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samedi 8 septembre 2007

Rama Yade a tellement raison qu’elle en a tort

Le Premier ministre pratique l’ouverture avec les communistes…

La politique n’a rien à faire de la morale.

La secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme Rama Yade appartient à la génération à laquelle on a seriné d’être soi-même : dans l'affaire des SDF d'Aubervilliers, elle ne pense donc pas à mal, elle est elle-même, fière de le rester et d’honorer l’éthique jeuniste irresponsable que la psychologie post-soixante-huitarde a véhiculé pendant des décennies sans se remettre en question.

Mme Yade avait de son propre aveu "improvisé" jeudi matin dernier un déplacement à Aubervilliers, auprès de squatteurs qui venaient d'être évacués, à la demande de la mairie communiste, suscitant donc la colère de la municipalité PCF qui l'accuse de "soutien aux squatteurs". Déplacer les problèmes que l’on soulève et désigner des responsables, ça permet de se dédouaner…

La secrétaire d'Etat a expliqué avoir voulu "arranger les choses" par sa visite. Elle fait de l’humanitaire, elle est solidaire et cherche à faciliter des solutions. Ce qui est très bien vécu venant de la gauche, mais vu d’un très mauvais œil lorsqu’il s’agit d’un responsable de droite. Mme Yade a d’ailleurs précisé avoir été récemment "sollicitée" par une association, sur le cas de plusieurs familles mal-logées d'Aubervilliers et Asnières (Hauts-de-Seine), ajoutant qu'on "ne peut laisser comme ça devant une école des familles en situation difficile".

L'évacuation des 80 tentes installées depuis le 11 juillet devant un groupe scolaire par quelque 130 squatteurs demandant que quatre familles soient relogés a donc eu lieu tôt jeudi matin. Par les forces de l’ordre à la demande du tribunal, mais en fait de la mairie communiste qui a saisi la justice en désespoir de cause. Le PCF comptait rester tapi dans l’ombre, tout en lançant la police mais propulse Rama Yade sous les feux des projecteurs. Si on n’y prend pas garde, la secrétaire d’Etat peut être rendue responsable de la situation des sans-logis d’Aubervilliers, après deux mois d’incurie communiste!

Des squatteurs se sont réinstallés dès jeudi soir, alors que seulement quatre familles dures à cuire n’avaient pas trouvé à leur convenance les logis proposés. Au son de tam-tams, ils ont tendu à 19H30 une grande bâche entre quelques arbres, à quelques mètres des lieux d'où les quatre familles -renforcées de militants relogés et d’activistes professionnels- avaient été délogées tôt le matin. "Nous resterons là ce soir", a expliqué Ibrahim Souare, un des porte-parole, réitérant la demande des squatteurs "que toutes les familles soient relogées". Tout ou rien radical.

La situation des SDF est montée en épingle : la municipalité communiste saisit la justice alors que les familles qui font de la résistance ne sont plus que quatre. La secrétaire d’Etat n’écoute que son cœur, se rend sur le terrain et donne à l’affaire l’écho que la précarité requiert. Rama Yade explique avoir voulu "amorcer un dialogue" par sa visite.

Mais ce sont les SDF de la municipalité communiste qui ne veut pas de publicité. DAL se déclare perturbé, par la secrétaire d'Etat, dans son activité souterraine… On ne pénètre pas impunément sur sa chasse gardée du 9.3. La gauche extrémiste entend y faire sa loi, sans partage. Pas même avec les autorités de la République. Surtout pas elles !

Le Premier ministre entendait bien laisser le PCF s’embourber dans son problème local, puisqu'après tout ils prétendent avoir un meilleur savoir-faire des questions sociales que les autres. Mais Rama Yade est venu troubler le jeu, en toute innocence et au nom de la solidarité nationale. François Fillon a donc reçu jeudi la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme Rama Yade "pour comprendre les raisons" du déplacement controversé de celle-ci auprès de squatteurs en Seine-Saint-Denis. "Il lui a fait savoir qu'à l'avenir, ce type de démarche devrait faire l'objet d'une concertation avec ses collègues" du gouvernement, a-t-on précisé. La ministre de tutelle, Mme Boutin, impute cette démarche à la générosité et à l’inexpérience de sa jeune collègue.

Et que disent les agitateurs et promoteurs de la ‘défiance citoyenne’ ? "Nous sommes indignés de constater qu'une ministre conteste ainsi une décision de justice prise par un juge indépendant", a assuré Roland Taysse, le directeur de cabinet du maire communiste. C’est beau comme une défiance à la théorie de Pierre Rosanvallon.

A défaut de réussir à libérer les SDF de l’emprise radicale, Rama Yade est finalement parvenue à sortir le PCF de l’impasse dans laquelle il s’était engagé. On se prend à se féliciter qu’ils n’aient pas de responsabilités nationales… La secrétaire d’Etat a aussi réussi à plonger le PCF dans l’hypocrisie : ses déclarations ne manquent pas de saveur !

mercredi 27 juin 2007

La politique n'est pas seule à diviser les Français…

Le sport en suite Royal les réunit-il?
Une enquête est parue qui ne va pas nous donner bonne presse à l’étranger en cette veille de départ en vacances et notre été risque fort de ne pas très chaud ! La vie privée des ex-Segollande, étalée au grand jour, serait-elle donc représentative de celle du peuple de France ? Nous allons voir que l’effet produit par cet ex-couple sur l’activité sexuelle de leurs concitoyens est également catastrophique.

25% des Français seulement sont satisfaits de leur vie sexuelle, révèle cette enquête réalisée dans 26 pays du monde entier par l'institut Harris Interactive pour le fabriquant de préservatifs Durex . Durex sed lex, dit-on à l’ENA, mais en latin, ‘durex’ veut-il dire ‘durée’ ? Hélas, ici, seule la loi des sondages est dure ! Marie-sEGOlène a démarré très fort dans les sondages de la campagne présidentielle, mais elle n'a pas su conclure...

Les Français déclarent avoir en moyenne 120 rapports sexuels par an, soit plus de deux fois par semaine, mais pas trois! La France arrive ainsi au 11e rang pour la fréquence des rapports. Les Français sont devancés par les Grecs (164), les Brésiliens (145), les Polonais et les Russes (143), les Indiens (130), les Mexicains et les Suisses (123), les Néo-Zélandais et les Chinois (122) et les Italiens (121).
La moyenne des 26 pays étudiés s'établit à 103 rapports/an et les cinq pays les plus mal lotis sont les Etats-Unis et Singapour (85), le Nigéria (84), Hongkong (82) et le Japon (48).

Par ailleurs, si dans l'ensemble de ces pays 44% des hommes et des femmes interrogés se sont déclarés satisfaits de leur vie sexuelle, en France ils sont avant-derniers (25%) devant les Japonais (15%). Les plus heureux sexuellement sont les Nigérians (67% de satisfaits), les Mexicains (63%), les Indiens (61%) et les Polonais (54%). Le plombier polonais est donc bienvenu…

L'enquête indique par ailleurs que la durée moyenne d'un acte sexuel est de 18 minutes. Les Français sont parmi les plus rapides (15 minutes, mais l'enquête ne précise pas qu'ils recommencent -à coup sûr- et, sans calculette, 30 mn, c'est honorable!), devant les Indiens, derniers avec 13,2 minutes. Les Nigérians arrivent en tête de la durée avec 24 minutes. La plomberie nigériane devrait connaître un regain d’activité.

Cette étude souligne par ailleurs qu'une vie sexuelle épanouie tient "aux aspects émotionnels et relationnels qui sont"primordiaux", mais ni à la fréquence des rapports ni à la capacité d'atteindre l'orgasme. Faut-il s’en réjouir ? Les clés d'une vie sexuelle épanouie, ajoute l'étude, résident dans "la qualité de la relation, basée sur la communication et la confiance". PaSiDupes avait déjà regretté d'une part que le débat participatif soit une Royal escroquerie onaniste et d'autre part que l’heure soit en France à la défiance citoyenne, sans savoir que la défiance citoyenne était également conjugale et se nichait jusqu'au fond de nos draps. Un avatar de la théorie du Dr Rosanvallon qu'il n'a pas dû approfondir plus de 15 minutes: c’est du bâclage précoce… Echangeons donc Rosanvallon contre théoricien Nigérian.
Enfin, les activités les plus recherchées par les personnes interrogées sont dans l'ordre "les massages, les fantaisies et le sexe oral". Au PS, c’est le tout oral…

Video interdite aux moins de 25 ans et aux segogols frustrés: cliquer ICI

samedi 16 juin 2007

Les conspirationnistes

Le complot permanent contre la démocratie.
Avec Thierry Meyssan et le Réseau Voltaire, nous disposons tout de même de spécimens à carrure internationale de la mise en oeuvre de la théorie du complot, un défi à la démocratie. La France n’est donc pas épargnée par ce complot conspirationniste.
On peut s’en amuser en citant des allumés de base qui croient à l’intervention extra-terrestre, voire à la domination du monde par les Annunaki (des reptiles…), ou les habitants d’Abbeville qui restent persuadés que Paris a voulu les noyer. C’est folklorique et sans conséquence. Mais des ouvrages tels que Da Vinci Code ou Cloner le Christ de Didier Van Cauwelaert sont moins anodins.

