l'accent a été mis, par lui et ses amis, sur la revendication d'une renégociation du traité budgétaire européen, au second tour, Maurel met en avant sa volonté d'être "intraitable" sur la parité ou le non-cumul des mandats


Déjà installé dans son statut de prochain opposant interne, il réclame aussi que le PS "prépare l'opinion" à travers "trois grandes campagnes sur les licenciements boursiers, l'égalité salariale homme-femme et le droit de vote aux étrangers". 


Désir se la joue déjà  premier secrétaire


D'ici au vote jeudi, il se rend mardi à La Seyne-sur-Mer (Var) pour défendre contre Marisol Touraine un hôpital menacé de fermeture, rencontrera le réseau Education sans frontière (RESF), rendra visite mercredi aux salariés d'une fonderie en Picardie, avant de tenir, le soir, un banquet dans une brasserie de Saint-Quentin dans l'Aisne: des déplacements en jet? Un Falcon, comme cemui de la sous-ministre Yamina Benguigui ? 

Il assistait, mardi, au petit-déjeuner de la majorité et animait le bureau national. Mercredi soir, il tiendra un meeting dans le Val-de-Marne.


mercredi 12 septembre 2012

PS: Aubry co-opte Désir; les militants tiennent la chandelle

Aubry et Ayrault désignent Harlem Désir à la tête du PS
La concertation... au sommet !
Alors comme ça, le fascisme ne passera pas ?


Tout est joué d'avance, à la soviétique L'eurodéputé Harlem Désir a été désigné "candidat officiel" par le Premier secrétaire Martine Aubry et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault pour la tête du PS, annoncent les deux démocrates dans un communiqué commun publié mercredi matin. 
Souveraine, la Ch'tite Aubry élimine Jean-Christophe Cambadélis
Le député de Paris, 52 ans, disputait au numéro 2 du Parti socialiste la place de premier signataire de la motion à vocation majoritaire préparée dès juillet par la "petite mère" du peuple socialiste et le double Zayrault pour le congrès de Toulouse en octobre.
Jean-Christophe Cambadélis s'est dit "déçu mais pas défait"
Très librement, Camba-le-Grec a déclaré: "Cela s'est joué à trois fois rien. J'ai porté haut la nécessité du renouveau, de la modernisation et de l'indépendance du Parti socialiste. C'est une trace qui deviendra une marque. J'appelle au rassemblement de tous derrière Harlem Désir" qui "s'installe dans une situation complexe qui va se compliquer. Il pourra compter sur moi !" 


Les vieux éléphants imposent leurs choix au troupeau


Le député de Seine-Maritime et fabiusien Guillaume Bachelay est également déclaré numéro 2 de H. Désir.

"Au terme d'une consultation des responsables de notre parti, signataires de notre motion, dans une volonté de rassemblement et de renouvellement, notre choix s'est porté sur Harlem Désir comme premier signataire, et Guillaume Bachelay comme deuxième signataire de notre motion 'Mobiliser les Français pour réussir le changement'", écrivent le Premier ministre et la Première secrétaire.
Les militants godillots n'ont plus qu'à voter comme un seul homme 
"Si les militants y adhèrent le 11 octobre, et votent pour notre candidat le 18 octobre, Harlem Désir sera le Premier secrétaire du Parti socialiste conformément à NOS règles. Guillaume Bachelay en sera le numéro 2".
Ce vote ne devrait être qu'une formalité: il y a fort à parier que cinq mois après l'élection de François Hollande, les 175.000 adhérents du PS se prononceront pour la motion Aubry-Ayrault et son premier signataire.

Vers un score stalinien

Silence dans les rangs !
Le congrès de Toulouse (26, 27, 28 octobre) sera ensuite l'occasion de la passation de pouvoirs.
Sans contestataires ?Il y aura au moins trois motions pour le congrès socialiste: outre celle de Martine Aubry et de Jean-Marc Ayrault, celle d’une partie de l’aile gauche du parti , mais Benoît Hamon craint de disparaître de la photo avant de connaître le goulag et celle de… Stéphane Hessel : " Plus loin plus vite ".  A 75 ans, il n'y a plus de temps à perdre... 

Pour mémoire, c'est ce vieillard indigne qui, par comparaison avec "l'actuelle occupation de la Palestine par Israël", juge l'occupation nazie   "inoffensive". 

