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jeudi 1 octobre 2009

Régionales : les Verts tentent d'enlever Taubira

Préservera-t-elle encore longtemps sa vertu ?

L'ancienne candidate à la présidentielle de 2002 avait déjà été approchée pour conduire une liste Europe Écologie en mars prochain. La tentative de détournement avait échoué. La Guyanaise au verbe haut résistera-t-elle à une nouvelle tentative de débauchage ?
Christiane Taubira, député de Guyane et vice-présidente du Parti radical de gauche (PRG) et Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, se sont rencontrées fin juillet en privé, à l'issue d'un débat sur France Culture: «Pourquoi ne viendrais-tu pas en parler avec nous ?», demanda la seconde à la première qui n'en peut plus de l'attitude du Parti socialiste vis-à-vis de ses «amis» de l'ex-gauche plurielle des années Jospin. Christiane Taubira garde en travers de la gorge le mépris du PS à l'égard du PRG à l'occasion des élections européennes. La seconde est du même avis.

Enhardis par le score des listes de Daniel Cohn-Bendit aux élections européennes de juin, les Verts rêvent de confirmer leur dynamique aux régionales de mars 2010. Ils rêvent de talonner le PS, voire de lui prendre des Régions. Pour cela, ils sont prêts à poursuivre leur politique d'«ouverture», façon Sarkozy... Au même titre que Bruno Rebelle, l'ancien conseiller de Sa Cynique Majesté Royal à la présidentielle de 2007 et ex-numéro deux de Greenpeace International - pressenti pour conduire la liste Rhône-Alpes -, Christiane Taubira intéresse les écologistes.

L'ancienne candidate à la présidentielle de 2002 n'a encore rien signé avec Dany-le-Rouge. Mais elle avait confirmé qu'elle se rendrait à leur université d'été, en août à Nîmes. Un bon signe, d'autant qu'ils ont gardé en mémoire son soutien de 2007 à Dominique Voynet. N'avait-elle pas également appelé à voter Europe-Écologie aux Européennes ?
Lors de la conférence de presse à Nîmes, autour de la numéro un des Verts, de la vedette des européennes Daniel Cohn-Bendit, des eurodéputés José Bové, Eva Joly et Yannick Jadot, du PS Eric Loiselet (pôle écologique), se tenait la députée PRG de Guyane courtisée.
"Si jamais je vais aux régionales, j'ai mon parti (Walwari: 17 % de voix aux élections régionales de 2004 ) et je n'ai pas besoin d'étiquette nationale", a assuré Taubira qui milite pour "la construction d'une alternative à gauche" mais "ne souhaite pas passer d'une chapelle à une autre".
Certes, depuis les Européennes, Europe-Ecologie a déjà enregistré l'arrivée de Bruno Rebelle (ex-PS), mais Martine Billard a quitté les Verts pour le Parti de gauche et la prise de Taubira n'est pas acquise. Franchira-t-elle le pas à l'occasion des régionales 2010 ? Les Verts y travaillent.

«Un truc plus large que le PS»

«Si elle veut candidater chez nous, nous sommes prêts à en parler avec elle», confirme Jean-Vincent Placé, numéro deux des Verts et président du groupe écolo à la Région Ile-de-France. Dans les statuts des Verts, ce sont les fédérations qui adoubent leurs têtes de liste. Mais l'«appareil» du parti semble prédisposé à y mettre tout son poids. Une condition tout de même : «D'abord parler du fond», précise Cécile Duflot.
Selon la patronne des écolos, «nous ne cherchons pas à racoler». Elle l'assure : «Nous ne sommes pas dans le troc, nous voulons avec nous des gens sincères qui se posent de vraies questions.» Objectif : «Montrer qu'on incarne un truc plus large à gauche que le PS d'aujourd'hui», dit-elle.

Les Verts ont décidé de montrer les biscotos vis-à-vis du PS

Les "écolos" ont déjà prévu de présenter des listes autonomes dans l'ensemble des 22 régions au premier tour
. Les listes qui devraient être connues fin novembre "auront de l'allure", assure un responsable Verts pour qui il ne faut pas "faire croire que la gauche plurielle est l'avenir du monde".
Ainsi, décision a été prise, lors de leur dernier conseil national, de partir en autonome au premier tour des régionales. « Y compris en Poitou-Charentes» - la Région présidée par l'amère de Melle -, assure Jean-Vincent Placé. Quant aux alliances de second tour, les Verts ont déjà prévenu : «Pas d'alliance en Languedoc Roussillon» avec le controversé président Georges Frêche.
Pour autant, tous les ponts ne sont pas rompus avec le PS. Au moins, avec son Pôle écologique, «trait d’union» entre socialistes et écolos, dont le porte-parole est Géraud Guibert et co-animé par Eric Loiselet.

Daniel Cohn-Bendit s'est montré à Saint-Ciers (Gironde) aux rencontres d'été de ce petit courant socialiste (1,5% au congrès de Reims), mais s'est abstenu à La Rochelle, pour la vraie université d'été du PS.

Le Mouvement Utopia vaut-il d'être cité ?
C'eût pu être l'occasion, car cette organisation a justement un pied chez les Verts et l'autre au Parti radical de gauche, mais son équipe dirigeante à rejoint le Parti de gauche de Mélenchon à l'issue du Congrès de Reims.
Savoir donc si Christiane Taubira en pince pour Dany-le-Rouge, c'est pouvoir sonder les reins et les coeurs et la question reste donc posée de savoir si Daniel Cohn-Bendit sera en mesure de lancer sa fusée Ariane-Taubira depuis Kourou.

vendredi 3 octobre 2008

La « république du respect », ce n’est pas pour Moscovici non plus

Le socialiste abandonné pose un lapin à Zéro

En attendant Godot...

