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jeudi 21 mars 2019

Grand débat: ces intellectuels qu accourent au one-man show de Macron, à l'Elysée

Une soixantaine d’intellectuels sont allés à la soupe à l'Elysée


Le chef de l'Etat a invité à dîner une soixantaine de spécialistes de l'économie ou de l'environnement après un "débat" diffusé, depuis l'Elysée, sur France Culture.
Flattés  de recevoir la parole de Macron, mais visiblement accablés
par son projet de "démocratie délibérative"
Débattre en grande pompe médiatique flatte l'ego d'un Jupiter solitaire. 
Thème du jour et ambitieux programme qui n'engage à rien : les "principaux défis et enjeux d'avenir auxquels la France est confrontée". Ca pouvait se faire en toute discrétion, mais ce "colloque" fut annoncé à grand renfort de media-relais comme la nouvelle étape du grand débat prolongé organisé pour ce lundi 18 mars entre Emmanuel Macron et une soixantaine d'intellectuels macron-compatibles sélectionnés par l'Elysée. Universitaires, économistes, spécialistes des sciences humaines ou de l'environnement avaient accepté de servir de faire-valoir du chef de l'Etat à partir de 18 heures. 
Contrairement aux débats précédents, ce n’était pas le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu qui animait le divertissement politique, distribuant la parole et limitant le temps à deux minutes par intervenant. Un partenariat avait été exceptionnellement conclu avec France Culture.

Une réunion animée par l'un des nouveaux venus à Charlie Hebdo après l'attentat de 2015, Guillaume Erner, producteur de la tranche matinale de France Culture, qui se présente comme "le média de la vie des idées" et qui l'a retransmise en direct. La crise des Gilets jaunes a d'emblée occupé le cœur du débat entre Emmanuel Macron et les 64 intellectuels "accrédités" à l'Elysée, où des chercheurs, professeurs, experts ou essayistes ont posé les bonnes questions (qui ne fâchent pas) au président sur sa politique et l'état du pays. Lors de cette soirée co-organisée avec la radio de service public de Radios France, sans durée fixée par avance, le chef de l'Etat a souligné qu'il avait tenu à maintenir ce rendez-vous malgré les violences de samedi. "En même temps", n'avait-il pas lui même abandonné Paris à Castaner pour aller se faire plaisir sur les pistes ensoleillées de La Mongie pendant que se déroulaient deux manifestations

"Ne pas réduire la vie de notre nation à une réponse d'ordre public"

Finies les "causeries" au coin du feu entre soi et retransmises aux "gueux", mais quelle différence ? 
"Je me suis beaucoup posé la question : est-ce que nos concitoyens vont comprendre [les Français gardent, à ses yeux, une sérieuse difficulté à comprendre les choses : crétinisme ? Les journalistes ne répètent-ils pas, d'ailleurs, qu'ils vont nous expliquer et décrypter l'actualité pour nous ? Consolation : les intellos ont également besoin que Macron les aide à comprendre le monde dans lequel ils vivent...] qu'on tienne ce débat à l'Elysée", loin de la masse inaccessible à sa "pensée complexe", hurlante et violente  sur les Champs-Elysées ? "Oui, au carré", veut-il croire, mais s'adressant aux auditeurs de France Culture, très peu écoutée sur les ronds-points. Ce n'est pas encore lundi que Macron ambitionnait de mettre les Gilets jaunes à niveau...

"Car de moins en moins de monde est dans la rue le samedi" et "ceux qui ont initié cette crise sont des gens qui veulent détruire les institutions, pas des manifestants", a-t-il lancé. On croyait entendre Ruth, Christophe, Patrick, Jean-Jacques, Jannick et les autres ! " Interrompre ce débat, c'était dire que, quand la violence absolue s'exprime un jour, on n'aurait plus le droit de réfléchir le jour d'après. J'assume totalement le caractère essentiel de cette discussion, car je ne veux pas réduire la vie de notre nation à une réponse d'ordre public", a-t-il ajouté, inconsciemment condescendant.

Répondant au premier intervenant, l'écrivain Pascal Bruckner, qui réclamait le retour de l'ordre public - ça tombait bien, après le préambule présidentiel - , Emmanuel Macron a expliqué aux intellos que, si le droit de manifester était protégé, les violences du samedi étaient le fait d' "émeutes de casseurs, qui ne savent plus pourquoi ils sont dehors sauf détruire". Réclamer la démission de Castaner équivaut donc à chasser Macron. Manifestations interdites sur les Champs-Elysées en cas de présence d' "ultras" - qui arboreraient un badge obligatoire délivré par la préfecture de police -, préfet de police de Paris limogé - et remplacé par celui d'Aquitaine qui n'a pas particulièrement brillé à Bordeaux - , contraventions alourdies - avec l'approbation enthousiaste du p'tit Darmanin - : le premier ministre Edouard Philippe  - il était où le samedi 16 mars de tous les débordements? - a annoncé lundi une batterie de mesures "fortes" pour répondre aux violences ayant marqué la dernière manifestation (en date) des Gilets jaunes à Paris.

Interrogé ensuite sur la création d'un revenu universel, la taxation des plus aisés, le creusement des inégalités ou encore la transition écologique, le chef de l'Etat a, comme lors de chacune de ses réunions dans le cadre du grand débat, défendu ses choix politiques, comme celui d'aider les entreprises pour créer des emplois ou de refuser l'idée de "décroissance". Le débat avec les intellos n'a donc rien apporté, si ce n'est un surcroît de dépenses publiques inutiles.

