POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est démocratie citoyenne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est démocratie citoyenne. Afficher tous les articles

vendredi 18 février 2011

Emmanuelle Béart, citoyenne solidaire, à l'abri du fisc en Belgique

DAL ne lui a trouvé aucun logement décent en France

Mais qu'est-ce qui les pousse donc à se délocaliser ?

L'amour ?
Emmanuelle Béart a découvert les charmes cachés de la Belgique
Ce ne sont pas ses activités humanitaires qui conduisent régulièrement Emmanuelle Béart en Belgique.
La fille du chanteur Guy Béart, laquelle annonce 45 ans (bien que née le
le 14 août 1963), y rend visite à ...sa grand-mère, selon un journaliste de la Dernière-Heure. L'actrice, ex-femme de Daniel Auteuil, a épousé son compagnon, l'acteur français Michael Cohen, le 13 août à Genappe, dans le Brabant wallon (sud de Bruxelles) en Belgique, lors d'une cérémonie "tout à fait confidentielle", rapporte encore le journal belge.

Une belle conscience citoyenne?
En 2003, Emmanuelle Béart soutient la misère sexuelle masculine et pose nue en couverture du magazine ELLE..

Tous les dix ans, Emmanuelle Béart profite de sa notoriété pour mener des actions humanitaires fortement médiatisées, telle le soutien d'étrangers en situation irrégulière (ci-contre, devant le Ministère de la Crise du logement), comme à l'église Saint-Bernard de la Chapelle à Paris en 1996 ou en 2006, dans l'affaire des « squatters » de Cachan (cf.libellé).

En 2007, elle apporte sa caution citoyenne à Désirdavenir Royal et rejoint son comité de soutien. Elle s'affiche -habillée- au meeting de la candidate socialiste, le 1er mai au stade Charléty.

Solidaire des mal logés, mais trop sensible, le plus clair de son temps, la star s'éclipse dans un paradis

A 1h30 de Paris, la Belgique a tant attraits qu'elle amène la vertueuse ségogole à se désolidariser de ses compagnons français de misère.

En Belgique, elle décompresse et dépose ses valises : c'est en effet un paradis fiscal. Pas d'impôt sur la fortune, ni sur les plus-values boursières . La Belgique a donc les faveurs des nantis, stars et chefs d'entreprise, tous vertueux.
Humanitaire, oui, mais pas 35 heures par ...an !

La Belgique accueille aussi des grands patrons français

La Belgique est un véritable eldorado pour les chefs d'entreprise et les cadres dotés en stock-options qui veulent se retirer.
Paul-Louis Halley (groupe Carrefour), Bernard Darty, plusieurs membres de la famille Mulliez (Auchan, Décathlon, Mondial Moquette, Norauto et Kiabi)
Lotfi Belhassine, ancien président d’Air Liberté, entrepreneur réside en Belgique. Il déclara avoir fui la France car l’ISF représentait 93% de ses revenus.) ont craqué ...

Enfin, autre avantage non négligeable pour les expatriés : ils bénéficient du secret bancaire appliqué par le royaume. Le fisc n'a donc pas accès aux registres des banques. Emmanuelle Béart peut dormir en paix sur son magot.

Résidents célèbres en Belgique
A la différence d'Emmanuelle Béart qui vit en Belgique, Bernard Tapie et Daniel Auteuil ont habité un temps à Bruxelles, mais son rentrés en France.
En novembre 2005, Johnny Hallyday, Français de père belge, a tenté d'obtenir la nationalité belge avant de s'installer en Suisse.
Et aussi : Eric-Emmanuel Schmitt, Henri Leconte et José Garcia.

D'autres Français d'origine refusent de payer leurs impôts en France, et ont demandé la nationalité helvétique, ce qui leur donne le droit – et le devoir – de faire rêver :

- des membres de la famille Baud (dont Jean Baud), (marques Franprix et ...Leader Price, entre 2 à 3 milliards de CHF dans le maxidiscompte), résident en Suisse.