Le phénomène est d’autant plus préoccupant si on considère que certains conspirationnistes appartiennent à des réseaux internationaux, ne sont pas de doux dingues, mais de dangereux manipulateurs des masses et des médias. Ce sont en fait des perturbateurs de l’ordre établi à des fins de déstabilisation révolutionnaire. Les présenter comme des veaux ou des paumés participerait du complot. Que certains soient sexuellement différents et tiennent rigueur à l’Eglise de rester imperturbable sur le sujet de l’homosexualité est une chose, mais avoir la terre entière en horreur dépasse les limites. Se croire victime d’intolérance et l’appliquer aux autres n’est pas signe de cohérence dans le jugement, ni d’équilibre.
Jean Guitton affirmait: « Entre l’absurde et le mystère, je choisis le mystère ». Or, ce n’est précisément pas le mystère que choisissent les conspirationnistes, puisqu’ils cherchent à tout prix à donner du sens à ce qui en est dépourvu. Ce sont leurs haines viscérales qui s’expriment : « c’est Dieu qui l’a voulu » ou encore « les voies de Dieu sont impénétrables »… comme si Dieu avait appuyé sur le doigt de Lee Harvey Oswald, comme si Dieu avait jeté le tsunami sur les enfants de Thaïlande… Ils rendent cependant la religion responsable de leur mal-être, de leurs angoisses non exorcisées : elle devient une cible privilégiée.

Les conspirationnistes transfèrent leurs angoisses métaphysiques à la politique. Ils exploitent l’idée que Dieu n’empêche pas l’homme de faire le mal et l’en rende responsable. Ils ne croient pas eux-mêmes en Dieu, mais ont besoin d’un coupable. Pareillement, les états et les responsables politiques sont-ils rendus responsables du mal partout dans le monde. Les Etats-Unis sont ainsi, et depuis longtemps, présentés comme le grand Satan. Au point qu’ils auraient inventé de toutes pièces et perpétré eux-mêmes l’attentat contre les deux tours du World Trade Centre, le 11 septembre 2001, à seule fin d’accuser les amis de Thierry Meyssan en Iran, en Syrie et ailleurs ! (LIRE le billet précédent à son nom dans les libellés de PaSiDupes).
Une écrivaine vient d’écrire: « Parti des marges de sous-cultures spécialisées (ésotérisme, extrémistes politiques), le soupçon systématique se situe aujourd’hui dans le courant dominant ». Comment ne pas établir un lien avec la théorie désastreuse de la ‘défiance citoyenne’ ou de la ‘démocratie citoyenne’ de Pierre Rosanvallon, inspirateur de Sa Cynique Majesté Royal ! (LIRE les billets à son nom dans les libellés de PaSiDupes)

La conspiration est l’opium du peuple. En effet, la religion est battue en brèche et le sens du sacré disparaît. Les conspirationnistes sont en bonne voie. Certes, le communisme est exsangue, mais les théories extrémistes de déstabilisation et du complot sont encore bien vivaces. Elles ont pris une forme nouvelle. Ainsi, les Français sont-ils convaincus d’être sous la menace de multiples dangers que les médias leurs répètent inlassablement : du chômage à la maladie en passant par le libéralisme, mais ils appartiennent pourtant à la 5° puissance économique.

La mission du conspirationniste consiste à parasiter leur vote, à troubler leur pensée et à faire trembler leur main dans l’isoloir.

jeudi 7 juin 2007

LCR recrute anti-libéraux aigris et inorganisés

Ou comment ne pas passer à la trappe
La mort lente du PCF préoccupe la Ligue Communiste révolutionnaire. A qui le tour? se demande-t-elle.
La LCR, comme Rosanvallon et la République des Idées, prône une recomposition du paysage politique. Pour quoi faire, puisqu’ils ne veulent pas arriver au pouvoir, seulement le combattre et le renverser, quel qu’il soit.
La LCR dénonce la "petite musique" défaitiste de certains au Parti socialiste … Phagocyter le PS est donc maintenant l’objectif des anti-républicains!
Interrogé sur Canal +, le porte-parole de la LCR a de nouveau défendu l'émergence d'un nouveau parti "dans l'espace laissé vacant à la gauche de l'ex-gauche plurielle". Cette formation pourrait être composée de "militants, syndicalistes inorganisés dans les usines et les cités et qui se sentent orphelins d'un nouveau parti qui serait anticapitaliste, indépendant du système institutionnel actuel et qui voudrait encore changer la société".
Sur la défensive, la LCR voit "deux types de recomposition à gauche dans les prochains mois".
1- Le Parti socialiste "va vouloir faire, un peu sur le modèle italien, un grand parti de gauche avec ses anciens partenaires gouvernementaux, les Verts et le Parti communiste, tout en tendant la main à Bayrou". Sans les trotskistes, donc.
2- "Et puis il y a la nécessité de faire une autre recomposition politique mais cela ne se fera pas d'un claquement de doigts et je ne le ferai pas tout seul", a-t-il souligné.
Quel est le but recherché ?
"Ce que je souhaite dans les mois à venir dans les résistances qui sont nécessaires face à Nicolas Sarkozy, c'est de retrouver tous ces anonymes que j'ai côtoyés pour savoir si oui ou non (on peut) faire ce type de parti", a ajouté l'ancien candidat à l'Elysée. L’armée de l’ombre, en rouge et noir.
Après la défaite de Ségolène Royal à la présidentielle, le PS semble "très tiraillé par ses dissensions internes en pensant beaucoup à 2012. Moi, la seule chose que j'attends du PS, c'est qu'on se retrouve unis dès maintenant pour résister face à la droite", a expliqué Olivier Besancenot.
La LCR se méfie du défaitisme socialiste : "Il y a une petite musique à gauche qui me gonfle un petit peu, qui consiste à dire que comme Sarkozy a eu 53% des suffrages, il est légitime, donc on ne peut plus rien faire", a-t-il déploré.
"Soit! Il a eu sa légitimité mais maintenant il faut montrer, dire clairement à Sarkozy que dès qu'il s'attaquera à la sécurité sociale, à une usine, à une école, à un enfant sans papiers qui se trouve dans cette école, eh bien il y aura une gauche qui se dressera face à lui. Peut-être qu'elle est encore minoritaire, n'empêche qu'elle sera là", a-t-il assuré, prônant à nouveau l'émergence d'un nouveau parti "anticapitaliste et plus seulement antilibéral".
Besancenot prétend avoir "beaucoup de contacts, beaucoup d'adhésions" depuis la présidentielle. "Des gens qui tapent à la porte pour savoir comment on peut résister face à Sarkozy parce que la résistance face à Sarkozy, elle ne se décrète pas".
A la veille des législatives, la LCR veut apparaître comme la seule alternative au renoncement socialiste. Il présente près de 500 candidats aux législatives, sur les 577 circonscriptions que compte le pays. Avec les chances de réussite que nous connaissons.
"Rien ne dit qu'on se prendra une gamelle à ces élections parce que je crois que les gens comprennent qu'il faut un contre-pouvoir au Parti socialiste", a-t-il ajouté, tout en soulignant qu'il donnerait "logiquement" une consigne de vote nationale favorable à la gauche pour le deuxième tour des législatives.
Au risque de nuire aux camarades socialistes face à UMP conquérante, dès le 1er tour !...

Lendemain de Présidentielle: commentaires de Rosanvallon

France Culture : la parole à la contre-démocratie
Les propos de Pierre Rosanvallon, l’historien CFDT invité par la radio publique, sont imprégnés de sa théorie mais marqués de modération, au lendemain de la défaite cinglante –avec six points d’écart– de la candidate d’abord donnée victorieuse par les sondeurs à la botte, puis nettement vaincue. Pierre Rosanvallon s'est trouvé tout à coup privé de caisse de résonance. Raison de plus pour lui d’assurer lui-même la promotion de sa théorie de la contre-démocratie et de la faire vivre dans la rue : le 3° tour permanent !...

Vous pouvez écouter longuement le représentant de la gauche CFDT car l’enregistrement comporte aussi les titres et la revue de presse de France Culture du 7 mai 2007, lendemain du 2° tour de l’élection présidentielle
Si l’audition est trop longue (1 h 31), vous pouvez trouver l’essentiel, résumé, de l’entretien.
ENTENDRE