Quatre régions en attente du messie

Résultat de recherche d'images pour "Macron 60 intellectuels Elysee"
Macron et ses 60 voleurs intellos
Combien de réfractaires parmi les personnalités présentes ? 
Figurent les philosophes Marcel Gauchet, Souad Ayada et Monique Canto-Sperber, les sociologues Jean Viard et le socialiste Michel Wieviorka, le psychiatre Boris Cyrulnik, le climatologue Jean Jouzel, les économistes Philippe Aghion, auteur du programme économique du candidat Macron, et Jean Pisani-Ferry, membre de l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron, ainsi que les Prix Nobel Serge Haroche et Jules Hoffmann
Certains ont refusé, comme l'économiste Frédéric Lordon (animateur de "Nuit debout"), très critique de la politique d'Emmanuel Macron, qui a publiquement expliqué sa décision de ne pas s'y rendre lors d'un rassemblement à la Bourse du travail à Paris.

Cette rencontre est organisée trois jours après la fin annoncée pour vendredi 15 mars de la première partie du grand débat lancé le 15 janvier. 
Emmanuel Macron a tant à expliquer ! Mais, puisqu'il a besoin d'une rallonge de quinze jours au moins et qu'il ne devrait pas effectuer un nouveau déplacement la semaine prochaine dans ce cadre, c'est seulement dans trois semaines que les chaînes d'information pourront retourner à une vie normale, après huit "actes macroniens" ces deux derniers mois. 
Macron repousse ainsi ses rencontres attendues dans quatre régions : en Bretagne, notamment les "illettrés" des abattoirs Gad dans le Nord-Finistère, en Corse, avec les autonomistes, où, comme se serait le cas dans les Hauts-de-France (agriculteurs, Air France et anciens de Goodyear) et le Pays de la Loire avec les zadistes de Nantes, avec les élus , exclusivement...
Il a échangé durant plus de huit heures avec des intellectuels de tous les horizons, principalement des hommes, à qui il a demandé "de structurer le débat". 

"On imagine mal une telle rencontre à la Maison Blanche !"

Saillie pouvant froisser le quadra, si cette évocation polémique n'était due à l'expert socialiste de l’identité et de l’immigration, spécialiste du FLN et des événements d'Algérie et du système Bouteflika, Michel Wieviorka, qui a remercié Emmanuel Macron d’avoir réuni des intellectuels "de tous les horizons" [sic] et "à l’Elysée".  Un bon départ ? 

Des critiques assassines qu’Emmanuel Macron a pu émettre à leur endroit, notamment quand il était candidat, il n’a pas été question lundi soir. Les " intellectuels stars ne m’intéressent pas tellement", avait ainsi confié le candidat d’En Marche !, durant la campagne, à l’écrivain Philippe Besson qui a rapporté ces propos dans un bouquin; il les accusait alors "de faire du bruit avec de vieux instruments"… Aujourd’hui, après quatre mois de manifestations tous les samedis, Emmanuel Macron a besoin d’eux : à l’heure où "tout se vaut", il leur assigne désormais  "la responsabilité de structurer le débat".
Sous les ors de la salle des fêtes rénovée à grands frais de l’Elysée, Macron a estimé qu' "interrompre ce grand débat, c’était donner raison à la violence absolue". Or, selon le général solitaire et sans armée,  "on ne peut pas s’arrêter à la tyrannie d’une irréductible minorité", a-t-il répété un peu plus tard. 
De quoi apaiser la colère des irréductibles Gilets jaunes ?

vendredi 5 octobre 2018

Michel Onfray à 'Manu' Macron : une lettre ouverte chargée d'insinuations sexuelles

C'est cru et sans concessions

France Culture a mis à l'index (si on ose dire) Michel Onfray et s'est exposée à une riposte cinglante

A-t-on jamais vu une étreinte aussi chaude entre Manu et Brigitte ?
Le philosophe s'est fait plaisir dans une lettre ouverte au président de la République, publiée le 4 octobre sur son site personnel. Des démocrates aussi vigilants qu'exemplaires se refusent à y voir une détermination du pouvoir à faire taire les voix fortes d'opposition, tant Onfray se lâche et fait fi des règles de l'"ancien monde" en matière de moeurs privées. Onfray n'hésite pas en effet à souligner que c'est Macron, par son comportement 'no limit', qui autorise, voire appelle cette promiscuité gravement irrévérencieuse.

Fin septembre, dépité par la décision de France Culture de ne plus diffuser ses conférences l'été prochain, Michel Onfray annonçait qu'il renonçait à sa participation à l'Université populaire de Caen. "Je n'ai même pas été prévenu directement. C'est mon éditeur, Patrick Frémeaux, qui m'a transféré un mail qu'il avait reçu de la directrice de France Culture", explique-t-il au Figaro. "Sandrine Treiner met fin unilatéralement à [cette] collaboration sur la chaîne qu'elle dirige - avec pour tutelle un ministre nommé par Emmanuel Macron", écrit-il dans son communiqué, dénonçant l'inélégance de la méthode et laissant entendre que la décision est de nature politique.

France Culture a réagi sèchement à sa mise en cause par le philosophe
"Il n'y a aucune pression politique; c'est ridicule. Nous l'avons énormément soutenu, mais il n'y a pas de passe-droit à France Culture et, en termes de pluralisme, la question se posait de diffuser chaque été un seul et même essayiste. Notre antenne est libre de tout pouvoir, du pouvoir politique, mais aussi du pouvoir de Michel Onfray," affirme la directrice, contactée par Le Figaro.
 