- Robert Louis-Dreyfus (1946-2009), homme d'affaires d'origine française, avait acquis la nationalité suisse et résidait à Zurich. Il est surtout respecté comme patron d'Adidas, pour ses activités dans la téléphonie (LDCom devenu Neuf telecom acquis par SFR) et le football, sport populaire (un des actionnaires du Standard de Liège et actionnaire principal de l'OM, en Suisse).

lundi 13 août 2007

Tintin, victime de la censure : à l’index !

L’absurdité de la repentance coloniale

La censure serait justifiée dans certains cas dont la gauche radicale serait seule juge: c’est la dictature de la démocratie citoyenne !

Ca pourrait être une histoire belge, mais elle est internationale. Il faudrait dire internationaliste. La réponse islamiste aux caricatures avait été qualifiée d’atteinte à la liberté d’expression. Mais les extrémistes de gauche ont un usage personnel et restrictif de cette liberté-là et c’est intolérable pour les mêmes raisons qui ont motivé la publication du Manifeste des Douze : la mise en danger de la démocratie, à la suite du fascisme, du nazisme et du stalinisme.

Il faudrait maintenant ajouter à l’islamisme la repentance coloniale. Mais les Douze sont à la plage et Sa Cynique Majesté Royal aux Antilles…
ois qui sont forcés

Quel est le nouveau canular?
Un étudiant congolais (ci-contre et si fier) a porté plainte fin juillet devant la justice belge pour dénoncer le caractère «raciste» de l'album Tintin au Congo et demandé qu'il soit retiré de la vente, selon le parquet de Bruxelles.

Étudiant en sciences politiques à Bruxelles, Bienvenu Mbutu Mondondo a déposé plainte contre X et contre la société Moulinsart, qui commercialise les albums de Tintin. Selon le porte-parole du parquet, M. Colpin, l'enquête n'en est qu'à ses prémices, le juge d'instruction désigné le 1er août, Michel Claise, étant en vacances.


Dans cette aventure publiée voilà 78 ans, alors que la Belgique colonisait le Congo, le dessinateur belge Hergé représentait l'Afrique «de manière naïve», reflétant l'esprit paternaliste de l'époque, reconnaît Moulinsart sur son site Internet.
Or, dans sa plainte, déposée le 23 juillet, M. Mbutu Mondondo fait part de son «désarroi face à la persistance de Moulinsart à ne pas décider une fois pour toutes de mettre fin à la publication et à la commercialisation des bandes dessinées Tintin au Congo, des romans racistes et xénophobes». Pas de détails!

Il réclame donc que la société Moulinsart soit poursuivie pour infraction à la loi belge de 1981 réprimant le racisme. «Il n'est pas admissible que Tintin puisse crier sur des villagede travailler à la construction d'une voie de chemin de fer ou que son chien Milou les traite de paresseux», a-t-il précisé. Nous connaissons tous des Blancs paresseux, mais ça n'existe donc pas parmi les Noirs!
En juillet, la Commission britannique pour l'égalité raciale (CRE) avait soudainement jugé que la vente de cet album «dépassait l'entendement». Il aura fallu trois générations pour en arriver à cette réaction ubuesque. «Ce livre contient des images et des dialogues porteurs de préjugés racistes abominables, où les "indigènes sauvages" ressemblent à des singes et parlent comme des imbéciles», avait déclaré une porte-parole de la CRE! Le commentaire de la dame révèle une lecture très particulière et un regard nettement raciste, car sa comparaison est avec les singes est complètement déplacée. La subjectivité de cette appréciation jette en effet un sérieux doute sur l’état d’esprit du CRE qui manifeste ici un racisme inadmissible.

À la suite de cet avis, le groupe américain Borders a demandé à toutes ses librairies aux États-Unis et en Grande-Bretagne de déplacer les albums controversés vers la section des BD pour adultes. On croit rêver ! Tintin septuagénaire va-t-il avoir l'occasion d'épanouir sa sexualité dans les bacs auprès de Selen?... Le comportement de Borders est complètement à l’Ouest dans sa contribution au dialogue nord-sud…


Du reste, l’irresponsabilité vertueuse de ces marchands est d’autant plus navrante que Borders est extrêmement sensible aux pressions. Les courageux de Borders n’avaient-ils pas baissé le pantalon devant les Islamistes. Le 29 mars 2006, la polémique sur les caricatures de Mahomet les avait déjà amenés à faire retirer de leurs librairies Waldenbooks et Borders le magazine ‘Free Inquiry’ (le bien nommé, puisque ‘free signifie ‘libre’ !), d’avril-mai, qui contenait les caricatures controversées. Borders Group renouvela cet ‘opération courage’ avec Harper's du mois suivant, au même motif : la liberté d’expression. Avec les pressions sur Tintin, les voici de nouveau le pantalon sur les chevilles !