Résumé
La gauche est devenue minoritaire’, observe finement Pierre Rosanvallon, d’entrée.
Il ajoute que Royal a été battue pour ses ratés mais aussi pour ce qu’elle a réussi ! Ca démarre bien…
Sarkozy a été élu parce que ses idées étaient dans les têtes avant d’être dans les urnes: c’est reconnaître implicitement qu’il colle au pays et que le PS en est coupé…
Sarkozy, ‘Gramsci de droite’
Chirac tenait un discours centriste, d’où la rupture de Sarkozy et la reconfiguration de la structure politique
L’analyse ne peut être idéologique : Sarkozy a théorisé des langages et une culture nouveaux. Près de 10% Français se sentent déclassés et veulent être pris en charge individuellement, personnellement, alors que Royal a voulu faire progresser des groupes avec un discours collectif.
La fidélité au passé idéologique d’un parti (socialiste) n’a pas suffi ; netteté idéologique plus grande à droite, moins aboutie par Royal et le PS.
Cette campagne n’a pas été gagnée tactiquement : une rénovation seule ne suffit pas ; un changement de logiciel est nécessaire en matière de culture et de politique. Exemple de l’ école à propos de laquelle le discours dominant souligne un manque d’autorité ; la gauche s’est laissée dépasser; Sarkozy a apporté une réponse alternative à la situation existante pérennisée par la gauche et 30% d’enseignants ont voté à droite
Thème de la démocratie participative est certes un thème nouveau qui démontre que Royal n’a pas toujours été à la traîne mais le discours de Sarkozy est plus construit que celui de Marie-sEGOlène Royal caractérisé par l’exploration, non rationalisée, non finalisée
Rosanvallon se croit conforté dans sa théorie de la crise de représentation et l’appel à la contre-démocratie par le retour du politique et le ‘sacre’ du citoyen exprimé par le taux élévé de participation –en faveur non pas de la gauche souhaitée par ce socialiste CFDT– qui doit néanmoins admettre un ‘moment d’arrêt’ dans le développement de sa théorie
Rosanvallon glisse que Sarkozy n’était pas tête de file, ce qui contredit l’insistance de la gauche en campagne à rendre le candidat responsable du bilan du gouvernement auquel il a participé, pour sa part et à sa place.
Le citoyen va rester vigilant (défiant ?) prédit l’historien CFDT, bien que Sarkozy ait rassemblé bien au-delà de son camp et jusqu’à gauche.
Clivage du pays ? Réconciliation ? Les électeurs de Sarkozy ont voté pour le candidat ceux de Royal ont voté contre le candidat de la droite. Pas de chèque en blanc, pas de retour à la démocratie représentative traditionnelle : la contre-démocratie aurait de beaux jours ! Il y tient…
Les télévisions mettent en scène le rapport du candidat à la foule, selon Pierre Rosanvallon, ce qui peut pourtant être considéré comme naturel au soir des résultats ! Il regrette qu’elles se soient peu consacrées à la réflexion citoyenne. Sur le pavé des grandes villes ?
L’élection ne traduit pas une révolution conservatisme mais la rupture avec le chiraquisme ( valeurs, mérite, travail, autorité) ;
le programme de Sarkozy est un mélange de protectionnisme et de libéralisme. Ce n’est pas la victoire de la droite mais la victoire d’une redéfinition de la droite ; la gauche doit se redéfinir aussi
Olivier Duhamel observe qu’on ose désormais se revendiquer de droite ; et Sarkozy s’est employé à rendre sa fierté à la droite en même temps qu’à la France. La droite était jusqu’alors la non-gauche, définie par rapport à la gauche. Cette fois, la droite est conquérante.
Pierre Rosanvallon rectifie : Ce n’est pas la droite éternelle ! Ce n’est plus une droite négative et anti-communiste; elle est devenue la droite du changement post-communiste.
Adler évoque l’Algérie Française sans établir de parallèle et il souligne que Sarkozy n’a pas de cadavre dans le placard, à la différence de la gauche
O. Duhamel : c’est tout sauf une droite réactionnaire
; une droite nouvelle de réforme est apparue. Victoire d’une droite qui s’assume
Victoire d’un homme ou d’un camp ?
O. Duhamel : on a affaire à un animal politique de grande envergure à la volonté farouche et avec un talent à l’exécution
Pour minimiser l’ampleur de la nouveauté, rappel de 1974 avec Giscard d’Estaing qui a relancé le centre-droit
Adler note la capacité de Sarkozy à se projeter. Il croit en outre au politique. Il n’appartient pas à l’aristocratie politique : rappel de son origine hongroise et qu’il fut victime de la xénophobie : il représente bien les classes moyennes exclues
Rôle de Guaino
P. Rosenvallon : Sarkosy et Royal ont renouvelé les discours dans un effort de recomposition. Sarkozy a associé des éléments contradictoires et a ainsi séduit des populations différentes, gagnant avec une certaine somme d’ambigüité : gouverner permettra de réduire celle-ci.
Risque de déficit budgétaire dans l’effort de réalisation : baisse du chiffre du chômage et risque de stigmatisation des pauvres qui seront reconnus coupables et non comme les victimes qui subissent un système.
Ph. Adler pointe l’empiètement de Sarkozy sur les terres du FN et la polygamie qui n’est pas un problème majeur (sauf pour les femmes et les enfants !)
P.R. : la droite se recompose par absorption du FN . (Insinue-t-il que l’UMP se ‘frontise’ ?)
Alain-Gérard Slama juge avec des critères actuels la mise sur la place publique de la vie personnelle de Sarkozy (à la différence de De Gaulle : autres temps, autres mœurs !)
Discours moralisateur avec rhétorique nouvelle
Retour du Gaullisme ? Plutôt que le retour du religieux, inversement proportionnel au dépeuplement des églises ; plus de parti clérical ; le catholicisme est moins en cause que le retour à une politique émotionnelle du fait d’un déficit de rationalité ;la référence à une histoire est émotionnelle
Mobilisation de la peur des deux côtés ? Identification à un candidat et rejet d’un autre, ce dernier phénomène serait structurant
Alain-Gérard Slama souligne que les critères étaient objectifs mais sont devenus subjectifs.
A Bercy, Sarkozy traita Mai 58 en termes de liquidation à la façon de G. Orwell et souhaita la fin de la pensée unique (Rosanvallon stigmatise cette vision et en donne une analyse réductrice comme étant pour la droite simplement la pensée de l’autre!…)
Moment de différence à Bercy mais d’unanimité et concorde dans les autres discours de Sarkozy.
Prise en compte des classes moyennes : la référence à l’identité nationale propose une reconnaissance concrète et pratique qui satisfait les classes moyennes
3° tour social ? demande en termes d’emploi et d’éducation

La République des Idées se rappelle au souvenir de Sarkozy

Les laissés pour compte gémissent !
Les membres de la République des Idées ont
misé sur la mauvaise pouliche socialiste battue de six encolures (ou points) et sont donc privés de box à l’Elysée. Ils sont au bord de la crise de nerf et Le Monde recueille leurs confidences, à moins que ce ne soit des offres de service déguisées. Emmanuelle Mignon "n'a pas essayé de me débaucher. Et je ne pense pas qu'on puisse sérieusement penser à moi pour un bureau à l'Elysée", fanfaronne tristement l’un d’entre eux (lire ci-dessous).
On peut noter en passant qu’ hormis Daniel Lindenberg, ils n’ont pas signé l’appel des 150 intellos en faveur de Marie-sEGOlène Royal –(cf. libellé PaSiDupes)

Selon Claire Guélaud pour LE MONDE du 19.05.07
Jusqu'où ira la volonté d'"ouverture" et de "renouvellement" de Nicolas Sarkozy ? Le candidat avait dit qu'il irait "très loin". Fidèle à cet engagement d'entre-deux-tours, le président élu a chargé l'une des têtes pensantes de son équipe, Emmanuelle Mignon, devenue sa directrice de cabinet, de chercher à "débaucher" quelques intellectuels de gauche et de renom, proches de La République des idées. La plupart avaient fait ouvertement campagne pour la socialiste Ségolène Royal ou, moins souvent, pour l'UDF François Bayrou, mais en tout cas contre M. Sarkozy. Créée en 2002 après l'auto-dissolution de la Fondation Saint-Simon et présidée par Pierre Rosanvallon, historien, proche de la CFDT, et professeur au Collège de France, La République des idées se propose d'être à la fois "un lieu de production et d'échanges d'idées neuves" en Europe et dans le monde et un lien "entre les personnalités, les organisations, les publications qui défendent la force des idées comme moteur de l'activité humaine". Ainsi défini, cet "atelier intellectuel" - dont le trésorier est l'économiste Jean Peyrelevade, ancien "dircab" du socialiste Pierre Mauroy à Matignon -, est un vivier de personnalités réputées pour la qualité de leurs travaux dans le domaine des sciences humaines et sociales, comme les économistes Daniel Cohen et Philippe Askenazy ou l'historien Patrick Weil.
"ENGUEULADES"
"Je connais un peu Emmanuelle Mignon parce qu'elle s'est beaucoup intéressée à mes travaux sur la ségrégation urbaine et il m'est arrivé d'avoir des échanges avec elle sur ce thème, qu'elle trouve fondamental, de même que j'ai pu en avoir avec "DSK" ou François Bayrou", a indiqué au Monde Eric Maurin, auteur d'un essai remarqué intitulé Le Ghetto français, enquête sur le séparatisme social (Le Seuil, 2004). "Mais, pour l'instant, elle n'a pas essayé de me débaucher. Et je ne pense pas qu'on puisse sérieusement penser à moi pour un bureau à l'Elysée", assure ce strauss-kahnien, ajoutant toutefois : "J'ai effectivement eu vent de contacts qu'elle aurait pris pour renforcer son équipe d'économistes au-delà du cercle habituel des économistes de droite, mais je n'ai eu aucune confirmation sérieuse sur ces bruits." La tentative, pourtant, a bel et bien existé. "Elle serait bien dans la logique de Nicolas Sarkozy, qui cherche à séduire ses interlocuteurs ou à les réduire", estime, pour sa part, Patrick Weil. Interrogé à ce sujet, le secrétaire général de La République des idées, Thierry Pech, a opposé une fin de non recevoir aux questions du Monde. Tout juste a-t-il concédé, d'un ton contraint, qu'il "regrettait" la décision de Martin Hirsch d'accepter le poste de haut-commissaire contre la pauvreté que lui a proposé le président. Conseiller d'Etat, homme de gauche proche d'un Delors, M. Hirsch préside l'association Emmaüs-France depuis 2002 et dirige l'Agence nouvelle des solidarités actives. Il a été directeur de cabinet de Bernard Kouchner à la Santé, sous le gouvernement Jospin. Son ralliement au gouvernement Fillon lui a valu, semble-t-il, quelques solides "engueulades".