"Evidemment, personne n'admettra de pression politique", gronde Onfray.
Il estime que la liberté d'expression est en péril dans notre pays. "Certains en ont marre de Zemmour ou de Finkielkraut. Quand il y a une pensée critique, on préfère déconsidérer le penseur plutôt que d'affronter sa pensée. Il faut qu'Eric Zemmour soit raciste. Je ne sais pas ce qu'on va me trouver", lâche-t-il, indigné.

Ce 4 octobre, le philosophe publie un écrit accablant

Certains refuseront de noter une volonté politique manifeste de mise à mort médiatique, au prétexte du populisme d'Onfray, tant ses allusions aux préférences homophiles de sa cible sont limpides. D'autres se réjouiront de le voir larguer les amarres, rompant définitivement avec le politiquement correct. Tout est possible dans le "monde nouveau"...


Message de Michel Onfray à @EmmanuelMacron : "Comme je dispose de plus de temps pour moi depuis que mes cours à l’@UPCaen sont passés dans la moulinette de ton rectum citoyen, je t'annonce que je t’écrirai plus souvent..."
La lettre entière à lire ici : https://t.co/folH4BrtUs
— Michel Onfray TV (@MichelOnfrayTv) 4 octobre 2018

Lettre à Manu sur le doigté et son fondement
Votre Altesse,
Votre Excellence,
Votre Sérénité,
Mon cher Manu,
Mon Roy,
Mais aussi :
Mon Chéri,
  Je me permets en effet cette familiarité, mon cher Manu, car des photos t’ont récemment montré partout sur la toile aux Antilles enlaçant un beau black, bodybuildé en prison, luisant de sueur tropicale, ce qui semblait te ravir jusqu'au plus profond – si tu me permets l’expression… Ton sourire béat montre en effet que ta dilection va plus facilement à qui accompagne son selfie avec toi d’un doigt d’honneur qu’aux intellectuels qui n’ont pas l’heur de te plaire parce qu’ils ne te font pas la cour. Décidément, tu sembles n’aimer que ceux qui te font savoir leur amour d’une façon qui ne prête pas à confusion : il faut t’enlacer torse nu pour te plaire, essuyer sa transpiration sur ta chemise blanche, et passer plus de temps en salle de sport qu’en bibliothèque. Je comprends dès lors que le philosophe Etienne Balibar, avec lequel tu dis avoir rédigé un mémoire universitaire sur Machiavel, n’ait plus le souvenir de toi. Il n’est probablement pas assez couvert de sueur, trop âgé et trop intellectuel à ton goût.
  A ceux qui voudraient augmenter un peu leur culture, ce qui n’est pas de trop ces temps-ci, consultons l’encyclopédie en ligne Wikipédia, soyons fous ! Elle nous donne cette signification du doigt d’honneur : "Le majeur dressé autour des autres doigts baissés évoque un phallus et le reste de la main, un scrotum". Traduction pour qui ne maîtriserait pas toutes ces subtilités lexicales, il s’agit tout bonnement d’un "doigt dans le cul". Le doigt, on voit bien à qui il appartient, le cul, on se tâte – si je puis dire ! Est-ce le tien personnellement ? Auquel cas c’est ton affaire, mais n’en fais pas un étalage public : un président, ça ne devrait pas faire ça comme dirait l’autre… Ce cul, est-ce le nôtre en tant que tu incarnes la souveraineté populaire ? Est-ce celui de la France dont tu es le corps mystique ? On ne sait. Mais cette fois-ci, ça nous concerne. Et permets qu’on puisse ne pas jouir d’une pareille intromission dans notre intimité sans notre consentement. Demande à madame Schiappa : c’est la définition légale du viol.
  Quoi qu’il en soit de ce fondement et de son propriétaire, c’est proprement manquer de doigté envers la République que de se laisser mettre de la sorte en arborant ce sourire radieux qui témoigne de ton contentement. Pareil goût relève de ta vie privée qui est celle du second corps du roi, elle ne devrait pas affecter ton premier corps qui est politique et républicain. Ce sourire, c’est le même que tu arborais sur les marches de l’Elysée le jour de la fête de la musique en compagnie d’une brochette d’individus, eux-aussi férus de ce très subtil langage des signes. On ne dira pas que tu caches ton jeu. Il n’y a que les crétins pour feindre que tu dissimules. Tu es du genre à nous le mettre bien profond, pour dire clairement ce qui ne devrait pas te choquer sous forme de mots, puisque la chose te ravit quand elle se trouve exprimée sous forme de geste. Mais mettre ou ne pas mettre, là est la question…
  Or, cette question, tu l’as franchement résolue. Car, depuis quelque temps, tu montres en effet que, toi ou tes services, vous n’avez pas grand souci de la légalité (je ne parle plus de moralité, on sait désormais dans quelle estime tu tiens toute morale…), je parle de légalité. En adoptant cet angle de vue, on voit bien comment tu nous la mets, tu nous le mets, tu nous les mets… 
  D’abord, premier doigt, il y eut cette étonnante évaporation de tes bénéfices en tant que banquier chez Rothschild : tu sembles en effet avoir habilement fait disparaître cette somme considérable de ta déclaration de patrimoine avant les présidentielles. Quid en effet des cinq millions d’euros que tu as engrangés comme banquier pendant huit ans et dont personne ne retrouve la trace ? (source : "Cinq millions d’euros en huit ans, où est l’argent, Emmanuel Macron ?" dans Economie Matin du 16 février 2017). Cinq millions, ça en fait des billets de cinq euros que tu voles dans la poche des étudiants qui reçoivent l’APL !
  Ensuite, deuxième doigt, il y eut cette soirée de levée de fonds à Las Vegas qui a permis, via des facturations de Havas-Business, le prestataire de service de cette soirée apparemment effectuée sans appel d’offre, donc illégalement, de dégager de considérables marges, en dizaines de milliers d’euros, pour le candidat que tu étais alors. Qui organisait ce genre de soirée fort peu légale ? Muriel Pénicaud, ton actuelle ministre du travail (source : "Déplacement de Macron à Las Vegas : la très chère soirée organisée par Havas" dans Le Parisien du 8 juillet 2017). Fillon est tombé pour trois costumes : cette seule soirée t’aurait permis d’acheter des pardessus et des pantalons pour tout ton gouvernement et leurs cabinets pendant de longues années. Or, ce ne fut pas la seule soirée ayant permis des largesses à ton endroit.