Le château de Cheverny -en Val de Loire- qui a inspiré le Château de Moulinsart devra-t-il être rasé ? Et Hergé, tondu ?…

Les scientifiques vont-ils se sentir ridiculisés par le personnage du Professeur Tournesol et porter plainte ? La représentation des obèses en la personne de la plantureuse Castafiore est-elle à ce point humiliante qu’elle justifie des poursuites en justice ? Les alcooliques anonymes sont-ils également agressés par le Capitaine Haddock ? Que tous les jumeaux de France se lèvent en protestation contre l’image dévalorisante qui est donnée d’eux par Hergé !

Quant à Charlie Hebdo, a-t-il manifesté sa désapprobation des attaques iniques menées par le CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires) de France et de Navarre, au nom de la repentance coloniale?

samedi 16 juin 2007

Les conspirationnistes

Le complot permanent contre la démocratie.
Avec Thierry Meyssan et le Réseau Voltaire, nous disposons tout de même de spécimens à carrure internationale de la mise en oeuvre de la théorie du complot, un défi à la démocratie. La France n’est donc pas épargnée par ce complot conspirationniste.
On peut s’en amuser en citant des allumés de base qui croient à l’intervention extra-terrestre, voire à la domination du monde par les Annunaki (des reptiles…), ou les habitants d’Abbeville qui restent persuadés que Paris a voulu les noyer. C’est folklorique et sans conséquence. Mais des ouvrages tels que Da Vinci Code ou Cloner le Christ de Didier Van Cauwelaert sont moins anodins.

Le phénomène est d’autant plus préoccupant si on considère que certains conspirationnistes appartiennent à des réseaux internationaux, ne sont pas de doux dingues, mais de dangereux manipulateurs des masses et des médias. Ce sont en fait des perturbateurs de l’ordre établi à des fins de déstabilisation révolutionnaire. Les présenter comme des veaux ou des paumés participerait du complot. Que certains soient sexuellement différents et tiennent rigueur à l’Eglise de rester imperturbable sur le sujet de l’homosexualité est une chose, mais avoir la terre entière en horreur dépasse les limites. Se croire victime d’intolérance et l’appliquer aux autres n’est pas signe de cohérence dans le jugement, ni d’équilibre.
Jean Guitton affirmait: « Entre l’absurde et le mystère, je choisis le mystère ». Or, ce n’est précisément pas le mystère que choisissent les conspirationnistes, puisqu’ils cherchent à tout prix à donner du sens à ce qui en est dépourvu. Ce sont leurs haines viscérales qui s’expriment : « c’est Dieu qui l’a voulu » ou encore « les voies de Dieu sont impénétrables »… comme si Dieu avait appuyé sur le doigt de Lee Harvey Oswald, comme si Dieu avait jeté le tsunami sur les enfants de Thaïlande… Ils rendent cependant la religion responsable de leur mal-être, de leurs angoisses non exorcisées : elle devient une cible privilégiée.

Les conspirationnistes transfèrent leurs angoisses métaphysiques à la politique. Ils exploitent l’idée que Dieu n’empêche pas l’homme de faire le mal et l’en rende responsable. Ils ne croient pas eux-mêmes en Dieu, mais ont besoin d’un coupable. Pareillement, les états et les responsables politiques sont-ils rendus responsables du mal partout dans le monde. Les Etats-Unis sont ainsi, et depuis longtemps, présentés comme le grand Satan. Au point qu’ils auraient inventé de toutes pièces et perpétré eux-mêmes l’attentat contre les deux tours du World Trade Centre, le 11 septembre 2001, à seule fin d’accuser les amis de Thierry Meyssan en Iran, en Syrie et ailleurs ! (LIRE le billet précédent à son nom dans les libellés de PaSiDupes).
Une écrivaine vient d’écrire: « Parti des marges de sous-cultures spécialisées (ésotérisme, extrémistes politiques), le soupçon systématique se situe aujourd’hui dans le courant dominant ». Comment ne pas établir un lien avec la théorie désastreuse de la ‘défiance citoyenne’ ou de la ‘démocratie citoyenne’ de Pierre Rosanvallon, inspirateur de Sa Cynique Majesté Royal ! (LIRE les billets à son nom dans les libellés de PaSiDupes)