Cette motion, à l'initiative de Pierre Larrouturou, le promoteur lucide des 32 heures, s’appuie sur la contribution citoyenne signée par un millier de militants socialistes, proches des idées de la gazelle Royal et d’autres comme le mouvement altermondialiste Utopia, les Poissons rouges (collectif de nouveaux "jeunes lions" socialistes pour le renouveau de la gauche) ou Dessine-moi un parti, collectif qui ambitionne de réformer le PS en profondeur, ses méthodes de travail et de débat pour promouvoir l’exemplarité, la parité et la collégialité ! 

Les signataires de " Dessine-moi un parti ", parmi lesquels Jean-Louis Bianco, veulent réduire l’influence des courants, remettre en cause le système des motions, faire reculer toutes les formes de cooptation, proposer une charte éthique et organiser des " Assises de l’imagination politique " ! Ils présenteront un projet de modification des statuts du parti, notamment pour rétablir l’élection du Premier secrétaire par le vote direct des militants, et ouvrir plus largement le parti à ses sympathisants mais aussi à la société civile.


dimanche 2 novembre 2008

PS : vademecum des motions du Congrès de Reims

Trois principales et trois subalternes
’Phase terminale ‘ de la course à la succession de François Hollande
Mardi 4 novembre, les six motions officiellement déposées par les différentes tendances du PS, seront soumises au vote. Quatre d’entre elles proviennent de prétendants au premier secrétariat. Ces six textes dont chacun porte une lettre tirée au sort, sont donc proposés au choix des militants. Essayons cependant de les classer selon leur position politique.

La plus à gauche : la
motion C, "Un monde d'avance", est la plus improbable. Non seulement parce qu’elle est présentée par Benoît Hamon et soutenue par toute l'aile gauche du parti (H. Emmanuelli, Mélenchon, Lienemann, Quilès, Dolez, Filoche...), mais parce qu’elle est la plus archaïque. Son programme affiche un PS "décomplexé", qui opère une "clarification nécessaire du parti face au libre-échange et à la puissance publique" : "L'Etat doit redevenir un stratège et non un poseur de pansement."

Les plus écolos : les "petites" motions
F et B, portées à bout de bras par des chefs de file proprement inconnus des militants eux-mêmes : le courant Utopia de Franck Pupunat (à gauche) et le Pôle Ecologique de Géraud Guibert (à droite), qui parlent toutes deux de crise environnementale et d'écologie.

Au centre-gauche : Martine Aubry et sa
motion D, préconisent de"Changer à gauche pour changer la France". Issue des "reconstructeurs" qui voulaient surtout éviter que le premier secrétaire du PS soit un "présidentiable", donc Delanoë ou Royal, cette motion veut "changer le parti" sans changer son positionnement réformiste, mais néanmoins résolument à gauche, même si la motion n'exclut pas non plus une alliance, à des conditions précises, avec le Modem au niveau local, comme ce fut le cas à Lille, au bénéfice de la Ch’tite Aubry... Cette motion ‘fourre-tout’ insiste également beaucoup sur le rôle de la puissance publique. Elle est soutenue par l'attelage des fabusiens (Bartolone, etc…) et de quelques strauss-kahniens, dont Jean-Christophe Cambadélis, "1ère gâchette" de DSK.
Les amateurs de taxes lui donneront carte rose pour lutter contre le capitalisme, avec entre autres une taxe sur les ‘superprofits’ ou les entreprises pétrolières et encore une taxe carbone. Elle plafonnera les loyers les plus élevés. Populiste ? Boostée par Nono Montebourg et Laurent Fabius, la Ch’tite Aubry promet aussi une conférence salariale nationale annuelle et tripartite (Etat socialiste, employeurs, syndicats -2 contre 1) pour des négociations salariales d’entreprises : retour garanti à l’étatisme ! C’est le réformisme de gauche…