La confusion créée par cet article est notable. Une précision utile fait d’ailleurs défaut : à quelles dates les démarches auraient-elles été entreprises ?
Thierry Pech déclara qu’il "regrettait" la décision de Martin Hirsch d'accepter le poste de haut-commissaire contre la pauvreté proposé par le président à Martin Hirsch mais celui-ci est un proche sans être membre de la République des Idées (repid).
Eric Maurin déclare pour sa part : "J'ai effectivement eu vent de contacts qu'elle (Emmanuelle Mignon) aurait pris pour renforcer son équipe d'économistes au-delà du cercle habituel des économistes de droite, mais je n'ai eu aucune confirmation sérieuse sur ces bruits." Mais a-t-il capté le ‘bruit’ produit par Eric Besson qui a rejoint l’équipe Sarkozy ?
La séduction opère d’autant mieux que les interlocuteurs sont disponibles… et ouverts !

mercredi 6 juin 2007

Un juge agressé par un citoyen défiant

La théorie de la 'défiance citoyenne' fait des ravages.
Le temps de la confiance et de la délégation est-il révolu ? Celui de la prise en mains de son destin par le citoyen est-il advenu ? L’heure de la défiance du système a sonné. Le citoyen nouveau est arrivé !

Un citoyen-juge de Metz a expérimenté la défiance citoyenne à ses dépens lorsqu’une citoyenne défiante a pris le destin de son enfant-citoyen en main en sortant un beau couteau-citoyen de son sac pour rendre la justice-citoyenne elle-même jusque dans le bureau du juge en plein tribunal.


Les faits ?
Article du Nouvel Observateur en date du 06.06.2007
Agression au tribunal de Metz : la garde à vue
La garde à vue de la femme de 35 ans, qui a poignardé mardi le vice-président du TGI de Metz dans son bureau, a été prolongée de 24 heures. L'instruction de l'affaire sera vraisemblablement délocalisée à Nancy.
Une source judiciaire a indiqué, mercredi 6 juin à 13h00, que la femme de 35 ans qui a poignardé mardi un magistrat de Metz dans son bureau, était toujours en garde à vue dans le cadre d'une enquête de flagrance menée par la Sûreté de la Moselle. "La garde à vue a été prolongée de 24 heures", a indiqué cette source, alors que le procureur de Metz, Joël Guitton, a fait savoir qu'il n'était "pas habilité à communiquer sur le dossier aujourd'hui". Fatiah B., décrite comme une femme ayant de "graves problèmes psychologiques", a porté plusieurs coups de couteau au juge pour enfants Jacques Noris, 62 ans, qui venait de prolonger le placement de son fils de trois ans. "
Il est très vraisemblable que l'instruction de l'affaire soit 'dépaysée' à Nancy car tous les juges d'instruction de Metz connaissent parfaitement le magistrat qui a été agressé", a précisé cette source sous le couvert de l'anonymat. "Une instruction à Metz pourrait être critiquée comme étant partiale".
Appel de Sarkozy
Nicolas Sarkozy a demandé un renforcement de la sécurité des tribunaux après l'agression dont a été victime le magistrat. Il a appelé Jacques Noris dans la matinée pour "s'assurer de son état de santé" et lui "renouveler tout son soutien", a-t-on appris auprès de l'Elysée qui a précisé que Nicolas Sarkozy "recevrait le magistrat dès son rétablissement".
La ministre de la Justice Rachida Dati, qui s'est rendue au palais de justice à la demande du président, a promis de sécuriser le tribunal.
Jacques Noris, 62 ans, vice-président du tribunal de grande instance et président du tribunal pour enfants était considéré mercredi comme "hors de danger" à l'hôpital Bon Secours de Metz où il a été opéré d'urgence à l'abdomen mardi.
Une scène "hallucinante"
Peu avant 10h, le magistrat a été frappé de trois coups de couteau à l'abdomen par une mère de famille de 35 ans, furieuse de ce qu'il ait confirmé le placement de son fils de deux ans et demi chez sa grand-mère paternelle en raison de carences éducatives. Inconscient, le magistrat a été transporté immédiatement par le SAMU à l'hôpital où il a été opéré. La mère "a voulu que le juge revienne sur sa décision et, n'obtenant pas satisfaction, elle a sorti le couteau. La scène était hallucinante", a rapporté sur France-3 Me Stanislas Louvel, l'avocat de la grand-mère, qui était présent lors de l'agression.
Quelque 200 magistrats, avocats et personnels judiciaires ont manifesté en fin d'après-midi dans la cour du palais de justice pour témoigner de leur soutien à leur collègue. Guerric Henon, président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) en Lorraine, a dénoncé le manque criant de sécurité dans ce tribunal et le procureur de la République Joël Guitton a lui-même regretté qu'il n'y ait qu'une seule porte de sécurité à l'entrée du palais de justice.
Une mission sur la sécurité mise en place
"Ils sont très inquiets", a reconnu Rachida Dati à l'issue d'une rencontre avec les magistrats et les fonctionnaires. La garde de Sceaux a affirmé avoir "demandé à l'inspection judiciaire de (lui) rendre compte des circonstances de cet incident extrêmement grave et de mettre en place la sécurisation nécessaire à ce tribunal dès aujourd'hui", précisant avoir "débloqué des fonds nécessaires". Plus largement, elle a demandé à ses services "un état des lieux immédiat sur la sécurité (...) de l'ensemble des juridictions afin qu'un tel drame ne se reproduise plus".
Elle a ajouté que cette mission durerait "un mois", au terme duquel l'inspection lui présentera "le plan de sécurisation qui sera adopté pour ce tribunal mais aussi pour les autres juridictions". La ministre a également affirmé sa volonté de "lutter contre cette banalisation de la violence et cette banalisation des agressions dont font l'objet les fonctionnaires, les greffiers et les magistrats".
L'USM dénonce la fréquence des agressions
Dans un communiqué, Nicolas Sarkozy s'est élevé contre cet "acte inqualifiable". Rendant hommage à l'ensemble des magistrats "qui exercent leurs fonctions dans des conditions souvent difficiles", il a aussi demandé à Rachida Dati "de lui dresser un bilan des mesures mises en place pour renforcer la sécurité des juridictions et de lui présenter ses propositions d'amélioration".
L'USM a de son côté rappelé que plusieurs autres magistrats ont été agressés dans des tribunaux, regrettant dans un communiqué que "ces agressions répétées (soient) malheureusement révélatrices de la situation de la justice en France".
L'USM appellera "les magistrats à exercer leur droit de retrait, partout ou les conditions de sécurité ne seront pas remplies". Le Syndicat de la magistrature (SM) a également exprimé sa solidarité, estimant toutefois que "la mise en place d'un contrôle des personnes à l'entrée des juridictions pour en assurer la sécurité (...) ne suffira pas".
LIRE aussi l'article de Le Monde
Causes ?
Les juges et procureurs s’en sont ému et ont eu le réflexe français de manifester séance tenante. Les représentants syndicaux veulent plus de sécurité, sans transformer les palais de la justice citoyenne en bunkers. Ils refusent une présence policière trop visible, mais réclament du personnel de police pour contrôler les portails de détection de métaux. On observe donc que les magistrats sont piégés par leurs contradictions. Leur infantilisme idéologique éclate au grand jour dès que leur profession est touchée dans sa chair. Ils ont connu l’affaire de Rouen qui ne les a pas mobilisés outre mesure.
A titre d'exemple, on rappellera que le 8 octobre 1992, la vice-présidente du tribunal de Brest avait été blessée à coups de couteaux; qu'en avril 1994, une femme de 21 ans avait poignardé un juge de Verdun qui refusait de lui rendre la garde de ses enfants; qu'en novembre 2001, le procureur de la République de Vesoul avait été attaqué dans son bureau par un père de famille mécontent; et que le 12 décembre 2002, un juge d'instruction d'Angoulême avait été agressé à coups de cutter, dans son cabinet.
Les professeurs se font poignarder depuis longtemps, tout comme les chauffeurs de bus, par exemple, sans que l’émotion monte les marches du palais. Ecoles publiques et palais de la justice populaire restent néanmoins ouverts à tous les coups de folie. Dans les sanctuaires de la république, tout ce qui vient du peuple est sacré. Les crachats, insultes et coups de couteaux sont l’expression légitime de la colère citoyenne. Tout ce qui est citoyen est sain : Sa Cynique Majesté Royal nous a appris à reconnaître la ‘saine colère’ du peuple auquel d’ailleurs elle ne cède pas volontiers la parole ! Combien de saintes colères citoyennes seront donc nécessaires dans les sanctuaires de la république avant que les théories dangereuses, telle celle de la ‘défiance citoyenne’ soient déclarées nuisibles ?

Pierre Rosanvallon, vous sentez-vous, comme il se doit, responsable, mais pas coupable ?

vendredi 25 mai 2007

Des hussards de la citoyenneté règlent leurs comptes.