La conspiration est l’opium du peuple. En effet, la religion est battue en brèche et le sens du sacré disparaît. Les conspirationnistes sont en bonne voie. Certes, le communisme est exsangue, mais les théories extrémistes de déstabilisation et du complot sont encore bien vivaces. Elles ont pris une forme nouvelle. Ainsi, les Français sont-ils convaincus d’être sous la menace de multiples dangers que les médias leurs répètent inlassablement : du chômage à la maladie en passant par le libéralisme, mais ils appartiennent pourtant à la 5° puissance économique.

La mission du conspirationniste consiste à parasiter leur vote, à troubler leur pensée et à faire trembler leur main dans l’isoloir.

jeudi 24 mai 2007

Formater le peuple, l’ambition socialiste de Rosanvallon

Il séduit l’UNSA : n’est-ce pas tout dire ?...
L’UNSA recommande la lecture de Rosanvallon dans Le Monde... Il a encore frappé!Il faut savoir à quoi nous avons échappé. Vous saurez tout, mais gardez le moral !…

Pierre Rosanvallon, historien, professeur au Collège de France
"Conjurer l'impuissance politique"
LE MONDE du 19.05.06 [à la veille du 1er tour: une tentative de pression sur l'électorat, avec l' impact que nous savons...]
Pierre Rosanvallon est historien, professeur au Collège de France, directeur d'études à ... l'EHESS, et président du cercle de réflexion "La République des idées".
Quel enseignement principal tirez-vous du forum de Grenoble ?
Ce qui a caractérisé ce forum, c'est une formidable demande citoyenne. [?! Tout est ensuite à l'avenant] Pas simplement une demande de débat, mais une demande de réflexion, d'analyse et d'implication. Les 8 000 personnes qui ont suivi les différentes tables rondes n'étaient pas des spectateurs passifs. Ils exprimaient une volonté de faire de la politique autrement, en articulant information, formation et projet. Cette dimension d'éducation populaire était très sensible.
Comment définiriez-vous cette "demande citoyenne" ?
Par la conviction que pour sortir d'une forme d'impuissance publique, il ne sert à rien de se réfugier dans l'incantation, mais qu'il faut véritablement construire une compréhension critique, nourrie à la fois du travail des intellectuels et des acteurs de terrain, de ceux qui essaient de renouveler les analyses et de ceux qui s'efforcent de débloquer des pratiques.
Ce qui m'a frappé à Grenoble, c'est cette aspiration très forte à trouver une forme d'intervention citoyenne qui aille plus loin que la simple expression électorale et même plus loin que la démocratie de participation. C'est ce nouveau type de citoyenneté active que nous avons la responsabilité de définir et de promouvoir.
Comment donner un sens politique à cette aspiration ?
Il est manifeste que l'écart est très grand entre, d'un côté, cette vitalité du débat et de la critique sociale et, de l'autre, l'inquiétude ou la déprime devant la surdité des responsables politiques. A Grenoble, il m'a paru rassurant que cette inquiétude ne débouche pas sur la sempiternelle condamnation en bloc du politique et sur un rejet de nature populiste. Longtemps, la perspective révolutionnaire a séparé les formes de compréhension et les perspectives concrètes d'action. La critique sociale ne nourrissait pas la capacité immédiate de changement et alimentait de ce fait le désenchantement, voire le désespoir.
Pour conjurer cette impuissance, il faut développer une forme d'intelligence politique qui redonne, à la fois, des instruments de compréhension et des outils d'intervention.