Au centre-droit : Marie-sEGOlène Royal et la
motion E, "L'espoir à gauche, fier(e)s d'être socialistes". Sorti de son frigo, Sa Cynique Majesté Royal, qui se revendique de la social-démocratie certes, mais « réformiste », et teinté d’accents parfois virulents contre les excès du capitalisme, persiste à envisager, avec prudence, une alliance avec le centre. Le centre moribond survivra-t-il à cet écartèlement entre la maire de Lille et l’amère Royal qui ne visent qu’à le pulvériser une bonne fois pour toutes. Pour le reste, l'ex-candidate a repris ce qu’elle considérait comme un programme au temps de la présidentielle bien qu’il lui ait valu 5 poings points dans les gencives…La réformiste ne s’est donc pas réformée et a opté pour la discrétion affectée en se mettant en retrait de la course à la succession de son ex-compagnon, le père de ses enfants : ce n'est pas elle la première signataire de la motion, mais le maire de Lyon, Gérard Collomb, meneur de la contribution des "barons locaux" du parti, avec Frère Rebsamen, Juju Dray et Nono Guérini de Marseille, des seconds rôles qui se sont ralliés à Royal. Celle-ci aligne également les soutiens dans la jeune garde du parti : Vincent Peillon (tiède) et Manuel Valls (volens nolens).
Les taxes sortiront de terre, en veux-tu, en voilà, comme des champignons : Total, EDF et Areva sont dans le collimateur et les fleurons de l’industrie française n’ont plus qu’à bien se tenir… Dans l’esprit de son show du Zénith (‘stand-up’ à 250.000 euros), elle envisage une ‘cérémonie républicaine’ pour chaque nouveau citoyen arrivé à la majorité. Elle créera le référendum d’initiative populaire : Aux Urnes, citoyens !

Le plus social-démocrate : Bertrand Delanoë et sa
motion A, qui garde le même titre que sa contribution : "Clarté, courage, créativité". Le maire de Paris, qui a reçu le soutien de François Hollande, ainsi que –finalement- celui du ‘saumon’ (trans-courants) Pierre Moscovici, résigné,assume sa social-démocratie clairement (nullement réformiste !): il veut "un parti progressiste, résolument écologiste, et profondément européen". Mais n'en oublie pas pour autant sa fidélité à la tradition du PS, car "être socialiste, c'est être fidèle". Notamment à l'ex-"gauche plurielle", donc aux alliances avec les Verts et le PC, du moins ceux d’entre eux qui seraient «socio-démocrates ».
Bébert Delanoë annonce la création de plus de logements sociaux en France (120.000, chaque année…), mais ne dispose pas du premier terrain ! Il promet de multiplier par …cinq les sanctions financières contre les municipalités (391) qui n’appliquent pas la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains de décembre 2000 (soit 20% minimum de HLM) : il lui faudra en effet du ‘courage’ puisqu’il ne manque pas de ‘créativité’. Les adhérents choisiront-ils une motion aussi ‘pragmatiques’ ?

Petit rappel de la procédure
Les militants vont lire ces textes (si leur religion n’est pas déjà faite en fonction du taux de passage à la télé), qui définissent une vision de ce que doit être le parti socialiste.
Ensuite, ils voteront (s’ils sont à jour de leur cotisation (!) pour l'un d'entre eux. Le score de chaque motion déterminera combien de délégués elle obtiendra pour le congrès. Chaque motion peut par ailleurs recevoir les signatures des responsables socialistes qui la soutiennent. L’idée est, évidemment, d'avoir le plus possible de signatures.
Enfin, les représentants de chaque tendance négocieront un accord pour obtenir une majorité claire. C'est ce qu'on nomme la "nuit des résolutions" (tous les chats sont noirs roses), où les représentants des différentes motions tentent de parvenir à un accord, duquel doit émerger une majorité.

vendredi 3 octobre 2008

La « république du respect », ce n’est pas pour Moscovici non plus

Le socialiste abandonné pose un lapin à Zéro

En attendant Godot...

Karl Zéro attend toujours Pierre Moscovici sur son plateau nocturne !
Pierre Moscovici présenterait-il sa motion avec des "amis" au prochain congrès du Parti socialiste à Reims ou rejoindrait-il le ou les leaders d'une autre motion ? Tel était le suspense qu’il devait lever sur BFM TV .

Mais à 22 heures passées, les auditeurs haletants ne savaient toujours pas. Alors, Karl Zéro envoya son assistante aux nouvelles et au téléphone - que quelqu'un daigna enfin décrocher... - Karl entendit, des hurlements, des vociférations ! Juste une réunion sereine ordinaire entre camarades socialistes qui débattent d'une hypothétique ligne politique commune pour leur congrès... Mais de Mosco, aucun signe de vie : ni de lui, ni de personne.