Fatwa lancée par des instits contre certains artistes
Des enseignants diabolisent en effet les artistes qui ont soutenu Sarkozy: l’inquisition laïque sévit dans les Bouches-du-Rhône. Le journal régional, La Provence, rend compte dans son édition de ce 25 mai de cet abus de pouvoir sectaire, mesquin et sournois:

Faudel et Enrico Macias
échappent au boycott
Après l’émotion suscitée par l’annonce de la déprogrammation des chansons de Faudel et Enrico Macias qui devaient constituer le final de la Fête des Ecoles , le 8 juin au Stade Vélodrome, au motif qu’ils avaient soutenu Sarkozy, la réaction de la Ville n’a pas tardé par la voix de Marie-Louise Lota, adjointe au maire, déléguée à l’Education et aux Ecoles.
« Ceux qui ont pris cette décision m’ont assuré être de bonne foi. J’ai bien voulu l’entendre et le croire. J’ai donc demandé officiellement à la présidente de la Fédération des Amis de l’Instruction Laïque (AIL) qui organise l’événement, que le programme de la Fête des Ecoles soit maintenu tel qu’il avait été établi, c’est-à-dire avec les deux chansons de Faudel et d’Enrico Macias, faute de quoi la Ville prendra des sanctions. » Et Marie-Louise Lota d’ajouter : « Nous faisions totalement confiance aux organisateurs en ne prenant connaissance de la liste des écoles participantes que la veille ou l’avant-veille du spectacle. Désormais, pour les prochaines éditions, les AIL devront nous fournir la liste des établissements qui auront fait acte de candidature et nous préciser les critères selon lesquels te ou tel aura été sélectionné ou écarté. »
Les réactions se sont d’ailleurs multipliées hier, notamment de la part du SNUipp13, syndicat FSU majoritaire chez les professeurs des écoles. Ce dernier a exprimé « son incompréhension » face à la décision des organisateurs de la Fête des Ecoles [et] selon qui « cette fête doit rester la fête des enfants en dehors de toute considération partisane. »
L’étonnant est qu’il fallait le rappeler. Mais alors que se passe-t-il dans le secret des salles de classe ? On n’ose imaginer… Les liens de confiance parents-enseignants sont-ils rompus et la défiance’ des citoyens doit-elle s’appliquer à l’encontre de certains –voire de nombreux- enseignants ?

Et les AIL, c’est quoi au juste ?... PaSiDupes y reviendra très prochainement.

Et le SNUipp, c’est quoi ? PaSiDupes s’en occupe et reviendra aussi sur son cas.

La République des Idées, qui fait donc des émules, va sans aucun doute nous éclairer. A défaut, saura-t-elle évaluer les dégâts occasionnés par les théories de ses experts de la pensée subversive ou bien vont-ils s’en féliciter ?
En attendant, les parents ne semblent pas avoir eu voix au chapître laïc et ‘citoyen’. Les 'débats participatifs' des soutiens socialistes à Sa Cynique Majesté resteront donc un exercice de style, sans suite, artificiel et pour la galerie… La ‘république du respect’ reste ainsi le concept qu’elle n’a cessé d’être et c’est à Sarkozy que nous devrons une France plus juste, si ses détracteurs bornés veulent bien s’ouvrir (ils avaient annoncé le changement!), respecter le scrutin présidentiel et reconnaître la légitimité des décisions prises dans l’intérêt du plus grand nombre : 53% de Français qui se sont exprimés à 84% . Les décisions de la majorité s’appliquent à tous, mais les ‘experts’ de La République des Idées veulent remettre en cause les principes mêmes de la République

Nous avons donc de bonnes raisons d’être sceptiques, si par ailleurs les éducateurs de nos enfants sont contaminés et restent réfractaires à ces règles républicaines et démocratiques qu’ils sont censés transmettre.
L’école de la République est-elle donc le premier obstacle à l’exercice de la liberté et de la tolérance. Quand on pense que les enseignants qui exercent ce blocage anti-démocratique et ce formatage sectaire des esprits, dès l’école primaire, à l’insu des parents qui leur confient leurs enfants, se sont très probablement illustrés dans des actions militantes radicales du réseau ESF
Rassurez-nous! Pas de racisme ici, contre un pied-noir et un beur? Ouf!

jeudi 24 mai 2007

Un Fabiusien explique comment le PS a perdu

Comment on perd une élection
Alexis Dalem
, qui est chercheur en science politique et corédacteur en chef de la "Revue socialiste", prépare depuis septembre 2002 une thèse de doctorat sous la direction de Jean Leca au sein du cycle supérieur de Pensée Politique de l’Institut d’Études politiques de Paris sur la question de la légitimité de l’Union européenne. Il confie ses réflexions au journal Le Monde du 10.05.07.
"Si elle était désignée, sa défaite serait presque assurée." Cette phrase, je l'ai écrite dans un texte publié dans ces mêmes colonnes le 25 août 2006. J'y expliquais que, malgré les sondages, qui n'ont aucune valeur prédictive à plusieurs mois du scrutin, l'équation personnelle et la ligne politique de Ségolène Royal ne pouvaient conduire le Parti socialiste qu'à un échec.
Les sondages sortis des urnes montrent que près de la moitié de ses électeurs n'a voté pour elle que par rejet de Nicolas Sarkozy. Face à un candidat moins polarisant, son score aurait été encore plus faible. Contrairement à ce qu'elle prétend, elle n'a pas engagé le renouvellement de la gauche ; elle a approfondi sa crise.


Le Parti socialiste doit accepter de tirer pleinement les conséquences de ce fiasco. Rien ne serait pire que de refuser, au nom de l'unité, d'analyser ses raisons et d'opérer les remises en cause nécessaires. Faire ce travail est d'ailleurs le meilleur moyen pour préparer les législatives : montrer aux Français, et avant tout aux électeurs de gauche, que l'on a compris leur message. Renouveler la politique, c'est d'abord cela : mettre chacun devant ses responsabilités.
Le parti a besoin d'une refondation autour d'une ligne authentiquement de gauche, d'une gauche concrète et d'avenir. C'est là l'enjeu de fond. Ségolène Royal a imposé sa candidature à partir d'une critique du socialisme français qualifié d'"archaïque". Ce discours lui a valu le soutien d'une partie du monde médiatique, intellectuel et culturel acquise à l'idéologie de la "troisième voie". Selon eux, le problème du PS français viendrait de ce qu'il n'a pas réalisé son aggiornamento social-démocrate. Le résultat de cette élection contredit cette affirmation. Le socialisme du centre porté par Ségolène Royal est mis en échec. Les Français ont préféré la présomption du changement avec Nicolas Sarkozy, si douloureux puisse-t-il être, au risque du statu quo avec le social-centrisme de la candidate socialiste.
Face aux quatre grands enjeux actuels - persistance du chômage de masse, risque de décrochage économique de la France, précarisation généralisée de la société et nouveaux périls environnementaux -, seul un projet de transformation à gauche peut être crédible. C'est ce projet renouvelé, en prise avec les enjeux de demain, et enfin sérieux qu'il faut maintenant reconstruire.
J'aurais préféré que les faits me donnent tort. En relisant ces lignes, le sentiment qui domine est celui d'un immense gâchis. Car cette élection était imperdable pour la gauche. Imperdable parce que rarement le candidat de la droite a suscité une telle peur et un tel effet de vote "anti". Parce que jamais depuis 1974 une majorité sortante n'a gagné l'élection présidentielle. [Il a gagné et a inspiré la confiance, plutôt que la défiance et la peur] Parce que le souvenir du 21 avril 2002 a fortement mobilisé la gauche. Imperdable surtout parce que tout montrait une attente de gauche très forte dans le pays. Un sondage Ipsos sorti des urnes du 22 avril révèle que, parmi les six thèmes qui ont le plus compté dans le choix des Français, cinq donnent un avantage à la gauche (chômage, pouvoir d'achat, éducation, exclusion-pauvreté, retraites) contre un seulement à la droite, l'insécurité, dont le poids dans la campagne a été bien moindre qu'en 2002. [Faites donc confiance aux sondages... Quand ils étaient un raisonnement peu lucide?]
Le candidat de la droite l'emporte, mais la France n'est pas à droite. [Gag!] La plupart des thèmes qui ont dominé le débat depuis des années sont de gauche : demande de protection contre les déséquilibres de la mondialisation, demande d'une Europe plus sociale et plus démocratique ("non" au traité constitutionnel), demande d'une protection sociale consolidée (mobilisation contre les réformes Fillon), demande d'un droit du travail protecteur (mobilisation contre le contrat première embauche), demande de services publics garantis dans les quartiers comme dans les zones rurales, demande d'une nouvelle donne écologique, demande d'une école de l'égalité réelle, demande d'un Etat fort, capable de réguler et de stimuler l'économie.
Alors pourquoi cet échec ? La principale raison, c'est Ségolène Royal elle-même, non sa personne, mais ses choix politiques. Tout autre candidat aurait probablement fait mieux qu'elle.
Ces choix, ceux d'une ligne politique perdante, elle les a arrêtés le plus souvent seule, sans consulter son parti. Ségolène Royal a imposé une droitisation des thématiques - ordre, sécurité, drapeau -, ce qui revenait à remettre au coeur du débat des thèmes favorables à la droite. Autant offrir directement l'élection à l'adversaire ! Elle a privilégié le discours sur la méthode (la démocratie participative, le "renouvellement politique") et sur le sociétal, qui sont des questions secondaires pour l'électorat. [Gag!]
Elle a délaissé les thèmes économiques et sociaux, l'enjeu européen et la mondialisation, alors qu'ils constituent la clef pour l'avenir, ce que les Français savent bien. A tel point - grand paradoxe - que Nicolas Sarkozy a pu se présenter comme le candidat de la protection contre les "désordres du libéralisme". Elle a opéré un déplacement vers le centre confirmé par l'offre d'alliance faite à François Bayrou, qui a jeté dans la perplexité de nombreux électeurs de gauche.
La campagne brouillonne de Ségolène Royal, marquée par l'improvisation permanente, a permis à Nicolas Sarkozy d'apparaître comme le candidat de la crédibilité, du rassemblement et surtout du changement, alors qu'il était le candidat de la majorité sortante. Cette campagne sans véritable ligne directrice a été trop solitaire et trop personnalisée. Les impairs se sont multipliés et les propositions sont restées floues. "Nous en discuterons après." Mais les Français ne votent pas pour des promesses de discussions !