  Troisième doigt, devenu président, il y eut l’affaire Benalla. Chacun a eu le loisir, durant ce feuilleton de l’été débordant sur la rentrée, de voir combien et comment tu couvrais qui te couvre. Entre mensonges, stratégies de communication, enfumage, intoxication, désinformation, instrumentalisation, bien malin qui peut désormais savoir où se trouve la vérité. Dans cette affaire, je veux n’en retenir qu’une. C’est une affaire dans l’affaire. Quand ton petit protégé s’est retrouvé en garde à vue, la police n’a pu effectuer une perquisition à son domicile pour cause de légalité : elle n’intervient pas la nuit. Comment se fait-il qu’une équipe ait pu être diligentée pendant ce temps-là au domicile de Benalla pour ouvrir son coffre et faire disparaître son contenu, dont des armes à feu ? Qui a dit quoi, et à qui, pour que ce forfait qui entrave la bonne marche de la justice ait été commis ? Et par qui ? Il faudrait demander à feu Gérard Collomb et lui demander si ça n’a pas un peu à voir avec sa récente démission… On ne fera croire à personne que ce faux cambriolage ait pu avoir lieu à cette heure, dans ce lieu, dans cet endroit de l’appartement d’un homme que tu protèges contre vents et marées, sans que tu sois un peu au courant ! Qu’y-a-t-il entre lui et toi pour que se trouvent détruites les preuves des coups tordus de cette affaire ? De quels doigts et de quels fondements symboliques, ou non, est-il ici question ? (source : "Affaire Benalla. Compagne introuvable, coffre-fort disparu… les zones d’ombre subsistent" dans Ouest-France du 23 août 2018)
  Puisque nous sommes dans la cambriole, ajoutons un autre forfait, ce sera le quatrième doigt, nous ne sommes pas bien loin de toute la main. Chacun sait désormais que la communication de monsieur Benalla, qui mettait tant dans l’embarras monsieur Collomb (un nom qui, je le jure sur ta tête, n’entre en rien dans ma métaphore filée du doigt et du fondement…), est pilotée par la Reine Mimi.
  Qui est Mimi ? Laissons parler les éditions Grasset qui publient bientôt une biographie non autorisée du personnage. Voici la quatrième de couverture du livre en question : "On l’appelle 'Mimi'. Michèle Marchand, la papesse des paparazzis, la gardienne des rumeurs, des secrets de la politique et des affaires. Elle collectionne les scoops sur les puissants mais elle a compris que le plus utile n’était pas de les vendre. Les posséder suffit. Et en parler, ici ou là. Elle ne dispose d’aucun titre officiel mais 'Mimi' se rend tous les jeudis à l’Elysée. Son agence de presse, Bestimage, a l’exclusivité de l’image de la Première Dame et de celles, privées, du couple Macron. (sic !) Une manne. Et une première. Jamais un couple présidentiel n’avait concédé un tel passe-droit à une 'petite marchande de photos'. Comment 'Mimi' a-t-elle pris le contrôle des secrets de Paris ? Pourquoi lui est-il accordé tant de privilèges ? Que sait-elle ? Que tait-elle ? Difficile d’enquêter sur cette femme, puissante et redoutée. Ses amis se taisent et ses obligés ont peur." Et puis ceci, qui ne manque pas de piment : "Garagiste, tenancière de boîte de nuit, mariée à des braqueurs puis à un policier, championne de ski, reine de la presse people… avant d’arriver au cœur du pouvoir. La vie de 'Mimi' est une énigme et un vertige."
  On comprend que ce vertige en donne à d’autres. Voilà pourquoi, fort étrangement, l’appartement de l’un des journalistes a été cambriolé. Par qui ? Toi seul le sait me semble-t-il. Ou Monsieur Collomb, qui a récemment fait ses valises… comme un voleur ! Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que l’équipe de monte-en-l’air qui a œuvré sur le coffre fort de Benalla était aussi de service chez l’un des biographes de la désormais fameuse Mimi. (source : "Un des biographes de 'Mimi' Marchand mystérieusement cambriolé" dans L’Obs du 26 septembre 2018).
  Pour les besoins de ma démonstration, je sais que tu me comprendras, j’ai besoin d’un cinquième doigt. De sorte qu’ainsi, nous pourrons franchement parler d’un "Fist Fucking" – autrement dit, pour ceux qui se trouveraient autant déroutés par cette expression formulée dans la langue de Shakespeare que par les subtilités lexicales du corps humain, voici une libre traduction de mon cru : "La main, puis tout le bras dans le cul". Tu m’excuseras toutes ces variations proctologiques, mais c’est toi qui m’y contrains, après avoir commencé aux Antilles…
  A plusieurs reprises, celui qui te sert de Benalla pour tes discours, Sylvain Faure, a fait savoir que tu n’appréciais pas un certain nombre d’intellectuels - dont ma pomme ! Il fut dit un temps qu’un genre de "cellule riposte" allait être mise en place pour répondre aux idées "nauséabondes", bien sûr, de ces personnes dont j’étais et dont je suis. Notre Sylvain avait alors sorti du chapeau les noms de Michel Serres et de Pierre Nora : tu voulais du sang neuf et rajeunir la société française, ces académiciens totalisent 174 ans à eux deux, c’est réussi. (source : "Le devoir de mémoire de Macron" dans Le Parisien du 11 juin 2017).
  Tout le monde a pu voir que tu étais capable de changer la loi pour récompenser Philippe Besson qui est à ta personne ce que Heidegger fut à Hitler, Sartre à Staline, Sollers à Mao puis à Balladur… Tu as en effet décidé de faire voter un texte permettant d’ouvrir une vingtaine de postes de consuls généraux supplémentaires à des fonctionnaires comme à des non-fonctionnaires afin de rendre possible ce hochet à offrir à ton ami avec l’argent de la République. (source : "Ce décret qui permet de nommer Philippe Besson consul à Los Angeles" dans Le Parisien du 30 août 2018).
  Un homme qui est capable de passer par-dessus la loi pour récompenser un intellectuel qui le…, qui le…, disons, qui chante ses mérites, n’aurait pas à se forcer beaucoup pour faire savoir combien il lui plairait que ce philosophe, qui lui déplaît, cesse de voir ses cours diffusés sur le service public ! Je dis ça comme ça ! Après la fraude fiscale, trois doigts, les cambriolages, deux doigts, la promotion d’un ami comme avers d’une médaille dont le revers est l’éviction d’un ennemi, cinq doigt, voilà, le compte est bon : la main est passée tout entier, le bras peut suivre…
  Voilà un an que Votre Altesse, Votre Excellence, Votre Sérénité, Mon cher Manu, Mon Roy, mais aussi : Mon Chéri, tu es au pouvoir. Et tu nous régales chaque semaine avec de nouvelles aventures. Il te reste quatre ans de règne.
  Je t’annonce une bonne nouvelle : comme je dispose de plus de temps pour moi depuis que mes cours à l’Université populaire sont passés dans la moulinette de ton rectum citoyen, je me réjouis de pouvoir t’annoncer que je t’écrirai plus souvent que je ne l’avais prévu lors de ma première lettre. Cette perspective nouvelle me donne le même sourire que toi, mais pour d’autres raisons : je suis ravi !
  On sait que le sage montre la lune et que l’imbécile regarde le doigt : pour ma part, j’en prends le ferme engagement, je ferai part égale entre la lune et le doigt…
  Salut Manu
Michel Onfray
***