Le socialiste strauss-kahnien était donc aux abonnés absents.
Un de plus, à sa façon, car Sa Cynique Majesté Royal, non sans ingratitude, avait déjà fait une charrette de Martine Aubry, la Ch'tite maire de Lille, et de Jospin: « La motion que je soutiens, c’est la seule qui assume la campagne présidentielle. Les autres sont portées par des personnalités qui ont été aux abonnés absents, comme Martine Aubry, ou qui m’ont critiquée, comme Lionel Jospin, qui a écrit un livre abominable après les élections. Ils pensent que ma campagne a été un mauvais rêve. » Mais ses blessures, à part çà, sont visiblement cicatrisées...

Pas un ami donc pour appeler BFMTV, pas un camarade pour excuser Mosco. Le candidat putatif n'honora le rendez-vous ni de sa présence ni de sa courtoisie. C’était le mardi 22 septembre, donc avant le dépôt des motions, le lendemain avant 17h00. Mais de motion Moscovici il n’y eut point non plus.

Quatre textes sont maintenant soumis à la sagacité des militants

- l’un jospiniste, émanant du maire de Paris, Bertrand Delanoë, soutenu par le premier secrétaire sortant François Hollande,
- un autre, de l'ex-candidate à la présidentielle Désirdavenir Royal, appuyée notamment par « la Ligne claire » du maire de Lyon, Gérard Collomb ;
- un troisième, de Martine Aubry avec les fabiusiens et des strauss-kahniens,
- et enfin, les extrémistes Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, fédérant l'aile gauche du parti ;
- sans compter les figurants d'Utopia (courant passerelle entre le PS et les Verts, il est formé à 70% des militants au Parti socialiste, à 10% de militants chez les Verts et 20% proviennent du monde associatif (comme ATTAC, la Ligue des droits de l'homme, soit ... 1,2 % des voix au précédent congrès) et du "pôle écologique", né en janvier 2008, où figurent notamment Nicole Bricq, sénatrice de Seine-et-Marne, Christophe Caresche, député de Paris, Geneviève Gaillard, député des Deux-Sèvres, Jean Launay, député du Lot, Claude Saunier, sénateur des Côtes-d'Armor et Philippe Tourtelier, député d'Ile-et-Vilaine ou Michel Moine, maire d’Aubusson (lien Nouvel Obs et lien Le Figaro)

Mosco rentre dans le rang

Moins d'une heure avant la réunion du conseil national du Parti socialiste, mardi 23 septembre, Pierre Moscovici a finalement levé le suspense sur sa stratégie pour le congrès de Reims, en novembre. "Mon choix, c'est d'avancer dans ce congrès avec Bertrand Delanoë", a annoncé l'ancien ministre. Et Karl Zéro qui attendait toujours...

Les réactions au PS
Son camarade député de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg, a confirmé à son arrivée au conseil national son soutien à la motion conduite par … Martine Aubry, malgré le ralliement de Pierre Moscovici à Bertrand Delanoë.
Interrogé sur ce ralliement aux jospinistes et sur ce rejet des aubrystes, Laurent Fabius a minimisé, parlant de "décision individuelle".
Le porte-parole du parti, Julien Dray, avait peu avant annoncé, également à la dernière minute, qu'il abandonnait Hollande, dont il s’était rapproché, et rejoignait la motion de Sa Cynique Majesté Royal qui porte, selon lui, "toutes les idées nécessaires à un rassemblement novateur". Il présentera (donc !) sa propre motion... C'est pour clarifier la situation, aussi clairement que le "Ligne claire"... A ce jeu de morpions, que voulez-vous, ils ont tous des démangeaisons...
Le plus beau reste à venir... A son arrivée rue de Solférino, François Hollande a osé affirmer que l'existence de "plusieurs motions est un atout pour le Parti socialiste". Chaque militant a pourtant bien compris que six listes rendent la constitution d’une majorité particulièrement aléatoire et dangereuse. Alors, le petit bonhomme en mousse sur le départ détourne l’attention du désastre annoncé de son congrès sur le parti présidentiel et noie le poisson. "Nous ne sommes pas à l'UMP", lanca-t-il, sans doute à regret: tout est dans l'intonation ! Mais le premier secrétaire du PS revint au sujet de ses préoccupations. « Il faut que le débat "se conclue avec une motion largement en tête, majoritaire, autour de laquelle le rassemblement puisse se faire", admit-il.

Mosco et Zéro sont dans un bateau. Mosco tombe à l’eau. Que reste-t-il ?
Un fiasco radio.
Mais si dans ce mercato rigolo, c’est le fiasco de Mosco, c’est aussi un (Karl) zéro pointé pour les zozos socialos.