Tout faux, en un mot. S'il y avait une leçon à tirer du 21 avril 2002, c'était qu'il fallait retrouver le chemin de l'électorat populaire. Ségolène Royal a cru y parvenir en parlant d'ordre, de sécurité et de participation, alors que cet électorat attendait un vrai changement à gauche sur le terrain économique et sociale, fondé sur des propositions précises. Résultat : sa campagne a eu un effet démobilisateur sur l'électorat de gauche. Elle n'a su rassembler ni son camp, ni sa base électorale, ni créer une dynamique au-delà. "
Vivement qu'elle prenne le PS d'assaut !

Formater le peuple, l’ambition socialiste de Rosanvallon

Il séduit l’UNSA : n’est-ce pas tout dire ?...
L’UNSA recommande la lecture de Rosanvallon dans Le Monde... Il a encore frappé!Il faut savoir à quoi nous avons échappé. Vous saurez tout, mais gardez le moral !…

Pierre Rosanvallon, historien, professeur au Collège de France
"Conjurer l'impuissance politique"
LE MONDE du 19.05.06 [à la veille du 1er tour: une tentative de pression sur l'électorat, avec l' impact que nous savons...]
Pierre Rosanvallon est historien, professeur au Collège de France, directeur d'études à ... l'EHESS, et président du cercle de réflexion "La République des idées".
Quel enseignement principal tirez-vous du forum de Grenoble ?
Ce qui a caractérisé ce forum, c'est une formidable demande citoyenne. [?! Tout est ensuite à l'avenant] Pas simplement une demande de débat, mais une demande de réflexion, d'analyse et d'implication. Les 8 000 personnes qui ont suivi les différentes tables rondes n'étaient pas des spectateurs passifs. Ils exprimaient une volonté de faire de la politique autrement, en articulant information, formation et projet. Cette dimension d'éducation populaire était très sensible.
Comment définiriez-vous cette "demande citoyenne" ?
Par la conviction que pour sortir d'une forme d'impuissance publique, il ne sert à rien de se réfugier dans l'incantation, mais qu'il faut véritablement construire une compréhension critique, nourrie à la fois du travail des intellectuels et des acteurs de terrain, de ceux qui essaient de renouveler les analyses et de ceux qui s'efforcent de débloquer des pratiques.
Ce qui m'a frappé à Grenoble, c'est cette aspiration très forte à trouver une forme d'intervention citoyenne qui aille plus loin que la simple expression électorale et même plus loin que la démocratie de participation. C'est ce nouveau type de citoyenneté active que nous avons la responsabilité de définir et de promouvoir.
Comment donner un sens politique à cette aspiration ?
Il est manifeste que l'écart est très grand entre, d'un côté, cette vitalité du débat et de la critique sociale et, de l'autre, l'inquiétude ou la déprime devant la surdité des responsables politiques. A Grenoble, il m'a paru rassurant que cette inquiétude ne débouche pas sur la sempiternelle condamnation en bloc du politique et sur un rejet de nature populiste. Longtemps, la perspective révolutionnaire a séparé les formes de compréhension et les perspectives concrètes d'action. La critique sociale ne nourrissait pas la capacité immédiate de changement et alimentait de ce fait le désenchantement, voire le désespoir.
Pour conjurer cette impuissance, il faut développer une forme d'intelligence politique qui redonne, à la fois, des instruments de compréhension et des outils d'intervention.

De quelle manière ?
L'objectif fondamental est de transformer les idées et les projets en forces matérielles. Dans l'année qui vient - et c'est normal dans une élection présidentielle -, la campagne politique va s'organiser autour de personnalités. Mais il faut tisser des rapports entre cette campagne de personnalités et une campagne d'idées et de projets autonome. Le modèle traditionnel consistait, pour la société civile, à chercher son "débouché politique". J'appartiens à une génération qui, pendant des années, a essayé de trouver la force, le leader politique, bref le bon porte-parole qui permettrait de donner sens et forme à tout ce que pensait la société civile. Cela n'a pas marché. Il faut inventer une démocratie d'interaction entre société civile et société politique, entre critique sociale et projets de réformes.
Quels pourraient être les outils d'une telle démocratie d'interaction ?
On pourrait par exemple développer des "conférences d'argumentation" au sein desquelles des acteurs de terrain, des associations spécialisées et des intellectuels travailleraient ensemble. Cela permettrait de structurer une question précise, d'en explorer la complexité, d'en éclairer les tensions pour mieux faire émerger les choix essentiels. Ce serait intervenir avant que ces questions soient en quelque sorte réduites à des prises de position et figées dans des idéologies. Ce pourrait être un outil pour passer de la perplexité à la complexité, pour sortir des idées reçues et s'engager dans une construction démocratique des conflits. Sur cette base, des "rendez-vous d'interpellation" pourraient mettre face à face des personnalités politiques et les producteurs de cette démarche. Cela contribuerait à passer d'un discours politique fondé sur des effets d'annonce ou des réponses stéréotypées à une approche plus ancrée dans une transformation effective des choses. Tout cela doit naturellement être pluriel. La campagne des personnalités est unique, la campagne des idées doit être diffuse et plurielle.
Pourriez-vous citer un exemple ?
Un exemple très simple : la lutte contre la précarité. Des groupes comme l'Agence nouvelle des solidarités actives de Martin Hirsch émettent des projets, définissent les termes d'une sécurité professionnelle, font des propositions en matière d'insertion de chômeurs de longue durée et de bénéficiaires du RMI. Après quoi il faut interpeller les politiques sur les réponses qu'ils entendent apporter à ces analyses, à ces questions, à ces critiques et à ces propositions. Les médias ont un rôle essentiel à jouer dans le développement de cette campagne d'idées. Ils peuvent être un des instruments de cristallisation.
Un autre exemple est celui de l'immigration. En laissant paresseusement se développer les préjugés et les peurs sur cette question centrale, nous avons permis à tout l'éventail politique de se déplacer vers la droite. Il faut repartir des deux questions qui sont au coeur du problème : dans quelles conditions des individus sont-ils invités à partager l'Etat-providence ? Comment articuler solidarité nationale et solidarité internationale ?
Les partis politiques ne sont donc plus capables de produire des idées et des solutions neuves ?
Les partis se sont donné d'autres objectifs, principalement de sélection des dirigeants et de positionnement idéologique. Mais ils n'incarnent pas une culture de la délibération.

Cela conduit-il, à vos yeux, à une redéfinition du rôle de l'intellectuel ?
Tout à fait. Raymond Aron disait qu'il y a deux types d'intellectuels : les conseillers du prince et les confidents de la Providence. Le conseiller du prince, c'est l'intellectuel expert. Le confident de la Providence, ce peut être le prophète ou le maître en idéologie. Il nous faut trouver une troisième voie, celle de l'intellectuel impliqué, chercheur associé de la société civile : celui qui produit à la fois la critique et l'outil.
Etes-vous sollicité par des candidat(e)s à l'élection présidentielle ?
Beaucoup d'auteurs de La République des idées sont sollicités par les entourages politiques. Mais ce qui me frappe, c'est que l'on attend d'eux des éléments de langage, des expressions neuves - comme "l'égalité des possibles" d'Eric Maurin, reprise ici ou là -, mais pas le supplément de complexité et d'intelligibilité qu'ils peuvent apporter. Or la démocratie suppose l'intelligibilité de la société qu'elle entend réformer. Ce sera l'enjeu des mois à venir.
(Propos recueillis par Gérard Courtois et Eric Le Boucher)

Pierre Rosanvallon, l'Amoco-Cadiz de la gauche

Le penseur de la contre-démocratie est-il un imposteur?
Pierre Rosanvallon impressionne les esprits faibles avec un concept nouveau qui parvient à combler le vide intellectuel de la gauche en mal d'idées. C'est dans ses publications que puisa l'équipe de campagne de Sa Cynique Majesté Royal , sans le dire et sans retenue. C'est dire si les amateurs du montage d'élucubrations de Rosanvallon sont en manque d'imagination, et peu critiques. Des échos Rosanvallonnesques sont donc perceptibles dans le pacte présidentiel de la Cynique susnommée. Et leur retentissement dans la caisse de résonance archi-vide de ce pacte ne constitue donc pas une reconnaissance qualitative, bien au contraire! Si M'dame Royal adhère à la fameuse théorie fumeuse de Rosanvallon, c'est que Miss Boulettes, la candidate socialiste, est aculturée et que son choix s'est effectué par défaut...

Alors il convient maintenant de ressortir les lignes de Rosanvallon pour ... Le Nouvel Observateur. Elles apparaissaient déjà circonstancielles, à l' époque. Rétrospectivement, elles prennent désormais tout leur sel . Jugez-en, repercutées par François Armanet et Gilles Anquetil, de l'hebdomadaire de Jean Daniel et Jacques Julliard, qui est comme d'autres indépendant de toute influence Sarkozienne... et qui ont exercé une pression démocratique sur leurs lecteurs en faveur de Sa Cynique Majesté Royal!

Les débats de l'Obs
Ce que révèle la campagne, par Pierre Rosanvallon.
"Le fondateur de la République des Idées et professeur au Collège de France analyse les interrogations des Français et de la gauche à la veille du vote. ['analyse' qui n'a rien de scientifique ni d'objectif, rappelons-le!]