Karl Zéro attend toujours Pierre Moscovici sur son plateau nocturne !
Pierre Moscovici présenterait-il sa motion avec des "amis" au prochain congrès du Parti socialiste à Reims ou rejoindrait-il le ou les leaders d'une autre motion ? Tel était le suspense qu’il devait lever sur BFM TV .

Mais à 22 heures passées, les auditeurs haletants ne savaient toujours pas. Alors, Karl Zéro envoya son assistante aux nouvelles et au téléphone - que quelqu'un daigna enfin décrocher... - Karl entendit, des hurlements, des vociférations ! Juste une réunion sereine ordinaire entre camarades socialistes qui débattent d'une hypothétique ligne politique commune pour leur congrès... Mais de Mosco, aucun signe de vie : ni de lui, ni de personne.

Le socialiste strauss-kahnien était donc aux abonnés absents.
Un de plus, à sa façon, car Sa Cynique Majesté Royal, non sans ingratitude, avait déjà fait une charrette de Martine Aubry, la Ch'tite maire de Lille, et de Jospin: « La motion que je soutiens, c’est la seule qui assume la campagne présidentielle. Les autres sont portées par des personnalités qui ont été aux abonnés absents, comme Martine Aubry, ou qui m’ont critiquée, comme Lionel Jospin, qui a écrit un livre abominable après les élections. Ils pensent que ma campagne a été un mauvais rêve. » Mais ses blessures, à part çà, sont visiblement cicatrisées...

Pas un ami donc pour appeler BFMTV, pas un camarade pour excuser Mosco. Le candidat putatif n'honora le rendez-vous ni de sa présence ni de sa courtoisie. C’était le mardi 22 septembre, donc avant le dépôt des motions, le lendemain avant 17h00. Mais de motion Moscovici il n’y eut point non plus.

Quatre textes sont maintenant soumis à la sagacité des militants

- l’un jospiniste, émanant du maire de Paris, Bertrand Delanoë, soutenu par le premier secrétaire sortant François Hollande,
- un autre, de l'ex-candidate à la présidentielle Désirdavenir Royal, appuyée notamment par « la Ligne claire » du maire de Lyon, Gérard Collomb ;
- un troisième, de Martine Aubry avec les fabiusiens et des strauss-kahniens,
- et enfin, les extrémistes Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, fédérant l'aile gauche du parti ;
- sans compter les figurants d'Utopia (courant passerelle entre le PS et les Verts, il est formé à 70% des militants au Parti socialiste, à 10% de militants chez les Verts et 20% proviennent du monde associatif (comme ATTAC, la Ligue des droits de l'homme, soit ... 1,2 % des voix au précédent congrès) et du "pôle écologique", né en janvier 2008, où figurent notamment Nicole Bricq, sénatrice de Seine-et-Marne, Christophe Caresche, député de Paris, Geneviève Gaillard, député des Deux-Sèvres, Jean Launay, député du Lot, Claude Saunier, sénateur des Côtes-d'Armor et Philippe Tourtelier, député d'Ile-et-Vilaine ou Michel Moine, maire d’Aubusson (lien Nouvel Obs et lien Le Figaro)

Mosco rentre dans le rang

Moins d'une heure avant la réunion du conseil national du Parti socialiste, mardi 23 septembre, Pierre Moscovici a finalement levé le suspense sur sa stratégie pour le congrès de Reims, en novembre. "Mon choix, c'est d'avancer dans ce congrès avec Bertrand Delanoë", a annoncé l'ancien ministre. Et Karl Zéro qui attendait toujours...

Les réactions au PS
Son camarade député de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg, a confirmé à son arrivée au conseil national son soutien à la motion conduite par … Martine Aubry, malgré le ralliement de Pierre Moscovici à Bertrand Delanoë.
Interrogé sur ce ralliement aux jospinistes et sur ce rejet des aubrystes, Laurent Fabius a minimisé, parlant de "décision individuelle".
Le porte-parole du parti, Julien Dray, avait peu avant annoncé, également à la dernière minute, qu'il abandonnait Hollande, dont il s’était rapproché, et rejoignait la motion de Sa Cynique Majesté Royal qui porte, selon lui, "toutes les idées nécessaires à un rassemblement novateur". Il présentera (donc !) sa propre motion... C'est pour clarifier la situation, aussi clairement que le "Ligne claire"... A ce jeu de morpions, que voulez-vous, ils ont tous des démangeaisons...
Le plus beau reste à venir... A son arrivée rue de Solférino, François Hollande a osé affirmer que l'existence de "plusieurs motions est un atout pour le Parti socialiste". Chaque militant a pourtant bien compris que six listes rendent la constitution d’une majorité particulièrement aléatoire et dangereuse. Alors, le petit bonhomme en mousse sur le départ détourne l’attention du désastre annoncé de son congrès sur le parti présidentiel et noie le poisson. "Nous ne sommes pas à l'UMP", lanca-t-il, sans doute à regret: tout est dans l'intonation ! Mais le premier secrétaire du PS revint au sujet de ses préoccupations. « Il faut que le débat "se conclue avec une motion largement en tête, majoritaire, autour de laquelle le rassemblement puisse se faire", admit-il.

Mosco et Zéro sont dans un bateau. Mosco tombe à l’eau. Que reste-t-il ?
Un fiasco radio.
Mais si dans ce mercato rigolo, c’est le fiasco de Mosco, c’est aussi un (Karl) zéro pointé pour les zozos socialos.