Michel Onfray fait allusion à une autre lettre ouverte
adressée à "Manu" Macron; en date de début septembre, on peut la lire ici, ou l'écouter, lue par son auteur : "On dirait du Dieudonné"...


Ses "métaphores scatologiques", ses "blagues homophobes" et son "humour sur le viol" 
n'ont pas pas manqué d'être dénoncées
, notamment par Marilyn Maeso, enseignante en philosophie et "autrice" (!) du livre 'Conspirateurs du silence' (notamment sur la piètre qualité du débat), doctorante et monitrice en philosophie à l'Université Paris IV (Paris-Sorbonne):
Entre les clichés homophobes, l'overdose de ressentiment et la boutade lourdingue sur le viol, on réalise en effet, à lire cette lettre, le degré d'élévation intellectuelle dont l'absence de Michel Onfray sur France Culture nous prive.

Tristesse.https://t.co/hESbzS1n6d
— Marylin Maeso🕯 (@MarylinMaeso) 4 octobre 2018

Florilège de quelques autres réactions de même teneur :
"Onfray, toujours plus bas dans l'immonde (et je n'ai lu qu'une qz de lignes). 

Dommage que le délit d'offense au chef de l'Etat n'existe plus

Il y a ici matière à condamnations pénales nombreuses.
Cet homme m’inspire un profond dégoût. Sa lettre est à son image, immonde.
On dirait du Dieudonné.
Je suis d'accord avec toi Marylin. Je suis triste que Michel Onfray use de telles méthodes pour sa démonstration. Ça ne lui ressemble pas. La lecture de cette lettre m'a fait penser à un intellectuel à bout de souffle. Juste aigri.
Comment en est il arrivé là ? les suites de l'AVC ? c'est possible ? en tout cas c'est très loin des conférences qu'il a pu donner il y a quelques années...
Pauvre Michel Onfray qui se noie de plus en plus dans sa haine putride. J'ai pas continué la lecture plus loin que la 1ère allusion grassement homophobe ("jusqu'au plus profond") digne des pires fachos de Twitter. Sidérant. On est bien loin du Onfray du début allant chez Pivot. »

A l'inverse, la lettre d'Onfray a ravi (mais aussi inquiété quelque peu) le journaliste Clément Weill-Raynal (candidat n avril 2018, sur la liste Force ouvrière pour la commission de première instance de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels, CCIJP):
Michel Onfray se lâche et cogne très, très fort sur Macron. Il y a un peu du Jean-Edern Hallier dans le fond et la forme. Le philosophe finira-t-il enlevé - lui aussi - à la "Closerie des Lilas" par les barbouzes de l'Elysée ? 