Perplexité
L'intérêt des Français pour cette campagne présidentielle a été massif. Trois raisons expliquent cet engouement. Premièrement, nous assistons à une compétition très ouverte dont le résultat est toujours indéterminé. [La sincérité des journalistes militants éclate donc dès les premiers mots, puisqu'à laz date de publication - - tout le monde donnait déjà la socialiste battue! L-opération consistait donc à tromper le lecteur...] Il y a une dimension de feuilleton qui tient en haleine. Ensuite, elle met en scène une nouvelle génération de figures politiques - à l'exception de Le Pen - que l'on souhaite mieux connaître en les passant quotidiennement à la question. Mais le troisième facteur est le plus important. Si cette campagne passionne les électeurs, c'est, paradoxalement, parce qu'ils sont désorientés. Le taux d'indécis à la veille du scrutin est ainsi spectaculairement élevé. Chacun cherche à comprendre, à trouver ses marques. Pour beaucoup, le rapport entre adhésion à un candidat et rejet d'un autre reste fluctuant. Cette désorientation générale s'explique par une grande difficulté individuelle et collective à se repérer dans un nouvel univers politique qui n'est plus structuré par des processus évidents d'identification. [Royal est annoncée comme un précurseur victime de l'impréparation et de l'immaturité de l'électorat...] Le phénomène n'est pas nouveau, mais il s'est brutalement imposé avec la disparition concomitante de la scène d'une génération d'acteurs arrivés dans les années 1960, qui appartenaient encore à l'ancienne politique des identités stables. La présence de Chirac d'un côté, celle du mitterrandisme-jospinisme de l'autre ont gommé le problème pendant un temps. Les critères de choix sont aussi brouillés par de nombreuses contradictions. Vote-t-on pour ou contre ? La dimension du rejet semble plus grande que celle du projet. La défiance [le mot est lâché: les journalistes sont véritablement sous influence: ils ne pensent pas; ils répètent servilement... Car eux sont matures!] est plus forte que la confiance. L'électeur semble gouverné par une sorte de principe de précaution alors qu'il a perdu beaucoup de ses illusions et ne croit plus aux promesses. Brouillage idéologique et brouillard politique se lient. Cette perplexité générale est pour moi le sujet majeur de réflexion sur l'état de notre démocratie. [Rosanvallon est-il monomaniaque? Cherche-t-il à souligner que son idée unique et réductrice justifie le qualificatif de 'populiste' associé à ses propos? Ils sont manifestement adaptés à un public qu'il juge peu évolué et ne prétendent pas constituer une pensée structurée en système?]

Fluctuations
A l'exception de celles de Jean-Marie Le Pen, les positions des principaux candidats en compétition apparaissent aussi assez fluctuantes. On a en partie le sentiment d'être sortis d'une « politique des programmes » sans que soit apparue une véritable « politique des projets » articulée sur des concepts forts. [aveu de sa non-lecture du projet de Sarkozy et d'un sectarisme incompatible avec sa qualité supposée d'expert: les mettre tous dans le même panier nest pas sérieux!] L'effet est particulièrement frappant du côté de la candidate socialiste. A gauche, il est clair que personne ne sait aujourd'hui dans quel sens il faudrait redéfinir un nouveau progressisme. Cette panne intellectuelle la mine aujourd'hui en profondeur. La droite a moins de problèmes, car sa perspective est plus simple : gouverner le statu quo [la perspicacité de l'expert engagé n'est-elle pas aveuglante depuis que Sarkozy est président et perturbe déjà les habitudes des analystes politiques? Rosanvallon est de la race des simplistes imperturbables...] . Les gauches dans le monde sont toutes confrontées au même problème. Elles ne sont plus fortes que lorsque les compétitions électorales sont déterminées par des oppositions clarifiantes (vote anti-Bush ou anti-Berlusconi par exemple) . La gauche n'est plus capable de battre la droite que dans certaines circonstances. [Et Royal n'a pourtant pas réussi là où ses camarades ont réussi: elle a été anti-Sarkozyste sans respect aucun de la personne, elle diabolisé à outrance et a pris une dégelée... Ce bon Rosanvallon va devoir faire l'effort de revoir sa copie!] Du même coup, la gauche de gouvernement ne se transforme pas en gauche de projet. D'où le problème. [Il nous amène au coeur de sa préoccupation obsessionnelle]

Démocratie
L'accent mis sur la démocratie a été incontestablement le point fort de Ségolène Royal. On peut, certes, discuter dans le détail ses propositions institutionnelles, mais on ne peut lui dénier l'originalité d'avoir pris conscience qu'il y a en France une demande très forte de changement née d'une insatisfaction devant les formes traditionnelles du gouvernement représentatif. [Rosanvallon rend hommage ici à celle qui l'a lu...] Elle a compris [!?] qu'il fallait passer à une nouvelle étape du progrès démocratique. Elle a tenté à travers sa phase préliminaire participative de mettre en oeuvre cette dynamique. Les ricanements, voire l'indifférence, des autres candidats face à sa démarche sont pour moi un très mauvais signe. [A travers Royal, Rosanvallon s'est-il senti moqué, ridicule et humilié?] Ils démontrent qu'ils n'ont rien compris à l'enjeu. [Les imbéciles!] Ségolène Royal a su exprimer cette attente démocratique des Français mais sans vraiment parvenir à lui donner une issue institutionnelle. [Rosanvallon est donc entouré d'incapables, dont la 1ère est la candidate socialiste, ce que 53% d'électeurs savaient, sauf lui!] L'exemple des jurys citoyens le prouve bien. Elle a beaucoup fluctué sur la façon de les concevoir et, du coup, l'originalité du projet s'est un peu émoussée.[Voilà que Rosanvallon se sent trahi! Encore un qui dans sa grande sagesse reconnaît -implicitement, attention!- avoir sur-estimé Miss Boulettes...]

Ségolène Royal a compris que le citoyen veut désormais s'exprimer et mettre à la question les pouvoirs. [Rosanvallon en revient toujours obstinément à l'idée de sa vie, son enfant unique] La société n'accepte plus d'être coupée en deux entre les « experts » et les « incompétents ». [Les élections ont-elles suffi à démontrer qui sont les incompétents?] Il faut donc trouver de nouvelles formes de « participation » (le mot est cependant un peu gênant car trop global) citoyenne à la politique. Mais aucune ne peut ni ne doit constituer une solution unique. La démocratie de l'avenir ne peut être que plurielle. Les activités de surveillance, de contrôle, la participation au débat doivent se compléter. Aujourd'hui, ce qui fonde la légitimité politique, ce n'est plus simplement l'élection [= CONTRE DEMOCRATIE], c'est aussi le comportement quotidien de l'élu et le fonctionnement des institutions : la question de la « qualité » démocratique est devenue essentielle. La démocratie est intermittente. Elle doit devenir permanente. Il faut passer d'une démocratie de mandat à une démocratie d'interaction entre les citoyens et les pouvoirs. [HALTE: DANGER! court-circuitage annoné du peuple, progressivement mais sûrement!] Quand on crée par exemple une Commission nationale de Déontologie de la Sécurité, c'est qu'on devine que le pouvoir ordinaire des institutions ne suffit pas. [Ou que l'on capitule; qu'on est inconscient de l'engrenage dans lequel on met le doigt.] Il faut une démocratie plus réflexive, plus plurielle. [plus diffuse, incontrolable] Les institutions classiques de représentation et de négociation sociales sont de leur côté aussi en crise. J'ai été frappé par le rôle très discret joué par les syndicats dans cette campagne [supplantés par les associations, réseaux et collectifs], alors que tous les sondages indiquent que l'emploi et le pouvoir d'achat sont au centre des préoccupations des Français. [conséquence d'une instrumentalisation des mécontentements -par la rue, dans la rue, Monsieur Rosanvallon! En somme, la démocratie 'citoyenne', vous échappe, Dr Jekyll?] Les candidats eux-mêmes ont boudé les syndicats. La chose aurait encore été impensable il y a cinq ans. [Avant que Mrs Hyde, votre Royal créature, ne se libère!] Seules quelques ONG orientées vers la défense de l'environnement ou les problèmes humanitaires ont semblé animer le débat électoral en tant qu'« institutions d'alerte ». [le Dr Rosanvallon déclare: 'Nicolas Hulot, connaîs pas!']