De quelle manière ?
L'objectif fondamental est de transformer les idées et les projets en forces matérielles. Dans l'année qui vient - et c'est normal dans une élection présidentielle -, la campagne politique va s'organiser autour de personnalités. Mais il faut tisser des rapports entre cette campagne de personnalités et une campagne d'idées et de projets autonome. Le modèle traditionnel consistait, pour la société civile, à chercher son "débouché politique". J'appartiens à une génération qui, pendant des années, a essayé de trouver la force, le leader politique, bref le bon porte-parole qui permettrait de donner sens et forme à tout ce que pensait la société civile. Cela n'a pas marché. Il faut inventer une démocratie d'interaction entre société civile et société politique, entre critique sociale et projets de réformes.
Quels pourraient être les outils d'une telle démocratie d'interaction ?
On pourrait par exemple développer des "conférences d'argumentation" au sein desquelles des acteurs de terrain, des associations spécialisées et des intellectuels travailleraient ensemble. Cela permettrait de structurer une question précise, d'en explorer la complexité, d'en éclairer les tensions pour mieux faire émerger les choix essentiels. Ce serait intervenir avant que ces questions soient en quelque sorte réduites à des prises de position et figées dans des idéologies. Ce pourrait être un outil pour passer de la perplexité à la complexité, pour sortir des idées reçues et s'engager dans une construction démocratique des conflits. Sur cette base, des "rendez-vous d'interpellation" pourraient mettre face à face des personnalités politiques et les producteurs de cette démarche. Cela contribuerait à passer d'un discours politique fondé sur des effets d'annonce ou des réponses stéréotypées à une approche plus ancrée dans une transformation effective des choses. Tout cela doit naturellement être pluriel. La campagne des personnalités est unique, la campagne des idées doit être diffuse et plurielle.
Pourriez-vous citer un exemple ?
Un exemple très simple : la lutte contre la précarité. Des groupes comme l'Agence nouvelle des solidarités actives de Martin Hirsch émettent des projets, définissent les termes d'une sécurité professionnelle, font des propositions en matière d'insertion de chômeurs de longue durée et de bénéficiaires du RMI. Après quoi il faut interpeller les politiques sur les réponses qu'ils entendent apporter à ces analyses, à ces questions, à ces critiques et à ces propositions. Les médias ont un rôle essentiel à jouer dans le développement de cette campagne d'idées. Ils peuvent être un des instruments de cristallisation.
Un autre exemple est celui de l'immigration. En laissant paresseusement se développer les préjugés et les peurs sur cette question centrale, nous avons permis à tout l'éventail politique de se déplacer vers la droite. Il faut repartir des deux questions qui sont au coeur du problème : dans quelles conditions des individus sont-ils invités à partager l'Etat-providence ? Comment articuler solidarité nationale et solidarité internationale ?
Les partis politiques ne sont donc plus capables de produire des idées et des solutions neuves ?
Les partis se sont donné d'autres objectifs, principalement de sélection des dirigeants et de positionnement idéologique. Mais ils n'incarnent pas une culture de la délibération.

Cela conduit-il, à vos yeux, à une redéfinition du rôle de l'intellectuel ?
Tout à fait. Raymond Aron disait qu'il y a deux types d'intellectuels : les conseillers du prince et les confidents de la Providence. Le conseiller du prince, c'est l'intellectuel expert. Le confident de la Providence, ce peut être le prophète ou le maître en idéologie. Il nous faut trouver une troisième voie, celle de l'intellectuel impliqué, chercheur associé de la société civile : celui qui produit à la fois la critique et l'outil.
Etes-vous sollicité par des candidat(e)s à l'élection présidentielle ?
Beaucoup d'auteurs de La République des idées sont sollicités par les entourages politiques. Mais ce qui me frappe, c'est que l'on attend d'eux des éléments de langage, des expressions neuves - comme "l'égalité des possibles" d'Eric Maurin, reprise ici ou là -, mais pas le supplément de complexité et d'intelligibilité qu'ils peuvent apporter. Or la démocratie suppose l'intelligibilité de la société qu'elle entend réformer. Ce sera l'enjeu des mois à venir.
(Propos recueillis par Gérard Courtois et Eric Le Boucher)