Public différent, réactions différentes... Petit aperçu :

"A lire absolument. C'est du très très lourd. Et c'est très drôle.
Merveilleux et drolissime ! Et remarquablement écrit ! J'ai peur pour lui... Effectivement !
Génial merci mr Onfray de nous offrir ce fist fuking du fondement présidentiel un grand moment orgasmique.
Magnifique lettre j'applaudis des 10 doigts... bravo Mr Onfray de lutter contre cette dictature digne de l'URSS.
Une Vérité crue. Des mots assassins et sans concession. Un président mis au pilori. L'histoire est en marche."

Laissant chacun libre de son jugement, je finirai sur un tweet qui renvoie les deux hommes dos à dos, à leur commun narcissisme :
Règlement de compte entre narcissiques ?🤨 Onfray critiquait déjà Macron sur le fait que cela faisait petit garçon de tenir la main de sa femme.🙄Lire cette lettre et se dire que Montaigne avait raison en disant que l'affirmation et l'opiniâtreté sont signes exprès de bêtises. https://t.co/VxIq3sxKkz
— Saguy (@SaguyMak) 4 octobre 2018


mardi 3 avril 2018

Social : vers une convergence des luttes, rêve collectif ?

Cheminots, éboueurs, pilotes, étudiants ou encore électriciens cessent le travail aujourd’hui

Ces professions sont parmi les nombreux secteurs qui protestent contre leurs conditions de travail et les réformes Macron

Sept syndicats et organisations représentant la SNCF se sont mobilisés dans la rue le 22 mars 2018
Sept syndicats et organisations représentant la SNCF se sont mobilisés dans la rue le 22 mars 2018
Après de premières mobilisations résignées  - du fait d'un passage en force annoncé par ordonnances -  contre une Loi Travail finalement votée sans encombres par la majorité présidentielle majoritaire, ces différents mouvements de contestation lancés en ce début de printemps pourraient cette fois-ci bénéficier d’un effet d’accumulation susceptible de gêner un gouvernement qui a eu jusqu’ici les mains libres pour mettre en place son projet de libéralisation de l'économie française. 

Savoir si les syndicats et les travailleurs peuvent devenir la principale force d’opposition à son action, c'est désormais tout l’enjeu pour un exécutif autoritaire qui orchestre la grogne de la population sur ses chaînes d'information dévouées. Dans la matinée, CNews a montré en boucle des usagers désemparés traversants les voies SNCF et son chroniqueur économique a chiffré le coût de ce mouvement social à 20 millions par jour, pour ...l'Etat. A 25, à Air France, et toujours pour le contribuable !

Guillaume Erner a posé la question à ses intervenants de nous "expliquer" la situation (sur BFMTV, ils nous la "décryptent")...
Sociologue et professeur à Science Po, ce journaliste est passé de France Inter (avant que Mathieu Gallet ait demandé à Olivier Poivre d'Arvor de quitter la direction de France Culture), à France Culture, dans le même temps où d'autres chroniqueurs du service public ont, comme lui, intégré Charlie Hebdo après l'attentat de 2015.

Cet entre-de soi de France Culture a réuni :
Sophie Binet, co-secrétaire générale de la CGT des cadres et techniciens (UGICT-CGT)

et Manuel Cervera Marzal, sociologue 
Ce sociologue n'a donc pas échappé à la règle générale consistant à diplômer ou recruter, en fonction du profil politique.

Il rectifie le tir sur Twitter:
 en effet, 
certains mots sont impopulaires : les "acquis sociaux" évoqués à 7h00 deviendront des "droits existants" à 7h59...

La CGT a trouvé la solution : faire payer les Français
Faire gonfler la dette publique n'est pas un problème pour l'extrême gauche. 
Et si, sous la pression de l'Union européenne,  le pouvoir macronien prend dans les poches du contribuable, la CGT et Mélenchon hurleront-ils à un impôt déguisé ? 

Manuel Cervera Marzal, chercheur associé au CESPRA (EHESS), foyer de gauchistes, nous est envoyé par la Casa de Velázquez de...Madrid).
Dans Libération, en juin 2016, cet expert envisageait "Podemos ou la possibilité d’un tournant historique", preuve que l'idéologie rend clairvoyant... "Seule autre option sérieusement envisageable : un "gouvernement du changement" réunissant les deux forces de la gauche, Partido Socialista Obrero Español et Unidos Podemos," écrivait l'influenceur : manipulateur ?