Les candidats
Le discours de Nicolas Sarkozy est inquiétant car il ne cherche pas à constituer une communauté de citoyens [le critère est suffisant et définitif?], c'est-à-dire à proposer des éléments de redistribution acceptés par tous pour combattre les inégalités. Sarkozy ne pense la communauté des citoyens qu'à partir de principes d'exclusion, de séparation ou au contraire d'assimilation autoritaire. La nation est pour lui un bloc qui se constitue contre un autre. C'est une logique de l'affrontement. On ne peut définir la citoyenneté uniquement par des barrières, en refusant les ouvertures. [La lutte des classes, c'est quoi? Et ça vient d'où? Qui est-ce qui se targue encore de 'détester les riches'? Qui pratique concrètement l'exclusion sinon le camarade Hollande, le plus modéré d'entre eux?]
Il est certain que le discours « ni droite ni gauche » de François Bayrou a de son côté épousé le climat de désorientation générale des citoyens. [Sincérité ou opportunisme?] Il exprime incontestablement un désenchantement partagé. Mais Bayrou ne propose aucune solution pour en sortir. Il est un symptôme, pas un remède. On a fait à Ségolène Royal lors de cette campagne un perpétuel procès en incompétence politique. Dans ce brevet d'incompétence qui lui est décerné par la droite, il y a bien sûr beaucoup de mauvaise foi. [Exemple, un seul?] Mais il est aussi le reflet du fait que les grandes questions économiques et sociales n'ont pas été au coeur de sa campagne. [Que n'a-t-elle fait usage de son incommensurable et inégalable compétence économique, puisque l'ancien ministre de l'Economie, son concurrent de droite, n'a pas impressionné Rosanvallon, autre économiste distingué, apte à juger de tout...]
Ségolène Royal a en fait surtout voulu mettre l'accent sur sa personnalité, elle a pensé que la question de sa « capacité d'incarnation » était première. Sa force a en effet été, à certains moments, d'avoir trouvé un langage en rupture, décalé, dans lequel la société avait le sentiment de se retrouver, d'échapper à la langue de caoutchouc. [le culte larvé de la personnalité, la rhétorique et le vedettariat, plutôt que le réalisme et la compétence économique, voilà l'option Rosenvallon, relayée par le Nouvel Observateur!]
Les inquiétudes face à la mondialisation ont nourri le désarroi des citoyens. [Les citoyens, au nom de qui les socialistes parlent volontiers et en permanence, ont prouvé le contraire par leur vote nettement majoritaire. Le Sieur Rosanvallon s'arroge le droit de penser et parler pour le peuple citoyen: une façon de s'approprier le pouvoir en muselant la démocratie. Sa Cynique Majesté Royal, son admiratrice éclairée, s'apprêtait à faire de même!]
La question : que peut encore le politique ? est devenue centrale. L'irruption d'un nouvel âge du politique ajoutée à la mondialisation, à la panne intellectuelle de la gauche, à la crise du langage politique, tout cela se conjugue pour que le citoyen soit en attente d'une redéfinition de la place de la politique dans la société et fait que ses perplexités sont plus fortes que ses certitudes. [Le peuple serait donc en attente du messie? Mais Rosanvallon lui est apparu sous les traits de M'dame Royal, et mieux, de DSK!... Un peuple qui serait en attente serait un bien piètre interlocuteur, mais les socialistes, façon Rosenvallon, s'en satisferaient facilement: et vive la démocratie confisquée. Parce que 'citoyenne' dans ces conditions, ce serait alarmant!]

La gauche et la droite
La droite et la gauche ont toujours un sens. [Tant pis pour Bayrou!] Les politiques qui ont pour effet objectif de favoriser les gagnants et d'orienter les perdants vers un assistanat de plus en plus encadré sont incontestablement de droite. [C'est nouveau: une fausse vérité assénée et non démontrée. Elle est en revanche contredite par l'expérience jospinnienne, mais Rosanvallon est manifestement coupé de la réalité!] Le conservatisme culturel est en revanche dorénavant moins clivant. Car, c'est évident, les frontières gauche-droite ont bougé dans ce domaine. Il y a ainsi un repli conservateur de personnes autrefois de gauche dès qu'il s'agit de l'école par exemple. Ce repli doit être compris à mon sens comme une sorte de position refuge, correspondant à une difficulté à redonner un sens positif au réformisme sur les autres terrains. [La neurasthénie guette Rosanvallon, plus que le peuple de France: qu'il cesse de nous déprîmer!] La gauche est à cet égard en panne parce qu'elle a cru que son débat interne se réduisait simplement à une bataille entre modérés et radicaux, disons entre Strauss-Kahn, Emmanuelli et Besancenot. Comme si la social-démocratie n'était que l'extrême-gauche moins 20% ! Ou l'inverse ! Il faudra rompre avec cette approche pour sortir de l'ornière. [Pierrot, le petit mécano du Collège de France, a trouvé la panne. Alléluia!]
Historien, Pierre Rosanvallon est professeur au Collège de France. Il préside la République des Idées et est l'auteur de nombreux ouvrages, dont « le Modèle politique français » (Seuil). Il a publié l'automne dernier un essai important : « la Contre-Démocratie. La politique à l'âge de la défiance », également au Seuil."

La défiance? Le vote de défiance aux socialistes -et à Rosanvallon et consorts- est sans appel!
Le Nouvel Observateur -c'était, le croirez-vous?, la semaine du 19 Avril 2007 ! - a fait ce qu'il a pu pour populariser, voire vulgariser, une pensée aussi profonde et élaborée que celle de Rosanvallon. Une large majorité d'électeurs a donc su l'estimer à sa juste valeur...
Mais ces électeurs ne sont pas les citoyens dont rêve Rosanvallon...

mercredi 23 mai 2007

Olivier Mongin, un transversal socialiste

Olivier Mongin fait le grand écart
Olivier Mongin est à la fois le directeur de la revue française Esprit (lien Wikipedia) ET le vice-président de La République des Idées, groupe d'experts socialistes présidé par Pierre Rosanvallon (cf. libellé PaSiDupes).

Or, d'après la liste arrétée au 11 novembre 2003, Olivier Mongin est aussi membre du Comité d'orientation scientifique de l'association fondée par Michel Rocard et Dominique Strauss-Kahn, À gauche en Europe (voir libellé PaSiDupes).

Pendant la campagne de Sa Cynique Majesté Royal, Pierre Rosanvallon s'était élevé contre le pillage par le groupe Désirs d'Avenir des idées de La République des Idées, pour le bénéfice de la candidate socialiste, au détriment de leur 'collègue commun', Dominique Strauss-Kahn et de A Gauche, en Europe...

mardi 22 mai 2007

La défiance, un mal français nouveau

Les Français se croient les plus malheureux au monde.
D'où vient ce sentiment de malaise?
Les intellectuels pourraient en être la cause, plus que le chômage et la maladie. Car nos brillants journalistes n'apprennent pas que l'insolence ou l'impertinence ou l'arrogance dans leurs écoles au niveau BTS, ou à Lille, par exemple. Leur formation est placée sous influence: comment faire en neffet si on n'est pas de niveau à penser par soi-même et donc à observer la société sans a-priori. Il faut se rabattre sur une idéologie pré-cuite.

L'un des pourvoyeurs de cette nouvelle tambouille est Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France, auteur de La Contre-démocratie : la politique à l'âge de la défiance. Pour éclairer son propos, PaSiDupes vous donne copie d' un entretien publié par 20 minutes ©2006, les propos étant recueillis par Arnaud Sagnard.

Constatez-vous un manque de confiance des Français vis-à-vis de la politique ?
Il existe deux types de défiance. La première, libérale, consiste à se méfier d'un pouvoir trop fort. Ce principe de modération repose sur la Constitution, sur des règles limitant le pouvoir. La seconde est une forme de défiance démocratique exercée à travers les médias, les associations, les ONG et les groupes de citoyens. Ces voix construisent une attention démocratique et un pouvoir d'alerte.
Les électeurs semblent aussi exprimer leurs soupçons...
Avant, il y avait une confiance aveugle des électeurs, notamment dans les préceptes du Parti communiste ou dans le discours gaullien. Aujourd'hui, l'électeur ne donne plus de chèque en blanc pour un mandat. Au-delà, nous assistons à un basculement des formes de défiance positive vers une défiance négative. Au lieu d'un appel à la vigilance, le citoyen stigmatise le pouvoir, considéré comme extérieur à la société.
Comment cela se traduit-il ?
Le pouvoir politique est perçu comme mauvais, donc on le diabolise plutôt que de le corriger ou de le mettre à l'épreuve. Cette dégradation mène au populisme. Cela est très fort chez les populations se sentant abandonnées par l'Etat. Vivant en marge de la société, où il y a une précarité réelle et une incompréhension du système tel qu'il fonctionne, elles veulent le mettre à la porte.
Existe-t-il un vote qui serait une sorte de réflexe sans réelle conviction ?
L'électeur remplace les élus qui l'ont déçu. Cela ne procède plus d'un choix, mais d'une élimination. [Royal appréciera cette prémonition...] En Europe, des partis incarnent cette haine : on ne vote pas pour leur programme, mais parce qu'ils stigmatisent le pouvoir et l'immigration. Ce discours ne fait que prendre en charge ce rejet, il redouble donc le problème.
Certains pensent que les politiques sont différents d'eux, qu'ils ignorent leurs problèmes...
Il y a une demande contradictoire. L'électeur veut que le politique lui ressemble, mais qu'il soit capable de gouverner. Pour représenter le citoyen, le politique doit trouver un langage qui donne sens à la vie des gens. Le langage politique ne parvient pas à décrire le réel et à le modifier.

Comment réduire la distance entre politiques et citoyens ?
Le citoyen est réaliste, il sait qu'après avoir voté son travail n'est pas fini. Il a intérêt à être électeur et contrôleur. Il faut muscler les formes de défiance positive, civique, associative, voire les institutionnaliser. La démocratie ne peut pas être intermittente. L'établissement de jurys citoyens, afin de connaître l'avis de la population sur le pouvoir tel qu'il est exercé, est une piste. Internet offre un accès illimité à la prise de parole, mais il ne produit pas de sens commun. C'est à la fois la démocratie absolue et l'impolitique absolu. Il dissémine, alors que la politique doit cristalliser et trancher.

La démocratie ne suffirait plus: elle aurait-elle vécu? La gauche aurait ainsi besoin de nouvelles garanties, face au constat de sa propre incapacité à pratiquer la démocratie et donc à la perpétuer. Les écoles, les médias et les banlieues sont les terrains privilégiés de son expérimentation de concepts issus de la rive gauche parisienne. C'est l'escroquerie intellectuelle la plus appréciée de la gauche actuelle et, comme vous vous en doutez, de la penseuse socialiste injustement méprisée, Sa Cynique Majesté Royal.

Le théoricien malfaisant n'est-il pas contredit par les faits: les électeurs ont participé à 84% au suffrage universel pour désigner leur représentant suprême et le Président de la République est LEGITIME à une hauteur de 53%...

Un produit frelaté de la pensée française comme Rosanvallon va-t-il conserver toutes ses sinecures, bien que désavoué? Va-t-il encore longtemps incarner l'incompétence au pouvoir?