La convergence des luttes commence par la convergence idéologique des accapareurs du service public.

dimanche 12 juillet 2015

Viré de France Culture, Olivier Poivre d'Arvor raconte pourquoi, selon lui

Divorce pour incompatibilité d'humeur avec Mathieu Gallet

L
es raisons du conflit entre la direction de France Culture et OPDA, limogé le 9 juillet dernier


OPDA, imbu de sa petite personne
Mathieu Gallet, le PDG de Radio France, reprocherait à Olivier Poivre d'Arvor, directeur de France Culture (ci-contre), de s'"être exprimé sans son visa" sur son projet pour le groupe public.  "Mathieu Gallet m'a reproché lors d'un entretien jeudi soir de m'être exprimé sans son visa dans deux interviews sur son projet pour Radio France que je qualifiais d'uniquement construit sur une logique budgétaire et comptable", a rapporté à l'Agence de presse officielle Olivier Poivre d'Arvor, qui était en poste depuis septembre 2010: suivez mon regard !
"Nous nous sommes aussi opposés récemment sur sa demande d'éviction de producteurs qui se sont manifestés de manière critique pendant la grève de Radio France", a-t-il ajouté. "Je trouve cette décision incompréhensible et irrespectueuse de la liberté éditoriale", a-t-il jugé, précisant qu'il quittera effectivement son poste fin août.

"Plus les conditions d'exercer normalement mon métier"

Le diplomate (?) avec un simple DEA de philosophie!, journaliste et écrivain se veut plus précis. "Le sujet n'est pas tant mon départ mais les moyens qui sont mis à la disposition du service public de la culture. Le budget de France Culture est en baisse cette année et je n'avais plus les conditions d'exercer normalement mon métier. On me demandait des choix éditoriaux que je réprouvais. C'est aussi ce que j'ai dit à Mathieu Gallet", soutient le frère de Patrick Poivre d'Arvor.
Ce dernier, ex-présentateur vedette du 20h00 de TF1 et père de sept enfants, travaille désormais -comme son frère jusqu'ici- pour le service public, depuis mars 2012, sur la chaîne Parlementaire, depuis avril 2012, sur France 3 et depuis janvier 2014 sur Radio Classique...

Olivier Poivre d'Arvor accable son employeur, Radio France, qui traverse une crise, certes moins visible qu'au printemps, mais tout aussi profonde. "L'ensemble de la Maison ronde manque d'une ligne éditoriale claire autant que d'un projet, poursuit-il, se plaçant résolument au-dessus des contingences budgétaires. Même si France Culture s'est montrée turbulente et agitée pendant la grève, c'est une antenne et une radio pleine de vie, de talents et d'inventivités, soutient-il, pour ne pas dire une chaîne irresponsable et rebelle, du fait de son empreinte idéologique forte. 
Le syndicat UNSA accuse d'ailleurs"En remerciant Olivier Poivre d'Arvor, le président s'en prend à la liberté de parole et l'esprit critique qui anime cette chaîne". "C'est un véritable tremblement de terre pour les salariés (...) Il s'agit bien d'une reprise en main politique, un royaume d'intelligence que le président envisage comme une poche de résistance", ajoute l'Unsa.

"
A l'heure de partir, je remercie le service public de m'avoir donné la possibilité de la diriger pendant cinq ans, déclare le démagogue. France Culture était une maison magnifique avant moi et elle le restera après moi !" 

Aucun nom n'a encore filtré pour prendre la suite d'OPDA. Une nomination devrait intervenir dans le courant de l'été.

Le "frère de..." croit-il que tout lui est dû ?

Nouvel à-coup dans une trajectoire balisée. 
Sa candidature avait été retenue pour diriger l'Académie de France à Rome (Villa Médicis) en 2008, quand il apprit que le conseiller culturel du Président de la République, Georges-Marc Benamou s'était auto-attribué le poste. Une pétition d'intellectuels parue dans le journal socialiste Le Monde avait fait renoncer à ce poste de prestige Georges-Marc Benamou, pourtant favorable à SOS Racisme. En novembre 1985, Benhamou fonda d'ailleurs le magazine mensuel Globe, un journal de gauche  (qui dura 18 mois), intellectuel, pro-mitterrandien et antiraciste, avec l'aide de Pierre Bergé, PDG d'Yves Saint Laurent et soutien financier de Ségolène Royal en 2007, proche de François Mitterrand et de Bernard-Henri Levy.
Un concours, présidé par Hugues Gall, avait alors été organisé et, après examen d'une dizaine de candidatures, Olivier Poivre d'Arvor et Frédéric Mitterrand avaient été introduits dans une liste restreinte pour la Villa Médicis. Nicolas Sarkozy avait préféré le neveu de François Mitterrand, Frédéric Mitterrand, qui devint son ministre de la Culture et de la Communication en juin 2009.
Pressenti en 2010 pour une nomination comme ambassadeur à... Athènes, puis Bucarest (!) par le gouvernement Fillon, Poivre avait préféré la direction de France Culture à la Roumanie.

En 2011, le rancunier soutint Martine Aubry aux primaires du parti socialiste. Il devint un candidat sérieux pour le ministère de la Culture, en cas de victoire de l'amère de Lille à la présidentielle.
Son soutien à François Hollande vaudra à l'ambitieux sa réputation d'opportuniste. 
Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, l'a proposé comme président du conseil d'administration du Musée de la Marine, mission qu'il exerce depuis mai 2014. 
OPDA a pu aussitôt annoncer un chantier de rénovation du Musée de la Marine prévue dès 2016 et confirmé par Jean-Yves Le Drian avec un "financement exceptionnel" de 50 millions d'euro: une priorité nationale ! La "logique budgétaire et comptable" vient de recevoir un nouveau tir au canon à poudre noire...


mardi 24 mars 2015

Radio France n'assume plus sa fonction de service public

Les antennes de Radio France fortement perturbées par la grève 


Le service public de Radio France ne remplit plus son office 


Ses antennes étaient aux mains de cinq syndicats, lundi 23 encore, depuis qu'ils se sont emparés de leur outil de travail en lançant jeudi 19 un mouvement de grève illimitée, avec des émissions remplacées par une bande musicale.


France Inter a supprimé son émission phare lundi pour la première fois depuis cinq jours, le 7-9. France Info ne diffusait qu'un journal toutes les demi-heures tandis que France Culture et France Musique passaient également de la musique en continu. Cinq syndicats - dont le SNJ (Syndicat national des journalistes) dominant -ont lancé jeudi un appel à la grève illimitée. Ils craignent que Radio France, dont le budget devrait être dans le rouge cette année pour la première fois de son histoire, n'annonce un plan d'économies avec réduction des effectifs

Le groupe connaît son quatrième appel à la grève, le troisième en mars. Radio France avait annoncé fin janvier un "plan de retour à l'équilibre", après l'adoption par son conseil d'administration de son budget 2015, déficitaire de 21,3 millions d'euros, une première dans l'histoire du groupe de radios publiques.

En cause, la gestion de Radio France et ses sur-effectifs


Vendredi, Mathieu Gallet a répondu pendant une heure et demie aux questions de salariés de Radio France. Entre 800 et plus de 1.000 personnes étaient présentes à l'assemblée générale (disons 900?) selon les estimations de la direction et des syndicats. La direction de Radio France devrait annoncer vers la mi-avril les modalités du COM (contrat d'objectifs et de moyens) négocié avec l'État pour fixer sur plusieurs années le budget et les choix du groupe.

Les syndicats en pointe ne sont pas nommés: secret des sources !... Mais, les trotskistes du syndicat SUD ont annoncé qu'ils vont exercer un droit d'alerte sur la situation économique de l'entreprise, selon France Info. Les autres syndicats qui appellent à la grève sont la CFDT, le SNJ, l'UNSA et le SNFORT (Syndicat Force Ouvrière des salariés de France Télévisions) de Radio France, a-t-on finalement appris.


Les syndicats craignent un plan de départ portant sur plusieurs centaines d'emplois, sur 4.600 actuellement. 

Un rapport de la Cour des comptes attendu pour fin mars devrait, lui, dresser un bilan sévère de la gestion de Radio France, notamment du très coûteux chantier de rénovation de la Maison de la radio, selon des sources syndicales.
La grève a aussi affecté jeudi et vendredi les concerts des deux orchestres de Radio France, annulés par la direction qui a expliqué que la logistique des concerts ne serait pas assurée. Les musiciens, qui voulaient jouer malgré l'annulation, se sont produits jeudi dans le hall de la Maison de la radio et vendredi devant la salle vide de la Philharmonie de Paris. 


Les dépenses du bellâtre Mathieu Gallet


Le climat social s'est encore dégradé dans le groupe la semaine dernière quand Le Canard enchaîné a créé de la friture sur les antennes en révélant des dépenses de plus de 100.000 euros pour rénover le bureau de son président Mathieu Gallet dans l'hiver. Dans la foulée, l'Inspection générale des finances a décidé de lancer une enquête sur les dépenses de la direction. 
Ces frais s'expliqueraient notamment par la restauration de "boiseries précieuses en palissandre" qui ornent une partie des murs de la pièce, selon l'hebdomadaire satirique, qui reproduit un document fuité depuis l'entreprise publique. Cette opération effectuée par une entreprise spécialisée — et dont le montant avait été largement sous-estimé — a coûté à elle seule quelque 70.000 euros, a fait savoir Radio France. Urgentes, voire prioritaires, il s'agirait des premières  restaurations de ce type depuis l'inauguration de la Maison de la radio en 1963 et en chantier depuis 2009.

Vu la situation, le Syndicat national des journalistes (SNJ-CGT) Radio France s'est dit "abasourdi, choqué et consterné", mardi, par la confirmation des révélations du Canard enchaîné. Le SNJ a ajouté qu'il est très inquiet, dans un contexte déjà alourdi par les menaces qui pèsent sur l'emploi et, à terme, sur les missions de l'entreprise".

Bien fait de sa personne, Mathieu Gallet a été fait président-directeur général de l'Institut national de l'audiovisuel (INA) en 2010, dès l'âge de 33 ans: il est originaire de Villeneuve-sur-Lot, comme Jérôme Cahuzac. Ce dernier, le fameux fraudeur du fisc, sera ministre délégué de Hollande, chargé du Budget dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault (2012-2013). Quant au gracieux jeune homme aux goûts de luxe, il passera PDG de Radio France le 27 février 2014, sur nomination d'Olivier Schrameck, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel. Hollande ne l'a donc pas désigné, mais Schrameck est l'ancien directeur de cabinet du Premier ministre Lionel Jospin (PS) et c'est Hollande qui a nommé Schrameck à son poste stratégique.
Bécassine ne sait pas lire Modiano;
elle ne reçoit pas non plus les ondes radio


Si
la grève à Radio France ne crée pas un manque en éléments de langage du gouvernement en période d'élections et dans la pléthore de radios en continue qui, bien que privées,  se chargent de les relayer, en revanche, la gabegie des petits messieurs de la Socialie hollandienne est un affront aux travailleurs qui luttent pour leurs fins de mois.

Quant aux journalistes - que nous ne les confondons pas avec les techniciens - comment oseront-ils se présenter à nouveau à l'antenne ? 
Pour la pleine et bonne information de tous, qu'ils nous parlent alors de leur régime fiscal...